L'euthanasie pour les malades psychiques?

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Cinci
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Re: L'euthanasie pour les malades psychiques?

Message non lupar Cinci » mer. 04 juil. 2018, 7:32

Tiens ! Vu sur l'aide médicale à mourir versus l'accompagnement spirituel.

Ici :

Aide médicale à mourir et sacrement pour les malades
Père Jean-Marc Barreau
PH. D et D, Th Théologie systématique

[...]

Quelques malheureux sophismes

Le premier des trois m'est très souvent opposé, soit directement par le patient, soit par ses proches, sinon par les deux parties : "Je veux, il veut ou nous voulons (la famille) que le patient reçoive l'aide médical à mourir, réalité toute différente de l'euthanasie. Jamais l'euthanasie, non ! ... mais l'aide médicale à mourir, si, bien sûr !" Soyons clairs : entre pratiquer l'aide médicale à mourir et pratiquer l'euthanasie, constatons-nous une réelle différence ? Les deux réalités ne demeurent-elles pas strictement les mêmes ? Dans les deux cas, ne s'agit-il pas de provoquer la mort d'un tiers, ce que le Catéchisme de l'Église catholique appelle un acte meurtrier ? Pour cette question, je renvoie le lecteur ver le numéro 2277 du CEC.

Le second sophisme est tout aussi fréquent : "S'il est inhumain de souffrir, il est donc plus humain de provoquer la mort chez une personne au terme de sa vie terrestre, pour qu'ainsi ... elle ne souffre plus." A cela, il faut répondre que l'un des objectifs majeurs défini par l'Organisation Mondiale pour la Santé en ce qui concerne les soins palliatifs est précisément de soulager au mieux les souffrances du patient. Ce qui est possible ... C'est même là l'objectif magnifique de l'équipe interdisciplinaire quand elle accompagne chaque patient admis en soins palliatifs, qu'elle circonscrit le lieu de la souffrance, la calme, voire l'en libère. Si elle ne le peut pas, il arrive que le patient y soit endormi sporadiquement ou de façon irrémédiable. Nous parlons ici de la sédation intermittente et de la sédation palliative continue. Notons que la sédation est une pratique médicale très bien encadrée par la loi québécoise de 2015, dans des cas précis elle est même encouragée par l'Église catholique. A la fois délibérément contre l'aide médicale à mourir mais aussi contre son opposé, l'acharnement thérapeuthique, l'Église catholique compte sur la collaboration de la science pour soulager au mieux la souffrance au nom de la dignité humaine. Je renvoie ici le lecteur aux numéros 2278 et 2279 du CEC. Il est donc tout à fait exclu que l'on puisse justifier l'aide médicale `mourir sous prétexte de souffrances intolérables, impossibles à juguler ou bien de confondre sa pratique avec celle de la sédation palliative continue.

Enfin, le troisième et le dernier sophisme que je veux dénoncer ici consiste à dire, et là encore nous l'entendons bien souvent : "Puisque'il est indigne de voir un patient devenir à ce point vulnérable, c'est une question de dignité humaine que d'abréger ses jours". Nous y répondrons en deux points.

Premièrement, mon quotidien pastoral me montre clairement que la dignité humaine ne s'évalue pas uniquement en fonction de ce qui se voit. Au contraire, deuxième point, la dignité humaine se mesure bien plus souvent dans le plus intime de la personne vulnérable. Pensons au Petit-Prince qui disait que l'essentiel est invisible pour les yeux.

Une vision pastorale

Combien de personnes au terme de leur vie terrestre demandent l'aide médicale à mourir parce que, déjà, elles sont socialement mortes !

Sacrement pour les malades ?

L'incompatibilité entre l'aide médicale à mourir et le sacrement des malades met en pleine lumière l'ineptie des sophismes précédents. Par la présence sacramntelle du Christ, le sacrement des malades permet au patient d'être victorieux de sa mort et de proclamer au monde cette victoire du Christ dans sa vie et celle de ses frères et soeurs de bonne volonté. Pour l'aide médicale à mourir au contraire, l'homme contemporain devient signe d'une finitude voulue et provoquée.

Si l'aide médicale à mourir est un refus formel de donner sa vie au Christ, le sacrement pour les malades plonge le patient dans un mystère d'amitié et d'intimité divine avec Dieu. Mystère où le Christ prend en Lui la vie de son frère malade. Mystère où le Christ associe la personne malade à son oeuvre rédemptrice.

Là se cache vraiment le sens profond de ce sacrement. Les fruits spirituels de cette communion sacramentelle au Christ ne peuvent y être qu'infinis et éternels ...

Plutôt que d'offrir le sacrement des malades à un frère tenté par l'aide médicale à mourir, je lui propose d'abord le sacrement individuel du pardon ... Une grâce de miséricorde qui permet au baptisé fragilisé par la maladie de faire l'expérience inépuisable de l'amour et de la tendresse de Dieu. Occasion unique d'éveiller sa conscience à plus grand que lui ... ! Mais suffisamment pour qu'il puisse à nouveau choisir pauvrement de s'en remettre à Dieu. N'avons-nous pas là la réponse ultime à la question de la dignité humaine ?


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