La communion spirituelle

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Suliko
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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Suliko » jeu. 05 déc. 2019, 23:32

Bonjour Sam D.,

Le gros souci de votre position, c'est que nier ne serait-ce qu'un dogme de l'Eglise catholique, c'est faire naufrage dans la foi et tomber dans l'hérésie...On ne peut pas, en tant que catholique, choisir dans les dogmes et la morale ce qui nous convient et rejeter ce qui nous semble erroné ou trop rigide. La conscience personnelle n'est pas la mesure de toute chose et en l'occurrence, elle se trompe assez souvent. Combien de gens de nos jours ne voient rien à redire au divorce, à l'indifférentisme religieux, à l'avortement, etc... ? Cela en fait-il pour autant des valeurs vraies, qu'un catholique peut tenir sans problème ? Evidemment non. Un catholique fidèle a l'humilité, lorsqu'il ne comprend pas parfaitement le bien-fondé de telle position morale de l'Eglise, de ne pas penser que son avis personnel est supérieur à celui des Saintes Écritures, des Pères, des théologiens catholiques et des conciles.

Pour en revenir à la question de ce fil (la communion spirituelle), je pense que si dans les églises modernes, tout le monde réclame son droit à l'eucharistie, c'est en partie parce que la foi en la Présence Réelle y est faible. Mais les clercs, avec leurs réformes néfastes, en sont grandement responsables... Et pour être honnête, j'en viens à me demander très souvent si la communion fréquente encouragée par saint Pie X fut tellement une bonne chose pour le peuple chrétien. Après de fervents débuts, j'ai l'impression que la situation a assez rapidement dérapé...
C'est pourquoi elle seule, prédestinée avant les générations et annoncée par les prophètes, la Mère du Créateur de tout l'univers, non seulement n'a participé en rien à la tache originelle, mais elle est toujours demeurée pure comme le ciel et toute belle. (extrait du règlement pour le monastère de Biélokrinitsa (1841)

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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Trinité » ven. 06 déc. 2019, 1:23

Suliko a écrit :
jeu. 05 déc. 2019, 23:32


Pour en revenir à la question de ce fil (la communion spirituelle), je pense que si dans les églises modernes, tout le monde réclame son droit à l'eucharistie, c'est en partie parce que la foi en la Présence Réelle y est faible.
Bonsoir,

C'est une déduction qui vous est propre !
Lorsqu'au moment de la consécration le prêtre présente le corps et le sang du Christ, les paroissiens ne sont pas fous!
Ils savent bien qu'ils ne vont pas manger une hostie simplement!

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Carhaix
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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Carhaix » ven. 06 déc. 2019, 7:48

Trinité a écrit :
ven. 06 déc. 2019, 1:23
Suliko a écrit :
jeu. 05 déc. 2019, 23:32


Pour en revenir à la question de ce fil (la communion spirituelle), je pense que si dans les églises modernes, tout le monde réclame son droit à l'eucharistie, c'est en partie parce que la foi en la Présence Réelle y est faible.
Bonsoir,

C'est une déduction qui vous est propre !
Lorsqu'au moment de la consécration le prêtre présente le corps et le sang du Christ, les paroissiens ne sont pas fous!
Ils savent bien qu'ils ne vont pas manger une hostie simplement!
Dans le protestantisme, c'est pourtant le cas. Le pain est purement symbolique. Et les propos de Sam D. tendent vers cette finalité : les sacrements sont un frein, pour certains fidèles (spécialement les divorcés), parce qu'ils les "criminalisent", et ont une fonction excluante, discriminante. Et donc pour réserver le plus large accueil du peuple de Dieu à la miséricorde, il est nécessaire d'abolir les sacrements (l'Église s'est juste trompée pendant 2000 ans), et de les transformer en une commémoration sur le modèle protestant. Il n'y a donc plus de barrage du prêtre entre Dieu et le fidèle (c'était donc le prêtre, le problème, depuis 2000 ans ! Heureusement qu'on a fini par s'en rendre compte !) On remplace le prêtre par un pasteur chargé de prêcher (quoi ? on ne sait pas trop, puisque de toute façon, on ira tous au paradis, quelle que soit sa vie, ce qui revient à réduire l'Évangile à presque rien niveau prédication), chacun fera son libre examen (ou pas), l'Église s'en lave les mains, comme Pilate. Il n'y a plus de brebis perdue ni de mauvais pasteur. Tout est bon, tout est relatif, tout se vaut, et à chacun sa vérité.

Et moi, je pose la question qui tue : qu'est-ce qui prouve que le Christ soit le fils de Dieu ? La Trinité n'est-elle pas un montage invraisemblable ? Est-ce que ça a encore un sens ? Pourquoi Mahomet ne serait pas un prophète authentique ? Et Bouddha ? Est-on vraiment sûr que Dieu existe ? Et l'âme ? Pourquoi s'arrêter en si bon chemin dans les remises en cause ? Pourquoi aller à la messe si ça ne change rien fondamentalement ? Ai-je vraiment besoin d'aller m'ennuyer à la messe pour être chrétien ? Je pose cette série de questions, car pour moi, si un jour les idées de Sam D. l'emportaient, je me considèrerais comme quitte de toute obligation. C'est juste une conséquence logique (et c'est bien pour cela que la génération qui suit laisse effectivement tomber la religion catholique, qui perd automatiquement tout intérêt, ou du moins tout caractère d'obligation).

Alors il reste une ultime mise en perspective : est-ce que l'Église s'est trompée pendant 2000 ans, et l'époque moderne a enfin découvert la vérité, ou bien est-ce l'époque moderne qui court à sa perte à brève échéance ? Quand on voit ce qu'est en train de devenir l'Europe, on se rend compte que Sam D., Levergero, etc., sont davantage des fossoyeurs que des refondateurs.

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Sam D.
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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Sam D. » ven. 06 déc. 2019, 13:01

Dans le protestantisme, c'est pourtant le cas. Le pain est purement symbolique. Et les propos de Sam D. tendent vers cette finalité : les sacrements sont un frein, pour certains fidèles (spécialement les divorcés), parce qu'ils les "criminalisent", et ont une fonction excluante, discriminante.
Vous faites une interprétation indue de mes propos. Je n'affirme pas que les sacrements soient un frein ; ce qui l'est, c'est cette momification de la morale, à laquelle la théologie vient servir de sarcophage ! Encore une fois, si cela vous sied, j'en suis ravi pour vous, mais veuillez entendre que cela ne soit pas le cas de tous, et que l'on puisse se rebiffer devant cette tendance à toujours vouloir faire passer le Sabbat avant l'homme.
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Re: La communion spirituelle

Message non lu par cmoi » ven. 06 déc. 2019, 13:41

Cendrine a écrit :
mar. 03 déc. 2019, 16:04
Monsieur cmoi,

Nous allons vous tirer notre chapeau car en quelques mots fulgurants vous venez de nous rappeler les raisons de la crise de l'Église, et je le dis sans rire :

- les demandes de Notre Seigneur sont trop grandes,
- et la porte est trop étroite,
- et il y a des méchantes personnes qui essaient de la passer malgré leur faiblesse humaine.

C'est donc pour tout ça que les gens sont devenus non croyants.

A vous lire, on a le vertige, car vous donnez avec une vigoureuse honnêteté les (mauvaises) raisons pour lesquelles les gens fuient une Église qui tient bon sur ses fondations, qui ne sont autres que Jésus lui-même.

Vous avez simplement raison, il n'y a pas de quoi s'en réjouir, mais on comprend pourquoi nos copains préfèrent s'essayer au bouddhisme, au développement personnel, ou au catholicisme dans sa version moderne thérapeutico-spirituelle ! Ou, pour ceux qui ont le confort moins rivé aux semelles, il y a aussi l'islam. En un mot : tout mais pas cette vieille Église qui nous empêche de vivre ! :toast:
Madame (ou mademoiselle) Cendrine,
je suis entièrement d'accord avec votre démarche (toute flatterie mise à part....) et je tiens à préciser que je ne cherche pas à "couler" l'Eglise, mais à la voir se relever et que pour cela, elle a besoin d'un électrochoc
Je veux dire sur le fond et que sur le global, vous avez raison et j'apprécie ce que vous dites et comment vous le dites.

Mais vous ne réglez pas le problème et vous reconnaissez pourtant qu'il y en a un.

Comme j'ai pas mal de retard de lecture, je vais m'arrêter là maintenant.
Cela vous laisse le choix d'expliquer selon vous lequel il est, et comment le résoudre (outre ce que vous avancez).
J'y reviendrai sinon plus tard, car cela ne concerne pas que le divorce, et je suis prêt à repartir sur la base de votre "remise à l'heure" que je trouve très pertinente et pour laquelle, aussi sincèrement que je vous crois sincère, je vous remercie.
Cordialement.

cmoi
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Re: La communion spirituelle

Message non lu par cmoi » ven. 06 déc. 2019, 13:45

Carhaix a écrit :
mar. 03 déc. 2019, 20:54
D'après ce que je comprends, le seul problème que Sam D., Cmoi, et d'autres, voient dans le Sacrement de Réconciliation concerne la question du divorce.

Est-ce que je me trompe ou non ?
Oui et non. Je dis que la brèche s'est ouverte par ce sujet, mais elle s'est agrandie par de mauvaises réponses à des questions comme par exemple le SIDA/préservatif, pour des raisons très compréhensibles : on craignait qu'en disant "oui" au préservatif dans ce cas précis, cela serait entendu comme un "oui" dans bien d'autres cas...

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Re: La communion spirituelle

Message non lu par cmoi » ven. 06 déc. 2019, 14:06

Je voudrais quand même dire aussi que la position de l'Eglise sur le divorce ne relève pas du dogme mais de la morale et est susceptible d'évoluer, ce qu'elle a un peu déjà fait mais avec beaucoup de retard.
Dans l'ancien testament, on lapidait l'adultère. Donc son conjoint pouvait refaire sa vie.
Dans le nouveau, on lui pardonne : bravo ! Mais s'il n'en a que faire et continue ses bravades, on fait quoi ?
L'Eglise orthodoxe n'a pas oublié l'exception que les évangiles mentionne, et qui pour le moins pourrait être reconnue comme s'appliquant au moins à l'adultère durable (que ce soit avec un ou des partenaires, avec rupture de la vie commune ou non) ou devenu "mode de vie" de l'un des 2.
Je ne crois pas que ce soit là refuser la voie étroite, mais offrir une vraie porte de secours à des personnes dans la difficulté, qui n'ont rien fait de mal et qui supportent parfois des situations insupportables, sans beaucoup de secours.
C'est leur rendre par la miséricorde la possibilité que l'ancien testament leur donnait.
Après... divorce ou annulation, peu importe, c'est juste une différence pour "correspondre" à une théorie qui vaut ce qu'elle vaut.
Mais n'oublions pas qu'il n'y a que quelques dizaines d'années :
Quand le divorce était civilement interdit, l'Eglise quasiment refusait de déclarer des annulations (or bien des mariages l'auraient méritée...)
On ne devait ensuite pas divorcer (et le traitement était le même pour tous ceux qui "le faisaient" , quelle que soit leur responsabilité) mais se séparer
On ne devait divorcer que si l'annulation avait été déclarée ( et en attendant, comment se réglait le différent civil ?)
Puis on dut avoir divorcé pour pouvoir demander l'annulation (si si, j'en témoigne...)

Le moins que l'on puisse dire, c'est que l'Eglise n'a pas eu une positon franche ni réaliste, ni miséricordieuse, pendant très longtemps.
En plus, les mariés avec des enfants longtemps ont été fiscalement pénalisés par rapport aux concubins : quel prélat s'en est alarmé, face à l'obligation donnée de se marier civilement avant tout mariage religieux ?

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Re: La communion spirituelle

Message non lu par cmoi » ven. 06 déc. 2019, 14:15

Puisque nous parlons ici de "communion" et de l'obstacle de n'avoir pas reçu l'absolution, et que c'est aussi le même qui nous conduit en enfer je voudrais proposer ici une réflexion sur le repentir (qui dépasse donc le cadre étroit des divorcés remariés, et inclus toutes els raisons que beaucoup trouvent aujourd'hui pour ne plus fréquenter les sacrements

Exiger le repentir est-il une sinécure, une tricherie?
En effet, si nous excluons les hypocrites et les menteurs, celui qui commet un péché est convaincu de son bon droit, du bien-fondé de son acte (pensée/parole/etc.) et ce d’autant plus s’il en reconnaît la définition, l’appellation et la signification, s’il jouit de la pleine connaissance et du plein consentement.
A ses yeux, l’obéissance à Dieu, dans son cas concret, est une absurdité. Soit qu’il se soit trompé (ou l’ait été) sur le commandement lui-même ou son interprétation, soit que la préconisation lui paraisse absurde ou injustifiée.
S’il faut obéir comme un robot pour assurer son salut, si c’est là la condition, à quoi bon notre intelligence et notre cœur, à quoi bon l’expérience et la maturité, autant nier notre humanité. Ce ne peut être ce que Dieu nous demande, ou bien veut-il que nous soyons distraits, inconséquents, sans réflexion ?

Se repentir demande une évolution qui nous aura fait préalablement changer notre façon de voir et nos considérations sur ce que nous avons fait, et qui ne peut dépendre de la seule obligation d’obéir. Ce qui compterait mieux, pour nous sauver, serait de s’efforcer d’acquérir la sagesse qui nous manque et pour ensuite, voyant les choses comme Dieu les voit, lui obéir conformément à notre raison, à ce que nous pensons être le bien.
Au lieu de nous mettre en porte à faux.
Cette soif d’apprendre, ce désir de se perfectionner, n’a pourtant jamais été présenté ni accepté comme une condition pour être sauvé, sans doute parce que nous n’arriverons jamais à voir les choses comme Dieu les voit ici-bas, et par conséquent ce serait tolérer le péché au nom de cette impossibilité.
Il reste pourtant, selon moi, la meilleure preuve de notre bonne volonté, de notre fidélité, de notre fiabilité et de notre intégrité.

Alors tantôt nous obéissons « bêtement », ce qui nous expose à des risques, des critiques justifiées, tantôt nous péchons sous condition d’immaturité mais en plein accord avec nous-mêmes, ce qui nous expose à d’autres regrets, ou des remords, or notre repentir ne pourra être qu’incomplet, insuffisant, lâche, morveux.
Ce qui aussi nous rebute et nous bouscule car même en faisant le bien, nous n’y consentons pas et peut-être moins, vu les objections que cela soulève en nous, et puisque nous ne nous sentons pas libres, épanouis, mais déçus de n’y pas adhérer.
Comme si nous étions exclus de notre vie et ne savions pas en profiter, qu’elle nous était volée. Comme si la sainteté nous empêcherait d’être nous-mêmes et de nous réaliser, qu’il fallait mentir pour se sauver. Cette contradiction nous pèse et nous ne savons pas comment la résoudre, nous voudrions fuir – certains se suicider par impuissance.
Alors ?

Alors il y a cet autre critère à ne pas oublier, et qui peut nous engager fort loin (dans l’humilité du lieu et du moment), qui fut exprimé de façon subtile à moult reprises (le débiteur-créancier**, la paille et la poutre**, la prière du notre père**) : il nous sera pardonné comme nous-mêmes nous aurons pardonné…

Il arrive hélas que cette parole sensée nous libérer, nous désespère : quand ce que nous subissons des autres dépasse et de loin la capacité que nous avions à en imaginer le possible et l’horreur, qu’il nous est impossible de pardonner aussi vite qu’il le faudrait (la parabole des vierges sages/folles**, du grenier plein mais « cette nuit, on te demandera ton âme… »**).
Le lendemain nous nous prenons alors à regretter que cela n’ait pas été vrai, car toute nouvelle journée est un supplice, dans l’attente de pire…
Car Dieu évidemment se moque des proportions, il est « trop bon » ; ce qui compte, c’est le geste…
Ce n’est plus du repentir mais de la nostalgie, presque une révolte, un sentiment d’injustice, d’avoir été berné quand on a été élu, choisi, ondoyé. L’envie d’être seul et de s’avancer devant le juge suprême, de s’y mettre nu et de provoquer un scandale, une réaction.

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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Trinité » ven. 06 déc. 2019, 14:54

cmoi a écrit :
ven. 06 déc. 2019, 14:15

Exiger le repentir est-il une sinécure, une tricherie?
En effet, si nous excluons les hypocrites et les menteurs, celui qui commet un péché est convaincu de son bon droit, du bien-fondé de son acte (pensée/parole/etc.) et ce d’autant plus s’il en reconnaît la définition, l’appellation et la signification, s’il jouit de la pleine connaissance et du plein consentement.
A ses yeux, l’obéissance à Dieu, dans son cas concret, est une absurdité. Soit qu’il se soit trompé (ou l’ait été) sur le commandement lui-même ou son interprétation, soit que la préconisation lui paraisse absurde ou injustifiée.
Bonjour cmoi,

Hmm...!

En ce qui me concerne, lorsque j'étais dans ma vie "sans Dieu" et dans le péché, je n'avais aucune conscience du "bien et du mal" pour résumer, je ne me posais pas ce genre de questions!
Je vivais suivant mes instincts et mes plaisirs, mais avant le péché, il n'y avait jamais un questionnement sur l'acte que j'allais commettre!
Comme quoi, vos critères relatifs au péché ne sont pas exhaustifs!
Bonne journée. :)

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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Trinité » ven. 06 déc. 2019, 14:57

Carhaix a écrit :
ven. 06 déc. 2019, 7:48
Trinité a écrit :
ven. 06 déc. 2019, 1:23


Bonsoir,

C'est une déduction qui vous est propre !
Lorsqu'au moment de la consécration le prêtre présente le corps et le sang du Christ, les paroissiens ne sont pas fous!
Ils savent bien qu'ils ne vont pas manger une hostie simplement!
Dans le protestantisme, c'est pourtant le cas. Le pain est purement symbolique. Et les propos de Sam D. tendent vers cette finalité : les sacrements sont un frein, pour certains fidèles (spécialement les divorcés), parce qu'ils les "criminalisent", et ont une fonction excluante, discriminante. Et donc pour réserver le plus large accueil du peuple de Dieu à la miséricorde, il est nécessaire d'abolir les sacrements (l'Église s'est juste trompée pendant 2000 ans), et de les transformer en une commémoration sur le modèle protestant. Il n'y a donc plus de barrage du prêtre entre Dieu et le fidèle (c'était donc le prêtre, le problème, depuis 2000 ans ! Heureusement qu'on a fini par s'en rendre compte !) On remplace le prêtre par un pasteur chargé de prêcher (quoi ? on ne sait pas trop, puisque de toute façon, on ira tous au paradis, quelle que soit sa vie, ce qui revient à réduire l'Évangile à presque rien niveau prédication), chacun fera son libre examen (ou pas), l'Église s'en lave les mains, comme Pilate. Il n'y a plus de brebis perdue ni de mauvais pasteur. Tout est bon, tout est relatif, tout se vaut, et à chacun sa vérité.

Et moi, je pose la question qui tue : qu'est-ce qui prouve que le Christ soit le fils de Dieu ? La Trinité n'est-elle pas un montage invraisemblable ? Est-ce que ça a encore un sens ? Pourquoi Mahomet ne serait pas un prophète authentique ? Et Bouddha ? Est-on vraiment sûr que Dieu existe ? Et l'âme ? Pourquoi s'arrêter en si bon chemin dans les remises en cause ? Pourquoi aller à la messe si ça ne change rien fondamentalement ? Ai-je vraiment besoin d'aller m'ennuyer à la messe pour être chrétien ? Je pose cette série de questions, car pour moi, si un jour les idées de Sam D. l'emportaient, je me considèrerais comme quitte de toute obligation. C'est juste une conséquence logique (et c'est bien pour cela que la génération qui suit laisse effectivement tomber la religion catholique, qui perd automatiquement tout intérêt, ou du moins tout caractère d'obligation).

Alors il reste une ultime mise en perspective : est-ce que l'Église s'est trompée pendant 2000 ans, et l'époque moderne a enfin découvert la vérité, ou bien est-ce l'époque moderne qui court à sa perte à brève échéance ? Quand on voit ce qu'est en train de devenir l'Europe, on se rend compte que Sam D., Levergero, etc., sont davantage des fossoyeurs que des refondateurs.
Une fois n'est pas coutume, je suis de votre avis Carhaix!
Par contre, il me semble cependant que vous posiez des conséquences un peu catastrophiques de tout cela!

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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Sam D. » ven. 06 déc. 2019, 15:35

A ses yeux, l’obéissance à Dieu, dans son cas concret, est une absurdité. Soit qu’il se soit trompé (ou l’ait été) sur le commandement lui-même ou son interprétation, soit que la préconisation lui paraisse absurde ou injustifiée.
S’il faut obéir comme un robot pour assurer son salut, si c’est là la condition, à quoi bon notre intelligence et notre cœur, à quoi bon l’expérience et la maturité, autant nier notre humanité. Ce ne peut être ce que Dieu nous demande, ou bien veut-il que nous soyons distraits, inconséquents, sans réflexion ?

Se repentir demande une évolution qui nous aura fait préalablement changer notre façon de voir et nos considérations sur ce que nous avons fait, et qui ne peut dépendre de la seule obligation d’obéir.
Bravo et merci, cmoi, de ce développement qui exprime ma pensée mieux que je n'aurais su le faire moi-même.
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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Suliko » ven. 06 déc. 2019, 15:37

Je voudrais quand même dire aussi que la position de l'Eglise sur le divorce ne relève pas du dogme mais de la morale et est susceptible d'évoluer, ce qu'elle a un peu déjà fait mais avec beaucoup de retard.
Vous auriez mieux fait de bien étudier la théologie catholique avant d'apostasier, cela vous aurait évité bien des propos erronés... La distinction entre morale et dogme est parfois superficielle et de plus, ce n'est pas parce qu'un enseignement touche à la morale qu'il peut évoluer. Je ne sais pas où vous allez chercher des choses pareilles... Qui plus est, vous répétez les mêmes erreurs sur la question de la reconnaissance en nullité de mariage. Vous trouverez sans doute mes propos rudes, mais comprenez tout de même qu'il est plus qu'agaçant de voir un apostat nous expliquer que l'Eglise catholique s'est longtemps trompée, qu'elle est trop rigide, etc... et que vous savez mieux, en tant qu'orthodoxe, ce qui est bon pour elle...

Trinité,
Que la foi en la Présence réelle a fortement diminué depuis les réformes liturgiques est un fait. Il y a quelques mois, un sondage a été effectué chez les catholiques des USA et les résultats indiquaient que plus des 2/3 des interrogés ne croient pas en la Présence réelle. Parmi les catholiques pratiquants (assistance à la messe une fois par semaine ou plus), le pourcentage s'élevait encore à plus d'1/3 de personnes n'y croyant pas.
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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Sam D. » ven. 06 déc. 2019, 16:20

Et moi, je pose la question qui tue : qu'est-ce qui prouve que le Christ soit le fils de Dieu ? La Trinité n'est-elle pas un montage invraisemblable ? Est-ce que ça a encore un sens ? Pourquoi Mahomet ne serait pas un prophète authentique ? Et Bouddha ? Est-on vraiment sûr que Dieu existe ? Et l'âme ? Pourquoi s'arrêter en si bon chemin dans les remises en cause ?
Ce que vous avez visiblement beaucoup de peine à comprendre, c'est que je ne vise pas la mise en cause pour elle-même, et que toutes les affirmations ne sont pas sur un même plan. Même si j'aurais du mal intellectuellement à les justifier, le fait est qu'elles ne me concernent pas immédiatement ou ne me troublent pas tant que ça - je ne les "investis" pas personnellement, elles ne me sont pas un passage obligé. Le récit de la Création du monde s'est avérée n'être qu'une allégorie, ça n'a pas tout fichu par terre. Or, celui qui se serait hasardé à tenir une telle théorie en 1500...
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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Gaudens » ven. 06 déc. 2019, 16:37

Bonjour Sam D,
En lisant les cinq pages d’échange ci-dessus,j’ai eu l’impression d’une double maldonne.
Contrairement à Carhaix et Suliko qui me paraissent vous voir un peu vite considéré comme un de ces catholiques à l’eau tiède(très tiède) ,si peu soucieux d’orthodoxie qu’ils sont près à envoyer balader la quasi-totalité des dogmes chrétiens,vous m’apparaissez comme un catholique sérieux dans sa foi :combien de ces néo-catholiques(que certains appelleront un peu vite « conciliaires » prient tous les jours comme vous le chapelet de la Miséricorde,lisent les mystiques et les théologiens ? Bref,vous m’apparaissez comme un pratiquant plus sérieux que beaucoup,moi inclus peut-être.
Et pourtant vous persistez à voir dans le sacrement de Pénitence une manœuvre d’intimidation lourde,à la matraque voire à la LBD, administrée par un prêtre qui en rajouterait dans le débusquage des fautes sexuelles les plus intimes.Comme vous l’a fait remarquer un de vos contributeurs ,quand et où auriez-vous rencontré un tel prêtre de nos jours ? Car je doute que vous fréquentez les milieux sédévacantistes ou de la Contre -réforme catholique chez qui ce type de profil existe peut-être encore.Non , cher Sam D,je ne crois pas que sévissent actuellement des prêtres et des pratiques de ce genre ?
Au bout d’un certain nombre d’échange,l’intuition de Carhaix a fini par vous faire dire que LE problème était bien celui du divorce,vraisemblablement plutôt du remariage après divorce ;nous pouvons tous comprendre que pour un chrétien sincère comme vous,il y a problème et gros problème.Difficile à résoudre,certainement.Mais est-ce une raison pour réclamer à l’Eglise de tourner le dos à son enseignement de toujours ? Parce que la société aurait changé ?Si celle-ci était restée,par ailleurs,fidèle dans son ensemble à la foi et à la morale chrétiennes ,on pourrait en effet se poser la question.Après tout,le Eglises orthodoxes qui me sont chères,ont une pratique différente au nom de l’ « économie « du salut ,position que j’ai toujours eu du mal à comprendre connaissant comme vous la radicalité de l’Evangile à ce sujet.Mais justement ce genre de revendication du monde occidental actuel s’accompagne d’une telle apostasie généralisée face aux enseignements de l’Evangile et de l’Eglise que le genre de mise en demeure qui est la vôtre ne peut qu’être suspecte de participer à cette apostasie générale.Ce qui est certainement à l’opposé de votre pensée,j’en conviens.Imaginez un instant que l’Eglise aille dans ce sens,accepte tous les remariages après divorce ou presque,quelle légitimité garderait-elle dans d’autres domaines de la morale ou de la foi après avoir consenti à un tel reniement ?Aucun,j’imagine ,sans parler de l’évidence des schismes que provoquerait un tel revirement.
Alors bien sûr,je n’ai pas de remède miracle à la considérable difficulté de vie spirituelle que vous semblez affronter .Je peux simplement vous assurer de ma sympathie et de ma prière.

Trinité
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Re: La communion spirituelle

Message non lu par Trinité » ven. 06 déc. 2019, 16:41

Suliko a écrit :
ven. 06 déc. 2019, 15:37
Je voudrais quand même dire aussi que la position de l'Eglise sur le divorce ne relève pas du dogme mais de la morale et est susceptible d'évoluer, ce qu'elle a un peu déjà fait mais avec beaucoup de retard.
Vous auriez mieux fait de bien étudier la théologie catholique avant d'apostasier, cela vous aurait évité bien des propos erronés... La distinction entre morale et dogme est parfois superficielle et de plus, ce n'est pas parce qu'un enseignement touche à la morale qu'il peut évoluer. Je ne sais pas où vous allez chercher des choses pareilles... Qui plus est, vous répétez les mêmes erreurs sur la question de la reconnaissance en nullité de mariage. Vous trouverez sans doute mes propos rudes, mais comprenez tout de même qu'il est plus qu'agaçant de voir un apostat nous expliquer que l'Eglise catholique s'est longtemps trompée, qu'elle est trop rigide, etc... et que vous savez mieux, en tant qu'orthodoxe, ce qui est bon pour elle...

Trinité,
Que la foi en la Présence réelle a fortement diminué depuis les réformes liturgiques est un fait. Il y a quelques mois, un sondage a été effectué chez les catholiques des USA et les résultats indiquaient que plus des 2/3 des interrogés ne croient pas en la Présence réelle. Parmi les catholiques pratiquants (assistance à la messe une fois par semaine ou plus), le pourcentage s'élevait encore à plus d'1/3 de personnes n'y croyant pas.
Suliko,

Du coup, je me pose la question!

Qu'en est il de la foi en la présence réelle, avant la réforme?
Y a t'il eu ce genre de sondage?

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