Le bienheureux Jean-Paul II à l'Eglise de France

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Le bienheureux Jean-Paul II à l'Eglise de France

Message non lu par etienne lorant » dim. 17 juin 2012, 14:32

France, qu'as-tu fais des promesses de ton Baptême ? Qu'as-tu fait de l'héritage de tes martyrs ? - Jean Paul II
Le Bienheureux Jean Paul II : son amour pour la France et pour la Vocation de la France.

Quelques paroles du Pape

A l'aéroport romain de Fiumicino, avant son départ pour la France - 30 mai 1980

La France, pays de tradition glorieuse, est une des grandes nations qui ont été marquées par la foi chrétienne depuis l’aurore de leur histoire ; et après la chute de l’Empire Romain, elle fut la première communauté nationale d’Occident à se déclarer fille de l’Église : « fille aînée de l’Église ».

A l'arrivée à Paris - 30 mai 1980

Combien de peuples ont bénéficié du génie français, qui a marqué leurs propres racines, et constitue encore pour eux un motif de fierté en même temps, on peut l’affirmer, qu’une sorte de référence!..

...Vous m’avez invité à constater, quinze cents ans ou presque après le baptême de votre Nation, que la foi y est toujours vivante, jeune, dynamique, que la générosité ne manque pas chez vous. Elle se traduit même par un bouillonnement d’initiatives, de recherches, de réflexion.

... je suis venu vous encourager dans la voie de l’Évangile, une voie étroite certes, mais la voie royale, sûre, éprouvée par des générations de chrétiens, enseignée par les saints et les bienheureux dont s’honore votre patrie,

... Frères et Sœurs catholiques de France: Reconnaissez votre dignité! Soyez fiers de votre foi, du don de l’Esprit que le Père vous a fait! Je viens parmi vous comme un pauvre, avec la seule richesse de la foi, pèlerin de l’Évangile. Donnez à l’Église et au monde l’exemple de votre fidélité sans faille et de votre zèle missionnaire.

Au cours de l'homélie de la Messe à Notre-Dame de Paris - vendredi 30 mai 1980

C’est un lieu historique, un lieu sacré. Ici, nous rencontrons le génie de la France,

Sur cette terre qu’il m’est donné de visiter aujourd’hui, ici, dans cette cité, il y a eu, et il y a bien des hommes et des femmes qui ont su et qui savent encore aujourd’hui que toute leur vie a valeur et sens seulement et exclusivement dans la mesure où elle est une réponse à cette même question: Aimes-tu? M’aimes-tu? Ils ont donné, et ils donnent leur réponse de manière totale et parfaite ― une réponse héroïque ― ou alors de manière commune, ordinaire. Mais en tout cas ils savent que leur vie, que la vie humaine en général, a valeur et sens dans la mesure où elle est la réponse à cette question: Aimes-tu? C’est seulement grâce à cette question que la vie vaut la peine d’être vécue.

Je viens ici sur leurs traces. Je visite leur patrie terrestre. Je recommande à leur intercession la France et Paris, l’Eglise et le monde. La réponse qu’ils ont donnée à cette question: « Aimes-tu? » a une signification universelle, une valeur qui ne passe pas. Elle construit dans l’histoire de l’humanité le monde du bien. L’amour seul construit un tel monde. Il le construit avec peine. Il doit lutter pour lui donner forme: il doit lutter contre les forces du mal, du péché, de la haine, contre la convoitise de la chair, contre la convoitise des yeux et contre l’orgueil de la vie.

... Qu’elle est extraordinaire l’éloquence de cette question du Christ: « Aimes-tu? »! Elle est fondamentale pour chacun et pour tous. Elle est fondamentale pour l’individu et pour la société, pour la nation et et pour l’Etat. Elle est fondamentale pour Paris et pour la France: « Aimes-tu? ».

... Nous sommes ici dans un lieu sacré: Notre-Dame. Cette splendide construction, trésor de l’art gothique, vos aïeux l’ont consacrée à la Mère de Dieu. Ils l’ont consacrée à Celle qui, parmi tous les êtres humains, a donné la réponse la plus parfaite à cette question: Aimes-tu? M’aimes-tu? M’aimes-tu davantage?

Sa vie tout entière fut en effet une réponse parfaite, sans aucune erreur, à cette question.

Il convenait donc que je commence dans un lieu consacré à Marie ma rencontre avec Paris et avec la France.

...Ils sont nombreux, les lieux de votre pays où bien souvent, peut-être chaque jour, ma pensée et mon cœur s’en vont en pèlerinage: le sanctuaire de la Vierge Immaculée à Lourdes, Lisieux, et Ars, où cette fois je ne pourrai me rendre, et Annecy, où j’ai été invité depuis longtemps sans pouvoir jusqu’ici réaliser mon désir.

Voici que se présente devant mes yeux la France, Mère des saints au long de tant de générations et de siècles. Oh combien je désire qu’ils reviennent tous dans notre siècle, et dans notre génération, à la mesure de ses besoins et de ses responsabilités !

Lors de la rencontre avec les prêtres, au moment des Vêpres, à Notre-Dame de Paris - Vendredi 30 juin 1980

Et vous, prêtres de France, vous avez la chance d’être les héritiers d’une pléiade de prêtres qui demeurent des exemples pour l’Église entière, et qui sont pour moi-même une source constante de méditation. Pour ne parler que de la période la plus proche, je pense à saint François de Sales, à saint Vincent de Paul, à saint Jean Eudes, aux maîtres de l’École française, à saint Louis-Marie Grignion de Montfort, à saint Jean-Marie Vianney, aux missionnaires du dix-neuvième et du vingtième siècles dont j’ai admiré le travail en Afrique.

La spiritualité de tous ces pasteurs porte la marque de leur temps, mais le dynamisme intérieur est le même et la note de chacun enrichit le témoignage global du sacerdoce que nous avons à vivre. Comme j’aurais aimé me rendre en pèlerin à Ars, si cela avait été possible! Le Curé d’Ars demeure en effet pour tous les pays un modèle hors pair, à la fois de l’accomplissement du ministère, et de la sainteté du ministre, adonné à la prière et à la pénitence pour la conversion des âmes.

Homélie de la Messe au Bourget - Dimanche 1er juin 1980 (extraits)

Aujourd’hui, dans la capitale de l’histoire de votre nation, je voudrais répéter ces paroles qui constituent votre titre de fierté: Fille aînée de l’Eglise.

Et j’aimerais, en reprenant ce titre, adorer avec vous le mystère admirable de la Providence. Je voudrais rendre hommage au Dieu vivant qui, agissant à travers les peuples, écrit l’histoire du salut dans le cœur de l’homme.

... Un très grand chapitre de cette histoire a été inscrit dans l’histoire de votre patrie, par les fils et les filles de votre nation. Il serait difficile de les nommer tous, mais j’évoquerai au moins ceux qui ont exercé la plus grande influence dans ma vie: Jeanne d’Arc, François de Sales, Vincent de Paul, Louis-Marie Grignion de Montfort, Jean-Marie Vianney, Bernadette de Lourdes, Thérèse de Lisieux, Sœur Elisabeth de la Trinité, le Père de Foucauld, et tous les autres. Ils sont tellement présents dans la vie de toute l’Eglise, tellement influents par la lumière et la puissance de l’Esprit Saint!

Ils vous diraient tous mieux que moi que l’histoire du salut a commencé avec l’histoire de l’homme, que l’histoire du salut connaît toujours un nouveau commencement, qu’elle commence en tout homme venant en ce monde. De cette façon, l’histoire du salut entre dans l’histoire des peuples, des nations, des patries, des continents.

L’histoire du salut commence en Dieu. C’est précisément ce que le Christ a révélé et a déclaré jusqu’à la fin lorsqu’il a dit: « Allez.... enseignez toutes les nations, baptisez-les au nom du Père, et du Fils et du Saint-Esprit ».

... Que n’ont pas fait les fils et les filles de votre nation pour la connaissance de l’homme, pour exprimer l’homme par la formulation de ses droits inaliénables! On sait la place que l’idée de liberté, d’égalité et de fraternité tient dans votre culture, dans votre histoire. Au fond, ce sont-là des idées chrétiennes. Je le dis tout en ayant bien conscience que ceux qui ont formulé ainsi, les premiers, cet idéal, ne se référaient pas à l’alliance de l’homme avec la sagesse éternelle. Mais ils voulaient agir pour l’homme.

Pour nous, l’alliance intérieure avec la sagesse se trouve à la base de toute culture et du véritable progrès de l’homme.

Le développement contemporain et le progrès auxquels nous participons sont-ils le fruit de l’alliance avec la sagesse ? Ne sont-ils pas seulement une science toujours plus exacte des objets et des choses, sur laquelle se construit le progrès vertigineux de la technique ? L’homme, artisan de ce progrès, ne devient-il pas toujours plus l’objet de ce processus ? Et voilà que s’effondre toujours plus en lui et autour de lui cette alliance avec la sagesse, l’éternelle alliance avec la sagesse qui est elle-même la source de la culture, c’est-à-dire de la vrai croissance de l’homme.

Le Christ est venu au monde au nom de l’alliance de l’homme avec la sagesse éternelle. Au nom de cette alliance, il est né de la Vierge Marie et il a annoncé l’Evangile. Au nom de cette alliance, « crucifié... sous Ponce Pilate » il est allé sur la croix et il est ressuscité. Au nom de cette alliance, renouvelée dans sa mort et dans sa résurrection, il nous donne son Esprit...

...Comment se fait-il que, depuis un certain temps, l’homme ait découvert dans tout ce gigantesque progrès une source de menace pour lui-même ? De quelle façon et par quelles voies en est-on arrivé à ce que, au cœur même de la science et de la technique modernes, soit apparue la possibilité de la gigantesque autodestruction de l’homme; à ce que la vie quotidienne offre tant de preuves de l’emploi, contre l’homme, de ce qui devait être pour l’homme et devait servir l’homme ?

Comment en est-on arrivé la ? L’homme en marche vers le progrès n’a-t-il pas pris un seul chemin, le plus facile, et n’a-t-il pas négligé l’alliance avec la sagesse éternelle ? N’a-t-il pas pris la voie « spacieuse », en négligeant la voie « étroite » ?

C’est à cela que l’homme est appelé dans l’alliance avec la sagesse éternelle.

... On peut dire en même temps que le pouvoir de l’homme sur l’autre homme devient toujours plus lourd. En abandonnant l’alliance avec la sagesse éternelle, il sait de moins en moins se gouverner lui-même, il ne sait pas non plus gouverner les autres. Combien pressante est devenue la question des droits fondamentaux de l’homme!

... Il n’existe qu’un problème, celui de notre fidélité à l’alliance avec la sagesse éternelle, qui est source d’une vrai culture, c’est-à-dire de la croissance de l’homme, et celui de la fidélité aux promesses de notre baptême au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit!

Alors permettez-moi, pour conclure, de vous interroger:
France, Fille aînée de l’Eglise, es-tu fidèle aux promesses de ton baptême?

Permettez-moi de vous demander:
France, Fille de l’Eglise et éducatrice des peuples, es-tu fidèle, pour le bien de l’homme, à l’alliance avec la sagesse éternelle ?

Pardonnez-moi cette question. Je l’ai posée comme le fait le ministre au moment du baptême. Je l’ai posée par sollicitude pour l’Eglise dont je suis le premier prêtre et le premier serviteur, et par amour pour l’homme dont la grandeur définitive est en Dieu, Père Fils et Saint-Esprit.

A son arrivée en France à l'aéroport, samedi 4 octobre 1986

Ici, au seuil de ce voyage pastoral, ma pensée se tourne vers l’ensemble du peuple de France. Je suis sûr qu’il comprend le véritable enjeu de ma visite, même si elle concerne directement ceux qui partagent la foi chrétienne...En Italie, je visite les provinces les unes après les autres. Dans les autres pays, j’accomplis en général une longue et seule visite. Il faut croire que la France occupe une position particulière de proximité, puisque j’ai la joie d’y venir pour la troisième fois! ...“Les saints ont le génie de l’amour”.



A l'amphithéâtre des Trois Gaules - samedi 4 octobre 1986

Chrétiens de Lyon, de Vienne, de France, que faites-vous de l’héritage de vos glorieux martyrs?

Certes, aujourd’hui, vous n’êtes pas livrés aux bêtes, on ne cherche pas à vous mettre à mort à cause du Christ.

Mais ne faut-il pas reconnaître qu’une autre forme d’épreuve atteint subrepticement les chrétiens? Des courants de pensée, des styles de vie et parfois même des lois opposées au vrai sens de l’homme et de Dieu, minent la foi chrétienne dans la vie des personnes, des familles et de la société.

Les chrétiens ne sont pas maltraités, ils jouissent même de toutes les libertés, mais le risque n’est-il pas réel de voir leur foi comme emprisonnée par un environnement qui tend à la reléguer dans le domaine de la seule vie privée de l’individu?

Une indifférence massive chez beaucoup à l’égard de l’Evangile et du comportement moral qu’il exige, n’est elle pas une manière de sacrifier aujourd’hui petit à petit à ces idoles que sont l’égoïsme, le luxe, la jouissance et le plaisir recherchés à tout prix et sans limite?
Cette forme de pression ou de séduction pourrait tuer l’âme sans attaquer le corps. L’esprit du mal qui s’opposait à nos martyrs est toujours à l’œuvre.

Avec d’autres moyens, il continue de chercher à détourner de la foi.

Chrétiens de Lyon et de France, ne vous y laissez pas prendre.

Dans notre monde qui offre à l’homme tant de possibilités de vraie liberté et d’épanouissement spirituel, qui a réalisé des progrès immenses au service de l’homme,

que faites-vous pour contribuer à démasquer ces idoles d’aujourd’hui et à vous en affranchir?

Puissiez-vous avoir toujours le discernement et le courage de la foi!

Vous avez là une tâche commune à accomplir.

Un seul et même baptême vous a consacrés dans le Christ.

Dans la fidélité à sa Parole et sans rien faire séparément de ce que vous pouvez faire ensemble pour répondre aux besoins de l’homme d’aujourd’hui, “restez fermes dans la foi” (Col 1, 23).

Homélie de la Messe de Béatification du Père Chevrier - Eurexpo - samedi 4 octobre 1986

Eglise qui es à Lyon, tu as été baptisée dans le sang de tes martyrs, souviens-toi de ta ferveur première avec l’évêque Pothin, le diacre Sanctus, l’esclave Blandine... Eglise de Lyon, souviens-toi aussi de l’évêque Irénée qui, pour toute l’Eglise, a défendu la véritable foi au Verbe Incarné, vrai Dieu et vrai homme, au regard des gnosies qui déjà tentaient de dissoudre cette foi. Eglise de Lyon, souviens-toi de toutes les initiatives prises par tes fils et tes filles au cours des siècles pour sanctifier l’Eglise, servir son unité, pour l’entraîner au service de la société comme Marius Gonin et Joseph Folliet, développer l’œcuménisme comme le Père Couturier, aider l’éducation des jeunes comme la bienheureuse Claudine Thévenet, stimuler le rayonnement missionnaire de l’Eglise comme Pauline Jaricot, assurer une présence contemplative au milieu des non-chrétiens comme le Père Jules Monchanin. Ils sont légion, “foule immense de témoins”, et constituent pour nous des guides, une famille, des intercesseurs, selon l’expression de la préface des saints.

Et toi, Eglise qui es en France, toi que je visite pour la troisième fois ... souviens-toi de ton baptême, de l’Alliance que Dieu n’a jamais reniée!

Souviens-toi de l’Esprit Saint qui t’habite et que peut toujours susciter en toi un nouveau printemps spirituel, si tu le désires vraiment!

Ne crains pas. Ne te laisse pas décourager par les difficultés à vivre aujourd’hui la foi.

Tes saints les ont connues et dépassées.

En quittant la France, le 7 octobre 1986, fête de Notre-Dame du Rosaire

Il m’a semblé rejoindre l’âme profonde de la France, dont les fils et les filles n’ont pas oublié leur histoire chrétienne, leur vocation de baptisés, même environnés par le brouillard de l’indifférence religieuse, du doute ou du respect humain qui trop souvent tend à les replier su eux-mêmes. ...

Un nouvel élan spirituel et apostolique est possible pour l’Eglise en France....

“Quand les saints passent, Dieu passe avec eux...”.

Vous avez la chance, chers amis, d’avoir en France des hauts lieux de sainteté. Ne voyez-vous pas que les pèlerins des autres pays, que le Pape, viennent s’y retremper ? Les saints nous montrent le chemin du vrai renouveau....

Puissiez-vous avoir compris ces jours-ci que la sainteté n’est pas le privilège de quelques-uns, que la douceur évangélique n’est pas une faiblesse, que parler du “cœur” selon Dieu n’est pas un sentimentalisme éphémère!

C’est un amour fort, de la force de Dieu, qui change le cours d’une vie, qui soulève la torpeur de la société. “Si tu savais le don de Dieu!” (Jn 4, 10). Tel est le chemin qui conduit à la vie


http://www.evangelium-vitae.org/documen ... aul-ii.htm
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Saint Jean-Paul II, sa vie, son leg

Message non lu par etienne lorant » sam. 19 oct. 2013, 16:46

Le pape Jean-Paul II a failli ne pas naître !!!
Dans ce livre, édité par la Maison d’édition polonaise ZNAK, la journaliste raconte la vie de la mère du bienheureux Jean-Paul II, à travers des souvenirs de personnes et certains documents familiaux : un travail pas facile, dans la mesure où, aujourd’hui, « il n’existe aucun témoin en vie qui ait connu Emilia » a expliqué Milena Kindziuk. « En raison du peu de sources disponibles, la plupart ayant été perdues, j’ai dû reconstituer un ‘puzzle’ qui m’a permis de reconstruire l’image de cette femme extraordinaire qui, en dépit des contre-indications des médecins, a donné le jour à son troisième fils, Karol, et l’a préparé à recevoir la première communion ».

En plus du recueil de documents, des souvenirs et des témoignages, Milena Kindziuk a visité les lieux des familles Kaczoworski et Wojtyla, en parcourant, pas à pas, leur histoire et leur généalogie et en découvrant de nouveaux personnages. Par exemple, le père d’Emilia Wojtyla, Feliks, qui vivait dans la partie russe, et son grand-père, Mikolaj, qui était cocher dans la famille Zamoyski. Après s’être transférés en Galicie, les Kacsorowski ont maintenu cette tradition de famille, en fondant à Cracovie une entreprise de réparation de vieux carrosses, l’équivalent du métier de mécanicien de nos jours. L’auteur a cherché en outre à recréer dans ses pages l’atmosphère et le style de vie de cette famille simple de classe moyenne, liée aux traditions.

Lors de la présentation du livre, l'archevêque de Varsovie, le cardinal Kazimierz Nycz, a fait l’éloge du travail de Milena Kindziuk qui, a-t-il précisé, « a tenu compte de toutes les traditions orales dédiées à la figure d’Emilia Wojtyla » : un aspect fondamental, dans la mesure où « les familles font revivre le souvenir des défunts ».

Le Père Jozef Naumowicz, enseignant de philologie classique et historique de l’Église, a souligné que le travail de la journaliste « unit la passion du journalisme à celle de l’histoire ». La bio-éthicienne Malgorzata Terlikowska, mère de cinq enfants, est aussi intervenue, disant que le livre « donne de l’espérance à toutes les femmes qui ont peur de mettre au monde un enfant ».

Emilia Wojtyla, fille d’Anna Maria Scholz (1853-1897) et de Feliks Kaczorowski (1849-1908) est née le 26 mars 1884, à Cracovie, où elle a vécu avec ses parents et ses neuf frères et sœurs. On ignore où Emilia est allée à l’école jusqu’à l’âge de seize ans où elle a fréquenté un institut religieux géré par des religieuses. Les informations les plus connues proviennent de la période où la famille d’Emilia, devant faire face à la première guerre mondiale, a résidé pendant presqu’une année en Moravie, avant de se transférer à Wadowice.

C’est là qu’Emilia a épousé Karol Wojtyla, de qui elle a eu trois enfants : Edmund, Olga et Karol, le futur pape Jean-Paul II. L’auteur s’arrête, dans son livre, sur la dernière grossesse d’Emilia, qui devait donner le jour au Bienheureux : une grossesse difficile qui, si elle était poursuivie, risquait de provoquer la mort de la mère, d’après les médecins. Celle-ci décida cependant de risquer sa propre vie pour son enfant. La mère de Wojtyla est morte à 45 ans, en 1929, à Wadowice. Le pape Jean-Paul II a toujours porté sur lui la photo de sa mère: il avait aussi placée sur son bureau dans le palais apostolique du Vatican.

http://www.zenit.org/fr/articles/la-mer ... ia-wojtyla
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )

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Quelles sont les vertus héroïques de Jean-Paul II ?

Message non lu par Xavi » dim. 22 déc. 2013, 11:00

Un beau miracle du père Popieluszko et de Jean-Paul II
Le 14 septembre 2012, jour anniversaire de la naissance du prêtre martyr polonais Jerzy Popieluszko (béatifié en 2010), un prêtre (aussi né un 14 septembre) est appelé par le service des soins palliatifs de l'hôpital de Créteil en France, afin de donner l'onction des malades à un patient de 56 ans atteint d'un cancer en phase finale et qui avait déjà perdu connaissance. Le prêtre a prié Jerzy Popielusko en lui disant : « C’est ton jour, c’est le jour pour faire quelque chose » et a laissé une image de celui-ci sur la table de chevet de l'hôpital avec une image de Jean-Paul II.

Peu de temps après, le patient a repris connaissance et les médecins ont constaté que le cancer de l'homme, qui était malade depuis une dizaine d'années d’une leucémie myéloïde chronique atypique, était guéri et que son cancer avait disparu. Les médecins ont confirmé que cette guérison n'est pas expliquée médicalement.

Mgr. Michel Santier, évêque de Créteil, a constitué une commission pour examiner la guérison, qui se réunira en mars. Le dossier sera ensuite envoyé au diocèse de Varsovie qui le transmettra à Rome.

Plus de détails dans La Croix :
http://www.la-croix.com/Religion/Actual ... 19-1078518

Belin
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Quelles sont les vertus "héroïques" de Jean-Paul II ?

Message non lu par Belin » jeu. 13 févr. 2014, 16:56

Salut

Selon moi lorsque l'Eglise canonise une personne, c'est entre autre pour proposer certaines vertus de la personne canonisée comme exemple à imiter par les fidèles.
Alors je me demande quelles sont les vertus particulières de Jean Paul II que l'Eglise nous proposerait comme exemples à suivre?

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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de JP II ?

Message non lu par PaxetBonum » jeu. 13 févr. 2014, 17:13

Bonne question.
Pour moi l'Espérance et la Foi héroïquement témoignée dans l'évolution de la maladie invalidante.
Un amour de la Vie même quand un handicape la perturbe.
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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de JP II ?

Message non lu par Belin » jeu. 13 févr. 2014, 17:33

PaxetBonum a écrit : Pour moi l'Espérance et la Foi héroïquement témoignée dans l'évolution de la maladie invalidante.
Un amour de la Vie même quand un handicape la perturbe.
Pendant cette période de sa maladie qu'a-t'il concrètement fait? pour justifier le fait de ne pas démissionner pendant cette période, je crois il avait dit ne pas vouloir "descendre de la croix" et aussi " a qui vais je remettre ma démission?". Mais en restant "volontairement sur sa croix" est ce qu'il assumait au moins correctement son devoir d'état de pape? en effet avant de poser un acte pénitentiel on devrait au moins s'assurer que cela ne va pas empêcher la bonne exécution notre devoir d'état. Du moins c'est mon avis.

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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de JP II ?

Message non lu par Altior » jeu. 13 févr. 2014, 18:37

kisito a écrit :Pendant cette période de sa maladie qu'a-t'il concrètement fait? pour justifier le fait de ne pas démissionner pendant cette période,
Premièrement, c'est impossible pour un pape de démissionner. Deuxièmement, il a fait assez pendant sa longue période de souffrance. Je me rappelle très bien quand il est venu en Roumanie, où j'habitais alors. Il était déjà fort malade, se tenant difficilement debout. Quant même, il a tenu un entier discours, d'une qualité oratorique absolument remarquable. Bien sûr, aussi d'autres papes ont tenu de bons discours, mais Jean Paul II a fait un effort de le tenir en...roumain. Avec un accent presque parfait: c'est l'épreuve de dizaines d'heures de travail, motivé par la pure courtoisie. Ces choses là, on ne peut pas les oublier.

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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de JP II ?

Message non lu par etienne lorant » jeu. 13 févr. 2014, 19:07

Sans oublier, bien sûr, qu'être séminariste clandestin sous l'occupation nazie (il travaillait à casser des cailloux dans une carrière pour justifier son revenu), orphelin de père et de mère, puis survivre encore sous l'occupation russe, tout cela exige certaines vertus, n'est-ce pas ?
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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de JP II ?

Message non lu par isabelle48 » jeu. 13 févr. 2014, 19:10

Bonjour,

Vous posez certainement une question légitime, Kisito, mais le mot "héroïque" est-il celui qui convient pour un Pape?
Quant à sa fonction, quelque chose dans la réalité nous permettrait-elle de dire que la maladie aurait fait faire des erreurs ou des manquements à Jean-Paul II?
On peut toujours supposer, croire, émettre des opinions... mais encore faut-il les fonder sur du concret. Et puis, poser ce genre de question a posteriori, n'est-ce-pas un peu vain?

Belin
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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de JP II ?

Message non lu par Belin » jeu. 13 févr. 2014, 19:47

isabelle48 a écrit :Bonjour,

Vous posez certainement une question légitime, Kisito, mais le mot "héroïque" est-il celui qui convient pour un Pape?
Quant à sa fonction, quelque chose dans la réalité nous permettrait-elle de dire que la maladie aurait fait faire des erreurs ou des manquements à Jean-Paul II?
On peut toujours supposer, croire, émettre des opinions... mais encore faut-il les fonder sur du concret. Et puis, poser ce genre de question a posteriori, n'est-ce-pas un peu vain?
Je ne le vois pas comme pape, mais comme saint. Et je pose la question pour trouver des motifs objectifs pour le vénérer.

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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de JP II ?

Message non lu par etienne lorant » jeu. 13 févr. 2014, 19:54

J'ai toujours à l'esprit cette remarquable intervention du Pape, qui s'est adressé aux "responsables" de la Mafia, lors d'une visite pastorale en Sicile:



On voit le religieux à l'arrière plan se prendre la tête dans les mains ...

Je crois que les vertus héroïques du Pape Jean-Paul II sont incontestablesK
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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de JP II ?

Message non lu par Peccator » jeu. 13 févr. 2014, 19:55

La solidité de sa foi et, plus encore peut-être, de son espérance, tout au long de sa vie. Les marques nombreuses de sa charité. La richesse et la sûreté de son enseignement magistériel. On n'a pas fini de "digérer" tout ce que Jean-Paul II, comme pape, comme évêque, comme prêtre et comme chrétien, laisse à l'Eglise.

Je ne serais pas plus étonné que ça qu'il finisse même au nombre des Docteurs de l'Eglise.
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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de JP II ?

Message non lu par PaxetBonum » jeu. 13 févr. 2014, 21:17

kisito a écrit :
Pendant cette période de sa maladie qu'a-t'il concrètement fait? pour justifier le fait de ne pas démissionner pendant cette période, je crois il avait dit ne pas vouloir "descendre de la croix" et aussi " a qui vais je remettre ma démission?". Mais en restant "volontairement sur sa croix" est ce qu'il assumait au moins correctement son devoir d'état de pape? en effet avant de poser un acte pénitentiel on devrait au moins s'assurer que cela ne va pas empêcher la bonne exécution notre devoir d'état. Du moins c'est mon avis.
Un pape ne peut démissionner car comme il l'a si justement dit : A qui remettrait-il sa démission ?
Pensez-vous que Jean Paul II ait failli à son devoir d'état de pape y compris dans sa longue maladie ?
Lisez les textes que ce pape produisait tout recroquevillé et tremblant que puisse avoir été son corps.
Il est la preuve vivante que le corps est moins que l'esprit à une époque ou l'on a le culte du corps.
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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de JP II ?

Message non lu par Peccator » ven. 14 févr. 2014, 1:00

PaxetBonum a écrit :Un pape ne peut démissionner car comme il l'a si justement dit : A qui remettrait-il sa démission ?
Et qu'a donc fait Benoit XVI ?
Pensez-vous que Jean Paul II ait failli à son devoir d'état de pape y compris dans sa longue maladie ?
Lisez les textes que ce pape produisait tout recroquevillé et tremblant que puisse avoir été son corps.
Il est la preuve vivante que le corps est moins que l'esprit à une époque ou l'on a le culte du corps.
Je suis bien sûr d'accord avec vous sur ces points. Jean-Paul II a été pleinement pape jusqu'au bout.
D'ailleurs, c'est à cause de lui et de sa manière d'exercer son pontificat qu'on attend désormais autant du Pape. Il y a 100 ans, on voyait beaucoup moins le Pape, et on ne se posait pas ce genre de questions.
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Re: Quelles sont les vertus "héroïques" de Jean-Paul II ?

Message non lu par Cinci » ven. 14 févr. 2014, 3:19

Pour des personnalités publiques, c'est en général une question de piété, une volonté charismatique à vouloir témoigner sans cesse de l'Évangile et du Christ. C'est Jean Paul II qui remporte la palme du nombre de voyages officiels dans le monde afin de rejoindre un maximum de personnes. Être en charge de l'Église pendant aussi longtemps n'est sûrement pas une sinécure non plus, ne plus s'appartenir, être soumis à un horaire de fer, etc. Il y a le phénomène de l'impact que la personne aura exercé chez les autres (l'espoir de libération pour les Polonais à l'époque, par exemple). Il y a l'impact sur Lech Walesa, l'impact ensuite sur Gorbatchev afin de gérer en douce la liquidation de l'Union soviétique, sans guerre civile, etc. Il faudrait mentionner également ses rencontres avec Ali Agça en prison, cette volonté d'aller au-devant de celui qui aurait voulu être son assassin, pour le décharger d'un poids, lui signifier son pardon; que le terme d'exemplarité ne serait pas trop fort. Si j'étais un musulman à l'époque, qui aurait vent des discours de Jean Paul II aux musulmans, qui aurait vu aussi le geste vis-à-vis le tireur commandité de 1981, j'aurais été favorablement impressionné. Il y avait sa présence physique pour ceux qui l'auront rencontré apparemment, un petit ''quelque chose'' qui transparaissait de sa vie de prière mais dans sa façon de communiquer avec son interlocuteur.

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