Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par mikesss » jeu. 31 oct. 2019, 9:17

Quejana a écrit :
jeu. 31 oct. 2019, 8:59
mikesss > Sincèrement, auriez-vous préféré naître au XVIIe siècle qu'à notre époque ?
D'un point de vue technologique bien sûr que non, car comme je l'ai dit, on a fait d'énormes progrès en la matière depuis, mais d'un point de vue sociétal, oui; la France était alors un état catholique avec une majorité de catholiques et l'Eglise avait assez d'influence sur le roi pour l'empêcher de passer des loi immorales (si jamais il y était tenté). Je pense franchement qu'il était bien plus facile de vivre chrétiennement avant 1789 que maintenant (et c'est bien ce qui importe, non?)

De toutes façon, discourir de l'époque à laquelle j'aurais voulu vivre ne sert à rien, je vis au XXIème siècle, c'est tout, c'est comme ça. Par contre, je suis pour une rechristianisation de la France, pour recréer un état catholique qui reviendrait aux principes d'avant 1789 (ce qui ne veut pas dire qu'il faille interdire aux femmes de travailler, qu'il faille remettre le roi sur le trône, ou recréer l'aristocratie, mais il faut une "dévolution" des consciences qui pousserait les gens à reprendre leurs places normales dans la société.)

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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par Quejana » jeu. 31 oct. 2019, 9:51

mikesss a écrit :
jeu. 31 oct. 2019, 9:17
(ce qui ne veut pas dire qu'il faille interdire aux femmes de travailler, qu'il faille remettre le roi sur le trône, ou recréer l'aristocratie, mais il faut une "dévolution" des consciences qui pousserait les gens à reprendre leurs places normales dans la société.)
Vous reconnaissez donc que l'on a fait aussi des progrès sociaux (démocratie, travail des femmes...) ?
Par une nuit profonde,
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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par mikesss » jeu. 31 oct. 2019, 10:09

Quejana a écrit :
jeu. 31 oct. 2019, 9:51
mikesss a écrit :
jeu. 31 oct. 2019, 9:17
(ce qui ne veut pas dire qu'il faille interdire aux femmes de travailler, qu'il faille remettre le roi sur le trône, ou recréer l'aristocratie, mais il faut une "dévolution" des consciences qui pousserait les gens à reprendre leurs places normales dans la société.)
Vous reconnaissez donc que l'on a fait aussi des progrès sociaux (démocratie, travail des femmes...) ?
Non, ce ne sont pas des progrès selon moi, c'est pour ça que je dis qu'il faut que les consciences "dévoluent". Le travail des femmes (s'il n'est pas mauvais en soi) est issu d'un refus du rôle que Dieu leur a donné dans la société. Donc non, ce n'est pas un progrès, il faut qu'elle réapprennent à accepter ce rôle voulu par Dieu; de même pour les hommes. Le travail des femmes est accessoire, c'est la mentalité qui est derrière qui est importante.
De même, je ne suis pas royaliste du tout, mais pas démocrate non plus (et surtout pas de la façon dont la démocratie existe en France). La démocratie n'est pas un progrès, ni une régression, c'est juste un système différent. Par contre, comme pour le travail des femmes, il faut regarder l'état d'esprit qui est derrière: les gens pensent justement que la démocratie est un progrès, que c'est l'Alpha et l'Omega et ne jurent que par ça: c'est juste un système qui n'est ni meilleur, ni pire que la monarchie, tout dépend de ce qu'on en fait.

Bref, je ne considère pas que ce sont des progrès, ce sont des éléments accessoires; en revanche, la mentalité sous- jacente est clairement une régression selon moi. Donc il faudrait changer les mentalités mais sur ces points précis, que l'on reste en démocratie avec le droit de travail des femmes ou dans une monarchie avec une interdiction pour les femmes de travail m'importe peu.

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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par Quejana » jeu. 31 oct. 2019, 11:24

mikesss a écrit :
jeu. 31 oct. 2019, 10:09

Non, ce ne sont pas des progrès selon moi, c'est pour ça que je dis qu'il faut que les consciences "dévoluent". Le travail des femmes (s'il n'est pas mauvais en soi) est issu d'un refus du rôle que Dieu leur a donné dans la société. Donc non, ce n'est pas un progrès, il faut qu'elle réapprennent à accepter ce rôle voulu par Dieu; de même pour les hommes. Le travail des femmes est accessoire, c'est la mentalité qui est derrière qui est importante.
De même, je ne suis pas royaliste du tout, mais pas démocrate non plus (et surtout pas de la façon dont la démocratie existe en France). La démocratie n'est pas un progrès, ni une régression, c'est juste un système différent. Par contre, comme pour le travail des femmes, il faut regarder l'état d'esprit qui est derrière: les gens pensent justement que la démocratie est un progrès, que c'est l'Alpha et l'Omega et ne jurent que par ça: c'est juste un système qui n'est ni meilleur, ni pire que la monarchie, tout dépend de ce qu'on en fait.

Bref, je ne considère pas que ce sont des progrès, ce sont des éléments accessoires; en revanche, la mentalité sous- jacente est clairement une régression selon moi. Donc il faudrait changer les mentalités mais sur ces points précis, que l'on reste en démocratie avec le droit de travail des femmes ou dans une monarchie avec une interdiction pour les femmes de travail m'importe peu.
Je comprends vos arguments mais je ne peux pas y adhérer. Moi, en tant que femme, cela m'importe beaucoup, je dois dire. Je ne pourrais pas débattre avec vous à l'heure qu'il est si on considérait que je ne suis que bonne à faire de la couture, des enfants, la cuisine et caetera. Je ne peux donc tout simplement pas concevoir un monde autre que celui dans lequel nous vivons. Il n'y aurait pas non plus de débat possible si nous étions dans une théocratie où la libre-pensée ne serait pas permise ; ce sujet ne serait même pas ouvert et ces questions ne pourraient pas être affichées au grand jour. Voilà pourquoi cet idéal est pour moi inconcevable. Mais une chose totalement inconcevable peut-elle être véritablement désirable ?
Certes, je ne trouve pas de meilleur argument que celui-là et peut-être d'autres que moi sur ce forum en auront de meilleurs pour défendre l'idée que je soutiens ici (j'espère).

Je peux comprendre néanmoins in abstracto que vous considériez que nous n'avons pas progressé. Notamment en lisant aussi ceci : https://fr.wikipedia.org/wiki/Progr%C3% ... dic%C3%A9e Je le comprends intellectuellement, mais que je revienne à mon corps, à mon existence, à des choses plus concrètes, je suis obligée d'admettre qu'il y a un véritable progrès, progrès dans quel sens ? je ne saurais le dire. Certes, je ne peux pas l'argumenter par des idées abstraites et là se trouve l'aporie. Car il est vrai que l'on ne peut plus parler de progrès dans une société qui n'a plus d'idéal ; je vous suis quand vous dites cela.
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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par mikesss » jeu. 31 oct. 2019, 11:43

Quejana a écrit :
jeu. 31 oct. 2019, 11:24
Je comprends vos arguments mais je ne peux pas y adhérer. Moi, en tant que femme, cela m'importe beaucoup, je dois dire. Je ne pourrais pas débattre avec vous à l'heure qu'il est si on considérait que je ne suis que bonne à faire de la couture, des enfants, la cuisine et caetera. Je ne peux donc tout simplement pas concevoir un monde autre que celui dans lequel nous vivons. Il n'y aurait pas non plus de débat possible si nous étions dans une théocratie où la libre-pensée ne serait pas permise ; ce sujet ne serait même pas ouvert et ces questions ne pourraient pas être affichées au grand jour. Voilà pourquoi cet idéal est pour moi inconcevable. Mais une chose totalement inconcevable peut-elle être véritablement désirable ?
Certes, je ne trouve pas de meilleur argument que celui-là et peut-être d'autres que moi sur ce forum en auront de meilleurs pour défendre l'idée que je soutiens ici (j'espère).

Je peux comprendre néanmoins in abstracto que vous considériez que nous n'avons pas progressé. Notamment en lisant aussi ceci : https://fr.wikipedia.org/wiki/Progr%C3% ... dic%C3%A9e Je le comprends intellectuellement, mais que je revienne à mon corps, à mon existence, à des choses plus concrètes, je suis obligée d'admettre qu'il y a un véritable progrès, progrès dans quel sens ? je ne saurais le dire. Certes, je ne peux pas l'argumenter par des idées abstraites et là se trouve l'aporie. Car il est vrai que l'on ne peut plus parler de progrès dans une société qui n'a plus d'idéal ; je vous suis quand vous dites cela.
Vous n'arrivez pas à y adhérer car la société actuelle ne cesse de nous marteler que le rôle de la mère de famille est rabaissant et humiliant pour la femme; et c'est bien là le problème. Je trouve au contraire que ce travail est on ne peu plus noble et on ne peut plus beau (quoi de plus beau, en effet, que de prendre soin de de s'occuper de ceux qu'on aime), et de ce fait, j'ai un immense respect pour les femmes qui acceptent ce rôle de l'ombre. D'ailleurs, considérez vous qu'un ouvrier qui travaille à la chaine a un travail plus valorisant qu'une mère au foyer?
L'objectif n'est pas de mettre en place un théocratie, qui par nature ne serait pas bonne. L'objectif est de remettre les choses dans l'ordre que Dieu a voulu, et ça commence dans la cellule de base de la société, à savoir la famille. On peut très bien discuter des choses accessoires, mais des choses essentielles, on ne transige normalement pas avec ses principes.
Vous parlez d'idéal inconcevable, et je comprends qu'il le soit pour la majorité des gens. Mais il ne l'est pas dans l'absolu: j'ai la chance de venir d'un milieu relativement protégé à cet égard: ma grand mère, ma mère, ma femme, mes tantes… ont arrêté de travailler (je n'aime pas ce terme, car une mère de famille travaille également) lorsqu'elles se sont mariées afin de s'occuper à plein temps de leurs enfants. Donc non seulement, j'arrive à le concevoir, mais je le vois au quotidien. Et je trouve triste de rencontrer au travail des femmes qui, voulant absolument travailler, délaissent leurs enfants et les confient systématiquement à des nounous ou des garderies.

Après, je conçois très bien que quelqu'un ne venant pas de mon milieu ait du mal à accepter cette vision du monde puisque éduqué dans un monde présentant toutes ces choses comme normales. "A force de tout voir on finit par tout supporter... A force de tout supporter on finit par tout tolérer... A force de tout tolérer on finit par tout accepter... A force de tout accepter on finit par tout approuver !" disait St Augustin. et c'est pour cela que je parlais de conscience tout à l'heure, l'idée n'est pas de forcer les gens à changer radicalement de vie, mais de leur montrer petit à petit qu'il existe d'autres conceptions de la société et de les aiguiller doucement vers cette prise de conscience.

J'espère ne pas vous avoir choqué avec mon discours "réac" :)

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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par prodigal » jeu. 31 oct. 2019, 11:46

Je pense qu'il faut soumettre à critique la notion de progrès elle-même.
On parle souvent de progrès comme si il y avait une loi objective d'amélioration, à quoi d'autres opposent l'idée d'une décadence irrémédiable. Or, il me semble beaucoup plus sensé de dire que ce que l'on gagne d'un côté on le perd nécessairement de l'autre, chaque fois qu'un changement historique s'opère. Un nouveau monde ne peut apparaître que si l'ancien disparaît, et si l'ancien disparaît on ne peut plus comparer.
On me répondra peut-être qu'il y a des améliorations objectives. Par exemple, nous vivons en moyenne plus longtemps que nos ancêtres, grâce aux progrès de la médecine. A cela je répondrai deux choses.
1) est-on si sûr que cela que c'est mieux? est-ce vraiment une chance de mourir en hôpital après une longue agonie plutôt que de mourir plus jeune au milieu des siens après avoir reçu l'extrême-onction?
2) est-on sûr de voir tous les liens entre les choses? par exemple, les progrès de la médecine ne sont-ils pour rien dans les tentations eugéniques que nous connaissons aujourd'hui?
Remarquez, pour en rester à mon exemple, que cela ne signifie pas que nous aurions tort de recourir à la médecine et de combattre la maladie, mais qu'il est strictement impossible de savoir ce que cela coûte au total.
Ainsi l'on peut se réjouir (c'est ce que je fais, et sans la moindre hésitation) de la libération de la femme, et en particulier que sa liberté de conscience ne soit plus discutée, et donc qu'elle ait la responsabilité d'elle-même. Je trouve donc que les femmes ont raison d'exiger d'être reconnues comme les égales de l'homme. Mais on peut faire la liste de tout ce qui va avec et qui apparaît négatif, et qui d'ailleurs ne libère absolument pas la femme. C'est ce que d'autres, j'en suis persuadé, ne manqueront pas de faire sur ce forum si vous insistez! :rire:
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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par mikesss » jeu. 31 oct. 2019, 11:55

prodigal a écrit :
jeu. 31 oct. 2019, 11:46
Je pense qu'il faut soumettre à critique la notion de progrès elle-même.
On parle souvent de progrès comme si il y avait une loi objective d'amélioration, à quoi d'autres opposent l'idée d'une décadence irrémédiable. Or, il me semble beaucoup plus sensé de dire que ce que l'on gagne d'un côté on le perd nécessairement de l'autre, chaque fois qu'un changement historique s'opère. Un nouveau monde ne peut apparaître que si l'ancien disparaît, et si l'ancien disparaît on ne peut plus comparer.
On me répondra peut-être qu'il y a des améliorations objectives. Par exemple, nous vivons en moyenne plus longtemps que nos ancêtres, grâce aux progrès de la médecine. A cela je répondrai deux choses.
1) est-on si sûr que cela que c'est mieux? est-ce vraiment une chance de mourir en hôpital après une longue agonie plutôt que de mourir plus jeune au milieu des siens après avoir reçu l'extrême-onction?
2) est-on sûr de voir tous les liens entre les choses? par exemple, les progrès de la médecine ne sont-ils pour rien dans les tentations eugéniques que nous connaissons aujourd'hui?
Remarquez, pour en rester à mon exemple, que cela ne signifie pas que nous aurions tort de recourir à la médecine et de combattre la maladie, mais qu'il est strictement impossible de savoir ce que cela coûte au total.
Ainsi l'on peut se réjouir (c'est ce que je fais, et sans la moindre hésitation) de la libération de la femme, et en particulier que sa liberté de conscience ne soit plus discutée, et donc qu'elle ait la responsabilité d'elle-même. Je trouve donc que les femmes ont raison d'exiger d'être reconnues comme les égales de l'homme. Mais on peut faire la liste de tout ce qui va avec et qui apparaît négatif, et qui d'ailleurs ne libère absolument pas la femme. C'est ce que d'autres, j'en suis persuadé, ne manqueront pas de faire sur ce forum si vous insistez! :rire:
Je vous suis tout à fait là dessus, comme l'avait fait remarquer Quejana, le progrès ne peut se concevoir qu'en fonction d'un idéal et d'un objectif à atteindre. Le but de tout homme (sa raison d'être serait plus exact) étant de se sauver, le véritable progrès est donc le changement qui nous facilite l'accès au ciel.

Le problème de la "libération" de la femme, comme vous dites, c'est que ce n'en est pas une: l'Eglise a toujours reconnu la femme comme étant l'égal de l'homme, mais en précisant qu'elle n'avait pas le même rôle. Et quand elle se marie, l'homme et la femme ne font plus qu'un, c'est à dire qu'ils doivent raisonner en couple, pas en tant qu'individus, chose que le monde actuel refuse. (mais ce reproche, on peut aussi le faire aux hommes actuels qui refusent leurs rôles de chefs de famille et cherchent leur intérêt propre plutôt que celui de leur couple ou de leur famille.).

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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par Quejana » ven. 01 nov. 2019, 11:57

Je comprends votre point de vue, mikesss. Vous considérez que c'est une plus grande gloire d'occuper un rôle avec humilité et amour que de gagner en puissance dans la société - si je vous comprends bien... D'un point de vue strictement chrétien, cela se tient. Et effectivement d'un point de vue plus matérialiste, cela pose problème. Mais on ne devrait pas l'imposer aux femmes ; on n'a du mérite que si on choisit volontairement la dernière place, pas si on nous y oblige. Je crains aussi que cela soit juste un joli prétexte de la part des hommes pour asseoir leur domination sur la femme. Surtout que ce rôle de mère peut être assumé d'une autre manière, d'une manière plus symbolique que dans la maternité elle-même. Je connais des enseignantes par exemple qui transpose cela sur le soin qu'elles prennent de leurs élèves - c'est un exemple parmi d'autres...
N'est-ce pas un manque de charité envers son prochain de l'obliger à occuper sur Terre la dernière place - quand bien même serait-elle dans le ciel la plus élevée ?

prodigal > j'ai peur que dire que la mort est aussi bonne, voire plus désirable que la vie dans certains cas, conduise à un certain nihilisme. Que faut-il donc chercher sur Terre si ce n'est pas l'amélioration de la vie présente pour soi-même et pour son prochain ?
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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par prodigal » ven. 01 nov. 2019, 13:03

Mais rassurez-vous, je préfère la vie à la mort.
Je n'ai pas dû être assez clair. Il me paraît tout à fait normal et sensé de profiter au mieux des progrès de la médecine. Je nuance cependant cette évidence en disant que cela ne nous suffit pas pour dire que, d'une manière générale, nous ayons à nous féliciter globalement d'être né si tard.
On peut transposer à tout. Ce qui est progrès d'un certain point de vue est disparition ou au moins régression d'un autre, et toute appréciation globale est subjective. Mais, et ceci est important, cela ne dispense pas de profiter au mieux de ce qui s'est amélioré, ou de le défendre s'il est menacé. En revanche, il faut se garder de vouloir conserver le pire d'une époque révolue, sous prétexte que l'on a de bonnes raisons de détester l'époque présente. On peut regretter l'époque où il était normal d'avoir la foi catholique, ce n'est pas une raison pour réclamer le retour des bûchers, si vous me permettez d'être un peu caricatural.
Il est donc parfaitement légitime de chercher à améliorer le sort de son prochain, et même le sien propre. Mais cela n'a rien à voir avec l'utopie transhumaniste, ni avec le communisme réel. Si vous êtes malade et alitée et qu'un voisin vous rend service, il fait bien. Mais si un philanthrope décide d'éliminer par eugénisme les personne susceptibles de développer des maladies il fait mal, et c'est lui qui en réalité préfère la mort à la vie.Remarquez que le premier cas, le service rendu, se conjugue très bien avec la charité, ce qui est exclu dans le second. On peut donc en conclure que la charité doit nous servir de guide.
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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par mikesss » ven. 01 nov. 2019, 13:31

Quejana a écrit :
ven. 01 nov. 2019, 11:57
Je comprends votre point de vue, mikesss. Vous considérez que c'est une plus grande gloire d'occuper un rôle avec humilité et amour que de gagner en puissance dans la société - si je vous comprends bien... D'un point de vue strictement chrétien, cela se tient. Et effectivement d'un point de vue plus matérialiste, cela pose problème. Mais on ne devrait pas l'imposer aux femmes ; on n'a du mérite que si on choisit volontairement la dernière place, pas si on nous y oblige. Je crains aussi que cela soit juste un joli prétexte de la part des hommes pour asseoir leur domination sur la femme. Surtout que ce rôle de mère peut être assumé d'une autre manière, d'une manière plus symbolique que dans la maternité elle-même. Je connais des enseignantes par exemple qui transpose cela sur le soin qu'elles prennent de leurs élèves - c'est un exemple parmi d'autres...
N'est-ce pas un manque de charité envers son prochain de l'obliger à occuper sur Terre la dernière place - quand bien même serait-elle dans le ciel la plus élevée ?
Effectivement, il n'est pas question d'imposer aux femmes de devenir mère de famille et d’arrêter de travailler, il s'agit de faire prendre conscience à la société de la beauté d'un tel rôle. Et cela ne concerne que les femmes ayant une famille a charge, bien évidemment. C'est pour cela que je disais auparavant que le travail des femmes n'est pas mauvais en soi, je ne vois aucune objection au fait que celles qui n'ont pas d'enfant encore petits puissent travailler, c'est même dans ce cas une bonne chose (le cas de l'institutrice en est un bon exemple).

Bref, il ne s'agit pas d'imposer quoique ce soit, mais de faire prendre conscience à la société que le rôle d'une mère de famille est de s'occuper de ses enfant, pas d'aller faire carrière. Et vous employez le mot dernière place pour parler des mères au foyer, mais ce rôle n'a été relégué à la dernière place que dans notre société contemporaine, ce n'est pas le cas dans l'absolu: regardez avec quel respect les italiens regardent les mamans, c'est édifiant, je trouve.

Cela dit, afin d'équilibrer un peu, je vais faire le même reproche à l'homme; nombreux sont ceux qui délaissent leurs famille afin de "faire carrière"; leur travail, leur salaire, les honneurs ont pris de pas sur la vie de famille et ils n'assument plus leur rôle de père de famille; là encore, il y a une prise de conscience à faire.

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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par helios » ven. 01 nov. 2019, 19:32

Bonjour

En toute dernière analyse je décèle dans l'énoncé du sujet un propos qui en invalide le titre :
que l'on vive dans un monde où les modifications génétiques sont permises pour éliminer... les imperfections de l'homme.
Or, l'homme ayant été créé à l'image de Dieu,le délester de ses imperfections revient à le rendre parfait, c'est-à-dire Parfait. Soit - oserai-je
le dire - l'Egal de Dieu.
On pourrait alors proposer : "Un monde peuplé de Dieux est-il possible ?"... Et un tel monde est non seulement possible, voire souhaitable
nécessaire même ...On le nommerait "Démocratie"
Il ne reste plus qu'à l'inventer...

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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par Quejana » ven. 01 nov. 2019, 20:14

prodigal > D'accord, je comprends mieux votre point de vue.

mikesss > Mais "faire prendre conscience à la société de la beauté d'un tel rôle" ne risque-t-il pas de faire culpabiliser les femmes qui ne choisissent pas ce chemin-là ?

Suroît > C'est très intéressant. Cela me donne envie de lire Charles Péguy.

helios > Je suis désolée de vous avoir tenté. Car ce que vous exprimez est une tentation. Et je ne pense pas que ce soit faisable... pas du tout même. Car l'homme est un être fini contrairement à Dieu qui est infini. Ni souhaitable d'ailleurs. Car si nous étions tous des dieux, il n'y aurait plus d'amour, de relation, nous nous suffirions à nous-même.
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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par Fée Violine » lun. 04 nov. 2019, 3:04

Le HS sur Péguy et Jeanne d'Arc a été envoyé en "Histoire"

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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par mikesss » lun. 04 nov. 2019, 8:02

Quejana a écrit :
ven. 01 nov. 2019, 20:14
mikesss > Mais "faire prendre conscience à la société de la beauté d'un tel rôle" ne risque-t-il pas de faire culpabiliser les femmes qui ne choisissent pas ce chemin-là ?
Bonjour Quejana,
Désolé, je n'avais pas vu votre message, perdu dans la discussion sur Péguy :)

Mais qu'est ce que la culpabilisation au juste, si ce n'est un rappel de la conscience pour nous dire que l'on est pas dans le droit chemin? Ce n'est pas une mauvaise chose, la conscience sert à ça, je pense...

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Re: Un monde parfait sans Dieu est-il possible ?

Message non lu par mikesss » lun. 04 nov. 2019, 8:51

helios a écrit :
ven. 01 nov. 2019, 19:32
Bonjour

En toute dernière analyse je décèle dans l'énoncé du sujet un propos qui en invalide le titre :
que l'on vive dans un monde où les modifications génétiques sont permises pour éliminer... les imperfections de l'homme.
Or, l'homme ayant été créé à l'image de Dieu,le délester de ses imperfections revient à le rendre parfait, c'est-à-dire Parfait. Soit - oserai-je
le dire - l'Egal de Dieu.
On pourrait alors proposer : "Un monde peuplé de Dieux est-il possible ?"... Et un tel monde est non seulement possible, voire souhaitable
nécessaire même ...On le nommerait "Démocratie"
Il ne reste plus qu'à l'inventer...
C'est assez drôle ce que vous dites là, parce que (je ne sais pas si c'est volontaire de votre part) ça me fait penser à Aristote qui disait que la démocratie est le système des dieux (vu qu'il n'est vraiment applicable que dans un monde peuplé d'individus parfaits)

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