Le célibat ecclésiastique

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Toto
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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Toto » jeu. 16 mars 2017, 19:51

C'est quand même plutôt spécial ; le Pape et Arturo Sosa, le boss des Jésuites, nous expliquent que la conscience est très importante, qu'on peut la suivre, etc., pour ce qui est du divorce et de la communion par des divorcés remariés ; mais par contre cette conscience ne serait pas valable pour rejeter une innovation allant à l'encontre du Magistère de toujours, de la Tradition, et des Ecritures! Curieux, non? En fait la conscience ne serait que valable dans le sens progressiste et moderniste!

Hé bien je suis désolé mais en conscience, en me basant sur Saint Sirice, le concile d'Elvire, Grégoire XVI, Saint Paul VI, Saint Paul, Jésus cité dans les Evangiles, Saint Grégoire le Grand, Saint Léon le Grand, le codex du concile de Carthage, et d'autres textes du même acabit : non possumus.

Il ne s'agit évidemment pas de désobéir (même avec la plus mauvaise volonté, techniquement, je ne vois pas comment je peux désobéir à une autorisation, qui plus est s'appliquant aux prêtres dont je ne fais pas partie), ni de manquer de respect (je me borne à citer Grégoire XVI et Saint Paul VI), mais en mon âme et conscience, c'est non, non, non, et re-non.

Un complément extrêmement intéressant pour ceux qui considèrent que Saint Paul défendrait l'existence d'évêques mariés :
-d'abord, aucune église, qu'elle soit catholique ou orthodoxe, n'autorise cela
-et puis, je suis tombé au cours de mes recherches sur une intéressante interprétation du texte :
Il faut dire enfin un dernier mot des objections qui sont parfois tirées de l'Ecriture. Comment peut-on affirmer que les apôtres ont enseigné le devoir de la continence, puisque saint Paul, dans son épître à Timothee, dit qu'il faut choisir les évêques parmi « les maris d'une seule femme » (unius uxoris vir) ? On a beaucoup discuté cette formule. Il n'est pas possible d'entrer dans le détail des diverses hypothèses émises par les exégètes. Mais je voudrais attirer l'attention sur l'interprétation donnée aux premiers siècles de l'Eglise par les Pères et les Souverains Pontifes, autrement dit par des voix autorisées du Magistère. Un seul exemple : Dans la décrétale Cum in unum, envoyée en 386 à divers épiscopats, le pape Sirice commente ainsi le texte paulinien : « Peut-être croit-on, dit-il, que cela (c'est-à-dire les relations conjugales) est permis, parce qu'il est écrit : Le mari d'une seule femme (1 Tm 3, 2) ? Mais Paul n'a pas parlé d'un homme qui persisterait dans le désir d'engendrer ; il a parlé en vue de la continence qu'il lui faudrait pratiquer (propter continentiam futuram) ». Dans la pensée de Sirice, saint Paul demandait que le candidat à l'épiscopat soit monogame, c'est-à-dire ne se soit jamais remarié au cas où il aurait été veuf, afin de donner la preuve qu'il serait capable de garder la continence qu'il lui serait demandée à partir de son ordination. Cette exégèse, oubliée de certains exégètes modernes, fait la lumière sur un texte scripturaire qui a tenu une place importante dans la tradition des premiers siècles relative au célibat des clercs. Elle est restée l'interprétation officielle des Pontifes romains et a été amplement diffusée dans les grandes collections canoniques occidentales. J'ajouterai pour ma part qu'on peut lui trouver un appui dans la même épître à Timothée, puisque, au chapitre 5ème, saint Paul demande que les veuves soient choisies parmi celles qui sont « femmes d'un seul mari » (unius viri mulier). En utilisant une formule similaire à propos des évêques, il n'est peut-être pas impensable que saint Paul ait eu en vue le choix de veufs comme candidats à l'épiscopat.16
Et la note précise :
16 Dans I'Adversus Jovinianum, saint Jérôme argumente à partir d'un texte scripturaire comportant un verbe au passé : « (l'Apôtre) n'a pas dit : Qu'on choisisse pour évêque un homme qui épouse une femme unique et engendre des enfants, mais : un homme qui a eu une épouse unique (qui unam habuerit uxorem) et tient ses enfants dans une parfaite soumission. » (PL 23, 257a-c)
Allez, un peu de lecture : http://www.clerus.org/clerus/dati/2002- ... CEDDHE.HTM
Nous réclamons votre zèle contre les ennemis du célibat ecclésiastique, cette ligue impure, qui se grossit par des transfuges de l'ordre clérical. Jouets de passions séductrices, ils ont présenté des requêtes pour abolir ce point sacré… si honteuses tentatives… Défendre de toutes vos forces, d'après les règles des Canons, une loi de si haute importance, de la conserver dans toute son intégrité, de repousser les traits dirigés contre elle par des hommes que tourmentent les plus infâmes passions.

Pierre Carhaix
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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Pierre Carhaix » jeu. 16 mars 2017, 21:38

A votre avis quelle sera la principale préoccupation de l'Église dans vingt ans ? A mettre en regard avec ces questions totalement surréalistes.

axou
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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar axou » jeu. 16 mars 2017, 22:02

Je sais bien que ce n'est pas ce qu'il a dit, comme je le dis moi même plus haut, ce qui n'empêche pas certains de faire ici la promotion du mariage des prêtres, comme vous par exemple, et c'est à cela que je réponds.

Je ne crois pas être plus têtu que vous, je ne fais que vous expliquer pourquoi c'est une mauvaise idée selon moi. Pourquoi d'ailleurs avez-vous cette obstination de vouloir que les prêtres se marient ? Je suis sûr que vos raisons ne sont pas très claires. Vous parliez de donner plus de poids au "point de vue féminin" dans l'Église, plus haut. Est-ce cela, votre motif ? Une question de pouvoir, en somme. Pierre Carhaix
Je ne fais la promotion de rien du tout ici, je réagis comme vous à l'article et je me positionne par rapport à ce que propose le Pape François, comme vous le faîtes vous-même. Ses arguments de "pallier à la pénurie de certaines régions désertées par des hommes viri probati" me paraît censée et je trouve sa démarche prudente : faire l'essai dans certains lieux puis faire le point sur la question. Je suis sensible à ses arguments et favorable au pragmatisme de sa démarche.

De manière plus générale, ce que je pense de l'ordination d'hommes mariés ? J'ai toujours pensé que ce serait une bonne chose que les hommes aient le choix : se donner entièrement à la suite du Christ dans le célibat, ou se donner également mais en famille d'une autre manière et servir également le Christ. Rien ne peut remplacer le don de soi absolu dans le célibat. Imagine -t-on l'abbé Pierre se battant jour et nuit pour les gens de la rue avec femmes et enfants ?
Je pense cependant qu'il serait bon que le célibat soit un vrai choix et pas quelque chose d'imposé dans la prêtrise. Je ne nie pas que cela serait un gros changement avec quelques difficultés à la clé.
C'est quand même plutôt spécial ; le Pape et Arturo Sosa, le boss des Jésuites, nous expliquent que la conscience est très importante, qu'on peut la suivre, etc., pour ce qui est du divorce et de la communion par des divorcés remariés ; mais par contre cette conscience ne serait pas valable pour rejeter une innovation allant à l'encontre du Magistère de toujours, de la Tradition, et des Ecritures! Curieux, non? En fait la conscience ne serait que valable dans le sens progressiste et moderniste! Toto
Mais Toto personne ne vous demande de forcer votre conscience pour adhérer à quelque chose que vous n'admettez pas. Certes si la décision est prise, vous n'aurez pas d'autre choix que d'accepter que cela existe dorénavant dans l'Eglise latine. Mais personne ne vous demandera de vous forcer à trouver cela bien ni de fréquenter une paroisse guidée par un prêtre marié. Nous gardons tous notre liberté d'agir et de penser.

(...)
D'ailleurs, si l'on se limite aux hommes d'âge mûr, cela posera un problème pratique évident ; quid de la vocation? Normalement, les hommes sont ordonnés tôt, et l'on sait que les ordres religieux sont réticents à accueillir des vocations à plus de 30-35 ans. Comment croire que des hommes, qui ont pu exercer des fonctions importantes dans la vie, pourront facilement se mouler dans une vie complètement différente? A moins de dégrader la vocation, de considérer que le sacerdoce n'est plus un appel, un changement total de vie, mais qu'il serait simplement une activité au même titre que de donner un coup de main au conseil paroissial pour les comptes ou la décoration de l'Eglise. Et puis rappelons que ces prêtres mariés auront encore leur épouse et donc seront beaucoup moins disponibles.
Il y a actuellement un certain de nombre de vocations tardives, d'hommes qui deviennent prêtres ou moines après une vie bien remplie sur tous les plans. Des médecins, des hommes d'affaire, certains psychanalystes célèbres et des artistes comme le père Zanetti-Zorkine. Ils s'adaptent très bien et apportent une ouverture et une richesse considérable à l'Eglise.
Pourquoi suis-je totalement opposé à l'ordination d'hommes mariés?
Alors déjà c'est mal poser le problème. Ce n'est pas aux opposants du changement de donner des arguments contre, c'est aux partisans du changement de donner des arguments favorables. Et le seul argument trouvé, à savoir l'augmentation des vocations, n'est qu'un lamentable prétexte. D'abord parce que l'Eglise a été florissante en vocations durant des siècles, alors que le célibat, ou à tout le moins la continence, existait déjà. Ensuite parce que la crise des vocations touche d'autres mouvements religieux où le mariage est autorisé. On sait très bien que l'on n'accueillera qu'une poignée de prêtres en plus, alors que la voie de revenir en arrière sur 55 ans de délabrement, de reculades et de compromissions donnerait de bien meilleurs résultats. Il suffit de voir ce qui se passe chez les protestants ; les luthériens et calvinistes n'attirent plus personne, au contraire des évangélistes. Et simplement en restant chez nous, ce sont les mouvements plus conservateurs (Communauté Saint Martin, abbayes traditionnelles) qui attirent. Donc remettre une couche de modernisme ne résoudra pas le problème ; cela l'aggravera.

On me dit ensuite que cela existe déjà. Certes. Pour une région spécifique, qui représente quelques pourcents des catholiques ; c'est de l'ordre de l'exception, parce que le contexte (la forte présence des orthodoxes, le caractère minoritaire des chrétiens) a pu provoquer cela. Mais ce n'est pas parce que l'on a une exception que l'on devrait l'étendre stupidement à tout le monde! Je n'ai absolument rien contre le slavon, qui est utilisé par certains rites ; et pourtant j'espère qu'un pape n'aura pas l'idée idiote d'imposer le slavon aux catholiques de rite latin (bon, on a bien tenté d'éliminer le latin, avec le succès que l'on connaît)!

Je suis contre parce que l'Eglise n'est pas en très bonne situation ; chute des vocations en Europe, tensions provoquées par les réformes voulues par François, cardinaux qui se critiquent...Est-ce réellement le bon moment, où on est encore en train de digérer péniblement Amoris Laetitia, de rajouter une nouvelle couche de crise, de tensions et de problèmes? Franchement!

Je suis contre parce que c'est piétiner les Ecritures ; à ce que je sache, Jésus n'était pas marié, et il a plusieurs fois (comme Saint Paul) évoqué la question de la virginité

je suis contre parce que c'est piétiner le Magistère, qui s'est élevé plusieurs fois, arguments théologiques, moraux, doctrinaux, à l'appui (et voir que l'on ose invoquer des problèmes de gros sous ne fait que montrer le parti-pris et l'indigence de l'analyse) contre la remise en cause du célibat ecclésiastique

Je suis contre parce que c'est piétiner au moins 1700 ans, et plus probablement 2000 ans, de Tradition

je suis contre parce que cela tend à avoir un prêtre qui ressemble de plus en plus aux laïcs ; habillé comme eux, il deviendra marié comme eux.

Je suis contre parce que cela dégrade la vocation, qui deviendra d'un appel, un simple "coup de main", du style "oh, s'il en faut un, je veux bien m'y coller, mais bon, pas à plein temps parce que j'ai ma femme à côté"

je suis contre parce que cela posera un grand nombre de problèmes pratiques que manifestement personne ne s'est posé, comme la question du prêtre divorcé. En attendant, sans doute, les grands débats sur l'ordination d'hommes divorcés remariés, ce qui permettrait de joindre les deux réformes modernistes...Restera à voir si les hommes mariés à d'autres hommes pourront être ordonnés. Un grand pas en avant vers l'oecuménisme avec les protestants, n'est-ce pas! (ironie, évidemment)
Je respecte tout à fait vos arguments. Le seul auquel je suis sensible est celui-ci : Je suis contre parce que cela dégrade la vocation, qui deviendra d'un appel, un simple "coup de main", du style "oh, s'il en faut un, je veux bien m'y coller, mais bon, pas à plein temps parce que j'ai ma femme à côté" C'est quelque chose en effet à laquelle il faudrait vraiment faire attention : que cela corresponde à un vrai appel u Seigneur et non à un simple besoin de coup de main.
Mais je pense bien que tout catholique est libre d'avoir ses propres réserves personnelles à l'égard d'une décision politique ou diplomatique du Vatican ou concernant la manière de gérer tel problème organisationnel.

Un catholique peut bien penser comme vous le faites que le moment serait inapproprié pour réaliser tel changement, qu'il vaudrait probablement mieux ne rien faire ou ne rien faire dans le sens indiqué par le pape. Il y a sans doute une manière d'exprimer tout cela qui pourrait être à la fois respectueuse et permettant donc de donner son opinion contraire, mais sans pour autant accuser le pape et les autres de trahir la foi ou Dieu-le-Père, d'être des agents de la cinquième colonne.

On peut être en désaccord, il me semble, tout en laissant la porte ouverte à la possibilité d'avoir pu mal jugé de l'affaire soi-même ou ne serait-ce qu'à la possibilité qu'il puisse y avoir du vrai dans les deux opinions contraires.

Il me semble que l'important reste de demeurer fidèle au magistère authentique et obéissant même en cas de divergence d'opinion comme dans l'exemple suggéré. "Je ne suis pas d'accord mais si les évêques demandent à ce que telle crise soit gérée de cette façon, on va faire avec." Cinci
les propos de Cinci sont pleins de sagesse et très apaisants. C'est aussi un appel à l'humilité du questionnement.

Bien à vous,

Axou

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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Fée Violine » ven. 17 mars 2017, 1:28

Vous oubliez quelque chose d'important : le voeu de pauvreté. Les religieux ne possèdent rien en propre et sont à la charge de l'Église. Et puis il y a aussi les voeux de chasteté et d'obéissance. (...)

Si tout à coup les prêtres peuvent se marier, ça bouleverse tout en profondeur. Ça voudrait dire qu'ils seraient relevés de leurs voeux, ni plus ni moins. Car s'ils ont une femme et des enfants, ils ne pourront plus faire le voeu de pauvreté, puisqu'ils devront participer à l'entretien de leur ménage, transmettre des biens à leurs enfants.

Il n'y aura pas de voeux d'obéissance non plus, puisqu'il faudra bien qu' ils puissent suivre leurs conjoints en cas de mutation.
Pierre, vous confondez les prêtres et les religieux. Ce sont les religieux qui font des voeux. Les prêtres diocésains s'engagent au célibat et promettent obéissance à leur évêque, mais ne font pas voeu de pauvreté.

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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Mac » ven. 17 mars 2017, 10:55

En utilisant une formule similaire à propos des évêques, il n'est peut-être pas impensable que saint Paul ait eu en vue le choix de veufs comme candidats à l'épiscopat.16
Ces arguments vraiment sont tirés par les cheveux, car ces évèques ou diacres doivent bien diriger leurs enfants et le texte ne parle pas de d'évèques veufs. La ligne directrice de votre argumentation devient purement puérille et absurde, les apôtres seraient veufs (cf votre thèse sur le veuvage de Saint Pierre), ces évèques aussi.
1Cette parole est certaine: Si quelqu'un aspire à la charge d'évêque, il désire une oeuvre excellente. 2Il faut donc que l'évêque soit irréprochable, mari d'une seule femme, sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier, propre à l'enseignement. 3Il faut qu'il ne soit ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé. 4Il faut qu'il dirige bien sa propre maison, et qu'il tienne ses enfants dans la soumission et dans une parfaite honnêteté; 5car si quelqu'un ne sait pas diriger sa propre maison, comment prendra-t-il soin de l'Eglise de Dieu? 6Il ne faut pas qu'il soit un nouveau converti, de peur qu'enflé d'orgueil il ne tombe sous le jugement du diable. 7Il faut aussi qu'il reçoive un bon témoignage de ceux du dehors, afin de ne pas tomber dans l'opprobre et dans les pièges du diable.

8Les diacres aussi doivent être honnêtes, éloignés de la duplicité, des excès du vin, d'un gain sordide, 9conservant le mystère de la foi dans une conscience pure. 10Qu'on les éprouve d'abord, et qu'ils exercent ensuite leur ministère, s'ils sont sans reproche. 11Les femmes, de même, doivent être honnêtes, non médisantes, sobres, fidèles en toutes choses. 12Les diacres doivent être maris d'une seule femme, et diriger bien leurs enfants et leurs propres maisons; 13car ceux qui remplissent convenablement leur ministère s'acquièrent un rang honorable, et une grande assurance dans la foi en Jésus-Christ.

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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Mac » ven. 17 mars 2017, 13:13

Bonjour :)
Tout à fait d'accord avec vous, Cinci. A mon avis, certains se posent trop souvent en censeurs du Saint-Père.
Tout à fait. Le Saint Père s'est rapproché des orthodoxes, protestantS, anglicanS, ..... et le juste est justifié par ses oeuvres selon l'Ecriture.

Certains préfèreraient qu'on s'entretue comme dans les siècles passés. L'expérience du passé devraient bien leur montrer où conduit l'esprit de division.

Vu ses oeuvres notre PAPE c'est un grand homme de paix et grand envoyé de Dieu Jésus Christ.

Les anges ont proclamé :
Gloire à Dieu, au plus haut des cieux, Et paix sur la terre aux hommes qu'il aime.
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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Héraclius » ven. 17 mars 2017, 17:06

Que le célibat soit une pure tradition disciplinaire n'est pas un sujet à débat : c'est le cas, point. Ce n'est pas une question dogmatique.

Par contre, c'est une tradition très ancienne, très signifiante, propre à l'Eglise latine. C'est une tradition très belle est particulièrement importante aujourd'hui, parce qu'elle constitue un acte symbolique extrêment violent pour une société qui tombe de plus en plus dans une vision déshumanisée, banalisé et obsessive de la sexualité.
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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Altior » ven. 17 mars 2017, 23:54

Que le célibat soit une pure tradition disciplinaire n'est pas un sujet à débat : c'est le cas, point. Ce n'est pas une question dogmatique.
Si le célibat est bien une tradition, par contre, l'abstinence sexuelle des prêtres mariés est un peu plus qu'une simple tradition: l'outrepasser est une matière grave qui tient de l'espèce du sacrilège. Les prêtres catholiques mariés (pour la plupart de rite oriental, mais de nos jours aussi de rite anglican), tout comme les prêtres orthodoxes et monophysites de toute obédience, doivent s'abstenir de l'exercice matrimonial trois jours avant et un jour après avoir officié la Sainte Messe. Donc, un prêtre qui officie la Sainte Messe dimanche matin, a le droit de l'exercice matrimonial le plus tard jeudi soir et le plus tôt mardi matin. Si on ajoute le fait que les Mercredis sont des jours de jeun dans le rite oriental, les seules jours possibles deviennent mardi et jeudi. Voilà la vraie raison pour laquelle les prêtres catholiques de mon rite propre (+ les prêtres orthodoxes, monophysites) sont de service à l'autel seulement le Dimanche. Lorsqu'ils sont célibataires (ou veufs) il peuvent officier la Messe chaque jour.
C'est une tradition très belle est particulièrement importante aujourd'hui, parce qu'elle constitue un acte symbolique extrêment violent pour une société qui tombe de plus en plus dans une vision déshumanisée, banalisé et obsessive de la sexualité.
Si, à ce que j'ai dis plus haut, on ajoute le fait que le mariage vient avec ses problèmes, que l'évêque doit prendre en compte pas seulement l'intérêt pastoral, mais aussi l'intérêt de la femme du prêtre et de ses enfants qui dépendent de lui. Elle a un travail, ils vont à certaines écoles, on ne peut pas les faire muter d'un endroit à l'autre selon les besoins de l'Église. Puis, il y a un plus de soucis d'ordre matériel, car un prêtre marié, en tant que père de famille, a des responsabilités de cet ordre qu'un prêtre sans famille n'a pas, alors on se rend compte pourquoi un prêtre marié devient beaucoup moins utile pour son évêque qu'un prêtre non-marié. Finalement, on doit chercher ici la cause pour laquelle toutes les nations qui se disent, aujourd'hui, chrétiennes ont été converties par l'Église de Rome et aucune par des Églises ayant des prêtre mariés. D'ailleurs, même les catholiques de rite oriental envoient à l'étranger des prêtres non-mariés: parce que leur efficacité apostolique et missionnaire est largement plus puissante. Pour la même raison, les catholiques de rite oriental (tout comme les orthodoxes, monophysites, anglo-catholiques) choisissent pour l'évêché parmi la minorité des prêtres célibataires et non parmi la majorité des prêtres mariés. On arrive, ainsi, à une prêtrise à deux vitesses et à une distinction beaucoup plus forte entre «prêtres diocésains» et «prêtres réguliers»: c'est normal, car si on voit l'Église en tant qu'armée, en tant que Militia Christi, une armée ne peut pas envoyer des soldats mariés dans des régions à haut risque et doit les maintenir plutôt comme force de réserve que force régulière.

À mon avis, c'est le célibat, c'est le don complet à la mission de la prêtrise la chose qui a fait la grandeur de l'Eglise latine et c'est pourquoi elle (et presque elle seule) a réussi à accomplir l'appel de son chef: allez à tout le monde et prêchez (Mc 16:15).

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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Toto » sam. 18 mars 2017, 13:38

Que le célibat soit une pure tradition disciplinaire n'est pas un sujet à débat : c'est le cas, point. Ce n'est pas une question dogmatique.
On va encore me dire que mes propos sont agressifs, mais je suis quand même sidéré de cette manière de couper court à tout débat, et ce, sans aucun argument, référence ou quoi que ce soit d'autre.

Moi aussi, je peux faire pareil : le célibat des prêtres est un dogme, point final.

Et voilà, je pense que l'on est bien avancé, et que la discussion a progressé.
Nous réclamons votre zèle contre les ennemis du célibat ecclésiastique, cette ligue impure, qui se grossit par des transfuges de l'ordre clérical. Jouets de passions séductrices, ils ont présenté des requêtes pour abolir ce point sacré… si honteuses tentatives… Défendre de toutes vos forces, d'après les règles des Canons, une loi de si haute importance, de la conserver dans toute son intégrité, de repousser les traits dirigés contre elle par des hommes que tourmentent les plus infâmes passions.

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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Héraclius » sam. 18 mars 2017, 15:27

Que le célibat soit une pure tradition disciplinaire n'est pas un sujet à débat : c'est le cas, point. Ce n'est pas une question dogmatique.
On va encore me dire que mes propos sont agressifs, mais je suis quand même sidéré de cette manière de couper court à tout débat, et ce, sans aucun argument, référence ou quoi que ce soit d'autre.

Moi aussi, je peux faire pareil : le célibat des prêtres est un dogme, point final.

Et voilà, je pense que l'on est bien avancé, et que la discussion a progressé.
Mais très cher Toto, vous ne trouverez pas un théologien, pas un Père, pas un Docteur pour dire cela !

Des dizaines de rites très légitimes et très anciens ont des prêtres mariés, les apôtres étaient mariés, l'Eglise latine elle-même a des prêtres mariés (les au demeurant assez tradis membres des ordinariats anglicans), l'écriture parle de ministres mariés... Que voulez vous de plus ???

C'est une non-question, d'où ma phrase lapidaire. C'est un peu comme se demander si le port du manipule est un dogme nécessaire au salut.


Maintenant c'est certainement un tradition d'une importance capitale à laquelle l'Eglise latine, moi - et vous - sommes viscéralement attachés, et qui en tant que tradition n'est pas appellée à évoluer sauf très haute nécessitée.

C'est une tradition rituelle, à comparer avec la liturgie... Vous n'avez pas besoin, aux dernières nouvelles, de croire que la messe de 62 est d'ordonnance divine directe pour la défendre.
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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Pierre Carhaix » sam. 18 mars 2017, 21:50

Que le célibat soit une pure tradition disciplinaire n'est pas un sujet à débat : c'est le cas, point. Ce n'est pas une question dogmatique.
Si le célibat est bien une tradition, par contre, l'abstinence sexuelle des prêtres mariés est un peu plus qu'une simple tradition: l'outrepasser est une matière grave qui tient de l'espèce du sacrilège. Les prêtres catholiques mariés (pour la plupart de rite oriental, mais de nos jours aussi de rite anglican), tout comme les prêtres orthodoxes et monophysites de toute obédience, doivent s'abstenir de l'exercice matrimonial trois jours avant et un jour après avoir officié la Sainte Messe. Donc, un prêtre qui officie la Sainte Messe dimanche matin, a le droit de l'exercice matrimonial le plus tard jeudi soir et le plus tôt mardi matin. Si on ajoute le fait que les Mercredis sont des jours de jeun dans le rite oriental, les seules jours possibles deviennent mardi et jeudi. Voilà la vraie raison pour laquelle les prêtres catholiques de mon rite propre (+ les prêtres orthodoxes, monophysites) sont de service à l'autel seulement le Dimanche. Lorsqu'ils sont célibataires (ou veufs) il peuvent officier la Messe chaque jour.
C'est étonnant comme nous nous sentons obligés, tout le temps, de citer l'exemple d'autres confessions pour donner de l'autorité à ce que pratique l'Église catholique. Comme si elle n'avait aucune légitimité. C'est étonnant, quand on y pense. Il y a vraiment un complexe, une espèce d'ultra scrupule, de la haine de soi parfaitement bien installée. Sur le plan psychologique et individuel, on n'hésiterait pas à parler de manque de confiance en soi, de culpabilité, de perte d'estime envers soi même, de blocage, d'inhibition. Et internet regorge de sites pour apprendre à reprendre confiance, s'affirmer, ne plus se justifier sans raison, s'aimer soi même.

Peut-être que les catholiques devraient entamer un travail sur eux mêmes, dans leur identité collective, en apprenant à ne plus avoir honte, arrêter de culpabiliser, s'accepter soi même, se sentir légitimes, se respecter soi même, s'autoriser à vivre et à exister, et aimer leur catholicité ?

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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Héraclius » sam. 18 mars 2017, 23:35

Les catholiques des rites orientaux sont aussi catho que vous et moi cher Pierre. Rien à voir avec une autre confession ! ;)
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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Suliko » dim. 19 mars 2017, 0:11

Les catholiques des rites orientaux sont aussi catho que vous et moi cher Pierre. Rien à voir avec une autre confession ! ;)
Certes, mais il y a bien quelque chose de malsain à toujours sembler trouver l'herbe plus verte ailleurs que dans notre propre tradition latine ! Est-ce que les gréco-catholiques passent leur temps à s'extasier devant les traditions latines, ou bien sont-ils fiers de leur héritage religieux byzantin ? Pierre Carhaix me paraît donc viser juste, lorsqu'il parle d'un certain manque d'amour et de respect de nos traditions séculaires.
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

Pathos
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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar Pathos » dim. 19 mars 2017, 0:35

J'ai dîné avec mon abbé fort agé (=expérimenté), hier soir. Il pense comme le Pape.. :incertain:

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Re: Le célibat ecclésiastique

Message non lupar chris-ostome » dim. 19 mars 2017, 1:00

"Enfin, dernière précision, il y a une différence entre la Tradition et les lois de l’Eglise. La loi du célibat ecclésiastique apparaît très tôt dans l’Eglise latine, probablement dès l’époque des apôtres : les études classiques du cardinal Stickler (Le Célibat des clercs, Téqui, 1998) et du père jésuite Christian Cochini (Origines apostoliques du célibat sacerdotal, Lethielleux, 1981) l’ont établi suffisamment. Le principe du célibat des prêtres est formulé dans les textes législatifs vers le début du IVe siècle (3), par le concile d’Elvire, mais cela ne signifie pas que l’usage n’en ait pas prévalu auparavant et de fait le Pape saint Sirice en 386 et le concile de Carthage de 390 se réfèrent à une tradition remontant jusqu’aux apôtres (4). A partir de là, l’Eglise est toujours restée fixée dans son enseignement. Cela signifie que le célibat sacerdotal ne fait pas seulement l’objet d’une loi et d’une discipline ecclésiastiques, qui seraient réformables selon la simple volonté d’un Pape. La pratique du célibat sacerdotal représente surtout une tradition apostolique irréversible, tradition qui atteste un dogme de foi divine, le dogme de la supériorité de l’état du célibat consacré sur l’état du mariage. Un peu comme la discipline du baptême des bébés n’est pas qu’une discipline, mais représente aussi une tradition qui atteste le dogme du péché originel.

6. La loi particulière de l’Eglise d’Orient est tardive, puisqu’elle remonte seulement à la fin du VIIe siècle, avec le canon 13 du concile in Trullo II (ou Quinisexte) de 691. Ce canon autorise les prêtres, diacres et sous-diacres, qui auraient été déjà mariés avant leur ordination, à conserver leurs épouses et à user du mariage, sauf pendant le temps où ils assurent le service de l’autel. Le canon 26 interdit à un célibataire de se marier une fois qu’il a été ordonné prêtre. Le canon 48 prévoit qu’un évêque déjà marié avant son sacre devra se séparer de son épouse et ne plus user du mariage. Comme l’a montré le cardinal Stickler (5), avant le VIIe siècle, l’Eglise d’Orient retenait en principe, comme l’Eglise latine, la loi du célibat sacerdotal, héritée des apôtres. La nouvelle législation survenue postérieurement représente donc une régression. Et elle ne va tout de même pas jusqu’à autoriser un prêtre à se marier ; elle accorde seulement la possibilité d’ordonner prêtre un homme précédemment marié, en ne l’obligeant qu’à une continence temporaire. Si, dans sa prudence, Rome autorisa les églises locales d’Orient à conserver leur usage propre, elle n’en encouragea pas moins celles de ces églises qui désiraient revenir à la pratique latine du célibat et de la continence complète (6)."

http://laportelatine.org/vatican/sancti ... gleize.php


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