Entretien avec Maxence Caron

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Re: Entretien avec Maxence Caron

par Virgile » mar. 08 déc. 2009, 2:58

Cher Jean-Baptiste,

merci pour cette information et pour le lien.
Ma liste de d'articles et de livres à lire commence à sérieusement s'allonger!

Amicalement.
Virgile.

Entretien avec Maxence Caron

par jeanbaptiste » sam. 05 déc. 2009, 21:40

Le site actu-philosophia (dont je suis le webmaster, et Thibaut Gress le rédac' chef) vient de publier un grandiose et magistral entretien de Maxence Caron réalisé par Henri de Monvallier sur son dernier ouvrage La Vérité Captive :

Je suis certain qu'un grand nombre de sujets traités dans cet entretien vous intéresseront au plus haut point ;)

http://actu-philosophia.com/spip.php?article177

Extraits :
(...) L’enjeu pour la pensée est désormais de constater combien la philosophie a atteint le dernier degré de son errance dans les actuelles productions de ce qui se nomme encore sous ce nom et refuse, déteste, conspue l’existence d’une Vérité ; l’enjeu pour la pensée est de comprendre quelles sont les structures à l’œuvre au sein même de la philosophie pour que cette dernière ait ainsi constitué sa propre errance au point d’atteindre les degrés de nullité des misosophiques productions contemporaines ; l’enjeu pour la pensée est de donner sa place à ce que la philosophie – répondant à un désir qui précède l’humain au sens où l’homme le découvre en lui comme le précédant depuis toujours et infusant tous ses actes, un désir en quoi l’homme se constitue, le désir du Sens – a constamment cherché en lui tournant le dos, refusant de penser le statut propre du Principe qui par ailleurs motivait sa dynamique ; l’enjeu pour la pensée est d’établir comment la dynamique imprimée à la philosophie par l’inhérente inquiétude pour le Sens dont elle sait qu’il la précède, a pu être déviée de l’élément qui la motive et portée vers des contenus spéculatifs déposés comme autant de voiles sur leur condition même de possibilité. L’enjeu est, en résumé et donc, pour reprendre votre question sur l’expression paulinienne concernant la « Vérité captive », de regarder comment la Vérité est devenue captive dans le regard de ceux qui, jusqu’à notre brouillon d’époque, ont fait profession de la chercher. Et, parce que la Transcendance de cette Vérité est une folie pour ceux qui veulent un principe de la manifestation des choses et que n’importe jamais la vie propre de ce Principe dont dépend pourtant la possibilité de toute démarche pensante et la recherche même de tout principe général ou local, parce que cette Transcendance fait appel aux fondements les plus radicaux de notre capacité de penser, fait appel à l’être réflexif, à la réflexivité elle-même dans la possibilité de son déploiement, pour tout cela, cette « folie », exigeant de la pensée qu’elle remonte sans plus aucun fard ni écran à la pure condition de son émergence, a été refoulée par l’histoire, en un précis processus, au profond des diverses doctrines spéculatives. La Vérité est captive du regard de la philosophie. (...) Le relativiste, c’est-à-dire tout homme qui ne croit pas à l’existence d’une unique Vérité à qui s’en remettre afin de la recevoir est le devoir et la vocation de l’homme, a fait d’Azincourt sa promenade de grand air ; constamment déculotté, il demande que personne ne lui claque plus le fondement, et, pour mieux se prémunir contre toute pensée dont l’ambition est d’être elle-même, soit de penser, il affiche dans un premier temps l’équivalence de tout, puis la primauté de ce qui n’a aucune valeur afin de culpabiliser tout essai de recherche de la Vérité, et d’accuser toute découverte de la Vérité. Un penseur qui, partant d’aucune présupposition, parvient rationnellement à la Vérité, lui est dangereux et sera donc immédiatement dénigré ; un penseur dont l’œuvre clos les errances de la philosophie, porte la présence de la Vérité, et qui, porté par ce que la Vérité veut dire, résout les problèmes majeurs occultés par l’histoire tout en mettant fin, au passage, à la gangrène de l’argumentaire relativiste, n’offre d’autres possibilités à ce dernier que le dénigrement affectivo-systèmatique : ce penseur met en danger les doctrines d’outre-modernité, il doit être dévalorisé, moqué, etc., il doit être traité de fou, d’illuminé, que sais-je encore. Il en fut de même pour tant d’autres qui eurent l’ambition de la Vérité, c’est-à-dire l’humilité de la laisser parler.

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