Retour sur la fusillade de la mosquée à Québec

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Cinci
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Retour sur la fusillade de la mosquée à Québec

Message non lupar Cinci » ven. 17 févr. 2017, 16:47

Bonjour,

C'est que je viens de lire ce fil ci-dessous dans le forum de l'ami Ren'.

http://dialogueabraham.forum-pro.fr/t30 ... ne-mosquee



Un intervenant régulier Idriss (musulman, par ailleurs sympathique) faisait le commentaire suivant :
La notion de laïcité dévoyée par la fachosphère. La Laïcité a été instauré entre autre pour protéger les minorités contre ce genre d'exactions ...
On pourrait corriger la remarque et dire plutôt que la laïcité en France a été instauré pour protéger l'État national et les personnes des manoeuvres politiques de groupes religieux. La laïcité c'est comme en Égypte : pour neutraliser les frères musulmans. La laïcité en Israël : c'est pour ligotter les rabbins orthodoxes ou ultra-orthodoxes, pour "casser les dents et les deux pieds" des intégristes religieux et les empêcher d'emmerder royalement tout le monde, pour éviter que ceux-là forcent les gens du groupe à s'agenouiller, à faire des ablutions, à se reposer le samedi, etc.

La laïcité sert normalement à faire la peau aux ayatollahs qui veulent forcer les femmes à s'enterrer vivantes sous un uniforme dépersonnalisant.

Je trouve que le site de Ren' pèche peut-être un petit peu en omettant souvent de rappeler des "petits détails" de ce genre.

Je ne sais pas si c'est plus facile de s'acharner contre notre bon abbé Guy Pagès, contre les identitaires gaulois (minoritaires), contre les beauf' de Cabu; cependant que feu Cabu, rappelons-le, n'est pas mort non plus du fait d'avoir pu croiser un évêque intégriste dans le métro.

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Re: Retour sur la fusillade de la mosquée à Québec

Message non lupar Trinité » sam. 18 févr. 2017, 1:04

Cinci.

"cependant que feu Cabu, rappelons-le, n'est pas mort non plus du fait d'avoir pu croiser un évêque intégriste dans le métro."

Tout à fait!

Cinci
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Re: Retour sur la fusillade de la mosquée à Québec

Message non lupar Cinci » sam. 18 févr. 2017, 2:30

Autre chose?

Il est fait allusion à un message de Charles Demassieux qui fut édité sur la page principale du site Riposte laïque.

Quoi dire?

Il est évident que le jeune québécois qui a ouvert le feu dans la mosquée à Québec est dans le tort. Il a posé un geste criminel. Il ne deviendra pas un héros avec ça non plus. Et l'écrivain Demassieux ferait donc une erreur de le qualifier de "résistant". On ne peut pas minimiser la gravité de la chose en elle-même. Tuer des innocents ...




Mais après ...

Là où l'intervenant du site Riposte laïque n'aura pas complètement tort (eh oui, malgré tout) : c'est sur le fait que beaucoup aimerait visiblement s'empresser de ranger ce crime du tueur isolé dans la catégorie du "terrorisme". Nous pouvons commencer ici à dresser l'oreille. En effet, - de terrorisme, non je ne crois pas que ce soit le cas.

Des individus isolés décidant un jour de passer à l'acte, pour abattre des gens au hasard et bien que choisissant de le faire dans un lieu symbolique quelconque : ce n'est pas la première fois que la chose arrive. Et, jusqu'ici, nous n'avons jamais vu que les assassins auraient pu être qualifiés de terroriste. Il y a là une nouveauté sémantique.

Il faut voir

Même le tireur de l'école polytechnique de Montréal en 1989 et qui a tué quatorze personnes, sans compter le nombre de blessés plus élevé encore, n'a jamais été qualifié de terroriste. Breivik n'est pas considéré comme un terroriste non plus, ni le tueur de Charleston aux États-Unis ni non plus Kimveer Gill qui a tué une personne et en a blessé une vingtaine d'autres au collège Dawson.



Le terrorisme

Normalement, si on évoque du terrorisme mais l'on se réfère à des organisations politiques, et qui utilisent alors la violence d'une façon planifiée, logique, rationnelle, calculée, toujours dans l'espoir d'y parvenir à réaliser un certain gain sur le plan politique.

C'est le terrorisme de l'OLP en 1970, de l'IRA en Irlande, des commandos suicides au LIban pour forcer le retrait de l'armée américaine, les attentats terroristes en Algérie (des massacres de villages entiers) pour forcer les musulmans à se mobiliser contre les Français, et ainsi éviter de se faire massacrer eux-mêmes par les égorgeurs.

On parle de terrorisme quand il s'agit d'une campagne orchestrée par des Talibans pour forcer les femmes à faire ceci, les hommes à porter la barbe, etc. Le terrorisme c'est ce que fait l'État islamique avec ses vidéos étudiés, songés, travaillés. Il s'agit toujours d'instrumentaliser un massacre dans le but que ces cibles politiques choisies fassent ceci ou cela. Que les chrétiens fuient le pays, qu'une puissance occupante se retire, que le gouvernement local libère des prisonniers ou cède sur certains principes (accepte de promouvoir la shari'a, promulgue une interdiction de commercer le dimanche, etc.)

Le cow-boy urbain

Autrement, un geste de desperado isolé, le projet qui trouve sa source dans la personne même qui décide de commettre un acte suicide : ce n'est pas du terrorisme comme c'est plutôt un geste de colère haineuse, de rage froide, un événement qui s'apparente à une sorte de crime passionnel même s'Il peut être prémédité. Sous l'explosion de rage meurtrière peut se trouver différents motifs comme celui de se venger des musulmans, des juifs, des chrétiens, des Noirs, des homosexuels, des féministes, des politiciens et plus. Ce n'est pas vraiment du terrorisme à mon avis mais bien plutôt le désir de passer pour un super champion, une sorte de justicier auprès d'un certain public réel ou imaginaire. C'est l'équivalent du personnage de Robert de Niro dans Taxi Driver.

Il ne faut pas confondre un certain type de réalité avec l'autre, les Talibans avec le tireur fou de Charleston ou le tireur fou à Québec.

Enfin

Il serait difficile de se défaire d'une impression : l'usage du terme "terroriste" dans un cas tout récent comme celui de Québec a bien pour but de préparer le terrain pour la récupération politique de l'événement, au profit de ceux que l'on connaît bien. Je ne pense à nos politiciens libéraux pro-diversité, ultra-immigrationiste, les associations et groupes qui ont tout intérêt à gonfler la menace que la société québécoise devrait représenter pour les minorités.

Je trouve décevant de voir qu'aucun intervenant chez Ren' n'est capable de soulever ce point. Au Canada, tenter de culpabiliser les Québécois (souvent avec succès d'ailleurs) relève plus que d'une sorte de sport national. En terme de phénomène de société, ce stade est dépassé. On pourrait quasiment penser à une industrie de propagande.

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Re: Retour sur la fusillade de la mosquée à Québec

Message non lupar Cinci » lun. 20 févr. 2017, 19:56

Tiré de l'autre forum :
Nicolasticot :
Je pourrais comprendre s'il disait ça au moins d'une personne qui aurait choisi de prendre les armes pour cibler des extrémistes,
mais les Batman passent rarement à l'acte, ceux qui prennent les armes ont pratiquement toujours la particularité de pas faire dans la distinction. On dirait même que la première chose qu'ils s'empressent de faire est de viser le plus parfait innocent possible (mitrailler des gens assis en train de prier "pour résister" , écraser une foule avec un camion à Nice, ou égorger le prêtre Jacques Hamel )

Appeler ce massacre "résistance" avec tout ce que ce mot comporte de noble ... pour le coup l'obsession de cet homme lui à fait perdre tout sens des réalités mais surtout son sens moral en chemin...
Exact.

... Batman, Zorro ... Taxi Driver ... ou le justicier masqué!

En réalité, comme une réaction folle face à ce qui est ressenti par le sujet comme une ombre menaçante, un danger réel qui menacerait un grand ensemble comme la communauté, la cité, le pays, la race, les croyants, etc. Réaction face à un danger sur lequel personne ne pourrait exercer une emprise suffisante pour le conjurer. Robert de Niro dans Taxi Driver constate que la corruption est partout, de même la décadence, et alors que l'impuissance règne face à tout cela. Les dirigeants sont des nuls. Le coup de torchon s'imposerait ...

Sentiment d'impuissance face à l'homosexualité que valoriserait de plus en plus de gens ("Plus moyen d'endiguer le mal! il faudrait pourtant faire quelque chose ..."), ou juste courroux face au constat que "... les bonnes valeurs disparaissent et ce depuis que le règne des féministes est arrivé ... "

Pas tellement du terrorisme. Plutôt, une volonté de "faire justice" d'un mal, châtier le mal. Un mécanisme interne semblable à celui présent chez le jeune Juif dans les années 1930 et qui a pu abattre symboliquement un diplomate du régime nazi. Sentiment d'impuissance collective en face d'une ombre menaçante qui paraît s'élever ...

Le véritable terrorisme c'est autre chose.

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Re: Retour sur la fusillade de la mosquée à Québec

Message non lupar Cinci » mar. 21 févr. 2017, 16:30

... et ne surtout pas oublier ceci :
L’auteur retrace l’origine du mot apparu brièvement dans le dictionnaire colonial au début du siècle dernier, mais qui ne renaîtra qu’avec la révolution khomeyniste. Le titre de premier « islamophobe » contemporain revient donc à l’écrivain Salman Rushdie, condamné à mort pour blasphème, ainsi qu’à la féministe Kate Millett, expulsée de Téhéran en 1979 pour avoir condamné l’imposition du voile aux Iraniennes. Depuis, les pays musulmans n’ont eu de cesse de faire sanctionner l’islamophobie jusque dans les instances de l’ONU en prenant toujours soin de l’assimiler à une forme de racisme.
L'auteur? C'est Pascal Bruckner. Il s'agit de son dernier livre intitulé Un racisme imaginaire, islamophobie et culpabilité.


Il est très bien d'être catholique. La piété, il en faut. L'objectif c'est la sainteté. En même temps, il n'est pas nécessaire de s'en laisser imposer par la mentalité ambiante, l'esprit du monde, le trudeauisme, le sarko-hollandisme ou les obamasseries merkeliennes et autres vendeurs de cochonneries. On peut bien vouloir critiquer les trumperies, à condition de pouvoir fustiger la gouvernante gauchitude de l'empire du Bien.

D'après moi ...

Non, le salut ne réside pas dans le baratin de nos politiciens "entrepreneurs", qui sont champions pour renier et liquider tout à la fois l'héritage spirituel de leurs pères et leur propre civilisation, en échange d'un plat de lentilles.

Le fait divers, la tuerie d'un jeune égaré, le drame de quelques victimes réelles : rien de cela ne fera de moi un collaborateur de la pensée libérale (et vendue!) de nos gros maires de Montréal ou de Québec. Jamais!

La source :
http://www.ledevoir.com/societe/actuali ... imaginaire
Dans nos pays, le seul fait d’évoquer un « problème musulman » et la montée de l’intégrisme vaut aujourd’hui des procès en sorcellerie à des intellectuels comme Michel Houellebecq, Georges Bensoussan, Jeannette Bougrab, Djemila Benhabib et Pascal Bruckner lui-même. Sans oublier les dessinateurs de Charlie Hebdo.

Par une analyse minutieuse, l’auteur démontre comment, grâce à la nouvelle concurrence victimaire, l’islamophobie a par glissements successifs tenté d’occuper la place qu’occupait l’antisémitisme au sortir de la guerre. Il est pourtant absurde de comparer, dit Bruckner, la place des musulmans aujourd’hui à celle des juifs dans les années trente. Où les musulmans subissent-ils la pire répression sinon dans les pays musulmans eux-mêmes ? Et si l’Europe est si islamophobe, pourquoi vient-on s’y réfugier par millions ? Ne serait-ce pas justement parce qu’on peut y pratiquer, ou ne pas y pratiquer, sa religion librement ?
Donc, si j'aurais un reproche à faire à bien des Français (et bien des Québécois!) mais c'est à l'égard de leur veulerie, leur perméabilité très grande envers le système de pensée qui peut avoir la cote dans le monde (mondanité). C'est assez choquant à quelque part. Si cette soumission à la mondanité est chose inévitable? Peut-être. Dans une large mesure? Peut-être. La chose n'en est pas moins choquante.


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