Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

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Sapin
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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par Sapin » dim. 10 juil. 2011, 17:29

C.-J. a écrit :L'Evangile dit de ne pas se faire appeler père car on n'a un seul père, Dieu tout puissant. N'appelez personne sur la terre votre père car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. (Mathieu 23:9-12).

À ce titre, est-ce que Jésus s'est abstenu d'appeler saint Joseph: papa, père? Le Christ nous a tellement bien parlé du Père Éternel qu'il a sûrement pris son exemple chez saint Joseph. Le rapport père-fils qu'il avait avec lui était tel qu'il était capable dans dans son humanité et par des mots humains de si bien nous parler du Père Éternel. Mais dans ce passage de l'Évangile, le Christ nous dit cela pour nous montrer à quel point Dieu le Père doit être important dans nos vies, comment nous devons avoir une relation privilégiée avec lui.

Ceci étant, pour répondre à la question, les pasteurs en général, dans l'Église catholique, ont toujours été considérés depuis pratiquement les débuts de l'Église, comme des pères. En plus, nous savons que l'Église s'est développée surtout dans un contexte d'une culture patriarcale, soit la culture romaine. Dans cette culture, le père fut toujours considéré comme chef, chef de famille, où les décisions importantes se prenaient autour du père de famille. D'un autre côté, celui qui est l'image et qui manifeste l'amour miséricordieux du Père Éternel dans la communauté, c'est le prêtre. Le prêtre dans sa paroisse agit comme chef de la communauté, aimant et agissant envers tous ses paroissiens comme un bon père de famille envers ses enfants. On reconnaît aussi les évêques comme des pères. On entend souvent le titre de «Père Évêque».

Bien à vous

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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par ti-coz » dim. 10 juil. 2011, 18:39

Antestor a écrit :Bonjour,

Je voudrais savoir pourquoi nous devons appeler le prêtre « mon père » ?

Merci :)

:croix:

Ce n'est pas du tout une obligation, à mon avis.

On dit "Monsieur l'abbé" ou "Monsieur le curé", c'est mieux je pense. C'est ce que je fais.

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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par Mac » dim. 10 juil. 2011, 18:56

Bonjour frères et soeurs en Jésus Christ,
C.-J. a écrit :L'Evangile dit de ne pas se faire appeler père car on n'a un seul père, Dieu tout puissant. N'appelez personne sur la terre votre père car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. (Mathieu 23:9-12).
Et pourtant Dieu demande dans Ses commandements d'honorer son père et sa mère.

Alors pouvons nous appelez notre papa père? Le commandement de Dieu démontre que oui.
Pour ce qui est du prêtre il en va de même, le prêtre ayant une place comme celle du père de la communauté.

Mais Jésus fait une différence avec le Père Véritable.

En effet, cette parole Notre Seigneur Jésus Christ nous enseigne que Notre Père Véritable est dans les cieux. Il met en avant le fait qu'il n'y a qu'un Père Véritable celui qui nous a créer et Dieu si nous l'appelons Père c'est que nous disons la Vérité car Lui est Celui qui nous a créer corps âme et esprit.

Fraternellement en Notre Seigneur Jésus Christ.

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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par archi » dim. 10 juil. 2011, 20:26

ti-coz a écrit :
Antestor a écrit :Bonjour,

Je voudrais savoir pourquoi nous devons appeler le prêtre « mon père » ?

Merci :)

:croix:

Ce n'est pas du tout une obligation, à mon avis.

On dit "Monsieur l'abbé" ou "Monsieur le curé", c'est mieux je pense. C'est ce que je fais.
"Monsieur l'abbé" est plutôt une expression en vigueur chez les tradis, "mon Père" étant plutôt post-conciliaire. J'ai bien dit "plutôt", je pense que tout le monde comprend les 2 termes et ne se formalise pas d'entendre l'un ou l'autre.

Ceci dit, "Abbé", ça veut précisément dire "Père"... c'est donc exactement la même chose. :>

D'après Wikipedia - http://fr.wikipedia.org/wiki/Abb%C3%A9 :
L’abbé (du grec ancien ἀϐϐᾶ / abbã, « père » ; de l'araméen abba, « le père ») est le moine élu par les moines réunis en chapitre pour diriger une abbaye. C'est aussi depuis le XVIIIe siècle le terme en usage pour désigner un clerc séculier ayant au moins reçu la tonsure.
Tiens, il me vient la question: est-ce-que l'association "abbé/père" avec n'importe quel prêtre date du XVIIIe Siècle comme le suggère l'article ci-dessus (le "père abbé" étant effectivement le supérieur d'un monastère) ?

En fait l'article y répond:
Jusqu'au XVIIIe siècle les clercs séculiers étaient appelé monsieur. Depuis, il est entré dans la coutume de les appeler abbé : c'est ainsi que les abbés de cour sont des clercs séculiers pas forcément prêtres d'ailleurs. La tonsure, signe de l'entrée dans l'état ecclésiastique, est suffisante pour cette appellation.
(...)
Depuis les années 1970, cette appellation a tendance à laisser la place, dans l'usage actuel, à l'emploi de Mon Père, ce qui est parfaitement synonyme, mais qui est restreint aux prêtres.
Cela me conduit à me demander si "mon Père" n'a pas, volontairement ou involontairement une connotation de père spirituel. Les Orientaux associent la fonction de confesseur à la paternité spirituelle (même si chez eux tous les prêtres ne sont pas autorisés à confesser). En Occident quasiment tous les prêtres sont autorisés à confesser par leur évêque (sauf erreur de ma part) mais je ne sais pas si le lien entre la confession et la fonction de paternité spirituelle est faite par la théologie latine. Il me semble cependant difficile de vraiment dissocier ces 2 choses. Peut-être que quelqu'un (Père Guy?) a de meilleures perspectives à ce sujet?

Quant à "M. le curé", cela correspond à celui qui occupe un poste de curé de paroisse... donc pas n'importe quel prêtre.

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.

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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par lmx » dim. 10 juil. 2011, 20:35

Pour compléter ce que dit Mac :

Il n'y a qu'un seul Père en soi. En effet, Dieu le Père est la paternité en soi.

Mais ce qui est haut en reflété en bas dans notre monde.
Ainsi, la paternité biologique reflète la paternité céleste et à cet égard on peut naturellement appeler son père ... père.
De même, la paternité spirituelle reflétant la paternité divine , on peut appeler son prêtre "père".

La paternité du père biologique et la paternité du père spirituelle sont des reflets (imparfaits) de la Véritable Paternité et du Vrai Père et à cet égard ceux qui reflètent humainement la Paternité divine, comme Abraham, peuvent être légitimement êtres appelés père.

On peut dire que la Paternité est une qualité ou propriété proprement divine à laquelle les créatures peuvent participer c'est à dire refléter dans l'ordre terrestre.

Luc 16
24 et s’écriant, il dit ces paroles: Père Abraham, ayez pitié de moi, et envoyez-moi Lazare, afin qu’il trempe le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, parce que je souffre d’extrêmes tourments dans cette flamme.

Jean 8:56 Abraham, votre père, a désiré avec ardeur de voir mon jour: il l’a vu, et il en a été rempli de joie.

On lit aussi dans la bouche de St Etienne

Acte 7:2 Il répondit: Mes frères et mes pères, écoutez-moi: Le Dieu de gloire apparut à notre père Abraham, lorsqu’il était en Mésopotamie, avant qu’il demeurât à Charan,

C.-J.
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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par C.-J. » dim. 10 juil. 2011, 20:54


Publié par le "père" Casterman :


Le prêtre - Peut-on l’appeler "Père" ?

En Mt 23.9, Jésus dit: « N'appelez personne sur la terre votre père, car un seul est votre Père, Celui qui est dans les cieux. »

Comprenons bien le sens de ces paroles. Jésus rejette ici toute prétention orgueilleuse à une quelconque supériorité sur les autres hommes. Ainsi en était-il des pharisiens, que condamne Jésus dans ce passage de Mt 23. Ainsi en était-il aussi des empereurs romains, qui étaient divinisés.

Cependant la Bible n'exclut nullement la reconnaissance des "pères". Non seulement celle des pères selon la chair, mais aussi des pères selon une paternité spirituelle.

La notion de 'père' spirituel est parfaitement biblique.
. Ainsi chez Paul, qui se présente comme "père" spirituel des Corinthiens . « Vous n'avez pas plusieurs pères. Car c'est moi qui vous ai engendrés en Jésus-Christ par l'évangile. » (1 Cor 4.15. Voir encore Gai 4.19 ; 1 Thess 2.11 ; 1 Tim 1.2 ; Philémon v.10).
. De même dans Actes 22.1 où Paul commence ainsi son discours: « Frères et pères ». Nul doute qu'il ne s'agit pas ici des simples papas. Voir aussi 1 Jn 2.13.
. Pour l'Ancien Testament, voir notamment 2 Rois 2.11, où Élisée appelle clairement Élie « mon père » ( même chose en 2 Rois l3.14 ).

Comprenons que cette paternité spirituelle n'est simplement qu'un reflet de la Paternité unique et absolue de Dieu. (De même qu'on peut être appelé pasteur alors même qu'il n'y a qu'un seul et unique Bon Pasteur: le Christ - Jn 10.16)
« Je fléchis le genou en présence du Père, de qui toute paternité au ciel et sur la terre tire son nom » (Eph 3.14-15. Trad. Bible de Jérusalem).

Les prêtres ne sont que les ministres, les serviteurs de cette unique Paternité. Ils ne peuvent en tirer aucun titre de gloire (2 Thess 2.4-12). Les prêtres n'ont donc pas à revendiquer ce titre de "père", et si cela gène un frère non-catholique, ce dernier peut aussi bien dire "pasteur" ou "révérend".

Nous regrettons les querelles autour du mot "père", ceci en raison d'une lecture trop littérale de la Bible. Nous nous réjouissons par contre de ce que de plus en plus de frères protestants et pentecôtistes dépassent cette querelle de mots, en comprenant que le vrai problème que dénonce Jésus est bien plus sérieux et profond. Lisons et comprenons l'enseignement de Jésus selon l'esprit et non simplement selon la lettre.

En demandant de n'appeler personne "père" ou "maître", sinon Dieu seul, Jésus dénonce bien plus qu'un simple usage de mots. Il dénonce toute dépendance à l'égard d'un pouvoir spirituel autre que celui de Dieu.

. Jésus dénonce donc ici toute forme de cléricalisme, où l'on voit des ecclésiastiques s'arrogeant honneurs et pouvoirs au détriment de la fraternité ecclésiale et de l'humble service des fidèles. Il faut ici dénoncer la « course à l'étole » et aux distinctions chez trop de pasteurs, et leur mainmise abusive sur leur paroisse, au point d'étouffer les charismes et l'engagement de leurs fidèles.

Un sérieux examen de conscience s'impose ici à chaque pasteur et responsable religieux
Suis-je serviteur de Jésus et de mes frères ?
Ne suis-je pas trop fier et jaloux de mon autorité ? N'ai-je . pas tendance à l'imposer aux autres, et à verser dans la vanité ?

. Jésus dénonce également toute forme de soumission servile dans les sectes et autres assemblées « chrétiennes », qui vouent un véritable culte à leur fondateur ou leur pasteur (comme à un gourou !).
Les exemples abondent autour de nous. Y compris chez des personnes se prétendant « prophète » envoyé directement par le Père Céleste, et qui cultivent un véritable culte à leur égard. Exemple : 'père' Soffo à Yaoundé, Femme Malla et Marie Lumière à Douala, etc. Gare aux faux prophètes, même prétendument « catholiques ».

Les vrais chrétiens ne doivent se vouer qu'au Christ seul, et non à un quelconque de leur pasteur . Et les vrais pasteurs chrétiens (qu'ils soient catholiques - fussent-ils pape! -- protestants ou pentecôtistes) doivent veiller à ne jamais polariser sur eux l'attachement des fidèles. Ils ne sont que des serviteurs du Christ, ses "poteaux indicateurs", Gare au cléricalisme et à l'orgueil spirituel !
Et que dire de ces prêtres qui mènent une double vie, sans honte ni même discrétion ? Et de ceux qui détournent l'argent pour leurs affaires ? A cause de ces abus trop connus, que de fidèles blessés ou scandalisés ! « Malheur à celui par qui arrive le scandale.» (Lc 17.1)

Les prêtres ont-ils des pouvoirs cachés ? - non !
Certaines chimères sont coriaces, comme celle qui prétend que les prêtres possèdent des pouvoirs cachés ou mystiques, ainsi que des livres magiques, tel le bréviaire. Ce ne sont là que fantasmes issus de la mentalité magique et fétichiste.

En réalité, le prêtre ne possède aucun pouvoir secret ni aucun livre magique.
Il n'a d'autres pouvoirs que ceux conférés par le Christ, ceux qui découlent de son sacerdoce et qui concernent la célébration des sacrements (ex. : célébrer l'eucharistie, ou pardonner les péchés au nom de Dieu), ou les pouvoirs conférés à tout chrétien, selon les ministères ou missions particulières (les charismes, comme par exemple celui de guérison ou de libération).

Le prêtre n'est pas comme un marabout ou un féticheur qui détiendrait quelque secret ou pouvoir mystique. Le prêtre n'a d'autres pouvoirs que ceux du Christ lui-même. Il doit rester un serviteur pauvre. Il ne fait pas son œuvre, avec ses charismes; il fait l'œuvre de Dieu, par la grâce de l'Esprit Saint.

Personnellement, et à sa demande (nous étions ok à ce sujet), je m'adresse au prêtre par son prénom, Gustave.


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Griffon
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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par Griffon » dim. 10 juil. 2011, 21:48

Personnellement,
je n'ai aucun problème à appeler "mon père", un homme qui a donné sa vie, sa tranquillité, ses affections pour m'apporter les sacrements et Dieu lui-même.
Il m'apporte la Vie qui vient de Dieu.

Les jésuites préfèrent qu'on disent "père", sans l'adjectif possessif.

Je les appelle de la façon par leur prénom, lorsqu'ils préfèrent cela.
Ou bien Monsieur l'Abbé.
Peu importe.

Cordialement,

Griffon.
Jésus, j'ai confiance en Toi,
Jésus, je m'abandonne à Toi.
Mon bonheur est de vivre,
O Jésus, pour Te suivre.

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Sapin
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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par Sapin » lun. 11 juil. 2011, 4:18

archi a écrit :Cela me conduit à me demander si "mon Père" n'a pas, volontairement ou involontairement une connotation de père spirituel. Les Orientaux associent la fonction de confesseur à la paternité spirituelle (même si chez eux tous les prêtres ne sont pas autorisés à confesser). En Occident quasiment tous les prêtres sont autorisés à confesser par leur évêque (sauf erreur de ma part) mais je ne sais pas si le lien entre la confession et la fonction de paternité spirituelle est faite par la théologie latine. Il me semble cependant difficile de vraiment dissocier ces 2 choses. Peut-être que quelqu'un (Père Guy?) a de meilleures perspectives à ce sujet?
Je ne pourrais vous répondre de façon précise, je sais qu'autrefois dans l'Église catholique l'accompagnateur spirituel était nommé directeur spirituel plutôt que père spirituel car il me semble que ce terme est récent dans l'Église catholique. La mention de père pour les catholiques est beaucoup plus dans le sens de "celui qui prend soin de". Le titre M. l'abbé est, comme vous l'avez dit, le sens grec du mot père. C'est le titre qui m'est le plus souvent donné avec celui de M. le curé. Curé d'ailleurs qui signifie justement "celui qui prend soin de " Alors M. l'abbé, Père untel, mon Père, tous des titres donnés aux prêtres qui sont reliés à une paternité spirituelle.
Père Guy

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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par Raistlin » lun. 11 juil. 2011, 9:16

C.-J. a écrit :L'Evangile dit de ne pas se faire appeler père car on n'a un seul père, Dieu tout puissant. N'appelez personne sur la terre votre père car un seul est votre Père, celui qui est dans les cieux. (Mathieu 23:9-12).
Oui, mais est-ce à prendre au sens littéral ? A l'évidence non puisque saint Paul, dans ses lettres, appellent ses disciples ses enfants et confesse qu'il les a enfanté à la foi.

Dans ce passage, Jésus ne nous dit pas de renoncer à appeler "père" ou "papa" ceux qui le sont effectivement sur Terre, il veut nous faire comprendre qu'il n'y a qu'un seul vrai Père, de qui toute paternité découle : Dieu.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)

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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par C.-J. » lun. 11 juil. 2011, 17:12


Personnellement, lorsque j'étais enfant, je m'adressais au prêtre en lui disant : Monsieur le Curé.

Aujourd'hui, je m'adresse à notre frère prêtre par son prénom : Gustave.

Je pense que la manière dont nous abordons le prêtre est aussi fonction de notre âge.
Je ne parviens pas à m'adresser à nos frères prêtres en leur disant : mon père.
J'ai besoin d'être moi-même. Pour ce faire, et en ce qui me concerne, c'est Gustave. Il est génial Gustave !

Ceci dit, le débat est ouvert, la question est intéressante. Le mot que nous utilisons (abbé, monsieur le curé, prénom) définit aussi la relation au prêtre.
Il me semble qu'une personne qui s'adresse au prêtre par : mon père, n'entretient pas avec celui-ci ce que Dieu demandait.
Spirituellement parlant, le seul qui nous soit Supérieur, c'est Dieu.
Je n'oublie jamais cette Vérité.

Fraternellement,

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Re: Pourquoi nommer un prêtre "mon père" ?

Message non lu par Göreme » lun. 11 juil. 2011, 21:51

Comme d'autres personnes ci-dessus, alors que j'étais toute jeune, pour m'adresser à un prêtre on m'avait appris à dire "M. le Curé" ou "M. l'Abbé" selon que celui-ci fut le responsable de la paroisse ou l'un de ses vicaires. Et lorsque nous les croisions dans la rue, nous les saluions par "loué soit Jésus-Christ" et ils nous répondaient "à tout jamais" Plus tard, au lycée après la guerre 39-45 ce fut "M. l’aumônier" car en Alsace, les cours de religion faisaient partie intégrante de l'enseignement et étaient dispensés par un prêtre, pour les élèves catholiques, par un pasteur ou un rabbin pour les protestants ou les juifs, même dans les écoles laïques. Enfin l’aumônier scout, nous l’appelions "Père" tout court.

C'est cette dernière dénomination qui m'est restée, et depuis je m'adresse ainsi à tous les prêtres. Sauf que, depuis que j'ai pris un peu d'âge, c'est toujours Père (sans mon) que je nomme les prêtres, mais suivi de leur prénom. Eu égard à leur fonction et leur représentation, il m'est difficile de les appeler par leur seul prénom, même si c'est leur souhait.
" Pour moi la prière, c'est un élan du cœur, c'est un simple regard jeté vers le ciel, c'est un cri de reconnaissance et d'amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie; enfin c'est quelque chose de grand, de surnaturel qui me dilate l'âme et m'unit à Jésus "
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Re: Mon père ou mon frère ?

Message non lu par sigmar » lun. 13 févr. 2012, 11:46

Et bien disons que les deux termes s'emploient pour des religieux
Père: pour un religieux qui est prêtre
Frère: pour un religieux non prêtre

Pour ce qui est des religieuses:
Mère: pour une superieur de religieuse
Soeur: pour une religieuse
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Re: Mon père ou mon frère ?

Message non lu par Fée Violine » lun. 13 févr. 2012, 16:21

sigmar a écrit :Et bien disons que les deux termes s'emploient pour des religieux
Père: pour un religieux qui est prêtre
Frère: pour un religieux non prêtre
Ce n'est pas si simple.
Les dominicains s'appellent tous "frère X", qu'ils soient prêtres ou non!

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Re: Mon père ou mon frère ?

Message non lu par Jean-Mic » mar. 14 févr. 2012, 19:49

Je ne reviens pas sur ce qui vient d'être dit des usages : Père, mon Père, Père X(prénom), le Père Y(nom), X ou Y ... selon les circonstances

Au moment de son départ, notre ancien évêque a avoué à quelques-uns qu'il avait souffert de la distance que la plupart des chrétiens avaient du jour où il était devenu évêque, et combien il avait apprécié (sans le dire, ni l'encourager outre mesure) qu'à l'occasion d'un camp de jeunes, d'une rencontre entre prêtres ou d'une session de travail avec des laïcs, l'un ou l'autre échappe un X(prénom), voire un tutoiement.

Ce n'est pas pour autant que je tutoie son successeur et l'appelle par son prénom, mais je retiens qu'un excès de distance et de respect peut donner un sentiment de solitude, surtout dans un bouleversement comme peut l'être une charge pastorale nouvelle accompagné d'un changement géographique radical.

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