"Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Altior » jeu. 22 févr. 2018, 1:35

mais n'est-ce pas un moindre mal,
Je me suis souvent posé cette question. Je crois que c'est pareil.

Cinci
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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Cinci » jeu. 22 févr. 2018, 15:22

Suliko a écrit :
Je pense au contraire que dans leur majorité, cette génération en a tout à fait conscience, mais ne peux pas changer, pétrie qu'elle est dans une sorte d'orgueil. Imaginez-vous à quel point il peut être difficile pour des gens ayant déjà fait leur vie et ayant vécu pendant des décennies dans cette Eglise de la nouvelle Pentecôte de reconnaître humblement qu'ils se sont fourvoyés ! Ils voient bien que beaucoup de leurs contemporains ne pratiquent plus, que leurs propres enfants sont à présent indifférents à la religion catholique, mais faire leur mea culpa serait en quelque sorte avouer que la vérité était du côté de la Tradition, et cela leur est difficilement supportable (la Tradition, ce sont des "lefebvristes" fermés et intolérants, des mœurs austères et pas assez ouvertes au monde, etc...).
Je suis quelque peu agacé de lire un pareil commentaire. Et ce n'est pas l'envie (une petite tentation, une chatouille) de répondre d'une manière déplaisante qui manquerait.

Faire des "lefevbristes fermés et intolérants" des représentants patentés, légitimes et officiels de la Tradition de l'Église avec un grand "T" svp ... Ça ne va pas la tête ? Non mais franchement ! Vous êtes au prise avec une belle illusion, chère Suliko. Vous vous racontez des histoires.

Par ailleurs, je ne vois pas pourquoi des Benoit XVI ou des Jean-Paul II (eux et tous les catholiques du monde qui les suivent) auraient dû faire un mea culpa "spécial" à propos d'un soi-disant fourvoiement. Aux dernières nouvelles, le dernier concile du Vatican est toujours le dernier concile de l'Église catholique. C'est quand même extraordinairement malhonnête (en plus de ne pas être catholique) que de vouloir faire porter le chapeau des péchés d'un peu tout le monde aux seuls évêques réguliers de l'Église catholique, comme à tous les catholiques qui seraient alors "coupables" bien sûr de ne pas être de l'avis de Suliko. "Tout va mal et c'est de la faute aux progressistes !" Que c'est bête !

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Héraclius
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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Héraclius » jeu. 22 févr. 2018, 17:33

Un version plus modeste de la revendication de Suliko n’est pas totalement stupide non plus. Il y a toute une génération de clercs qui a fait de très grands dommages à l’Eglise, et qui est directement responsable de la crise post-conciliaire. Pas la seule cause de cette dernière, évidemment, mais avec une lourde responsabilité. Le manque de formation du catholique actuel moyen, typiquement, n’est pas l’oeuvre du monde ou de mai 68 ou de la sécularisation : c’est celle d’un certain clergé.

Il ne faut pas, par fidélité à l’Eglise, vouloir défendre systématiquement l’institution. Le clergé est responsable de la chute brutale des courbes dans les années 70. Un sociologue a récemment écrit un ouvrage assez médiatisé que j’ai eu l’occasion de parcourir dans une librairie : il note notamment le rôle crucial de la fin de la confession régulière comme cause centrale de la chute de la pratique religieuse globale. En effet, selon lui, statistiques à l’appui, un point central de la perte d’influence de l’Eglise est la perte des 15 pour cent de catholiques se confessant sur une base mensuelle, qui constituait sa "force de frappe culturelle". Or qui a dit à ces 15 pour cent que leur pratique était une superstition médiévale culpabilisante et les a invités à se limiter à passer deux fois par an dans le confessionnal ? Ce ne sont ni des laïcs ni des non-cathos.

Bien sûr glisser d’"un certain clergé" à "l’Eglise conciliaire", voilà qui est problématique. Mais il faut quand même voir que fut un temps où les séminaires évitaient activement l’orthodoxie. Et ceux qui la critiquaient n’étaient pas des traditionalistes, mais des figures comme le Cardinal Journet, comme Louis Bouyer, comme la bande qui allait fonder Communio : des gens intelligents et loin des extrêmes. Il me semble crucial de reconnaître le degré de la crise interne à l’Eglise pour aller de l’avant.

Cela ne veut pas dire que nous devrions tous partir en pélerinage à Ecône, Dieu merci.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)

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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Relief » jeu. 22 févr. 2018, 18:13

Suliko a écrit :
Je pense au contraire que dans leur majorité, cette génération en a tout à fait conscience, mais ne peux pas changer, pétrie qu'elle est dans une sorte d'orgueil. Imaginez-vous à quel point il peut être difficile pour des gens ayant déjà fait leur vie et ayant vécu pendant des décennies dans cette Eglise de la nouvelle Pentecôte de reconnaître humblement qu'ils se sont fourvoyés ! Ils voient bien que beaucoup de leurs contemporains ne pratiquent plus, que leurs propres enfants sont à présent indifférents à la religion catholique, mais faire leur mea culpa serait en quelque sorte avouer que la vérité était du côté de la Tradition, et cela leur est difficilement supportable (la Tradition, ce sont des "lefebvristes" fermés et intolérants, des mœurs austères et pas assez ouvertes au monde, etc...).
Cinci à écrit :
Je suis quelque peu agacé de lire un pareil commentaire. Et ce n'est pas l'envie (une petite tentation, une chatouille) de répondre d'une manière déplaisante qui manquerait.

Faire des "lefevbristes fermés et intolérants" des représentants patentés, légitimes et officiels de la Tradition de l'Église avec un grand "T" svp ... Ça ne va pas la tête ? Non mais franchement ! Vous êtes au prise avec une belle illusion, chère Suliko. Vous vous racontez des histoires.
Vous avez lu semble-t-il trop rapidement le message de Suliko ;)

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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Théodore » ven. 23 févr. 2018, 15:16

Je vais peut-être vous irriter, mais n'est-ce pas un moindre mal, dans un Monde sans Dieu, qu'il y ai des commautés chrétiennes en forte progression, même si elles sont protestantes évangélistes?
Je sais que beaucoup critiquent durement l'Eglise catholique, mais ils sont chrétiens, n'est-ce pas l'essentiel? Surtout face aux athées anticléricaux et musulmans. Ils sont la preuve que les gens peuvent ouvrir leur coeur et leur esprit à la Foi, à contre-courant du Siècle. Et qu'aussi les catholiques s' y prennent peut-être mal pour partager leur Foi? (Sérieux, y a de ces messes soporifiques!).
Fleur de Lys,
Ancien protestant évangélique, je ne peux que me réjouir quand un païen découvre le Christ à travers eux.
Cependant, quand ils diffament ou attaquent l'unique Eglise du Christ, nous ne saurions nous réjouir de leur progression.

Il est urgent que les cathos évangélisent, et en catholiques.

Cher Héraclius, merci de votre dernier commentaire !
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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Théodore » sam. 24 févr. 2018, 18:34

Un sociologue a récemment écrit un ouvrage assez médiatisé que j’ai eu l’occasion de parcourir dans une librairie : il note notamment le rôle crucial de la fin de la confession régulière comme cause centrale de la chute de la pratique religieuse globale. En effet, selon lui, statistiques à l’appui, un point central de la perte d’influence de l’Eglise est la perte des 15 pour cent de catholiques se confessant sur une base mensuelle, qui constituait sa "force de frappe culturelle". Or qui a dit à ces 15 pour cent que leur pratique était une superstition médiévale culpabilisante et les a invités à se limiter à passer deux fois par an dans le confessionnal ? Ce ne sont ni des laïcs ni des non-cathos.
S'agit-il de ce livre ? http://www.paixliturgique.fr/aff_lettre ... _N_ID=2698
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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Héraclius » sam. 24 févr. 2018, 20:14

Oui.
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)

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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Socrate d'Aquin » sam. 24 févr. 2018, 21:04

Un version plus modeste de la revendication de Suliko n’est pas totalement stupide non plus. Il y a toute une génération de clercs qui a fait de très grands dommages à l’Eglise, et qui est directement responsable de la crise post-conciliaire. Pas la seule cause de cette dernière, évidemment, mais avec une lourde responsabilité. Le manque de formation du catholique actuel moyen, typiquement, n’est pas l’oeuvre du monde ou de mai 68 ou de la sécularisation : c’est celle d’un certain clergé.

Il ne faut pas, par fidélité à l’Eglise, vouloir défendre systématiquement l’institution. Le clergé est responsable de la chute brutale des courbes dans les années 70. Un sociologue a récemment écrit un ouvrage assez médiatisé que j’ai eu l’occasion de parcourir dans une librairie : il note notamment le rôle crucial de la fin de la confession régulière comme cause centrale de la chute de la pratique religieuse globale. En effet, selon lui, statistiques à l’appui, un point central de la perte d’influence de l’Eglise est la perte des 15 pour cent de catholiques se confessant sur une base mensuelle, qui constituait sa "force de frappe culturelle". Or qui a dit à ces 15 pour cent que leur pratique était une superstition médiévale culpabilisante et les a invités à se limiter à passer deux fois par an dans le confessionnal ? Ce ne sont ni des laïcs ni des non-cathos.

Bien sûr glisser d’"un certain clergé" à "l’Eglise conciliaire", voilà qui est problématique. Mais il faut quand même voir que fut un temps où les séminaires évitaient activement l’orthodoxie. Et ceux qui la critiquaient n’étaient pas des traditionalistes, mais des figures comme le Cardinal Journet, comme Louis Bouyer, comme la bande qui allait fonder Communio : des gens intelligents et loin des extrêmes. Il me semble crucial de reconnaître le degré de la crise interne à l’Eglise pour aller de l’avant.

Cela ne veut pas dire que nous devrions tous partir en pélerinage à Ecône, Dieu merci.
Oui, c'est tout à fait exact. C'est une analyse à laquelle je souscris sans réserve aucune.
J'irais même plus loin sur un point: ce sont souvent ceux-là même qui ont mené le Concile, qui en furent même les acteurs principaux... qui se sont ensuite fait qualifier du doux nom de conservateur et de rétrograde par leurs frères "progressistes". Jacques Maritain par exemple, qui fut à la fois l'un des acteurs principaux de nombreux textes conciliaires (entre autres Dignitatis Humanae et Nostra Ætate) et l'auteur du Paysan de la Garonne. Ou encore Louis Bouyer, que vous citiez. Ou même Joseph Ratzinger, Henri de Lubac, Hans Urs von Balthasar, Marie-Joseph Le Guillou...
Aussi peut-on parler d'un "traditionalisme conciliaire" qui, historiquement, a fait beaucoup contre la tempête qui a ravagé l'Eglise.
Sicut enim maius est illuminare quam lucere solum, ita maius est contemplata aliis tradere quam solum contemplari.
(S. Thomas d'Aquin, Somme de théologie, IIa IIae, q.188, a.6, r.)

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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Cepora » dim. 25 févr. 2018, 13:45

Jean Sévillia lors d'un entretien rapporté par le magazine La Nef, pour la promotion de son ouvrage La France catholique :

S’agissant d’un état des lieux du catholicisme français, deux écueils sont à éviter. Le premier, qui consiste à regarder la réalité avec des lunettes roses, a caractérisé pendant trois ou quatre décennies le discours épiscopal et celui de la plus grande partie de la presse catholique qui ne voulait pas voir la réalité en face, à savoir que les fruits attendus des années postconciliaires n’ont pas été au rendez-vous. Au lieu du printemps de l’Église, nous avons assisté, après l’élan initial, à un formidable recul de la pratique, à une crise des vocations, et à l’échec de la transmission de la foi.
[...]
En sens inverse, tendance qui prévaut souvent chez les « tradis », certains croient vivre les derniers jours de l’Église de France, souvent en mythifiant le passé.
[...]
En fait, nous sommes passés d’une société laïque imprégnée de restes de chrétienté à une société hyper-laïciste et postchrétienne. Il s’agit d’un bouleversement de civilisation concomitant de Vatican II, dont le concile n’a pas été la cause puisqu’il a voulu lui apporter des réponses, mais qui a pu jouer un rôle d’accélérateur sur des phénomènes antérieurs et parfois extrinsèques à l’Église.

Quelles sont les principales faiblesses et forces du catholicisme français ?
Les faiblesses, dans le désordre : un corps épiscopal souvent trop prudent ; le manque de formation de trop de laïcs ; l’impécuniosité qui rend tout projet difficile ; l’hostilité politique et médiatique à l’égard de l’anthropologie chrétienne ; le danger de l’entre-soi, le catholicisme populaire ayant fondu. Au rang des atouts, des clivages internes beaucoup moins marqués qu’il y a trente ans ; de nouveaux intellectuels (la génération Bellamy) ; une jeunesse catholique très déterminée et prête à s’engager, reflet d’un tissu de familles nombreuses qui n’a pas son équivalent à l’étranger, mais surtout, surtout, un ancrage spirituel extrêmement fort, qui se remarque dans le renouveau des pèlerinages ou de l’adoration eucharistique.

Source : la Nef

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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Relief » dim. 25 févr. 2018, 15:14

Excellente analyse de Sévillia. Merci Cepora.

Cinci
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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Cinci » dim. 25 févr. 2018, 23:34

Héraclius,
Un version plus modeste de la revendication de Suliko n’est pas totalement stupide non plus. Il y a toute une génération de clercs qui a fait de très grands dommages à l’Eglise, et qui est directement responsable de la crise post-conciliaire. Pas la seule cause de cette dernière, évidemment, mais avec une lourde responsabilité. Le manque de formation du catholique actuel moyen, typiquement, n’est pas l’oeuvre du monde ou de mai 68 ou de la sécularisation : c’est celle d’un certain clergé.
Oui, mais je réagis à l'affirmation première et tranchante de Suliko.

Elle qui paraît considérer les plus obtus des tradis comme les seuls vrais catholiques. Voici les seuls authentiques et légitimes dépositaires de la foi de l'Église et tutti.

Or je dis qu'il est absurde de vouloir faire de schismatiques et fomenteurs de sectarisme des représentants de la foi universel ! On ne peut pas être plus dans le faux que cela !

Pensez-vous deux minutes qu'un Padre Pio aurait choisi de faire lui-même sécession d'avec le pape et - quoi ? - au motif qu'il n'aurait pas aimé les décisions du Chef de l'Église sur ceci et cela ?

Quand on se prétend dépositaire de la Tradition de l'Église catholique ; on ne va pas affirmer que deux douzaines d'évêques représenteraient mieux la véritable Église que deux mille évêques de cinq continents réunis !

Faudrait nous expliquer comment il se ferait qu'une Église de Jésus-Christ réputée infaillible au sommet dans ses plus grandes décisions doctrinales ou dans ses actes de gouvernement devant engager toute l'Église ne ferait soudainement plus le poids à côté de l'avis personnel d'un Mgr Lefevbre ...


Par ailleurs, je ne suis pas bien convaincu de ce que vous écrivez :
Héraclius a écrit :
Le manque de formation du catholique actuel moyen, typiquement, n’est pas l’oeuvre du monde ou de mai 68 ou de la sécularisation : c’est celle d’un certain clergé.
Je vois mal en quoi le monde justement ne pourrait être le vrai responsable d'une certaine démobilisation. Le monde représente traditionnellement tout ce qui combat contre l'esprit. Mettez-y le libéralisme, le démocratisme, le matérialisme, le freudisme, la crise de l'autorité, l'hédonisme, le consumérisme, etc.

Je ne vois pas le bien fondé qu'il y aurait à faire du degré d'orthodoxie des profs de séminaire (un certain clergé) cette source explicative principale et majeure nous permettant de comprendre enfin pourquoi la foi chrétienne se porterait mal en France ou au Québec.

J'ai le sentiment d'une fraude intellectuelle.

On a des adversaires d'idées qui accusent leurs compères sans aménité (cf. Paul VI, les jésuites, les bénévoles de la catéchèse, le manque de rigueur des Ratzinger, Wojtyla, l'abbé Pierre, le Père Varillon et cie) d'être les grands responsables de la désaffection du grand public envers les choses de la foi. Or je vois une difficulté dans le fait de biffer l'influence du monde sur les paroissiens, à vouloir s'en tenir ensuite de façon obsédante sur la seule critique du comportement imparfait de tels et tels responsables.

C'est très absurde à mon sens. Il faudrait croire à l'inverse qu'à l'époque où la foi se portait bien, ici où là, c'est que les responsables auraient tous été (ou presque) des champions de la vertu, des modèles de bons chrétiens. Vous pourriez croire ça ? Pas moi.

Au Québec, le décrochage du grand public d'avec la religion catholique a coïncidé parfaitement avec le processus de sécularisation, la création du Ministère de l'éducation et le transfert du contrôle de l'éducation des religieux aux administrateurs laïcs, à la promotion directe d'une ouverture sur le monde (non pas de l'Église) mais de toute la société civile elle-même via les médias, à l'arrivée en masse de la contre-culture. Le phénomène était massif et spectaculaire !

Rien à voir avec le fait du laxisme doctrinal du frère Nolasque, religieux à l'orthodoxie branlante et sévissant comme frère des écoles chrétienne dans une école de campagne ! Rien à voir non plus avec le fait d'un relâchement sur la discipline au séminaire, à l'abandon de la tradition de manger du poisson chaque vendredi !

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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Théodore » lun. 26 févr. 2018, 0:20


Quand on se prétend dépositaire de la Tradition de l'Église catholique ; on ne va pas affirmer que deux douzaines d'évêques représenteraient mieux la véritable Église que deux mille évêques de cinq continents réunis !
Cher Cinci,
Sur ce point précis je dois vous donner tort ; il y a au moins un précédent historique où une poignée d'évêques ont conservé la foi, le reste étant des mous prompts au compromis, dominée par une minorité hérétique. Ce précédent, c'est la crise arienne.
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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Suliko » lun. 26 févr. 2018, 1:56

Cinci,

Il ne fallait pas prendre ma petite phrase entre parenthèses au premier degré. Je ne suis pas une représentante officielle de la FFSPX ou que sais-je encore et je voulais simplement me faire l'écho d'une opinion très répandue, y compris chez les catholiques. Il s'agissait juste de faire comprendre que pour la majorité de nos contemporains ainsi que pour une bonne partie des fidèles de la paroisse du coin, il y a d'un côté les prêtres et curés officiels, globalement libéraux et ouverts (le monde s'en félicite) et d'un autre côté la FSSPX, c'est--à-dire des gens fermés et intégristes qui se croient les seuls dans le vrai. Beaucoup de gens de savent même pas qu'il existe des instituts traditionnels "en communion" avec Rome (FSSP, ICRSP, etc...) ! Moi-même, je n'étais pas du tout au courant de cela avant de m'intéresser à la Tradition.
J'en profite pour rappeler que jusqu'au dernier concile, les papes avaient à coeur d'enseigner aux fidèles que des parents catholiques ne doivent en aucun cas mettre leurs enfants dans des écoles sans Dieu, c'est-à-dire dans des écoles soit hostiles à la religion catholique, soit simplement neutres religieusement, soit catholiques, mais que pendant le cours de religion et pas le reste du temps. Qui suit toujours cet enseignement si essentiel dans la transmission de la foi ? Je vous le donne dans le mille : les traditionalistes !
Il ne faut pas s'étonner que sa descendance ne pratique plus et n'ait plus la foi si on ne fait pas les efforts suffisants pour la cultiver, à savoir un enseignement catholique, une liturgie traditionnelle et digne et un catéchisme orthodoxe.
Contrairement à Cinci, je pense que l'apostasie massive est essentiellement le résultat d'un clergé gangréné par des idées hérétiques et de fidèles qui n'ont pas su ou pas voulu lutter contre les innovations conciliaires. Cela ne m'étonne pas : si les fidèles ne sont plus nourris spirituellement, comment pourraient-ils garder et transmettre la foi ?
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Cepora » lun. 26 févr. 2018, 12:36

Bonjour Suliko,
Suliko a écrit :
J'en profite pour rappeler que jusqu'au dernier concile, les papes avaient à coeur d'enseigner aux fidèles que des parents catholiques ne doivent en aucun cas mettre leurs enfants dans des écoles sans Dieu
Le document Gravissimum educationis du dernier concile rappelle l'importance de l'éducation scolaire catholique.

Je cite :
Mais, pour s’acquitter de la mission que lui a confiée le Seigneur qui l’a fondée, d’annoncer à tous les hommes le mystère du salut et de tout édifier dans le Christ, notre sainte Mère l’Église doit prendre soin de la totalité de la vie de l’homme y compris de ses préoccupations terrestres, dans la mesure où elles sont liées à sa vocation surnaturelle. Elle a donc un rôle à jouer dans le progrès et le développement de l’éducation. C’est pourquoi le Concile proclame certains principes fondamentaux de l’éducation chrétienne, spécialement en ce qui touche la vie scolaire.
[...]
À ses enfants, l’Église est donc tenue, comme Mère, d’assurer l’éducation qui inspirera toute leur vie de l’esprit du Christ ; en même temps, elle s’offre à travailler avec tous les hommes pour promouvoir la personne humaine dans sa perfection, ainsi que pour assurer le bien de la société terrestre et la construction d’un monde toujours plus humain.
[...]
Les droit et devoir, premiers et inaliénables, d’éduquer leurs enfants reviennent aux parents. Ils doivent donc jouir d’une liberté véritable dans le choix de l’école. Les pouvoirs publics, dont le rôle est de protéger et de défendre les libertés des citoyens, doivent veiller à la justice distributive en répartissant l’aide des fonds publics de telle sorte que les parents puissent jouir d’une authentique liberté dans le choix de l’école de leurs enfants selon leur conscience.
[...]
En outre, dans la conscience qu’elle a du très grave devoir de veiller assidûment à l’éducation morale et religieuse de tous ses enfants, l’Église se doit d’être présente, avec une affection et une aide toute particulière, aux très nombreux enfants qui ne sont pas élevés dans les écoles catholiques.
[...]
L’école catholique revêt une importance considérable dans les circonstances où nous sommes, puisqu’elle peut être tellement utile à l’accomplissement de la mission du Peuple de Dieu et servir au dialogue entre l’Église et la communauté des hommes, à l’avantage de l’une et de l’autre. Aussi, le Concile proclame-t-il à nouveau le droit de l’Église, déjà affirmé dans maint document du Magistère, de fonder et de diriger des écoles de tous ordres et de tous degrés. Il rappelle que l’exercice de ce droit importe au premier chef à la liberté de conscience, à la garantie des droits des parents ainsi qu’au progrès de la culture elle-même.
[...]
Le Concile exhorte instamment les jeunes à prendre conscience de la valeur éminente de la fonction enseignante et à être prêts à l’assumer avec courage et générosité surtout dans les régions où le manque de maîtres met en péril l’éducation de la jeunesse.
[...]
Le Concile exprime sa profonde gratitude envers les prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui, en esprit de renoncement évangélique, s’adonnent à l’œuvre excellente entre toutes de l’éducation et de l’enseignement dans les écoles de tous les genres et de tous les niveaux.

Source : vatican.va
Pour moi, ça ne souffre aucune ambiguïté, l'Eglise promeut l'éducation scolaire catholique, même après le dernier concile. Il faut aussi garder à l'esprit, me semble-t-il, que le Magistère s'adresse au monde entier dans ce type de document, et pas seulement à une société occidentale de culture catholique.

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Re: "Les Cathos sont-ils de retour", l'effondrement de l’Eglise en France

Message non lupar Héraclius » lun. 26 févr. 2018, 13:31

Cinci,

Evidemment que la sécularisation et 68 ont eu leur rôle. Ma phrase cible, non pas la crise en général, mais la mauvaise qualité des formations de jeunes de la période post-conciliaire.

Héraclius -
''Christus Iesus, cum in forma Dei esset, non rapínam arbitrátus est esse se æquálem Deo, sed semetípsum exinanívit formam servi accípiens, in similitúdinem hóminum factus ; et hábitu invéntus ut homo, humiliávit semetípsum factus oboediens usque ad mortem, mortem autem crucis. Propter quod et Deus illum exaltávit et donávit illi nomen, quod est super omne nomen, ut in nómine Iesu omne genu flectátur cæléstium et terréstrium et infernórum.'' (Epître de Saint Paul aux Philippiens, 2, 7-10)


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