par etienne lorant » sam. 13 févr. 2010, 16:29
Ci-après l'extrait d'une lecture de l'Encyclique du Pape Benoît XVI à propos des marchés financiers et les media
Lettre encyclique de Benoit XVI donnée à Rome le 29 juin 2009
La finance devenue chrématistique (ou, comme l’on dit aujourd’hui, un art de créer de la valeur) pervertit l’économie. “Le développement économique s’avère factice et nuisible, s’il s’en remet aux “prodiges” de la finance pour soutenir une croissance artificielle liée à une consommation excessive (68). ” Il faut rappeler que “la visée exclusive du profit, s’il est produit de façon mauvaise ou s’il n’a pas le bien commun pour but ultime, risque de détruire la richesse et d’engendrer la pauvreté. Le développement économique que Paul VI souhaitait devait être en mesure de produire une croissance réelle qui s’étende à tous et soit concrétement durable (21)” Cependant, s’il avait compris “que la question sociale était devenue mondiale (13”), on constate qu’avec cette récente “explosion de l’interdépendance planétaire, désormais communément appelée mondialisation (33).”, les écarts sociaux n’ont pas diminuaient. Ainsi, ‘la richesse mondiale croît en terme abvsolu, mais les inégalités augmentent (21).” La croissance de ces dernières décennies n’est pas universelle. Elle n’est pas partagée par tous, ni durable. Elle s’inscrit dans une logique de court terme au détriment d’investissements publics et privés de protection et d’aménagement patrimonial, notamment de nos environnements et infrastructures collectives qui nécessitent le long terme. Ainsi, “ces dernières années, on a vu la croissance d’une classe cosmopolite de managers qui, souvent, ne répondent qu’aux indications des actionnaires de référence, constituées en général par des fonds anonymes qui fixent de fait leurs rémunérations (39).” Le danger de la création de valeur à court terme est ici clairement dénoncé : “Il faut éviter que le motif de l’emploi des ressources financières soit spéculatif et cède à la tentation de rechercher seulement un profit à court terme, sans rechercher aussi la continuité de l’entreprise à long terme… (29).” Rappelons que cette tentation de court terme est entretenue par la libéralisation des capitaux qui autorise la mobilité des capitaux, l’instabilité des taux de changes, la prépondérance des marchés financiers et l’acceptation des normes comptables qui privilégie la valeur actuarielle (c’est—à-dire incorporant des plus values potentielles qui ne sont pas encore réalisées) à la valeur historique. Il convient par ailleurs que “les initiatives financières où la dimension humanitaire est dominante”, soient certes poursuivies, mais ne soient pas le prétexte à empêcher “le système financier tout entier de s’orienter vers un soutien du développement véritable”. (…) En ce sens, “les opérateurs financiers doivent rédécouvrir le fondement véritablement éthique de leur activité afin de ne pas faire un usage abusif de ces instruments sophistiqués qui peuvent servir à tromper les épargnants” Sont ici encouragées les expériences de crédit coopératif, de microfinance, mais l’encyclique conseille également de concevoir “ d’autres voies, comme par exemple des formes de coopération à l’achat, telles que les coopératives de consommation (66)”.
· Le danger d’asservissement médiatique La diffusion croissante des moyens de communication sociale est également influencée par le développement technologique, “ pour le bien et pour le mal.” Mais “ cette nature strictement technique des médias” tend “à favoriser leur subordination au calcul économique, dans le but de dominer les marchés, (…) d’imposer des paramètres culturels de fonctionnement à des fins idéologiques et politiques” (73). Les échanges culturels sont aussi devenus des marchandises, ce qui favorise un double danger : On note, en premier lieu, “un éclectisme culturel assumé souvent de façon non critique : les cultures sont souvent mises côte à côte et considérées comme substantiellement équivalentes et interchangeables entre elles. Cela favorise un glissement vers un relativisme qui n’encourage pas le vrai dialogue interculturel (26)”. Il faut également souligner que les techniques d’aujourd’hui permettent d’élargir le spectre des connaissances culturelles mais n’en délivrent pas le sens et les signications spirituelles et sociales. Amputées de leurs valeurs originelles “la signification profonde de la culture des différentes nations, des traditions des divers peuples, à l’intérieur desquelles la personne affronte les questions fondamentales de l’existence, en vient à disparaître (26)”.“Quand cela advient, l’humanité court de nouveaux périls d’asservissement et de manipulation (26)”. Les peuples sans mémoire sont des peuples sans avenir. Considérer que le perfectionnement technologique est une fin en soi dont l’aboutissement marquera la fin de l’aventure humaine est une dérive intellectuelle fréquente [2], notamment, quand l’homme, en s’interrogeant uniquement sur le comment, omet de considérer tous les pourquoi qui le poussent à agir (70).” Il convient donc de dénoncer “l’absolutisme de la technique (qui) tend à provoquer une incapacité à percevoir ce qui ne s’explique pas par la matière (77).” Il faut retrouver le sens de nos activités et le lien qui nous unit dans la proximité, mais aussi dans le temps et l’espace.
Ci-après l'extrait d'une lecture de l'Encyclique du Pape Benoît XVI à propos des marchés financiers et les media
Lettre encyclique de Benoit XVI donnée à Rome le 29 juin 2009
La finance devenue chrématistique (ou, comme l’on dit aujourd’hui, un art de créer de la valeur) pervertit l’économie. “Le développement économique s’avère factice et nuisible, s’il s’en remet aux “prodiges” de la finance pour soutenir une croissance artificielle liée à une consommation excessive (68). ” Il faut rappeler que “la visée exclusive du profit, s’il est produit de façon mauvaise ou s’il n’a pas le bien commun pour but ultime, risque de détruire la richesse et d’engendrer la pauvreté. Le développement économique que Paul VI souhaitait devait être en mesure de produire une croissance réelle qui s’étende à tous et soit concrétement durable (21)” Cependant, s’il avait compris “que la question sociale était devenue mondiale (13”), on constate qu’avec cette récente “explosion de l’interdépendance planétaire, désormais communément appelée mondialisation (33).”, les écarts sociaux n’ont pas diminuaient. Ainsi, ‘la richesse mondiale croît en terme abvsolu, mais les inégalités augmentent (21).” La croissance de ces dernières décennies n’est pas universelle. Elle n’est pas partagée par tous, ni durable. Elle s’inscrit dans une logique de court terme au détriment d’investissements publics et privés de protection et d’aménagement patrimonial, notamment de nos environnements et infrastructures collectives qui nécessitent le long terme. Ainsi, “ces dernières années, on a vu la croissance d’une classe cosmopolite de managers qui, souvent, ne répondent qu’aux indications des actionnaires de référence, constituées en général par des fonds anonymes qui fixent de fait leurs rémunérations (39).” Le danger de la création de valeur à court terme est ici clairement dénoncé : “Il faut éviter que le motif de l’emploi des ressources financières soit spéculatif et cède à la tentation de rechercher seulement un profit à court terme, sans rechercher aussi la continuité de l’entreprise à long terme… (29).” Rappelons que cette tentation de court terme est entretenue par la libéralisation des capitaux qui autorise la mobilité des capitaux, l’instabilité des taux de changes, la prépondérance des marchés financiers et l’acceptation des normes comptables qui privilégie la valeur actuarielle (c’est—à-dire incorporant des plus values potentielles qui ne sont pas encore réalisées) à la valeur historique. Il convient par ailleurs que “les initiatives financières où la dimension humanitaire est dominante”, soient certes poursuivies, mais ne soient pas le prétexte à empêcher “le système financier tout entier de s’orienter vers un soutien du développement véritable”. (…) En ce sens, “les opérateurs financiers doivent rédécouvrir le fondement véritablement éthique de leur activité afin de ne pas faire un usage abusif de ces instruments sophistiqués qui peuvent servir à tromper les épargnants” Sont ici encouragées les expériences de crédit coopératif, de microfinance, mais l’encyclique conseille également de concevoir “ d’autres voies, comme par exemple des formes de coopération à l’achat, telles que les coopératives de consommation (66)”.
· Le danger d’asservissement médiatique La diffusion croissante des moyens de communication sociale est également influencée par le développement technologique, “ pour le bien et pour le mal.” Mais “ cette nature strictement technique des médias” tend “à favoriser leur subordination au calcul économique, dans le but de dominer les marchés, (…) d’imposer des paramètres culturels de fonctionnement à des fins idéologiques et politiques” (73). Les échanges culturels sont aussi devenus des marchandises, ce qui favorise un double danger : On note, en premier lieu, “un éclectisme culturel assumé souvent de façon non critique : les cultures sont souvent mises côte à côte et considérées comme substantiellement équivalentes et interchangeables entre elles. Cela favorise un glissement vers un relativisme qui n’encourage pas le vrai dialogue interculturel (26)”. Il faut également souligner que les techniques d’aujourd’hui permettent d’élargir le spectre des connaissances culturelles mais n’en délivrent pas le sens et les signications spirituelles et sociales. Amputées de leurs valeurs originelles “la signification profonde de la culture des différentes nations, des traditions des divers peuples, à l’intérieur desquelles la personne affronte les questions fondamentales de l’existence, en vient à disparaître (26)”.“Quand cela advient, l’humanité court de nouveaux périls d’asservissement et de manipulation (26)”. Les peuples sans mémoire sont des peuples sans avenir. Considérer que le perfectionnement technologique est une fin en soi dont l’aboutissement marquera la fin de l’aventure humaine est une dérive intellectuelle fréquente [2], notamment, quand l’homme, en s’interrogeant uniquement sur le comment, omet de considérer tous les pourquoi qui le poussent à agir (70).” Il convient donc de dénoncer “l’absolutisme de la technique (qui) tend à provoquer une incapacité à percevoir ce qui ne s’explique pas par la matière (77).” Il faut retrouver le sens de nos activités et le lien qui nous unit dans la proximité, mais aussi dans le temps et l’espace.