L'Église et l'esclavage... depuis les premiers chrétiens

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Anne
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Re: Les premiers chrétiens et l'esclavage

Message non lu par Anne » mar. 31 août 2010, 3:14

J R a écrit :Savez vous quel fut le premier Pape à interdire totalement l'esclavage. J'ai entendu une fois à la radio (RCF) que c'était au 5ème siècle. Connaissez vous la date et le nom de ce Pape.

Merci
J R
Voici ce que j'ai trouvé:
Dès la fin du XVe siècle, la papauté tente de mettre un terme à la traite et condamne l'esclavage : c'est le cas de Pie II, de Pie V, d'Urbain VIII ou encore de Benoît XIV[7]. Le 2 juin 1537, le pape Paul III l'interdit à son tour en termes vigoureux dans sa lettre Veritas ipsa, suivie le 29 mai de la bulle officielle Sublimis Deus.
Article: Abolition de l'esclavage :arrow: http://fr.academic.ru/dic.nsf/frwiki/42996

Au Ve siècle, on retrouve des traces d'interdiction du commerce d'esclaves chrétiens (Gélase Ier).
"À tout moment, nous subissons l’épreuve, mais nous ne sommes pas écrasés;
nous sommes désorientés, mais non pas désemparés;
nous sommes pourchassés, mais non pas abandonnés;
terrassés, mais non pas anéantis…
".
2 Co 4, 8-10

J R
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Re: Les premiers chrétiens et l'esclavage

Message non lu par J R » jeu. 16 sept. 2010, 18:34

La porte latine donne ce texte de Paul III, ce ne sont pas les premiers chrétiens, mais cela conserne l'esclavage.

Bulle Sublimis Deus du 29 mai 1537
Sur l'interdiction de l'esclavage des Indiens d'Amérique - Paul III

Donné à Rome, le 29 mai de l'année 1537, la troisième de Notre Pontificat.

Le Pape Paul III, à tous les Chrétiens fidèles auxquels parviendra cet écrit, santé dans le Christ notre Seigneur et bénédiction apostolique.

Le Dieu sublime a tant aimé le genre humain, qu'Il créa l'homme dans une telle sagesse que non seulement il puisse participer aux bienfaits dont jouissent les autres créatures, mais encore qu'il soit doté de la capacité d'atteindre le Dieu inaccessible et invisible et de le contempler face à face; et puisque l'homme, selon le témoignage des Ecritures Sacrées, a été créé pour goûter la vie éternelle et la joie, que nul ne peut atteindre et conserver qu'à travers la foi en Notre-Seigneur Jésus-Christ, il est nécessaire qu'il possède la nature et les facultés qui le rendent capable de recevoir cette foi et que quiconque est affecté de ces dons doit être capable de recevoir cette même foi.

Ainsi, il n'est pas concevable que quiconque possède si peu d'entendement que, désirant la foi, il soit pourtant dénué de la faculté nécessaire qui lui permette de la recevoir. D'où il vient que le Christ, qui est la Vérité elle-même, qui n'a jamais failli et ne faillira jamais, a dit aux prédicateurs de la foi qu'il choisit pour cet office « Allez enseigner toutes les nations ». Il a dit toutes, sans exception, car toutes sont capables de recevoir les doctrines de la foi.

L'Ennemi du genre humain, qui s'oppose à toutes les bonnes actions en vue de mener les hommes à leur perte, voyant et enviant cela, inventa un moyen nouveau par lequel il pourrait entraver la prédication de la parole de Dieu pour le salut des peuples: Il inspira ses auxiliaires qui, pour lui plaire, n'ont pas hésité à publier à l'étranger que les Indiens de l'Occident et du Sud, et d'autres peuples dont Nous avons eu récemment connaissance, devraient être traités comme des bêtes de somme créées pour nous servir, prétendant qu'ils sont incapables de recevoir la Foi Catholique.

Nous qui, bien qu'indigne de cet honneur, exerçons sur terre le pouvoir de Notre-Seigneur et cherchons de toutes nos forces à ramener les brebis placées au-dehors de son troupeau dans le bercail dont nous avons la charge, considérons quoi qu'il en soit, que les Indiens sont véritablement des hommes et qu'ils sont non seulement capables de comprendre la Foi Catholique, mais que, selon nos informations, ils sont très désireux de la recevoir. Souhaitant fournir à ces maux les remèdes appropriés, Nous définissons et déclarons par cette lettre apostolique, ou par toute traduction qui puisse en être signée par un notaire public et scellée du sceau de tout dignitaire ecclésiastique, à laquelle le même crédit sera donné qu'à l'original, que quoi qu'il puisse avoir été dit ou être dit de contraire, les dits Indiens et tous les autres peuples qui peuvent être plus tard découverts par les Chrétiens, ne peuvent en aucun cas être privés de leur liberté ou de la possession de leurs biens, même s'ils demeurent en dehors de la foi de Jésus-Christ; et qu'ils peuvent et devraient, librement et légitimement, jouir de la liberté et de la possession de leurs biens, et qu'ils ne devraient en aucun cas être réduits en esclavage; si cela arrivait malgré tout, cet esclavage serait considéré nul et non avenu.

Par la vertu de notre autorité apostolique, Nous définissons et déclarons par la présente lettre, ou par toute traduction signée par un notaire public et scellée du sceau de la dignité ecclésiastique, qui imposera la même obéissance que l'original, que les dits Indiens et autres peuples soient convertis à la foi de Jésus Christ par la prédication de la parole de Dieu et par l'exemple d'une vie bonne et sainte.

Donné à Rome, le 29 mai de l'année 1537, la troisième de Notre Pontificat.

Paul III, Pape
Ainsi parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni chaud, je te vomirai de ma bouche.
Apocalypse 3.16

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Re: Les premiers chrétiens et l'esclavage

Message non lu par Laurent L. » dim. 03 oct. 2010, 14:40

Voici ce que j'ai trouvé dans le Denzinger :
Denzinger a écrit :JEAN VIII : 14 décembre 872-16 décembre 882

Lettre " Unum est " aux princes de Sardaigne, vers septembre 873.

668
Il est une chose pour laquelle Nous devons paternellement vous admonester ; si vous ne la corrigez pas, vous encourrez un grand péché, et par elle ce ne sont pas les gains que vous accroîtrez, comme vous l'espérez, mais bien plutôt les dommages. Comme Nous l'avons appris, à l'instigation des Grecs, beaucoup qui ont été enlevés captifs par les païens sont donc vendus dans vos régions et, après avoir été achetés par vos compatriotes, ils sont gardés sous le joug de l'esclavage ; alors qu'il est avéré qu'il est pieux et saint, comme il convient pour des chrétiens, que lorsqu'ils les ont achetés des Grecs, vos compatriotes les renvoient libres pour l'amour du Christ, et qu'ils reçoivent leur récompense non pas des hommes, mais de Notre-Seigneur Jésus-Christ lui-même. C'est pourquoi Nous vous exhortons et nous vous commandons, avec un amour paternel, si vous leur avez acheté des captifs, de les laisser aller libres pour le salut de votre âme.

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Re: Les premiers chrétiens et l'esclavage

Message non lu par Bisdent » ven. 15 oct. 2010, 14:23

Ce texte est très intéressant. Mais même s'il est très ancien, nous sommes près de 400 après la chute de l'Empire romain d'Occident, et près de 800 ans après l'apparition des premiers chrétiens.
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Je maintiendrai l'honneur, la foy, la loi de Dieu, du Roy, de mes amis et moy.

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Re: Les premiers chrétiens et l'esclavage

Message non lu par philémon.siclone » ven. 15 oct. 2010, 15:26

J'avoue ne pas très bien comprendre pourquoi l'épître à Philémon est toujours interprétée comme une acceptation par saint Paul de l'institution de l'esclavage. Au contraire, il me semble que l'apôtre encourage l'adoucissement de la condition d'esclave, voire au-delà. De plus, n'y a-t-il pas quelque anachronisme à vouloir reprocher au christianisme des premiers siècles de ne pas remettre en question l'esclavage, à une époque où personne n'y songeait encore ? De fait, n'est-ce pas en chrétienté que l'esclavage s'efface peu à peu jusqu'à disparaître complètement (vers l'an 1000) ?

Pour revenir à l'épître à Philémon, on y voit saint Paul exhorter son correspondant (Philémon, donc) à la clémence vis-à-vis de son esclave Onésime, qui s'est échappé pour aller retrouver l'apôtre dans sa prison. Il appelle Onésime : "mon fils que j'ai engendré dans mes liens". Il prie Philémon "de le recevoir comme mes entrailles", "non plus comme un simple esclave, mais comme celui qui d'esclave est devenu l'un de nos frères bien-aimés", en ajoutant : "recevez-le comme moi-même", "que s'il vous a fait du tort (...), mettez cela sur mon compte", "Oui, mon frère, que je reçoive de vous cette joie dans le Seigneur, donnez-moi au nom du Seigneur cette sensible consolation". Et enfin, précision très importante : "Je vous écris cela dans la confiance que votre soumission me donne, sachant que vous en ferez encore plus que je ne dis."

Il est parfaitement clair pour tout le monde qu'en faire "plus que je ne dis" équivaut à affranchir l'esclave fugitif. Mais Saint Paul ne veut pas le demander explicitement, car d'une part il respecte le droit du maître à conserver son esclave, et d'autre part il attend que l'initiative vienne de lui. Autrement dit, il s'en remet à sa "charité" de chrétien, en invoquant l'amour de Dieu au nom du Seigneur. Si du moins saint Paul exprime sa demande avec timidité, sans remettre, il est vrai, en question l'esclavage, d'un point de vue juridique, et sans remettre en cause non plus le droit du maître, il exprime cependant la demande pressante de l'Eglise qui attend de ses fils un geste de charité les uns envers les autres, et en particulier des maîtres envers leurs esclaves, comme des frères dans le Christ se le doivent mutuellement.

Enfin dernière chose : il est évident que cette lettre ne se réduit pas à de la correspondance privée adressée à un individu en particulier, mais qu'elle concerne l'ensemble d'une communauté locale présente autour de Philémon et de ses proches, prenant l'histoire d'Onésime comme prétexte au délivrement d'un enseignement valable pour toute l'Eglise. Sinon la présence de cette épître au Canon des Ecritures n'aurait pas grand sens.
Anima nostra sicut passer erepta est de laqueo venantium
Laqueus contritus est, et nos liberati sumus

Notre âme s'est échappée comme un passerau du filet de l'oiseleur,
Le filet s'est rompu, et nous avons été délivrés.
Ps. 123

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Re: Les premiers chrétiens et l'esclavage

Message non lu par Fée Violine » ven. 15 oct. 2010, 18:24

Entièrement d'accord avec Philémon (Siclone, pas celui de l'épître!). Mais on dirait que les gens trouvent toujours les prétextes les plus vaseux pour critiquer l'Église...

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ChristianK
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Catholicisme et esclavage

Message non lu par ChristianK » jeu. 07 févr. 2019, 5:16

Pour faire suite au fil sur la loi naturelle, je dois dire que monter un dossier sur l'esclavage n'aurait pas été une sinécure tant la question est complexe, large et subtile. Heureusement le travail est déjà fait en cet article qui résume très bien ce que j'ai pu trouver:

https://en.m.wikipedia.org/wiki/Catholi ... anon%20law

Je vois 3 faiblesses toutefois:

-l'esclavage des prisonniers de guerre est négligé, ce qui n'est pas normal car ils étaient l'immense majorité.

- la section sur st thomas risque des confusions sur le droit naturel car il rejette la théorie de l'esclave par nature d'Aristote mais cette question est différente de savoir si l'esclavage en tant que droit positif ou découlant des préceptes seconds de la loi naturelle (il faut punir le crime de telle facon) est contraire aux préceptes premiers.

- on cite le travail forcé des filles déchues en Irlande comme exemple! Ca peut pas mieux tomber comme admission, si on appelle ca esclavage, qu'il y a un esclavage juste, en ce cas ci, semi-pénal ou semi éducatif. Ou bien c'est une servitude juste ou bien c'est pas du tout de l'esclavage mais autre chose. On voit le problème de langage, qui de toute facon existe déjà avec esclavage et servage.

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Re: Catholicisme et esclavage

Message non lu par ChristianK » jeu. 07 févr. 2019, 5:31

Pour répondre aux sites suivants:


https://www.leforumcatholique.org/messa ... num=594749

http://messe.forumactif.org/t7147p100-l ... -esclavage

Le texte suivant est authentique. Il est ici

https://suchanek.name/texts/atheism/slavery.html

Mais je le republie car il est difficile à trouver en ligne
-----------------
(En anglais)
[+] Texte masqué
Instruction of the Holy Office, June 20, 1866

This is the text of the Instruction Number 1293 of the Sacred Congregation of the Holy Office, June 20, 1866, which explains under which conditions the buying and selling of slaves was permitted in the view of the Catholic Church. The instruction is given first in its English translation, and then in its original Latin form. It is taken from the book “The Popes and Slavery” by Joel S. Panzer. The text is not complete, but seems to cover nevertheless the important points regarding slavery.

For the Vicar Apostolic among the Galla.

There have been sent to this Sacred Congregation of the Inquisition many questions proposed by the Rev. William Massaia, Vicar Apostolic among the Galla in Africa. For convenience these questions can be broken up into eight different kinds. The first kind deals with simultaneous polygamy both on the part of the man and the part of the wife; the second touches on the manner in which the daughters of a family are given in marriage; the third touches on the baptism of those for whom a danger of loss of faith is foreseen; the fourth touches on the buying, selling, flight, punishment and marriage of slaves; the fifth touches on the enmities or feuds exercised among the independent tribes of the Galla,...

IV. The fourth type of question concerns the buying and selling of slaves. The condition of servitude, properly so called, among the Galla and Sidama so strictly coheres with their social status that it is almost impossible to establish and maintain a home among them without the buying of slaves, Because of this it is not found that servants are hired, and every head of a household has to buy completely everything for himself and for his household, be they things grown from the land or made by human industry. Therefore the slaves are held like a principal matter of commerce; in a certain degree they have the value of money, and frequently, by the order of the leader or by prescript of their laws, creditors are held to accept them for the payment of debt. All this being the case, I ask:

12. Whether it is permitted for Christians among the Galla and Sidama to buy slaves, or to receive them as payment for a debt or as a gift as long as they act for the sake of the necessities of their home and family and without the intention of re-selling the slaves.

13. Whether a Christian family, not for the sake of gain, but only because of a grave means of support or the necessity of paying a debt is permitted to trade or sell a slave it possesses.

14. Whether it is permitted to admit to the sacraments any Christian merchant who normally abhors the buying and selling of slaves for the sake of profit, but, lest he suffer harm to his family affairs, wants to resell some slaves whom once he was forced, by a seller who was a noble, to take as the price for his wages.

15. Whether Christians and even missionaries can licitly be present as witnesses or agents or other such name at contracts, judgments or other types of public acts which deal with slaves according to the laws of those peoples.

[Response] Although the Roman Pontiffs have left nothing untried by which servitude be everywhere abolished among the nations, and although it is especially due to them that already for many ages no slaves are held among very many Christian peoples, nevertheless, servitude itself, considered in itself and all alone (per se et absolute), is by no means repugnant to the natural and divine law, and there can be present very many just titles for servitude, as can be seen by consulting the approved theologians and interpreters of the canons. For the dominion which belongs to a master in respect to a slave is not to be understood as any other than the perpetual right of disposing, to one’s own advantage, of servile work, which dominion it is legitimate for a person to offer to another person. From this it follows that it is not repugnant to the natural and divine law that a slave be sold, bought, exchanged, or given, as long as in this sale, or buy1ng, or exchange or giVing, the due conditions which those same approved authors widely follow and explain, are properly observed. Among these conditions those which are to be especially looked at are whether the slave who is put up for sale has been justly or unjustly deprived of his liberty, and that the seller does nothing by which the slave to be transferred to another possessor suffer any detriment to life, morals or the Catholic faith. Therefore, Christians, about whom one is speaking in the first question, can licitly buy slaves or, to resolve a debt, receive them as a gift, as long as they are morally certain that those slaves were not taken from their legitimate master or reduced to slavery unjustly. For if the slaves who are offered for sale have been taken from their legitimate master, it is not permitted to buy them, because it is a crime to buy what belongs to another and has been taken, the master being unwilling, by theft. If, however, they have been unjustly reduced to slavery, then one must determine whether they are unwilling to be sold or given to Christians or whether they consent to it. If they are unwilling, they can by no means be bought or received, since the captives themselves are masters of their own liberty, although it has been unjustly taken from them. If indeed, after they have been fully taught that freedom belongs to them by right and which they lose only by injury to others, they spontaneously and by their own free will, as masters of themselves, present themselves to Christians to be received by them and held in servitude, by a prudent plan in order to be freed from the harsh present servitude, from which they have in no way the ability to free themselves, and choose a milder servitude in the hands of Christian buyers and with whom they are easily able to persuade themselves that they can come to a knowledge of worshipping the true God, and of confessing Him to the inestimable advantage of their souls; in such circumstances it is permissible for the Christians, especially when they act in favor of the Faith, to purchase such captives for a just price, and to take and retain them in their own servitude, as long as they are of the mind to treat them according to the precepts of Christian charity, and take care to imbue them with the rudiments of the Faith so that, if it is possible, they may be freely and happily led, this being done by no compulsion, but only by opportune persuasion and encouragement, through their conversion to the True Faith into the liberty of the sons of God which is found only in the Catholic Church. On this matter one should look at the instruction of His Holiness Pius VI (Sept. 12, 1776), which is attached.

Indeed, just as slaves can be licitly bought, so they can licitly also be sold, but it is altogether necessary that the seller is the legitimate possessor of the slave, and does nothing in the sale by which the life, morals or Catholic faith of the slave to be sold would be harmed. Therefore it is illicit to sell a slave or in any manner give the slave into the ownership of any master who by a certain or probable judgment can be foreseen to be going to treat that slave inhumanely, or lead him to sin or abuse him for the sake of that most evil trade which has been condemned and strictly prohibited by the constitutions of the Roman Pontiffs, especially by Pope Gregory XVI. Likewise it is illicit to sell a slave, taking no account of the marriage rights and duties of that same slave. Much more illicit is it so sell a Christian slave to a faithless master, or even, where the danger of falling away is prudently to be feared, to an heretical or schismatic master. If he keeps these things properly in mind, the Vicar Apostolic will clearly see what response is to be given to questions 13, 14, and 15. For nothing impedes any Christian family — as mentioned in question 13 — from selling their slaves in good conscience, if they possess them legitimately and, in the sale, observe the cautions described above. So also the seller mentioned in question 14 can be admitted to the sacraments if it is a fact that the slaves who have come into his possession as pay, have not been taken from their rightful master by theft nor been unjustly reduced to slavery, and if he furthermore solemnly promises that he will sell them in such moral conditions that none of the rights and duties which belong to them as men — and, if they have it embraced the Christian faith, as Christians — will be harmed or endangered by the sale. Finally in respect to question 15 it is determined that the Christians themselves, even missionaries, can be present as witnesses and as agents — or any other name not prohibited by the sacred canons — in contracts, judgments and other public acts of this types done in respect to slaves as long as the acts are licit in themselves and are vitiated by no evil circumstance.

V. Next we come to the questions about fugitive Slaves. According to the laws of the Galla and Sidama the slave is counted among the useful things over which one has a true and proper dominion, and for which they make contracts, damages are sought, and judgment sought in case of theft or usurpation. Hence it is asked:

16. Whether it is licit for Christians and for missionaries themselves to search for fugitive slaves, and force them to return, or at least to permit that others search them out or even by use of force have the public magistrate or friends bring them back.

17. Whether slaves have the right to flight, and whether they have to repair the damages caused by their flight to the master.

18...

19...


As has been noted in response to the questions immediately above, there are some just titles or causes by which a slave can be legitimately deprived of his liberty and legitimately retained by a master. But since it is contradictory to say that a master has the right to possess and retaln a slave and the slave has the right not to be possessed and retained by a master, everyone can see that the Christians and missionaries mentioned in question 16 are able in good conscience to search for fugitive slaves and force them to return, if indeed they possess a just title to those who have been justly reduced to slavery.

It is not so easy to answer questions 17 and 18. Regularly it is the right of slaves who have been unjustly reduced to slavery to flee; it is not permitted for slaves who undergo just servitude, unless perhaps they are solicited by the master to some sin, or are treated inhumanly. On this distinction depends the solution to the other question, namely whether fugitive slaves are held to make up for the damage caused to the master by their flight. Since, to incur the obligation of restitution three conditions must be simultaneously linked together and fulfilled, viz. theological sin, subsequent damage, and efficacious cause, it is clear that those slaves whose flight was gravely illicit are held to reparation while those slaves whose flight lacked all fault are not; but as to the liceity of flight and the obligation of repairing the damage caused by such flight let the Vicar Apostolic consult the approved authors and with them distinguish between the various cases and the various titles to servitude.

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Re: Catholicisme et esclavage

Message non lu par ChristianK » jeu. 07 févr. 2019, 5:41

Latin

Instr. S.C.S. Off. 20 Iunii 1866
Pro Vic. Ap. Ad. Gallas.
Deleta sunt ad hanc S.C.
Suprema Inquisitionis plurima dubia quae proposuit R.P.D. Guillelmus Massaia Vicarius Apostolicus apud Gallas in Africa, queaque in octo diversas classes distinguis commode possunt. Prima classis respicit polygamiam simultaneam tam ex parte viri, tam ex parte uxorum; altera modum quo filiaefamilias nuptui traduntur; tertia baptismum eorum qui perversionis pericolo praevidetur obnoxii; quarta emptionem, venditionem, fugam, coercionem, matrimonia servorum; quinta inimicitias, communis vindictae nomine, inter gallarum independentium tribus exercis solitas;...

IV. Quarta dubiorum classis, de servorum emptione et venditione. Servitutis proprie a dictae conditio apud Gallas et Sydamas tam stricte cohaeret cum sociali eorum statu, ut impossibile fere sit domum inter eos sine mancipiis figere et retinere. Illic enim reperire non est servos conducticios, et quilibet paterfamilias omnia prosus sibi suaeque domui comparare debet, sive quae e terra gignuntur, sive quae hominum industria fiunt. Praeterea mancipia habentur veluti principalis commercii materia, immo valent quadamtenus pro numerata pecunia, eademque saepe ad solutionem debiti vel principis iussu, vel legum ipsarum praescripto creditores acce ptare tenentur. Quae cum ita se habeant, quaeritur:

12. An liceat christianis apud Gallas et Sidamas mancipia emere, et in debiti solutionem, aut in donum recipere, quotiescumque id agant propter domus vel familiae suae necessitates, sine animo eadem mancipia revendendi.

13. An familia aliqua Christiana non lucri faciendi consilio, sed tantum ob gravem Victus comparandi, vel debitorum solvendorum necessitatem, possit licite aut tradere in pretium, aut vendere servum quem possidet.

14. An liceat admittere ad sacramentorum participationem christianum quemdam negotiatorem, qui a servis quaestus causa emendis et vendendis abhorrere quidem solet, sed ne detrimentum rei familiaris patiatur, servos aliquos revendere vult, quos olim nobilium emptorum praepotentia recipere coactus est pro mercium suarum pretio.

15. An christiani, ipsique adeo missionarii licite possint interesse tamquam testes, vel sequestres, vel alio nomine contractibus, iudiciis, aut aliis id genus publicis actibus, qui secundum gentium illarum leges fiunt circa servos.

Etsi Romani Pontifices nihil intentatum re liquerint quo servitutem ubique gentium abolerent, iisdemque praecipue acceptum referri debeat quod iam a pluribus saeculis nulli apud plurimas christianorum gentes servi habeantur; tamen servitus ipsa per se et absolute considerata iuri naturali et divino minime repugnat, pluresque adesse possunt iusti servitutis tituli quos videre est apud probatos theologos sacrorumque canonum interpretes. Dominium enim illud, quod domino in servum competit non aliud esse intelligitur quam ius perpetuum de servi opens in proprium commodum disponendi, quas quidem homini ab homine praestari fas est. hide autem consequitur iuri naturali et divino non repugnare quod servus vendatur, ematur, commutetur, donetur, modo in hac venditione, emptione, commutatione, donatione, debitae conditiones accurate serventur quas itidem probati auctores late perse quuntur et explicant. Quas inter conditiones illa praecipuum sibi vindicat locum, ut emptor diligenter examinet, num servus qui venum exponitur iuste iniuste libertate sua privatus fuerit, et venditor nihil committat, quo servi ad alium possessorem transferendi vita, honestas, aut catholica fides in discrimen adducatur. Christiani igitur, de quibus in dubio primo sermo licite possunt servos emere atque in debiti solutionem, vel in donum recipere, quoties moraliter certi sint servos illos neque legitimo eorum domino sublatos, neque iniuste in servitutem fuisse abstractos. Si enim servi qui ad emendum offeruntur, legitimo eorum domino ablati fuerunt, non licet eos emere, quia nefas est alienas res furto ablatas emere invito domino. Si autem iniuste in servitutem redacti fuerunt, distinguendum est num se christianis venum ire aut donari detrectent, vet consentiant. Si detrectant, emi aut recipi nequa quam possunt, ipsi enim captivi domini sunt propriae libertatis, quamvis iniuste us ereptae. Si vero postquam plene edocti fuerint iure sibi libertatem competere, a qua nonnisi aliorum iniuria exciderunt, ultro et sponte sua, et ex libera et propria voluntate tamquam rerum suarum domini se exhibeant christianis ut ab eis recipiantur et detineantur in servitutem, eo prudenti consilio ut a dura servitute praesenti, a qua ipsis datum non fuerit alio modo se emancipare, mitiorem apud dominos christianos servitutem sortiantur, penes quos etiam facile sibi persuadere poterunt, venire posse in cognitionem veri Dei cultus, eumque inaestimabili animarum suarum compendio profiteri, in his sane circumstantiis permitti potent christianis, habito etiam respectu ad favorem fidei, ut possint eiusmodi captivos iusto pretio aut alio iusto titulo acquirere, et in propriam servitutem redigere et retinere, dummodo eo animo sint ut eos tractent secundum praecepta caritatis christianae, et curent etiam rudimentis fidei illos imbuere, adeo ut, Si fieri potent, in libertatem filiorum Dei, quae in sola catholica ecclesia est, nulla tamen coactione facta, sed tantummodo opportunis suasionibus et hortationibus, a libere et feliciter traducantur per eorum conversionem ad veram fidem. Et hac de re prae oculis habeatur instructio S. m. Pii VI (12 Sept. 1776) quae adnectitur. (V. n. 515).

Quemadmodum vero servi licite emi, ita licite quoque vendi possunt, sed necessarium ommno . est ut qui vendit legitimus sit servi possessor, nihilque in vendmone committat quo servi alienandi vitae, honestati, aut catholicae fidei noceatur. Quare illicitum est servum vendere, aut quomodocumque in proprietatem cedere alicui domino, qui certo aut probabili iudicio praevideatur servum eumdem inhumaniter habiturus vel ad peccatum pertracturus vel eodem abusurus ad iniquissimum illud commercium exercendum, quod Apostolicis Romanorum Pontificum, ac praesertim s. m. Gregorii XVI constitution ibus reprobatur districteque prohibetur. Illicitum pariter est servum alienare, nulla prorsus habita ratione iurium et officiorum matrimonialium ipsius servi. MuIto magis illicitum est servum christianum vendere domino infideli, aut etiam, ubi perversionis periculum prudenter timendum sit, domino haeretico vel schismatico. Haec si Vicarius Ap. probe teneat, aperte videbit, quid respondendum sit ad 13, 14 et 15 dubium. Nihil enim impedit quominus familia christiana, de qua agitur in dubio 13, servos suos vendere tuta conscientia queat, si ipsos legitime possideat, et cautiones supra descriptas in venditione observet. Sic etiam negotiator in dubio 14 memoratus potent ad sacramenta admitti, si constet, servos, qui ei pro mercium pretio obtigerunt, neque per furtum legitimo eorum domino subductos, neque iniuste in captivitatem redactos fuisse, ac praeterea spondeat se eos honestis conditionihns ita Venditurum esse, ut nihil ex eiusmodi venditione laedantlIF periclitentur iura et ofticia, quae illis tamquam hominibus, et, si christianam fidem amplexi fuerint, tamquam fidelibus competunt. Tandem de dubio 15 statuendum est christianos ipsos, etiam missionarios, interesse posse ut testes et sequestres aliove nomine per sacros canones non prohibito, contractibus, indiciis, aliisque id genus publicis actibus servorum causa fieri solitis, qui tamen et in se liciti sint. et nulla prava circumstantia vitientur. V. Sequitur quarta dubiorum classis, de servis fugitivis. Mancipium iuxta leges Gallarum et Sidamarum in rerum utilium numero censetur, de quibus verum propriumque dominium habetur, et fiunt contractus, quaeque deperditae conquiruntur, raptae aut usurpatae apud iudices repetuntur. Hinc quaeritur:

16. An liceat christianis ipsisque missionariis servos suos fugitivos persequi, atque ad redeundum cogere, vel saltem permittere ut eosdem persequantur, et vi etiam adhibita reducant publicus magistratus aut amici.

17. An servi ius habeant ad fugam, et an debeant resarcire damna ex eorum fuga domino illata.

18...

19...



19...

Quemadmodum adnotatum est in responsione ad postulata proxime superiora, sunt tusti aliqui tituli seu causae, ex quibus potest servus libertate sua legitime privari, legitimeque a domino retineri. Porro cum manifeste repugnet, hinc quidem ius domino competere possidendi ac retinendi servum, inde autem ius servo inesse ne a domino possideatur ac retineatur, nemo non videt christianos et missionarios de quibus agitur in dubio 16, posse tuta conscientia servos suos fugitivos persequi, et ad redeundum cogere, siquidem eos iuste in servitutem redactos iusto ex titulo possideant. Non ita expedita est ad 17 et 18 dubium responsio. Regulariter fugere iure suo possunt servi qui iniuste fuerint in servitutem redacti; non possunt servi qui iustam subeant servitutem, nisi forte a domino sollicitentur ad aui quod peccatum, vel inhumaniter tractentur. Ex hac distinctione pendet solutio alterius quaestionis, an scilicet servi fugitivi teneantur resarcire damna ex fuga sua domino illata. Cum enim ad inducendam restituendi Ii amni obligationem tria haec simul et coniunctim requirantur, culpa theologica, damnum secutum, et causa efficax, patet profecto ad reficienda damna ex fuga sua domino illata, tenere servos illos quorum fuga fuit graviter illicita, non teneri servos illos quorum fuga omni caruit culpa; sed de liceitate fugae, deque obligatione resarciendi damna ex fuga illata consulat Vic. Ap. probatos auctores et cum illis distinguat varios casus, variosque servitutis titulos.


Source: Collectanea S. C. de Propaganda Fide, vol. 1, Rome: 1907. Pp 715-720.

https://books.google.com/books?id=LHh4F ... &q&f=false

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Re: Catholicisme et esclavage

Message non lu par ChristianK » jeu. 07 févr. 2019, 5:53

Ma traductionn partielle

La condition de servitude, à proprement parler, chez les Galliens et les Sidamiens, est si strictement inséparable de leur statut social qu'il est presque impossible parmi eux d'établir et entretenir un foyer sans l'achat d'esclaves (...)
Bien que les pontifes romains aient tout essayé pour que la servitude soit partout abolie parmi les nations, et bien que ce soit par ces efforts que déjà depuis longtemps aucun esclave n'est plus détenu dans un grand nombre de nations chrétiennes, l'esclavage, en lui-même, est dans sa nature essentielle pas du tout contraire au droit naturel et divin, et il peut y avoir plusieurs raisons justes d'esclavage, et celles-ci se réfèrent à des théologiens approuvés(…)Car le pouvoir qu'un maître détient sur un esclave ne se comprend pas autrement que par le droit perpétuel de disposition, à son propre avantage, du travail servile, pouvoir qu'il est légitime pour une personne d'offrir à une autre personne.
Il n'est pas contraire au droit naturel et divin pour un esclave, qu'il soit vendu, acheté, échangé ou donné pourvu que(...) les conditions soient observées de façon appropriées. Parmi ces ces conditions [il y a celle de savoir] si l'esclave (...) a été justement ou injustement privé de sa liberté.
Dans de telles circonstances il est permis aux Chrétiens (...) d'acheter ces captifs pour un juste prix, (...)dans la mesure où ils sont prêts à les traiter selon les préceptes de la charité chrétienne(...)
Mais il est aussi nécessaire que le vendeur (...) ne fasse rien par la vente qui puisse mettre en danger la vie , la moralité ou la foi catholique de l'esclave. Donc il est illicite de vendre un esclave (...) [à] tout maître dont on peut prévoir par un jugement probable ou certain qu'il va traiter cet esclave inhumainement, ou le conduire au péché ou en abuser au nom de ce très malicieux commerce qui a été condamné et strictement interdit par les constitutions des pontifes romains(...)
De la même façon il est interdit de vendre un esclave sans tenir compte de ses droits et devoirs matrimoniaux(...)
Le vendeur (...)peut être admis aux sacrements (...) si de plus il promet solennellement qu'il va les vendre en de telles conditions morales que aucun des droits et devoirs qui leur appartient en tant qu'hommes(...)ne seront mis en danger ou ne subiront préjudice par la vente.

--------------------

Il y tout dans ce texte:

-les circonstances africaines qui rappellent celles des premiers chrétiens au milieu de l'esclavage antique
-une définition précise: disposer du travail. Donc toute peine de travail forcé constitue de l'esclavage par définition, et les bagnards sont des esclaves d'état, en ce sens précis.
-l'esclave ou serf a une longue série de droits (d'un point de vue droit naturel)
-la distinction entre les formes de servitude qui peuvent être conformes au droit naturel et celles qui sont condamnées
-la discrétion sur les formes acceptables car elles sont évolutives et relèvent des préceptes seconds

------------

A partir de là on comprend bien pourquoi le catéchisme de Trente dit que voler un servus est un vol, ou pourquoi les papes et les états pontificaux furent propriétaires: la servitude était à juste titre (eg.perte pénale de la liberté).

Tout tient en 2-3 raisonnements simples: la peine de mort n'est pas contraire aux préceptes premiers de la loi naturelle, donc encore moins les travaux forcés; or les travaux forcés sont un type d'esclavage; donc un type d'esclavage n'est pas contraire aux préceptes premiers ( il peut éventuellement être contraire aux préceptes seconds)

Il y a servitude juste et injuste, et grâce à la croissance économique la première est tombé en désuétude et le travail forcé été remplacé par la prison; la servitude des soldats vaincus a été remplacée par la convention de Genève et des échanges (qui sont comne des rachats).

On doit distinguer également ce que certains appellent l'esclavage chosiste (chattle slavery) de l'esclavage personnaliste, ou seul le travail est possédé ,non la personne. La catholic encyclopaedia distingue l'esclavage symbiotique (avantages mutuels) de l'esclavage parasitique (intérêt à sens unique).

A SUIVRE

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Re: Catholicisme et esclavage

Message non lu par ChristianK » jeu. 07 févr. 2019, 16:14

Il existe 2 tendances dans l'interprétation historique: l'une affirme que l'église a contredit sa position passée sur la servitude juste, l'autre non.
Pour la 1ere :

http://anthonyflood.com/maxwellslaveryc ... church.pdf

Dans ce recueil de textes utiles l'abbé Maxwell n'est pas malhonnête mais fait oeuvre d'historien amateur faute de contextualisation et explications suffisantes:

P 124 If Adolf Hitler had decided to inquire from the
Catholic authorities, between 1933 and 1945, whether
the institution of slavery in labour camps for con-
demned criminals was morally legitimate, and
whether it was morally right to enslave foreign non-
Christian prisoners in just warfare and use them to
work in German factories, there is regrettably little
doubt that he would have received the reply that
there was a "probable opinion" in the affirmative.

C'est faux car entretemps les conventions de Genève sont apparues pour protéger les soldats des pays riches, donc on disposait d'un meilleur moyen que les travaux forcés pour entretenir les prisonniers de guerre. Et même là les conventions n'interdisent pas tout travail forcé. Or au sens du droit naturel, travail forcé est esclavage juste, ce que l'auteur ne distingue pas bien en ajoutant la notion d'esclavage comme si elle était différente.
Il ne fait pas de doute que les travaux forcés pour les prisonniers de guerre en 1500 non seulement étaient conformes au jus gentium mais aussi au droit naturel.

Pour le point de vue opposé à Maxwell et plus compétent, le card.Dulles:

https://www.firstthings.com/article/200 ... r-reversal

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Re: Catholicisme et esclavage

Message non lu par gerardh » jeu. 07 févr. 2019, 20:13

_______

Bonjour,

La Bible ne traite pas la question de l'interdiction de l'esclavage, sauf peut-être de manière discrète dans l'épître à Philémon. Cela dit il est dit que les esclaves chrétiens doivent obéir fidèlement à leurs maîtres, et que les maîtres chrétiens doivent être bons envers leurs esclaves.

Par ailleurs n'oublions pas que nous les chrétiens sommes les esclaves du Christ.


_______

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Re: Catholicisme et esclavage

Message non lu par ChristianK » jeu. 07 févr. 2019, 21:23

Oui, et ces éléments bibliques ont fait partie intégrante de la discussion au fil des siècles.

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Re: Catholicisme et esclavage

Message non lu par PaxetBonum » ven. 08 févr. 2019, 9:48

ChristianK a écrit :
jeu. 07 févr. 2019, 16:14
C'est faux car entretemps les conventions de Genève sont apparues pour protéger les soldats des pays riches, donc on disposait d'un meilleur moyen que les travaux forcés pour entretenir les prisonniers de guerre. Et même là les conventions n'interdisent pas tout travail forcé.
Faites vous du travail obligatoire un esclavagisme ? Le bagne est-il un esclavagisme selon vous ?
Pax et Bonum !
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Re: L'Église et l'esclavage... depuis les premiers chrétiens

Message non lu par Hantouane » ven. 08 févr. 2019, 12:55

Juste une réflexion. Dans un monde hypercapitaliste, les employés doivent produire au profit des actionnaires des grandes sociétés. Parfois, les actionnaires vivent de rente tandis que les employés sont systématiquement évincés s'ils ne produisent pas assez, ou pas assez bien. La recherche du profit à tout prix n'est-il pas une forme d'esclavage dans notre monde contemporain ? Il faudrait plutôt ajuster le travail à l'homme, et pas l'homme ajusté au profit. Enfin je dis ça, mais dans la réalité, notre monde n'est pas hypercapitaliste, il y a des gardes fous mais comme dit dans la Génèse, c'est souvent à la sueur de ton front que tu gagneras ton pain ... Et à côté de ça, il y a ceux qui sont invalides ou handicapés. Certes, ils ont des aides, mais c'est souvent des peaux de chagrin et ils sont souvent marginalisés. Le capitalisme reste souvent la loi du plus fort. A ce propos, que dit la doctrine sociale de l'Eglise sur le capitalisme et ses dérives ? De plus, une majorité de chrétiens se disent de droite, parfois libérale, donc la plupart des chrétiens sont ils esclavagistes pour autant , même si c'est un raccourci un peu facile ?

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