Quelques données sur les migrants

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Guillaume C.
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Le Pape propose des initiatives concrètes pour les migrants et réfugiés

Message non lupar Guillaume C. » lun. 21 août 2017, 13:48

Le Pape propose des initiatives concrètes pour les migrants et réfugiés

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Le Pape François lors de sa visite à Lampedusa, en juillet 2013


(Radio Vatican) Comment mieux accueillir, protéger, promouvoir et intégrer les migrants et les réfugiés? C’est la question à laquelle répond le Pape François, dans un message publié ce lundi 21 aout, à l’occasion de la Journée mondiale du migrant et du réfugié, le 14 janvier prochain. Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer : quatre verbes «fondés sur les principes de la doctrine de l’Eglise», rappelle le Saint-Père, en soulignant sa «préoccupation spéciale concernant la triste situation de nombreux migrants et réfugiés» durant son pontificat.


Accueillir

Pour accueillir, il faut d’abord offrir «de plus grandes possibilités d’entrée sure et légale dans les pays de destination» explique François, alors que les drames en Méditerranée sont nombreux pour ceux qui tentent de rejoindre l’Europe par la mer. Une entrée sure et légale signifie davantage de visas humanitaires et de visas pour le regroupement familial, précise le Pape. «Je souhaite qu’un plus grand nombre de pays adoptent des programmes de patronage privé et communautaire et ouvrent des corridors humanitaires pour les réfugiés les plus vulnérables» est-il écrit dans ce message.

En plus de ces visas humanitaires et pour regroupement familial, il «serait opportun de prévoir des visas temporaires spéciaux pour les personnes qui fuient les conflits dans les pays voisins» ajoute François, dénonçant les expulsions «collectives et arbitraires», qui «ne constituent pas une solution adéquate» surtout si elles se font en direction de pays qui ne respectent pas les droits de l’homme.

La sécurité personnelle doit passer avant la sécurité nationale, pour le Pape, rappelant le principe de la centralité de la personne humaine, cher à Benoit XVI. Il faut donc «former adéquatement le personnel préposé aux contrôles de frontière». Enfin, il est préférable de trouver d’autres solutions à la détention, précise François, pour ceux qui entrent sur le territoire national sans autorisation.

Protéger

Accueillir mais aussi protéger, rappelle le Saint-Père qui décline quelques pistes : mettre à «disposition des informations sures et certifiées avant le départ» dans le pays d’origine, et mettre l’accent «dans la prévention contre les pratiques de recrutement illégal.» Dans le pays de destination ensuite, protéger signifie assurer «une assistance consulaire adéquate, le droit de garder toujours avec soi les documents d’identité personnels, un accès équitable à la justice, la possibilité d’ouvrir des comptes bancaires personnels, et la garantie d’une subsistance minimum vitale.» Les migrants et les réfugiés doivent pouvoir travailler, et pour ceux qui retournent chez eux, il est nécessaire de mettre en place «des programmes de réinsertion professionnelle et sociale.»

Le Pape François évoque aussi la situation des mineurs isolés : pour eux, il est important «de prévoir des programmes de garde temporaire ou de placement.»

Promouvoir

Permettre à tous ces migrants et réfugiés de «se réaliser en tant que personnes» fait aussi partie des principes de la doctrine de l’Eglise précise le Saint-Père. Il faut pour cela garantir à tous les étrangers la liberté de profession et de pratique religieuse ; la possibilité de travailler, des parcours de formation linguistique et de citoyenneté active ainsi qu’une information appropriée dans leurs langues d’origine. Le Pape souligne aussi l’importance de la famille, et pour cela, le regroupement familial doit être favorisé «sans jamais le soumettre à des capacités économiques.»

«Je souhaite que dans la distribution de ces aides (internationales) soient pris en compte les besoins des pays en développement qui reçoivent d’importants flux de réfugiés et de migrants» ajoute François dans son message.

Intégrer

Enfin, le dernier verbe «se place sur le plan des opportunités d’enrichissement interculturel général.» Intégration ne veut pas dire assimilation, avertit le Pape, «qui conduit à supprimer ou à oublier sa propre identité culturelle», comme le rappelait Jean-Paul II, dans son Message pour la Journée 2005. Pour faciliter l’intégration, le pape suggère un parcours de régularisation extraordinaire pour des migrants qui peuvent faire valoir une longue présence dans le pays. Autre suggestion, diffuser «les bonnes pratiques d’intégration» et développer «des programmes visant à préparer les communautés locales» à ce processus.

Besoin de la contribution de la communauté politique

L’Eglise est disponible «pour s’engager en première ligne en vue de réaliser toutes les initiatives proposées plus haut.» Mais souligne le Pape, la contribution de la communauté politique et de la société civile est indispensable. «Les Etats se sont engagés à rédiger et à approuver avant la fin de l’année 2018 deux accords globaux, l’un consacré aux réfugiés et l’autre concernant les migrants» rappelle François, qui souligne que les prochains moins sont une opportunité «privilégiée» pour présenter et soumettre les «actions concrètes» proposées dans ce message.

Préoccupation du Pape

Ces quatre verbes, accueillir, protéger, promouvoir, intégrer avaient deja été au coeur d'une intervention du Pape François, à l'occasion du sixième forum international sur les migrations et la paix, qui s’était ouvert à Rome en février dernier. A cette occasion, le Saint-Père avait livré de nouvelles clés pour mieux accueillir et intégrer les migrants aujourd’hui.

Le Pape François a rappelé sa préoccupation quant à la situation des migrants depuis le début de son pontificat. Il s'était d'ailleurs rendu à Lampedusa, le 8 juillet 2013. Dernièrement, François a par exemple apporté son soutien au portail infomigrants.net, un flux d’informations pour les migrants réalisé par l’agence italienne avec ses partenaires européens, France Médias Monde (qui regroupe RFI, France 24 et Monte Carlo Doualiya), et son équivalent allemand, Deutsche Welle.
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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar PaxetBonum » lun. 21 août 2017, 17:52

Pourtant, la France n'a jamais eu avec l'Italie qui n'a jamais été française, les relations étroites qu'elles a eues avec l'Algérie, le Maroc ou la Tunisie ! Les algériens, marocains et tunisiens ont été français, eux, pas les italiens !
Bonjour Kerniou

Les italiens ne nous ont pas fait la guerre pour ne pas rester français.
Il faut assumer ses choix.
Nous accueillons des populations qui haïssent la France et s'en vantent jusque dans leurs hymnes nationaux (algérien) et ne viennent que pour la 'Niker' la France.

Charles de Foucauld nous a prévenu :

« Les musulmans peuvent-ils être vraiment français ? Exceptionnellement, oui. D’une manière générale, non. Plusieurs dogmes fondamentaux musulmans s’y opposent ; avec certains il y a des accommodements ; avec l’un, celui du Medhi, il n’y en a pas : tout musulman (je ne parle pas des libres-penseurs qui ont perdu la foi) croit qu’à l’approche du jugement dernier le Medhi surviendra, déclarera la guerre sainte, et établira l’islam par toute la terre, après avoir exterminé ou subjugué tous les non-musulmans ».

« Dans cette foi, le musulman regarde l’islam comme sa vraie patrie et les peuples non musulmans comme destinés à être tôt ou tard subjugués par lui musulman ou ses descendants ; s’il est soumis à une nation non musulmane, c’est une épreuve passagère ; sa foi l’assure qu’il en sortira et triomphera à son tour de ceux auxquels il est maintenant assujetti ; la sagesse l’engage à subir avec calme son épreuve ; « l’oiseau pris au piège qui se débat perd ses plumes et se casse les ailes ; s’il se tient tranquille, il se trouve intact le jour de la libération », disent-ils ».

« Ils peuvent préférer telle nation à une autre, aimer mieux être soumis aux Français qu’aux Allemands, parce qu’ils savent les premiers plus doux ; ils peuvent être attachés à tel ou tel Français, comme on est attaché à un ami étranger ; ils peuvent se battre avec un grand courage pour la France, par sentiment d’honneur, caractère guerrier, esprit de corps, fidélité à la parole, comme les militaires de fortune des XVIe et XVIIe siècles, mais, d’une façon générale, sauf exception, tant qu’ils seront musulmans, ils ne seront pas Français, ils attendront plus ou moins patiemment le jour du Medhi, en lequel ils soumettront la France »,
Pax et Bonum !
"Deus meus et Omnia"
"Prêchez l'Évangile en tout temps et utilisez des mots quand cela est nécessaire"

St François d'Assise

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Non, le pape n’est pas responsable de la crise migratoire

Message non lupar Guillaume C. » lun. 28 août 2017, 20:40

Non, le pape n’est pas responsable de la crise migratoire


On ne peut que remercier Laurent Dandrieu et son dernier livre – Eglise et immigration : le grand malaise – Presses de La Renaissance – de nous déranger. Bien construit, avec une argumentation fouillée et fournie, il oblige à réagir, réfléchir, argumenter, et, c’est sans doute le plus marquant, à revenir aux fondamentaux de notre positionnement en tant que catholiques. Ce livre est à lire, bien sûr. Il est à étudier même. Il nécessite néanmoins pour cela de bonnes clefs de lectures. Je n’en partage ni la méthodologie, ni les conclusions ; que cependant son auteur, avant que je ne le critique, soit remercié publiquement de ce pavé jeté dans la mare.

Deux faux procès

Ce livre repose sur un double faux procès. Le premier semble rendre responsables de la crise migratoire l’Eglise et le pape. Or, il conviendrait de rappeler que ni le pape, ni l’Eglise, n’ont ouvert le processus migratoire économique au milieu du XXe siècle, quand les puissances d’argent ont décidé que faire venir la main d’œuvre étrangère était nécessaire et intéressant. Ce ne sont ni le pape, ni l’Eglise qui ont mis en place le regroupement familial. De même, qu’on veuille bien accorder au pape et à l’Eglise de n’être en rien responsables de la déstabilisation totale du Moyen Orient ces dix dernières années et de la crise migratoire à laquelle l’Europe doit faire face, de ce fait. Non seulement les papes et l’Eglise n’en sont pas responsables, mais plus encore, par leur action et par leurs appels, ils n’ont cessé de réclamer plus de justice et d’équité dans le traitement de ces questions internationales. Faute d’identifier les vrais responsables de cette immense tragédie, qui compte des morts par dizaine de milliers et des déplacés par centaines, le livre de Dandrieu semble en accuser l’Eglise et les papes.

Par ailleurs, concernant le « suicide » de l’Europe, je constate le même faux procès qui repose sur une absence de mise en perspective. Je veux bien admettre que, par naïveté parfois, mais surtout par une idéologie que le cardinal Ratzinger et Benoît XVI ensuite a épinglée, l’Eglise – ou plus exactement les hommes d’Eglise – ait pu participer à la marge à une forme de suicide moral de l’Europe… mais là aussi, ils n’en sont pas les principaux responsables. Les responsables du suicide européen… ce sont les Européens eux-mêmes ! La lente agonie démographique des vieux peuples d’Europe ne doit rien, bien au contraire à l’Eglise. Qu’on ne s’y trompe pas, le suicide de l’Europe découle directement de l’apostasie généralisée des peuples européens, ayant abandonné la Foi et la pratique religieuse de leurs ancêtres. Il suffit de relire le texte grandiose et prophétique de saint Jean-Paul II, après le Synode sur l’Europe, Ecclesia in Europa, qui n’a pas pris une ride. On relira aussi avec intérêt La crise de la conscience européenne de Paul Hazard – Paris, 1935 – pour redécouvrir les sources intellectuelles et laïques du mal-être européen. Aujourd’hui, une apostasie généralisée, une conception étriquée d’une laïcité prétendument salvatrice, une volonté de certains gouvernants de combattre la foi chrétienne, voilà les vrais responsables. Ne pas rappeler cela de manière forte dans ce livre, conduit insensiblement le lecteur à en rendre responsable le Saint-Père et l’Eglise – et donc à ne pas voir les vraies sources du problème.

D’où parle le pape ?

Un autre point me gêne dans la démarche de Laurent Dandrieu. Les critiques qu’il formule à l’encontre des conférences épiscopales semblent en partie justes quoique très dures. On ne peut en effet se contenter, comme trop souvent en France, quand on représente l’Eglise enseignante, de copier-coller les déclarations du Conseil Pontifical pour les Migrants, comme solde de tout compte intellectuel. Par ailleurs, on ne peut – sous peine de grande confusion intellectuelle et donc de disqualification – s’abaisser à entrer dans le champ politique pour condamner le Front National et ses positions, et, quand on est interrogé sur la catholicité des autres partis, se réfugier derrière une position « d’autorité morale ». Le pape François ne relève pas de cette catégorie. D’abord parce qu’il est le Pontife suprême auquel est confiée la Barque de Pierre, et ensuite parce qu’il est chef d’Etat. Or, c’est cette distinction qui manque cruellement aux critiques de Dandrieu. En tant que chef d’Etat, le pape a des moyens techniques et diplomatiques pour faire connaître ses positions aux Etats, par le biais normal du droit international et des règles diplomatiques. Si donc, nous voulons bâtir une critique politique des positions du pape François, il nous faut nous en tenir aux textes « politiques » émis dans ce cadre précis. Ce n’est pas ce que fait ce livre qui utilise, pour une critique politique, des textes ou des déclarations qui ne sont pas, par nature politique – même si elles abordent des sujets politiques – mais morales. Hormis les cas – finalement minoritaires – où le pape se place en chef d’Etat, tous les discours du Souverain Pontife doivent être considérés comme émanant d’une autorité spirituelle – et quelle autorité spirituelle ! -. Ces discours ne s’adressent donc pas aux Etats pour la mise en place d’une politique précise, mais aux hommes et aux femmes – y compris responsables politiques bien sûr – et à la conscience individuelle et collective des uns et des autres. Pour le résumer en deux mots : ces textes émanent d’une auctoritas et non d’une potestas. Ils ne sont pas politiques même quand ils abordent des sujets politiques. On peut songer ainsi à ce que les papes disent de l’avortement ou de l’euthanasie. Cette distinction est à la base d’une saine ecclésiologie. Elle n’est pas, quoi qu’en disent certains contradicteurs, un « sophisme jésuite » ou une simple distinction intellectuelle – sauf à tomber dans un nominalisme réducteur. C’est une réalité dont la méconnaissance conduit inévitablement à de graves contresens.

Se tromper avec le pape ou avoir raison contre lui ?

Venons en au fond. Laurent Dandrieu veut voir un changement de doctrine de la part de l’Eglise, sous le pontificat de Pie XII. Quand jusque-là, l’Eglise mettait en première ligne la défense de la Patrie et de ses citoyens, vient désormais au premier chef l’accueil de l’étranger. On comprend bien que les circonstances terribles de la deuxième guerre mondiale sont à l’origine de cette nouvelle réflexion. Notre auteur montre qu’à partir de Pie XII l’enseignement constant du magistère ordinaire de l’Eglise – en particulier donc par la voix des papes – s’oriente vers la défense et l’accueil du migrant, au nom de la dignité intrinsèque de la personne humaine, allant sous saint Jean XXIII jusqu’à souhaiter, face à l’instauration d’un mondialisme conquérant, des institutions de gouvernance mondiale, ou sous Benoît XVI à définir un « droit fondamental » de la personne humaine à s’installer où bon lui paraît dans le nouveau « village planétaire », si son bien-être ou celui de sa famille en dépend. Laurent Dandrieu réserve ensuite ses flèches les plus acérées au pape François, dont le mode de communication – de fait parfois surprenant – devient chez notre auteur une tentative de déstabilisation de l’Europe et de collaboration à l’islamisation des vieilles terres chrétiennes.

Nous n’entrerons pas dans le détail de l’argumentation qui nécessiterait d’amples développements, mais qu’il nous soit ici permis de nous étonner de la démarche. Si je suis placé face à « un enseignement constant du magistère ordinaire » depuis plus de cinquante ans, la seule attitude du fidèle catholique devrait être : comment intégrer cet enseignement, même s’il me choque ou me dérange ? Laurent Dandrieu me cite dans son ouvrage comme archétype d’une pensée catholique « stérilisée » par sa papolâtrie et qui finit par se suicider, en citant mon article intitulé par Aletéia d’une des phrases qu’il contenait Je préfère me tromper avec le pape qu’avoir raison contre lui. Je réitère ici mon explication, des plus classique en catholicisme : l’adhésion libre, pleine et adulte de mon intelligence à un enseignement du magistère – fût-il ordinaire – est non seulement un acte de la volonté et de l’intelligence, mais aussi un signe sain de catholicité ; en un mot il s’agit d’un acte de foi. Comme je l’ai déjà écrit, un acte de foi non pas envers chacune des paroles prononcées, mais un acte de foi envers le Successeur de Pierre à qui, seul, ont été confiées les clefs du Royaume. J’accorde bien volontiers par amitié fraternelle à Laurent Dandrieu le droit très légitime et bienvenu de poser des questions ; je reste très réservé sur celui qu’il se donne de s’opposer ouvertement au magistère et de lui refuser une obéissance filiale.

Accueillir l’étranger : une priorité

La question nécessite finalement des nuances de pensées théologiques qui semblent échapper à l’analyse journalistique ou politique. A l’inverse de ce qu’écrit Laurent Dandrieu, je ne vois pas dans l’enseignement ordinaire et constant du magistère depuis cinquante ans un refus de reconnaître les droits des peuples à disposer d’eux-mêmes, à se défendre, à préserver leurs spécificités. Bien au contraire. Les appels constants des papes modernes à l’Europe pour qu’elle retrouve ses racines en sont la preuve. Saint Jean-Paul II frise parfois avec un messianisme patriotique polonais – un poète polonais, Julius Slowacki fin XIXe, ultra fervent patriote annonce la venue d’un pape polonais – ce que Jean-Paul II s’attribuera ! – Ses discours lors des voyages apostoliques en Pologne le soulignent – notamment le tout premier où il revient comme « fils de la Pologne » – jusqu’à son dernier ouvrage, Mémoire et Identité, où, n’en déplaise à Le Morhedec, il associe pensée identitaire et foi catholique. Il y a des chapitres entiers sur l’idée de nation, son lien avec la Pologne, son passé toujours vivant, présent. Il a parlé à la France comme à une personne en la tutoyant (1981) et est venu à Reims en 1996. Pour Benoit XVI, le rapport à la patrie est blessé chez les Allemands, mais il a exprimé aussi dans Ma Vie et dans son voyage apostolique en Bavière ses attaches patriotiques. Quant au pape François, il a gardé son passeport argentin au lieu d’en prendre un du Vatican… Il s’agit cependant de ne pas se tromper sur ces vraies racines : non pas un « catholicisme culturel » – que je ne méprise pas, loin de là mais qui est bien insuffisant à répondre aux défis de la crise migratoire. Non, ces racines sont en particulier marquées par les exigences mêmes de l’Evangile – dont l’accueil de l’étranger, avec son fondement vétérotestamentaire, est une des marques de l’universalité de la Bonne Nouvelle en Jésus-Christ – et sans lesquelles toute tentative de restauration d’une forme de « chrétienté » ne serait qu’un générique maurassien mal digéré !

Dépasser la dialectique

La pensée de l’Eglise n’est donc pas négation de ce qu’elle soutenait avant : le droit des peuples à se défendre et le devoir de charité envers la patrie – que l’on retrouve avec facilité dans le catéchisme de l’Eglise catholique et tant de textes pontificaux. Laurent Dandrieu crée ici une dialectique dure. Or ce n’est pas le discours de l’Eglise, qui est plutôt remise en perspective et inversion de priorité. Désormais, dans un monde devenu un village – en acceptant la mondialisation comme un fait objectif certes bien imparfait dans ses modalités – l’accueil de l’étranger devient pour l’Eglise la priorité première au nom de la dignité humaine et de la justice. Il est anormal que 10% de la population mondiale usent de 90% des ressources et donc, il est compréhensible que les populations défavorisées se déplacent vers les lieux où ces richesses se concentrent. La défense de nos modes de vies, de nos patries, de nos valeurs devient une priorité seconde. Seconde ne veut pas dire niée, comme semble le penser Laurent Dandrieu. On regrette alors que notre auteur n’ait finalement fait que la moitié de son étude, qui se serait affinée, nuancée et enrichie en y ajoutant tout l’enseignement ecclésial sur les patries terrestre et le bien commun des nations.

Ainsi, l’enseignement du magistère ordinaire, dans un domaine qui n’est certes pas de fide – dogmatique – mais qui touche à la dignité de la personne humaine et au partage des richesses de la Création, don de Dieu à l’Humanité, ne peut être traité comme une simple option, dont je pourrais me débarrasser par quelques raisonnements politiques. Il devient un appel, pressant à la Foi et à la Charité des croyants – et au-delà d’eux de tout homme. Appel aussi à la générosité et à la confiance. C’est, in fine, un appel aux peuples d’Europe à la conversion du cœur. On ne voit pas quel discours autre un pape pourrait tenir. Il m’amuse d’ailleurs de remarquer que Dandrieu en appelle au Camp des saints de Jean Raspail pour son propos. Livre, d’un pessimisme noir, dans lequel Raspail montre un pape qui tient un discours fort proche de celui du pape François, sans que Raspail lui en fasse le reproche constatant que « son » pape ne saurait en tenir un autre ! Je songe aussi à l’une des thèse favorites de feu Vladimir Volkof sur la guerre d’Algérie, dont il pensait qu’elle aurait pu être politiquement gagnée si la générosité des Français vis-à-vis des Algériens avait été jusqu’au bout et ne s’était heurtée au racisme latent et à l’égoïsme d’une nation française « de souche » repliée sur elle et refusant obstinément les mêmes droits à des arabes musulmans. La fameuse citation du général De Gaulle reste emblématique : » Si nous faisons l’intégration, si tous les Arabes et Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherait-on de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Eglises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées ! «

Immigration et identité

Le problème de la crise identitaire de la civilisation européenne – suicide de l’Europe chez Dandrieu et tant d’auteurs depuis le fameux livre d’Eric Zemmour – n’est pas d’abord un problème douanier. Il l’est partiellement, et du point de vue politique seulement ; mais il est surtout un problème spirituel, anthropologique. Les papes l’abordent sous cet angle. Pour le résoudre, faut-il seulement sortir de Schengen et remettre des frontières ou faut-il aussi, et d’abord, recréer un lien amoureux avec sa patrie, exalter ses héros, l’esprit de sacrifice, de générosité ? Dans l’anti-immigrationisme actuel, il y a chez quelques-uns une belle angoisse pour le devenir de la patrie, et chez beaucoup l’obscur désir soixante-huitard de jouir sans entrave, en égoïste des biens matériels hérités de nos pères. Ce n’est pas sur ce terrain que renaîtra l’amour de la patrie ou sa défense face au terrorisme islamique. C’est au contraire en le flagellant et en le ramenant à la notion de sacrifice, au cœur de l’amour de la patrie. Au XIXe siècle, les frontières de la Pologne ont totalement disparu, le pays a cessé d’exister légalement comme tel. Depuis 1918, elles ont considérablement évolué, mais la Pologne a continué à vivre dans le cœur des Polonais en exil sur plus de trois générations. C’est à ce niveau intime de l’âme que doit renaître l’amour de la patrie. De ce point de vue, Laurent Dandrieu passe à côté de la vraie crise de la conscience européenne et de la réponse catholique qui lui convient.

La capacité à se confronter à l’autre et à tenter de le comprendre – que j’admire tant chez nos soldats français déployés en opération extérieure et qui constitue la french touch de l’armée française – voilà l’une des racines de notre culture française universaliste, qu’elle tient de sa matrice chrétienne. C’est à cette capacité qu’en appelle l’enseignement de l’Eglise aujourd’hui. Que les citoyens engagés en politiques, que les journalistes – dont Laurent Dandrieu que l’on ne saurait encore une fois trop remercié de nous agacer – s’interrogent sur les modalités de la mise en œuvre de cette générosité, dans le cadre du respect de l’héritage reçu de nos pères – la patrie – voilà qui est légitime. L’analyse de Dandrieu pèche, et c’est un paradoxe, par une approche presque exclusivement ecclésiastique de la question, sans offrir une contribution de laïc catholique dans la sphère politique qui n’est pas celle de la hiérarchie ecclésiale. Légitime, aussi et enfin, cet appel constant désormais depuis cinquante ans de nos Pères dans la Foi que sont les papes, à dépasser nos peurs et à poursuivre l’œuvre d’évangélisation de ses nouvelles populations – sans oublier les anciennes déchristianisées – : Duc in altum ! Ne restons pas au cabotage auprès des côtes, mais allons de l’avant, fermement ancrés dans notre Foi et persuadés que celui qui tient en main la barre de Barque de Pierre ne saurait nous engager sur un chemin autre que celui voulu par Dieu dans sa Providence. Ubi Petrus ibi Ecclesia.


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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar Guillaume C. » mer. 30 août 2017, 8:21

François et les migrants : ce que les critiques révèlent

publié le 28/08/2017 à 15:10

Les réactions, souvent désobligeantes, au message du Pape François pour la journée 2018 du migrant et du réfugié, publiée en août 2017, sont révélatrices de deux graves confusions.


La contestation essentielle porte sur la trop grande bienveillance du Pape à l’égard des migrants. Ses propos concernant les conditions de leur accueil semblent à certains totalement délirants. Contrairement aux auteurs des critiques, le Pape serait d’un angélisme naïf, à la limite dangereux, concernant l’identité réelle des migrants : ils sont étrangers (à la culture européenne) et de surcroit ils sont musulmans. Le Pape ignore la menace que l’Islam fait peser sur l’Europe : voilà son tort. Demain, le Pape sera le complice tout trouvé, des attentats que l’on nous prédit. Il n’est pas comme toutes les vraies bonnes consciences qui le critiquent, un défenseur de la supériorité culturelle de l’Europe chrétienne. Ces migrants menacent l’intégrité ethnique et religieuse de l’Europe. C’est pourquoi ces auteurs ne comprennent pas que le Pape ne soit pas le défenseur de l’Europe, telle qu’elle s’est développée dans l’histoire, produisant une culture basée sur la foi au Christ, repoussant vaillamment l’hérésie que représente l’Islam pour le Christianisme.

Ces personnes revendiquant leur identité « catholique » n’hésitent plus à annoncer que Rome tombera sous la domination de l’Islam, et que le Pape en sera responsable. En attaquant ainsi le Pape, ces personnes adressent un triste signal de division à ceux qu’ils veulent combattre. Ce n’est pas parce que Rome est en Europe et est le siège de l’Eglise catholique, que l’Eglise a pour mission d’édifier une Europe chrétienne. Ce serait là une logique de domination territoriale qui consonne avec celle que l’on présume des musulmans, soucieux d’étendre leur empire sur l’Europe et sur le monde. Nous assistons ici à une première confusion : la réduction du christianisme à une identité culturelle, à un détournement de la foi au Christ dans un rapport de force culturel et religieux. Si cela a pu exister dans l’histoire, il semble que l’Eglise soit davantage soucieuse de faire entrer l’humanité dans l’ère de la liberté de conscience et dans la responsabilité personnelle qui en découle. Rome est le lieu du martyr des apôtres Pierre et Paul, témoins de la Parole de Vie qui s’énonce dans le don de soi jusqu’au bout et par amour.

Sans doute faut-il redire que le christianisme n’a pas à mimer des prétentions de conquêtes géographiques comme critères de son action, de sa crédibilité. Ce n’est pas parce que l’Evangile rapporte la parole du Christ « Allez, faites de toutes les nations des disciples, les baptisant au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit » Matthieu 28,19, que cela indique une hégémonie territoriale à atteindre. Ce ne sont pas des nations qui sont à conquérir, mais des disciples : dans toutes les nations, faites naître des disciples ! Or, un disciple du Christ est une personne qui a compris que son humanité n’était pas encore complète et que son achèvement suppose un don de soi, une relation à l’autre et le combat permanent contre l’illusion de la possession, de la jouissance et de la puissance. Autrement dit, le Pape François est d’abord le témoin de la Parole vivante de Dieu qui donne à l’être humain d’atteindre à sa plénitude. Il a pour souci l’accomplissement de l’humanité en toute personne et non pas la protection culturelle d’une Europe dont il sait qu’elle accélère sa stérilisation en se refermant sur elle-même.

Il y a bien dans l’inquiétude de tant de personnes aujourd’hui, une relation inavouée entre l’état spirituel de l’Europe et son appartenance à une religion. Dans une Europe qui a très largement renoncée à fonder son développement intellectuel et spirituel sur la Parole de Dieu, certains reprochent à l’Eglise et à ses pasteurs, cette perte d’emprise sur les âmes. C’est oublier que la foi dans la Parole de Dieu ne se commande pas, ne s’impose pas. S’il devait apparaître que le délitement spirituel et culturel de l’Europe, assommée par l’idéologie du progrès et aveuglée sur la vocation de la nature humaine, viennent d’une apostasie silencieuse des baptisés, ce serait une prise de conscience salutaire. En attendant, s’en prendre au Pape et le rendre responsable de notre état actuel relève de l’imposture.

Il faut donc rappeler que la responsabilité du Pape est d’abord le développement humain intégral, telle qu’il est apparu dans la personne du Christ. La doctrine chrétienne ne peut s’abstraire de la réalité de la personne en chair et en os. Le cardinal Parolin faisait observer, en ce sens, cette sensibilité du pape. Pour François, « la réalité est toujours supérieure à l’idée. Nous nous rencontrons dans le réel, dans la vie concrète, avant de nous confronter avec des idées et des systèmes de pensées différents. En d’autres termes, ce n’est qu’en embrassant l’autre, comme il se présente et là où il se trouve, que je peux entreprendre avec lui un voyage fraternel vers la vérité et la réconciliation ». (Discours à l’Ambassade d’Italie près le Saint Siège, le 10 mai 2017).

Il faut alors noter une seconde confusion dans les critiques adressées au Pape François. On ne distingue plus la personne de sa religion. Or, il faut de toute urgence opérer une distinction entre la personne et sa croyance. Ce n’est pas parce que ces migrants sont musulmans qu’ils ne partagent pas la même et unique humanité qui nous forme. Enfermer une personne dans sa croyance religieuse, c’est lui interdire de changer de religion, d’accéder à la rencontre et à la foi au Christ. Etre de confession musulmane, n’est pas, pour un chrétien, le dernier mot d’une identité humaine. Si les chrétiens voulaient rendre un service bien utile pour faire face aux défis de notre temps, ils seraient bien inspirés de ne pas essentialiser leur propre identité chrétienne. Un chrétien est un baptisé. Un baptisé s’efforce de vivre son baptême et de devenir ainsi « chrétien », disciple du Christ, ce qu’il ne peut vivre sans l’ouverture de son être à l’action de l’Esprit-Saint. Autrement dit, le chrétien atteste que son humanité est encore en genèse, et qu’elle croît à mesure que le Christ grandit en lui. Pour un chrétien, il faut chercher prioritairement à concevoir en soi-même l’amour dont le Christ a voulu aimer chacun de nous.

Tant que nous ne parviendrons pas à distinguer l’accueil inconditionnel des personnes (en tant qu’elles partagent la commune humanité) et l’effort de réflexion critique sur les contenus des doctrines religieuses, nous continuerons à essentialiser les identités religieuses. Il risque de devenir plus courant d’incriminer le Pape que de faire l’effort de comprendre ce qu’est l’être humain. Pour le Pape François, l’humanité est première, c’est elle que le Christ est venu sauver en chacun, en nous permettant de nous accomplir dans son propre passage vers son Père : dans le don de lui-même sans mesure. Pour cela, François est d’abord et « toujours attentif aux situations de mal-être matériel et moral, qui blessent l’humanité de notre temps ».

Si François veut prouver à l’Europe qu’elle conserve quelque chose de son dynamisme évangélique, il ne peut faire autrement que de réveiller en elle sa capacité à prendre soin de ce qu’il y a d’humain en chacun de ces migrants. Il sait que son pontificat se déroule dans une période de craquements de l’histoire. La perte du sens de l’homme en est certainement le plus assourdissant. S’il fallait que le Pape se mette à crier au loup avec tous ceux qui annoncent les nouvelles invasions barbares et sonnent le branle-bas de combat, il aurait abdiqué sa mission d’être le gardien de ce qui fait que l’être humain accède à sa pleine humanité et devient « fils de Dieu », en reconnaissant en un autre homme, fût-il son ennemi, son frère.

S’il appartient aux responsables politiques de gérer la sécurité des Etats face à l’évidente période de violence aveugle du terrorisme fondamentaliste, il appartient au Pape de regarder à ce qu’il y a de plus profond dans l’homme, car l’horizon authentique de sa vie ne se voit pas à vue humaine, mais dans la Résurrection du Christ, gage de notre avenir commun. Le chef de l’Eglise n’a pas à son agenda la sécurité de l’Europe. Il aurait davantage l’idée de conduire cette génération à se défaire de ses fausses sécurités. Ce monde n’est pas le dernier lieu de l’homme, mais le lieu transitoire par lequel l’homme accède à son humanité en ayant avant tout le goût de « la lutte contre la pauvreté, aussi bien matérielle que spirituelle, la volonté de construire la paix et de construire des ponts. » « C’est un chemin difficile » concluait le cardinal Parolin, « nous restons piégés dans la prison de notre indifférence ; un chemin irréalisable, si nous croyons que la paix n’est simplement qu’une utopie ; un chemin possible, si nous acceptons le défi d’avoir confiance en Dieu et en l’homme, et si nous nous engageons pour reconstruire une authentique fraternité, en prenant soin de la création. Il faut avoir beaucoup de courage et abandonner derrière nous les complaisantes certitudes que nous avons acquises, en nous engageant dans une authentique conversion du cœur, des priorités, des styles de vie ».


Père Laurent Stalla-Bourdillon
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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar Suliko » mer. 30 août 2017, 14:58

Bonjour,
La contestation essentielle porte sur la trop grande bienveillance du Pape à l’égard des migrants.
Disons plutôt sa trop grande bienveillance envers une immigration massive d'extra-européens en majorité musulmans.
Nous assistons ici à une première confusion : la réduction du christianisme à une identité culturelle, à un détournement de la foi au Christ dans un rapport de force culturel et religieux.
Qu'on le veuille ou non, l'Europe a forgé son identité en puisant aux sources chrétiennes et refuser qu'une immigration musulmane incontrôlée déstabilise tout un continent n'a rien de contraire au catholicisme.
Si cela a pu exister dans l’histoire, il semble que l’Eglise soit davantage soucieuse de faire entrer l’humanité dans l’ère de la liberté de conscience et dans la responsabilité personnelle qui en découle.
Quel prêchi-prêcha moderniste ! Accepter une immigration musulmane massive ne va en rien favoriser la liberté de conscience. Les musulmans ne vont pas se mettre à défendre des valeurs contraire au Coran parce qu'on les accueille chez nous. Les pays islamiques ne deviendront pas plus tolérants sous prétexte que le pourcentage de musulmans en Europe augmentera peu à peu. C'est totalement absurde comme raisonnement. Absurde et suicidaire. Ce qui risque même de se produire, c'est une augmentation des conversions à l'islam en Europe, et c'est bien la dernière chose dont on ait besoin actuellement.
Ce ne sont pas des nations qui sont à conquérir, mais des disciples : dans toutes les nations, faites naître des disciples !
Et la royauté sociale de Notre Seigneur Jésus-Christ, qu'en fait notre auteur ? Dieu doit régner non seulement dans les cœurs, mais également dans les sociétés et les gouvernements. Voici quelques petites citations de Quas Primas de Pie XI afin de remettre les idées de certains en place (c'est moi qui souligne) :
Jamais ne pourrait luire une ferme espérance de paix durable entre les peuples tant que les individus et les nations refuseraient de reconnaître et de proclamer la souveraineté de Notre Sauveur.

Ce serait une erreur grossière de refuser au Christ-Homme la souveraineté sur les choses temporelles, quelles qu'elles soient: il tient du Père sur les créatures un droit absolu, lui permettant de disposer à son gré de toutes ces créatures.

Il n'y a lieu de faire aucune différence entre les individus, les familles et les Etats; car les hommes ne sont pas moins soumis à l'autorité du Christ dans leur vie collective que dans leur vie privée. Il est l'unique source du salut, de celui des sociétés comme de celui des individus: Il n'existe de salut en aucun autre; aucun autre nom ici-bas n'a été donné aux hommes qu'il leur faille invoquer pour être sauvés.

Les chefs d'Etat ne sauraient donc refuser de rendre - en leur nom personnel, et avec tout leur peuple - des hommages publics, de respect et de soumission à la souveraineté du Christ; tout en sauvegardant leur autorité, ils travailleront ainsi à promouvoir et à développer la prospérité nationale.
Or, un disciple du Christ est une personne qui a compris que son humanité n’était pas encore complète et que son achèvement suppose un don de soi, une relation à l’autre et le combat permanent contre l’illusion de la possession, de la jouissance et de la puissance.
Un tel discours pourrait tout aussi bien sortir de la bouche d'un soufi ou d'un bouddhiste... On en tirera les conclusions que l'on veut.
Dans une Europe qui a très largement renoncée à fonder son développement intellectuel et spirituel sur la Parole de Dieu, certains reprochent à l’Eglise et à ses pasteurs, cette perte d’emprise sur les âmes. C’est oublier que la foi dans la Parole de Dieu ne se commande pas, ne s’impose pas. S’il devait apparaître que le délitement spirituel et culturel de l’Europe, assommée par l’idéologie du progrès et aveuglée sur la vocation de la nature humaine, viennent d’une apostasie silencieuse des baptisés, ce serait une prise de conscience salutaire. En attendant, s’en prendre au Pape et le rendre responsable de notre état actuel relève de l’imposture.
Ce paragraphe passe totalement sous silence la responsabilité écrasante du haut clergé dans l'apostasie massive des Occidentaux. Ce n'est pas avec des discours droits-de-l'hommistes et maçonniques que les peuples vont revenir à la foi. Au contraire, c'est ce qui leur a fait perdre toute foi. Je me demande quand le clergé va enfin se réveiller et se repentir de ses erreurs.
Ce n’est pas parce que ces migrants sont musulmans qu’ils ne partagent pas la même et unique humanité qui nous forme. Enfermer une personne dans sa croyance religieuse, c’est lui interdire de changer de religion, d’accéder à la rencontre et à la foi au Christ. Etre de confession musulmane, n’est pas, pour un chrétien, le dernier mot d’une identité humaine.
Je ne sais pas sur quelle planète vit l'auteur de cet article, mais quant à moi, je peux aisément constater que les musulmans n'ont très généralement pas envie de se convertir au christianisme et de renoncer à la sharî'a ! Ce ne sont pas les chrétiens européens qui les enferment dans leur identité religieuse, mais eux-mêmes ! Et rêver d'une évangélisation massive des immigrés musulmans, c'est se mettre le doigt dans l’œil ! Ces mêmes rêveurs sont déjà tout juste capables d'élever chrétiennement leurs propres enfants, alors que les conditions pour les fortifier dans la foi sont malgré tout plus favorables que celles nécessaires à l'évangélisation des musulmans !
reconstruire une authentique fraternité, en prenant soin de la création
Cela ne saurait se faire en dehors de la vraie foi. L'Eglise n'est pas une ONG, combien de fois faudra-t-il le rappeler ?

Suliko (navrée de lire tant de niaiseries...)
Dernière édition par Suliko le jeu. 31 août 2017, 10:06, édité 1 fois.
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

Cinci
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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar Cinci » mer. 30 août 2017, 16:26

TVliberté
Interview récente du Père Boulad s.j.

https://www.youtube.com/watch?v=_j_NtvcySUA

15e minute : "... accusation de complaisance du haut clergé français envers l'islamisme ... pas seulement ... tout le courant amorcé depuis Nostra Aetate"

16 : 34 : "... la charité sans la vérité ça ne va pas ...

17 : 40 : "... le fameux islamologue égyptien [Georges]Anawati dominicain très connu ... un ami à moi, il est mort depuis ... il me disait j'ai passé deux heures avec un chef de l'Azhar qui m'écoutait très gentiment, très attentivement avec un sourire et quand j'eûs terminé au lien de me répondre à mes arguments par d'autres argument, il me dit : "Écoutez, vous et tous les chrétiens finirez en enfer." Ça été la conclusion du dialogue.

- Et le Pape François, le Pape actuel qui est jésuite comme vous, est-ce que ça ne vous aide pas à mieux comprendre sa démarche, et peut-être à dialoguer avec lui?

18, 22 : "... je lui ai envoyé une lettre il y a huit mois à peu près, en lui disant: "Très Saint Père, cher confrère puisqu'il est jésuite comme moi, je vous aime, je vous admire, mais permettez-moi de vous faire une petite remarque. Il y a deux points sur lequel je ne suis pas d'accord avec vous. L'islam que vous ne connaissez pas pour ne pas l'avoir vécu. Quand on n'a pas baigné dedans on ne sait pas ce que c'est. Quand on apprend par des encyclopédies, des livres, on ne sait pas. Et sur l'immigration massive en Europe que vous encouragez." Alors, il ne m'a pas répondu. Je lui ai réexpédié. La première lettre lui a été remise par le cardinal Schönborn personnellement, en main. La deuxième lettre je l'ai traduite en espagnol et je l'ai envoyée par un évêque égyptien, un de mes amis, il y a trois mois, lors de sa visite ad limina. Donc, il a reçu cette lettre en main. Il ne m'a pas répondu. Or il y a un quart d'heure, on me disait : quand quelqu'un lui envoie des voeux de Noël, il lui répond. Il a tout un secrétariat pour ça. Mais, moi, son confrère, son aîné si je puis dire et qui a quelque chose à lui dire, je lui propose de le rencontrer, de dialoguer, de causer... Fin de non-recevoir. Je suis surpris. Et un peu peiné, si je puis dire.

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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar PaxetBonum » mer. 30 août 2017, 17:32


16 : 34 : "... la charité sans la vérité ça ne va pas ...
C'est là tout le fond du problème.

Parfaitement exprimé par Chesterton :

"Le monde moderne n’est pas méchant ; sous certains aspects, le monde moderne est beaucoup trop bon. Il est plein de vertus désordonnées et décrépites. Quand un certain ordre religieux est ébranlé (comme le fut le christianisme à la Réforme), ce ne sont pas seulement les vices que l’ont met en liberté. Les vices, une fois lâchés, errent à l’aventure et ravagent le monde. Mais les vertus, elles aussi, brisent leur chaînes, et le vagabondage des vertus n’est pas moins forcené et les ruines qu’elles causent sont plus terribles. Le monde moderne est plein d’anciennes vertus chrétiennes devenues folles. Elles sont devenues folles, parce qu’isolées l’une de l’autre et parce qu’elles vagabondent toutes seules. C’est ainsi que nous voyons des savants épris de vérité, mais dont la vérité est impitoyable ; des humanitaires éperdus de pitié mais dont la pitié (je regrette de le dire) est souvent un mensonge. Mr Blatchford attaque le christianisme parce que Mr Blatchford a la monomanie d’une seule vertu chrétienne, d’une charité purement mystique et presque irrationnelle. Il a une idée étrange : c’est qu’il rendra plus facile le pardon des péchés en disant qu’il n’y a pas de péchés."

La charité sans la Vérité n'est rien… car elle est hors du Christ qui EST la Vérité.
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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar PaxetBonum » mer. 30 août 2017, 17:52


Père Laurent Stalla-Bourdillon
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Et bien avec un tel aumônier nos parlementaires ne sont pas près de se convertir…

Cela ne m'étonne pas de la Vie de produire un tel flot de stupidité empreintes de bons sentiments (vivant exemple des vertus devenues folles de Chesterton). La Vie catholique, devenue La Vie chrétienne pour finir actuellement en 'La Vie'… promoteur de mort…

Je loue le Seigneur pour le saint prêtre qui a prononcé le sermon de dimanche et qui rappelait que l'on pouvait et parfois avait le devoir de s'opposer même au pape sur tout ce qui ne dépend pas de son infaillibilité. Et de rappeler que le discours du pape s'oppose à la doctrine sociale de l'Eglise : l'individu ne prime pas sur la communauté sinon le soldat ne pourrait donner sa vie au combat pour sauver sa communauté.
Pax et Bonum !
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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar Cinci » jeu. 31 août 2017, 17:34

Paxetbonum,

Vous parlez d'un prêtre "en chaire", durant l'homélie, qui aurait déclaré que le discours du pape serait contraire à la doctrine sociale de l'Église? Est-ce que j'ai bien compris? Je suis curieux. Juste pour être sûr.

:?:

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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar PaxetBonum » ven. 01 sept. 2017, 8:41

Paxetbonum,

Vous parlez d'un prêtre "en chaire", durant l'homélie, qui aurait déclaré que le discours du pape serait contraire à la doctrine sociale de l'Église? Est-ce que j'ai bien compris? Je suis curieux. Juste pour être sûr.

:?:
Oui c'est cela.
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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar Incertain » ven. 01 sept. 2017, 11:45

Bonjour à tous,

il y a une chose qui me trouble avec cette question des migrants : comment se fait-il que certains migrants sont autant impliqués dans des affaires de violence, d'émeutes, d'agressions ? (A Rennes, les "mineurs isolés" posent des problèmes, à Calais on a vu des images d'émeutes, des routiers attaqués, etc.).

Je pense qu'accueillir est un bien, mais cela n'est possible que si on voit une certaine reconnaissance. Or quand j'ai lu avec effarement que des migrants chrétiens étaient persécutés par des migrants musulmans, je trouve qu'il y a quelque chose qui ne va pas.

Peut-on accueillir ceux des migrants qui dès leur arrivée se montrent vindicatifs, voire hostiles ? Qu'en dirait l'église ?

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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar Cinci » ven. 01 sept. 2017, 19:26

Suliko a écrit :

Quel prêchi-prêcha moderniste ! Accepter une immigration musulmane massive ne va en rien favoriser la liberté de conscience. Les musulmans ne vont pas se mettre à défendre des valeurs contraire au Coran parce qu'on les accueille chez nous. Les pays islamiques ne deviendront pas plus tolérants sous prétexte que le pourcentage de musulmans en Europe augmentera peu à peu. C'est totalement absurde comme raisonnement. Absurde et suicidaire. Ce qui risque même de se produire, c'est une augmentation des conversions à l'islam en Europe, et c'est bien la dernière chose dont on ait besoin actuellement.
Tout à fait.


Merci, Pax.

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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar Cinci » sam. 02 sept. 2017, 5:47

Il serait souhaitable de pouvoir disposer d'un véritable journalisme d'enquête concernant toute la filière de l'actuelle invasion.



Vidéo :

https://www.youtube.com/watch?v=9_ViEyk ... e=youtu.be

Il y a des pistes valables là-dedans?

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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar gerardh » sam. 02 sept. 2017, 10:26

________

Bonjour,

Il y a beaucoup d'iniquité dans le monde, y compris occidental : islam, religions asiatiques diverses, fausses religions dites chrétiennes, idolâtries, communisme, démocratures, populisme, tyrannies, violences , corruptions, chrétiens seulement de nom ...

Donnons un verre d'eau froide aux ennemis de Christ et nous accumulerons des charbons ardents sur leurs têtes.

Dieu n'est-il pas assez puissant pour mettre fin à tout débordement selon sa volonté bonne, agréable et parfaite ?

Annonçons l'évangile et ne nous préoccupons pas du reste. Par exemple dans Actes nous voyons qu'il y eut une persécution à Jérusalem qui occasionna l'exode de nombreux disciples. mais ceux-ci dans leur exil, répandirent l'évangile où ils se trouvaient, ce qui en résulta beaucoup de bien.

Je sais que dans les camps de réfugiés, par exemple au Liban ou en Jordanie, l'évangile est annoncé pour la première fois à beaucoup.

_________

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Re: Quelques données sur les migrants

Message non lupar PaxetBonum » sam. 02 sept. 2017, 17:27

Dieu n'est-il pas assez puissant pour mettre fin à tout débordement selon sa volonté bonne, agréable et parfaite ?
_________
Oui bien sûr
Nos frères chrétiens furent secourus par les croisés quand ils étaient soumis en esclavage par l'islam
L'envahissement islamique a été arrêté à Poitier par des épées.
La bataille de Lépante bloqua l'ivasion islamique.
Dieu est indubitablement intervenu suite aux prières qui lui furent adresser.

L'Eglise demande-t-elle toujours que nos frères soient délivrés du joux de l'islam ?
Sommes nous disposés à donner nos bras, nos vies pour arrêter l'envahisseur ?
Pax et Bonum !
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