Journées mondiales de la jeunesse

« Vous êtes le sel de la terre, vous êtes la lumière du monde. » (Mt 5.13-14)
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Exupère
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Message non lupar Exupère » ven. 26 août 2005, 16:03

Merci pour votre accueil Françoise.

Nous attendrons donc que certains "pèlerins" des JMJ veuillent bien nous faire part de leurs impressions, enseignements et émotions.

Cordialement
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J'y étais!

Message non lupar wanderer » ven. 26 août 2005, 16:56

bon, puisque je semble être le seul du forum à m'être rendu là bas, je me lance dans un récit rapide.

Le thème de cette année était « nous sommes venus l’adorer », le titre est un verset de l’Evangile de Mathieu qui parle des rois mages qui sont à Cologne dans la cathédrale merveilleuse qui s’y trouve. L’adoration avait deux sens, d’abord, cette idée d’un pèlerinage de catholiques venant de toute la Terre pour adorer le Christ, cette idée de voyage avec des gens qui venait de loin pour Jésus, comme les mages et puis ce point culminant de l’adoration que constitue l’adoration eucharistique alors que nous sommes en plein dans l’année de l’eucharistie et que cette année a donc été marquée par plusieurs événements comme la lettre encyclique de Jean-Paul II Ecclesia de Eucharistia, la multiplication des lieux d’adoration ou encore les JMJ. Pour moi, c’était un thème très intéressant, je trouve que l’idée est en soi très belle, j’ai prié pour que nous soyons nombreux parce que je pense que ça peut être un signe pour le monde de voir tant de jeunes réunis autour du saint Père pour prier et adorer. Je suis parti avec les frères de saint Jean de Souvigny. Notre groupe était restreint puisque nous tenions dans quatre voitures.

Pour nous, il y a eu deux étapes, la première nous a amené à Rüdesheim le long du Rhin. C'est dans cette ville que sont conservées les précieuses reliques de Sainte Hildegarde dont je n'ai malheureusement pas pu découvrir encore la spiritualité. Le temps s'est partagé entre prière, enseignement, visite et amitié. Je dois dire que l'accueil a été chaleureux et que nous devons remercier les organisateurs. Surtout, ce fut un temps d'adoration. l'adoration a constitué la clé de voute de ces JMJ et je suis heureux car pour ma part, j'avais du mal à adorer et j'y suis entré pendant ce voyage. c'est un fruit spirituel dont je rends grâce à Dieu. Les adorations ont toujours eu lieu dans un silence édifiant et dans un profond respect. En revenche, les messes devant les évêques étaient célébrées dans un climat franchement peu respectueux, ne favorisant pas du tout la prière. Les chants sacrés ont laissé la place aux guitares électriques et bien souvent, même des moments où l'on doit demander pitié au Seigneur comme le Kyrie étaient dans ce même climat festif et hors de propos pendant le saint sacrifice de la messe. Ca m'a fait mal au coeur et même parfois, je n'ai pas eu la force de le supporter et je suis parti en plein milieu. J'essaie de vous retranscrire avec ma pauvre mémoire l'homélie de l'évêque pakistanais qui m'a beaucoup ému, c'était étrange ce jour avec ce témoignage qui m'a boulversé d'un côté et puis une liturgie défigurée de l'autre.


« Chers frères et sœurs, je voudrais vous témoigner ma joie dans le cœur du Christ de faire partie d’une Eglise persécutée. Nous vivons dans un monde où nous avons parfois des raisons d’avoir peur devant la menace terroriste. Je peux vous dire ce que c’est que de vivre dans un état islamiste et je viens témoigner du sang des martyrs.

Je voudrais vous raconter plusieurs petites histoires. La première, c’est celle de cet esclave qui servait son maître. Un jour, le maître eu pitié de lui et lui rendit sa liberté et l’esclave n’en voulut pas et dit au contraire à son maître : « que vais-je faire tout seul ? Dans ma solitude, je serai encore plus asservi que le plus petit des esclaves. » Nous sommes tous esclaves en ce monde et la liberté porte le nom de Jésus Christ. Vous êtes libres si vous dites oui à Dieu quand Il vous invite à Le suivre. Nous sommes opprimés de toute part, par la violence, par le terrorisme, par la culture de mort et nous nous sentons acculés, mais les esclaves ne sont pas ceux que l’on croit. Je veux dire solennellement que je me sens le plus libre des hommes en tant que je participe à l’œuvre de Jésus Christ.

Un jour, des chrétiens étaient réunis pour prier dans une église de ma paroisse, des terroristes sont arrivés avec des mitraillettes et ils ont tirés à l’aveugle. On m’a appelé et je suis tout de suite venu. Les gens pleuraient et hurlaient, j’entends encore leurs cris à l’heure où je vous parle. J’ai marché dans du sang, j’ai vu des enfants déchirés en deux par les balles et le sang des martyrs couler sur mes mains. A-t-on encore conscience qu’aujourd’hui des gens meurent dans les pires atrocités pour le nom de Jésus Christ ? Ce sang, je l’ai eu dans mes mains et je viens ici en témoigner. Nous avons à témoigner de Jésus Christ et nous aurons toujours à en témoigner, mais combien cette nécessité s’impose-t-elle à nous comme une évidence quand dans un pays comme le mien, Satan se sert du terrorisme pour entraver le règne de Dieu qui est en Jésus Christ ? Le lendemain du carnage, nous nous sommes réunis pour prier pour le repos de l’âme des morts, il y avait une foule colossale pour les accompagner et je me demandais comment j’allais faire mon sermon parce que Dieu nous invite à pardonner et que les gens qui étaient là n’avait pas envie de pardonner mais de se venger. Or ce jour, comme une grâce providentielle, m’est arrivé un fax de Jean-Paul II. Aujourd’hui encore, je regarde ce mot comme un miracle car c’était le jour de repos du secrétaire du pape et je ne sais même pas comment le pape a été au courant de ce qui nous est arrivé. Le pape nous a témoigné sa profonde tristesse, il a eu des mots très forts. Il nous a aussi invité à la prière, au pardon et à la paix. J’ai lu ce message pendant mon sermon et les gens ont été apaisés. »

J’arrête ici parce que ma mémoire flanche un peu et que j’ai peur de déformer, il a encore raconté qu’il avait été tenu en joue par deux pistolets sur chaque tempe et que ça lui avait rappelé la croix du Christ, qu’il croyait dans le pouvoir de la croix et qu’il n’avait pas eu peur à ce moment là grâce à la croix, qu’il avait au contraire été heureux. J’ai mal raconté et ça paraît fade comme je l’ai présenté, mais c’était vraiment bouleversant comme discours et j’ai versé beaucoup de larmes parce que cet homme m’a touché, tout simplement.

Devant l'évêque du diocèse, rebelotte, un sermon magnifique, qui plus est devant une relique de la croix du Seigneur, et toujours le même mauvais goût. ce n'est pas du tout un détail que ces chants parce que la sainte messe doit être un temps de prière, on ne peut pas saisir tout ce qui se passe dans une telle agitation, le Christ se donne par amour pour nous et cela demande un grand respect, une prière fervente et de laméditation. Avoir une messe comme ça a, à mon avis réduit les fruits de l'adoration pour certains pèlerins et c'est dommage car à mon avis, l'adoration est une porte ouverte sur l'Eucharistie.

Nous avons également visité de nombreux lieux de culte, parlé avec des religieux, chanté les heures liturgiques quand c'était possible et ce genre de choses.

Nous avons ensuite fait route vers Cologne et sommes arrivés très tard sur place. A ce moment là, un prêtre nous annonce que le frère Roger a été assassiné par une femme démente. Frère Roger est ce prêtre protestant qui s’est converti au catholicisme et a fondé la communauté de Taizé, sans que je sache ce qu’il a fait en premier. Personne ne le connaissait en personne dans notre groupe, mais nous étions alors au festival saint jean et il y avait encore du monde malgré l’heure tardive. J’ai vu des gens s’effondrer sur place à cette annonce. Pendant que j’essayais de soulager la peine d’un garçon qui priait la vierge Marie en pleurant, d'autres faisaient les imbéciles, ce n'est pas parce qu'on est catholique qu'on est intelligent. Ca peut paraître idiot, mais j’avais peur ce soir là, je savais juste qu’il avait été tué, ni où, ni par qui ni pourquoi. J’ai tout de suite pensé aux attentats ou à un geste islamiste. C’est seulement le lendemain que j’ai appris ce qui s’était passé.

A Cologne, il y avait énormément de monde et des activités pour tout le monde: catéchèse, prière, adoration, concerts, visites... Malheureusement, il était très dur de profiter de tout à cause du monde colossal et du temps que nous passions à attendre dans les transports en commun, dans les trains pour ceux qui ne logeaient pas à Cologne même, devant les stands pour la nourriture qui étaient souvent vides quand au bout de deux heures de patience on arrivait enfin devant le serveur. Je ne vais peut-être pas rentrer dans le détail à Cologne, juste remercier la communauté du chemin neuf pour la belle liturgie qu'ils ont proposée et pour leur choeur. Encore une fois, ce qui était central, c'était l'adoration eucharistique. Les lieux d'adoration étaient tous formidables et c'est vraiment ça que je veux retenir. Il y a eu aussi un chemin de croix dans la ville avec certainement des milliers de personnes, mais en raison du mauvais temps, notre groupe a choisi de le faire à l'écart et à l'abri. Il y a eu aussi tous les discours du pape. Nous n'avons pas tous pu les écouter, mais je vous mettrai en fin de message les liens vers les plus importants. Ils étaient tous très justes à mon avis et j'espère que les jeunes du monde entier les ont écouté avec attention et ont été touchés. N'hésitez pas à les diffuser autour de vous et surtout celui qui demande aux jeunes d'apprendre le CEC parce que l'Eglise meurt de ne pas connaître sa doctrine. C'est très important, nous ne pouvons pas annoncer le Christ ou l'Eglise si nous ne les connaissons ni l'un ni l'autre. Pourtant, le monde en a bien besoin.

Après cinq jours à Cologne, départ pour le marinfeld, un immense champ dans lequel devait se dérouler la messe de clôture. Nous avons mis beaucoup de temps pour y arriver et pour nous placer. Des gens avaient piqué les places les mieux placées sans tenir compte des numéros tant et si bien que nous nous sommes retrouvés tout au fond en raison de notre arrivée tardive. Vous auriez vu cette foule venue pour adorer le Christ, c’est très beau et très émouvant à voir. On comprend ce que veut dire le fait que l’Eglise est aussi une assemblée convoquée par le Seigneur. Ca m’a fait plaisir de voir ça, tout simplement. Avec la pluie des jours précédents, il y avait une sacrée gadoue et il a fallu faire un petit campement. Les scouts nous ont bien aidés à faire un logement de fortune. Nous avons encore subi la pénurie de nourriture et pendant que certains se baffraient, nous n’avions presque rien à manger. Ensuite, il y a eu la veillée de prière avec le pape qui a été un moment très fort pour moi. Le saint Père a prononcé un beau discours que nous écoutions avec la radio pour avoir la traduction. Pour le coup, les chants m’ont paru très acceptables, certains étaient même très beaux. Malheureusement, tout le monde ne l’a pas suivie et il y avait pas mal de gens qui préféraient marcher dans les allées que de prier. Avec quelques personnes du groupe, nous étions avec notre petit livre du pèlerin et nous chantions. A la fin, tous ceux qui avaient pris la peine de suivre cette belle prière se sont retrouvés dans la tente consacrée à l’adoration. Il y avait un monde considérable et je n’ai pas pu retenir mes larmes devant un tel spectacle, des milliers de jeunes à genoux dans un silence édifiant preuve que l’adoration silencieuse des dix jours a quand même porté un peu de fruit. J’y suis resté une grosse demi-heure. Le prêtre qui nous suivait toute la nuit. Ca, ce sont des moments qui marquent, croyez moi. J’espère que ce n’était pas un péché, mais je n’ai pas pu me retenir de prendre une photo tellement c’était touchant.

Le lendemain qui était donc le dernier jour, c’était la messe de clôture. Avant, il y a eu les laudes, mais elles ne ressemblaient guère à celles dont nous avions l’habitude ! De toute façon, vu le rangement à faire, la queue de 20 minutes pour aller aux toilettes pour le pipi du matin, il fallait une grosse volonté pour suivre la prière, surtout qu’en dormant à la belle étoile comme nous avions tous fait, la nuit avait été courte pour beaucoup à mon avis. Enfin, j’ai essayé de le faire. Ensuite, ça a été la messe et on a encore innové dans le mauvais goût. Le texte de la messe était moitié en allemand, moitié en latin. La plupart du temps, la foule répondait dans un mélange des deux langues selon ce qui était écrit sur le livre du pèlerin, ça, ça allait. Les prières d’intercessions étaient vraiment belles et l’homélie du pape aussi à mon avis. Elle a été assez applaudie, malgré une certaine sévérité du propos. Par contre, la musique a été encore une fois d’un total mauvais goût. L’idée était que nous venions de toute la Terre alors qu’il fallait faire un mélange des chants de toute la Terre pour prier ensemble. L’idée ne me semble pas du tout viciée, dans les rues de Cologne, il était si beau d’entendre les chants des croyants du monde entier, ça aurait pu être très beau, j’aime bien entendre les chants en toutes les langues, la façon dont on dit Seigneur aussi, ça m’amuse de voir comment ça sonne dans chaque langue. Dans le métro, c’était agréable d’entendre les prières ainsi. Bon, il y avait aussi ceux qui chantaient des chants pas très sacrés, mais bon… Une autre chose dont je n’ai pas parlé sur Cologne est le matraquage intellectuel dont les catholiques ont été victimes. Publicité des lobbies homosexuels, des lobbies en faveur du préservatif. Prosélytisme de certaines sectes qui distribuaient des tracts. Je crois que les évangéliques ont aussi essayé d’attirer à eux quelques brebis, mais elles ont eu peu de résultat car Cologne est profondément catholique. Pour en revenir à la musique, si l’idée me semblait bonne, elle a été mise en place d’une manière déplorable, on a mélangé le chant grégorien à la musique populaire irlandaise dans le gloria pour un résultat franchement médiocre, pareil avec les chants asiatiques qui à mon avis n’ont même pas plu aux asiatiques car ils ont été européanisés et même parfois popisés si on peut dire. Enfin bon, il n’y a rien à ajouter à part que c’est bien triste. Je savais avant de venir qu’il y aurait ce genre de choses, peut-être pas à ce point, je le reconnais. Ca m’a objectivement gêné par moments et c’était mal venu. Je sais que je suis loin d’être le seul à avoir été gêné dans ma prière par les choix musicaux des organisateurs et je pense qu’il aurait fallu penser en premier à l’utilité spirituelle des fidèles plutôt qu’au côté grand spectacle. La messe est un moment magique pour moi, vraiment un temps privilégié, mais pour monter vers Dieu alors qu’Il vient à nous, je crois qu’il faut un certain calme pendant la liturgie. La messe et la croix, c’est la même chose, je crois qu’au pied de la croix, on aurait joué une autre musique…

Voilà pour le récit de mon expérience à Cologne. Une expérience mitigée donc. Une expérience dont les quelques égarements liturgiques ne me font surtout pas oublier ce qui était bon, mais un pèlerinage dont les bons fruits ne me font pas totalement oublier ce qui était moins bon…
Dernière édition par wanderer le lun. 29 août 2005, 16:28, édité 1 fois.

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Message non lupar Exupère » ven. 26 août 2005, 17:23

Wanderer: passionant! On s'y croirait. Merci du récit. Je comprends votre déception devant le "brouillage" de la liturgie par des bruits et autres guitares; maintenant, il s'agissait d'un pèlerinage avec une foule immense. Tout ne peut pas être aussi ordonné et huilé que dans l'Eglise d'une communauté qui vit soudée jour après jour.

Pourriez-vous me parlez plus de l'adoration que vous semblez avoir découverte, et qui vous ravit? Qu'entendez-vous exactement, en quoi est-ce si différent de la prière?

Dernière note concernant le Pakistan: je vais devoir m'y rendre, pour raisons professionelles, dans quelques semaines - probablement à plusieurs reprises. J'avais déjà anticipé d'aller rendre visiter à nos frères en souffrance, ne sachant pas exactement sur quelle forme de christianisme je tomberais. Je suis ravi d'apprendre que l'Eglise vit là-bas. Savez-vous par hasard d'où venait cet évèque, le nom et lieu de son Eglise?

Merci, cordialement
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Message non lupar wanderer » lun. 29 août 2005, 16:57

J'ai fini mon récit ci dessus.
Wanderer: passionant! On s'y croirait. Merci du récit. Je comprends votre déception devant le "brouillage" de la liturgie par des bruits et autres guitares; maintenant, il s'agissait d'un pèlerinage avec une foule immense. Tout ne peut pas être aussi ordonné et huilé que dans l'Eglise d'une communauté qui vit soudée jour après jour.
Merci!

Non, je ne crois pas que l'on puisse dire cela pour la liturgie, tout était très bien huilé en un sens et les organisateurs savaient ce qu'ils faisaient. Je crois que le mauvais goût s'est un peu infiltré dans l'Eglise à ce niveau là. Pour moi, je n'ai rencontré encore personne qui m'a dit que cette messe de cloture était belle et qu'elle aidait à la prière. Je ne dis pas que ça n'existe pas, j'espère que ça existe, que ça a porté du fruit, mais je n'y crois pas beaucoup.
Pourriez-vous me parlez plus de l'adoration que vous semblez avoir découverte, et qui vous ravit? Qu'entendez-vous exactement, en quoi est-ce si différent de la prière?
Ca, c'est une bonne question et une question difficile. Ce que je dis n'a aucune valeur doctrinale, c'est mon ressenti de catéchumène. Il me semble que la prière, c'est demander à Dieu. Plus on progresse dans la foi et moins l'on demande pour soi. On demande pour les autres, pour le bien de l'humanité, pour son salut et pour l'Eglise. C'est un acte de confiance en Dieu et c'est aussi une offrande de sa personne à Dieu. Une bénédictine m'a dit pendant ce séjour: "on ne prie pas pour soi mais pour servir Dieu" Je crois que cela signifie qu'il faut accepter de se faire petit, de devenir humble et de demander au Seigneur de guider nos chemins pour que nous soyons les instruments de sa vérité et de son salut. "Seigneur, fais de moi ce dont tu as besoin pour les autres" Ceci évidemment, je n'arrive à le vivre que maladroitement, je ne suis que débutant. :) Par contre, si j'arrive un jour à cette plénitude dans la vie de prière par la grâce du saint Esprit, alors je crois qu'il y aura sur mon visage la même joie et la même paix que sur celui de cette soeur bénédictine.

L'adoration a une dimension plus contemplative que la prière. C'est ainsi que je la ressens en tout cas. Elle permet de comprendre le lien intime entre la croix et l'Eucharistie et elle a cela de bouleversant que quand on se retrouve devant le saint sacrement, on se retrouve en quelque sorte devant la rédemption elle même. C'est pour cela que l'adoration est un moment de vérité avec Dieu où l'on peut contempler la merveille de la rédemption, ce que le Christ a fait pour nous. je crois que c'est un paroissien du curé d'Ars, ou le saint curé d'Ars lui même qui disait en parlant de l'adoration eucharistique. "J'instruis le Bon Dieu et le Bon Dieu m'instruit". C'est un peu cela je crois. Un moment privilégié devant Dieu pendant lequel nous pouvons vraiment le glorifier pour son oeuvre de salut. C'est aussi une occasion de méditation car la doctrine catholique sur l'eucharisite est si vaste qu'elle est à elle seule source de contemplation. En cela, l'adoration du saint sacrement est une porte ouverte sur la messe, elle permet de faire germer un désir toujours plus grand de communier au corps du Christ (même si je dois prendre mon mal en patience en l'attente du baptême) et de mieux appréhender la messe pour en tirer de meilleurs fruits spirituels.

Désolé pour cette réponse insuffisante, forcément insuffisante. il y a des choses que l'on comprend petit à petit et qu'on ne sait pas encore expliquer correctement. C'est frais comme expérience. Disons qu'avant, je ressentais une chappe de plomb pendant l'adoration et c'est une nouveauté pour moi que d'y rentrer, même si c'est un tout petit peu.
Dernière note concernant le Pakistan: je vais devoir m'y rendre, pour raisons professionelles, dans quelques semaines - probablement à plusieurs reprises. J'avais déjà anticipé d'aller rendre visiter à nos frères en souffrance, ne sachant pas exactement sur quelle forme de christianisme je tomberais. Je suis ravi d'apprendre que l'Eglise vit là-bas. Savez-vous par hasard d'où venait cet évèque, le nom et lieu de son Eglise?
Non, aucune idée. Cela étant, je pense que vous en savez assez pour le démasquer! Demandez autour de vous combien d'évêques pakistanais se sont rendus à Cologne, peut-être était-il le seul et dans ce cas, vous le retrouverez sans peine. Il parlait anglais, mais français.

faîtes attention à vous là-bas.

Wanderer

:)

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Bilan des Journées mondiales de la jeunesse à Sydney

Message non lupar jean_droit » mar. 22 juil. 2008, 8:52

Bonjour à tous,
Sauf erreur de ma part, nous n'avons guère commenté les JMJ de Sidney sur ce forum.
Est-ce parce qu'il est bien loin ou parce que cela ne nous intéresse pas ?
Je peux, au moins, commencer par quelques chiffres piqués dans le Salon Beige à partir de ZENIT :

http://zenit.org/article-18521?l=french

Commentaires personnels : Se méfier de ce genre de chiffres surtout quand ils sont des comptages approximatifs et trop importants.

..................

Les organisateurs des JMJ de Sydney ont publié les chiffres de la rencontre :

70.000 pèlerins internationaux ont participé aux journées dans les diocèses d'Australie, la semaine avant la JMJ 2008.
150.000 personnes ont assisté à la messe d'ouverture à Barangaroo.
Plus de 400.000 personnes ont assisté à la messe de clôture des JMJ à Randwick.
500.000 personnes ont accueilli le pape, jeudi 17 juillet à son arrivée en bateau à Barangaroo.
223.000 pèlerins étaient enregistrés pour recevoir les différents services aux pèlerins pendant la JMJ2008.
Plus de 170 nations étaient représentées
1,1 million d'hosties ont été nécessaires pour les messes

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Re: Bilan des JMJ

Message non lupar Christophe » mar. 22 juil. 2008, 13:17

Nous attendons le retour d'Arzur pour avoir un témoignage personnel de l'évènement ! ;)
« Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. » (Matthieu 25, 40)

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Re: Bilan des JMJ

Message non lupar jean_droit » mar. 22 juil. 2008, 13:21

Très juste.
Ah ! Le veinard !

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Re: Bilan des JMJ

Message non lupar Sapin » mar. 22 juil. 2008, 14:04

On avait dit, il y a quelques années, que les JMJ s'essouffleraient après la mort de Jean-Paul II et comme Benoît XVI n'a pas le même charisme que son prédécesseur avec les jeunes, qu'il est ci et qu'il est ça, bref on avait pratiquement signé l'arrêt de mort de cet événement parce qu'un pape ultra conservateur qui veut «transporter» l'Église en arrière n'attirera pas les jeunes, bla, bla, bla, etc, etc. On a vu qu'il en est rien. Au contraire, les JMJ se sont déroulés à l'autre bout du monde, et les chiffres totalisaient les 200,000 à 500,000 personnes.

Comme c'est un succès à tout point de vue, avec en plus du latin et grégorien, de la prière et du silence avec des jeunes, il est très compréhensible et très logique que les médias garderont silence face à l'événement, puisque tout l'événement est en contradiction avec les grands détracteurs de l'Église catholique.

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Re: Bilan des JMJ

Message non lupar jean_droit » mar. 22 juil. 2008, 15:55

Voici un article de Patrice de Plunkett qui me parait pas trop mal en continuation de l'intervention de Sapin :

http://plunkett.hautetfort.com/archive/ ... .html#more

Début de l'article :

...........

Benoît XVI : l'exactitude de la foi
FR 2 s'étonne que le pape « s'en tienne aux dogmes traditionnels de l'Eglise catholique » :

Est-ce parce que l'Australie est trop loin pour intéresser les salles de rédaction parisiennes ? L'attitude des grands médias devant la JMJ de Sydney a été plus défectueuse que d'habitude. Sauf quelques articles, l'incompréhension a été la règle.

Dans le Journal du dimanche (numéro qui consacrait des pages entières à des sujets inactuels), dix lignes seulement sur les journées de Sydney – en les résumant à ceci : « le pape a présenté des excuses à propos des prêtres pédophiles ».

Sur FR 2, quelques images et propos de pèlerins, et un envoyé spécial admettant qu'il y avait beaucoup de jeunes enthousiastes : cependant, concluait le confrère, « Benoît XVI en reste aux dogmes traditionnels de l'Eglise catholique ».

ximatt
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Re: Bilan des JMJ

Message non lupar ximatt » mar. 22 juil. 2008, 16:26

Je ne sais rien de la couverture télévisée (je n'ai pas la television) mais sur internet les jmj sont restés un bon moment en tete de liste des themes sur les services de type google news.
Il est vrai par contre que dans les details l'information a été assez superficielle.

jean_droit
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Re: Bilan des JMJ

Message non lupar jean_droit » jeu. 24 juil. 2008, 8:32

Je viens de lire ce commentaire dans le Forum Catholique.

Même s'il aun arrière goût prononcé traditionaliste ces commentaires sont loin d'être inintéressants.

Pourquoi les jeunes italiens sont venus ... et pourquoi pas pour exprimer leur foi, tout simplement !

Et on pourrait continuer les mêmes types de remarques .....

Mais, enfin, intéréssant ...

Ceci dit : Vive les JMJ !

...........................


AUSTRALIE : On peut se demander pourquoi l’Eglise maintient les JMJ, vestige d’une utopie du dernier siècle, chère à Jean-Paul II, qui n’était qu’une fuite en avant quand les églises de nos villes et campagnes moisissaient du vide de la jeunesse. Quand on entend que plusieurs dizaines de milliers de jeunes italiens ont fait le voyage à Sydney, de deux choses l’une : soit ils sont venus pour le pape – et là on ne comprend plus rien puisque celui-ci se habite tous les jours chez eux en Italie -, soit ils sont venus pour les autres jeunes – et là cela n’a plus rien à voir avec la religion. Avec les aborigènes qui dansent devant l’autel et le pape, on se demande si c’est bien le même pape qui a tout récemment écrit le motu proprio sur la dignité et la richesse de l’ancienne messe ? Pourquoi ce rassemblement extraordinaire pour ne célébrer que des messes ordinaires ? Pourquoi encourager les évêques de la terre entière à accueillir plus généreusement l’ancienne liturgie, « richesse incomparable de l’Eglise », en refusant cette richesse à chaque grande occasion aux jeunes qui en ont faim et soif ? Les paroles papales - somme toute assez pâles -, valaient-elles la peine d’un tel rassemblement ? Quand on voyait aux JMJ les hiérarques de l’Eglise « à l’écoute des jeunes », peut-être pas en adoration, mais en adulation devant eux, on avait l’impression d’être dans une école républicaine qui suit les dernières modes de l’enseignement, au lieu de les enseigner du haut de la chaire de Pierre. Au lieu de les bercer avec des compliments comme « Vous êtes l’espérance de l’Eglise », ne fallait-il pas leur lancer : « Convertissez vous ! Les athées et païens ne sont que 20 % dans le monde. S’il y a tant de meurtres de petits bébés dans le sein de leur mère – déjà 1 milliard selon l’ONU -, c’est bien en raison des 80% qui se disent ‘croyants’, et notamment de vous autres jeunes ! Arrêtez le massacre, repentissez vous, convertissez vous ! » Le fait de ne pas leur parler ainsi, c’est de désespérer des jeunes, capables pourtant d’un élan grandiose si seulement un apôtre se trouve qui ait le courage de leur dire la vérité. Selon ce qu’on a pu savoir, il y avait à Sydney au moins un évêque à parler le langage clair et dur de l’Evangile : Mgr Charles Chaput, archevêque de Denver au Colorado. Il a appelé les jeunes à résister à la laïcité, à ne pas mener comme chrétiens une ‘double vie’ en limitant l’expression de leur foi : « Jésus n’est pas mort sur la Croix et ressuscité des morts pour que nous priions davantage à la maison et que nous soyons un peu plus gentils avec le voisin d’à côté. » Rappelant que seule l’Eglise se tient debout face à la déshumanisation de la culture de mort, il a exhorté les jeunes ainsi : « La religion, la politique, la justice sociale : voilà précisément les choses dont nous devrions parler. Rien d’autre n’importe vraiment. Que peut-il y avoir de plus important que la foi religieuse, qui s’occupe du sens ultime de la vie, et la politique (!), qui s’occupe de la manière dont nous devons organiser nos vies ensemble en vue du bien commun ? » Jusqu’à présent on entendait des chaires : « Surtout pas de politique ! », en laissant ce domaine totalement aux ennemis de l’Eglise. C’est ainsi que l’avortement est arrivé… et tout le reste. Aux JMJ 2008 le ton a commencé timidement à changer, en direction de l’Evangile et des enseignements de tous les saints. Tant pis pour le spectacle ! Au moins cela vaut un grand Deo Gratias. – (ru)

etienne lorant
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Journées mondiales de la jeunesse 2013

Message non lupar etienne lorant » mar. 30 juil. 2013, 18:17

Incroyable foule tranquille devant le Pape
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Les jeunes dans les rues veulent être les acteurs du changement. S’il vous plaît ne laissez pas les autres devenir les acteurs du changement (…) Ne restez pas au balcon de la vie, Jésus n’y est pas resté. Il s’y est engagé ! Engagez-vous-y comme l’a fait Jésus", a lancé le pape, à l’avant-dernier jour des 28e Journées mondiales de la jeunesse (JMJ).

Cette exhortation a pris un écho tout particulier au Brésil, où la jeunesse est entrée en révolte en juin pour réclamer une amélioration des services publics (transports, éducation, santé) et crier son exaspération de la corruption et de la classe politique.

Le pape avait déjà incité cette semaine les jeunes catholiques à ne pas hésiter à mettre un peu de "pagaille" pour sortir l’Église de sa torpeur.

"Jésus est meilleur que la Coupe du monde !" de football, a encore lancé le pape sous forme de boutade aux jeunes catholiques venus du monde entier pour participer au "Woodstock catholique".

"Il nous demande de jouer dans son équipe", a poursuivi le pontife au pays du football roi, le seul à avoir remporté cinq fois la Coupe du monde qu’il organisera l’an prochain.

DEUX MILLIONS DE PERSONNES

La plage de Copacabana, large anse en demi-lune de quatre kilomètres de long, était noire de monde, totalement recouverte de tentes et de sacs de couchage.

"Il y a deux millions de personnes", a estimé le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, interrogé par l’AFP.

Le pape doit célébrer dimanche matin sur Copacabana la messe de clôture des JMJ. Ce sera le dernier acte du premier voyage à l’étranger de son pontificat.

Âgé de 76 ans, le pape a déployé pendant une semaine une énergie inépuisable et tracé les axes de son pontificat : proximité avec les pauvres, ouverture sur la société d’une Église trop renfermée sur elle-même…

Le maire de Rio Eduardo Paes a estimé que jusqu’à trois millions de personnes pourraient assister à la messe de dimanche, ce qui serait le "record de l’histoire de Copacabana".

Samedi, les jeunes catholiques des JMJ avaient pérégriné joyeusement dans Rio, entre la gare centrale et Copacabana, chantant et dansant, scandant "nous sommes la jeunesse du pape".

Dans leur immense majorité, ils ont été conquis par la chaleur et les paroles simples et directes du premier pape sud-américain de l’histoire.

http://www.la-croix.com/Religion/Actual ... -28-991804
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Guillaume C.
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Il y a 20 ans, les JMJ de Paris réveillaient la France

Message non lupar Guillaume C. » jeu. 17 août 2017, 18:55

Il y a 20 ans, les JMJ de Paris réveillaient la France


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(RV) Rétrospective - En cet été 2017 nous vous proposons de retourner 20 ans en arrière, pour revenir sur un évènement dont beaucoup de nos auditeurs gardent probablement un souvenir ému… L’été 1997 fut en effet marqué, en France, par les Journées mondiales de la Jeunesse à Paris. Après une semaine dans tous les diocèses de l’hexagone, des centaines de milliers de jeunes convergèrent vers Paris à partir du 19 août pour le rassemblement final, sous le regard médusé des Parisiens et des médias.

Alors que le scepticisme dominait durant les mois de préparation de ce rassemblement, cet évènement fut un immense succès, conclu le 24 août 1997 par une messe présidée par Jean-Paul II à l’hippodrome de Longchamp. Une messe à laquelle avaient participé un million de personnes, ce qui en fait, et de loin, la plus grande messe de l’histoire de France.

Cyprien Viet revient sur ce rassemblement historique.


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Il n'y a qu'une Église, une par l'unité de la doctrine comme par l'unité du gouvernement, c'est l'Église catholique (Léon XIII, lettre Testem benevolentiæ sur la condamnation de l'américanisme)


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