Père Simon Noël : Un pape qui enseigne l'erreur doit-il être déposé?

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AdoramusTe
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Père Simon Noël : Un pape qui enseigne l'erreur doit-il être déposé?

Message non lupar AdoramusTe » sam. 04 nov. 2017, 20:51

Via le Blog du père Simon Nöel OSB (http://simonnoel.blogspot.fr/2017/11/un ... it-il.html)
Sur la blogosphère catholique, on commence à voir apparaître l'idée d'une procédure de déposition du pape actuel. Il semble que le mouvement soit né aux États-Unis. Soyons sur nos gardes. Selon moi, cette direction est pernicieuse, inutile, susceptible de mener au schisme et aux erreurs du sédévacantisme. Je vous partage le commentaire que je viens de publier sur l'un des blogs qui se font l'écho de cette tentative:

Selon la doctrine la plus commune chez les canonistes (Naz par exemple) déposer un pape, le condamner ou le juger, est impossible dans la pratique. Si un pape enseigne l'erreur, il faut certes lui résister, mais il reste pape jusqu'à sa mort ou sa renonciation. Selon l'adage le premier siège n'est jugé par personne. Huss ou Luther ont pensé que le pape pouvait être déchu. Déposer un pape par un concile d'évêques créerait dans l'Église un trouble plus grand que celui que connaîtrait l'Église avec un pape qui faillirait dans sa mission. Même avec un tel pape, les catholiques sincères ont assez de points de repère dans le magistère infaillible de l'Église pour se diriger sur le chemin du salut. La seule vraie solution, comme Fatima nous l'a montré, est de prier pour le pape.
Et la suite :
Un pape peut-il être déposé? Précisions

Je pense que certains de mes lecteurs souhaitent que j'explicite davantage ce que j'ai écrit dans mon dernier article. Mes réflexions sont celles d'un prêtre qui n'a aucun titre académique, qui a fait juste assez de théologie pour prêcher à des gens de la campagne ou entendre les confessions de fidèles ordinaires. Ce que je dis, je le dis donc salvo méliorum judicio !
Je veux exprimer un point de vue qui est indépendant de la situation actuelle. C'est sans doute de la théologie abstraite mais je veux qu'une bonne théologie nous guide en cas de crise et je crains que les personnes qui ferraillent indéfiniment avec le pape régnant et parlent d'une déposition automatique ou se lancent dans des procédures visant à déclarer un jour une telle déposition, ne soient sur une route tout à fait erronée. Ils sont du reste très peu nombreux et y aurait-il même un seul évêque pour les suivre ?
L'article continue ici : http://simonnoel.blogspot.fr/2017/11/un ... sions.html
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archi
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Re: Père Simon Noël : Un pape qui enseigne l'erreur doit-il être déposé?

Message non lupar archi » lun. 06 nov. 2017, 20:33

Selon la doctrine la plus commune chez les canonistes (Naz par exemple) déposer un pape, le condamner ou le juger, est impossible dans la pratique. Si un pape enseigne l'erreur, il faut certes lui résister, mais il reste pape jusqu'à sa mort ou sa renonciation. Selon l'adage le premier siège n'est jugé par personne. Huss ou Luther ont pensé que le pape pouvait être déchu. Déposer un pape par un concile d'évêques créerait dans l'Église un trouble plus grand que celui que connaîtrait l'Église avec un pape qui faillirait dans sa mission. Même avec un tel pape, les catholiques sincères ont assez de points de repère dans le magistère infaillible de l'Église pour se diriger sur le chemin du salut. La seule vraie solution, comme Fatima nous l'a montré, est de prier pour le pape.
L'hérésie du pape est pourtant un lieu commun des théologiens catholiques, il n'y a pas besoin de citer Jean Hus et Luther. Des papes ont déjà été anathémisés (Honorius) et déposés par des conciles oecuméniques et même non oecuméniques (Grégoire XII en même temps que son concurrent Benoît XIII au Concile de Pise, Jean XXIII au Concile oecuménique de Constance - qui le considérait pourtant clairement comme le pape légitime).
Quant au "premier siège n'est jugé par personne", de mémoire, le Décret de Gratien (la base du droit canon romain pendant un millénaire) ajoutait, sur la base des canons antérieurs: "sauf en cas d'hérésie".

Bien sûr, il faut des circonstances exceptionnelles, et il reste la question de savoir qui pourrait aujourd'hui convoquer un Concile pour juger un pape, surtout maintenant qu'il n'y a plus d'empereur chrétien.

(Constance fut convoqué par Jean XXIII lui-même sous la pression de l'Empereur).

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.


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