L'Église et les animaux

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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Alexis E.
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar Alexis E. » mar. 06 févr. 2018, 18:29

Bonjour à tous,

Sur la question des animaux et du végétarisme, l’Eglise enseigne à juste titre que l’homme a été établi par Dieu roi de la terre, à l’image de ce qu’Il est Lui-même. Aussi l’empire que l’homme-roi exerce sur les autres créatures-sujets doit-il être, dans l’ordre normal des choses, empreint de vertu, toujours à l’image de Dieu.

On pourrait citer quantité de références scripturaires, patristiques et magistérielles. Mais saint Basile de Césarée (IVe siècle) résume bien le sujet :

« On ne connaissait point le vin dans le paradis terrestre, on n’y tuait point d’animaux, on n’y mangeait point de chair. C’est après le déluge (…) lorsqu’on a désespéré de leur perfection, qu’on leur a accordé cette jouissance (…) Lorsque l’abstinence (ndlr : le végétarisme) règne, nul animal ne déplore son trépas : le sang ne coule nulle part, nulle part une voracité impitoyable ne prononce une sentence cruelle contre les animaux : le couteau des cuisiniers se repose ; la table se contente des fruits que donne la nature. » (Homélie sur le jeûne)

Pour approfondir la question, je vous recommande les deux ouvrages suivants:
- L’Eglise et la pitié envers les animaux (Marquise de Rambures): http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k9 ... rk=21459;2;
- Traité historique et moral de l’abstinence de viande (R.P. dom Grégoire Berthelet): https://books.google.ci/books/about/Tra ... edir_esc=y.

Voilà pour ma petite contribution.

Fraternellement dans le Seigneur!

TREBLA
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar TREBLA » ven. 09 févr. 2018, 14:30

Cher Alexis E.,

Merci pour votre réflexion.

Voici la position officielle de l'Église.
2417 Dieu a confiés les animaux à la gérance de celui qu’Il a créé à son image (cf. Gn 2, 19-20 ; 9, 1-4). Il est donc légitime de se servir des animaux pour la nourriture et la confection des vêtements. On peut les domestiquer pour qu’ils assistent l’homme dans ses travaux et dans ses loisirs. Les expérimentations médicales et scientifiques sur les animaux sont des pratiques moralement acceptables, pourvu qu’elles restent dans des limites raisonnables et contribuent a soigner ou sauver des vies humaines.
Selon l'article 2417 du Catéchisme de l'Église Catholique, il est « légitime de se servir des animaux pour la nourriture et la confection des vêtements. »

Même les « expérimentations médicales et scientifiques sur les animaux sont des pratiques moralement acceptables. »

Que le Seigneur vous bénisse.

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Kerniou
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar Kerniou » mar. 13 févr. 2018, 15:12

Les expériences médicales sur le animaux sont parfois cruelles.
Mais devrait-on, pour autant, expérimenter les traitements sur êtres humains ?
Personnellement, je ne le pense pas.
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

axou
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar axou » mer. 14 févr. 2018, 22:31

Les expérimentations médicales et scientifiques sur les animaux sont des pratiques moralement acceptables, pourvu qu’elles restent dans des limites raisonnables et contribuent a soigner ou sauver des vies humaines. CEC
Mais toute la question est là : comment situer et connaître "les limites raisonnables" ?
[...]

Je préfère la devise de Gandhi qui disait que toute expérience sur les animaux est par principe une ignominie et qui précisait : "on reconnait le degré de civilisation d'une nation à la manière dont elle traite ses animaux".

Pour ceux qui veulent avoir une information plus précise sur les "limites raisonnables", les sites de One Voice et de la Fondation Bardot peuvent les instruire.

Bien à vous,

Axou

Cepora
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar Cepora » mer. 14 févr. 2018, 22:48

Le CEC précise aussi, je cite (§ 2418) :
Il est contraire à la dignité humaine de faire souffrir inutilement les animaux et de gaspiller leurs vies. Il est également indigne de dépenser pour eux des sommes qui devraient en priorité soulager la misère des hommes. On peut aimer les animaux ; on ne saurait détourner vers eux l’affection due aux seules personnes.
J'ajoute qu'il serait bien de voir tous ceux qui s'opposent aux expériences sur les animaux, s'opposer également et avec au moins la même énergie, aux expériences sur l'embryon humain.

TREBLA
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar TREBLA » mer. 14 févr. 2018, 23:22

Chère axou,

Merci pour votre réflexion.

Ce n'est pas le CEC qui donne le droit aux hommes de dominer sur les animaux. C'est Dieu qui l'a donné.
2417 Dieu a confiés les animaux à la gérance de celui qu’Il a créé à son image (cf. Gn 2, 19-20 ; 9, 1-4).
Quant aux animaux, Dieu les a confiés « à la gérance de celui qu’Il a créé à son image ».
Le chien n'est pas « celui qu’Il a créé à son image ».
Le moustique non plus n'est pas « celui qu’Il a créé à son image ».

C'est l'homme que Dieu « a créé à son image » et à sa ressemblance, en lui donnant un esprit intelligent, capable de penser.

Selon le paragraphe 2417 du catéchisme de l'Eglise catholique, Dieu a donnés les animaux à la gérance de l'homme.
Genèse 9

1 Dieu bénit Noé et ses fils et leur dit " Soyez féconds, multipliez et remplissez la terre.
2 Vous serez craints et redoutés de toute bête de la terre, de tout oiseau du ciel, de tout ce qui se meut sur la terre et de tous les poissons de la mer ils sont livrés entre vos, mains.
3 Tout ce qui se meut et qui a vie vous servira de nourriture; je vous donne tout cela, comme je vous avais donné l'herbe verte.
4 Seulement vous ne mangerez point de chair avec son âme, c'est-à-dire avec son sang.
L'hiérarchie est clairement explicitée dans les versets ci-dessus.

Que le Seigneur vous bénisse.

axou
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar axou » jeu. 15 févr. 2018, 9:47


C'est l'homme que Dieu « a créé à son image » et à sa ressemblance, en lui donnant un esprit intelligent, capable de penser.
Si l'homme utilise son intelligence pour faire souffrir ceux dont il est responsable, alors il n'est pas à la hauteur de la mission que Dieu lui a donné, mais cela, ce n'est pas nouveau...

"dominer", n'est ce pas "prendre soin" ?
N'est ce pas se sentir responsable ? L'animal n'a que des droit (dont celui d'être respecté) mais l'homme a des droits et des devoirs, dont celui de "prendre soin du jardin", de cultiver le jardin de la création, justement parce qu'il est à l'image de Dieu.

François d'Assise respectait même la plus infime des bêtes car chacune pour lui chantait la louaage de Dieu, par son existence même.

J'ai rencontré 2 femmes chercheurs qui ont fait des expériences sur les animaux. Elles ont arrêté, elles ne supportaient plus, elles ne se supportaient plus. (l'une d'elle a fait une dépression).

Elles m'expliquaient que pour faire leur travail, elles devaient considérer que les animaux étaient des objets, de la matière pour faire de la science, elles devaient se couper de toute sensibilité et empathie pour eux, le moindre sens de fraternité animale les plongeaient dans l'insupportable.

Vous croyez que c'est cela la volonté de Dieu ? Que les Hommes se coupent de sa création, se coupent de la fraternité avec toutes ses créatures, se coupent de leur propre capacité d'aimer et 'être sensibles à l'autre pour faire son travail ?
Je ne le pense pas. Oh bien sur elle se raccrochaient à de bons sentiments; "c'est pour sauver des vies humaines", mais vient un jour ou cela ne tient plus.

Vient un jour ou "se couper de sa sensibilité et de son coeur pour sauver des vies humaines" devient une contradiction avec soi-même intolérable.

En vérité on oblige dans les laboratoires, dans les abattoirs, de pauvres humains à se couper d'eux mêmes et même de leur dignité humaine en leur demandant , "pour le bien de tous", de faire du mal à de pauvres créatures sans défense.

Quand aux [...] passages du CEC sur les animaux, [...] je ne leur fait pas vraiment confiance pour défendre la vie et la lumière de chaque créature de Dieu.

Je préfère les témoignages des aventuriers de Dieu, les saints.

Bien à vous,

Axou

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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar Fée Violine » jeu. 15 févr. 2018, 19:59

François d'Assise respectait même la plus infime des bêtes car chacune pour lui chantait la louange de Dieu, par son existence même.
Eh bien je n'en suis pas là... Les chenilles processionnaires qui nous envahissent par millions (ou milliards) ne m'inspirent que de la haine, et je les trucide autant que je peux... De même quand je croise une vipère (heureusement ce n'est pas très souvent).

TREBLA
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar TREBLA » ven. 16 févr. 2018, 3:17

Cher axou,

Merci pour votre réponse.
axou : jeu. 16 févr. 2018

François d'Assise respectait même la plus infime des bêtes car chacune pour lui chantait la louange de Dieu, par son existence même.
Les déodorants tuent des millions des bactéries. La bactérie est l’une de « la plus infime des bêtes ».
Les agents antimicrobiens dans les déodorants

La peau abrite des bactéries naturelles qui se nourrissent de la sueur et de ce fait, entraînent la production de mauvaises odeurs. Dans les zones fermées comme les aisselles, on trouve environ un million de bactéries par centimètre carré. En abaissant le nombre de bactéries présentes sur la peau, l’odeur de transpiration peut également être atténuée. Les agents antimicrobiens tuent les bactéries mais ralentissent aussi leur développement afin que l’odeur disparaisse le plus longtemps possible.

http://www.antiperspirantsinfo.com/fr/a ... eodorants/
Question : Est-ce que vous utilisez des déodorants ?

Que le Seigneur vous bénisse.

SergeA
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar SergeA » ven. 16 févr. 2018, 8:48

Bonjour TREBLA,

j'ai bien ri en lisant votre dernier post. Ça fait du bien de bon matin.

Bon, pour modérer un peu votre intervention, qui au demeurant est tout à fait pertinente, je pars personnellement du principe, qu'il faut adopter un comportement prenant en compte un système de priorités.
Ainsi, je suis triste lorsque j'entends parler de malheurs qui arrivent au bout de la terre et pour lesquels je ne peux pas faire grand chose, mais par contre je fais de mon mieux si le malheur touche quelqu'un proche de moi, géographiquement y compris.
Je pense qu'il en est de même pour la vie en général : j'aurais plus d'attention pour un être que je peux voir, que pour un être que je ne peux pas voir.

Mais en valeur absolue, effectivement, toute vie venant de Dieu, toute vie doit être respectée.
Cela n'empêche pas que tout ce que nous mangeons est vivant, et qu'il nous faut respecter les créations de Dieu.

Très bonne journée à vous.
.........................................................................................................................................................................................

"Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toute ta pensée."

TREBLA
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar TREBLA » ven. 16 févr. 2018, 16:17

Cher SergeA,

Merci pour votre gentille réponse.
SergeA : ven. 16 févr. 2018

Bonjour TREBLA,

j'ai bien ri en lisant votre dernier post. Ça fait du bien de bon matin.
Malheureusement, je ne peux pas répondre à votre MP, car l'envoi de MP ne fait pas partie des options disponibles. :(

Que le Seigneur vous bénisse.

axou
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar axou » sam. 17 févr. 2018, 14:43

Question : Est-ce que vous utilisez des déodorants ?
:) Ah mais non ! mieux vaut puer pour la plus grand gloire de Dieu !

Bon les microbes, c'est de la vie, mais ce ne sont pas des animaux.

Sérieusement, c'est une question de respect dans l'attitude. Si on doit tuer un animal, (une mygale dans la chambre par exemple...), que cela soit rapidement et sans souffrance.

A partir du moment ou on doit se couper de sa sensibilité (le personnel des abattoirs est sous anti-dépresseurs et/ou anxyolitiques pour tenir, entre deux cauchemards), c'est là que l'on est en rupture avec soi, avec la création et avec Dieu.

Regardez donc les vidéos sur les expériences dans les labos et la réalité des abattoirs Trebla, cela ne donne plus du tout envie de plaisanter.
(je ne les regarde pas moi même pour me protéger mais je sais ce qu'il y a dedans). La réalité de la vie, elle n'est pas dans le CEC.

[...]

Bien à vous,

Axou

TREBLA
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar TREBLA » dim. 18 févr. 2018, 0:51

Chère Axou,

Merci pour votre réponse.
axou : sam. 17 févr. 2018

:) Ah mais non ! mieux vaut puer pour la plus grand gloire de Dieu !

Bon les microbes, c'est de la vie, mais ce ne sont pas des animaux.
Oui, bien sûr, tout pour la gloire de Dieu ! :)
Sérieusement, c'est une question de respect dans l'attitude. Si on doit tuer un animal, (une mygale dans la chambre par exemple...), que cela soit rapidement et sans souffrance.
Je suis tout à fait d’accord avec vous. Il ne faut pas être cruel.
A partir du moment ou on doit se couper de sa sensibilité (le personnel des abattoirs est sous anti-dépresseurs et/ou anxyolitiques pour tenir, entre deux cauchemards), c'est là que l'on est en rupture avec soi, avec la création et avec Dieu.
Le métier du boucher est très dur.
« On a dit que les comédiens n’avaient aucun caractère, parce qu’en les jouant tous ils perdaient celui que la nature leur avait donné et qu’ils devenaient faux, comme le médecin, le chirurgien et le boucher deviennent durs. Je crois qu’on a pris la cause pour l’effet et qu’ils ne sont propres à les jouer tous que parce qu’ils n’en ont point. » (Diderot)
En devenant durs, est-ce que « le médecin, le chirurgien et le boucher » doivent devenir cruels ?

Je dirais que non !

Un médecin peut être dur sans devenir cruel.
Un chirurgien peut être dur sans devenir cruel.
Un boucher peut être dur sans devenir cruel.
Regardez donc les vidéos sur les expériences dans les labos et la réalité des abattoirs Trebla, cela ne donne plus du tout envie de plaisanter.
Quand j’étais petit, je regardais le boucher local faisant son travail dans son abattoir. Il tuait un bœuf ou deux cochons à la fois, pas plus. Il faisait son métier d’une manière efficiente. Pas de problème pour moi !

Les abottoirs où on tue des centaines d’animaux à la fois, c’est différent.

Sur un autre plan, ma femme a eu une césarienne en urgence et j’étais à côté d’elle pendant l’acte chirurgical. J’en fais encore des cauchemars.
La réalité de la vie, elle n'est pas dans le CEC.
Je ne suis pas d’accord avec vous. Je remercie Dieu qu’il y a des hommes et des femmes qui ne sont pas aussi faibles que moi lors d’une césarienne. Sans leur “dureté”, je n’aurais plus ma femme.

La dureté n’est pas un péché, contrairement à la cruauté. Il ne faut pas confondre dureté et cruauté.
386 Le péché est présent dans l’histoire de l’homme : il serait vain de tenter de l’ignorer ou de donner à cette obscure réalité d’autres noms.
Le péché de cruauté est présent dans l’histoire de l’homme. Dans le paragraphe ci-dessus, le CEC nous montre clairement la « réalité de la vie. »

Que le Seigneur vous bénisse.

Trinité
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar Trinité » lun. 29 oct. 2018, 23:58

Je reviens sur ce fil. En effet, j'ai eu une discussion avec l'une de mes filles (encore vous me direz...)

Elle me disait que les animaux n'ont pas succombé au péché originel , et de ce fait ne devraient pas êtres victimes de la souffrance! Dans ces conditions, pourquoi sont-ils tributaires de l'erreur humaine ainsi que tout le vivant d'ailleurs!

Cinci
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Re: L'Église et les animaux

Message non lupar Cinci » mar. 30 oct. 2018, 19:58

Trinité,

Jésus souffre également et il n'a jamais succombé au péché. Et Dieu le Père pareillement.

La question s'enracine dans la fausse idée selon laquelle le monde aurait pu être exempt de la moindre douleur, qu'il aurait dû être vierge de toute sensation pénible. même si juste momentanée pour l'un ou pour l'autre. C'est supposé, encore, que la Création devrait correspondre à un événement du passé et en un temps d'hier où le monde aurait dû être une sorte de paradis terrestre. Tout cela n'est que de l'imagination ! C'est une perception enfantine des choses.

En fait ...

La Création c'est plutôt un processus continu, comme un processus de croissance. C'est l'image de la femme qui est dans les douleurs de l'enfantement. La perfection du monde crée par Dieu c'est la perfection de son principe ("Dans le principe, Dieu crée le ciel et ...") et c'est la perfection de ce qui est en vue de sa fin.

Une certaine souffrance est parfaitement compatible avec la joie, la béatitude cf ("Heureux les affligés car ils seront ... Heureux ceux qui ont soif de la justice ... Heureux serez-vous quand on vous persécutera ..."). Et la douleur réflexe qui nous avertit du danger que le feu représente pour soi ne procède pas d'un défaut du monde ou du péché.

Mais ce qui brise d'avec le meilleur que Dieu souhaite pour l'homme, c'est le mal de coulpe ou la culpabilité réelle sans la volonté de se racheter, de faire retour à Dieu, le refus de changer, la préférence pour un régime de suspicion, de peur, de colère, d'une soi-disant justice sans pardon et tout.

Le péché ...

L'histoire du péché originel d'Adam et Ève et qui ne concerne pas les animaux en effet : c'est l'histoire de cette préférence humaine pour la suspicion (commencer à douter de Dieu), la supposition du pire, la volonté de se cacher, de se retrancher dans son quant-à-soi, de refuser de jouer le jeu, à refuser de sacrifier son "moi" au profit du tout. Ce refus de l'homme entraîne un mal spécial qui donne sa coloration diabolique au mal qu'il peut y avoir dans le monde. C'est cette coloration qui ne vient pas de Dieu. Cette coloration est comme une complicité raisonnée avec le mal.

Au départ, les animaux comme les hommes peuvent souffrir d'une certaine imperfection ou limitation (un être crée ne peut pas être parfait comme Dieu est parfait). Les êtres de chair doivent bien mourir physiquement un moment donné, le corps s'use, les êtres doivent s'alimenter pour survivre, etc. Une certaine souffrance n'est pas absente du monde tel qu'il peut apparaît initialement. Le surgissement du péché de l'homme dans le monde ne fait donc qu'accroître les souffrances du monde, dans l'intervalle et jusqu'à la fin. Et la fin des souffrances pour le monde animal, pour Dieu et pour les élus de Dieu : c'est à la fin ! Pas au début mais bien une fois que tout sera consommé.

- Oui mais pourquoi les animaux innocents devraient-ils souffrir en attendant ?

Pour la même raison que les hommes (les nourrissons, etc.) peuvent souffrir ainsi que Dieu en personne. Tous peuvent bien souffrir d'un manque relatif d'ici la fin.

Les animaux innocents souffrent (pauvres petites bêtes !) parce que l'aventure de la création de Dieu est en même temps une aventure dramatique. Le drame ! La vie est dramatique.


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