La bête qui monte de la mer

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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La bête qui monte de la mer

Message non lu par Cinci » lun. 15 févr. 2016, 0:48

En examinant le livre IV d'Esdras (apocryphe juif), voici ce que l'on trouve :
  • «Seul tu as été digne [Esdras] de connaître les secrets du Très-Haut! Écris donc dans un livre les merveilles que tu as contemplées et le secret qu'on t'a découvert. Place-le dans un lieu caché! Ce que tu confieras au sages du peuple et aux hommes craignant Dieu dont tu sais le coeur capable, intelligents qui pourront garder le secret du Très-Haut! Pour toi, reste ici sept jours encore, et le Très-Haut te montreras en un autre songe celui[le roi] qu'il a gardé tant de temps.

    [...]

    je suis venu ici pour prier sur la ruine de Sion et demander un terme à la désolation de notre sanctuaire.

    [...]

    Je restai sept jours, comme il me l'avait ordonné, dans le champ d'Araab; je mangeai seulement des câpres du champ, leur
    nourriture me nourrit à satiété. Au bout des sept jours, j'étais couché, et dans la nuit je vis un songe. Tout à coup il se leva
    de la mer un vent impétueux, qui agitait tous ses flots, Je vis que ce vent faisait sortir du sein de la mer une similitude
    d'homme, puis que cet homme se mouvait sur les nuées du ciel. Où qu'il tournât son visage, tout tremblait à sa vue; où qu'il émît
    la voix tout fondait à sa parole comme cire fond au feu. Puis, je vis une foule innombrable de gens qui se rassemblaient des
    extrémités de la terre pour combattre l'homme sorti du sein de la mer.

    Puis je vis taillée une pierre qui devint grande montagne sur laquelle il se dressa; je cherchai à découvrir par quelle main avait
    été taillée cette pierre devenue montagne mais je ne le pus pas.

    Puis je vis tous ceux qui s'étaient assemblés pour mener combat saisis d'une grande crainte, et néanmoins s'efforçant à l'attaque.
    Dans la hâte à mener combat de cette foule massée, il ne leva point la main, ne brandit point glaive ou arme de guerre, mais il
    frappa de sa voix : et voici que sortait de sa bouche des flots de feu, de ses lèvres un souffle de flamme, tourbillon
    d'étincelles,

    Cette trombe s'abattit sur la foule qui se hâtait à mener combat; elle les consumma tous, si bien que d'eux il ne resta rien, sauf
    poussière de cendre et âcreté de fumée. Puis je vis une merveille qui fut douce à mon coeur. Voici qu'alors cet homme, descendant
    de la montagne, appelait à lui une autre foule, celle-là d'Intention pacifique. Et il s'approcha pour le voir une foule de gens,
    les uns affranchis, les autres libres, les uns enchaînés et les autres amenant les enchaînés en offrande. Sur quoi, je m'éveillai
    de mon somme, et j'invoquai le Très-Haut en disant : [...] maintenant une fois de plus, fais moi connaître l'interprétation de ce
    songe! Pour autant, à la vérité, que je pense en mon coeur, malheur à ceux qui seront de reste en ces jours-là! malheur plus
    encore à ceux qui ne seront pas de reste. Malheur à ceux qui resteront car ils verront de grandes épreuves, ils connaîtront de
    grandes tribulations, comme l'indique ce songe! A tout prendre néanmoins, plus favorisés encore, ceux qui, parmi les dangers,
    parviennent à ces jours, que ceux qui trépassent sans avoir vu ce qui surviendra à la fin des temps!

    Alors survint l'ange qui m'était venu dès le principe, et il me dit : «C'est bien comme tu l'affirmes!» Plus favorisés ceux qui
    seront, et moins ceux qui ne seront pas de reste à la fin des temps. Ceux qui parmi les dangers, parviennent à ces jours garderont
    leur trésor dans le danger indestructible, à savoir les oeuvres qu'ils possèdent auprès du Très-Haut et leur foi dans l'Unique.

    Telle est l'interprétation du songe que tu as eu. L'homme qui montait du sein de la mer, c'est le Roi que le Très-Haut a gardé
    pour ces temps-là, afin que par sa main il délivre et dirige ceux qui restent. Et si tu as vu que de sa bouche il sortait feu,
    flamme et tourbillon; que, sans brandir glaive ou arme de guerre, il anéantissait la foule qui se hâtait à mener combat, telle en
    est l'interprétation.

    Voici que des jours viennent. Quand le Très-Haut sera pour délivrer ceux qui restent sur la terre, ce sera stupeur et agitation
    chez ceux qui l'habitent. Ils songeront à lutter les uns contre les autres, ville contre ville, province contre province, peuple
    contre peuple, royaume contre royaume, prince contre prince, prêtre contre prêtre, gouverneur contre gouverneur, lévite contre
    lévite.

    Voici que les jours viennent. Quand seront venus les signes que j'ai précédemment indiqués, il sera manifesté, mon Serviteur, soit
    l'homme que tu as vu monter du sein de la mer. [...] Et il se dressera au sommet du mont Sion! A la fin des jours, Sion, la pierre
    taillée, sera établie par-dessus toute hauteur; c'est ainsi, comme tu l'as vu que devenu grande montagne la pierre taillée sans
    oeuvre de mains. Mais lui, mon Serviteur, accusera les peuples en intelligence d'impiété et cela ressemble au tourbillon, Scrutant
    leurs mauvaises actions, il les jettera dans les tourments qui doivent les tourmenter, et cela ressemble à la flamme.»

    Source : Mgr L Gry, IV, Esdras. Les dires prophétiques d'Esdras, Paris, Librairie orientaliste Paul Geuthner, 1938 [chapitre IX à
    XIII pour l'extrait ci-dessus]
La «bête qui monte de la mer» représenterait pour Jean, le disciple de Jésus, l'espérance messianique juive pervertie et qui serait une attente terrestre et matérielle d'un messie semblable à Salomon. Ce serait le vieux rêve de voir le monde accourir à Jérusalem pour baiser les pieds d'une sorte de pouvoir politique juif, C'est le messianisme juif de Judas le Galiléen, des zélotes; plus tard de Simon Bar Kocheba, etc. Ce sont des faux messies. Et Jésus qui est le véritable messie d'Israël mettait en garde le peuple à l'égard des faux messies. La bête dont parle Jean dans l'Apocalypse serait ce messianisme dévoyé. C'est Satan qui est derrière l'agitation des faux messies. Le peuple juif dans la personne de ses chefs a rejeté Jésus, parce qu'il avait la tête farcie de ces représentations d'un faux messianisme. La destruction de la Judée et du Temple est survenue très précisément (au plan historique) à cause de cette croyance fausse en un faux messie; à cause de la fièvre nationaliste qui carburait à l'énergie messianique corrompue.

Le livre apocryphe d'Esdras est contemporain de Jean, le rédacteur de l'Apocalypse. Le livre d'Esdras fait allusion à un messie conquérant, imbattable, victorieux. Il s'agit d'une idole en réalité. Et c'est ce que Jean appelle la «bête».

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Re: La bête qui monte de la mer

Message non lu par Cinci » lun. 15 févr. 2016, 16:10

Personnellement, je suis très «enthousiasmé» par la connaissance de ce document, un témoin de l'apocalyptique juive, qui est exact contemporain de notre Apocalypse de Jean.

Il me semble que cette «pièce à conviction» éclaire pas mal de choses. D'abord, je trouverais que IV Esdras permet de comprendre ce qui se cachait derrière le trouble, le souci ou les inquiétudes de plusieurs chrétiens des communautés pauliniennes, en pensant ici à cette histoire de «crainte à l'égard des frères défunts»; une affaire pour laquelle il aura fallu que Paul prenne la plume pour les rassurer.

On comprend facilement qu'une poignée de chrétiens encore fortement imbriquée dans l'aire culturelle juive ait pu subir aussi la pression assez considérable d'un grand nombre de messianistes juifs, agitant alors des pensées, similaires à celle qu'exprime le texte plus haut
  • « ,,, malheur à ceux qui seront de reste en ces jours-là! malheur plus encore à ceux qui ne seront pas de reste. Malheur à ceux qui resteront car ils verront de grandes épreuves, ils connaîtront de grandes tribulations, comme l'indique ce songe! A tout prendre néanmoins, plus favorisés encore, ceux qui, parmi les dangers, parviennent à ces jours, que ceux qui trépassent sans avoir vu ce qui surviendra à la fin des temps! » (IV Esdras)
Je soupçonne de plus en plus que les fameux «judaïsants» évoqués assez pudiquement, au passage, dans les lettres de Paul, auront pu être tout le contraire que des gentils toutous, très différents que des simili-chrétiens ou des juifs demi-convertis. Il devait s'agir d'autre chose que des philosophes de salons bien policés. Je croirais que ces judaïsants auront pu être des zélotes carrément et soit le genre à joindre le gros des rebelles lors des soulèvements historiques que la Judée aura connu.



Je pense à ceci :
  • «Comme les sept jours allaient finir, les Juifs d'Asie, l'ayant aperçu dans le Temple, jetèrent la confusion dans toute la foule et portèrent les mains sur lui, en criant :«Israélites, au secours! Le voilà, l'homme qui enseigne à tous et partout contre le peuple, contre la Loi et ce lieu-ci! Il a même fait entrer des Grecs dans le Temple et souillé ce saint lieu! » [...] On cherchait à le tuer» (Actes des Apôtres 21,27)

    Et au chapitre suivant :«Frères et pères, écoutez ce que j'ai maintenant à vous dire pour ma défense. Quand ils entendirent qu'il s'adressait à eux en langue hébraïque , ils redoublèrent de silence. Paul dit «Je suis Juif, né à Tarse, en Cilicie ; mais j'ai été élevé dans cette ville-ci, et c'est aux pieds de Gamaliel que j'ai été instruit selon l'exactitude de la Loi des ancêtres [...] Et il me dit : Va, parce que moi, c'est vers les nations, au loin, que je t'envois. Les Juifs l'avaient écouté jusqu'à cette parole; mais alors ils élevèrentl la voix, disant :«Enlève de la terre un tel homme! Il ne convient pas qu'il vive.» Comme ils vociféraient, lançaient leurs manteaux et jetaient de la poussière en l'air, le tribun ordonna de le faire entrer dans la forteresse [...] » (Actes des Apôtres 22, 1-22)
Le peu qu'on en voit laisse déjà deviné des types dont on dirait de nos jours «qu'il y aurait de la graine d'État islamique là-dedans», de la graine d'activistes du Bataclan!

Les Juifs d'Asie ... des Juifs de la diaspora ... des Juifs des villes où Paul évangélisait ...


Dans la lettre de Paul aux Galates [donc en Asie] :
  • «Dites-moi, vous qui voulez être sous la Loi, n'entendez-vous pas la Loi?

    Il est écrit en effet qu'Abraham eut deux fils, l'un de la servante et l'autre de la femme libre. Mais celui de la servante était né selon la chair, celui de la femme libre en raison de la Promesse. Cela est allégorique; ces femmes, en effet, sont deux alliances; l'une, celle du mont Sinaï, enfante pour l'esclavage, c'est Agar - car Agar est le mont Sinaï en Arabie - et elle correspond à la Jérusalem présente, laquelle est bien esclave avec ses enfants.

    Mais la Jérusalem d'En-haut est libre, et c'est notre mère; car il est écrit : Réjouis-toi, stérile, toi qui n'enfantais pas; éclate et clame, toi qui ne connaissais pas les douleurs : car plus nombreux sont les enfants de la délaissée que ceux de la femme qui a un mari. Pour vous, frères, vous êtes à la manière d'Isaac, enfants de la Promesse. Mais de même qu'alors celui qui était né selon la chair persécutait celui qui était né selon l'esprit, ainsi en est-il encore maintenant. »

    - Galates 4,21
Il ne serait pas absurde de faire le lien entre le messianisme politique des Juifs d'Asie persécuteurs et qui veulent supprimer Paul à Jérusalem et la «bête qui monte de la mer» qu'évoque Jean dans son propre texte visionnaire. Le genre de messie que les Juifs d'Asie attendent correspond à cette «similitude d'homme qui monte de la mer» dont parle IV Esdras. La terminologie de Jean fait comme un renvoi direct à la chimère politique des persécuteurs juifs des premiers chrétiens.

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Re: La bête qui monte de la mer

Message non lu par Cinci » mar. 16 févr. 2016, 5:21

Un article parut en l'année 2000 dans un périodique de langue anglaise :
[+] Texte masqué
According to Josephus, the rebels of the first jewish revolt who poured into the diaspora in 70 CE had every intention of continuing their struggle against the Romans. Historians agree with the early sages that neither the imperial autority nor local pagans provoked the insurrection that eventually broke out there. What Eusebius describes as a "spirit of sedition" has often been attributed not simply to nationalism, but rather to messianic fervour.

That there was a particularly strong messianic jewish element in the district of Asia is undestandable in light of the civil liberty that the judaism in that area enjoyed, more so than at Rome or Alexandria. The repeated Lucan reference to Jews from Asia (Act 21,27; 24,19) who oppose Paul in Jerusalem in indicative of the extent of their activity.

Early patristic sources assert that during the same general period, Jewish emissaries were sent throughout the diaspora to denounce Christians. [...] Christian messianism, uniting Jew and Greek, was perceived as a threat to the nationalistic goals of the diaspora insurrectionists.

[...]

The vision of the "great tribulation" in Rev 7,14 lacks any direct reference to the imperial authority. On the other hand, the word tribulation used four times in Revelation, appears twice in connection with the slanderous accusations made by people who profess to be jews (Rev 2,9-10) . Of particular interest is the fourth reference (2,22), since it again specifies "great tribulation". Here again, there is no hint of persecution by the Roman government, the context being God's judjment of the woman Jezebel and her adherents. The vision of the tribulation in Rev 7 offers no encouragment for seeing Rome as the persecuting beast.


That notion for wich virtually no evidence has so far been found is derived almost entirely from a superficial interpretation of the beast which first appears in Rev 11,7. The absence of logical reason for identifying it as the Roman empire is underlined by the fact that most historical critics have seen Rev 11,1-13 in the context of the fall of jerusalem. Critical analysis of the chapter has also highlighted the first century CE context of separation of christian Jews from the synagogue.

The site of the beast's war against the two witness, moreover, il the Great City, known by the symbolic names Sodom and Egypt ... in wich their Lord was crucified (11,8) Since that city is Jerusalem, the beast who makes war on the two witness there would more probably represent a Jewish persecutor than a roman one.
As S. Giet pointed out :
  • There is no proof that the christians suffered even local or temporary
    persecutions at the hands of Titus ...until 70, they were not an object
    of persecution by the imperial authorities, except in Rome; one can
    even wonder if (after 70) they had the impression of having been put
    under the ban of the empire. They were, on the contrary, persecuted
    by the Jews, behind which they never ceased to see the work of Satan.
    (S. Giet, L'Apocalypse et l'histoire, Paris, P.U.F., 1957, p.105)
Source : Rick van de Water, «Reconsidering the Beast from the Sea» in New Testament Studies 46, 2000, pp. 245-261

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Re: La bête qui monte de la mer

Message non lu par Cinci » mar. 23 févr. 2016, 6:49

Un passage essentiel de l'Ancien Testament pour profiler la bête qui monte de la mer : Ezéchiel 28 (contre le roi de Tyr)


Contre le roi de Tyr

1La parole du SEIGNEUR m'advint en ces termes :
2Fils d'homme, dis au chef de Tyr : Ainsi parle le Seigneur DIEU :
Parce ce que ton cœur s'est exalté ; tu as dit :

« Je suis Dieu, je suis assis parmi les dieux, au cœur des mers !»

Pourtant tu n'es pas divin, mais humain : tu prends ton propre cœur
pour celui d'un dieu !

3 Te voilà plus sage que Daniel, rien de secret
n'est obscur pour toi. 4 Par ta sagesse et ton intelligence tu as acquis
des richesses ; tu as acquis de l'or et de l'argent dans tes trésors.
5 Par l'étendue de ta sagesse, par ton trafic, tu as multiplié tes richesse,
et ton cœur s'est exalté à cause de tes richesses.

6 A cause de cela, ainsi parle le Seigneur DIEU : Parce que tu prends ton
propre cœur pour celui d'un dieu, 7 je fais venir contre toi des étrangers,
les plus redoutables des nations. Ils tireront leurs épées contre ta belle sagesse
et ils profaneront ta splendeur. 8 Ils te feront descendre dans la fosse, et
tu mourras de mort violente, au cœur des mers. 9 En face de celui qui va
te tuer, diras-tu encore : « Je suis Dieu ! » Tu ne seras pas divin, mais hu -
main, sous la main de ceux qui te transperceront. 10 Tu mourras de la mort
des incirconcis, de la main des étrangers. Car moi, j'ai parlé — déclaration
du Seigneur DIEU.

11 La parole du SEIGNEUR me parvint :

12 Fils d'homme, profère une complainte sur le roi de Tyr ! Tu lui diras : Ainsi
parle le Seigneur DIEU : Tu étais un modèle de perfection, tu étais plein de sa -
gesse, parfait en beauté. 13Tu étais en Eden, au jardin de Dieu ; tu étais couvert
de toutes sortes de pierres précieuses, de sardoine, de topaze, de diamant, de
chrysolithe, d'onyx, de jaspe, de lapis-lazuli, d'escarboucle, d'émeraude et d'or ;
tes tambourins et tes flûtes étaient à ton service, préparés pour le jour où tu fus
créé. 14 Avec un chérubin protecteur, je t'avais placé ; tu étais sur la montagne
sainte de Dieu ; au milieu des pierres de feu tu t'avançais. 15 Tu fus parfait dans
ta conduite, depuis le jour où tu fus créé jusqu'à ce qu'en toi se fut trouvé l'injus -
tice. 16 Par l'étendue de ton trafic tu as empli ton enceinte de violence et tu as
péché ; alors je t'ai banni, comme profané, de la montagne de Dieu et le chérubin
protecteur, t'a fait disparaître du milieu des pierres de feu. 17 Ton cœur s'est exalté
à cause de ta beauté, tu as perverti ta sagesse à cause de ta splendeur ; je te jette
à terre, je te livre en spectacle aux rois. 18 Par la multitude de tes fautes, par l'injus-
tice de ton commerce, tu as profané tes sanctuaires ; je fais sortir du milieu de toi
un feu qui te dévore, je te réduis en cendres sur la terre, sous les yeux de tous ceux
qui te regardent. 19 Tous ceux qui te connaissent parmi les peuples sont atterrés à
cause de toi ; tu es un objet d'épouvante, tu n'es plus, tu ne seras jamais plus !

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Re: La bête qui monte de la mer

Message non lu par Cinci » mar. 23 févr. 2016, 8:14

Je fais le renvoi ici vers mon message du 14 février dans le fil sur le Dragon qui fut précipité sur la terre, dans le fil sur le chapitre 12 de l'Apocalypse.

Voir la réflexion au sujet du verset 18
18 Et il se tint sur le sable de la mer.


Qu'est-ce que cela pourrait bien vouloir dire?

J'aurai pu songer à une sorte de charnière entre le politique et le religieux. Corsini va parler «des deux bêtes par laquelle Satan exerce son influence au cours de l'histoire. Jean les voit émerger respectivement de la mer et de la terre» ou «la mer étant l'équivalent cosmico-historique de l'abîme, et, la terre, séjour de l'homme, l'équivalent cosmico-historique de l'Eden»; «Selon une tradition juive que Daniel a retenue dans sa vision des quatre bêtes (les quatre empires; Dn 7,2) le pouvoir politique s'origine dans la mer» (E. Corsini, «Les deux bêtes» dans L'Apocalypse maintenant, p. 190)

Mais pour le sable ? Y a-t-il quelque chose qui se cache là-dessous? Possiblement.

C'est un article que j'ai trouvé et qui s'intitule «Transparence et sagesse. Remarques sur le verre dans l'Apocalypse». C'est signé par Philippe de Robert. L'article aura paru en 1999 dans la Revue d'histoire et de philosophie religieuse, tome 79, p.57 à 64. L'auteur est professeur à la Faculté de théologie protestante à Strasbourg.
On peut trouver l'article ici :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 5&start=30

Le texte d'Ezéchiel 28 fait le lien entre une contrefaçon de Dieu, une sagesse pervertie, un pouvoir politique qui s'exalte à cause de ses richesses. Le lien s'établit tout naturellement aussi avec la faute de Salomon dont le parcours commence très bien, dont la sagesse fut proverbial, mais qui finira bien mal.

La bête qui monte de la mer ... comme faux messianisme procédant d'une sagesse pervertie ... aspirant après une royauté matérielle ... un faux messianisme qui s'oppose à la personne du véritable messie d'Israël. Moi, je trouve que ce serait pas si mal comme profil de bête. Jean aurait bien pu vouloir dénoncer les «Juifs de la diaspora» qui faisaient des misères à l'Apôtre Paul, qui auraient bien voulu le tuer à Jérusalem, qui participeront de la persécution contre les chrétiens (tout comme Paul lui-même, avant sa conversion).

Le livre d'Esdras - IV Esdras - le texte apocalyptique juif et apocryphe, contemporain de la rédaction de l'Apocalypse de Jean : il évoque un fils d'homme qui vient de la mer. Le texte fait allusion à l'espérance messianique des Juifs mais pour reporter cette identité de messie sur une autre personnalité que celle de Jésus de Nazareth, évoquant bien une sorte de messie plus en phase avec les goûts des pharisiens. «Une similitude d'homme qui vient de la mer» (très positif) pour les zélotes, «bête qui monte de la mer» (très négatif) pour Jean.

Le Dragon se tient sur le «sable de la mer», du côté de la «sagesse humaine qui cherche à passer pour divine», de la «science», des richesses, il s'y tient pour contrefaire la vérité.

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