L'origine mésopotamienne des premiers récits bibliques

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Re: Dieu et la création, l'existence d'autres êtres humanoïdes dans l'univers

Message non lu par Trinité » ven. 15 mars 2019, 15:45

Oui bien-sûr, mais l'histoire du bitume ne nous dit pas si le texte Mésapotamiens est antérieure ou pas à "la Genèse"!

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Re: Dieu et la création, l'existence d'autres êtres humanoïdes dans l'univers

Message non lu par Carolus » ven. 15 mars 2019, 16:37

Trinité a écrit :
ven. 15 mars 2019, 15:45
Trinité :
Oui bien-sûr, mais l'histoire du bitume ne nous dit pas si le texte Mésapotamiens est antérieure ou pas à "la Genèse"!
Merci pour votre réponse, cher Trinité. :)

Considérons la citation suivante de Robert Paris :
L’Ancien Testament […] a été copié mot à mot sur les anciens textes mésopotamiens

https://www.matierevolution.fr/spip.php?article3980
Voici le récit de Moïse et le berceau selon l’Ancien Testament :
Ex 2, 1-3 Un homme de la tribu de Lévi avait épousé une femme de la même tribu. Elle devint enceinte, et elle enfanta un fils. Voyant qu’il était beau, elle le cacha durant trois mois. Lorsqu’il lui fut impossible de le tenir caché plus longtemps, elle prit une corbeille de jonc, qu’elle enduisit de bitume et de goudron. Elle y plaça l’enfant, et déposa la corbeille au bord du Nil, au milieu des roseaux.
Est-ce que le récit ci-dessus « a été copié mot à mot sur les anciens textes mésopotamiens » ?

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Re: Dieu et la création, l'existence d'autres êtres humanoïdes dans l'univers

Message non lu par Bassmeg » ven. 15 mars 2019, 17:53

Trinité a écrit :
ven. 15 mars 2019, 15:45
Oui bien-sûr, mais l'histoire du bitume ne nous dit pas si le texte Mésapotamiens est antérieur ou pas à "la Genèse"!
Il l'est. L'Epopée de Gilgamesh qui relate un déluge date de -1600 avant JC. La Génèse, de -800 au plus ancien.

Pour Carolus : si vous voulez montrer que la Génèse a ou n' a pas été recopiée mot pour mot sur un texte mésopotamien du XVI siècle avant JC, il parait étrange que vous citiez la Génèse dans sa traduction française la plus contemporaine. On sait très bien que les textes mésopotamiens n'ont pas été écrits en français moderne.

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Message non lu par Carolus » ven. 15 mars 2019, 19:05

Bassmeg a écrit :
ven. 15 mars 2019, 17:53
Bassmeg :
On sait très bien que les textes mésopotamiens n'ont pas été écrits en français moderne.
On est d’accord, chère Bassmeg. :)

Dans quelle langue est-ce que les textes mésopotamiens ont été écrits selon vous :?:

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Re: Dieu et la création, l'existence d'autres êtres humanoïdes dans l'univers

Message non lu par Xavi » ven. 15 mars 2019, 21:07

Bonsoir à tous,

Il me semble qu’il ne faut pas oublier que Abraham était un Mésopotamien, il provenait de Ur, en Chaldée, dans le pays des Sumériens qui formait la partie sud de la Mésopotamie. Il est donc normal que les onze premiers chapitres de la Genèse qui racontent l’histoire antérieure à Abraham proviennent d’une tradition mésopotamienne.

Il y a eu beaucoup de déluges dans cette région de très faible altitude encaissée entre des montagnes de tous côtés. Le récit biblique précise seulement que le déluge biblique fut le dernier. Rien ne permet d’affirmer que le récit du déluge de la légende mésopotamienne n’ait pas été lui-même influencé par le récit connu d’Abraham lorsqu’il a quitté la Mésopotamie au début du deuxième millénaire avant Jésus-Christ. Il est aussi possible qu’il s’agisse de déluges différents.

Le récit de la tour de Babel se passe également en Mésopotamie.

C’est aussi très vraisemblablement aux quatre fleuves du sud de la Mésopotamie que se réfère le récit du jardin d’Eden.

Il y a aussi des indices d’une division des premiers chapitres de la Genèse à la manière sumérienne.

Donc, oui le texte biblique du début de la Genèse a clairement une origine mésopotamienne et, plus précisément, sumérienne.

Et c’est un indice d’authenticité, car on imagine mal les Hébreux exilés en Mésopotamie bien plus tard, à une époque où les Babyloniens les opprimaient loin de leur terre, s’inventer une origine dans la terre de leurs ennemis ou aller copier, pour leur propre récit fondateur, les légendes d’un pays étranger.

Les Hébreux savaient qu’ils étaient les descendants d’un Mésopotamien, Abraham, issu de la capitale du pays de Sumériens, les inventeurs de l’écriture.

À l'époque d'Abraham, le récit religieux de la création devait être écrit en sumérien ou en akkadien, les langues dominantes de l'époque.

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Message non lu par Bassmeg » ven. 15 mars 2019, 21:39

Carolus a écrit :
ven. 15 mars 2019, 19:05
Bassmeg a écrit :
ven. 15 mars 2019, 17:53
Bassmeg : On sait très bien que les textes mésopotamiens n'ont pas été écrits en français moderne.
On est d’accord, chère Bassmeg. :)

Dans quelle langue est-ce que les textes mésopotamiens ont été écrits selon vous :?:
Enuma elish qui raconte la création du monde, c' est de l' akkadien cuneiforme, une des premières écritures. L' épopée de Gilgamesh aussi. Non seulement les documents sont antérieurs, mais même l' écriture l' est.

On ne peut pas prétendre qu' un texte ancien ait été influencé par un texte plus tardif, sauf si on jette la logique aux orties. Ce sont les textes mésopotamiens qui ont influencé la Genese, et pas l' inverse, parce que les voyages dans le temps, cela n' existe pas. On est d' accord Carolus. Et le fait que Robert Paris s' exprime mal ne change rien.

Pour Xavi : si donc on suit votre raisonnement, la "vraie Genese" et le vrai récit du déluge, les plus purs et les plus anciens, il faut les chercher dans l' épopée de gilgamesh et dans Enuma Elish?? Ce serait étonnant.

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Re: Ll'origine mésopotamienne des premiers récits bibliques

Message non lu par Trinité » ven. 15 mars 2019, 23:38

Bonsoir Xavi,

L'ennui c'est que le texte Babylonien est semble t'il antérieur à la genèse, j'ai fait un cours condensé de ce que j'ai trouvé sur ce texte.
Tous les évènements de la Genèse sont pratiquement évoqués, mais pas avec un Dieu unique mais avec plusieurs Dieu ou...Déesse!

Enuma Elish L'origine Babylonienne de la Genèse Biblique (Partie 1)

L'Enuma Elish est l'épopée babylonienne de la création du monde. Le texte fut découvert au XIXe siècle sous forme de fragments dans les ruines de la bibliothèque d'Assurbanipal à Ninive. Ecrite au XIIIe siècle av. J.-C elle est composée de sept tablettes d'argile couvertes d'écriture cunéiforme. La plus grande partie de la cinquième tablette n'a jamais pu être retrouvée. Mis à part cette lacune, le texte est quasiment complet. Ce texte à vocation religieuse, récité et chanté en public lors des grandes fetes religieuses sumériénnes, était le principal texte religieux et sacerdotal de l'époque et résumait toute la sagesse, le savoir et théologie de son époque. Connu de tous, il a influencé toutes les civilisations de mésapotamie. Son importance est surtout le parallèle jeté avec le chapitre de la genèse biblique, puisqu'elle montre clairement la source d'inspiration des rédacteurs de la bible -7éme siècle avant JC-, lors de la période de l'exil, quand ils sont rentrés en contact avec la culture babylonienne en mésapotamie, et surtout l'immense influence que ces textes de cosmogonie mésapotamienne ont eu sur la conception du monde telle que relatée dans l'ancien testament. Ce grand poème assyrien, raconte l'histoire de la création du monde et l'homme, a été appelé par les Assyriens et les Babyloniens « Enuma Elish », qui signifie «Quand là haut», à partir des deux premiers mots du texte. Le poème se composait de quelques 994 lignes, et était divisée en sept sections, dont chacune a été inscrite sur une tablette séparée. Le poème incarne les croyances des Babyloniens et les Assyriens concernant l'origine de l'univers, il décrit la parution des dieux du chaos et raconte la façon dont les forces du désordre, représentée par la vierge Apsu dieu des eaux et Tiamat, ont été renversés par Ea et Marduk, et comment Marduk, après avoir complété le triomphe des dieux sur le chaos, se mit à créer le monde et l'homme. L'épopée de l'Enuma Elish, débute avec le récit de la conception par Apsû (l'eau douce) et Tiamat (l'eau salée) des premiers dieux. Trois générations de dieux vont ainsi se succéder. Mais les derniers nés, bruyants et perturbateurs attirent la colère d'Apsu. Celui-ci, avec l'aide de son conseiller Mummu, décide de les détruire. Ea (Enki), l'un d'entre eux, apprend le complot et décide de le déjouer. Il plonge Apsu dans un profond sommeil, le tue et enchaîne Mummu. Enfin débarrassé de ses ennemis, Ea engendre un fils, Mardouk, qui dès sa naissance est supérieur aux autres dieux, qui parviennent à persuader Tiamat de venger la mort de son époux Apsu en les aidant à détruire les fauteurs de troubles. Tiamat créé alors une armée de monstres et en donne le commandement à Kingu. Mardouk accepte de combattre Tiamat en échange de la place la plus élevée dans la hiérarchie des dieux. Mardouk parvient à tuer Tiamat et avec sa dépouille, il crée l'univers. Après cela, Mardouk décide de créer l'homme pour qu'il serve les dieux. Ea tue Kingu et avec son sang crée l'humanité. Le texte se termine par une liste de cinquante noms donnés à Mardouk et par un appel aux hommes à le vénérer.

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Message non lu par Alexandre-Invité » ven. 15 mars 2019, 23:40

Xavi,

Votre théorie s'inscrit en porte-à-faux avec ce qu'en disent les exégètes et biblistes de renom qui s'accordent justement pour dire que :

- La figure d'Abraham est apparue au temps de l'exil à Babylone. Il n'existe donc pas de tradition qui aurait été apportée initialement par Abraham, puis transmise de génération en génération.

- La rédaction de la Bible était une nécessité pour faire perdurer la foi juive, très sérieusement affaiblie par l'exil à Babylone.

Je vous renvoie d'ailleurs à l'introduction du livre de la Genèse qui se trouve dans la Traduction Officielle Liturgique, la Bible catholique utilisée à la messe du dimanche par votre prêtre :

"Entrer dans les préoccupations de la communauté qui a produit ce texte est sans conteste la meilleure manière de l'aborder. Un groupe éprouvé ou menacé, qui a perdu ses repères, ressentira un besoin plus urgent de redéfinir sa propre identité et de se situer par rapport à son environnement. Cette tâche s'imposait à la communauté juive dans son effort de restructuration au sortir de l'épreuve de l'Exil. Aussi la Genèse remonte-t-elle jusqu'aux origines du monde et de l'humanité." (p. 56)

"L'histoire des ancêtres commence avec Abraham. La tradition exhalte à juste titre Abraham comme l'ami de Dieu et le père des croyants, celui dont se réclament les trois grandes religions monothéistes. Pourtant, sur le plan de l'histoire, il n'émerge guère comme une figure individuelle qu'au moment de l'Exil (Ez 33,24 ; Is 51,2). Les activités d'Abraham gravitent autour d'Hébron, au sud de Jérusalem, la première capitale de David. La "primauté" du patriarche doit être mise en relation avec la prééminence acquise par le royaume de Juda, sans qu'il soit possible de suivre à la trace la tradition d'Abraham avant l'Exil. Des textes réputés tardifs le font venir de Mésopotamie, pays d'où reviendront les rapatriés." (p. 57)

CQFD.

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Re: Ll'origine mésopotamienne des premiers récits bibliques

Message non lu par Fée Violine » sam. 16 mars 2019, 0:45

Trinité a écrit :
ven. 15 mars 2019, 23:38
L'ennui c'est que le texte Babylonien est semble t'il antérieur à la genèse, j'ai fait un cours condensé de ce que j'ai trouvé sur ce texte.
Tous les évènements de la Genèse sont pratiquement évoqués, mais pas avec un Dieu unique mais avec plusieurs Dieu ou...Déesse!
Mais bien évidemment que les Mésopotamiens ont écrit avant la Bible !
On ne peut pas dire pour autant que la Bible a copié sur eux. La Bible reprend des éléments culturels, pour donner un message totalement différent, avec un seul Dieu créateur. La Genèse n'est pas à prendre au pied de la lettre. Les auteurs ont parlé aux gens dans un langage qu'ils puissent comprendre (ça me rappelle le débat sur les paraboles, dans une autre partie du forum !).
Que le bitume ait existé ou pas à l'époque de Moïse, ça n'a aucune importance, car les textes de la Bible ont été transmis oralement pendant des siècles, et à chaque époque ils ont été plus ou moins modernisés. Par exemple il paraît qu'à l'époque d'Abraham on ne connaissait pas le chameau au Moyen Orient mais seulement l'âne, mais avec le temps ils ont ajouté des chameaux pour moderniser (je cite cet exemple de mémoire). Et alors ?

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Re: Dieu et la création, l'existence d'autres êtres humanoïdes dans l'univers

Message non lu par Carolus » sam. 16 mars 2019, 1:40

Trinité a écrit :
ven. 15 mars 2019, 0:05
Trinité :
Bien-sûr qu'ils ont existé cher Carolus!
Merci, cher Trinité !

On est donc d’accord que Moïse est un être humain historique, n’est-ce pas ? :oui:

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Re: Ll'origine mésopotamienne des premiers récits bibliques

Message non lu par Trinité » sam. 16 mars 2019, 16:55

Fée Violine a écrit :
sam. 16 mars 2019, 0:45
Trinité a écrit :
ven. 15 mars 2019, 23:38
L'ennui c'est que le texte Babylonien est semble t'il antérieur à la genèse, j'ai fait un cours condensé de ce que j'ai trouvé sur ce texte.
Tous les évènements de la Genèse sont pratiquement évoqués, mais pas avec un Dieu unique mais avec plusieurs Dieu ou...Déesse!
Mais bien évidemment que les Mésopotamiens ont écrit avant la Bible !
On ne peut pas dire pour autant que la Bible a copié sur eux. La Bible reprend des éléments culturels, pour donner un message totalement différent, avec un seul Dieu créateur. La Genèse n'est pas à prendre au pied de la lettre. Les auteurs ont parlé aux gens dans un langage qu'ils puissent comprendre (ça me rappelle le débat sur les paraboles, dans une autre partie du forum !).
Il me semble pourtant, qu'en reprenant la chronologie des évènements Mésopotamiens , le message Biblique reprend rigoureusement cette chronologie.
Je m'arrête en l'état à l'aspect chronologique, car le message Biblique d'un Dieu unique est complètement différent!
Un constat!
Dans ces conditions, on peut penser que les rédacteurs d'inspiration Divine de la Bible, manquaient pour le moins en l'occurrence d'inspiration Divine... puisqu'ils ont fait un copié/collé du texte Mésopotamiens en remplaçant leurs Dieux par un Dieu unique! ;)
En ce qui concerne la Genèse je suis entièrement d'accord avec vous, à cet égard j'aime beaucoup la position de Xavi.

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Re: L'origine mésopotamienne des premiers récits bibliques

Message non lu par Carolus » sam. 16 mars 2019, 17:45

Trinité a écrit :Trinité :
Dans ces conditions, on peut penser que les rédacteurs d'inspiration Divine de la Bible, manquaient pour le moins en l'occurrence d'inspiration Divine... puisqu'ils ont fait un copié/collé du texte Mésopotamiens en remplaçant leurs Dieux par un Dieu unique!
La Genèse un copié-collé de l’Enuma Elish (le texte mésopotamien), cher Trinité :?:
Enuma Elish :

Lorsque Là-haut le ciel n’avait pas encore de nom,
Et qu'Ici-bas la terre ferme n'avait pas de nom,
Seuls Apsû-le premier, (eaux douces) le progéniteur,
et Tiâmat, (eaux salées) la génitrice
qui les enfantera tous,

Mélaient en un seul tout leurs eaux :
Ni bancs de roseaux n'y étaient encore agglomérés,
Ni cannaies n'y étaient discernables.
Des dieux nul n'était encore apparu,
ils n'étaient ni appelés de noms ni lotis de destins.
Selon le texte mésopotamien, au commencement, il y avait seuls « Apsû-le premier, (eaux douces) le progéniteur,
et Tiâmat, (eaux salées) la génitrice
».

Les eaux douces et les eaux salées existaient donc avant les dieux, car des « dieux nul n'était encore apparu ».
Genèse :

Gn 1, 1 AU COMMENCEMENT, Dieu créa le ciel et la terre.
Selon le texte biblique, au commencement : DIEU.
Selon le texte mésopotamien, au début : les eaux douces et les eaux salées.

Un copié-collé ? Au contraire, ce sont des idées complètement incompatibles.

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Re: L'origine mésopotamienne des premiers récits bibliques

Message non lu par Xavi » sam. 16 mars 2019, 20:27

Bonsoir à tous.

Les modes théologiques et les allégations de textes « réputés » tardifs passent, mais l’enseignement de l’Église demeure, même si Alexandre-Invité n’y croit pas.

Oui, la Genèse a été principalement rédigée par Moïse sur la base des traditions orales et écrites dont il disposait.

Il est cependant tout aussi vrai que la langue du peuple hébreu a évolué et que le texte actuel est une traduction-reconstruction probablement fixée à l’époque de l’exil ou du moins avant la traduction des Septante de 270 avant Jésus-Christ.

C’est aussi la foi de l’Église de considérer qu’Abraham et Moïse sont des personnages historiques, même si le récit de leur histoire doit être considéré avec toutes les précautions des méthodes historiques et scientifiques compte tenu de l’histoire du texte à travers diverses langues et cultures changeantes.

L’enseignement officiel de l’Église, encore rappelé par le Pape Pie XII en 1948 et toujours bien présenté sur le site officiel du Vatican, exclu que la Genèse ait été composée et inventée quelques siècles avant Jésus-Christ :
http://www.vatican.va/roman_curia/congr ... hi_lt.html

Situé entre les importants pôles culturels de la Phénicie au nord et de l’Égypte au sud, le pays des Hébreux n’a cessé de disposer des moyens d’assurer de solides traditions non seulement orales mais aussi écrites. Celles-ci plongent leurs racines anciennes dans le sud de la Mésopotamie, le pays de Ur en Chaldée.

Rien d’étonnant à cela.

Ce n’est pas parce qu’on a découvert une version plus ancienne d’un texte mésopotamien que son récit lui-même est nécessairement plus ancien qu’un texte plus récent présenté dans une langue plus récente. Un texte écrit en hébreu du 6ème siècle avant Jésus-Christ peut relater, dans une traduction-reconstruction de cette époque, un récit transmis par tradition orale et écrite depuis plus longtemps que celui relaté par un texte mésopotamien plus ancien de mille ans.

La version retrouvée d’un texte ne prouve en rien la date du récit qu’il rapporte, mais indique seulement qu’il est au moins de la date du texte retrouvé. Un texte du 6ème siècle peut relater un récit datant de 1.500 ans auparavant et transmis depuis lors.

Contrairement à ce que considère Bassmeg, rien ne permet de donner une autorité ou une ancienneté plus grande aux légendes mésopotamiennes du seul fait qu’on en a retrouvé beaucoup de versions anciennes ce qui s’explique seulement par la meilleure conservation des tablettes d’argile sumériennes ou akkadiennes recopiées en très grand nombre dans les écoles par rapport aux papyrus et aux parchemins utilisés par Moïse puis les Hébreux qui ont totalement été dégradés du fait qu’il s’agit de matériaux biologiques dégradables (au contraire de l’argile), soit d’ordre végétal (papyrus), soit d’ordre animal (parchemin).

Par rapport à ce que considère Trinité, il me semble trompeur de relever que le" texte" babylonien est antérieur à celui de la Genèse, ce qui est exact, mais uniquement en ce sens que la rédaction en hébreu est plus récente, mais non en ce sens que le récit présenté en hébreu beaucoup plus récent ne proviendrait pas d’une origine plus lointaine.

Le récit transmis de génération en génération depuis Abraham, lui-même Mésopotamien, peut être plus ancien que les légendes mésopotamiennes, même si les preuves historiques dans un sens ou dans l’autre restent à trouver.

Abraham ayant vécu en Mésopotamie, il est normal de retrouver des liens et des similitudes entre des textes babyloniens et des textes bibliques issus du même terreau. Mais, ce n’est quand même pas un copier/coller. Les différences sont notables comme le relève Carolus.

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Re: L'origine mésopotamienne des premiers récits bibliques

Message non lu par Trinité » sam. 16 mars 2019, 22:10

Excellent article dans "Sciences et Foi" de Peter Enns théologien évangélique à ce sujet! En effet, Il parle de concepts identiques et pas de copié/collé comme je le disais.

Genèse 1 et un récit babylonien de création

L’original de cet article paru sur le site de la fondation Biologos est consultable ici
Au milieu du dix-neuvième siècle, des archéologues creusaient dans la bibliothèque du Roi Assourbanipal (668-627 av. JC) dans la ville antique de Ninive. Ils découvrirent des milliers de tablettes d’argile écrites dans une langue désormais appelée l’Akkadien (un cousin éloigné et bien plus ancien que l’Hébreu).

Ces tablettes contenaient notamment des lois, des questions administratives et des récits littéraires. C’était comme si on avait déterré une capsule de temps qui permettait de voir à quoi ressemblait la vie dans le Proche-Orient antique il y a 3000 à 4000 ans.

Mais ce furent les textes religieux qui y furent découverts qui retinrent le plus l’attention. L’un des textes comportait des similitudes frappantes avec Genèse 1.

La manière de regarder la Genèse ne serait jamais plus la même.

C’est au milieu des ruines que fut découvert un récit Babylonien sur la création, aujourd’hui nommé Enuma Elish. Il s’agit de l’histoire d’une famille divine très perturbée engagée dans une lutte majeure pour le pouvoir à l’aube des temps. Le cœur de l’histoire est le point où le Dieu Mardouk tue sa Némésis Tiamat puis fend son corps en deux, créant le ciel d’une moitié et la terre de l’autre. Mardouk revendique donc le trône du Dieu le plus grand dans le panthéon.

Les spécialistes ont nommé Enuma Elish la « Genèse Babylonienne ». La raison en est que les deux récits ont en commun certains concepts qui furent immédiatement apparents.

Dans les deux récits, la matière existe quand la création commence. Comme Enuma Elish, Genèse 1 décrit Dieu mettant en ordre le chaos, et non créant à partir de rien.
Les ténèbres précèdent les actes de création.
Dans Enuma Elish, le symbole du chaos est la déesse Tiamat qui personnifie la mer. La Genèse fait référence à l’abîme. Le mot Hébreu est tehom, qui est apparenté linguistiquement à Tiamat.
Dans les deux récits, la lumière existe avant la création du soleil, de la lune et des étoiles.
Dans les deux récits, il y a séparation entre les eaux d’en haut et les eaux d’en bas, avec une barrière qui retient les eaux d’en haut.
La séquence de la création est similaire, avec la séparation des eaux, la terre sèche, les luminaires, et l’humanité, tous suivi de repos.

Les spécialistes surent qu’ils étaient sur une piste, et cela conduisit à des questions prévisibles, à la fois dans les cercles académiques et populaires. Peut-être la Genèse n’est-elle pas du tout de l’Histoire, pensèrent-ils, mais juste un autre récit comme Enuma Elish. En fait, peut-être la Genèse est-elle juste une version Hébreu plus récente de ce récit Babylonien plus ancien.

On ne peut pas vraiment blâmer les gens qui posent ces questions, si on considère le choc qu’ils viennent de subir. Jusqu’alors, Genèse 1 était unique. A présent, nous avons un mythe Babylonien précédemment inconnu qui est similaire à l’Ecriture de manière frappante.

A l’époque, de nombreux spécialistes pensèrent que l’auteur de Genèse 1 avait emprunté des éléments à Enuma Elish. Cela conduisit à la controverse « Bible et Babel » (« Babel » est le mot Hébreu pour Babylone). En fait, les spécialistes pensaient communément que la culture Babylonienne était la source de toutes les religions anciennes, y compris du Christianisme (c’est-à-dire le « Pan-Babylonisme »).

Mais avec les découvertes ultérieures faites dans d’autres cultures (Sumériennes, Egyptiennes, Cananéennes) et à d’autres périodes, les spécialistes arrivèrent à une conclusion plus modérée, à savoir que la culture Babylonienne n’avait pas une influence si importante et que Genèse 1 ne dépendait pas directement d’Enuma Elish.

Au contraire, ces textes sont deux exemples des genres de thèmes théologiques qui imprégnèrent de nombreuses cultures à travers les siècles. Les récits ne sont pas directement liés, mais ils reflètent des manières communes de penser sur le commencement. Ils « ont la même odeur ».

Les spécialistes en vinrent aussi à évaluer les différences entre Genèse 1 et Enuma Elish. Une différence essentielle est que le Dieu d’Israël crée lui seul, sans mélodrame divin ou sans une longue intrigue. Le Dieu d’Israël oeuvre seul et dans l’espace de seulement 31 versets (et non en 900 lignes comme dans Enuma Elish). Genèse 1 n’est pas juste une version légèrement retouchée de récits de création plus anciens. C’est une oeuvre unique de théologie israélite.

Mais cela ne signifie pas que les similitudes puissent être minimisées. Certains spécialistes sont allés à l’autre extrême en disant qu’il n’y avait pas de valeur réelle à comparer Genèse 1 et Enuma Elish.

Seulement un très petit nombre de spécialistes pense ainsi, toutefois. Il est bien clair que ces récits ont une même façon – antique – de parler du commencement du cosmos. Ils participent à un « monde conceptuel » similaire où des barrières solides tiennent les eaux séparées, une matière chaotique préexiste à la matière ordonnée, et la lumière préexiste au soleil, à la lune et aux étoiles.

On ne devrait ni exagérer ni minimiser ces similitudes. Mais elles nous parlent : bien que la Genèse soit unique, et bien que la Genèse fasse partie de l’Ecriture, il s’agit d’un texte antique qui reflète des façons de penser antiques.

Genèse 1 demande à être comprise dans son contexte antique, et pas en dehors. Des récits tels qu’Enuma Elish nous donnent un aperçu bref mais important sur la manière dont les peuples du Proche-Orient antique voyaient le commencement de toutes choses. Comme je l’ai évoqué dans une parution précédente, les textes antiques comme Enuma Elish nous aident à calibrer le genre [littéraire] de la Genèse. C’est de cette façon que nous pouvons apprendre à poser les questions que l’auteur de Genèse 1 voulait traiter, plutôt que d’imposer nos propres questions.

Une des questions principales posées par les Israélites était quel rang occupait leur Dieu parmi les douzaines de dieux du monde antique – à savoir, qu’est ce qui le rendait plus digne de dévotion que les dieux des superpuissances comme Babylone et l’Egypte. Lire la Genèse comme de la littérature antique met en valeur cette dimension polémique.

Genèse 1 est une déclaration audacieuse selon laquelle c’est le Dieu d’une nation minuscule avec un passé trouble qui est à l’origine de tout ce qu’on voit. Ce ne sont pas les dieux des superpuissances, c’est Yahvé. Dans le monde antique, ce sont là des mots agressifs.

Genèse 1 n’est certainement pas seulement une version Hébreu d’Enuma Elish. Mais nous ne pouvons pas pleinement apprécier la théologie distincte de Genèse 1 sans voir d’abord qu’elle a des points communs avec Enuma Elish et d’autres récits antiques.

Comprendre les liens entre Genèse 1 et les autres textes antiques tels Enuma Elish nous rappelle que nous causons un préjudice à Genèse 1 quand on la considère seulement avec un oeil moderne.

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Re: L'origine mésopotamienne des premiers récits bibliques

Message non lu par Alexandre-Invité » sam. 16 mars 2019, 22:27

Xavi,

Pour conforter vos théories, vous citez systématiquement des enseignements qui font totalement abstraction des progrès considérables apportés par l'exégèse et les biblistes qui nous permettent aujourd'hui de mieux dater et comprendre les récits biblique qu'à la fin des années quarante.

Il n'est donc guère étonnant que la Tradition Officielle Liturgique, utilisée dans la célébration du culte, tienne compte de ces avancées et contredise logiquement vos théories qui ne sont plus recevables en 2019.

De même, un certain nombre de prêtres biblistes vont totalement dans ce sens. Je pense par exemple aux pères Philippe Abadie et Claude Tassin qui interviennent occasionnellement sur KTO.

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