par Xavi » dim. 27 déc. 2009, 14:44
Bonjour Ancilla,
Vous avez raison de penser que la foi n’est pas intellectuelle. Notre cerveau n’est qu’une partie de notre corps qui se développe, vieillit et meurt. La foi est spirituelle, elle unit notre cœur à Dieu.
Mais, cette foi est vécue pleinement dans notre humanité, avec notre intelligence autant qu’avec notre corps.
La tentation est grande de considérer que tout de ce qui n’est pas spirituel est sans valeur, puisque c’est par l’esprit que nous sommes en communion avec Dieu.
N’est-ce pas oublier que Dieu a voulu créer un monde matériel et faire de nous, contrairement aux anges, des êtres vivant de la vie de l’Esprit dans la chair, dans une réalité matérielle ? Il l’a tellement voulu que lui-même s’est fait homme pour nous attester que ce monde matériel et que la vie dans la chair sont des réalités foncièrement bonnes. Elles sont seulement blessées par notre éloignement de la communion avec Dieu.
Nous n’attendons pas seulement une vie éternelle spirituelle, mais une résurrection de la chair.
Beaucoup d’hommes et de femmes, parmi les incroyants mais aussi parmi les croyants, souffrent intensément de contradictions entre ce que leur intelligence leur indique et ce que la foi leur propose. Certains continuent à s’attacher fidèlement à la foi de l’Eglise en pleurant parce que leur intelligence leur montre le contraire. D’autres aimeraient croire, et souffrent des obstacles de leur intelligence qui leur paraît contredire la foi ou du moins la mettre en doute.
Tant à cause de la création que du Christ, l’Eglise n’a jamais accepté de séparer les réalités spirituelles de Dieu de la réalité concrète des hommes. Dieu s’est fait chair : c’est aussi pour rejoindre notre intelligence.
Réfléchir à notre foi, essayer de toujours mieux la comprendre, avec toute l’Eglise, avec les Pères de l’Eglise, avec nos évêques, c’est reconnaître pleinement que notre intelligence aussi est bonne et participe à notre foi, à notre salut.
Jésus a guérit des corps malades. Il peux aussi guérir nos intelligences malades. Notre intelligence n’a pas accès à tout, mais elle peut participer pleinement à notre foi à la place qui est la sienne. Ne méprisons jamais sa présence, ses besoins, ni ses souffrances.
Il n’est pas juste de dire que la foi suffit et qu’il faut croire sans raisonner ou sans réfléchir, au nom d’un cœur pur. D’abord, parce que notre cœur n’est pas « pur ». Il est marqué par notre réalité terrestre et par le péché. Ensuite, notre raison fait pleinement partie de nous mêmes.
La séparer de la foi est dangereux parce que, même si nous prétendons croire sans réfléchir, nous sommes dans la chair et cela cache non une absence de raisonnement ou de réflexion mais le choix d’un raisonnement non réfléchi et d’une perception intellectuelle enfermée qui peut tomber dans la caricature et écarter le croyant de la vérité.
Beaucoup de protestants ont été tentés par une telle approche. En présence de la complexité infinie des richesses de l’incarnation et de la foi, de l’étendue des explications proposées par la Tradition, il a souvent paru plus simple, pour supprimer toute autorité dans l’Eglise, de considérer que tout est clair, simple. La Bible seule (aucune explication ne serait vraiment nécessaire), la foi seule (pas besoin de s’occuper des réalités concrètes pour le salut), suffiraient.
Mais, derrière cette position se sont inévitablement révélées de multiples convictions « simples » mais variées et en contradiction les unes avec les autres. Les innombrables divisions protestantes montrent les multiples croyances « simples » qui en résultent et auxquelles les adhérents de chacune d’elles ne peuvent souvent croire, en effet, qu’au prix d’une considération réduite mais sans issue pour l’intelligence.
La foi va au delà de l’intelligence, emmène notre intelligence au delà de ses limites, mais ne l’abandonne jamais. La foi vient toujours au secours de l’intelligence. Parce que Jésus s’est fait homme, il vient aussi sauver notre intelligence.
Jamais nous ne pouvons nous résoudre à une contradiction entre l’intelligence et la foi. Ce serait rejeter l’incarnation.
Si nous secourrons ceux qui souffrent dans leur corps de toutes sortes de maux, n’oublions pas de nous secourir mutuellement dans nos souffrances de l’intelligence.
C’est tout le sens et le but de l’enseignement de l’Eglise, de toute théologie, et, tout particulièrement, de notre forum.
Ne renonçons jamais à l’intelligence de la foi.
Les petits enfants que le Christ nous donne en modèles sont loin d’être dénués d’intelligence et de questions. Au contraire, leurs questions sont souvent d’une grande acuité intellectuelle.
Mais, leur avantage sur nous adultes c’est souvent de voir plus vite l’essentiel, alors que nous nous embourbons souvent dans nos raisonnements.
L’Evangile nous appelle avec tout ce que nous sommes, y compris notre intelligence, mais il nous invite sans cesse à chercher et à retrouver l’essentiel avec notre cœur et dans la lumière de l’Esprit.
Bonjour Ancilla,
Vous avez raison de penser que la foi n’est pas intellectuelle. Notre cerveau n’est qu’une partie de notre corps qui se développe, vieillit et meurt. La foi est spirituelle, elle unit notre cœur à Dieu.
Mais, cette foi est vécue pleinement dans notre humanité, avec notre intelligence autant qu’avec notre corps.
La tentation est grande de considérer que tout de ce qui n’est pas spirituel est sans valeur, puisque c’est par l’esprit que nous sommes en communion avec Dieu.
N’est-ce pas oublier que Dieu a voulu créer un monde matériel et faire de nous, contrairement aux anges, des êtres vivant de la vie de l’Esprit dans la chair, dans une réalité matérielle ? Il l’a tellement voulu que lui-même s’est fait homme pour nous attester que ce monde matériel et que la vie dans la chair sont des réalités foncièrement bonnes. Elles sont seulement blessées par notre éloignement de la communion avec Dieu.
Nous n’attendons pas seulement une vie éternelle spirituelle, mais une résurrection de la chair.
Beaucoup d’hommes et de femmes, parmi les incroyants mais aussi parmi les croyants, souffrent intensément de contradictions entre ce que leur intelligence leur indique et ce que la foi leur propose. Certains continuent à s’attacher fidèlement à la foi de l’Eglise en pleurant parce que leur intelligence leur montre le contraire. D’autres aimeraient croire, et souffrent des obstacles de leur intelligence qui leur paraît contredire la foi ou du moins la mettre en doute.
Tant à cause de la création que du Christ, l’Eglise n’a jamais accepté de séparer les réalités spirituelles de Dieu de la réalité concrète des hommes. Dieu s’est fait chair : c’est aussi pour rejoindre notre intelligence.
Réfléchir à notre foi, essayer de toujours mieux la comprendre, avec toute l’Eglise, avec les Pères de l’Eglise, avec nos évêques, c’est reconnaître pleinement que notre intelligence aussi est bonne et participe à notre foi, à notre salut.
Jésus a guérit des corps malades. Il peux aussi guérir nos intelligences malades. Notre intelligence n’a pas accès à tout, mais elle peut participer pleinement à notre foi à la place qui est la sienne. Ne méprisons jamais sa présence, ses besoins, ni ses souffrances.
Il n’est pas juste de dire que la foi suffit et qu’il faut croire sans raisonner ou sans réfléchir, au nom d’un cœur pur. D’abord, parce que notre cœur n’est pas « pur ». Il est marqué par notre réalité terrestre et par le péché. Ensuite, notre raison fait pleinement partie de nous mêmes.
La séparer de la foi est dangereux parce que, même si nous prétendons croire sans réfléchir, nous sommes dans la chair et cela cache non une absence de raisonnement ou de réflexion mais le choix d’un raisonnement non réfléchi et d’une perception intellectuelle enfermée qui peut tomber dans la caricature et écarter le croyant de la vérité.
Beaucoup de protestants ont été tentés par une telle approche. En présence de la complexité infinie des richesses de l’incarnation et de la foi, de l’étendue des explications proposées par la Tradition, il a souvent paru plus simple, pour supprimer toute autorité dans l’Eglise, de considérer que tout est clair, simple. La Bible seule (aucune explication ne serait vraiment nécessaire), la foi seule (pas besoin de s’occuper des réalités concrètes pour le salut), suffiraient.
Mais, derrière cette position se sont inévitablement révélées de multiples convictions « simples » mais variées et en contradiction les unes avec les autres. Les innombrables divisions protestantes montrent les multiples croyances « simples » qui en résultent et auxquelles les adhérents de chacune d’elles ne peuvent souvent croire, en effet, qu’au prix d’une considération réduite mais sans issue pour l’intelligence.
La foi va au delà de l’intelligence, emmène notre intelligence au delà de ses limites, mais ne l’abandonne jamais. La foi vient toujours au secours de l’intelligence. Parce que Jésus s’est fait homme, il vient aussi sauver notre intelligence.
Jamais nous ne pouvons nous résoudre à une contradiction entre l’intelligence et la foi. Ce serait rejeter l’incarnation.
Si nous secourrons ceux qui souffrent dans leur corps de toutes sortes de maux, n’oublions pas de nous secourir mutuellement dans nos souffrances de l’intelligence.
C’est tout le sens et le but de l’enseignement de l’Eglise, de toute théologie, et, tout particulièrement, de notre forum.
Ne renonçons jamais à l’intelligence de la foi.
Les petits enfants que le Christ nous donne en modèles sont loin d’être dénués d’intelligence et de questions. Au contraire, leurs questions sont souvent d’une grande acuité intellectuelle.
Mais, leur avantage sur nous adultes c’est souvent de voir plus vite l’essentiel, alors que nous nous embourbons souvent dans nos raisonnements.
L’Evangile nous appelle avec tout ce que nous sommes, y compris notre intelligence, mais il nous invite sans cesse à chercher et à retrouver l’essentiel avec notre cœur et dans la lumière de l’Esprit.