Nous devons la formulation la plus connue de ce principe à Pie XI, dans l'encylique Quadragesimo anno (1931) :
[align=justify]" On ne peut enlever aux particuliers pour les transférer à la communauté les attributions dont ils sont capables de s'acquitter par leur seule initiative et par leurs propres moyens. De la même manière, ce serait commettre une injustice, en même temps que troubler d'une façon très dommageable l'ordre social que de retirer aux groupements d'ordre inférieur, pour les confier à une collectivité plus vaste et d'un rang supérieur, les fonctions qu'ils sont en mesure d'accomplir par eux-mêmes.
L'objet de toute intervention en matière sociale est d'aider les membres du corps social, et non pas de les détruire ni de les absorber ".[/align]
Cependant, l'esprit de ce principe est largement antérieur à cette formulation (finalement assez récente) et se retrouve déjà chez Aristote ou saint Thomas d'Aquin (De regimine principum 1, 15).
Le principe de subsidiarité est donc une heuristique pour approcher le "point d'équilibre" dans les relations qu'entretiennent entre-eux les différents corps sociaux.
Le projet de Constitution de la Convention propose de consacrer le principe de subsidiarité comme principe fondamental de l'Union (Partie I, Titre III, art. 9) pour la définition de la répartition des compétences propres de la Communauté européenne (CE) et des Etats membres de la CE.
Si ce principe d'une vérité criante devrait inspirer tout constitutionaliste ayant à coeur de servir le Bien Commun, en revanche l'inscrire dans une Constitution comme principe de droit positif (et non comme simple déclaration de principe) pourrait se réveler extrêmement préjudiciable pour les Etats membres qui n'auraient, de facto, plus leur mot à dire dans le partage de l'exercice de leur souveraineté... (La Cour de justice des Communautés européennes (CJCE) serait alors seule juge de la répartition des compétences entre la Communauté et les Etats membres !)
Le tribunal de première instance des Communautés européennes avait retenu, dans son arrêt du 21 février 1995 (recueil II-289, point 331) que "le principe de subsidiarité ne constituait pas, avant l'entrée en vigueur du traité sur l'Union européenne, un principe général du droit, au regard duquel aurait dû être contrôlée la légalité des actes communautaires". En revanche il ne se prononce pas sur ce qu'il adviendra après l'entrée en vigeur du traité, lorsque le principe de subsidiarité sera posé comme "principe général du droit".
Références :
Article "Qu'est-ce que le principe de subsidiarité ?" (vie-publique.fr)
Le principe de subsidiarité : fiche technique du Parlement européen (europarl.eu.int)
"L'application du principe de subsidiarité", Rapport au Sénat de Christian de Malène (senat.fr)
Agenda social - "Le principe de subsidiarité"
Site du Centre de formantion)


