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Altior
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Re: Et ça continue...

Message non lu par Altior » dim. 15 sept. 2019, 23:33

Bonsoir, Fleur de Lys!
Un couple stéril - stéril sans espoir - peut-il avoir des relations sexuelles alors même qu'il sait que cela n'engendera pas la Vie?
Affirmatif. Evidemment, s'il s'agit d'un coupe marié.
Puisque la fornication semble se définir ainsi...
Ne pas confondre fornication et contraception. La fornication est un rapport sexuel avant ou en dehors du mariage. La contraception est la séparation volontaire de l'acte conjugal de son but d'engendrer.

Est-ce à dire que l'homosuexualité étant subie et non choisie, il y a des "circonstances atténuantes"?
J'ai parlé de l'acte homosexuel. Hormis cas de viol, j'ai des difficultés à imaginer un acte homosexuel qui serait subi et non choisi.

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Re: Et ça continue...

Message non lu par PaxetBonum » lun. 16 sept. 2019, 9:10

Chère Suliko,

Il est effectivement affligeant de voir une telle destruction d'une œuvre voulue par St Jean Paul II
Le malin est clairement là à l'œuvre cherchant à son habitude à dévoyer ce qui est bon.

la Samaritaine a écrit :
dim. 15 sept. 2019, 16:35

Ici, le point de vue du Père Chiodi et clair et pour moi de bon sens : il existe des personnes pour lesquelles les méthodes naturelles sont franchement inefficaces, et il s'agit alors de faire avec cette situation et choisir la meilleure solution (ou la moins mauvaise) et exercer une "paternité et une maternité responsables" : pour éviter d'avoir un enfant tous les ans, le Père Chiodi précise que la contraception est dans certains cas, le seul moyen.
Chère Samaritaine,

Avez-vous un exemple où les méthodes naturelles seraient inefficaces ?
Les méthodes naturelles s'appuyant sur la chasteté, pour ma par je n'en vois aucun…
la Samaritaine a écrit :
dim. 15 sept. 2019, 16:35
Concernant l'homosexualité :

Tout cela n'est pas faire la promotion de l'homosexualité mais le Père Chiodi se situe dans la ligne du Pape François qui ne cesse d'insister qu'on accompagne les gens là ou ils sont, dans leur cheminement, dans leurs passages, dans leurs blessures, dans les différents moments de vie qui sont les leurs.
Accompagner les gens là où ils sont, ce n'est pas nouveau, mais pour les conduire où ?
Prétendre qu'il y aurait un entre-deux acceptable de relation homosexuelle stable est un mensonge qui les conduit à leur perte.
La sexualité restera toujours un péché abominable aux yeux de Dieu.
Accompagner les hoosexuels, soit, mais pour les conduire au but véritable : une vie de chasteté.

Les propos de ce "prêtre catholique" ne sont pas catholiques et pavent de bonnes intentions une autoroute vers l'enfer !

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Message non lu par Suliko » lun. 16 sept. 2019, 10:29

L'enseignement de l'Eglise est très bien exprimé dans l'allocution de Pie XII aux sages-femmes, qui date du 29 octobre 1951 et dont je vous conseille la lecture intégrale (que vous pouvez trouver ici : http://salve-regina.com/index.php?title ... e_conjugal). C'est moi qui souligne quelques points importants.
Notre Prédécesseur Pie XI, dans son encyclique Casti Connubii, du 31 décembre 1930, proclama de nouveau solennellement la loi fondamentale de l’acte et des rapports conjugaux, à savoir que tout attentat des époux dans l’accomplissement de l’acte conjugal ou dans le développement de ses conséquences naturelles, attentat ayant pour but de le priver de l’énergie qui lui est inhérente et d’empêcher la procréation d’une nouvelle existence, est immoral, et qu’aucune « indication »ou nécessité ne peut transformer une action intrinsèquement immorale en un acte moral et licite.
Cette prescription est en pleine vigueur aujourd’hui comme hier, et elle sera encore telle demain et toujours parce qu’elle n’est pas un simple précepte de droit humain, mais l’expression d’une loi naturelle et divine.
Que Nos paroles soient une règle sûre pour tous les cas dans lesquels votre profession et votre apostolat exigent de vous une décision claire et ferme.
D’autre part, si cette limitation de l’acte aux jours de stérilité naturelle se rapporte non au droit lui-même mais à l’usage du droit, la validité du mariage reste hors de discussion ; cependant, la licéité morale d’une telle conduite des époux serait à affirmer ou à nier, selon que, l’intention d’observer constamment ces périodes est basée ou non sur des motifs moraux suffisants et sûrs. Le seul fait que les époux ne violent pas la nature de l’acte et sont même prêts à accepter et à élever l’enfant qui, malgré leurs précautions, viendrait au monde, ne suffirait pas à soi seul à garantir la rectitude des intentions et la moralité indiscutable de ces mêmes motifs.
[...]
On peut être dispensé de cette prestation positive obligatoire, même pour longtemps, voire pour la durée entière du mariage, par des motifs sérieux, comme ceux qu’il n’est pas rare de trouver dans ce qu’on appelle « l’indication » médicale, eugénique, économique et sociale. D’où il suit que l’observance des époques infécondes peut être licite sous l’aspect moral ; et, dans les conditions indiquées, elle l’est réellement. Cependant, s’il n’y a pas, d’après un jugement raisonnable et juste de semblables graves raisons, soit personnelles, soit découlant des circonstances extérieures, la volonté chez les époux d’éviter habituellement la fécondité de leur union, tout en continuant à satisfaire pleinement leur sensualité, ne peut venir que d’une fausse appréciation de la vie et de motifs étrangers aux règles de la saine morale.
Cependant, vous insisterez peut-être maintenant observant que dans l’exercice de votre profession vous vous trouvez parfois en face de cas très délicats, ceux dans lesquels on ne peut exiger que soit couru le risque de la maternité et où même cette dernière doit être absolument évitée, et où, d’autre part, l’observance des périodes agénésiques ou bien ne procure pas de sécurité suffisante ou encore doit être écartée pour d’autres motifs. Et alors vous demandez comment on peut encore parler d’un apostolat au service de la maternité.
Si, selon votre jugement sûr et expérimenté, les conditions requièrent absolument un « non « , c’est à-dire l’exclusion de la maternité, ce serait une erreur et un tort d’imposer ou de conseiller un « oui « . Il s’agit, on effet, ici, de faits concrets et, par conséquent, d’une question, non de théologie, mais de médecine ; elle est donc de votre compétence. Cependant, dans ces cas, les époux n’attendent pas de vous une réponse médicale, nécessairement négative, mais l’approbation d’une « technique »de l’activité conjugale les assurant contre le risque de la maternité. Et c’est ainsi que vous êtes de nouveau appelées à exercer votre apostolat, en ne laissant subsister aucun doute que, même dans ces cas extrêmes, toute manœuvre préventive et tout attentat direct à la vie et au développement du germe sont défendus en conscience et exclus ; et qu’une seule voie reste ouverte, qui est celle de l’abstention de toute activité complète de la faculté naturelle. Là votre apostolat vous oblige à avoir un jugement clair et sûr et une calme fermeté.
Mais on objectera qu’une telle abstention est impossible, qu’un pareil héroïsme n’est pas réalisable. Cette objection, vous l’entendrez aujourd’hui, vous la lirez partout, même de la part de ceux qui, par devoir ou du fait de leur compétence, devraient être capables de juger bien autrement. Et on apporte pour le prouver le raisonnement suivant : Personne n’est obligé à l’impossible et aucun législateur raisonnable ne peut être présumé vouloir obliger par sa loi même à l’impossible. Mais, pour les époux, la continence du longue durée est impossible. Donc, ils ne sont pas, obligés à la continence ; la loi divine ne peut avoir ce sens.
Ainsi, de prémisses partiellement vraies, on tire une conséquence fausse. Pour s’en convaincre, il suffit d’intervertir les termes du raisonnement : Dieu n’oblige pas à l’impossible. Mais Dieu oblige les époux à la continence si leur union ne peut s’accomplir selon les règles de la nature. Donc, en ces cas, la continence est possible. Nous avons comme confirmation de ce raisonnement la doctrine du concile de Trente, lequel, dans le chapitre sur l’observance nécessaire et possible des commandements, enseigne ceci, en se rapportant à un passage de saint Augustin – « Dieu ne commande pas de choses impossibles, mais en commandant, il exhorte, et à faire ce que tu peux et à demander ce que tu ne peux pas, et il t’aide afin que tu puisses le faire »[17].
Par conséquent, ne vous laissez pas troubler dans la pratique de votre profession et dans votre apostolat par ce grand mot d’impossibilité, ni en ce qui regarde votre jugement intime, ni en ce qui se rapporte à votre conduite extérieure. Ne vous prêtez jamais à quoi que ce soit de contraire à la loi de Dieu et à votre conscience chrétienne ! C’est faire tort aux hommes et aux femmes de notre temps que de les estimer incapables d’un héroïsme continu. Aujourd’hui, pour bien des motifs peut-être sous l’étreinte de la dure nécessité ou même quelquefois au service de l’injustice – l’héroïsme s’exerce à un degré et avec une mesure que dans les temps passés on aurait cru impossibles. Pourquoi donc cet héroïsme, si vraiment les circonstances l’exigent, devrait-il s’arrêter aux limites marquées par les passions et les inclinations de la nature ? C’est bien clair : celui qui ne veut pas se dominer lui-même ne le pourra pas, et qui croit pouvoir se dominer, en comptant seulement sur ses propres forces, sans chercher sincèrement et avec persévérance le secours divin, sera misérablement déçu.
Voilà ce qui regarde votre apostolat auprès des époux pour les gagner au service de la maternité, non dans le sens d’une aveugle servitude sous les impulsions de la nature, mais dans celui d’un exercice des droits et des devoirs conjugaux réglés par les principes de la raison et de la foi.
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Message non lu par Héraclius » lun. 16 sept. 2019, 10:46

Vous pourriez citer Veritatis Splendor, chère Suliko, dont c'est le thème principal et qui a priori a plus de poids qu'une allocution aux sages femmes. C'est d'ailleurs l'enseignement de cette encyclique qui serait menacé. :>
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)

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Message non lu par Cinci » lun. 16 sept. 2019, 15:04

Le problème

Le problème c'est que le Père Chiodi, - s'il faut en croire le contenu de l'article naturellement - , contredirait parfaitement le catéchisme de l'Église catholique. Ce catéchisme de l'Église de 1992, vous savez celui qui représentait un "gros oeuvre" dont Jean-Paul II lui-même était apparemment si fier à l'Époque.

De fait, on pourra lire les articles 2357 à 2359 du catéchisme, pour y trouver qu'il n'y a nulle place pour une situation mitoyenne, une situation de vie dans laquelle des personnes homosexuelles pourraient former un "couple stable" et pour y continuer de s'aimer à l'instar de maris et femmes.

Il n'y est aucunement question de possibilité restreinte,; de ce que pourrait ou ne pourrait pas faire dans l'immédiat tel ou tels individus, de possibilités restreintes chez tel sujet et au nom de quoi celui-ci devrait se voir décerner un billet d'exemption. Non, le catéchisme dit que les actes homosexuels ne sauraient recevoir d'approbation dans aucun cas. Or le Père Chiodi viendrait dire le contraire cf "... il serait des cas... tenant compte de l'historique de la personne ... alors le moindre mal ... passable, tolérable, acceptable ... fructueux ... "

Ensuite l'encyclique de Jean-Paul II, Veritatis Splendor, produit en 1993, viendra développer davantage le point. Et le développement ne s'effectue pas du tout dans le sens de ce que raconte le Père Chiodi.

Il faut quand même se souvenir à quel point Jean-Paul II pouvait être détesté à l'époque et par nombre de jésuites en particulier; ce n'était pas un hasard. Détesté, lui ainsi que son homme de main, le panzerkardinal allemand ... "Grrrr !" répondait-on dans les rangs.

A ma connaissance, le catéchisme de 1992 est toujours en vigueur, et l'encyclique de 1993 serait toujours reconnu comme un document magistériel valable. Je ne connais pas de "tradition" dans l'Église catholique qui pourrait appuyer le point de vue de nos innovateurs.

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Message non lu par Gaudens » lun. 16 sept. 2019, 20:12

Bonjour Cinci,
C'est en effet clair;"de tels actes ne peuvent obtenir l'approbation" .Mais le jésuite en question dit simplement que certaines situations constituent un "moindre mal".Un moindre mal reste un mal, donc non susceptible d'approbation, mais un mal "moindre" que d'autres(type vagabondage sexuel). Y a-t-il vraiment contradiction ?

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Message non lu par Suliko » lun. 16 sept. 2019, 20:57

Gaudens,

Il ne saurait y avoir moindre mal là où le mal est évitable. Et personne n'est forcé de vivre dans l'adultère ou l'homosexualité. C'est un choix. Et ce choix ne saurait recevoir la moindre approbation, car la chasteté est possible et nécessaire. Relisez donc mes extraits de Pie XII !
Je suis affligée de voir à quel point les consciences catholiques peuvent être obscurcies par de fausses idées...Elles ne se scandalisent plus de ce qui aurait horrifié les générations passées...

Merci Cinci d'exprimer vos réticences face à ce qui se passe actuellement au Vatican. Cela montre tout de même que ce n'est pas que dans le camp traditionaliste (au sens large du terme) que les catholiques ouvrent les yeux.

Héraclius,

En fait, j'aurais pu citer des tas de textes pour illustrer la position traditionnelle de l'Eglise et je crois qu'il est important de bien faire comprendre aux catholiques perplexes qu'il ne s'agit pas ici que d'un rejet des positions morales de Jean-Paul II ou de Benoît XVI, mais de celles de l'Eglise de tous les temps et en réalité de bien plus : de la loi naturelle !
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Message non lu par la Samaritaine » lun. 16 sept. 2019, 21:32

PaxetBonum a écrit :
lun. 16 sept. 2019, 9:10

Avez-vous un exemple où les méthodes naturelles seraient inefficaces ?
Les méthodes naturelles s'appuyant sur la chasteté, pour ma par je n'en vois aucun… Paxet Bonum
Cher Paxet Bonum, les méthodes naturelles reposent sur l'abstinence pendant la semaine ou la femme est féconde. Une semaine...encore faut-il que ce soit la bonne !
Pour que cela soit efficace, il faut que la femme soit réglée de manière régulière. Si le cycle de Madame est fantaisiste et qu'elle a en plus un terrain hormonal très fécond, et qu'en face, les spermatozoïdes de Monsieur sont particulièrement vigoureux (certains survivent non pas 3 jours comme la normale mais une semaine, voir plus, le maximum constaté étant de 12 jours !), c'est l'échec assurré et c'est partie pour une ribambelle d'enfants. Un couple peut certes décider d'accueillir 6, 8 12 enfants, c'est un choix de vie.
Pour d'autres couples qui ne veulent ou ne peuvent accueillir que 2, ou 4 enfants, seule la pillule ou le préservatif leur permettront de vivre une "paternité responsable".

Il y a aussi des femmes dont la grossesse menace la vie, pour raisons de santé et il leur faut dans leur cas, une régulation des naissances sans marge d'erreur possible. Il existe aussi des femmes qui ne trouvent malheureusement pas la force de quitter un mari violent et irrespectueux et qui doivent par elles-mêmes se protéger en face d'un mari avec lequel toute collaboration et abstinence régulière est impensable.
Il y a aussi des couples qui ont un handicap mental et qui savent qu'ils ne peuvent pas éduquer un enfant (dans les centres médico-sociaux -même d'identité chrétienne - qui accueillent des personnes handicapées, les responsables donnent la pillule aux femmes lorsque des couples se créent).

Et puis, il y a des couples sans problème particulier mais pour lesquels la semaine d'abstinence nuit à leur entente (pour d'autres, c'est le contraire), cela ne leur convient pas. La vie de couple est une alchimie délicate à trouver et à cultiver.


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Re: Et ça continue...

Message non lu par Fleur de Lys » lun. 16 sept. 2019, 22:44

Merci Toto et Altior.

Si j'entends bien, nos actes sont des choix et nous sommes appelés à l'héroïsme (cf. Citation de Suliko), à la résistance contre nos envies/passions/pulsions.
De plus en plus difficile cependant dans un monde où la tentation est partout et y résister semble stupide...
D'où probablement ce discours bienveillant envers les pécheurs, pour ne pas condamner mais accueillir, non? Ca doit être très difficile de s'entendre dire que l'on commet un abominable péché avant même d'avoir une Foi assez forte pour se libérer de son pécher.

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Re: Et ça continue...

Message non lu par Altior » mar. 17 sept. 2019, 1:16

la Samaritaine a écrit :
lun. 16 sept. 2019, 21:32
Pour que cela soit efficace, il faut que la femme soit réglée de manière régulière.
C'est faux. Les méthodes naturelles n'ont pas grande chose à voir avec la régularité des règles.
Pour d'autres couples qui ne veulent ou ne peuvent accueillir que 2, ou 4 enfants, seule la pillule ou le préservatif leur permettront de vivre une "paternité responsable".
Faux. Idée reçue. L'efficacité des méthodes naturelles et l'efficacité de la pilule sont pratiquement égales.
Il y a aussi des femmes dont la grossesse menace la vie, pour raisons de santé et il leur faut dans leur cas, une régulation des naissances sans marge d'erreur possible.
La seule méthode pareille est l'abstinence complète. Autrement, le risque n'est pas nul ni même en cas de ligature ou de vasectomie.
Il existe aussi des femmes qui ne trouvent malheureusement pas la force de quitter un mari violent et irrespectueux et qui doivent par elles-mêmes se protéger en face d'un mari avec lequel toute collaboration et abstinence régulière est impensable.
La décision de l'abstinence régulière ne doit pas être prise qu'en couple. La femme ne peut pas, en bonne conscience, la prendre seule. Il y a ici une différence majeure entre l'optique athée et la morale catholique traditionnelle. Selon l'optique athée, grossesse ou pas est une question de la femme seule. De "moi et mon corps". Selon la morale catholique traditionnelle c'est une question de couple, car les deux corps ne font plus qu'un, de manière que le corps de la femme appartient à l'homme et le corps de l'homme à sa femme. Et c'est ici qu'il y a un grand avantage des méthodes naturelles: à la différence d'elle et de sa pilule, de lui est de son caoutchouc, les méthodes naturelles entrainent les deux.
Il y a aussi des couples qui ont un handicap mental et qui savent qu'ils ne peuvent pas éduquer un enfant (dans les centres médico-sociaux -même d'identité chrétienne - qui accueillent des personnes handicapées, les responsables donnent la pillule aux femmes lorsque des couples se créent).
Ces centres n'ont de chrétien que l'identité affiché et je doute que ces responsables sont vraiment responsables. Pourtant, la question du mariage des oligophrènes ne manque pas d'intérêt et mérite un débat dans un fil plus proche du sujet.
Et puis, il y a des couples sans problème particulier mais pour lesquels la semaine d'abstinence nuit à leur entente (pour d'autres, c'est le contraire), cela ne leur convient pas.
Là, je vous donne raison. Pas seulement la question de l'abstinence périodique ne me convient pas. De même, ne pas manger de viande les vendredis ne me convient pas. Aller à la messe dimanche matin, quand tout le monde dort ou se balade en vélo, ne me convient pas. Ne rien manger avant que l'animateur sacerdotal ne me donne cette biscotte-là ne me convient pas. Rester agenouillé pour compter une dizaine de bules à bois me paraît la plus stupide manière de faire du fitness. Le soir, lire un peu de ce livre ancien à la place du dernier polo ne me convient pas.

Néanmoins à vrai dire, c'est l'enfer qui ne me convient absolument pas. Moi, c'est seulement le paradis qui me convient. Alors, je ne sais plus comment faire mes choix. La vie est si compliquée!

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Re: Et ça continue...

Message non lu par PaxetBonum » mar. 17 sept. 2019, 8:32

la Samaritaine a écrit :
lun. 16 sept. 2019, 21:32

Cher Paxet Bonum, les méthodes naturelles reposent sur l'abstinence pendant la semaine ou la femme est féconde. Une semaine...encore faut-il que ce soit la bonne !
Chère Samaritaine,

Je ne vois dans votre argumentation aucun cas où ces méthodes naturelles soient inefficaces..
Vous parlez d'une semaine de fécondité, mais je pense que précisément ces méthodes invitent non pas à trouver la semaine féconde, mais la durée réelle de cette période féconde. Ce que je veux dire c'est que pour certains la période chaste sera éminemment plus longue. Il se peut que la période féconde soit plus longue que la période inféconde, il faut respecter cette nature individuelle.
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Re: Et ça continue...

Message non lu par PaxetBonum » mar. 17 sept. 2019, 8:40

Fleur de Lys a écrit :
lun. 16 sept. 2019, 22:44

D'où probablement ce discours bienveillant envers les pécheurs, pour ne pas condamner mais accueillir, non? Ca doit être très difficile de s'entendre dire que l'on commet un abominable péché avant même d'avoir une Foi assez forte pour se libérer de son pécher.
Accueillir avec bienveillance, sans aucun doute.
Mais ce qu'il ne faut pas c'est mentir au pécheur : lui faire croire que son péché n'est pas si grave, pas bien grave, pas grave du tout, même pas un péché et ainsi le pousser à continuer sa route vers l'enfer en toute bonne conscience…
L'accueil doit être bienveillant tout en rappelant comme pour tout pécheur qu'il faut se convertir totalement, c'est à dire changer de vie pour se conformer à la volonté du Seigneur.
Accueillir pour guider vers la sainteté par vers une médiocrité acceptée sous des prétextes fallacieux emprunt de fausse bienveillance.
Le Christ a toujours condamné le péché et inviter à ne plus pécher, pas moins, mais plus du tout : 'Va et ne pèche plus'…
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Re: Et ça continue...

Message non lu par Voyageur » mar. 17 sept. 2019, 15:20

Ce qu'il faudrait aussi, c'est se rappeler que nous sommes tous pécheurs. Et que juger le péché de l'autre en termes de gravité, c'est peut-être oublier la poutre qui se trouve devant nos yeux.

Je me pose une question : le meurtrier peut-il communier ?
Tu m'as montré les chemins de la vie,
Tu me rempliras de joie par ta présence.

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Message non lu par PaxetBonum » mar. 17 sept. 2019, 17:34

Voyageur a écrit :
mar. 17 sept. 2019, 15:20
Ce qu'il faudrait aussi, c'est se rappeler que nous sommes tous pécheurs. Et que juger le péché de l'autre en termes de gravité, c'est peut-être oublier la poutre qui se trouve devant nos yeux.

Je me pose une question : le meurtrier peut-il communier ?

Je suis le plus terrible des pécheurs et je ne juge pas de la gravité du péché de mon frère mais je refuse de lui mentir quant à son état peccamineux pour le plus grand bien de son salut.
Nous en avons même le devoir :

"Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S'il t'écoute, tu as gagné ton frère. Mais, s'il ne t'écoute pas, prends avec toi une ou deux personnes, afin que toute l'affaire se règle sur la déclaration de deux ou de trois témoins. S'il refuse de les écouter, dis-le à l'Eglise; et s'il refuse aussi d'écouter l'Eglise, qu'il soit pour toi comme un païen et un publicain. Je vous le dis en vérité, tout ce que vous lierez sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous délierez sur la terre sera délié dans le ciel." Matthieu 18

Le meurtrier non repenti, qui n'a pas confessé sa faute sincèrement au tribunal du confessionnal, ne peut communier.
Le meurtrier qui a reçu l'absolution suite à sa contrition sincère, le peut.
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Re: Et ça continue...

Message non lu par LaudamusTe » mar. 17 sept. 2019, 17:35

Voyageur a écrit :
mar. 17 sept. 2019, 15:20
Ce qu'il faudrait aussi, c'est se rappeler que nous sommes tous pécheurs. Et que juger le péché de l'autre en termes de gravité, c'est peut-être oublier la poutre qui se trouve devant nos yeux.

Je me pose une question : le meurtrier peut-il communier ?
C'est une chose que de juger témérairement de son prochain et ravir la place du Tout-Puissant. Et c'en est une autre que de rappeler l'enseignement moral constant des papes, et le péril mortel que constitue tel ou tel péché pour les âmes, quand bien même des situations particulières pourraient réduire la responsabilité morale de tel ou tel individu. La correction fraternelle est, me semble-t-il, un devoir délicat.

Un meurtrier validement absous, avec ce que cela suppose de contrition et de pénitence, doit pouvoir communier. Aucun péché n'est impardonnable, si ce n'est celui contre le Saint-Esprit, et bien malin qui sur Terre puisse le commettre.
Ecce lignum Crucis, in quo salus mundi pependit.

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