par etienne lorant » mar. 02 févr. 2010, 17:25
C'est ce que Jésus reproche à saint Pierre lorsque celui-ci, ayant quitté la barque pour marcher sur l'eau à sa rencontre, s'est mis à douter. J'ai songé à cette perte de foi soudaine, à ce sursaut de la chair devant l'inconnu; cela me fait penser à un cheval de concours: il a sauté l'obstacle dix fois à l'entraînement, et là, tout d'un coup, il se cabre... Je me suis posé la question de savoir jusqu'où je suis personnellement capable d'aller - au travers des épreuves de ce temps - sans que surgisse en moi la peur instinctive, "primale" dirait-on, qui fait fuir. Je connais une personne qui a décidé de se "remettre en question" depuis qu'elle a rencontré un prêtre qui désire la sainteté et lui a parlé de la souffrance supportée, qui rapproche de Jésus. Après cela, elle a entendu dire que le Pape Jean-Paul II se flagellait "dans le but de mieux ressembler au Christ" - et elle a trouvé cela trop dur à entendre. "Je crois, mais je ne peux pas croire jusque là... pour aimer autrui, il faut d'abord savoir s'aimer soi-même". Ce dernier argument m'a surpris autant que me perturbe la pensée d'un doute soudain.
Malgré tout, il faudra aller jusqu'au bout. Je me dis qu'au moment où la peur apparaîtra, il suffira sans doute que je m'abandonne, que je fasse abstraction de moi - accomplir un "non-mouvement", un "lâcher-tout" et il me semble que c'est à cela qu'il faut s'entraîner: à ne plus avoir le contrôle. Le cheval de mon exemple, s'il s'était laissé guider par le cavalier, il eût sans doute passer par dessus la haie sans difficulté. Et donc, il ne s'agit pas d'avoir plus de volonté, mais de capituler la volonté. J'en dire encore la conclusion finale, c'est que la foi, la vraie foi, n'a que peu à voir avec la conviction, les certitudes, avec l'effort, mais plutôt à l'abandon, à la confiance aimante, à la docilité.
C'est ce que Jésus reproche à saint Pierre lorsque celui-ci, ayant quitté la barque pour marcher sur l'eau à sa rencontre, s'est mis à douter. J'ai songé à cette perte de foi soudaine, à ce sursaut de la chair devant l'inconnu; cela me fait penser à un cheval de concours: il a sauté l'obstacle dix fois à l'entraînement, et là, tout d'un coup, il se cabre... Je me suis posé la question de savoir jusqu'où je suis personnellement capable d'aller - au travers des épreuves de ce temps - sans que surgisse en moi la peur instinctive, "primale" dirait-on, qui fait fuir. Je connais une personne qui a décidé de se "remettre en question" depuis qu'elle a rencontré un prêtre qui désire la sainteté et lui a parlé de la souffrance supportée, qui rapproche de Jésus. Après cela, elle a entendu dire que le Pape Jean-Paul II se flagellait "dans le but de mieux ressembler au Christ" - et elle a trouvé cela trop dur à entendre. "Je crois, mais je ne peux pas croire jusque là... pour aimer autrui, il faut d'abord savoir s'aimer soi-même". Ce dernier argument m'a surpris autant que me perturbe la pensée d'un doute soudain.
Malgré tout, il faudra aller jusqu'au bout. Je me dis qu'au moment où la peur apparaîtra, il suffira sans doute que je m'abandonne, que je fasse abstraction de moi - accomplir un "non-mouvement", un "lâcher-tout" et il me semble que c'est à cela qu'il faut s'entraîner: à ne plus avoir le contrôle. Le cheval de mon exemple, s'il s'était laissé guider par le cavalier, il eût sans doute passer par dessus la haie sans difficulté. Et donc, il ne s'agit pas d'avoir plus de volonté, mais de capituler la volonté. J'en dire encore la conclusion finale, c'est que la foi, la vraie foi, n'a que peu à voir avec la conviction, les certitudes, avec l'effort, mais plutôt à l'abandon, à la confiance aimante, à la docilité.