[Débat] Moralité de la vie homosexuelle

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Cinci » ven. 10 févr. 2017, 2:47

Aldous,
Dans la situation du voleur de pain pour survivre comme du menteur à la guestapo,
La gestapo?

La guestapo c'est sans doute un hybride de la guépéou et de la gestapo? En tout cas, ce n'étaient pas des amis des homosexuels non plus, j'Imagine. Très différents de Jésus. Bien pire que nos évêques du temps de Duplessis.

;)

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Spectateur intéressé » mer. 29 mars 2017, 16:30

Bonjour,

Je ne sais pas si mon message sera accepté puisque je n'exprime rien de nouveau sinon un point de vue un peu différent sur ce qui a déjà été dit.

En lisant ce topic, j'ai l'impression en effet que le caractère immoral de l'acte homosexuel est justifié de manière "extérieure" ou quasi-mathématique (non-complémentarité des sexes+stérilité+raison x ou y+ l'Eglise dit ceci ou cela = l'acte homosexuel est immoral) sans prendre en compte le bien-être intérieur de la personne homosexuelle. La continence ne serait qu'un choix à faire par pure obéissance logique et religieuse en vue d'un Paradis futur.

Et bien, pour ma part, le Paradis est pour maintenant !

Je suis catholique et homosexuel, de surcroît assez jeune (quoique 22 ans :clown: ) et, pour être déjà passé à l'acte, je peux témoigner que la sexualité homosexuelle est "virtuelle" ou plutôt frustrante dans le sens où l'on ne peut pas se donner pleinement l'un à l'autre à cause justement de la non-complémentarité des sexes. Résultat : Le sentiment affectif que l'on ressent pour son partenaire n'est jamais comblé, et c'est une source d’insatisfaction d'autant plus douloureuse que l'amour que l'on ressent est sincère. Alors, pour palier à ce manque, on met dans cette relation de la tendresse, de la fidélité, mais rien n'y fait : la frustration est toujours là voire elle grandit au fur et à mesure que l'on s'attache à son partenaire.

En ce sens, la continence apparaît d'elle-même comme une libération. On la désire non pas par soumission à l'Eglise mais par souci de sortir de cette frustration affective. Ce n'est pas sans combat, ni sans chutes, mais pendant les moments où on y parvient, le bonheur ou la "plénitude" si on vit tout cela dans la prière et dans les sacrements (surtout celui de pénitence qui est réellement libérateur) est bien présent !

Donc, pour revenir au sujet, la "vie homosexuelle" est immorale pour tout ce qui a déjà été dit plus haut mais surtout parce qu'elle est nocive et source de souffrances pour la personne qui s'y adonne.

Cordialement,
Un spectateur intéressé

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar francismichel » jeu. 20 avr. 2017, 9:36

Bonjour,

Christ est ressuscité !

pour ma part, je crois sincèrement que si vous ne donnez plus satisfaction à votre désir (pulsion) sexuelle d'ordre homosexuelle vous ne devriez plus dire de vous-même que vous êtes un chrétien homosexuel, car de manière fondamentale cette association est incompatible, non pas pour une raison morale, mais pour une raison simplement ontologique; et cette vie déviante (spirituellement) nous coupe ainsi de la plénitude de la vie en Christ.

En effet, la question de l'homosexualité est fondamentalement non pas une problématique morale mais spirituel. Je ne vais pas revenir sur bien des points déjà débattus, mais je peux proposer à votre lecture un regard de chrétien orthodoxe sue ce sujet, qui apportera un éclairage complémentaire.

http://www.paroisseorthodoxeorleans-chr ... odoxe.html

Priez Dieu pour moi

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar jovanni » ven. 08 sept. 2017, 14:22

Ayant longtemps étudié l'AT je me suis posé une question, un question que j'adresse à ceux qui pensent que l'homosexualité est une abomination: Dieu dit que l'homosexualité est péché, donc de fait, l’homosexualité est péché, voilà qui est indiscutable. Il n'y a rien à rajouter selon toute vraisemblance, mais je m'interroge: Dieu dit aussi que vendre sa fille pour être l'esclave d'un autre c'est ok, je n'entend pas beaucoup les catholiques défendre cette thèse bizarrement.

Dieu dit aussi qu'il faut lapider les blasphémateurs, pensez vous que c'est tout autant raisonnable que d'interdire à deux personnes du même sexe de s'aimer?

Qu'en est-il du verset qui préconise de brûler vif ceux qui commettent le péché d’adultère avec des parents proches? Allez vous considérer cette sentence aussi? lévitique chapitre 20 verset 14

Toutes ces choses sont pourtant issues du même livre, pourquoi certaines sont intolérables à vos yeux et d'autres sont passées au silence, ne seriez-vous pas en train de vous servir de la bible pour justifier votre homophobie par tout hasard?

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Héraclius » ven. 08 sept. 2017, 16:01

Cher Jovanni,
Ayant longtemps étudié l'AT je me suis posé une question, un question que j'adresse à ceux qui pensent que l'homosexualité est une abomination: Dieu dit que l'homosexualité est péché, donc de fait, l’homosexualité est péché, voilà qui est indiscutable. Il n'y a rien à rajouter selon toute vraisemblance, mais je m'interroge: Dieu dit aussi que vendre sa fille pour être l'esclave d'un autre c'est ok, je n'entend pas beaucoup les catholiques défendre cette thèse bizarrement.
Il faut distinguer, dans l'Ancien Testament, 3 types de prescriptions. Il y a les loi cérémonielles, les lois judiciaire, et les lois morales.

Les lois cérémonielles, c'est tous les rites effectués par les prêtres, les liturgies, mais aussi tous les interdits et pratiques de la vie courante des juifs. Ne pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère, par exemple, manger casher, prier la tête couverte... Cet ensemble de prescriptions a des finalités diverses, dont les principales sont de séparer le peuple juif des autres peuples et, dans certains cas, de le faire entrer dans une logique qui leur permettra de comprendre la venue du Rédempteur.

Les lois judiciaires, qui comportent des commandements sur la manière de gouverner la nation et de donner la justice. La vente de ses enfants est un de ces commandements, la structure du royaume d'Israël l'est aussi, les punitions pour les crimes font parti. Ils ont une certaine base dans les moralia mais ils ne sont pas à proprement parler des prescriptions morales, plus des façon concrètes d'organiser la vie sociale du peuple hébreux.

Enfin, les lois morales, dont le contenu est à proprement parler éthique. C'est les 10 commandements, par exemple.


Un chrétien, pour faire simple, ne retient que cette dernière catégorie comme toujours en vigeur. Il la lit à la lumière du Nouveau Testament et du commandement suprême "aime Dieu et ton prochain". Les deux autres catégories sont vues comme circonstancielles, des adaptation temporaires au peule juif. Jésus explique lui même dans le Sermon sur la Montagne que le problème des hébreux d'antan est qu'ils avaient le "coeur dur" ; Dieu ne pouvait pas leur révéler la plénitude de la loi, ils n'étaient pas prêt. C'est alors qu'il leur explique qu'il faut en réalité aller beaucoup plus loin que dans la simple obéissance à des lois abstraites ; il faut obéir à l'esprit de cette loi, c'est à dire aimer véritablement de tout son coeur et de toute son âme.


Quant on parle de "lapider les blasphémateur", le fait que le blasphème est immoral est une loi morale ; l'invitation à lapider les coupables est elle du ressort de la loi judiciaire, elle est le produit d'un compromis entre Dieu et le coeur dur des hommes d'Israël.


Dans le Nouveau Testament, personne ne parle du droit des parents à vendre leurs enfants, ni de la lapidation de qui que ce soit (à part dans l'épisode de la femme adultère). Par contre, l'homosexualité y est clairement condamnée. Les chrétiens en duisent qu'il s'agit d'une loi morale, pas d'une simple prescription judiciaire.


La Bible est un ouvrage compliqué, qui nécessite d'être lu d'une façon particulière, l'Ancien Testament à la lumière du Nouveau. Les chrétiens savent très bien pourquoi ils mangent du porc et ne lapident personne. Ce serait faire une très mauvaise lecture du texte que de lire le Lévitique comme d'actualité, que même les chrétiens fondamentalistes ne font pas. Et cette lecture de la Bible nest pas non plus une invention moderne, c'est la façon dont les chrétiens lisent la Bible depuis les premiers pères de l'Eglise. L'Ancien Testament n'a pas de sens hors de la lumière de l'Evangile.


J'espère que cela fait sens. :)


Héraclius -
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Nanimo » sam. 09 sept. 2017, 13:01

[Vous pouvez poursuivre le hors sujet sur L'esclavage dans l'Ancien Testament, ici : http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 37&t=43047 ]
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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Trinité » sam. 09 sept. 2017, 23:10

Cher Héraclius,

Merci pour cette interprétation de l'A.T !

Le problème c'est que tout le monde n'a pas vos connaissances à ce titre .En conséquences, à mon avis l'interprétation de l'A.T par le commun des mortels devient plus négative que positive! ;)

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Valentin
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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Valentin » lun. 14 mai 2018, 23:41

Il y a une chose qui n'a pas été dite, je crois, sinon effleurée par PaxEtBonum. Mais il est vrai que je n'ai pas lu les 45 pages de ce fil.

L'homosexualité est contraire à la morale dans le sens où elle est un travestissement de la réalité. L'homme et la femme sont complémentaires, leurs psychés respectives se répondent comme dans un miroir, chacune réfléchissant pour l'autre une partie de la Nature humaine, créée par Dieu. Dieu a voulu cette complémentarité, mais il a également voulu la séparation !
Le célèbre mythe de Platon est très éclairant à ce sujet.

C'est donc la confusion des principes féminin et masculin qui est condamnable : c'est en cela que l'homosexualité est mauvaise. Car elle nie la finalité de nos corps biologiques, qui sont destinés à exprimer charnellement un Esprit. Or, hommes et femmes ne pensent pas de la même manière, ne désirent pas, n'agissent pas de la même manière, selon les mêmes ressorts intérieurs.

Il est déplorable que le soi-disant féminisme moderne soit en réalité un masculinisme, autrement dit une volonté d'aligner l'Esprit féminin sur le masculin, alors que le véritable féminisme devrait exalter au contraire ce qui est propre à la femme. Ce n'est pas un hasard si les débats sur l'homosexualité ont surgi en même temps que ce "féminisme" gagnait en puissance.

Il est encore plus regrettable que l'Esprit masculin, de son côté, soit en permanence dénigré (et pas seulement par les féministes militants !) comme un archaïsme et un machisme, conduisant à nier la dignité de l'Homme, qui est celle du chasseur et du guerrier, de l'explorateur, du philosophe (au sens antique du terme : les bouffons modernes sont des magiciens et des imposteurs, car au lieu de la Sagesse, qui est supra-humaine, ils vénèrent les illusions de la Raison humaine).

Ainsi nous assistons (en Occident s'entend) à une double perversion : l'effacement du masculin d'une part, et l'alignement du féminin sur ce qui reste du masculin, de l'autre.

Mais l'homme et son principe ne doivent pas s'effacer : l'homme est celui qui, ayant contemplé la Création, a vocation à devenir un intermédiaire entre la Terre et le Ciel, un messager de Lumière ; un prêtre. Telle est sa destinée spirituelle.

Alors que l'esprit de la femme est tellurique, enraciné profondément dans la terre et dans les réalités du monde sensible ; l'esprit féminin est nocturne, le tempérament de la femme est lunaire.

Tandis que la quête solaire de Lumière est réservée à l'homme, il appartient à la femme d'être la gardienne de ce Feu dans la longue nuit de l'Histoire, c'est à elle de transmettre le flambeau à ses enfants. Il suffit de remarquer que dans toutes les cultures traditionnelles, ce sont les femmes qui éduquent leur progéniture, et donc leur transmettent les premières connaissances et les premiers rudiments de religion (notamment le rituel extérieur). Plusieurs religions se transmettent même uniquement par la femme, notamment le si "machiste", "patriarcal" et "misogyne" judaïsme !

L'homosexualité confond tout cela, car l'individu qui s'oppose au principe extérieur au sien cherche en quelque sorte l'union avec soi-même, comme si son principe pouvait se suffire à lui-même ; mais ce faisant il se rebelle contre l'Ordre supérieur du monde (ce que les Grecs nommaient le logos) qui veut que l'homme boive à la source de la femme, pour qu'il soit consolé et adouci, tandis que la femme doit boire à la source de l'homme, pour qu'elle découvre le Ciel et fasse l'expérience de l'infini.

Il n'y a pas d'issue à ce dilemme, sinon le simulacre et le travestissement de la Réalité.

Qu'est-ce qu'un homme peut apprendre d'un autre homme ? Une connaissance masculine exclusivement, utile et excellente en soi, mais pas d'une nature différente de la sienne propre.
Une femme trouvera beaucoup de choses chez une femme, mais pour dépasser sa propre féminité elle a besoin de l'homme.

C'est précisément ce qui nous choque lorsque nous voyons un couple d'homosexuels : il ne s'agit pas d'une manifestation de la Nature voulue par Dieu, mais d'un désordre engendré par l'homme. Comment le voyons-nous ? Eh bien, dans les couples homosexuels, il y aura toujours un simulacre d'amour hétérosexuel. En clair, il y aura un homme qui jouera le rôle de la femme, comme un acteur de théâtre (ou une femme prenant le rôle de l'homme pour un couple lesbien).

Cette parodie d'amour ne permet pas aux principes spirituels de la Nature de s'exprimer dans leur plénitude.
Dernière édition par Valentin le mar. 15 mai 2018, 22:09, édité 1 fois.
Il dit à Thomas : «Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ;
approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant.»
Thomas lui répondit : «Mon Seigneur et mon Dieu !»
Jésus lui dit : «Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru.»

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar nevermind7 » mar. 15 mai 2018, 16:48

Il y a une chose qui n'a pas été dite, je crois, sinon effleurée par PaxEtBonum. Mais il est vrai que je n'ai pas lu les 45 pages de ce fil.

L'homosexualité est contraire à la morale dans le sens où elle est un travestissement de la réalité. L'homme et la femme sont complémentaires, leurs psychés respectives se répondent comme dans un miroir, chacune réfléchissant pour l'autre une partie de la Nature humaine, créée par Dieu.
C'est précisément ce qui nous choque lorsque nous voyons un couple d'homosexuels : il ne s'agit pas d'une manifestation de la Nature voulue par Dieu, mais d'un désordre engendré par l'homme. Comment le voyons-nous ? Eh bien, dans les couples homosexuels, il y aura toujours un simulacre d'amour hétérosexuel. En clair, il y aura un homme qui jouera le rôle de la femme, comme un acteur de théâtre (ou une femme prenant le rôle de l'homme pour un couple lesbien).

Cette parodie d'amour ne permet pas aux principes spirituels de la Nature de s'exprimer dans leur plénitude.
On voit des actes homosexuels de partout dans le milieu animal, aussi bien chez les singes que chez les Oiseaux. L'argument visant à dire que c'est contre nature n'est pas pertinent car il est faux.

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Héraclius » mar. 15 mai 2018, 16:56

On voit des actes homosexuels de partout dans le milieu animal, aussi bien chez les singes que chez les Oiseaux. L'argument visant à dire que c'est contre nature n'est pas pertinent car il est faux.
Tout dépend de ce que l'on entend par "nature". Si vous êtes anti-essentialiste alors il n'existe pas de nature humaine, animale ou autre ; tout ce qui "existe" est naturel. Mais si vous êtes essentialiste, ce n'est pas parce que quelque chose existe qu'il est naturel. Les malformations existent dans la nature ; mais elles sont la dérive d'une norme qui est celle de l'abscence de malformation. Elles ne sont pas la norme. Elles ne sont pas, en ce sens, naturelles.
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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Valentin » mar. 15 mai 2018, 17:05

On voit des actes homosexuels de partout dans le milieu animal, aussi bien chez les singes que chez les Oiseaux. L'argument visant à dire que c'est contre nature n'est pas pertinent car il est faux.
Je ne dis pas que c'est contre-nature au sens où vous semblez l'entendre, c'est-à-dire dans une acception purement biologique et physique.
Très clairement, les pulsions homosexuelles existent au niveau biologique. Certains, comme Sigmund Freud, prétendent même que tous les hommes et toutes les femmes sont bisexuels.
De même, l'homosexualité est largement attestée dans le règne animal, vous avez parfaitement raison.

Mais je ne parle pas de ça. Un homme peut s'accoupler avec un autre homme ; la possibilité physique existe. La question est de savoir si ce comportement est légitime du point de vue spirituel.

Or la nature biologique reflète la nature spirituelle : le principe mâle et le principe femelle s'incarnent dans deux réalités anatomiques distinctes. Cette incarnation sexuée constitue un indice très important que nous donne le Seigneur Dieu sur la nature des relations charnelles qu'Il a souhaitées pour nous ; sinon, Il nous aurait doté de corps androgynes et hermaphrodites, ne croyez-vous pas ?

Donc, ce que je dis, c'est que bien que deux mâles ont la possibilité de s'unir physiquement, ils ne doivent pas le faire du point de vue spirituel, car cela s'oppose au principe de complémentarité des sexes.
Dernière édition par Valentin le mar. 15 mai 2018, 19:58, édité 2 fois.
Il dit à Thomas : «Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ;
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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar nevermind7 » mar. 15 mai 2018, 18:40

Tout dépend de ce que l'on entend par "nature". Si vous êtes anti-essentialiste alors il n'existe pas de nature humaine, animale ou autre ; tout ce qui "existe" est naturel. Mais si vous êtes essentialiste, ce n'est pas parce que quelque chose existe qu'il est naturel. Les malformations existent dans la nature ; mais elles sont la dérive d'une norme qui est celle de l'abscence de malformation. Elles ne sont pas la norme. Elles ne sont pas, en ce sens, naturelles.
L'homosexualité n'est pas le fruit d'une malformation ou d'une déficience quelconque. Ceux qui croient que c'est une maladie sont en réalité eux-même malades, cette maladie s'appelle l'homophobie. Je ne dis pas que vous êtes homophobe, car je ne vous connais pas, mais comparer l'homosexualité à une malformation est quelque chose que je trouve très inapproprié.

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar Valentin » mar. 15 mai 2018, 19:02

comparer l'homosexualité à une malformation est quelque chose que je trouve très inapproprié.
Cher Nevermind7,

je crois que vous êtes de mauvaise foi. Héraclius a usé d'une image pour illustrer le caractère normatif de l'hétérosexualité. Peut-on raisonnablement nier que l'hétérosexualité soit la norme, non seulement pour les Hommes, mais aussi pour la quasi-totalité du règne animal ? Si nous étions des escargots il en irait autrement, et vous auriez le droit de vous offusquer, car pour eux en effet, l'hétérosexualité doit ressembler à quelque chose de terrible.
Notez par ailleurs que l'homosexualité ne permet jamais la reproduction de l'espèce. Elle n'est donc jamais normative, que ce soit pour les Hommes ou les animaux. Constater cela n'implique pas nécessairement une condamnation.

En complément, quelques extraits d'un des documents postés par Francis Michel quelques messages plus haut :
Dieu a pris la sexuation dans le monde végétal et animal créés d’abord et en a enrichi la nature humaine. Il pouvait faire l’homme asexué comme lui-même ou comme les anges. Il pouvait donner à l’être humain un mode de multiplication angélique, ou un des nombreux modes de multiplication qu’Il a donné à ses créatures. Mais Il a choisi de placer l’hétérosexualité dès l’origine dans le sceau de l’image. L’image a la diversité comme signe. L’image est antinomique. La nature humaine est masculine-féminine : l’hébreu exprime cela par le jeu de mots intraduisible Ish-Ishsha.

« La différence sexuelle est (...) un des facteurs essentiels de la constitution de l’image de Dieu qu’est l’humanité » (Xavier Thévenot, Homosexualités masculines et morale chrétienne, Le Cerf, Paris, 1988, p.207).

(...)

Le divin, quoique simple et non composé, comporte une diversité, qui est l’antinomie trinitaire. Dès l’origine, la nature humaine à son image est une et diverse dans sa structure : la diversité dans l’ordre de la nature (la différentiation sexuelle), indique, révèle ou souligne la distinction des hypostases créées. Pour dire autrement : l’unité-diversité naturelle est l’image de l’unité-diversité des hypostases divines ou humaines. Même la Mère de Dieu dans sa divine parthénogénèse reçoit la fécondité dans l’altérité. Elle est féminine ; l’hypostase divine tient le rôle masculin. La Mère de Dieu ne s’autosuffit pas sexuellement, même dans sa virginité : c’est toute la profondeur antinomique de la virginité féconde. Elle ne s’autoféconde pas ; elle a besoin de l’autre pour procréer. Et le Dieu qu’elle conçoit humainement assume Lui-même le signe de la sexualité masculine. Dieu asexué assume chastement et virginalement la sexualité par l’Incarnation.

Dans son absolue virginité, le Verbe incarné, Dieu asexué, n’a pas été homme asexué. La virginité, absence d’exercice de la sexualité organique et liberté à l’égard de la convoitise, promeut la sexualité en signe de l’altérité. Elle désigne le mode de vie asexuel qui est celui du Royaume. En celui ou celle qui vit dans la virginité, Dieu transfigure la sexualité pour que la personne ou hypostase créée s’accomplisse dans la différence absolue des personnes en communion, au-delà de la différence relative des sexes. Ce qui appartient au Royaume, ce n’est pas l’homosexualité, mais l’asexualité des personnes ayant dépassé la nature.

(...)

L’hétérosexualité est joie de la différence dans l’unité ; elle est également pressentiment de l’altérité hypostatique. Elle couronne la création de l’être humain, non seulement parce qu’elle lui épargne la solitude (« il n’est pas bon que l’être humain soit seul » ou « unique », monos, 2, 18) mais parce qu’elle l’enrichit de la non-identité et de la coïncidence des opposés. De même, Dieu n’est pas solitaire. En son unité absolue, et son unicité absolue, nous glorifions l’altérité absolue, celle des hypostases qui coïncident dans l’unité de nature.
Archiprêtre Marc-Antoine Costa de Beauregard, Le sens de la distinction du masculin et du féminin (hétérosexualité et homosexualité). Essai d’une interprétation chrétienne de la question homosexuelle, novembre 2001.
Il dit à Thomas : «Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ;
approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant.»
Thomas lui répondit : «Mon Seigneur et mon Dieu !»
Jésus lui dit : «Parce que tu m'as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont cru.»

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar pierre_ » mar. 15 mai 2018, 23:13

Bonjour Valentin,
Ainsi nous assistons (en Occident s'entend) à une double perversion : l'effacement du masculin d'une part, et l'alignement du féminin sur ce qui reste du masculin, de l'autre.
Pouvez m'expliquer concrètement et avec des exemples comment l'effacement du masculin se traduit dans notre société ?
Et lorsque vous évoquez "l'alignement du féminin sur le masculin", parlez-vous de l'égalité homme-femme? Si oui, dans quelle mesure la contestez-vous?
Qu'est-ce qu'un homme peut apprendre d'un autre homme ? Une connaissance masculine exclusivement, utile et excellente en soi, mais pas d'une nature différente de la sienne propre.
Une femme trouvera beaucoup de choses chez une femme, mais pour dépasser sa propre féminité elle a besoin de l'homme.
Etant professeur, la littérature française m'amène à me rapprocher du monde intérieur d'un bon nombre d'auteurs et je peux affirmer que le propre de l'humain est d'éprouver des sentiments qui s'éloignent de la raison ou d'une norme quelconque. En cela, un homme qui ressent de l'amour pour un autre homme n'explique pas son sentiment, il l'éprouve.
En clair, il y aura un homme qui jouera le rôle de la femme, comme un acteur de théâtre (ou une femme prenant le rôle de l'homme pour un couple lesbien).
Pouvez-vous expliciter ce qui vous permet d'affirmer cela et nous dire sur quoi vous vous appuyez ?

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Re: [Débat] Moralité de la vie homosexuelle

Message non lupar JCNDA » mer. 16 mai 2018, 6:46

En clair, il y aura un homme qui jouera le rôle de la femme, comme un acteur de théâtre (ou une femme prenant le rôle de l'homme pour un couple lesbien).
Pouvez-vous expliciter ce qui vous permet d'affirmer cela et nous dire sur quoi vous vous appuyez ?

Pierre_
Valentin doit faire allusion au caractère ou de la personnalité de l'individu.
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