Mel Gibson prépare la suite de son film "La passion du Christ"

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VexillumRegis
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La Passion du Christ, de Mel Gibson

Message non lu par VexillumRegis » sam. 01 janv. 2005, 12:52

Bonjour à tous,

Comme nous n'avons pas encore eu l'occasion de discuter du film de Mel Gibson, - qui a pourtant été un évènement cinématographique et religieux marquant de l'année 2004 - il me semble opportun de poster cet article récent tiré du journal Le Monde :

Projetée à Tel-Aviv, "La Passion du Christ" déclenche fous rires et colères
LE MONDE | 28.12.04 | 13h38


Jérusalem, de notre correspondante

[align=justify]C'est avec indifférence, et parfois dégoût face à ses outrancières effusions d'hémoglobine, que les spectateurs israéliens ont accueilli le film de Mel Gibson La Passion du Christ. Ce même film avait pourtant été dénoncé par de nombreuses organisations juives comme antisémite, car il rend les juifs, plutôt que le Romain Ponce Pilate, responsables de la crucifixion de Jésus-Christ. La Passion du Christ a été projetée à Tel-Aviv la veille de Noël, vendredi 24 décembre, soit presque un an après sa sortie aux Etats-Unis, sur DVD. Le film n'est en effet pas distribué en Israël, non pas pour cause de censure mais parce qu'il n'y a pas suscité d'intérêt commercial.

"Nous tenions à ce que les spectateurs israéliens puissent voir ce film, bien qu'il ait été l'objet d'une controverse, en particulier pour ses aspects antisémites, car nous croyons en la liberté d'expression", a déclaré au Monde Alon Garbuz, le directeur de la Cinémathèque, un complexe de salles public qui a organisé une projection unique et à but non lucratif.

Visiblement révulsée par plus de deux heures de scènes de torture du Christ, la salle s'est aussi esclaffée lorsque Maia Morgenstern (Marie) et Monica Bellucci (Marie-Madeleine) priaient en hébreu, qui, à en croire les fous rires, n'est pas la langue maternelle des deux actrices. Le reste du dialogue, en araméen et en latin, a laissé les spectateurs de marbre.


"UN "SNUFF MOVIE", NI PLUS NI MOINS"

"J'ai trouvé ce film complètement idiot et répugnant. L'utilisation de l'araméen ne m'a pas du tout incitée à entrer dans le film", a estimé Miri Magnus, une retraitée. "Je pense aussi que c'est un film dangereux qui peut influencer les âmes sensibles. Même si les juifs avaient tué Jésus, ce qui en soi n'est pas si important car les juifs peuvent se tuer entre eux, j'ai bien peur que certains chrétiens fondamentalistes voient en ce film la vérité absolue", a-t-elle continué. Pour Amnon Schwartz, un jeune cinéaste, le film de M. Gibson "n'est ni plus ni moins qu'un snuff movie", un film illégal d'un viol ou d'un meurtre réel.

Le film a été suivi par un débat portant davantage sur son manque de rigueur théologique que sur sa représentation des juifs comme déicides. "M. Gibson a fait de la Crucifixion un thème central alors qu'elle n'est mentionnée qu'une seule fois dans le Nouveau Testament. Et quel être humain peut porter une croix qui pèse plus de 150 kilos ? ", a remarqué Joe Zias, un anthropologue.

"Aucune source théologique ne décrit de tels actes de torture. Je n'ai reconnu dans ce film ni Jésus l'homme ni Jésus le croyant, mais bien un hamburger", a noté Evyatar Marinberg, un spécialiste en théologie à l'université de Tel-Aviv.

David Satran, qui enseigne l'histoire des religions à l'Université hébraïque de Jérusalem, s'est inquiété de l'impact de ce film sur les non-chrétiens. "Je pense que ce film est tout aussi antichrétien qu'il est antisémite. Comment mes étudiants pourraient-ils éprouver quelque empathie pour Jésus, dont le message n'est absolument pas exposé dans ce film ? Le film de M. Gibson semble ne cautionner que la violence et le martyre." -

ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 29.12.04
Sans vouloir faire de mauvais esprit, on ne peut être que frappé par le fait que des Juifs décident de diffuser un film sur la Passion du Christ un 24 décembre, la veille de la Nativité - Y a-t-il volonté réfléchie d'offenser ainsi les chrétiens ? On peut légitimement se poser la question...

Bien à vous,

- VR -

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Message non lu par wanderer » sam. 01 janv. 2005, 19:41

Je ne l’ai pas encore vu, mais le principe d’utiliser le cinéma pour l’évangélisation me semble excellent. Je vais rattraper ! :)

Pour l'aspect sanguinolant, je suis partagé. bien sûr, Jésus a souffert pendant sa passion et on peut le montrer, mais j'ai peur que la manière choisie ait été outancière. De plus, cela interdit le film aux enfants et cela limite donc la portée éducative. Dommage.

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Message non lu par aramis » ven. 07 janv. 2005, 1:12

J'ai vu le film et j'ai beaucoup aimé. Je n'étais pas le seul, dans la salle beaucoup de jeunes, et des applaudissments.

1. Le film n'est en rien antisémite.
On y voit des juifs qui crachent sur Jésus, et on en voit d'autres le défendre, y compris parmis le Sanhédrin. Les gens du peuple qui se trouvent sur le chemin de croix pleurent, d'autres l'insultent. Tous sont juifs, les bons comme les méchants. En fait, le peuple juif y est montré comme tous les autres peuples, avec ses justes et ses crapules... Ce qui choque ? Je me suis posé la question... et j'ai remarqué une chose : aujourd'hui, au cinéma comme dans les séries télévisuelles, le méchant n'ai JAMAIS juif. Alors forcément, dire que certains aient pu, il y a longtemps, mal se comporter, cela devient de l'antisémitisme dans une société qui ne sait plus faire la part des chose.

2. Le film est violent.
On y voit des romains frapper le Christ sans raison lors de son arrestation, par pur sadisme. Qui oserait dire qu'aujourd'hui encore ce genre de dérapages n'arrive plus ?
La flagellation dure environs 20 mn, c'est insoutenable. Mais rappelons nous que le Christ subira cela durant beaucoup plus de 20mn, et que si nos yeux sont sensibles, sa chair l'était plus encore. Alors il faut garder les yeux ouverts (tout petit courage en comparaison du sien).

3. Ce film répond à certaines questions.
A l'époque, on était soit flagellé, soit crucifié. Et on mourrait dans les deux cas.
Jésus ne survit à la flagellation que parce que Pilate compte émouvoir le peuple en lui montrant une loque sanguinolente. Comme on le sait, la ruse ne marche pas et Jésus sera alors crucifié.
On comprend mieux alors POURQUOI IL MEURT SI VITE SUR LA CROIX.
En effet certains historiens prétendent que Jésus n'est pas resté suffisement longtemps sur la croix pour mourrir. Et comme on ne lui a pas brisé les jambes...il ne serait pas mort sur la croix, donc pas de résurection etc.... ( voir G.Messadié : L'homme qui devint Dieu). Mais aprés avoir reçut le double supplice de la flagellation et de la crucifixion, on comprend mieux la rapidité de sa mort.

Pour les gens de l'époque, le fait de dire : Flagellation, ou crucifixion suffisait.
Aujourd'hui, la crucifixion n'existe heureusement plus, et la flagellation est devenu un plaisir sadomaso... Alors forcément, le film du grand Mel Gibson remet les chose en place.

Si quelqu'un veut chercher des poux à Gibson, il peut toujours lui reprocher d'avoir soutenu Bush aux élections, mais côté cinéma, rien à dire...
Dépassionner l'homme pour les choses terrestres, j'appelle cela une spiritualité de massacre. (François Varillon. 1980)

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Critique personnelle

Message non lu par VexillumRegis » ven. 07 janv. 2005, 9:10

Voici la critique que j'avais faite du film sur un autre forum au moment de sa sortie :

:arrow: A propos de la polémique

=>> L'antisémitisme. C'est la première accusation qu'eu à subir le film avant même sa sortie aux Etats-Unis, avant même, d'ailleurs, qu'il ne soit achevé. Franchement, je ne vois pas ce qui a pu motiver cette accusation infondée: un esprit de polémique exacerbé? un business malsain de l'antisémitisme? Je ne sais. Mais ce qui est certain à mes yeux, c'est qu'il n'y a pas la moindre trâce d'antisémitisme dans ce film. Certes, ce sont les prêtres du Sanhédrin qui poussent Pilate à condamner Jésus, mais en cela le film ne fait que suivre les Evangiles. A vrai dire, ce sont surtout les soldats romains qui s'acharnent sur le Christ; le film serait donc plutôt anti-romain qu'anti-juif! En fait, pas de trâce de manichéisme dans la représentation des Juifs: certains persécutent Jésus (Caïphe par exemple, ou les soldats du Temple), d'autres, au contraire, l'aident ou se prennent de pitié pour lui (Véronique ou Simon de Cyrène).

=>> La violence. Comme l'accusation d'antisémitisme est tombée à l'eau dès la sortie du film, ses détracteurs s'en sont ensuite pris au caractère violent du film, que l'on a qualifié de véritable boucherie. On a dit que des hectolitres de sang coulaient, que Mel Gibson était un sadique, un pornographe de la violence.
J'ai donc été très surpris de constater que toutes ces critiques étaient une nouvelle fois très exagérées. Certes, les scènes de flagellation et de crucifixion sont très réalistes, on ne peut le nier. Mais elles ne sont nullement interminables ni même insoutenables. Tout est justifié par la véracité historique des faits relatés. Le terme de gore est donc véritablement infondé. L'interdiction aux seuls moins de 12 ans me semble donc totalement justifiée.

=>> Les critiques s'en sont aussi pris aux "tics" supposés du réalisateur. On a particulièrement attaqué l'emploi par Gibson du ralenti. J'ai même lu sur le forum d'allociné un critique qui affirmait sérieusement que la moitié du film était tourné en ralenti. Exagération manifeste, une nouvelle fois. En fait, les ralentis se concentrent dans la première demi-heure du film, en particulier durant la scène d'arrestation du Christ. Cette scène, entièrement tournée en ralenti, est en effet un peu longue, et je comprends fort bien qu'on puisse la critiquer. Mais les ralentis présents dans le reste du film sont beaucoup plus discrets et bien intégrés à l'action.

:arrow: Les points que j'ai aimés

=>> On ne peut que louer la rigueur de la reconstitution historique. Les décors comme les costumes sont superbes. Le récit est fidèle dans ses grandes lignes aux Evangiles (on remarquera cependant que la scène où Marie essuie le sang de son fils après la flagellation ne se trouve pas dans les Ecritures). L'emploi des langues anciennes est sans doute un effort louable pour faire pénétrer le spectateur dans l'ambiance de l'époque, mais je doute personnellement que ce soit d'une utilité réelle et avérée (mais enfin çà ne nuit nullement au film...).
Les deux "erreurs" historiques les plus flagrantes (Jésus porte la croix dans son entier; il est crucifié avec les clous dans les paumes) semblent être volontaires: entre vérité historique et tradition artistique, Gibson a parfois opté pour la seconde solution.

=>> Le sens théologique du sacrifice du Christ est très bien mis en valeur. Les critiques ont fait valoir le fait que la Passion sans la Résurrection n'a aucun sens. Cela n'est pas vrai. D'une part, la Résurrection n'est pas seulement sous-entendu (nous y reviendrons), mais d'autre part, même sans la Résurrection, le film aurait eu autant de sens. Dès le début, la citation d'Isaïe met en valeur le sacrifice propitiatoire du Christ, qui s'offre à la souffrance et à la mort pour racheter les péchés de l'ensemble des hommes. Cette figure de l'agnus dei offert pour le salut est mis en valeur tout au long du film, en particulier à travers les nombreux flash-backs.
On ne peut donc qualifié ce film de simple boucherie si l'on tient compte du message théologique qu'il véhicule.

=>> L'esthétique du film est aussi très réussie. Gibson a dit lui-même qu'il s'était inspiré des peintures qu Caravage. Cela est très perceptible. Les images sont très soignées et très belles; l'utilisation de la lumière, surtout dans la première partie du film, donne vraiment une ambiance "caravagesque" à l'oeuvre.

=>> L'utilisation astucieuse du procédé du flash-back est sans doute la grande réussite du film. Ils permettent d'aérer la violence des images, et sont toujours très bien intégrés au récit. Le seul flash-back dont je ne vois pas l'utilité (il a peut-être un sens qui m'échappe) est celui illustrant Jésus charpentier (avec la table).

=>> Le jeu des acteurs, enfin, doit être salué. Jim Caviezel (dont les initiales sont J.C, et qui avait... 33 ans lors du tournage!) parvient à nous faire ressentir toute la souffrance qu'a enduré Jésus. L'actrice roumaine qui joue Marie est toute aussi expressive, et représente parfaitement la Vierge de douleur. Monica Belluci, quant à elle, est plutôt effacée. Le seul acteur qui m'ait déçu, c'est celui qui joue Jean: il est plutôt inexpressif, et comme perdu.

:arrow: Les points que j'ai moins aimés

=>> J'ai été particulièrement désolé par l'utilisation qui a été faite du diable. Sa représentation en elle-même n'est pas le problème: une femme au visage blême et sans sourcils, dans une tunique noire. Mais c'est son emploi qui m'a déçu. La scène de tentation au jardin de Gethsémani est tout à fait justifiable, et même plutôt réussie, tout comme
la présence menaçante et pesante du démon tout au long du chemin de croix. Mais deux scènes frôlent dangereusement avec le ridicule:
1) La scène de la flagellation dans laquelle le diable porte un affreux nourisson dans les bras. Sans doute y-a t'il ici une symbolique qui m'échappe. Mais de toute façon, d'un point de vue strictement esthétique, c'est plutôt mauvais.
2) La scène, lors de l'expiration du Christ sur la croix, où le diable (dans les enfers?) hurle de rage. Sans intérêt ni beauté.

=>> La scène de la Résurrection me semble aussi malheureusement peu réussie. Elle peut être divisée en deux parties:
1) Dans la première, on voit le suaire se "dégonfler" doucement, comme si le corps qui le contenait s'était évanoui en une fraction de seconde.
2) Dans la seconde partie, l'on voit le Christ nu se relever de la mort, les paumes encore trouées.
Le suaire se "dégonflant", par son caractère à la fois simple et surnaturel, eut suffi; la seconde partie me semble de trop.
Bref, un semi-échec qui ne clôt pas comme il faudrait le film.
La Résurrection du Christ en gloire était une autre option, plus difficile, qui m'eut paru judicieuse. Pour vous en donner une idée, voici la Résurrection d'après le grand peintre allemand du XVIè siècle Grünewald:

Image

=>> La musique du film, dans son ensemble, est très convenable.
Je pense néanmoins que certains chef-d'oeuvres de la musique classique
eussent donné un impact émotionel plus fort à certaines scènes. Je pense en particulier à la Passion selon St Jean de J.S. Bach.

:arrow: Conclusion
Ce film est excellent, cela ne fait aucun doute, et je conseille à tout le monde d'aller le voir pour se faire sa propre idée. Ce n'est cependant pas le chef-d'oeuvre absolu que j'attendais. Mais sans doute en attendais-je trop justement. La déception est souvent plus grande à proportion du temps que l'on a attendu pour voir une oeuvre.

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Message non lu par wanderer » ven. 07 janv. 2005, 14:59

Je n'aime pas tellement ce tableau. En fait, je n'ai pas encore trouvé de représentation de la résurection du Christ que me satisfasse pleinement. J'en avais cherché à un moment pour un exposé sur la messe en si mineur de Bach que j'avais fait, mais je n'ai rien trouvé de bien épatant. Je ne sais pas si c'est parce que je m'imagine cette résurection comme quelque chose de vraiment tellement incroyable que je suis toujours déçu. Il y a de nombreuses représentations de la croix qui sont très belles, mon curé a des crucifix vraiment magnifiques que je récupèrerais bien :P . Mais pour la résurection, je n'ai pas de tableau en tête qui me fasse vraiment le choc attendu.

Comme je suis ignard en peinture, il y en a sûrement des tas que j'ignore et qui sont très connus et de grande qualité. C'est quand même une source d'inspiration énorme. Charles, notre expert en la matière, quelques suggestions? Ou peut-être cela dépasse notre entendement humain au point que l'on ne peut pas vraiment le représenter correctement?

Sinon VR, pour ta critique, tu devrais la poster sur des forums de cinéma, une bonne oeuvre d'apostolat! :)

Jean-Pierre DALIBOT
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"La Passion du Christ"

Message non lu par Jean-Pierre DALIBOT » ven. 07 janv. 2005, 18:11

Lecture du livre d'Isaïe 52,13 . 53,1-12

Mon serviteur réussira, dit le Seigneur ; il montera, il s'élèvera, il sera exalté !
La multitude avait été consternée en le voyant, car il était si défiguré qu'il ne ressemblait plus à un homme ; il n'avait plus l'aspect d'un fils dAdam. Et voici qu'il consacrera une multitude de nations: devant lui les rois resteront bouche bée, car ils verront ce qu'on ne leur avait jamais dit, ils découvriront ce dont ils n'avaient jamais entendu parler Qui aurait cru ce que nous avons entendu? A qui la puissance du Seigneur a-t-elle été ainsi révélée? Devant Dieu, le serviteur a poussé comme une plante chétive, enracinée dans une terre aride. Il n'était ni beau, ni brillant pour attirer nos regards, son extérieur n'avait rien pour nous plaire. Il était méprisé, abandonné de tous, homme de douleurs, familier de la souffrance, semblable au lépreux dont on se détourne; et nous l'avons méprisé, compté pour rien. Pourtant, c'étaient nos souffrances qu'il portait, nos douleurs dont il était chargé. Et nous, nous pensions qu'il était châtié, frappé par Dieu, humilié. Or, c'est à cause de nos fautes qu'il a été transpercé, c'est par nos péchés qu'il a été broyé. Le châtiment qui nous obtient la paix est tombé sur lui, et c'est par ses blessures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait son propre chemin. Mais le Seigneur a fait retomber sur lui nos fautes à nous tous. Maltraité, il s'humilie, il n'ouvre pas la bouche : comme un agneau conduit à l'abattoir, comme une brebis muette devant les tondeurs, il n'ouvre pas la bouche. Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. Qui donc s'est soucié de son destin? Il a été retranché de la terre des vivants, frappé à cause des péchés de son peuple.
On l'a enterré avec les mécréants, son tombeau est avec ceux des enrichis ; et pourtant il n'a jamais commis l'injustice, ni proféré le mensonge. Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. Mais, s'il fait de sa vie un sacrifice d'expiation, il verra sa descendance, il prolongera ses jours : par lui s'accomplira la volonté du Seigneur. A cause de ses souffrances, il verra la lumière, il sera comblé. Parce qu'il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés. C'est pourquoi je lui donnerai la multitude en partage, les puissants seront la part qu'il recevra, car il s'est dépouillé lui-même jusqu'à la mort, il a été compté avec les pécheurs, alors qu'il portait le péché des multitudes et qu'il intercédait pour les pécheurs.

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Re: Critique personnelle

Message non lu par VexillumRegis » ven. 07 janv. 2005, 20:36

Bonsoir,
Charles a écrit :Le film montre aussi la division à l'intérieur du peuple juif dans la scène où des membres du Sanhédrin protestent contre la procédure d'accusation qu'ils dénoncent comme invalide. On peut l'interpréter comme une volonté de manisfeter l'absence d'unanimité et donc de responsabilité collective des Juifs. Mais "Tous prononcèrent qu'il était passible de mort" (Mc 14, 64)
[align=justify]Il ne faut cependant pas oublier que des membres du Sanhédrin, et non des moindres, étaient très proches de Jésus, voire même secrètement chrétien : il s'agit selon les évangiles de Nicodème (Jean, III, 1, 10) et de Joseph d'Arimathie (Matth. XXVII, 57, 59 ; Marc XV, 43-46 ; Luc XXIII, 50 et Jean XIX, 38). Il semble difficilement concevable que Joseph ait eu le courage de réclamer à Pilate le corps de Jésus, mais qu'il n'en est pas eu suffisament pour s'opposer au Sanhédrin ou du moins marquer sa désapprobation. Bref, en tenant compte de ces faits, la représentation houleuse que Mel Gibson a donnée du procès du Christ devant le grand Conseil juif paraît justifiée.[/align]
Charles a écrit :Si le peuple juif a fait mettre à mort le Christ et en porte collectivement la responsabilité, ce n'est pas un problème car tous les peuples portent de telles responsabilités et ont leurs boucs émissaires. Evidemment pour nous aussi la tentation est grande de prétendre que le peuple Juif n'était pas responsable de la mort du Christ et évidemment nous voudrions que certains n'en soient pas responsables et évidemment encore... nous voudrions être de ceux-là. Nous pensons que nous ne nous rendrions pas coupables de ce meurtre. Seulement, voilà nous aussi nous sommes pécheurs. Etre chrétiens n'est refuser la culpabilité, c'est la reconnaître, pleurer avec Pierre sur nos défaillances et nous laisser pardonner.
[align=justify]Il est intéressant de noter ce qu'écrit le Catéchisme du concile de Trente au sujet de la question de la culpabilité collective du peuple Juif dans la mise à mort du Christ : "Nous devons donc regarder comme coupables de cette horrible faute, ceux qui continuent à retomber dans leurs péchés. Puisque ce sont nos crimes qui ont fait subir à Notre-Seigneur Jésus-Christ le supplice de la Croix, à coup sur ceux qui se plongent dans les désordres et dans le mal crucifient de nouveau dans leur cœur, autant qu’il est en eux, le Fils de Dieu par leurs péchés, et Le couvrent de confusion. Et il faut le reconnaître, notre crime à nous dans ce cas est plus grand que celui des Juifs. Car eux, au témoignage de l’Apôtre, s’ils avaient connu le Roi de gloire, ils ne L’auraient jamais crucifié. Nous, au contraire, nous faisons profession de Le connaître. Et lorsque nous Le renions par nos actes, nous portons en quelque sorte sur Lui nos mains déicides." On voit donc par ce beau texte que l'Eglise catholique n'a pas attendu Vatican II et Nostra aetate pour reconnaître que tous les hommes étaient coupables de la mort du Christ, et non les seuls Juifs...[/align]

Bien à vous,

- VR -

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Message non lu par aramis » sam. 08 janv. 2005, 0:09

"Mais tous prononcèrent qu'il était passible de mort"

Du point de vue légal, cela était vrais. Jésus risquait d'être condamné à mort.
Cela ne veut pas dire que TOUS souhaitaient qu'ils meurent. Et certains ont donc pu prendre sa défense.
Quand on étudie un peu le judaïsme, on se rend compte que pour eux, chaque mot compte. Edmond Fleg n'écrit-il pas " quand 2 juifs se disputent, il y a 3 avis différents".

Quoiqu'il en soit, cette simple phrase ne suffit pas à rendre responsable le peuple juif en entier de la mort du Christ.
Dépassionner l'homme pour les choses terrestres, j'appelle cela une spiritualité de massacre. (François Varillon. 1980)

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Message non lu par elisseievna » sam. 08 janv. 2005, 9:05

http://www.proche-orient.info/xjournal_ ... or=&titre=


" l'ayatollah (koweïtien) Mohammad Baker Al-Mouhri a estimé que, ce film [la passion ] est « une bonne occasion de révéler les crimes commis par les juifs contre le Christ et plusieurs autres prophètes. (31/3/2004)"


http://www.crif.org/index.php?menu=5&do ... _doss=4029


Conférence de hassan iquioussen la palestine, histoire d’une injustice

« Lisez le Nouveau Testament, vous allez voir comment Saïd na Issa était en conflit avec les Pharisiens, les intégristes, des Pharisiens, oui, c’étaient des Juifs qui avaient une croyance assez particulière, et une pratique particulière, et ils se croyaient toujours supérieurs aux autres. Peu importe. Ils vont tuer Saïd na Issa, d’après eux, pas d’après nous. Vous voyez, c’est des gens qui n’hésitent pas à tuer des prophètes. …./ …
Donc ils n’avaient jamais de scrupules à tuer des prophètes. D’après ( ?) un matin ils se sont réveillés et ils ont tué 70 prophètes. Un matin, les Bano Israël, 70 prophètes ils ont exécuté ! «

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Message non lu par VexillumRegis » sam. 08 janv. 2005, 13:29

Bonjour,

[align=justify]Peu m'importe, à vrai dire, la manière dont certains musulmans extrémistes ont compris et reçu le film de Mel Gibson. Ils y ont vu matière à propagande antisémite ? Je n'y ai vu pour ma part qu'un hymne à l'amour (Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés - Jean XV, 12) et au pardon (Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font - Luc XXIII, 34). Le sang répandu abondamment par le Christ n'est pas un signe de haine, mais le signe de l'amour infini que Dieu nous porte, le sang de la Rédemption : Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, répandu pour la multitude en rémission des péchés (Matthieu XXVI, 28). Voilà le véritable message de ce film. Il n'est donc pas étonnant que les musulmans intégristes soient incapables d'y rien comprendre, eux qui pour toute religion prônent la haine et l'homicide. Mais ce n'est pas une raison suffisante pour critiquer le film, car quelle oeuvre, si elle est profonde, ne peut être comprise de multiples manières, parfois totalement contradictoires ?[/align]

Bien à vous,

- VR -
Dernière modification par VexillumRegis le dim. 09 janv. 2005, 19:09, modifié 1 fois.

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critique et unanimité

Message non lu par elisseievna » sam. 08 janv. 2005, 17:09

On ne peut pas jouer avec l’accusation de « peuple deicide » et se « laver les mains » de la façon dont il peut etre compris par un public peu informé, et dont il peut etre utilisé par des extremistes pour manipuler. Surtout quand on utilise un media comme le cinéma, accessible meme aux analphabètes.

Telle est la critique qui a été faite au film par exemple par cet article :
http://www.proche-orient.info/xjournal_rel_som.php3 :. « Mel Gibson ... refuse de considérer les conséquences d'un visionnage non commenté de son film auprès d'un public peu informé. »

« Non commenté » : tel est le point principal de la critique.
On peut tout dire et raconter, meme les pires violences, mais il faut se donner la peine de lever les ambiguités, au besoin d’etre très lourd quand on sait qu’il y a un risque grave de contresens. Or c’est bien le cas avec ce préjugé du « peuple déicide ». Mel Gibson ne peut l’ignorer.

Charles vous ecrivez : "Tous prononcèrent qu'il était passible de mort" (Mc 14, 64)
Cette phrase m’etonne un peu beaucoup, car j’ai cru comprendre qu’un tribunal juif ne pouvait pas condamner à l’unanimité, parce que justement, l’unanimité était l’indication qu’un état d’esprit injuste, excessif, lyncheur, avait regné sur le jury ( mais je ne suis pas specialiste…)

Vous écrivez encore : « Si le peuple juif a fait mettre à mort le Christ et en porte collectivement la responsabilité, ce n'est pas un problème car tous les peuples portent de telles responsabilités et ont leurs boucs émissaires. »
Mais si, il y a deux graves problemes… :
- [b]Aucun autre peuple [/b]que les juifs n’est représenté comme ayant pour « bouc emissaire », dieu en personne,
- La notion de « responsabilité collective » est elle-même empreinte de l’etat d’esprit qui mene aux phènomenes de boucs emissaires ou pogroms.

Ce qui est reproché au film, et qui parait vraissemblable à la lecture des reportages et de vos propres commentaires, c’est que Mel Gibson n’aurait pas dans son film même contesté l’interpretation de « peuple deicide".

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La Passion et les passions

Message non lu par FMD » sam. 08 janv. 2005, 20:20

[align=justify]
elisseievna a écrit :On ne peut pas jouer avec l’accusation de « peuple deicide » et se « laver les mains » de la façon dont il peut etre compris par un public peu informé, et dont il peut etre utilisé par des extremistes pour manipuler.

Ces islamistes sont surtout d'une mauvaise foi impressionnante puisque leur propre religion dément que le Christ ait souffert de la sorte. Vous savez, vous montreriez à ces personnes un film sur la Shoah qu'elles soutiendraient malgré tout que les juifs sont un peuple de traîtres puisque certains kapos étaient juifs: tout est bon pour justifier leur antisémitisme maladif.
Ce qui est reproché au film, et qui parait vraissemblable à la lecture des reportages et de vos propres commentaires, c’est que Mel Gibson n’aurait pas dans son film même contesté l’interpretation de « peuple deicide".

Savez-vous que Mel Gibson apparaît à une seule reprise dans ce film ? C'est en effet son bras qui enfonce les clous dans les mains du Christ comme pour mieux signifier la responsabilité de l'humanité entière dans ce déicide.[/align]

elisseievna
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Message non lu par elisseievna » dim. 09 janv. 2005, 1:40

charles,

j'ai lu Girard , donc je vois tres bien de quoi vous parlez,
mais de tous ces peuples qui ont sans doute mis des Oedipe a mort avec le processus de stigmatisation et de poussée vers l'abime, il n'y a qu'un seul "peuple" dont on a retenu la culpabilité, c'est le peuple juif, car il n'y a plus aujourd'hui dans nos sociétés monothéistes qu'un seul "dieu" ou notion de dieu reconnu, et les juifs sont accusés d'avoir tué celui là ( et pas athéna ou le serpent à plumes...) : c'est ce phenomene historique dont je parle, c'est en ce sens qu'il est le seul

la responsabilité d'un "groupe" qui existe en cas de lynchage, n'est pas une responsabilité "collective" de tout un "peuple", mais SEULEMENT celle des membres du groupe qui a lynché.
je pense que vous savez que parler de "responsabilité collective" c'est confondre innocents et coupables dans une meme repression, autrement dit, c'est une vengeance et non une justice.

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Les Juifs messianiques et le film de la Passion

Message non lu par Christophe » dim. 09 janv. 2005, 3:39

Bonsoir,

[align=justify]Il semble que les juifs messianiques, qui - eux - ont vus le film, ne l'ont pas trouvé antisémite. J'espère que je ne serais pas accusé d'antisémitisme pour avoir cité des sources juives...
Dès lors, la question que l'on peut se poser, c'est savoir si cette campagne de diffamation menée contre le film de Mel Gibson n'avait pas comme véritable raison une certaine christianophobie, la volonté de réduire au silence le message de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ?[/align]

:arrow: Le dossier des Juifs pour Jésus : http://www.jewsforjesus.org/intl_branch ... ccueil.htm
Quoi qu'il en soit, je voudrais juste vous encourager à tenir bon, Monsieur Gibson. Il y en a beaucoup parmi nous, peuple juif, qui vous sont reconnaissants d'avoir réalisé ce film.
Qui est responsable de la mort de Jésus ? - Le Nouveau Testament est-il antisémite ?


Bien à vous,
Christophe
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Message non lu par mc » dim. 09 janv. 2005, 10:00

Surprenants et aussi rassurants les propos/articles du rabbin :heart: orthodoxe américain Daniel lapin :heart: sur le film La Passion qui contribuent d'ailleurs à dépassioner le sujet.
Le frère de Mel Gibson lui a d'ailleurs écrit d'Australie pour le remercier.
sur le site Toward Tradition (trait d'union entre Juifs et Chrétiens)
http://www.towardtradition.org/index.htm :heart:
http://www.towardtradition.org/ttforum.htm :heart:

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