Difficulté avec Matthieu, ch. V

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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Cinci
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Difficulté avec Matthieu, ch. V

Message non lu par Cinci » mar. 07 févr. 2017, 18:02

Bonjour,

A propos du 5e chapitre de Matthieu :
18 Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. 19 Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
20 Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

http://www.aelf.org/bible/Mt/5

Est-ce que quelqu'un est capable de m'expliquer le sens de ce passage de l'évangile? Pour moi c'est indéchiffrable.


Exposition du problème

D'abord, nous parler de la Loi et des pharisiens dans un contexte de comparaison ("Je suis plus saint que toi parce que ...") et où il devrait s'agir de les surpasser dans l'observance de toute la loi de Moïse, apparaît facilement comme une contradiction complète de tout ce que le Nouveau Testament peut nous apprendre du comportement de Jésus.

Le Christ n'étais pas un pharisien ultra, un observateur scrupuleux se faisant fort de ne jamais manquer d'observer le moindre des 613 commandements de la Torah, et ce, à aucun prix; fut-ce au prix de la vie de la belle-mêre de Pierre, de l'homme laissé pour mort sur la route de Jéricho, de la brebis tombé dans la fosse le jour du sabbat, etc.

Les anticatholiques vont utiliser un tel passage pour accuser l'Église de forfaiture, d'apprendre aux néophytes qui ne se doutent de rien à tricher avec ce que Dieu enseignerait dans la Bible. Un vrai chrétien devrait respecter le sabbat, ne pas manger de porc, pratiquer la circoncision, etc.

Le passage de Matthieu laisserait croire en apparence qu'il faudrait suivre toutes les prescriptions des pharisiens, les dépassant bien sûr au plan de la sévérité. Il faudrait s'attacher à obéir à la moindre des prescriptions pour en pousser son application le plus loin possible sur le plan spirituel, sans rompre avec son observance initiale et physique la plus évidente et primaire qui soit.

Qui serait capable de réaliser une pareille performance? Personne. Pas même Jésus!

Écoutez ...

Il y a vingt épisodes dans le Nouveau Testament où Jésus lui-même "brise" avec les directives de la loi de Moïse. C'est exactement pour cette raison si les chefs religieux de son époque, les docteurs à Jérusalem, auront voulu le faire passer en jugement pour ensuite le faire exécuter.

En lisant le passage de Matthieu, il faudrait croire que jésus serait le plus petit dans le royaume des cieux. Un comble!

Considérez ceci :

Dans le livre des Actes, c'est Jésus qui intervient (après sa mort et sa résurrection) pour enseigner directement à l'apôtre Pierre de manger une nourriture que la loi de Moïse lui aurait pourtant interdit de consommer. - "Manges, Pierre!" Non, non ... Non, Seigneur. Impossible.

Le passage de Matthieu 5 nous parle pourtant du "ciel et de la terre qui ne passeront pas", c'est à dire avant que l'on puisse changer la moindre petite chose dans les directives anciennes de la loi de Moïse.

:!:

Ne rien changer pour qui? Pour les membres de l'Église actuelle? C'est pour les Juifs ou bien si c'est pour les chrétiens, ce maintien du plus petit commandement? Et de quel plus petit commandement parle-t-on au juste?

Jésus fait disparaître la prescription alimentaire. Il ne me viendrait pas à l'idée d'Imaginer que cette prescription mosaïque serait une affaire secondaire pour les Juifs. Pour le Jésus de Matthieu 5 il faut maintenir jusqu'au plus petit commandement, le Jésus des Actes fait disparaître un dispositif majeur de la loi de Moïse.

Ainsi, l'on croirait presque que le passage matthéen sort de la rédaction d'un adversaire de l'apôtre Paul. Vous savez bien : l'un de ces judaïsants qui aurait eu le don de faire sortir l'apôtre de ses gonds, exigeant que les païens convertis aillent tous se soumettre aux directives pharisiennes; ce que Paul sera forcé de faire avec l'un de ses pupilles.

Bref, je ne comprend pas bien pourquoi un tel passage existe dans le Nouveau Testament. Est-ce une relique d'une sorte de catéchèse archaïque et dépassée qui remonte à un temps où l'Église n'était qu'embryonnaire, datant même d'une époque antérieure à la mort de Jésus voire ? Un "témoin" du temps où les apôtres étaient encore étrangers à la bonne compréhension du "mystère", pour parler comme Paul?

chris-ostome
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Re: Difficulté avec Matthieu

Message non lu par chris-ostome » mar. 07 févr. 2017, 20:23

Bonjour,

Vous dites :

"Le Christ n'étais pas un pharisien ultra, un observateur scrupuleux se faisant fort de ne jamais manquer d'observer le moindre des 613 commandements de la Torah, et ce, à aucun prix; fut-ce au prix de la vie de la belle-mêre de Pierre, de l'homme laissé pour mort sur la route de Jéricho, de la brebis tombé dans la fosse le jour du sabbat, etc.

Les anticatholiques vont utiliser un tel passage pour accuser l'Église de forfaiture, d'apprendre aux néophytes qui ne se doutent de rien à tricher avec ce que Dieu enseignerait dans la Bible. Un vrai chrétien devrait respecter le sabbat, ne pas manger de porc, pratiquer la circoncision, etc. "


Je crois que c'est ce que reproche souvent les musulmans aux chrétiens, qui veulent nous convaincre que la Bible est un Coran falsifié. C'est aussi l'argument des Juifs qui nous demandent pourquoi nous vénérons l'Ancien Testament alors que nous n'obéissons pas à ses préceptes.
Je vous propose ces passages écrits par Saint Augustin, dans "Contre les Juifs" en espérant qu'ils répondent à vos questions.

"CHAPITRE II. LES LIVRES DE L'ANCIEN TESTAMENT NOUS CONCERNENT: NOUS EN OBSERVONS MIEUX LES PRÉCEPTES QUE LES JUIFS.

3. Nous devons d'abord réfuter une erreur commune parmi les Juifs: à les entendre, les livres de l'Ancien Testament ne nous concerneraient en aucune manière, puisque nous observons, non les anciens .rites, mais des rites nouveaux. A quoi vous sert la lecture de la Loi et des Prophètes, puisque vous ne voulez point en observer les préceptes? Voilà ce qu'ils nous disent, parce que nous ne pratiquons pas la circoncision du prépuce sur les enfants mâles; parce que nous mangeons des viandes déclarées immondes par la Loi; parce que nous n'observons point, d'une manière charnelle, leurs sabbats, leurs néoménies, et leurs jours de fêtes; parce que nous n'immolons à Dieu aucune victime tirée de nos troupeaux, et que nous ne célébrons point la pâque avec un agneau et des pains azymes; parce qu'enfin nous négligeons d'autres anciens rites, que l'Apôtre désigne sous le nom générique d'ombres des choses futures. Saint Paul les appelait ainsi, car, de leur temps, ils annonçaient la révélation -des mystères à la connaissance desquels nous avons été appelés, afin que, dégagés des ombres anciennes, nous jouissions de leur pure lumière. Il serait trop long d'engager avec eux une discussion sur chacun de ces points en particulier,de leur faire comprendre comment, en nous dépouillant du vieil homme, nous pratiquons la circoncision sans nous dépouiller de la chair de notre corps; de leur dire que nous apportons, dans nos moeurs, la sévérité qu'ils apportent dans le choix de leurs viandes: en un mot, de leur montrer que nous offrons nos corps à Dieu, comme une hostie vivante, sainte et agréable; qu'au lieu du sang des brutes, nous répandons nos âmes intelligentes en de saints désirs, et que nous sommes purifiés de toute souillure par le sang de Jésus-Christ, comme par le sang d'un agneau sans tache. A cause de la ressemblance de son corps avec un corps de péché, le Sauveur a été figuré parles boucs des anciens sacrifices, et celui qui reconnaît en sa personne la plus grande victime, ne fait point difficulté, en face des branches de la croix, de le considérer comme le taureau de la loi mosaïque. Trouvant en lui notre repos, nous observons véritablement le sabbat, et pour nous la célébration de la nouvelle lune n'est autre chose que la sanctification d'une vie nouvelle: notre pâque, c'est le Christ; la sincérité et la vérité, voilà nos azymes; le vieux levain ne s'y trouve pas, et s'il y a d'autres mystères figurés par les présages antiques, nous ne nous arrêterons pas maintenant à les expliquer; cela est inutile: nous nous bornerons donc à dire qu'ils ont eu leur perfection en Jésus-Christ, dont le règne n'aura pas de fin. Toutes choses devaient, en effet, se trouver accomplies en Celui qui est venu, non pour détruire la Loi et les Prophètes, mais pour les accomplir (1).



CHAPITRE 3. JÉSUS-CHRIST N'A POINT ABOLI LA LOI EN RAISONNANT: IL L'A CHANGÉE EN L'ACCOMPLISSANT. LE CHANGEMENT DES RITES ANCIENS A ÉTÉ PRÉDIT DANS LES PSAUMES.


4. Jésus-Christ n'a point aboli par le raisonnement les anciens signes des choses futures, mais il les a changés en faisant ce qu'ils prédisaient: car il voulait, pour annoncer que le Christ était déjà venu, des rites différents de ceux qui annonçaient sa venue future. Mais que signifie ce titre: «Pour ce qui doit être changé», placé en tête de certains psaumes que les Juifs ont entre les mains, auxquels ils reconnaissent l'autorité des saintes lettres? (Le texte de ces mêmes psaumes a trait au Christ) Evidemment il annonce le changement futur par le Christ de rites que nous savons aujourd'hui, parce que nous le voyons, avoir été changés par lui. De cette manière, le peuple dé Dieu, qui est maintenant le peuple chrétien, n'est point obligé d'observer les lois des temps prophétiques, non qu'elles aient été condamnées, mais parce qu'elles ont subi une transformation. Les mystères prédits par les anciens rites ne devaient point non plus disparaître, mais il fallait que les signes de ces mystères fussent appropriés aux époques diverses auxquelles ils étaient destinés.


CHAPITRE V. LA TRANSFORMATION DES ANCIENS RITES PRÉDITE AUSSI PAR LE TITRE DU SOIXANTE- HUITIÈME PSAUME, OU LE PROPHÈTE A PARLÉ DE LA PASSION DE JÉSUS-CHRIST.

6. Le psaume soixante-huitième porte encore ce titre: «Pour ce qui doit être changé». Le Prophète y chante la passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et met dans la bouche du Sauveur certaines paroles de ses membres, c'est-à-dire, de ses disciples. Le Christ n'a lui-même commis aucun péché, mais il a supporté le fardeau des nôtres; c'est pourquoi il est dit: «Et mes péchés ne sont point cachés à vos yeux». Nous trouvons écrit et annoncé d'avance, dans ce psaume, un fait rapporté dans l'Evangile (1): «Ils m'ont donné du fiel en guise de nourriture, et, pour étancher ma soif, ils m'ont abreuvé de vinaigre». Suivant la prédiction énoncée au titre du psaume, Jésus-Christ a donc transformé ce qui était ancien. Les Juifs lisent ces passages et ne les comprennent pas: aussi croient-ils nous causer de l'embarras, en nous demandant comment nous pouvons reconnaître l'autorité de la Loi et des Prophètes, dès lors que nous ne pratiquons pas les rites qu'ils nous ont prescrits. Nous n'observons pas ces rites, parce qu'ils. ont été changés: ils ont été changés, parce que leur transformation a été prédite, et nous croyons en Celui qui les a transformés par sa venue en ce monde. Si donc nous n'observons pas les rites: prescrits par la Loi et les Prophètes, c'est que nous comprenons ce qu'ils ont prédit, c'est que nous possédons la réalité de ce qu'ils ont promis. Pour les Juifs, qui nous adressent ces reproches, ils doivent à leurs ancêtres de participer encore à l'amertume du fiel donné par eux en nourriture au Seigneur; ils se ressentent encore de l'âcreté du vinaigre qu'ils ont offert au Christ pour apaiser sa soif: ils ne comprennent pas ces choses, car en eux se vérifie cet autre passage du Psalmiste: «Que leur table soit devant eux comme un filet; qu'elle leur soit une juste rétribution, une pierre de scandale». En abreuvant le pain vivant de fiel et de vinaigre, ils se sont eux-mêmes saturés d'âcreté et d'amertume. Comment donc saisiraient-ils le sens d'une prophétie qui prononce contre eux cette sentence: «Que leurs yeux soient aveuglés pour qu'ils ne voient point?» Comment pourraient-ils se tenir droits, de manière à élever leurs coeurs vers Dieu, eux dont il a été prédit: «Faites que leur dos soit toujours courbé?» Ces paroles n'ont pas été prononcées contre eux tous, mais elles l'ont .été contre tous ceux auxquels s'applique ce qui a été prédit. Elles ne concernent point ceux d'entre eux qui ont cru alors en Jésus-Christ, ni ceux qui croient en lui aujourd'hui, ni ceux qui y croiront depuis ce jour jusqu'à la fin des siècles: elles ne s'appliquent aucunement au vrai peuple d'Israël, c'est-à-dire, à ce peuple qui verra le Seigneur face à face: «Car tous ceux qui descendent d'Israël, ne sont pas pour cela Israélites, et tous ceux qui sont de la race d'Abraham, ne sont pas pour cela ses enfants: mais Dieu lui dit: C'est d'Isaac que sortira la race qui doit porter ton nom, c'est-à-dire, ceux qui sont enfants d'Abraham selon la chair, ne sont pas pour cela enfants de Dieu: mais ce sont les enfants de la promesse qui sont réputés être les enfants d'Abraham (1)». Au contraire, ces Juifs appartiennent à la Jérusalem spirituelle et aux villes de Juda, c'est-à-dire à l'Eglise; c'est d'eux que parlait l'Apôtre quand il disait: «Les églises de Judée qui croyaient en Jésus-Christ, ne me connaissaient pas de visage (2)». Car, selon ce qui est écrit dans la suite du même psaume, «Dieu sauvera Sion, et, les villes de Juda seront bâties de nouveau, et ils y demeureront, après qu'ils l'auront acquise comme leur héritage, et la race de ses serviteurs la possédera, et ceux qui aiment son nom, y établiront leur demeure». Mais lorsque les Juifs lisent ces paroles, ils les entendent dans un sens charnel: ils pensent à la Jérusalem d'ici-bas, qui est esclave avec ses enfants, et non point à la Jérusalem éternelle et céleste, qui est notre mère (1).

CHAPITRE VI. LE TITRE DU PSAUME SOIXANTE-DIX-NEUVIÈME PRÉDIT ENCORE LA TRANSFORMATION DES ANCIENS RITES: CETTE TRANSFORMATION FUTURE EST PROUVÉE CONTRE LES JUIFS PAR DES TÉMOIGNAGES PLUS ÉCLATANTS.

Le psaume soixante-dix-neuvième porte, comme le quarantième et le soixante-huitième, ce titre: «Pour ce qui doit être changé». Entre autres passages, on y lit celui-ci: «Regardez du haut du ciel, et voyez, et visitez cette vigne: donnez la perfection à celle que votre droite a plantée, et jetez les yeux sur le Fils de l'homme, que vous avez affermi pour vous». Cette vigne est évidemment celle dont il est dit: «Vous avez transporté votre vigne de l'Egypte»; car le Christ n'a point planté une vigne autre que celle-là, mais en venant sur la terre, il l'a changée et rendue plus parfaite. C'est pourquoi on lit aussi dans l'Evangile: «Il fera périr misérablement ces méchants, et il louera sa vigne à d'autres vignerons (2)». En effet, l'Evangéliste ne dit pas: Il l'arrachera et en plantera une autre, mais: Il louera cette même vigne à d'autres vignerons. La cité de Dieu se compose de la société des saints; c'est la réunion des enfants de la promesse: ils disparaissent tour à tour emportés par la mort, mais leur passage successif ici-bas la conduira à sa perfection, et, à la fin des siècles, elle recevra en même temps, dans chacun d'eux, l'immortalité que le Seigneur lui réserve. Dans un autre passage, la cité de Dieu nous est représentée, d'une manière différente, sous l'emblème d'un olivier fertile, et le Psalmiste lui prête ce langage: «Pour moi, je serai dans la maison du Seigneur comme un olivier qui porte du fruit, parce que j'ai mis toute mon espérance dans la;miséricorde de Dieu pour l'éternité, et pour tous les siècles des siècles (1)».

Si des rameaux infidèles, orgueilleux, et, par là même, stériles, ont été arrachés du tronc pour permettre à l'olivier sauvage, c'est-à-dire aux Gentils, d'y être greffé à leur place, ce n'est point une raison pour que la racine de l'arbre, c'est-à-dire des patriarches et des prophètes, ait pu se dessécher; «parce que», dit Isaïe, «quand le nombre des enfants d'Israël égalerait celui des grains de sable, de la mer, un petit reste sera sauvé (2)», mais par celui dont il est dit une première fois: «Et sur le Fils de l'homme que vous avez affermi pour vous»; et, une seconde fois: «Que votre main s'étende sur l'homme de votre droite et sur le Fils de l'homme que vous avez affermi pour vous, et nous ne nous éloignerons plus de vous». Ce Fils de l'homme, qui est Jésus-Christ, rend parfaite la vigne sainte, en y adjoignant son petit reste, les, Apôtres, et les autres hommes d'entre les Israélites, qui ont cru, en grand nombre, au Christ-Dieu, puis la plénitude des nations: il a écarté les anciens rites, leur en a substitué de nouveaux, et ainsi se trouve vérifié le titre de ce psaume: «Pour ce qui doit être changé».

Nous allons donc apporter aux Juifs des témoignages plus éclatants, et dont ils sentiront, bon gré, mal gré, toute la force. «Le temps vient», dit le Seigneur, «ou je confirmerai mon alliance avec la maison de Jacob: non selon l'alliance que j'ai faite avec leurs pères au jour où je les pris par la main pour les faire sortir de l'Egypte (3)». La prédiction est certaine: elle n'est plus renfermée en des titres de psaumes dont l'intelligence n'est à la portée que d'un petit nombre; tous peuvent entendre et comprendre cette voix prophétique. Une alliance nouvelle a été promise: elle devait être toute différente de celle qui avait été contractée avec le peuple d'Israël, lors de sa sortie d'Egypte. Nous appartenons à cette nouvelle alliance et elle ne nous force point d'observer les rites prescrits sous l'empire de l'ancienne: au lieu de nous reprocher l'abandon de l'antique Testament, à nous qui possédons le Nouveau promis à nos pères, pourquoi les Juifs ne reconnaissent-ils pas qu'ils sont demeurés les observateurs d'un culte devenu caduc et inutile? Aussi, puisque, suivant ce qui est écrit au Cantique des cantiques, «le jour commence à luire, et que les ombres se dissipent (1)», le sens spirituel doit briller de tout son éclat; le culte charnel doit finir. «Le Seigneur, Dieu des dieux, a parlé, et il a appelé la terre depuis le lever du soleil jusqu'à son couchant». Oui, il a appelé toute la terre à une nouvelle alliance, cette terre à laquelle le Psalmiste dit ailleurs: «Chantez au Seigneur un cantique nouveau; que toute la terre chante au Seigneur». Dieu n'a donc point parlé comme il a fait autrefois du haut du Sinaï: alors il ne s'adressait qu'à un seul peuple d'Israël, appelé par lui du pays d'Egypte: depuis, il a appelé toute la terre à partir du lever du soleil jusqu'à son couchant. Si les Juifs voulaient comprendre cette parole du Seigneur, ils entendraient son appel et il s'en trouverait, parmi eux, à qui s'appliqueraient ces autres paroles du même psaume: «Ecoutez, mon peuple, et je vous parlerai: Israël, écoutez-moi, et je vous attesterai la vérité moi, Dieu, je suis votre Dieu. Je ne vous reprendrai point pour vos sacrifices, car vos holocaustes sont toujours devant moi. Je n'ai pas besoin de prendre des veaux de votre maison, ni des boucs de vos troupeaux, parce que toutes les bêtes des forêts m'appartiennent, aussi bien que celles qui sont répandues sur les montagnes, et les boeufs: je connais tous les oiseaux du ciel, et la beauté des champs est en ma puissance. Si j'ai faim, je ne vous le dirai pas, puisque toute la terre est à moi avec tout ce qu'elle renferme. Est-ce que je mangerai la chair des taureaux, ou boirai-je le sang des boucs? Immolez à Dieu un sacrifice de louanges, et rendez vos veaux au Très-Haut; invoquez-moi au jour de l'affliction, et je vous en délivrerai, et vous m'honorerez». Ici, la transformation des sacrifices anciens est d'une évidence incontestable, car Dieu annonce qu'il ne les acceptera plus, et il impose à ses adorateurs un sacrifice de louanges: non pas, qu'en cela, il nous demande nos hommages comme s'il en avait besoin, mais parce qu'il veut faire servir à notre salut les louanges que nous lui adresserons, car voici la conclusion du psaume précité: «Le sacrifice de louange m'honorera, et c'est la voie par laquelle je lui montrerai le salut qui vient de Dieu». Mais quel est le salut de Dieu, sinon le Fils de Dieu, le Sauveur du monde, le jour, Fils du jour Père, c'est-à-dire, la lumière de la lumière, dont la venue en ce monde a inauguré la nouvelle alliance? Voilà pourquoi encore, immédiatement après ces paroles: «Chantez au Seigneur un cantique nouveau; que toute la terre chante au Seigneur; bénissez son saint nom», le Prophète déclare que le Sauveur sera bientôt annoncé; puis il ajoute: «Annoncez le jour issu du jour, son Salut (1)». Prêtre et victime tout ensemble,. Jésus-Christ a donc offert le sacrifice de louange, accordant aux méchants le pardon de leurs fautes, et aux bons la grâce de bien faire. Pour adorer Dieu, on lui offre le sacrifice de louange, «afin que celui qui se glorifie, se glorifie dans le Seigneur (2)»."

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Re: Difficulté avec Matthieu

Message non lu par Cinci » mer. 08 févr. 2017, 0:23

Chrisome,

Merci beaucoup. Je ne connaissais pas ces textes de saint Augustin. C'est très bon!

C'est aussi l'argument des Juifs qui nous demandent pourquoi nous vénérons l'Ancien Testament alors que nous n'obéissons pas à ses préceptes.
Ainsi, avec notre évêque d'Afrique du nord, on pourrait au moins justifier cette nécessité qu'un changement tangible puisse apparaître dans la pratique, en passant d'une Alliance à l'autre. Il ne faudra pas jouer les "surpris" si les participants de la Nouvelle Alliance n'ont pas à reproduire à l'identique les règles de l'Ancienne Alliance.

Puis c'est bien vrai que, tous les hommes participant de l'Alliance du temps de Noé, ne faisaient pas ce que feront les Juifs plus tard. On ne demande pas non plus, rétrospectivement, aux Juifs d'aujourd'hui, de faire comme faisaient leurs ancêtres du temps d'Isaac ou de Jacob, comme leurs ancêtres antérieurs à Moïse!


Je vous propose ces passages écrits par Saint Augustin, dans "Contre les Juifs" en espérant qu'ils répondent à vos questions.
Faudrait voir. Je ne sais pas.

Le problème étant formulé comme une difficulté à comprendre pourquoi le texte de Matthieu semble nous renvoyer au fait d'une nécessité de maintenir en place la loi de Moïse et jusque dans ses plus petits commandements. Comme Augustin explique de son côté, la Nouvelle Alliance doit se signaler par le fait de ne pas reconduire tout le même appareillage légalistico-religieux. cf. commandements.

Aldous
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Re: Difficulté avec Matthieu

Message non lu par Aldous » mer. 08 févr. 2017, 11:28

Cinci a écrit :
mar. 07 févr. 2017, 18:02
Bonjour,

A propos du 5e chapitre de Matthieu :
18 Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. 19 Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
20 Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

http://www.aelf.org/bible/Mt/5

Est-ce que quelqu'un est capable de m'expliquer le sens de ce passage de l'évangile? Pour moi c'est indéchiffrable.
Il faut mettre ce passage en perspective d'avec ce que dit Matthieu par la suite dans le même texte: que se mettre en colère "c'est déjà être justiciable", que "regarder une femme avec convoitise c'est déjà commettre l'adultère" etc etc...
Ainsi Jésus ne fait pas de la loi quelque chose qui vient de l'extérieur avec une obéissance qui oblige mais que c'est de notre cœur, de notre conscience que tout part nous apparaissant comme vrai et bien.
Il n'y a pas un iota à retirer de cette loi, il y a à l'éclairer d'un regard neuf qui nous ouvre à notre responsabilité morale et non à une obéissance aveugle.
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal

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axou
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Re: Difficulté avec Matthieu

Message non lu par axou » mer. 08 févr. 2017, 17:50

Cher Cinci, Aldous a raison : on ne peut comprendre ce texte que si on le lit en perspective de ce qui le précède et de ce qui le suit.
Les Béatitudes ! le sommet de la vie chrétienne !

Jésus commence par parler du bonheur reçu en Dieu. Et qu'est ce que le bonheur reçu de Dieu ? Un coeur qui est habité par la douceur, la pureté et la pauvreté de coeur, la miséricorde, le désir de justice, la capacité à assumer les larmes, la capacité à souffrir les persécutions pour la Vérité.
Tout ce qui anime Jésus et qui l'a poussé à plusieurs reprises à transgresser la loi juive concernant le Shabbat car la miséricorde, la justice, le sens de l'autre et surtout du petit et du pauvre prime sur des principes d'ordre. (on travaille tel jour, on ne travaille pas tel jour....,on se lave les mains à tel moment....)
Ce qu'il dit là vient en premier, c'est placé au centre, c'est placé au coeur de la vie chrétienne.

Vient ensuite le passage du sel de la terre appelé à ne pas s'affadir et à la lumière qu'on met en hauteur : par son coeur embrasé par l'amour du Père, vivant dans l'amitié du Fils, habité par le Souffle, le disciple du Christ ne garde pas en lui et pour lui ce qui le brûle mais le rayonne autour de lui. En tout cas, c'est ce que le Maître nous demande : par tout notre être, de toute notre âme et de tout notre coeur, répandre ce sel et éclairer de notre lumière intérieure cette esprit des Béatitudes, cette douceur, cette miséricorde, cette soif de justice, cette empathie, cette capacité à pleurer toute la douleur du monde, ne jamais se refermer sur soi, toujours en ouverture sur le monde, toujours prendre soin de ce qui se vit autour de soi...

Ensuite, pour celui qui est habité ainsi par la Lumière du Christ et le bonheur en Dieu, la loi n'est pas abolie mais dépassée ! La Loi sert juste à se donner bonne conscience mais elle ne suffit plus du tout à permettre de rayonner le Souffle des Béatitudes.

Pour le disciple du Christ, est ce assez de se dire "qu'il est quitte" sous prétexte qu'il n'a jamais tué personne ? Mais non, s'il demeure dans l'agressivité envers son frère, sans chercher la réconciliation ni le pardon, il n'est pas quitte ! Et des paroles peuvent tuer. Jésus vient nous apprendre que le meurtre et la guerre viennent naître d'abord dans les coeurs et que tant de conflits, tant de jugements, tant de médisances, tant de critiques incessantes proférées dans le dos des personnes, et bien ce sont des péchés graves ! Ce n'est pas écrit dans les 10 commandements mais les commandements du Christ nous emmènent beaucoup plus loin, non point pour les abolir mais pour les traverser et aller plus loin.
Et aimer son prochain va jusqu'à aimer ses ennemis ! non pas pour être hypocrite mais pour décider, comme le faisait Petite Thérèse, d'aimer en Christ la personne qu'on ne peut pas blairer, de ne pas laisser libre court à ses inimitiés, là aussi, par le Souffle des Béatitudes d'aller plus loin.
A l'époque de Jésus, le bon juif s'estime quitte en renvoyant sa femme s'il a rédigé un acte de répudiation. Et bien non, Jésus va plus loin, on n'est pas quitte, on pousse sa femme dans les bras d'un autre en la répudiant, donc on commet un péché grave ! Il place la barre infiniment plus haut en plaçant l'amour et la miséricorde au centre : l'amour qui brûle au coeur ne tolère pas l'agressivité durable, la haine secrète au coeur, la dureté du coeur qui pousse à remplacer sa femme par une autre femme (plus jeune et plus gironde ?).

Et celui qui s'estime quitte, bien fidèle à sa femme alors qu'il fantasme sur une autre femme ? Non il n'est plus quitte, il est déja en train de rentrer en adultère puisque son COEUR est adultère. Quel qualité d'amour je donne à mon épouse si je pense à une autre, quel don de moi même je lui fais ! En Christ, la vie du coeur devient première, bien loin devant les actes...Et le DON devient TOUT.

En Christ, les grands interdits de la loi juive ne sont plus suffisants. Les petits interdits deviennent obsolètes (ne pas travailler le jour de Shabbat..) et les grands interdits ne sont plus suffisants.

Et si on te prend ton manteau, donne aussi ta robe, et si on te gifle, tend l'autre joue... A notre époque de l'arrivée des migrants d'une part et de la poussée islamiste d'autre part, cette parole ci résonne difficilement à nos oreilles.
Mais elle signifient là aussi une disposition de coeur : TOUJOURS être en état de disponibilité totale à l'autre, toujours garder le coeur ouvert à la souffrance de l'autre, à sa vulnérabilité, Jamais, jamais de dureté, de fermeture égoiste, toujours demeurer en l'état de "réservoir" (Bernard de Clauvaux) qui redonne l'amour de Dieu que l'on reçoit, en gestes concrets.
Ce qui ne veut pas dire qu'on abandonne toute prudence ni toute lucidité face à la dangerosité et à la capacité de nuisance de certaines personnes. Et à la nécessité parfois de mettre des limites, ne serait-ce qu'aux personnalités manipulatrices qui utilisent ces versets précis pour abuser des bonnes âmes.

MAIS cela veut dire : que l'amour et la miséricorde, jusqu'à l'amour des ennemis sont premiers. Et que même envers celui à qui on met des limites ne serait-ce que pour protéger les autres de lui, on garde envers cette personne une part d'amour et de compassion et on prie le Seigneur pour lui.

Et la perfection en Dieu c'est cela : c'est aimer même quand l'amour est impossible, c'est aimer là ou l'amour n'est pas aimé.
C'est poser un choix radical de demeurer amour total, quoi qu'il arrive.

Bien à vous,
Axou

EVANGILE DE JÉSUS-CHRIST SELON SAINT MATTHIEU


Voyant les foules, Jésus gravit la montagne. Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.

02 Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait. Il disait :

03 « Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux.

04 Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés.

05 Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage.

06 Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice, car ils seront rassasiés.

07 Heureux les miséricordieux, car ils obtiendront miséricorde.

08 Heureux les cœurs purs, car ils verront Dieu.

09 Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu.

10 Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice, car le royaume des Cieux est à eux.

11 Heureux êtes-vous si l’on vous insulte, si l’on vous persécute et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous, à cause de moi.

12 Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse, car votre récompense est grande dans les cieux ! C’est ainsi qu’on a persécuté les prophètes qui vous ont précédés.

13 « Vous êtes le sel de la terre. Mais si le sel devient fade, comment lui rendre de la saveur ? Il ne vaut plus rien : on le jette dehors et il est piétiné par les gens.

14 Vous êtes la lumière du monde. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée.

15 Et l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ; on la met sur le lampadaire, et elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.

16 De même, que votre lumière brille devant les hommes : alors, voyant ce que vous faites de bien, ils rendront gloire à votre Père qui est aux cieux.

17 « Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les Prophètes : je ne suis pas venu abolir, mais accomplir.

18 Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise.

19 Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.

20 Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux.

21 « Vous avez appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne commettras pas de meurtre, et si quelqu’un commet un meurtre, il devra passer en jugement.

22 Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui se met en colère contre son frère devra passer en jugement. Si quelqu’un insulte son frère, il devra passer devant le tribunal. Si quelqu’un le traite de fou, il sera passible de la géhenne de feu.

23 Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi,

24 laisse ton offrande, là, devant l’autel, va d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande.

25 Mets-toi vite d’accord avec ton adversaire pendant que tu es en chemin avec lui, pour éviter que ton adversaire ne te livre au juge, le juge au garde, et qu’on ne te jette en prison.

26 Amen, je te le dis : tu n’en sortiras pas avant d’avoir payé jusqu’au dernier sou.

27 Vous avez appris qu’il a été dit : Tu ne commettras pas d’adultère.

28 Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui regarde une femme avec convoitise a déjà commis l’adultère avec elle dans son cœur.

29 Si ton œil droit entraîne ta chute, arrache-le et jette-le loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier jeté dans la géhenne.

30 Et si ta main droite entraîne ta chute, coupe-la et jette-la loin de toi, car mieux vaut pour toi perdre un de tes membres que d’avoir ton corps tout entier qui s’en aille dans la géhenne.

31 Il a été dit également : Si quelqu’un renvoie sa femme, qu’il lui donne un acte de répudiation.

32 Eh bien ! moi, je vous dis : Tout homme qui renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, la pousse à l’adultère ; et si quelqu’un épouse une femme renvoyée, il est adultère.

33 Vous avez encore appris qu’il a été dit aux anciens : Tu ne manqueras pas à tes serments, mais tu t’acquitteras de tes serments envers le Seigneur.

34 Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas jurer du tout, ni par le ciel, car c’est le trône de Dieu,

35 ni par la terre, car elle est son marchepied, ni par Jérusalem, car elle est la Ville du grand Roi.

36 Et ne jure pas non plus sur ta tête, parce que tu ne peux pas rendre un seul de tes cheveux blanc ou noir.

37 Que votre parole soit “oui”, si c’est “oui”, “non”, si c’est “non”. Ce qui est en plus vient du Mauvais.

38 Vous avez appris qu’il a été dit : Œil pour œil, et dent pour dent.

39 Eh bien ! moi, je vous dis de ne pas riposter au méchant ; mais si quelqu’un te gifle sur la joue droite, tends-lui encore l’autre.

40 Et si quelqu’un veut te poursuivre en justice et prendre ta tunique, laisse-lui encore ton manteau.

41 Et si quelqu’un te réquisitionne pour faire mille pas, fais-en deux mille avec lui.

42 À qui te demande, donne ; à qui veut t’emprunter, ne tourne pas le dos !

43 Vous avez appris qu’il a été dit : Tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi.

44 Eh bien ! moi, je vous dis : Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent,

45 afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes.

46 En effet, si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous ? Les publicains eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?

47 Et si vous ne saluez que vos frères, que faites-vous d’extraordinaire ? Les païens eux-mêmes n’en font-ils pas autant ?

48 Vous donc, vous serez parfaits comme votre Père céleste est parfait.

chris-ostome
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Re: Difficulté avec Matthieu

Message non lu par chris-ostome » mer. 08 févr. 2017, 18:26

La Catena Aurea du Docteur Angélique reprend ces commentaires :

Mt 5,17-19
La Glose. Après avoir exhorté ses disciples à se préparer à tout souffrir pour la justice, et à ne pas tenir cachée la doctrine salutaire qu'ils allaient entendre, mais à la recevoir dans l'intention de la communiquer aux autres, il leur fait connaître ce qu'ils devront enseigner. Il suppose qu'ils lui font cette question: Quelle est donc cette doctrine qui ne doit pas rester cachée et pour laquelle vous nous ordonnez de tout nous offrir? Et il leur répond: «Ne pen sez pas que je sois venu détruire la loi ou les prophètes». - S. Chrys. (sur S. Matth). Il s'exprime ainsi pour deux raisons: premièrement, pour engager ses disciples à imiter son exemple, en s'efforçant d'accomplir toute la loi, ainsi qu'il le faisait lui-même; secondement, les Juifs devaient l'accuser plus tard de violer la loi (Mt 12 Mc 2 Lc 6 Lc 13 Jn 5 Jn 7 Jn 9, etc.); il fait donc raison de cette calomnie avant même qu'elle se produise.

Remi. Mais il ne veut pas qu'on s'imagine qu'il n'est venu que pour annoncer la loi, comme les prophètes; il nie donc d'abord qu'il soit venu pour détruire la loi, et il affirme ensuite qu'il est venu pour l'accomplir: «Je ne suis pas venu détruire la loi, mais l'accomplir». - S. Aug. (Serm. sur la mont). Cette maxime présente deux sens, car accomplir une loi c'est ou bien ajouter ce qui lui manque, ou faire ce qu'elle prescrit. - S. Chrys. Jésus-Christ a donc accompli les prophéties en réalisant tout ce qu'elles avaient prédit de lui, et il a également accompli la loi en n'omettant aucune des prescriptions légales et en justifiant les hommes par la foi, ce que la lettre de la loi ne pouvait faire. - S. Aug. (contre Fauste, liv. 19, chap. 7). Enfin, comme il était difficile, même à ceux qui vivent sous l'empire de la grâce, dans cette vie mortelle d'accomplir ce commandement de la loi: «Vous n'aurez pas de désirs coupables» (Ex 20, 17; Dt 5, 21; Rm 7, 8; 13, 9), le Sauveur, devenu notre Pontife par le sacrifice de sa chair, nous obtient miséricorde, et il accomplit encore ici la loi, car notre faiblesse et notre im puissance se trouvent guéries par la vertu de ce divin chef dont nous sommes devenus les membres. Je pense que ces paroles: «Je ne suis pas venu détruire la loi, mais l'accomplir», peuvent s'entendre aussi de ces additions qui expliquent le sens des anciens préceptes ou la manière de les mettre en pratique. C'est ainsi que le Seigneur nous a fait connaître qu'un sim ple mouvement de haine qui nous porte à nuire ànotre frère doit être rangé parmi les péchés d'homicide. Il nous dit encore plus loin qu'il aime mieux que nous restions dans la vérité suis recourir au serment que de nous exposer à tomber dans le parjure en jurant même selon la vé rité. Pourquoi donc, ô Manichéens, rejetez-vous la loi et les prophètes, alors que le Christ af firme qu'il est venu non pour les détruire, mais pour les accomplir? L'hérétique Fauste ré pond: Mais qui atteste que Jésus a tenu ce langage? Matthieu. Et comment donc Matthieu peut-il raconter ce que Jésus a dit sur la montagne, lui qui n'a suivi le Sauveur que lorsqu'il en fut descendu, tandis que Jean, qui était sur la montagne, n'en dit pas un mot? Saint Augustin répond: S'il n'y a pour dire la vérité sur le Christ que celui qui l'a vu ou entendu, personne aujourd'hui n'est en état de le faire. Pourquoi donc saint Matthieu n'aurait-il pu apprendre de la bouche de saint Jean la vérité sur le Christ, alors que nous, qui sommes nés si longtemps après, nous pouvons enseigner sur Jésus-Christ la vérité que nous puisons dans les écrits de saint Jean? C'est ce qui fait que non seulement l'évangile de saint Matthieu, mais encore celui de saint Luc et de saint Marc jouissent d'une égale autorité. D'ailleurs, est-ce que le Seigneur n'a pu raconter à saint Matthieu les faits qui avaient précédé sa vocation? Avouez donc fran chement que vous ne croyez pas à l'Évangile, car en ne croyant dans l'Évangile qu'à ce qui vous convient, c'est plutôt à vous-mêmes qu'à l'Évangile que vous croyez.

Fauste dit encore: Nous pouvons prouver qu'un autre que saint Matthieu (et je ne sais qui) a écrit cette maxime sous le nom de cet apôtre: «Lorsque Jésus passait, il vit un homme assis au comptoir, Matthieu était son nom». Et quel est donc l'écrivain qui, pour parler de lui-même, s'exprime de la sorte: «Il vit un homme», et non pas: «Il me vit ?» - Saint Augustin répond, saint Matthieu parle de lui commue d'une personne étrangère, de même que saint Jean l'a fait dans ce passage: «Pierre, se retournant, vit cet autre disciple que Jésus aimait», ce qui prouve que telle était la manière de s'exprimer des évangélistes dans leurs narrations.

Il y a plus, réplique Fauste, cette défense que Jésus-Christ nous fait de croire qu'il soit venu détruire la loi est bien plutôt de nature à nous faire soupçonner qu'il la détruisait réellement, car, puisqu'il ne violait aucun article de la loi, pourquoi les Juifs l'en auraient-ils soupçonné? C'est là, répond saint Augustin, une bien faible difficulté, car nous ne nions pas qu'aux yeux des Juifs inintelligents, le Christ n'ait passé pour un destructeur de la loi et des prophètes.

Fauste ajoute: D'ailleurs, ni la loi ni les prophètes n'ont besoin de cet accomplissement, puisqu'il est écrit: «Vous observerez les commandements que je vous donne, sans y rien ajouter, ni sans rien ôter».Fauste, répond saint Augustin, ne comprend pas ce que c'est que l'accomplissement de la loi, lorsqu'il l'entend de l'addition de nouveaux préceptes. La pléni tude de la loi c'est la charité (Rm 13, 18) que le Seigneur a répandue sur les fidèles en leur envoyant l'Esprit saint. La loi est donc accomplie lorsqu'on obéit à ses préceptes ou lorsque les événe ments réalisent les prédictions qu'elle a faites.

Fauste continue: Reconnaître que Jésus est l'auteur du Nouveau Testament, qu'est-ce autre chose que déclarer qu'il a détruit l'Ancien? Non, répond saint Augustin, car l'Ancien Testa ment renferme les figures de l'avenir, qui devaient disparaître devant les réalités apportées par Jésus-Christ, et dans ce fait même les prophètes trouvaient leur accomplissement, puisqu'ils annonçaient que Dieu devait donner aux hommes un nouveau Testament.

Fauste poursuit: Si le Christ a prononcé ces paroles, c'est évidemment dans un autre sens ou (ce qu'on ne peut admettre) c'est un mensonge, ou il n'a rien dit de semblable. Or, personne n'osera dire que le Christ a menti; ces paroles ont donc une autre signification, ou elles n'ont jamais été dites. Quant à moi, la foi des Manichéens me met en garde contre l'admission de ce chapitre, car elle m'a tout d'abord appris qu'il ne faut pas regarder comme venant du Sauveur tout ce que les Évangélistes lui attribuent, et qu'il y a beaucoup d'ivraie que le glaneur qui rôde pendant la nuit a répandue dans presque toutes les Écritures pour corrompre le bon grain. Saint Augustin répond: Le Manichéen t'a enseigné une opinion impie et perverse en vertu de la quelle tu acceptes dans l'Évangile tout ce qui favorise ton hérésie, et tu rejettes tout ce qui la condamne.

Pour nous, l'Apôtre nous a enseigné cette divine méthode de regarder comme anathème qui conque annoncerait un Évangile différent de celui que nous avons reçu. Et quant à l'ivraie, le Seigneur lui-même nous a expliqué ce que c'était. Ce ne sont point les erreurs qui seraient mê lées à la vérité des Écritures, comme il vous plaît de le dire, mais ce sont les hommes enfants du démon.

Fauste ajoute: Lorsqu'un Juif viendra vous demander pourquoi vous n'observez pas ce que prescrivent la loi et les prophètes, puisque le Christ n'est pas venu les détruire, mus les accom plir, vous serez forcé ou de devenir l'esclave d'une vaine superstition, ou de reconnaître que ce chapitre n'est pas authentique, ou de nier que vous soyiez le disciple du Christ. -
Les catholi ques, répond saint Augustin, ne son t nullement embarrassés par ce chapitre, comme s'il leur reprochait de ne pas garder la loi et les prophètes, car ils ont dans le coeur l'amour de Dieu et l'amour du prochain, deux préceptes qui résument la loi et les prophètes, et ils savent que tout ce qui, dans l'Ancien Testament, a été prophétisé allégoriquement par les événements, par la célébration des fêtes légales, par les expressions figurées se trouve accompli en Jésus-Christ et en son Église. Donc nous ne devenons pas tributaires d'une vaine superstition, nous ne nions pas la véracité de ce chapitre, et nous ne renonçons pas à être les disciples du Christ. Celui donc qui vient dire: Si le Christ n'avait pas détruit la loi et les prophètes, les anciens rites se seraient perpétués dans les cérémonies chrétiennes, peut ajouter: Si le Christ n'avait pas dé truit la loi et les prophètes, sa naissance, sa passion, sa résurrection seraient encore l'objet des promesses. Au contraire, une preuve qu'il n'a pas détruit, mais accompli la loi et les prophètes, c'est justement qu'il ne nous est plus prédit comme devant naître, souffrir et ressusciter, ce que proclamaient toutes les figures de l'ancienne loi; mais qu'on nous annonce sa naissance, sa mort, sa résurrection comme autant de faits accomplis que nous rappellent à l'envi toutes les solennités chrétiennes. Combien donc est grossière l'erreur de ceux qui pensent que le chan gement des signes et des rites a dû changer la nature des choses signifiées dont le rite prophéti que promettait l'existence, et dont le rite évangélique démontre l'accomplissement.

Fauste ajoute encore: Si le Christ est l'auteur de ces paroles, examinons pourquoi il les a dites. Est-ce pour adoucir la fureur des Juifs qui en le voyant fouler aux pieds ce qu'ils regardaient comme saint ne croyaient pas devoir l'entendre davantage? Ou bien est-ce pour nous engager à nous soumettre au joug de la loi, nous qui devions croire parmi les Gentils? Si ce n'est pas l'une de ces raisons, ce doit être l'autre, et en cela le Christ ne nous a pas induit en erreur. Il y a en effet trois sortes de loi, la première est celle des Hébreux, que saint Paul appelle loi de péché et de mort; la seconde, la loi des Gentils, qu'il appelle naturelle, en disant: «Les na tions font naturellement ce que la loi leur commande»; la troisième, la loi de vérité appelée par saint Paul: «La loi de l'esprit de vie». Il en est de même des prophètes: il y a les prophètes des Juifs, qui sont connus; les prophètes des Gentils, dont saint Paul écrivait: «Un de leurs compatriotes et leur prophète a dit». Enfin les prophètes de la vérité, dont le Christ a dit: «Je vous envoie des sages et des prophètes». Or, s'il avait parlé des observances judaï ques dans le dessein de nous les faire accomplir, nul doute qu'il ne fût ici question de la loi des prophètes des Juifs. Mais il ne rappelle ici que des préceptes plus anciens: «Vous lie tuerez pas, vous ne commettrez pas d'adultère», qui furent autrefois promulgués par Enoch, par Seth et par d'autres justes; il est donc évident qu'il veut parler ici de la loi et des prophètes de la vérité. Paraît-il au contraire vouloir parler des préceptes judaïques; c'est pour les déraciner complètement, comme celui-ci: «OEil pour oeil, dent pour dent». - Saint Augustin répond: On voit clairement quelle est cette loi, quels sont ces prophètes que Jésus-Christ n'est pas venu détruire, mais accomplir: c'est la loi qui a été donnée par Moïse. C'est une erreur de dire, comme Fauste, que le Seigneur est venu accomplir certains préceptes, ceux qui avaient été transmis par les anciens justes avant la loi, comme celui-ci: «Vous ne tuerez pas»; tandis qu'il en a détruit certains autres qui étaient propres à la loi mosaïque (comme celui-là: «oeil pour oeil, dent pour dent»), car nous tenons pour vrai que ces derniers préceptes ont été par faitement conformes au temps où ils furent établis, et que le Christ ne les a pas détruits, mais accomplis, comme nous le prouverons pour chacun d'eux. C'est ce que ne comprenaient pas non plus ces hérétiques appelés Nazaréens, qui, persévérant dans cette croyance perverse, voulaient forcer les Gentils convertis à judaïser.

S. Chrys. (sur S. Matth). Comme tous les événements qui devaient se passer depuis le com mencement jusqu'à la fin du monde, étaient allégoriquement prophétisés dans la loi, Notre-Seigneur pour éloigner cette pensée que Dieu aurait pu ignorer par avance quelques-uns de ces événements, ajoute: «Il ne peut se faire que le ciel et la terre passent avant que tout ce qui a été prédit dans la loi ne soit accompli et réalisé; c'est le sens de ces paroles: «Je vous le dis en vérité; le ciel et la terre ne passeront point que tout ce qui est dans la loi, jusqu'à un seul iota et à un seul point, ne soit accompli parfaitement».

Remi. Le mot amen est un mot hébreu qui signifie en latin, vraiment, exactement, ou ainsi soit-il. Le Seigneur emploie cette expression pour deux raisons, ou à cause de la dureté de coeur de ceux qui étaient lents à croire, ou pour avertir ceux qui croyaient de prêter une atten tion plus profonde à ce qui allait suivre. - S. Hil. (Can. 4). En s'exprimant de la sorte: «Jusqu'à ce que le ciel et la terre pussent»,il déclare que le ciel et la terre, qui sont les princi paux éléments de la création, seront dissous comme nous le croyons nous-mêmes. - Remi. Ils demeureront quant à leur substance, mais ils passeront en ce sens qu'ils seront renouvelés. - S. Aug. (serm. sur la mont). Par ces paroles: «Un seul iota ou un seul point de la loi ne pas sera»le Sauveur exprime avec énergie la perfection qui est renfermée dans chacune des lettres de la sainte Écriture. Parmi ces lettres la plus petite est l'iota, qui s'écrit d'un seul trait. Le point est un petit signe qui surmonte l'iota à son sommet. En s'exprimant ainsi, le Seigneur nous apprend que dans la loi les petites choses doivent être accomplies avec soin.
- Rab. C'est avec un dessein marqué qu'il emploie l'iota grec, et non l'iota des Hébreux, car l'iota exprime le nombre dix et par là même le nombre des préceptes du Décalogue dont l'Évangile est le point extrême et le plus haut degré de perfection.

S. Chrys. (sur S. Matth). Si un homme ami de la vérité ne peut s'empêcher de rougir lors qu'on surprend un mensonge sur ses lèvres, et si l'homme sage ne promet jamais rien qu'il ne l'exécute, comment les paroles divines pourront-elles demeurer sans effet? Et c'est pour cela qu'il conclut en disant: «Quiconque violera un de ces commandements les plus petits de tous et enseignera aux hommes à les violer, sera regardé comme le dernier dans le royaume de Dieu». Le Seigneur nous fait entendre clairement, ce me semble, quels sont ces commandements les moindre de tous, en disant: «Celui qui violera l'un de ces moindres commandements», c'est-à-dire, ceux dont je vais parler. - S. Chrys. (hom. 16). Ce n'est point des lois anciennes qu'il veut parler ici, mais des préceptes qu'il devait lui-même imposer; il les appelle les plus petits quoique de la plus grande importance, par ce même sentiment d'humilité avec lequel il s'est si souvent exprimé sur son propre compte. - S. Chrys. (sur S. Matth). Ou bien autrement, les commandements de Moïse, «Vous ne tuerez pas, vous ne commettrez pas d'adultère», sont d'un accomplissement facile, car l'énormité du crime effraie et arrête la volonté; aussi la récompense qu'ils promet tent est minime, bien que le crime qu'ils défendent soit grand. Les commandements du Christ au contraire: «Vous ne vous mettrez pas en colère, vous ne convoiterez pas», sont difficiles à observer, et par la même raison, la récompense qui les sanctionne est grande, bien que ce qu'ils défendent soit léger. Il s'agit donc ici de ces préceptes du Christ: «Vous ne vous mettrez pas en colère, vous ne convoiterez pas».Ceux qui commettent ces fautes légères seront les der niers dans le royaume de Dieu; c'est-à-dire celui qui se sera mis en colère sans commettre un grand péché, n'aura pas à craindre la peine de la damnation éternelle, mais il ne partagera pas la gloire de ceux qui auront observé ces commandements de moindre importance. - S. Aug. (serm. sur la mont., liv. 1, chap. 15, 16 ou 8). Ou bien, au contraire, ces moindres commande ments sont ceux de la loi ancienne, et ce sont les préceptes que le Christ va promulguer qui sont de la plus haute importance. Ces préceptes moindres que les autres sont indiqués ici par l'iota et par le point, celui-là donc qui les viole et qui enseigne aux autres à les violer de même sera appelé le dernier dans le royaume de Dieu. Et peut-être même n'entrera-t-il pas dans ce royaume des cieux, ou Dieu n'admet que ceux qui sont vraiment grands.

La Glose. Violer la loi, c'est ne pas faire ce qu'ordonne la loi bien comprise, ou ne pas com prendre la fausse interprétation qu'on lui donne, ou détruire dans quelqu'une de ses parties l'ensemble des commandements ajoutés par le Christ.

S. Chrys. (hom. 16). Ou bien dans ces paroles: «Il sera appelé le dernier dans le royaume des cieux, il ne faut voir autre chose que le supplice de la damnation éternelle. En effet, dans le langage ordinaire du Sauveur, le royaume des cieux ne signifie pas seulement la jouissance du bonheur éternel, mais le temps de la résurrection, et l'avènement terrible du Christ. - S. Grég. (hom. 12 sur les Evang). Ou bien par le Royaume des cieux il faut entendre l'Église où tout docteur qui viole un commandement de la loi est regardé comme le dernier, car celui dont la conduite est méprisable, comment peut-il empêcher que son enseignement ne soit méprisé? - S. Hil. (can. 4). Ou bien, par ces moindres choses, le Seigneur fait allusion à sa passion et à sa croix; celui qui par une fausse honte ne les confessera pas hautement, sera le plus petit, c'est-à-dire le dernier, et presque rien. Le Sauveur promet au contraire la gloire magnifique des cieux à celui qui ne rougira pas de les confesser; c'est pour cela qu'il ajoute: «Mais celui qui fera et enseignera sera appelé grand dans le royaume des cieux». - S. Jér. Le Seigneur flétrit ici la conduite des Pharisiens qui, n'ayant que du mépris pour les commandements de Dieu, leur substituaient leurs propres traditions, et il leur apprend que l'enseignement qu'ils donnent au peuple perd tout son prix, s'ils détruisent le plus petit commandement de la loi. Voici encore une autre explication :c'est que la science du maître, ne fût-il esclave que d'une faute légère, le fait descendre de la place élevée qu'il occupait; c'est qu'il ne sert de rien d'enseigner la justice si on la détruit en même temps par la moindre faute; c'est qu'on n'est souverainement heureux qu'en traduisant dans sa conduite le s enseignements que l'on donne aux autres. - S. Aug. Ou bien encore, celui qui violera les plus petits des commandements de la loi, et qui enseignera à les violer, sera appelé le dernier; celui au contraire qui accomplira ces moindres commandements, et qui enseignera à les accomplir, ne devra pas être regardé comme grand, mais il sera toutefois au-dessus de celui qui les viole. Celui-là seul sera vraiment grand qui pratiquera et enseignera ce que le Christ enseigne.

Mt 5,20-22
S. Hil. (can. 4). Dans ce magnifique début le Sauveur s'élève bien au-dessus de la loi an cienne; il déclare aux apôtres que l'entrée du ciel leur est fermée, si leur justice n'est supérieure à celle des Pharisiens; c'est le sens de ces paroles: «Je vous le dis en vérité, à moins q ue votre justice ne soit plus abondante, etc. - S. Chrys. (hom. 16). La justice dont il parle ici est la réunion de toutes les vertus, pour la pratique desquelles il faut ajouter le secours de la grâce: car le Sauveur veut que ses disciples, tout grossiers qu'ils sont encore, se montrent plus vertueux que les docteurs de la loi ancienne. Il ne dit pas que les Scribes et les Pharisiens sont des hommes d'iniquité, puisqu'il parle de leur justice. Remarquez aussi qu'il confirme la vérité de l'Ancien Testament, par la comparaison qu'il en fait avec le Nouveau; ils ne différent que du plus du moins, et sont du même genre. - S. Chrys. (sur S. Matth). Les justices des Scribes et des Pharisiens sont les commandements donnés par Moïse, et les commandements de Jésus-Christ sont le parfait accomplissement des premiers. Voici donc le sens des paroles du Sauveur: «Celui qui indépendamment des com mandements de la loi n'accomplira pas ceux que je donne moi-même, quelque peu importants qu'ils lui paraissent, celui-là n'entrera pas dans le royaume des cieux»; car les commande ments de Moïse délivrent bien de la peine portée contre les transgresseurs de la loi, mais ils ne peuvent introduire dans le royaume des cieux, tandis que mes commandements délivrent du châtiment et tout à la fois donnent entrée dans le royaume des cieux. Mais puisqu'il est certain que violer ces moindres commandements et ne pas les observer est une seule et même chose, pourquoi est-il dit plus haut que celui qui les viole sera appelé le dernier dans le royaume de Dieu, tandis que nous voyons ici que celui qui ne les garde pas n'entrera point dans le royaume des cieux? Je réponds à cela qu'être le dernier dans le royaume, ou n'y pas entrer reviennent au même, et qu'être simplement du royaume, ce n'est pas régner avec le Christ, mais faire seulement partie de son peuple. Il veut donc dire que celui qui viole ces commandements sera du nombre des chrétiens, mais relégué au dernier rang; celui au contraire qui entre dans le royaume devient participant de la royauté du Christ: par conséquent, celui qui n'y entre pas n'a point de part à cette gloire, mais il est cependant de son royaume, en ce sens qu'il est du nombre de ceux sur lesquels règne le Christ, le roi des cieux.

S. Aug. (Cité de Dieu, liv. 20, chap. 9). On peut encore donner cette explication: «Si votre justice n'est plus abondante que celle des Scribes et des Pharisiens qui n'observent pas ce qu'ils enseignent, et dont il est dit ailleurs: «Ils disent et ne font pas»; c'est-à-dire si votre justice n'atteint ce degré de perfection non-seulement de ne pas violer, mais de pratiquer ce que vous enseignez, vous n'entrerez pas dans le royaume des cieux. Il faut donc entendre dans un sens différent le royaume des cieux, là où nous rencontrons ces deux sortes de personnes, celui qui transgresse ce qu'il enseigne, et celui qui le pratique, l'un appelé le plus petit, et l'autre grand; ce royaume c'est l'Église actuelle. Au contraire le royaume des cieux dans le quel n'entre que celui qui observe les commandements c'est l'Église telle qu'elle existera dans le siècle à venir. - S. Aug. (cont. Faust. liv. 9 et 10). Je ne sais si on pourrait trouver nommé une seule fois dans l'Ancien Testament ce royaume de Dieu dont il est si souvent question dans les discours du Seigneur. C'est une des révélations propres au Nouveau Testament, et cette révélation était réservée aux lèvres de ce roi dont l'Ancien Testament figurait l'empire sur ses serviteurs. Cette fin à laquelle doivent se rapporter les commandements dem eurait voilée sous l'ancienne loi, bien que les Saints qui la voyaient révélée dans l'avenir, en faisaient dès lors la règle de toute leur vie. - La Glose. Ou bien encore ces paroles: «Si votre justice n'est plus abondante»,ne se rapportent pas à ce que prescrivait l'ancienne loi, mais à la manière dont les Scribes et les Pharisiens l'interprétaient. - S. Aug. (cont. Faust. liv. 19, chap. 28). Presque tous les préceptes que le Sauveur fait précéder de ces mots: «Mais moi, je vous dis», se trouvent dans les livres de l'Ancien Testament; mais comme les Pharisiens ne comprenaient sous la défense de l'homicide que le seul fait de la mort donnée au prochain, le Seigneur leur découvre que tout mouvement de haine qui tend à nuire à notre frère fait partie du péché d'homicide. C'est pourquoi il ajoute: «Vous avez appris qu'il a été dit aux anciens: Vous ne tuerez pas». S. Chrys. (sur S. Matth). Le Christ voulant montrer qu'il est le même Dieu qui avait promulgué les préceptes de la loi ancienne, et qui donne ceux de la loi de grâce, pose en tête de ses préceptes ceux qui dans l'ancienne loi se trouvaient avant tous les autres, c'est-à-dire les préceptes prohibitifs qui ont pour objet le prochain.

S. Aug. (Cité de Dieu, liv. 20). De ce qu'il est écrit: Vous ne tuerez pas, nous ne concluons pas que c'est un crime d'arracher un arbrisseau, erreur grossière des Manichéens; nous n'appliquons pas non plus ce précepte aux animaux sans raison; car en vertu de l'ordre plein de sagesse établi par le Créateur, leur vie comme leur mort sont soumises à nos besoins. C'est donc de l'homme qu'il faut entendre ces paroles: «Vous ne tuerez pas»; vous ne tue rez pas un autre, vous ne vous tuerez pas vous-même; car celui qui se donne la mort, que fait-il d'autre chose que de donner la mort à un homme? N'allons pas voir non plus une violation de ce précepte dans la conduite de ceux qui ont fait la guerre par l'ordre de Dieu, ou qui dépo sitaires du pouvoir public ont usé de leur autorité pour prononcer contre des scélérats la juste sentence qui les condamnait à mort. Abraham lui-même qui voulut mettre à mort son fils pour obéir à Dieu, non-seulement n'est pas accusé de cruauté; mais l'Écriture fait le plus grand éloge de sa foi et de sa religion. Il ne faut donc pas comprendre dans ce précepte ceux que Dieu commande de mettre à mort, ou par une loi générale, ou dans un cas particulier, par un ordre exprès et transitoire. On ne peut non plus considérer comme homicide celui qui prête son concours à l'exécution d'un ordre légitime, pas plus que celui qui donne son appui au magistrat qui porte le glaive; et on ne peut excuser autrement Samson de s'être enseveli avec ses enne mis sous les ruines de la maison où il se trouvait, qu'en disant qu'il obéit en cela à l'inspiration se crète de l'Esprit qui avait opéré par lui tant de prodiges.

S. Chrys. (hom. 19). Par cette formule: «Il a été dit aux anciens», le Sauveur nous apprend qu'il y avait bien longtemps que ce commandement avait été donné aux Juifs. Il s'exprime ainsi pour entraîner vers des préceptes plus élevés, les esprits lents qui l'écoutaient, comme un maî tre qui voulant stimuler un enfant paresseux par le désir d'une instruction supérieure lui dirait: Vous avez perdu beaucoup de temps à épeler. Or le Seigneur ajoute: «Mais moi je vous dis que quiconque se mettra en colère contre son frère, méritera d'être condamné par le juge ment». Remarquez dans ces paroles la puissance du législateur; aucun des anciens n'avait parlé de la sorte, mais ils s'exprimaient ainsi: «Le Seigneur a dit». Ils parlaient comme des serviteurs qui portent les ordres de leur maître; Jésus-Christ parle comme le fils qui commande au nom de son père et en son propre nom. Ils annonçaient les ordres de Dieu à ceux qui étaient comme eux les serviteurs de Dieu; Jésus-Christ imposait ses lois à ses propres serviteurs. - S. Aug. (Cité de Dieu, liv. 9, chap. 10). Il y a parmi les philosophes deux opinions sur les passions de l'âme. Les Stoïciens ne veulent pas qu'un sage puisse y être accessible; les Péri patéciens admettent que le sage peut les éprouver, mais modérées toutefois et soumises à la raison, comme lorsque le sentiment de la compassion est tellement tempéré qu'il sauvegarde les droits de la justice. (Et au commencement du chap. 5). D'après les principes de la doctrine chrétienne, il est moins question de savoir si une âme pieuse peut se livrer au sentiment de la colère ou de la tristesse, que de connaître la source de ces impressions. - S. Chrys. (sur S. Matth). Celui qui se met en colère sans raison est coupable; si sa colère est motivée, il cesse de l'être, car sans cette irritation légitime, la doctrine ne fait aucun progrès; la justice n'a point de stabilité; les crimes ne sont point réprimés. Celui donc qui ne se met pas en colère lorsqu'il le doit, commet une faute, car la patience qui est déraisonnable devient la source de tous les vices, nourrit la négligence, et porte directement au mal, non-seulement les mauvais, mais les bons eux-mêmes.

S. Jér. Dans quelques exemplaires, on lit ces mots: sans cause, mais dans les plus exacts, la pensée est claire, et la colère est tout à fait défendue, car s'il nous est ordonné de prier pour nos persécuteurs, quelle occasion nous reste-t-il de nous mettre en colère? Il faut donc supprimer cette addition: «Sans cause», car «la colère de l'homme n'opère pas la justice de Dieu». - S. Chrys. (sur S. Matth). Cependant la colère qui a une cause légitime n'est pas colère, mais jugement, car la colère proprement dite est une émotion produite par la pas sion. Or, lorsque la colère a une cause raisonnable, elle n'est plus le fruit de la passion, et alors ce n'est plus de la colère, mais du jugement. - S. Aug. (liv. 1 des Rétract., chap. 19). Nous disons encore qu'il faut considérer attentivement ce que c'est que la colère contre son frère, car ce n'est pas se mettre en colère contre son frère que de s'irriter du mal qu'il a commis. Celui-là donc se met en colère sans raison, qui s'emporte contre son frère et non contre le péché dont il s'est rendu coupable. - S. Aug. (Cité de Dieu, liv. 14, chap. 5). Aucun homme raisonnable ne blâmera qu'on se mette en colère contre son frère pour le ramener au bien. Ces mouvements qui sont produits par l'amour de la vertu et par la sainte charité ne doivent pas être considérés comme des vices, puisqu'ils sont conformes à la droite raison. - S. Chrys. (sur S. Matth). D'ailleurs je pense que Notre-Seigneur Jésus-Christ ne parle pas ici de l'irritation qui vient du sang, mais de la colère qui a sa source dans l'âme, car on ne peut commander au sang de ne pas se troubler. Lorsque donc un homme irrité ne cède pas aux inspirations de la colère, ce n'est pas l'âme, c'est l'homme extérieur et sensible qui est irrité. - S. Aug. Dans cette pre mière partie, il n'est question que d'une seule chose, de la colère; dans la seconde, le Sauveur condamne à la fois la colère et les paroles qui en sont l'expression: «Celui», continue-t-il, «qui dira à son frère: Raca, méritera d'être condamné par le conseil».Il en est qui veulent tirer du grec l'étymologie de ce mot raca, et comme racos (ñáêïò) en grec signifie haillons, ils en concluent que ce mot veut dire: couvert de haillons. Mais il est plus probable que ce mot n'a aucune signification de terminée, et qu'il exprime simplement le mouvement d'une âme pleine d'indignation. Les grammairi ens appellent ces sortes de mots interjections, comme lors qu'un homme dans la douleur s'écrie: hélas ! - S. Chrys. (homél. 16). Ou bien raca est un terme de mépris et de dédain; cette locution correspond à celle dont nous nous servons en parlant à nos serviteurs ou à des personnes plus jeunes que nous: «Va-t'en toi, va le lui dire, toi».C'est ainsi que le Seigneur veut déraciner jusqu'aux moindres effets de la colère, et qu'il nous ordonne d'avoir les uns pour les autres les plus grands égards. - S. Jér. Ou bien raca est un mot hébreu qui signifie sans valeur, esprit vide et qui équivaut à cette expression inju rieuse : sans cervelle que nous n'oserions employer. C'est avec intention qu'il ajoute: «Celui qui dira à son frère». Car nul ne peut être notre frère sans avoir le même père que nous. - S. Chrys. (sur S. Matth). C'est une indignité de dire à un homme qu'il n'a rien en lui, alors que son âme est le temple de l'Esprit saint. - S. Aug.La troisième partie de ce précepte comprend trois choses, la colère, les paroles qui la manifestent, l'outrage qu'elles expriment: «Celui qui dira à son frère vous êtes un fou, sera passible du feu de l'enfer». - S. Aug. (serm. sur la mont). Il y a donc divers degrés dans ces péchés que la colère nous fait commettre: le premier est de se mettre en colère, tout en comprimant le mouvement de la colère dans son coeur; si l'agitation intérieure se trahit par une parole qui ne signifie rien, mais dont l'éclat seul atteste l'irritation de l'âme, il y a un degré de plus que dans la colère dont le mouvement est réprimé par le silence. Mais on est bien plus coupable encore si l'on s'emporte à des paroles évidem ment outrageantes. - S. Chrys. (sur S. Matth). De même qu'on ne peut appeler esprit vide celui qui possède l'Esprit saint, on ne peut appeler insensé celui qui connaît Jésus-Christ. Mais si le mot raca a le même sens que vide, c'est donc une même chose de dire, insensé et raca. Oui, mais ces deux mots diffèrent dans l'intention de celui qui les profère: le mot raca chez les Juifs était une expression en usage qu'ils employaient non pas sous l'impression de la colère ou de la haine, mais par un vain mouvement de présomption plutôt que par un sentiment de co lère. Mais si la colère n'y a aucune part, pourquoi est-ce un péché? Parce que c'est une ex pression qui favorise la dispute plutôt que l'édification, car si nous ne devons pas prononcer même une bonne parole, à moins qu'elle ne soit utile, combien plus devons-nous nous interdire ce qui est tout à fait mal en soi ?

S. Aug. (serm. sur la mont). Voici donc trois degrés de culpabilité qui nous rendent passibles du jugement, du conseil, du feu de l'enfer, et par lesquels le Sauveur nous fait monter de ce qui est léger à ce qui est plus grave. Dans le jugement, en effet, on peut encore se défendre; mais au conseil, il appartient de prononcer la sentence définitive, après que les juges ont conféré entre eux sur le châtiment qu'ils doivent infliger au coupable; dans la géhenne du feu, la condamnation est certaine aussi bien que le châtiment de celui qui est condamné. On voit donc la différence qui existe entre la justice des pharisiens et celle de Jésus-Christ: d'un côté l'homicide seul rend passible du jugement, de l'autre il suffit d'un simple mouvement de co lère qui est le plus faible des trois degrés dont nous avons parlé. -
Rab. Par le mot de géhenne, le Sauveur veut exprimer ici les tourments de l'enfer. On croit que ce nom vient d'une vallée consacrée aux idoles, près de Jérusalem, qui était remplie de cadavres, et que Josias livra à la profanation, comme nous le lisons au livre des Rois (2R 23,10). - S. Chrys. (hom. 10). C'est pour la première fois que le Sauveur prononce le mot d'enfer, et il ne le fait qu'après avoir parlé de son royaume, pour nous apprendre que l'un est un don de son amour, tandis que l'autre n'est que la punition de notre négligence et de notre lâcheté. Il en est beaucoup qui regardent comme trop sévère cette peine infligée pour une seule parole; aussi quelques-uns voudraient-ils ne voir ici qu'une hyperbole. Mais je crains qu'en nous abusant ici-bas sur le sens des paro les, nous ne nous réservions en réalité le dernier supplice dans l'autre vie. Ne regardez donc pas ce châtiment comme excessif, car les paroles sont pour la plupart des hommes le principe de leurs crimes et de leurs châtiments. Que de fois, en effet, des paroles légères ont conduit à l'homicide ou à la destruction de villes entières ! Et d'ailleurs estimez-vous donc une faute légère que de traiter son frère de fou, et de le dépouiller ainsi de la prudence, de l'intelligence, qui nous font ce que nous sommes, et nous distinguent des animaux sans raison. - S. Chrys. (sur S. Matth). Ou bien il sera passible du conseil, c'est-à-dire qu'il fera partie de ce conseil qui s'est déclaré contre le Christ, interprétation qui est celle des Apôtres dans leurs canons. S. Hil. (Can. 4). Ou bien celui qui traite d'esprit vide son frère qui est rempli de l'Esprit saint, méritera d'être traduit devant le conseil des saints, qui, devenus ses juges, lui feront expier par une sentence sévère l'outrage qu'il a fait à l'Esprit saint. - S. Aug. (serm. sur la mont). On me demandera peut-être quel supplice plus grave est réservé à l'homicide, si le simple outrage est puni par le feu de l'enfer; je répondrai qu'il faut admettre divers degrés dans les supplices de l'enfer. - S. Chrys. (sur S. Matth). Ou bien le jugement et le conseil sont des peines de la vie présente, et l'enfer le châtiment de la vie future. Jésus donne le jugement pour châtiment à la colère, pour montrer que s'il n'est pas possible à l'homme d'être tout à fait sans passions, il est en son pouvoir de leur mettre un frein; et la raison pour laquelle il n'assigne pas à la colère de châtiment déterminé, c'est qu'il ne veut point paraître l'interdire entièrement. Il met ici le conseil par allusion au grand conseil des Juifs, pour ne point passer toujours pour un novateur.

S. Aug. (serm. sur la mont). Dans ces trois sentences, il faut faire attention aux mots qui sont sous-entendus. La première est complète et ne laisse rien à désirer: «Celui qui se met en co lère» (sans cause selon quelques-uns); dans la seconde: «Celui qui dit à son frère: raca». il faut sous-entendre sans cause; et dans la troisième: «Celui qui dira: Vous êtes un insensé», il faut sous-entendre: «à son frère et sans cause ?» C'est ainsi qu'on justifie l'Apôtre d'avoir ap pelé insensés (Ga 3, 3) les Galates qu'il nomme ses frères, parce qu'il ne l'a pas fait sans raison.

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Re: Difficulté avec Matthieu

Message non lu par Cinci » mer. 08 févr. 2017, 20:09

Mais quelle merveille ce commentaire de la chaîne dorée! On ne peut pas faire plus pertinent comme réponse au problème de Matthieu 5 à l'égard des changements que la Nouvelle Alliance entraîne. Vraiment, Vous m'en voyez ébahi.

:adoration: :adoration:

Merci, Chrisome.




Aldous,
Il faut mettre ce passage en perspective d'avec ce que dit Matthieu par la suite dans le même texte: que se mettre en colère "c'est déjà être justiciable", que "regarder une femme avec convoitise c'est déjà commettre l'adultère" etc etc...
Vous avez raison.

Mais néanmoins, Jésus se trouvait à "briser" avec la loi de Moïse. Jésus s'amène avec un commandement qui annule la directive de Moïse. Il est impossible de faire croire qu'il ne se trouve pas une certaine rupture. C'est la difficulté qui va se poser infailliblement pour beaucoup. Comment justifier le fait que Matthieu semble bel et bien affirmer que celui qui annule le commandement même le plus insignifiant sera tenu pour le plus petit dans le Royaume des cieux.

Si je me fie maintenant au commentaire d'Augustin, celui du texte de Chrisome, il faudrait comprendre (J'essaie de résumer) que la loi dont il serait question correspondrait plutôt à une autre réalité que la seule loi de Moïse à strictement parler. Cette réalité "autre" et plus englobante qui dépasse la loi de Moïse, accomplit pourtant bien cette dernière, ne viole aucun de ses objectifs, et même si pour cela l'expression cultuelle s'en trouvera modifiée pour nous d'une façon ou d'une autre.

Le changement est nécessaire parce que ce qui était annoncé est accompli d'une part. Mais c'est un changement qui sublime, qui ne détruit pas et parce que cette évolution n'aurait été que la manifestation de la croissance normale et prévue du plant d'origine (c'est le même plant, la même vigne, le même arbre, etc.) Le nouveau est comme la fructification de l'ancien. On ne dirait pas que l'éclosion de la fleur au bout de la tige serait une trahison de la tige, une aliénation de la tige, une destruction au sens d'une suppression dommageable et fort malheureuse de la branche ou de l'écorce du tronc, etc. Non, parce que la raison d'être de la tige ou de la branche ou du tronc n'est qu'en arriver à la fleur ou au fruit au bout.

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Re: Difficulté avec Matthieu

Message non lu par Cinci » mer. 08 févr. 2017, 21:06

Axou,
Ensuite, pour celui qui est habité ainsi par la Lumière du Christ et le bonheur en Dieu, la loi n'est pas abolie mais dépassée ! La Loi sert juste à se donner bonne conscience mais elle ne suffit plus du tout à permettre de rayonner le Souffle des Béatitudes.
C'est vrai.

:)

Puis la loi de Moïse ne sauve personne, ni aucune autre sorte de réglementation (même chrétienne) d'ailleurs. Il prend bien la manifestation de l'amour de Dieu "qui sauve" pour donner du sens à à loi en rétrospective. Cette loi ne vaut pas par elle-même, elle n'est pas une fin en soi. Mais ce qui compte c'est bien la qualité du relationnel avec Dieu; d'où l'Importance capitale d'être lié un maximum avec Jésus. On peut dire cela sans arrière-pensée cléricale.

Maintenant, l' autre question que je me pose suite aux différents commentaires : qui donc serait cet homme le plus petit dans le Royaume des cieux et au motif qu'il aurait dû enseigner à violer un commandement quelconque?

On vient de voir qu'il ne peut pas s'agir d'un article quelconque de la loi de Moïse ou des pharisiens. On n'imagine pas qu'un homme sera le plus petit dans le Royaume parce qu'il eût enseigné à laisser tomber le port des tephilims traditionnels en bordure de manche. Qu'est-ce que Matthieu veut dire?

Était-ce une allusion "voilée" au fait que les pharisiens par exemple (ou les prêtres d'Hérode, sadducéens, etc.) auraient mis tellement l'emphase sur l'aspect "Culte à rendre à Dieu et Lui seul" mais alors tellement, au point de n'en plus se soucier du tout de commandements touchant le prochain, les pauvres, les étrangers? Ou bien si c'est autre chose?

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Re: Difficulté avec Matthieu

Message non lu par Aldous » mer. 08 févr. 2017, 22:01

Cinci a écrit :
mer. 08 févr. 2017, 20:09
Aldous,
Il faut mettre ce passage en perspective d'avec ce que dit Matthieu par la suite dans le même texte: que se mettre en colère "c'est déjà être justiciable", que "regarder une femme avec convoitise c'est déjà commettre l'adultère" etc etc...
Vous avez raison.

Mais néanmoins, Jésus se trouvait à "briser" avec la loi de Moïse. Jésus s'amène avec un commandement qui annule la directive de Moïse. Il est impossible de faire croire qu'il ne se trouve pas une certaine rupture. C'est la difficulté qui va se poser infailliblement pour beaucoup. Comment justifier le fait que Matthieu semble bel et bien affirmer que celui qui annule le commandement même le plus insignifiant sera tenu pour le plus petit dans le Royaume des cieux.
Jésus ne brise pas la loi, il l'éclaire avec le cœur, ce qu'avaient perdu des juifs un peu trop formalistes alors que pourtant ce formalisme est écarté dès l'origine (c'est le premier commandement: aimer Dieu). Jésus n'annule pas la directive de Moise, il l'a remet à sa place d'origine que des juifs sourcilleux de la lettre avaient perdue. C'est bien aussi pourquoi Jésus dit qu'il n'y a rien à retirer de cette loi. La rupture n'est pas avec la loi mais avec une dérive de certains juifs...
Matthieu ne dit pas celui qui annule le commandement même le plus insignifiant mais celui qui le rejette... mais soit, où est le problème? c'est bien normal que rejeter le commandement même le plus insignifiant soit préjudiciable, aucun commandement n'est à rejeter... Tous sont vrais bons et valables
"Tout le malheur des hommes vient d'une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer en repos, dans une chambre." Blaise Pascal

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Re: Difficulté avec Matthieu

Message non lu par blue eyes » jeu. 09 févr. 2017, 1:35

18 Amen, je vous le dis : Avant que le ciel et la terre disparaissent, pas un seul iota, pas un seul trait ne disparaîtra de la Loi jusqu’à ce que tout se réalise. 19 Donc, celui qui rejettera un seul de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire ainsi, sera déclaré le plus petit dans le royaume des Cieux. Mais celui qui les observera et les enseignera, celui-là sera déclaré grand dans le royaume des Cieux.
20 Je vous le dis en effet : Si votre justice ne surpasse pas celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez pas dans le royaume des Cieux
.

Dans Luc 7, il est déclaré que, le plus petit dans le royaume, est plus grand que Jean...
Chercher à comprendre!

24Quand les envoyés de Jean furent partis, Jésus se mit à parler de lui aux foules : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? Un roseau agité par le vent ?
25Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un homme vêtu d’habits élégants ? Mais ceux qui sont vêtus d’habits somptueux et qui vivent dans le luxe se trouvent dans les palais des rois.
26Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Un prophète ? Oui, je vous le déclare, et plus qu’un prophète.
27C’est celui dont il est écrit : Voici, j’envoie mon messager en avant de toi ; il préparera ton chemin devant toi.
28Je vous le déclare, parmi ceux qui sont nés d’une femme, aucun n’est plus grand que Jean ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui
.(Luc 7)
«La vérité vous rendra libre».

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Re: Difficulté avec Matthieu

Message non lu par Cinci » jeu. 09 févr. 2017, 4:05

Aldous,
La rupture n'est pas avec la loi mais avec une dérive de certains juifs...
Il serait correct de s'exprimer de cette manière. Je le reconnais, Aldous. Pour nous. Oui, en fonction de ce que Jésus aura lui-même fait remarquer ("C'est à cause de votre dureté de coeur ... mais dans le principe, au commencement ...")

Seulement, du point de vue des Juifs qui ne se sentent pas esclaves des propos de Jésus à l'origine : le rabbi de Nazareth vient casser une règle qui est admise depuis longtemps dans la Torah. Il faut avouer qu'il ne s'agit pas "juste" de certains marginaux. C'est une règle que Moïse a édictée, qui se trouve ratifiée dans les cinq livre de la loi. On se souvient de la réaction des disciples eux-mêmes entendant Jésus s'exprimer sur la question. Il y en a un qui a avalé son dentier, Pierre a échappé sa pipe au fond de sa barque.


Matthieu ne dit pas celui qui annule le commandement même le plus insignifiant mais celui qui le rejette... mais soit, où est le problème? c'est bien normal que rejeter le commandement même le plus insignifiant soit préjudiciable, aucun commandement n'est à rejeter... Tous sont vrais bons et valables
Le problème en est un d'interprétation.

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Re: Difficulté avec Matthieu, ch. V

Message non lu par Cinci » ven. 10 févr. 2017, 3:25

Mea culpa!

Un mot d'importance du texte fourni par Chrisome m'avait échappé et qui nous donnerait la clé à propos de l'identité de ce plus petit dans le royaume des cieux.

Regardez :

S. Chrys. (sur S. Matth). Si un homme ami de la vérité ne peut s'empêcher de rougir lors qu'on surprend un mensonge sur ses lèvres, et si l'homme sage ne promet jamais rien qu'il ne l'exécute, comment les paroles divines pourront-elles demeurer sans effet? Et c'est pour cela qu'il conclut en disant: «Quiconque violera un de ces commandements les plus petits de tous et enseignera aux hommes à les violer, sera regardé comme le dernier dans le royaume de Dieu». Le Seigneur nous fait entendre clairement, ce me semble, quels sont ces commandements les moindre de tous, en disant: «Celui qui violera l'un de ces moindres commandements», c'est-à-dire, ceux dont je vais parler. - S. Chrys. (hom. 16). Ce n'est point des lois anciennes qu'il veut parler ici, mais des préceptes qu'il devait lui-même imposer; il les appelle les plus petits quoique de la plus grande importance, par ce même sentiment d'humilité avec lequel il s'est si souvent exprimé sur son propre compte. - S. Chrys. (sur S. Matth). Ou bien autrement, les commandements de Moïse, «Vous ne tuerez pas, vous ne commettrez pas d'adultère», sont d'un accomplissement facile, car l'énormité du crime effraie et arrête la volonté; aussi la récompense qu'ils promettent est minime, bien que le crime qu'ils défendent soit grand.

Les commandements du Christ au contraire: «Vous ne vous mettrez pas en colère, vous ne convoiterez pas», sont difficiles à observer, et par la même raison, la récompense qui les sanctionne est grande, bien que ce qu'ils défendent soit léger. Il s'agit donc ici de ces préceptes du Christ: «Vous ne vous mettrez pas en colère, vous ne convoiterez pas».Ceux qui commettent ces fautes légères seront les derniers dans le royaume de Dieu; c'est-à-dire celui qui se sera mis en colère sans commettre un grand péché, n'aura pas à craindre la peine de la damnation éternelle, mais il ne partagera pas la gloire de ceux qui auront observé ces commandements de moindre importance.


Alléluiah!

Il s'agirait bien de la sanctification chrétienne ... "Si tu veux être parfait"

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Re: Difficulté avec Matthieu, ch. V

Message non lu par Cinci » ven. 10 févr. 2017, 5:27

Salut blue eyes!
Dans Luc 7, il est déclaré que, le plus petit dans le royaume, est plus grand que Jean...
Chercher à comprendre!
Je suppose que ce petit dans le royaume serait un membre du Corps du Christ et né de l'Esprit. Il sera "petit" seulement par rapport à d'autres habitants du royaume.

Regardons la chose :.

Le membre du Corps du Christ le plus humble et né de l'Esprit est plus grand que Jean le baptiste? Oui, si l'on oppose la qualité du premier à la condition initiale et native des hébreux, comme l'était la condition du Jean le baptiste de l'an 30. Néanmoins, Jean était alors parmi les hébreux celui qui était le plus près du royaume. La clé de validation de ce que je veux illustrer ici c'est la mention parmi ceux des hommes nés d'une femme : un synonyme pour parler de la vieille nature adamique.

Jésus évoque la qualité première d'être un "terreux" par opposition à celle d'être un "céleste".

28 Je vous le déclare, parmi ceux qui sont nés d’une femme, aucun n’est plus grand que Jean ; et cependant le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui.(Luc 7)

[...]

En fait, Jésus ne porte pas un jugement de valeur mesquin sur Jean le Baptiste. Jean (très respecté au contraire) sert plutôt de niveau à partir duquel faire ressortir la gloire très grande des hommes, une fois rachetés et devenus membres du royaume (concitoyens des saints du ciel, etc.) Jésus n'est pas en train de nous parler de la position futur fort modeste (et pourquoi donc?) que Jean devrait occuper dans le royaume. Non, il voulait juste faire ressortir la splendeur du royaume en soi. Le second Adam est fort supérieur au premier.

Cinci
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Re: Difficulté avec Matthieu, ch. V

Message non lu par Cinci » sam. 11 févr. 2017, 16:43

Salut Aldous,
... mais soit, où est le problème? c'est bien normal que rejeter le commandement même le plus insignifiant soit préjudiciable, aucun commandement n'est à rejeter... Tous sont vrais bons et valables
Pour moi, je faisais une confusion avec la loi de Moïse (les articles les plus curieux du Lévitique à la limite). L'expression "pas un iota de la Loi " employée chez Matthieu m'enlignait sur une fausse piste. Je me retrouvais encore dans la confusion, par la suite, du fait que Jésus "brisait" justement avec la haie légaliste des pharisiens - mais bien pire encore! - parfois même carrément avec une directive divine pourtant bien inscrite dans le texte de loi biblique.

Jésus congédie l'article de la loi de Moïse sur le divorce, remet de son propre chef les péchés sans même passer par le rituel légal prévu et ses sacrifices pour le péché, n'hésite pas à toucher des impurs (femme malade, femme qui a des pertes, lépreux), etc.

Je trouvais comme une inconséquence apparente entre le comportement "laxiste" de Jésus d'un côté, et, de l'autre, un Matthieu qui paraît s'exprimer tout à coup comme un vrai pharisien très attaché (pas un iota) à la conservation des règles sur la nourriture, la sauvegarde du sabbat juif, la longueur des robes que le grand prêtre doit porter, la façon de cultiver le champ sans mêler certaines plantes à d'autres, etc. Je réalise maintenant que Matthieu se sera référé plutôt à la torah de Jésus lui-même. Et là ce n'est plus du tout la même chose!

Faut voir :

Ainsi, "pas un iota de ce que dit Jésus ne passera", faudrait-il comprendre. Ou celui qui enseigne à rejeter le commandement de Jésus le plus petit sera tenu également pour plus petit dans le royaume cf "Il vous a été dit, moi je dis"; "On vous a dit, je vous dis " ... si je vous dis que celui qui se met en colère est passible du tribunal, celui qui ne tiendra pas compte de mon commandement sera plus petit dans le royaume ... si je dis d'écouter Pierre et que Judas (Joseph, Tartempion, Anaxagore, Platon) ne l'écoute pas, alors Judas sera plus petit ... quand je dis de faire ceci ...

Le passage du chapitre 5 peut être trompeur (il m'aura bluffé en tout cas) parce que le texte ne nous donne pas la petite précision assez essentielle et au sujet du genre de loi auquelle Matthieu se réfère. C'est spontanément la loi de Moïse qui nous vient en tête avec cette histoire de iota et juste après nous avoir évoqué le fait que Jésus ne détruit pas la loi et les prophètes (une expression qui pour les Juifs se réfère bel et bien à la loi de Moïse au sens le plus stricte).

Je ne sais pas si vous voyez mieux ce que je veux dire?

Mac
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Re: Difficulté avec Matthieu, ch. V

Message non lu par Mac » sam. 11 févr. 2017, 17:51

Bonjour Cinci :)
Cinci a écrit :
sam. 11 févr. 2017, 16:43
Jésus congédie l'article de la loi de Moïse sur le divorce, remet de son propre chef les péchés sans même passer par le rituel légal prévu et ses sacrifices pour le péché, n'hésite pas à toucher des impurs (femme malade, femme qui a des pertes, lépreux), etc.
En fait jésus ne remet pas en cause le divorce. Le divorce est permit en cas d'union illégitime cf évangile ou plus simplement en cas d'adultère. Ainsi saint joseph voulait répudier la sainte vierge car il pensait qu'elle avait commis l'adultère. Cela aurait été légal aux regards de Dieu et du bon sens le plus basic. Mais Dieu en songe avertit Saint joseph que Marie n'est pas dans un cas illégal.

fraternellement. :coeur:

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