Les Jésuites

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ChristianK
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Mort des Jésuites du Québec

Message non lupar ChristianK » ven. 07 avr. 2017, 19:24

Mort des Jesuites du Québec… Une nouvelle d'une importance capitale


Le texte :
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La fin d’une époque pour les jésuites
Il est bien lointain, le temps des martyrs canadiens et des collèges où les jésuites formaient l’élite du Québec. La Province jésuite du Canada français cessera dans un an et demi d’avoir une existence propre, à la faveur d’une fusion avec les jésuites du Canada anglais. C’est d’ailleurs un Néo-Brunswickois qui a été choisi comme prochain patron des jésuites québécois, l’automne dernier.
Mathieu Perreault La Presse
Les jésuites au Québec ont éduqué une bonne partie de l’élite dans leurs collèges, notamment le collège Brébeuf, à Montréal, fondé en 1928. Ils font partie de l’ADN canadien-français depuis que sept d’entre eux sont devenus martyrs des Iroquois au XVIIe siècle. Mais la moitié d’entre eux ont plus de 80 ans et ils sont huit fois moins nombreux qu’il y a 50 ans. Pour cette raison, à l’été 2018, les deux « provinces » jésuites du Canada seront fusionnées.
L’automne dernier, Erik Oland a été nommé « provincial » des jésuites du Canada français. Un quart acadien par sa mère, il dirige depuis huit ans le noviciat où habitent durant leur formation les futurs jésuites, à Montréal. Durant cette période, il a vu passer plus d’une vingtaine de novices, dont un seul Québécois de souche.
« Pendant trois ans, dans les années 60, il y avait tellement de jésuites au Québec qu’on a fait deux provinces pour le Canada français, explique le père Oland, en entrevue à Montréal. Je préfère parler de création d’une nouvelle province plutôt que de fusion. C’est un phénomène mondial. La France formera une nouvelle province avec la Belgique wallonne et aux États-Unis, on passera de dix à quatre provinces. »
Au Canada, ce mariage des deux solitudes est aussi l’union du passé et de l’avenir. « Le mouvement de sécularisation au Québec est beaucoup plus fort », explique Jean-Marc Biron, l’actuel provincial du Canada français, qui demeure en poste jusqu’en mars.
« Au Canada anglais et aux États-Unis, le catholicisme est une religion minoritaire qui s’est développée de manière plus défensive. L’objectif a longtemps été de conserver la foi et la culture. »
— Jean-Marc Biron
Les jésuites ont longtemps été associés au pouvoir et à l’élite, mais en 1975, les jésuites du Québec ont abandonné les collèges (à l’exception de l’Université de Sudbury) pour se consacrer aux laissés-pour-compte, par exemple, la Maison Dauphine pour les jeunes de la rue à Québec. C’est peut-être la seule province jésuite au monde à avoir abandonné le domaine de l’éducation.
La province du Canada anglais, qui compte presque deux fois plus de membres, est toujours active en éducation, notamment avec l’école secondaire Loyola à Montréal. « On a aussi des projets d’écoles dans les communautés autochtones, à Regina et à Winnipeg, dit le père Oland. À Loyola, on a des étudiants boursiers, des liens avec la communauté mohawk et on sensibilise les jeunes à la justice sociale, notamment avec des voyages dans des pays pauvres. »
Différent en France
Vu de l’autre côté de l’Atlantique, cet abandon des collèges n’est pas non plus à l’ordre du jour. « En France, il y a eu beaucoup de tensions jusque dans les années 80 entre les jésuites de collège et les jésuites ouvriers », explique le père Bertrand Heriard, qui dirige la revue Projet, l’une des deux principales publications de l’ordre en France. « Mais ni moi ni la plupart de mes collègues n’avons connu cela. Nous n’opposons plus la justice sociale et la mission d’éducation. »
Le père Oland ne veut pas nécessairement ramener les jésuites à Brébeuf. Mais il est ouvert à une implication plus grande qu’actuellement – deux jésuites font toujours partie de son conseil d’administration. À l’inverse, il n’exclut pas de transférer Loyola à une corporation laïque, comme Brébeuf en 1986 et Garnier, à Québec, en 1987, qui se réclament tous deux de la tradition jésuite. « Il n’y a pas de vaches sacrées. »
À plus court terme, il veut appliquer au Québec la formule qui a permis aux jésuites canadiens-anglais d’avoir de la relève, une main tendue vers les communautés ethniques et un responsable du recrutement à temps plein.
Responsables d'Haïti
Depuis 1953, sauf durant la période où le dictateur Jean-Claude Duvalier les a expulsés, entre 1964 et 1986, les jésuites du Canada français sont aussi responsables d’Haïti. La trentaine de jésuites haïtiens feront à partir de l’été 2018 partie de la province latino-américaine. Une trentaine de jésuites nés au Québec travaillent en outre en Haïti.
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Faits saillants :

-20 novices en 8 ans, 1 québécois.

-La sécularisation est plus forte, mais il ne mentionne pas la sécularisation interne des jésuites québécois, par manque grave de fermeture sur le monde

-Il admet que les anglos sont plus défensifs; mais il recule devant la conclusion normale : donc ils sont plus adaptés, donc plus fermés sur le monde. Donc, grace à cette fermeture, ils peuvent davantage servir le monde.

-Le social tous azimuts au détriment de l’éducation a été l’œuvre de d'une génération (dite "défroquée par le livre de F. Charles)qui a utilisé ce levier pour faciliter son rejet du jésuitisme classique.

-L'imprudence francaise des jésuites ouvriers les a contaminés. Non par l’ouvriérisme, mais par la mondanité. Des religieux mondains, même avec bonnes intentions, entrent en décadence immédiate. Je suis sur que la scission latente de l’ordre en France a existé au Québec, puis une génération a pris le pouvoir et l’a transmis aux mondains-sociaux, qui souvent, d’ailleurs, défroquaient canoniquement après.



Le plus fascinant c’est l’extraordinaire puissance du symbole. Cet ordre est lié à la fondation de la nouvelle-France, et il MEURT! Ca annonce des choses. Plus fort encore, il est absorbé par les anglophones alors que Julien Harvey (1925-1997) a presque fait une dépression lors de la victoire du Non au référendum de 80, et qu’il interprétait la croix du drapeau du Québec comme un crucifix…
Et le provincial québécois qui disait du pape en 80 qu'il connaissait mal la tradition démocratique jésuite quand il écarta Arrupe de la préparation de sa succession, pour corriger les dérives!!! Non, les québécois montraient les pires symptomes...
Il faudra observer maintenant la mort de la faculté de théologie de l’Université de montréal, ou ils firent énormément de mal et ou les pires défroquages (avec scandales) eurent lieu. Ca devrait être lié.
Plus clair encore, la mort de la revue Relations, très clairement liée à la génération problème. Ca ne devrait pas trop tarder. Elle a d'ailleurs des symptomes d'une autre revue morte depuis longtemps (vie ouvrière,  de la joc): celle-ci avait été partiellement financée par le syndicat csn pour ne pas disparaitre, puis totalement absorbée par lui, avec nouveau titre "recto-verso" et disparition de l'aumonier oblat. C'est mort en quelques mois. Or Relations se fait maintenant payer de pleines pages complètes de publicité politique par la csn... la mort financière rôde, c'est clair...

J’avais prévu, mais ca arrive un tout petit peu plus vite. Si on suit les profils sociologiques, il faut voir ce qui va arriver aux dominicains : transmission aux africains? Aux américicains (qui vont infiniment mieux)?
Il faut se rappeler aussi la mort des dominicains de la province de Lyon en 1997, à mon avis exactement parallèle, avec pathologie comparable.

Cette mort va leur faire un bien immense, pour apprendre leur lecon, pour plusieurs siècles j'espère. Plus jamais l'ex provincial Julien Harvey relatant le saint sacrifice de la messe sur une table de cuisine avec des toasts beurrées devant un poster de Che Guevarra. Jamais plus.

IL faut toutefois être prudent : d’autres ordres vont mourir, sans scandale aucun, silencieusement, DONC ce n’est pas le délire social jésuite qui cause la mort, il ne fait que l’accélérer, probablement. Généralement, la piste la plus prometteuse, c’est que ce n’est pas ce que les religieux ont fait qui les tue, c’est ce qu’ils n’ont pas fait, l’omission. Et naturellement ils subissent les effets des crises postconciliaires locales plus larges en catéchèse, liturgie, prédication.
La fermeture sur le monde, explicite, est l’ABC de la vie religieuse. L’ouverture est secondaire, et si elle devient première c’est la mort à terme. Telle semble l'hypothèse vers laquelle pointent les faits en Occident.


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