La prison depuis 40 ans ... ou presque

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Cinci
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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Cinci » ven. 27 mai 2016, 20:35

Bonjour Suliko,
Lorsqu'il déclare [...] ne pas s'être confessé depuis des lustres, il ne donne pas un bon exemple pour les fidèles.
C'est sans doute moi le coupable ici. Car Il me faudrait préciser : il faisait longtemps que le prêtre n'avait pas procédé « dans la forme », utilisant l'appareillage traditionnel connu depuis quelques siècles, non pas qu'il ne confesse jamais ses fautes à un collègue ou à son directeur spirituel (comme le Père Benoit Lacroix, qui est maintenant défunt) ou qu'il recommanderait aux pécheurs d'escamoter le sacrement. Il procède différemment.

Lorsqu'il déclare qu'un athée a la même vie spirituelle qu'un chrétien, il ne fait que décourager ce dernier, qui se demande pourquoi il devrait être le dernier des Mohicans et s'embêter d'une morale contraignante
Je ne l'aurais pas compris comme du relativisme, ou une sorte d'appel à nier la valeur des règles morales.

Plutôt que même les incroyants sont préoccupés de toutes ces choses qui s'agitent dans la conscience des chrétiens : la justice, la vérité, l'humilité, la bonté, tu ne tueras pas, tu ne volera pas, etc. Une vie spirituelle quoi! Encore mieux : un athée reste habité souvent par un questionnement au sujet d'une hypothétique survie de l'être.

Chez Marcel Proust, par exemple, l'intellect faisait office de censeur pour refuser la foi et au motif que celle-ci serait qu'une chimère née d'un besoin. Sauf, il comprenait bien qu'il manquait "quelque chose" dans le monde, quand ce dernier devrait se limiter qu'à une universelle agitation de molécules. Reste une nostalgie d'un sens ultime aux choses. A la recherche du temps perdu … Tout un programme! En soi, c'est déjà comme vouloir être branché sur une expérience d'éternité.

Le Père ne dit pas être complice du mal qu'un criminel a pu faire mais être complice du bien qui demeure même chez un criminel. Il racontait aussi l'histoire vraie d'un criminel enragé, vrai fou, dangereux, que les gardiens maîtrisaient avec peine et qu'il aura fallu se résoudre à maintenir en permanence au trou (la prison de la prison), en isolement strict. Or une bonne journée, le criminel demandât une Bible. Les gardiens surpris pensèrent que l'homme était devenu fou. Ils lui ont passé une à travers le guichet. Plus tard, le type fut rencontré par le psychiatre de la prison ... qui diagnostiqua un délire religieux. Maintenant, il fait plus de trente ans que le type circule en liberté à donner des conférences.

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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar axou » sam. 28 mai 2016, 16:23

Le Père ne dit pas être complice du mal qu'un criminel a pu faire mais être complice du bien qui demeure même chez un criminel. Il racontait aussi l'histoire vraie d'un criminel enragé, vrai fou, dangereux, que les gardiens maîtrisaient avec peine et qu'il aura fallu se résoudre à maintenir en permanence au trou (la prison de la prison), en isolement strict. Or une bonne journée, le criminel demandât une Bible. Les gardiens surpris pensèrent que l'homme était devenu fou. Ils lui ont passé une à travers le guichet. Plus tard, le type fut rencontré par le psychiatre de la prison ... qui diagnostiqua un délire religieux. Maintenant, il fait plus de trente ans que le type circule en liberté à donner des conférences.
Quelle histoire extraordinaire !
Dieu est grand !

Axou

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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Cinci » lun. 23 janv. 2017, 15:33

(suite)

J'ai revu le père Jean en fin de semaine.




38 ans derrière les barreaux

Pendant trente-huit ans, André Patry, le « père Jean » a été un témoin de l'amour inconditionnel du Christ pour toute personne dans le lieu de détention le plus dur du Québec, la prison de Bordeaux à Montréal. Ce livre nous raconte le parcours fascinant de cet homme au travers les yeux de France Paradis, communicatrice bien connue, qui est devenue à son contact bénévole auprès des prisonniers. Un récit sans complaisance sur un homme d'une profonde humanité qui a donné sa vie au service des plus délaissés de la société.


A propos du péché, de la justice et du pardon

C'est l'amour qui importe donc avant la loi. Pour André, la foi c'est vivre une relation personnelle d'amour avec la personne de Jésus; pas avec un principe, pas avec des dogmes ni avec le Code de droit canonique. Un père dominicain a déjà dit : Jésus n'est pas venu sauver une Église ou une morale; il est venu sauver les personnes.

Quand un gars demande à parler à André pour une confidence, avouer quelque chose ou n'importe quoi qui s'approche d'une confession, souvent André lui dit qu'avant même qu'il n'entre, qu'il était déjà pardonné. Le pardon est déjà dans notre désir de l'être. Le pardon de Dieu, c'est comme les fruits d'un arbre : ils sont offerts, on n'a qu'à les cueillir. En fait c'est ça qui est le plus difficile : accueillir le pardon. On est pardonné d'avance. En mourant sur la croix, Jésus a pardonné tous les péchés, depuis la création du monde jusqu'à la fin des temps. Thérèse d'Avila disait que le désir d'aimer, c'est déjà l'amour présent en nous.

Bon, mais quand même … est-ce que ce n'est pas un peu hasardeux de répéter chaque semaine à deux mille détenus que le pardon de Dieu est accordé à l'avance? Qu'est-ce qui les empêche de retomber, si on est pardonné à l'avance? Rien. Dieu ne punit pas, ni ne se venge. Il sait qu'on va tous retomber, nous tout autant que les détenus. Pas grave. Ça ne change rien à son amour. C'est pour nous que le pardon change quelque chose; on se sent alors aimé, on se sent compris et porté. Lui, il veut qu'on soit heureux, pas qu'on soit parfait. Le plus dur c'est vraiment de l'accueillir.

On manque d'humilité la plupart du temps et on continue de dire qu'on n'aurait pas dû faire ça, qu'on aurait dû être meilleur que ça. Dieu, lui, nous prend exactement comme on est, Il n croit pas qu'on « aurait dû faire mieux. » Il nous aime infiniment, point.


Le Christ nous habite

André est au début de son travail d'aumônier, en 1969, quand il fait la rencontre de Catherine de Hueck, qui marqua profondément son ministère. Radio-Canada diffuse un documentaire sur elle en trois épisodes. Pour le jeune prêtre, l'engagement de cette femme envers les marginaux et les rejetés est tel qu'il en est bouleversé. Cette baronne russe, catholique de l'Église d'orient, qui a connu Raspoutine et survécu à la révolution bolchévique en fuyant son pays, raconte comment elle se retrouve à New York, sans le sou et seule au monde. Elle va cogner aux portes des églises et des couvents, mais personne ne veut l'accueillir, sale et affamée comme elle est. Elle fini par se glisser sous un porche où scintillent dans la nuit ces mots en néon : "Jésus Sauve"

On la fait entrer, on l'oblige à se déshabiller devant tout le monde et on la pousse sous une douche sans rideaux. Les matrones la regardent en souriant et Catherine sent sa dignité s'écrouler en même temps que la crasse sur son corps. « Comme on te méprise, Seigneur », murmure-t-elle. André est complètement bouleversé en voyant que pour Catherine, c'est le Christ qu'on humilie en l'humiliant, elle. Il lui écrit sans tarder et demande à la voir. Cette rencontre sera non seulement le début d'une grande amitié, mais aussi d'une longue relation spirituelle où André trouve nourriture, apaisement et inspiration. De ses échanges avec Catherine, il tire quelques certitudes qui ne le quitteront plus.

L'une d'elles, c'est que … le Christ, c'est le pauvre, le malade, le prisonnier. Ce n'est pas un concept ou une idée. Non, pour de vrai. Il partage notre condition humaine à chaque instant. Il nous habite et poursuit son agonie en nous; il a le sida, le cancer, il tombe dans le coma à cause d'une mauvaise dose …

Les détenus ont tant de raisons d'être touchés par le Christ, lui qui a commis de si nombreuses fautes aux yeux des coutumes de son temps. Jésus a reçu des impurs à sa table, a touché des lépreux, a pardonné à la femme adultère. Et tant de fois où il n'a pas correspondu aux critères des gens de « bien » de sa commuauté!



Renoncer au vieux bougon

Pour faire connaissance avec la théologie à laquelle ont été exposés les détenus de Bordeaux, il faut renoncer à l'image du vieux bonhomme bougon qui tient un grand livre de comptes dans lequel inscrire nos fautes et nos bons coups, mais où, quoi que l'on fasse, on se trouve toujours en déficit. Il faut effacer l'idée d'un Dieu qui punit et récompense. Nan! Renoncez au Dieu qui aime ceux qui croient en lui et soupire d'agacement devant l'entêtement de tous les autres. Quoi d'autre? Ah oui! Une autre bêtise : le Dieu qui éprouve ceux qu'il aime et les soumet à la tentation.

En premier lieu, il faut savoir que Dieu n'attend pas que nous soyons parfaits. D'ailleurs, il n'attend rien de nous. Il nous aime infiniment, maintenant, tels que nous sommes. Il ne nous aimera pas davantage si jamais nous devenons meilleurs. André rappelle souvent que lorsque nous sortons de nos prisons de vanité, de dépendance de toutes sortes, de quête de pouvoir; quand nous nous libérons de ces chaînes-là, Dieu ne nous aime pas davantage, mais nous nous aimons davantage. Et nous sentons plus facilement l'amour de Dieu pour nous. Nous sommes plus heureux. Et Dieu ne veut qu'une chose : que nous soyons heureux.

Un jour André explique aux gars que Dieu est en eux, vivant, réellement. Qu'il nous habite et que nous sommes donc la maison de Dieu, des tabernacles ambulants! Il est heureux d'être là parce qu'il nous aime et qu'il a choisi d'être là. Nous sommes sa maison.

Un des gars, Denis, secoue la tête et finit par déclarer que Dieu ne peut pas être en lui …

- Mon père, si je vous invitais chez moi et que c'était plein de merde, sale, noir, des ustensiles souillés et que ça traîne partout : auriez-vous envie de revenir dans une maison semblable?
- Non, Denis, moi je suis un peu dédaigneux. Peut-être pas. Mais tu sais quoi? Dieu accepte d'aller où personne n'irait; et il y va avec joie!

C'est de ce Dieu-là dont André est passionné.

Le Dieu dont il a parlé toute sa vie, aux gars ou à ses amis, c'est un Dieu pour les hommes et des femmes ordinaires comme lui. Il dit lui-même qu'il n'aurait jamais pu être un curé de paroisse "dehors" : trop de gens te regardent dire la messe et vérifient que tu fais ça comme il faut. En prison, j'ai été libre! Libre de parler du Dieu qui m'habite.

La théologie qu'Il livre est si lumineuse et libératrice, sa vision de Dieu est si miséricordieuse qu'elle fait du bien. Comment expliquer autrement que presque une centaine de délinquants soient venus chaque semaine s'asseoir pendant deux heures dans cette chapelle! C'est que la foi qu'il propose est pleine de sens, ancrée dans la vie quotidienne, faite pour de vrais humains plein de désirs et de peines, qui font des erreurs et ont peur. Pour des humains souffrants qui font de leur mieux.


Accueillir inconditionnellement

Il y a quelques années, une travailleuse sociale de la prison lui disait : « On n'est pas payés pour les aimer. »- "Eh bien! Moi oui! Réplique André. Et même pas payé, je suis ici pour les aimer!" La travailleuse sociale n'avait pas tort, loin de là. Mais la perspective d'André est totalement différente. Il ne veut pas les "sauver". Il ne veut pas les "changer". Pas non plus qu'ils comprennent. Il veut les aimer et il a la certitude que l'amour peut tout.

Un jour, une des religieuses bénévoles de la prison vient voir André parce qu'elle est découragée : Pierre est revenu. Encore! Elle avait tant investi en lui! Ça n'a pas de bon sens! La réponse d'André a été une immense leçon que je n'ai pas oubliée : Ma sœur, si vous êtes dans cet esprit là, partez. Vous ne tiendrez pas le coup. Il faut que vous pensiez qu'il peut partir et revenir encore dix fois. Et la dixième fois, il vous faudra l'accueillir comme si c'était la première.


La dépression

Cette dépression crée une grave crise spirituelle, André ne songe pas à quitter les ordres, mais il remet beaucoup de choses en question. A commencer par la définition classique du péché et de la confession. Il a des crises d'angoisse à l'idée que quelqu'un pourrait être damné. Il a besoin d'être rassuré.

C'est là qu'il se souvient de sœur Aline et demande à la rencontrer. Cette carmélite hors du commun avait livré une conférence aux aumôniers de toute la province réunis en colloque, et André l'avait trouvée vraiment lumineuse. Il se présente au parloir où elle accepte de le recevoir et il lui ouvre son âme comme à un confesseur. Il lui avoue qu'il ne va plus se confesser […] La vieille sœur lui demande s'il croit qu'il est pardonné. « Oui? Très bien, dans ce cas, n'allez plus à la confesse. Vous aimez le ballet et le théâtre, allez, sortez mon père. Surtout, pas de retraite et ne priez presque pas … Je le ferai pour vous, je prierai à votre place. "

Aux matins les plus difficiles, avant de se rendre à la prison, la mort dans l'âme, il passe par le Carmel et dépose un billet pour elle : « S.O.S, ma sœur. » Aujourd'hui encore, André se rappelle avec émotion ce lien privilégié qui l'a soutenu pendant sa traversée du désert. Son silence me parlait plus qu'une longue conversation. Je savait qu'elle priait pour moi; tout le Carmel priait pour moi. J'ai mendié tellement de prières à cette époque-là.

Il voit le père Benoit Lacroix, le célèbre dominicain, qu'il ne connaît pas mais dont on lui a parlé. Cet homme de Dieu remarquable va permettre à André de se libérer de ses chaînes spirituelles. Quand André se présente à lui parce qu'il vient de lire la très sérieuse thèse de la prédestination qui prétend qu'une partie de l'humanité est prédestinée à la damnation, le père Lacroix lève les bras au ciel : « C'est des folies, ça! Ce sont des clercs qui n'avaient rien d'autre à faire que des maudits plans stupides. Ne vous occupez pas de ça. » Et c'en fut fini.


Devant le Saint-Sacrement de sa petite chapelle, une prière l'apaise complètement et le rassure. C'est la prière d'offrande à la Trinité d'Élisabeth de la Trinité :

Ô mon Dieu, Trinité que j'adore, aidez-moi à m'oublier entièrement
pour m'établir en vous, immobile et paisible comme si déjà mon
âme était dans l'éternité; que rien ne puisse troubler ma paix ni me
faire sortir de vous, Ô mon Immuable, mais que chaque minute
m'emporte plus loin dans la profondeur de votre Mystère!
Pacifiez mon âme; faites-en votre ciel, votre demeure aimée et le
lieu de votre repos; que je ne vous y laisse jamais seul; mais que
je sois là tout entière, tout éveillée en ma foi, tout adorante, toute
livrée à votre action créatrice.

Ô mon Christ aimé, je voudrais être une épouse pour votre coeur;
je voudrais vous couvrir de gloire, je voudrais vous aimer … jusqu'à en
mourir. Mais je sens mon impuissance, et je vous demande de me
revêtir de vous-même, d'identifier mon âme à tous les mouvements
de votre âme, de me submerger, de m'envahir, de vous substituer
à moi, afin que ma vie ne soit qu'un rayonnement de votre Vie.
Venez en moi comme Adorateur, comme Réparateur et comme
Sauveur.

Ô Verbe éternel, je veux passer ma vie à vous écouter, je veux me faire
tout enseignable; puis à travers toutes les nuits, tous les vides, toutes
les impuissances, je veux vous fixer toujours et demeurer sous votre
grande lumière […]

Ô feu consummant, Esprit d'amour, survenez en moi afin qu'il se fasse
en mon âme comme une incarnation du Verbe; que je lui sois une humanité
de surcroît, en laquelle il renouvelle son mystère […]

- Carmel de Dijon, 21 novembre 1904


Source : France Paradis, 38 ans derrière les barreaux. L'histoire du père Jean, Novalis, 2010

Cinci
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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Cinci » lun. 23 janv. 2017, 16:40

J'ai pris quelques notes durant la rencontre.

Il nous a rappelé une anecdote, à propos de sainte Catherine de Sienne, qui avait demandé une fois à Jésus ce qu'elle pouvait faire pour lui rendre son amour même faiblement, pour témoigner au moins qu'elle l'aimait. La réponse : "Aime tous les pauvres qui sont autour de toi." Le père a fait remarquer que le mal atteint Dieu et qu'il le tuméfie dans chaque personne blessée.

Quelle remarque lumineuse!

Vous avez déjà entendu parler de la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie? Oui? Eh bien, c'est le même Christ, la même présence dans chacun. Dans chaque pauvre! Il est beaucoup plus difficile de croire à cette présence dans l'autre que dans les espèces sacrées. Parce que le pain ne nous dérange pas, lui.

La pureté de coeur consiste à en arriver à toujours soupçonner le bien dans ce que fait l'autre. En voyant un gars entrer dans une "maison de passe", non pas se dire "qu'il va s'en payer une". Plutôt, "il va peut-être faire du bien à quelqu'un... sait-on jamais."

Heureux! ... c'est l'expression-clé de l'annonce de Dieu, disait Jean-Paul II. "Heureux", traduit de l'araméen signifie "Debout, en marche!" Il s'agit de lutter contre l'injustice. Se taire devant le mal est se faire complice du mal. Il vaut mieux souffrir l'injustice plutôt que de la commettre. Comme nous entrons dans la semaine de l'unité des chrétiens, le père rappelait également Isaac le Syrien, qui n'admettait pas les divisions ou les schismes dans l'Église. "N'essaies pas de distinguer les uns des autres, d'éloigner les indignes de la table, de t'écarter des incorrects ..."

En réalité, tout le monde veut être heureux, tout le monde recherche le bonheur. Personne ne commettrait le mal s'il n'y trouvait pas du bien en le faisant. Sauf, il y a une différence entre le bien apparent et le bien réel. Par ignorance, plusieurs se trompent de chemin en confondant les deux. Pour remonter la pente au lieu de la descendre, le père faisait aussi remarquer comment le simple désir de s'offrir à l'amour de Dieu est déjà une réalité : c'est déjà la foi en soi.

La communion

Un jour une bénévole se précipite vers André en désignant un gars en particulier, déclarant qu'il ne doit pas communier puisqu'il ne s'est pas confessé avant. C'était bien mal comprendre ce qu'est la communion pour le père Jean. Le Dieu vengeur n'existe pas. Dieu est Amour. Et c'est l'amour qui doit nous guider, avant les règles, les dogmes ou la morale.

André a souvent répété qu'on ne va pas à l'eucharistie parce qu'on est des saints ou parce qu'on est purs; on y va parce qu'on est fuckés. L'eucharistie c'est le sacrement des fuckés de la vie, des blessés de la vie. C'est le désir de Jésus de se donner! Plus on est tout croche, plus on est souffrant, blessé; bref plus on est pécheur, plus il faut venir communier! C'est la nourriture, la force même du Christ. C'est dit partout que la prière pardonne les péchés, que les oeuvres de charité pardonnent les péchés. Je ne l'invente pas, ça! Le concile de Trente disait déjà que l'eucharistie efface tous les péchés, aussi graves soient-ils! (réf : DS numéro 1743)

http://www.cursillos.ca/action/modeles/ ... -patry.htm

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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Cinci » lun. 23 janv. 2017, 17:24

Et que faisons-nous de notre liberté?

« Nous n’avons jamais été aussi libres », constate Émond, mais nous gaspillons cette liberté dans le confort et l’indifférence. Refusant toute autorité, notamment celle « du passé, de la tradition, une autorité des valeurs, des grandes oeuvres », et adhérant à cette « fiction délirante » de l’absolue autonomie de l’individu, « nous sommes libres pour rien », libérés « de notre langue et de notre passé, multiculturels jusqu’à plus soif, ouverts jusqu’à l’évanouissement, ouverts dans la béatitude des centres d’achats, de la culture américaine, du divertissement virtuel et du rire obligatoire et permanent ».



http://www.ledevoir.com/culture/livres/ ... nard-emond
... nous sommes libres pour rien ... adhérant à cette fiction délirante de l'absolue autonomie de l'individu ...

Je ne ramène pas cet article, par-ici, en guise de contraste pour me livrer à un réquisitoire contre la société, pour fulminer contre les autres. C'est juste que ça fait songer qu'il y aurait lieu d'être vigilant pour soi-même. Tout commence par soi-même ...

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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Marc Oh » lun. 23 janv. 2017, 18:04

Bonjour Cinci. Je lit de bien belles choses:
- Jésus est présent exposé dans le Saint Sacrement et dans notre misère. Le très grand et le très petit

- Le bien apparent et le bien réel. Seul Dieu peu juger.

Concernant l'utilisation de la communion eucharistique comme moyen de pardon je ne vous suis pas. Ce n'est pas la discipline de l’Église, c'est vrai qu'elle a beaucoup changé au cours des siècles pour s'adapter à chaque siècle je suppose. Votre citation du concile de Trente nécessite un approfondissement:

pour commencer voyons le texte:

-------------------
1743
Parce que, dans ce divin sacrifice qui s'accomplit à la messe, ce même Christ est contenu et immolé de manière non sanglante, lui qui s'est offert une fois pour toutes de manière sanglante sur l'autel de la croix He 9,14 He 9,27 le saint concile enseigne que ce sacrifice est vraiment propitiatoire 1753 , et que par lui il se fait que, si nous nous approchons de Dieu avec un coeur sincère et une foi droite, avec crainte et respect, contrits et pénitents, " nous obtenons miséricorde, et nous trouvons la grâce d'un secours opportun " He 4,16 Apaisé par l'oblation de ce sacrifice, le Seigneur, en accordant la grâce et le don de la pénitence, remet les crimes et les péchés, même ceux qui sont énormes. C'est, en effet, une seule et même victime, c'est le même qui, s'offrant maintenant par le ministère des prêtres, s'est offert alors lui-même sur la croix, la manière de s'offrir étant seule différente.
Les fruits de cette oblation - celle qui est sanglante - sont reçus abondamment par le moyen de cette oblation non sanglante ; tant il s'en faut que celle-ci ne fasse en aucune façon tort à celle-là 1754 . C'est pourquoi, conformément à la tradition des apôtres, elle est légitimement offerte, non seulement pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres besoins des fidèles vivants, mais aussi pour ceux qui sont morts dans le Christ et ne sont pas encore pleinement purifiés 1753
------------------
le canon cité:
--------------
1753
3. Si quelqu'un dit que le sacrifice de la messe n'est qu'un sacrifice de louange et d'action de grâces, ou simple commémoration du sacrifice accompli sur la croix, mais n'est pas un sacrifice propitiatoire ; ou qu'il n'est profitable qu'à celui-là seul qui reçoit le Christ et qu'il ne doit pas être offert pour les vivants et les morts, ni pour les péchés, les peines, les satisfactions et les autres nécessités : qu'il soit anathème 1743 . .
----------------

Je pense que la question mérite d'être approfondis (à la lumière de la révélation prise dans son ensemble), ce que fait le catéchisme de l'église catholique, à priori très bien. Je pense que la sainte Église catholique a été institué pour éviter que chacun fasse sa petite cuisine dans son coin sans pouvoir apprécier l'ensemble. Que voulez vous dire plus précisément sur confession et communion? C'est une vraie question, cher Cinci, et cela m'intéresse vraiment.
cordialement

Marc
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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Cinci » lun. 23 janv. 2017, 20:55

Bonjour Marc Oh,

Merci pour l'intérêt. C'est gentil. Pour la communion, ce que j'ai cru comprendre c'est que le père Jean raconte que la charité passe avant la régle. Il en donnait plusieurs exemples.


Dans le livre qui raconte son parcours :
Peut-être est-il effectivement écrit quelque part qu'on ne peut pas communier si on ne s'est pas d'abord confessé de tous ses péchés. Vous aurez compris qu'André ne s'est pas "enfargé" dans ce texte-là et en a préféré d'autres,

Pour lui, il est impossible que le Christ ne soit pas fou de joie que nous le recevions, tels que nous sommes. Pas juste heureux, fou de joie! Même si la personne n'est pas toujours consciente que c'est le corps du Christ qu'elle reçoit, il est heureux de voir qu'elle prend la peine de venir le recevoir. En prison, André nLa jamais eu d'hésitation à donner la communion à qui la demandait. Tous ceux-là qui souhaitent recevoir le Christ pour aller mieux, vers tous ceux-là qui espèrent dans cette eucharistie, il court vers eux avec joie! Et jamais en trente-huit ans, je n'ai vu un gars venir communier en niaisant ou en se moquant, jamais. Pour les gars, la communion, c'est sérieux. Ils reconnaissent le sens sacré de ce geste.

Un jour, André célèbre les funérailles d'un motard. La cérémonie a lieu au salon funéraire et André donne la communion. Il voit s'approcher la blonde de celui qui repose dans le cercueil. Elle est tellement "gelée" que deux motards doivent la soutenir pour qu'elle se rende jusqu'à André. Elle lève les yeux vers lui et avec une immense tristesse demande : "Je peux-tu en avoir, moi aussi?" André n'a pas hésité une seconde :" J'ai senti que le Seigneur disait : encore plus pour toi, ma belle enfant! Ta peine est tellement, tellement grande!"

Combien de fois l'ai-je entendu dire dans ses homélies que la communion était faite pour les fuckés. "Plus on se sent fucké, plus il faut venir communier! C'est saint Augustin qui disait : Tu pèches tous les jours, communie tous les jours. Et je m'inclus dans la famille des fuckés. C'est pour ça que je communie tous les jours. "

C'est saint Thomas d'Aquin qui disait qu'il faut suivre sa conscience. Si toute l'Église est contre toi, dit-il, alors que ta conscience te dicte un geste, alors suit ta conscience.

C'est l'amour qui importe avant tout.

Je n'oublierai jamais la messe de Noël 1997. [...] Et puis vient la communion, qui était toujours donnée par les bénévoles. Pendant ce temps, André se retirait sur une chaise en recueillement. Mes plus vieux viennent me voir pour me demander s'ils peuvent communier eux aussi. Ils n'avaient pas fait leur Première communion et Raphaëlle était bien trop jeune, de toute façon, mais je vais voir André dans son recueillement et je lui fais part de la requête des enfants. Avec un grand sourire, il dit : Laissez venir à moi les petits enfants. Et c'est ce qu'on a fait. Quand la communion a été terminé, André s'est levé et a déclaré : Les gars, on vient de vivre un grand moment. Ici, juste maintenant, dans cette nuit de Noël, deux petits enfants ont fait leur Première communion avec vous! Tout le monde s'est levé debout d'un seul coup, en applaudissant et en criant! Les enfants ont été soulevés dans les airs et portés par chacun à bout de bras, en faisant le tour de la chapelle, pendant que cette incroyable chorale spontanée entamait le Glory, Glory Alléluia. C'était extraordinairement impressionnant, et je ne doute pas que tous ceux qui y étaient s'en souviennent encore aujourd'hui.
C'est une belle liberté intérieure. En y pensant bien, la chose est très évangélique. La règle est faite pour être suivie, mais ... Je ne sais pas ce que vous en pensez?

:)

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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Marc Oh » mar. 24 janv. 2017, 0:35

Merci de votre réponse, je pense que ce n'est pas parce-que l'on fait de bonne chose d'une part que l'on ne peu pas se tromper par ailleurs. Ce qui est décrit à propos de la messe de Noël ressemble, mais attention au apparence , à une atteinte généralisé à la dignité du saint sacrement. Je pense que celui qui raconte connais mal le catholicisme (la première communion, est la première foi que quelqu'un est admis à la table eucharistique; Tout les péchés ne privent pas de la possibilité de communier), fait de la provocation et instrumentalise ce prêtre qui est sûrement plein de bonne intention. D'apparence, il est malade sinon il distribuerait la communion lui même.
Ok je suis peu être pas aussi naïf que je le dis mais je préfère l'être que céder à l'esprit de division. Ce prêtre devrait éventuellement changer d'Eglise (pour être plus "évangéliques" quoique l’Église est constitué dans les évangiles lus et compris dans l'intégralité de l’Écriture et de la Tradition), si les règles lui sont vraiment insupportable il pourrai continuer une certaine forme d'apostolat en dehors du sacerdoce ce qui lui permettrait d'être en accord avec l’obéissance qu'il doit. Il n'est certainement pas facile à gérer par son évêque.
Voila ce que j'en pense: on peu être chrétien sans être catholique, mais le catholique pour être "universel" doit suivre des règles, des saints canon sinon il cesse d'être catholique. Ces canons ne sont jamais abrogés comme ceux du conciles de trente (cité dans votre propre message, c'est dire l’importance qui lui est donné) et qui si on regarde bien ne sont que aménagé, mis à jours, même quelques siècles après. C'est la grande stabilité du catholicisme.
Donc oui ce qu'il y a de pire c'est la mauvaise médiatisation des expériences à la periférie. Il fait voir le positif.
bon il se fait tard pour moi.
à la prochaine

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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Marc Oh » mar. 24 janv. 2017, 16:27

NB j'ai depuis apprécié la lecture de cette fiche bibliographique et l'ai trouvé de bon ton, je ne suis peu être pas si tatillon que ça après tout! J'ai l'esprit peu être mal placé mais trouvais votre description un peu clivante, c'est peu être une question de style (vous) de susceptibilité (moi). Il y a de la place pour beaucoup de diversité dans l’Église sachons resté groupés!
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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Cinci » mar. 24 janv. 2017, 17:37

Bonjour,

Merci pour les commentaires, Marc Oh. Sauf je ne comprend pas ce que vous voulez dire en parlant d'une "description clivante".

:?:

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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Marc Oh » mer. 25 janv. 2017, 12:08

Bonjour Cinci, je voulais dire par "clivant" qui conduit (favorise du moins dans certain esprit) un clivage, une division dans un être ou entre des êtres. Cela provoque de la colère de la tristesse bref pas la paix et la joie. On retrouve souvent ce caractère "clivant" dans la plupart des média lorsqu'il parlent de religion ou plutôt de liturgie: on a souvent l'impression qu'ils veulent diviser les chrétiens (ce qui peu être très douloureux). Il y a au contraire des gents dont le discourt apaise et pacifie.
Il m'arrive de me laisser emporté ... je craint ne pas être le seul!
bonne journée
Marc
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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Cinci » mer. 25 janv. 2017, 22:27

Salut Marc Oh,

O.K. Mais je ne vois pas bien quelle est la partie du témoignage ou bien quel est l'élément rapporté dans le texte qui devrait ensuite vous faire songer à un "clivage" ou à une volonté de division. Disons, pour le moment, c'est ce que je ne comprend pas.



Je viens d'entendre, le week end dernier, des enseignements sur l'amour de Dieu de la bouche même du père Jean, ainsi qu'un court récit de sa propre expérience de vie. Il y avait une centaine de personnes avec moi. Je vous assure que la paix régnait sur place. Tout le monde buvait ses paroles. C'est une des rencontre les plus fantastiques que je viens de faire en un an.

Une division? Mais ... mais le père n'est pas intéressé à se séparer de l'Église catholique; il est en pleine communion avec elle. Il a 76 ans. Il est membre de l'ordre des pères Trinitaires. Il n'est pas en guerre contre Rome. Il est appuyé par tous les évêques au Québec.

Simplement, il insiste sur l'amour que Dieu a pour tous les hommes ... tous ... sans exception. Il re-répète et explique comment Dieu est accueil inconditionnel de l'autre. Je trouve qu'il a tellement raison de faire remarquer comment la présence du Christ dans l'hostie, dans le Tabernacle, est la même ... la MÊME ... dans l'autre en face de soi, l'autre croisé sur la rue, même chez le mendiant crotté et qui ne sent pas très bon, dans le vieillard malade à l'hôpital, dans tous les exclus ...

Est-ce qu'on y pense un peu? assez?

Oui, l'on veut bien se tenir et bien se comporter en face des "saintes espèces" à l'église ... et c'est très bien ... mais quelle est notre attitude en présence d'un vilain pécheur? d'un pauvre affalé au coin de la rue et abruti par l'alcool? Serait-on porté à traiter la personne comme le pain consacré sur l'autel? Enfin, moi c'est la première fois que j'entendais la chose être expliqué de cette façon-là, lesté de son propre poids existentiel. C'est important.

On a bien de la veine d'avoir des personnages semblables dans l'Église catholique. Il ne faudrait pas lui recommander d'aller chez les évangéliques. Plutôt, c'est qu'en le voyant agir et en l'écoutant parler comme il le fait si bien, un protestant évangélique n'aurait plus aucune raison de refuser de franchir le Tibre.

:D

Haut les coeurs!

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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Marc Oh » jeu. 26 janv. 2017, 11:59

Bonjour, J'adhère à votre dernier message. Je suis un admirateur de Charles de Foucault. Mais je suis un petit peu, à mon échelle, comme lui sensible à la dignité du saint sacrement. Nivellement par le haut pas par le bas. Si Dieu s'est abaisser jusqu’à nous c'est pour nous élever jusqu’à Lui.
Ce qui me choque c'est l'extrait du livre cité plus haut:
"Et puis vient la communion, qui était toujours donnée par les bénévoles. Pendant ce temps, André se retirait sur une chaise en recueillement."
ceci est pour moi une occasion par l'auteur du livre de diviser les chrétiens catholiques avec ce combat d'arrière garde qui oppose des improvisations liturgiques aux règles en vigueur officiellement.
Je pense qu'il est difficile de donner des leçons de liturgies quand on ne brule pas de la foi qui donne sens à cette liturgie. Cela m’agace de voir un tiède ou un libre penseur m'expliquer comment communier, quand des conciles, plusieurs papes et la conférence des évèques de mon pays ont fait leur travail là dessus. C'est vrai qu'ils n’ont pas la même porté médiatique.

Je suis surement susceptible mais c'est très souvent la même histoire, se sont les mêmes libre penseurs qui m'explique que le célibat des prêtre est scandaleux et que le pape doit être élu démocratiquement par la "base"! Le christianisme doit être commenté par des chrétiens (croyant je précise!) pas sur des apparences incomprises.

J'espère que vous me comprenez mieux et je suis d'accord le clochard (qui peu puer) ou Mme la baronne (qui peu puer aussi) ne sont ni plus ni moins indigne, s'ils ont leur main lavé pour distribuer (dans les cas prévus dans le missel romain) l'eucharistie.

Oui il y a de bien belle chose, il suffi de bien vouloir les voir.

cordialement
Marc
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Re: La prison depuis 40 ans ... ou presque

Message non lupar Cinci » jeu. 26 janv. 2017, 16:16

Bonjour,

Oui, alors je reprendrai votre mot :
Ce qui me choque c'est l'extrait du livre cité plus haut:
"Et puis vient la communion, qui était toujours donnée par les bénévoles. Pendant ce temps, André se retirait sur une chaise en recueillement."

ceci est pour moi une occasion par l'auteur du livre de diviser les chrétiens catholiques avec ce combat d'arrière garde qui oppose des improvisations liturgiques aux règles en vigueur officiellement.

Je pense qu'il est difficile de donner des leçons de liturgies quand on ne brule pas de la foi qui donne sens à cette liturgie. Cela m’agace de voir un tiède ou un libre penseur m'expliquer comment communier, quand des conciles, plusieurs papes et la conférence des évêques de mon pays ont fait leur travail là dessus.

Maintenant, je peux voir ce qui vous tracassait. Merci.

[...]

Quand j'ai lu ce passage, je n'y ai pas vu que l'auteur voulait donner des "leçons" aux catholiques. France Paradis rapporte la situation qu'elle a vécu. En prison, j'imagine, l'aumônier n'a pas de diacre à sa disposition. Le père Jean ne dit pas que les autres devraient faire comme lui, ou encore que ce qu'il fait en prison devrait être la règle dans les paroisses. Quand je l'ai vu, j'ai reçu la communion de sa main.

Quand on évoque la division ou le clivage : moi je l'entendrais d'une personne qui *décide* que ce qu'elle fait serait "bien mieux" que ce que les autres font. Ainsi, "Le pape fait ceci, moi je fais cela, et c'est le pape qui devrait faire comme moi; et que le pape est incorrect si lui-même ne fait pas ce que je dis. Blabla." Ça, ce n'est vraiment pas la dynamique du bon père.

Par ailleurs, je ne connais pas France Paradis. Je ne pourrais rien dire de son état intérieure à l'égard de la foi. Je ne peux me prononcer. Elle n'en parle pas. Tout ce que l'on sait la concernant : elle accompagne bénévolement des prisonniers depuis 20 ans. En général, les personnes qui font cela dans les prisons sont toutes des personnes qui ont la foi.


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