Conférence des évêques de France (CEF)

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salésienne05
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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par salésienne05 » jeu. 18 avr. 2013, 15:00

Je vous laisse le soin de vous faire votre propre opinion, sans lire l'opinion des autres, ou certaines vidéos et interviews "coupées" avec phrases sorties de leur contexte :
http://marseille.catholique.fr/Paroles-de-Notre-Eveque.

Fraternellement.

Cécile

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françois67
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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par françois67 » jeu. 18 avr. 2013, 15:56

Bonjour,
Quelle horreur! Pauvre Mgr. Pontier, se faire agresser et calomnier par certains alors qu'il n'a rien fait... Je trouve que son commentaire quant au ramadan est génial, tant les musulmans ont des leçons à donner à beaucoup de chrétiens sur la pratique. Ils courent si bien ces musulmans, dommage qu'ils aient pris le mauvais parcours... La théologie de la libération est une grande avancée de l'Histoire de l'Eglise qui s'est trouvée sabordée par des décisions de bonnes volontés mais brusques et déconnectées de la réalité du terrain sous Jean-Paul II, qui sont responsables de la peste évangélique. Seul au Chiapas les belles oeuvres de cette théologie ont pu se faire sentir grâce au travail de reconquête des jésuites contre les faux docteurs.
Et cela, personne dans toute l'Amérique n'a pu le faire.
Même Jean-Paul II a dit que la théologie de la libération est nécessaire.
CQFD.
Pour la simplicité, elle doit se faire visible non pas pour notre gloire personnelle, mais pour faire changer la vision monarchique que beaucoup de personnes ont de l'Eglise. Comme disait saint Paul: "se faire juif avec les juifs et grec avec les Grecs".
De plus, comment passer d'un appartement des plusieurs centaines de mètres carrés dans un palais somptueusement décoré à une spartiate chambre d'un hôtel qui ne vaut pas mieux en gros qu'un vulgaire Campanile ou Etap pourrait-il entraîner quelque surcoût? :s
Et puis les apôtres, où ont-ils séjournés? Dans les maisons des gouverneurs? Non, même le Fils de l'Homme n'a au contraire des oiseaux de lieu où reposer Sa tête.
Pour la franc-maçonnerie, si cela était aussi évident, cela ferait belle lurette qu'il aurait été destitué et excommunié... Franchement, comment un homme comme lui aurait-il pu consacrer sa vie peu fastueuse à Dieu pour aller se faire excommunier latae senticiae chez le GOF? Maintenant, rien ne l'empêche d'aller les visiter, par exemple pour évangéliser.
Enfin, l'évangélisation. En effet, il doit travailler à convertir les musulmans. Maintenant, si vous regardiez un peu ne serait-ce que le cas du P. Zanotti-Sorkine: il n'a pas abandonné comme nombre de ses compères une paroisse à l'abandon; avant l'arrivée de ce nouveau curé d'Ars, il avait déjà fait appel à des "professionnels" comme la Communauté de l'Emmanuel. Il n'y a pas placé un pauvre retraité qui y célébre une messe par dimanche et regarde mourir la communauté sans faire de bruit. Enfin, et cela est un reproche qui peut être fait aussi au P. Zanotti: l'évangélisation des islamiques. Lui non plus n'a pas refait sa paroisse avec eux.
Bien à vous.
P.S.: s'il n'a pas plu aux bourgeois et peut-être aux tradis, cherchons l'explication en politique: en 2012, il a offert un immeuble du diocèse où quelques prêtres vivotaient à des roms expulsés. Je trouve cela angélique, mais cela n'a pas été du goût de tout le monde, du député (ou sénateur)-maire le premier, vous pouvez l'imaginer... Mais niveau charité, cela est impeccable. De quoi faire fondre bon nombre de vos critiques.
Avertissement: j'ai sur ce forum peut-être exprimé des avis contraires à la position de l'Église, et /ou de sa sainte Tradition, et/ou à l'avis qui se doit d'être celui d'un vrai chrétien catholique: ne me prenez donc en RÉFÉRENCE POUR RIEN. Ne soyez pas victimes de scandale. Que mon exemple soit rejeté et en aucun cas suivi. Si vous trouvez un endroit où une de mes interventions serait au moins douteuse, si ce n'est pire, faites-en moi part, notamment par mp. Je m'excuse profondément.

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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par Johnny » jeu. 18 avr. 2013, 16:49

Mgr Pontier, nouveau président de la conférence des évêques de France


Mgr Pontier SERAIT membre du Grand-Orient de France. Il viendrait même encore régulièrement aux réunions. Interrogé par des fidèles sur ce sujet, lors d’une visite pastorale, Mgr Pontier n’a jamais nié cette appartenance pourtant contraire au droit de l’Eglise.
L'éthique journalistique a encore des progrès à faire : écrire au conditionnel me fait penser au sketch de Coluche parodiant des journalistes il y a 25 ans :

http://www.youtube.com/watch?v=M-OpqsgZq2s
(à partir de la minute 4:30)
Se croire soi-même imparfait et trouver les autres parfaits, voilà le bonheur. (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)

Ce qui attire le plus de grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! (idem)

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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par jean_droit » ven. 19 avr. 2013, 10:17

Cela fait un peu distribution des prix.

Peut être aurait-il été plus judicieux de nommer un conseil permanent plus resséré un peu comme le fait le Pape François à Rome.
Mais c'est ce que l'on dit toujours pour les nouveaux gouvernements alors que la réalité est bien différente ...

Curieux : Je n'y vois pas cité l'Evangélisation.

Anecdote :

Les évêques brésiliens viennent de se réunir en assemblée et un commentateur s'est inquiété de la bureaucratie galopante.
Les autres élections au sein de la CEF

Voici les membres du Conseil permanent :

d’un diocèse de moins de 500 000 d’habitants : Mgr Hubert Herbreteau, Evêque d’Agen (réélu pour un deuxième mandat)

d’un diocèse entre 500 000 et 1 000 000 d’habitants : Mgr Jean-Claude Boulanger, Evêque de Bayeux et Lisieux (réélu pour un deuxième mandat)

d’un diocèse de plus de d’1 million d’habitants : Mgr Stanislas Lalanne, évêque de Pontoise (élu pour un premier mandat)

ayant moins de 5 ans d’ancienneté (ordonné depuis le 01/01/2008) : Mgr François Fonlupt, Evêque de Rodez et Vabres (élu pour un premier mandat)

ayant entre 5 et 10 ans d’ancienneté (ordonné entre le 01/01/2003 et le 31/12/2007) : Mgr Jean-Paul James, Evêque de Nantes (réélu pour un deuxième mandat)

ayant plus de 10 ans d’ancienneté (ordonné avant le 01/01/2003) : Mgr Benoît Rivière, Evêque d’Autun, Chalon et Mâcon (élu pour un premier mandat) Pour rappel,

L’archevêque de Paris, le Cardinal André Vingt-Trois, est membre de droit du Conseil Permanent.

Autres présidents :

Président du Comité Études et Projets : Mgr Laurent Ulrich, Archevêque de Lille (élu pour un premier mandat)

Président de la Commission doctrinale : Mgr Eric de Moulins-Beaufort, Evêque auxiliaire de Paris (élu pour un premier mandat)

Président de la Commission financière et du Conseil des affaires économiques sociales et juridiques : Mgr Jean-Yves Nahmias, Evêque de Meaux (élu pour un premier mandat)

Président du Conseil pour la Solidarité : Mgr Jacques Blaquart, Evêque d’Orléans (élu pour un premier mandat)

Président du Conseil pour l’Enseignement catholique : Cardinal Jean-Pierre Ricard, Archevêque de Bordeaux et Bazas (élu pour un premier mandat)

Représentant de la CEF à la COMECE : Mgr Jean-Pierre Grallet, Archevêque de Strasbourg (élu pour un premier mandat)

Responsable de l’Observatoire Foi et Culture : Mgr Pascal Wintzer, Archevêque de Poitiers (réélu pour un deuxième mandat).

Membre du Comité Études et Projets : Mgr Hippolyte Simon, Archevêque de Clermont (élu pour un premier mandat)

Membre du Comité Études et Projets : Mgr Jérôme Beau, Evêque auxiliaire de Paris (élu pour un premier mandat)

Membre de la Commission doctrinale : Mgr Robert Wattebled, Evêque de Nîmes, Uzès et Alès (élu pour un premier mandat)

Membre de la Commission doctrinale : Mgr Vincent Dollmann, Evêque auxiliaire de Strasbourg (élu pour un premier mandat)

Mgr Stanislas Lalanne ayant été nommé évêque de Pontoise, le Comité d’Orientation de RCF a nommé un nouveau Président : Mgr Laurent Dognin, Evêque auxiliaire de Bordeaux
Dernière modification par jean_droit le ven. 19 avr. 2013, 10:31, modifié 1 fois.

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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par AdoramusTe » ven. 19 avr. 2013, 10:22

jean_droit a écrit : Un commentateur s'est inquiété de la bureaucratie galopante.
Tout compte fait, je suis d'accord avec francois67.

Si on veut supprimer les structures administratives inutiles, commençons pas supprimer la CEF, qui ne sert à rien et coûte cher l'Eglise qui est en France. ;)
Dans l'Eglise, il n'existe que deux réalités, le Pape et les évêques qui sont en communion avec lui. Il n'existe pas de commission téodule entre ces deux réalités.
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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par Johnny » ven. 19 avr. 2013, 11:06

AdoramusTe a écrit :
Si on veut supprimer les structures administratives inutiles, commençons pas supprimer la CEF, qui ne sert à rien et coûte cher l'Eglise qui est en France. ;)
Dans l'Eglise, il n'existe que deux réalités, le Pape et les évêques qui sont en communion avec lui. Il n'existe pas de commission téodule entre ces deux réalités.
Dans les multinationales bien gérées, aucun chef n'a 5000 subordonnés qui lui sont directement rattachés. Un chef peut gérer 20 personnes maxi : donc une dizaines de ministres fonctionnels au Siège, et une dizaine de responsables géographiques.

Ne pas confondre la structure de l’Église de Dieu avec celle de l'organisation humaine de terrain.
Se croire soi-même imparfait et trouver les autres parfaits, voilà le bonheur. (Sainte Thérèse de l'Enfant Jésus)

Ce qui attire le plus de grâces du bon Dieu, c'est la reconnaissance, car si nous le remercions d'un bienfait, il est touché et s'empresse de nous en faire dix autres et si nous le remercions encore avec la même effusion, quelle multiplication incalculable de grâces ! (idem)

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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par jean_droit » ven. 19 avr. 2013, 11:58

Ce qui est important dans une structure, surtout si elle est administrative, c'est qu'elle fonctionne correctement.

C'est plus important que la structure elle même. Chacune a ses avantages et ses défauts.
La Curie a, peut être, une structure idoine et elle a été, d'ailleurs, plusieurs fois changée par Benoît XVI.

Mais si elle n'est pas vraiment dirigée et surveillée toutes les tares humaines peuvent s'y accumuler.

C'est, peut être, un peu la même chose avec le CEF. Je n'en sais rien mais l'accumulation de commissions me donne une drole d'impression. Si on y ajoute toutes les commissions du Saint Siège on a l'impression qu'il s'agit souvent de donner des places à nos évêques.

Mais cela ne veut pas dire que le CEF n'ait pas son utilité. Peut être dans un format plus rammasé et plus opérationnel

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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par jean_droit » ven. 19 avr. 2013, 13:32

De Belgicatho qui relaie un article de La Vie :
Le recentrage de l'épiscopat français : un "effet-conclave" ?

Sur le site de “La Vie”, Jean Mercier s’interroge comme nous l’avions fait ici: Mgr Pontier, nouveau président de la Conférence des Evêques de France: encore un effet “Paco” ?

“(…) C'est un pasteur de terrain, à la fibre résolument sociale, qui a été choisi pour reprendre les rênes de la Conférence des évêques de France (CEF), lors de l'Assemblée plénière de l'épiscopat qui s'est tenue à Paris, le 17 avril. Mgr Georges Pontier, 69 ans, archevêque de Marseille depuis 2006, succède au cardinal archevêque de Paris, André Vingt-Trois, titulaire du poste depuis 2007.

Peut-on penser ici à un « effet Conclave » ? Alors que l'on évoquait volontiers les favoris qu'étaient les deux vice-présidents de Mgr Vingt Trois, Hippolyte Simon (archevêque de Clermont) et surtout Laurent Ulrich (archevêque de Lille), c'est un outsider qui s'est imposé. Autre clin d'oeil : de même que Bergoglio s'était retrouvé en second en 2005 face à Ratzinger, Georges Pontier était le challenger d'André Vingt Trois en 2007 pour la présidence de la CEF...

Pontier est-il un Bergoglio français ? Le profil du nouveau patron de la Conférence, avec sa prédilection pour les pauvres et sa simplicité relationnelle, son appétence pour le dialogue évoque en effet le pape François. La comparaison s'arrête là. Si Jorge Mario Bergoglio assume des idées radicales sur le mariage gay, la fierté d'être catholique, le combat spirituel contre le démon, Georges Pontier incarne une figure consensuelle, au barycentre de l'épiscopat.

Le choix des évêques de confier la double vice-présidence à Mgr Pierre-Marie Carré, archevêque de Montpellier, et Mgr Pascal Delannoy, évêque de Saint-Denis renforce cette impression de modération, alors que, dans la période actuelle, à l'occasion de la mobilisation autour du mariage gay, on constate un phénomène de radicalisation au sein des catholiques sur des thèmes anthropologiques, voire à une politisation à droite.

L'autre confirmation que les évêques, pris globalement, souhaitent corriger l'image d'une Eglise politisée ou radicale est la publication, le même jour que l'annonce de l'élection de Mgr Pontier, d'une note signée de l'évêque du Havre, Jean-Luc Brunin, le président du conseil famille et société de la Conférence épiscopale, et intitulée « Restructurations d'entreprises, choisir le dialogue social », texte qui appelle à la justice sociale et au dialogue (…).

Comme le note un observateur canadien sur le Forum Catholique, “il semble que le style du Pape François réveille, dans l’épiscopat, les vieux fantasmes d'une Église uniquement tournée vers les pauvres, d'un Pape qui déroge au protocole et qui vivrait comme un pauvre aux pieds nus, et d'une réforme continuelle de la curie (…) ».

Ce retour aux utopies des années 1970 va-t-il caractériser les « années François » ?

Soulignant la « liesse médiatique » suscitée par ce nouveau pontificat, signe d’une « attente » des gens, le cardinal Vingt-Trois, président sortant de la conférence épiscopale française. avait mis celle-ci en garde contre un “engouement » qui “risquerait” d’être éphémère s’il ne « s’attachait qu’aux signes les plus superficiels », tout en précisant avec humour que la « bienveillance ne faisait jamais de mal ». Des propos qui ont suscité de petits rires parmi les évêques réunis dans l’auditorium de la CEF…

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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par jean_droit » jeu. 25 avr. 2013, 18:59

Voici un article intéressant et élogieux sur le cardinal Vingt Trois et interrogatif sur l'avenir de la CEF.

Les défis sont immenses et ne s'agirait de s'assoupir à nouveau :
Outre la crise persistante des vocations, une situation financière critique, la difficile question de la réorganisation territoriale, une nouvelle évangélisation qui reste trop souvent un slogan et un conservatisme épiscopal qui peine à laisser toute sa place à la diversité des sensibilités pastorales ou liturgiques ; ou encore une certaine distance vis-à-vis des médias, qui empêche l’Église de France de mettre sur pied une politique de communication digne de ce nom.
http://www.valeursactuelles.com/mgr-vin ... 30424.html
Mgr Vingt-Trois laisse une Église plus combative

Après deux mandats de trois ans, Mgr Vingt-Trois ne pouvait être réélu à la tête de la Conférence des évêques de France (CEF). Réunis à Paris du 16 au 18 avril, ceux-ci lui ont donc donné un successeur, mercredi 17, en la personne de Mgr Georges Pontier, archevêque de Marseille.

Mgr Vingt-Trois n’aura pas raté sa sortie, effectuée — actualité oblige — sur un mode très politique. À l’image d’une présidence qui aura été marquée par un retour de l’Église dans le débat public.

......

Tout en mettant en garde contre les risques de dérapage ou de récupération politique, Mgr Vingt-Trois a encouragé la mobilisation des fidèles contre cette loi et voulu clairement terminer son mandat sur un appel à la résistance devant la mise en place d’une société où « la conception de la dignité humaine qui découle en même temps de la sagesse grecque, de la révélation judéo-chrétienne et de la philosophie des Lumières n’est plus reconnue […] comme une référence commune ». « Nous ne pouvons pas rester muets devant les périls », a ajouté le cardinal.

Quand Mgr Vingt-Trois fut élu à la tête de la Conférence épiscopale, en 2007, ce ton ferme n’était pas une évidence, tant parce que l’Église de France, dans les dernières décennies, nous avait habitués à une certaine discrétion dont elle ne sortait guère que pour critiquer les politiques de restriction migratoire, que parce que l’archevêque de Paris apparaissait comme une personnalité réservée.

Mais en portant à leur tête celui qui fut longtemps le bras droit du cardinal Lustiger, il semble que les évêques français aient voulu se réconcilier avec la conception de l’épiscopat, plus offensive, qu’incarnait celui-ci. Et Mgr Vingt-Trois a révélé, à l’usage, un tempérament volontiers combatif.

De fait, s’appuyant sur la montée en puissance d’un jeune clergé plus “identitaire”, ses deux mandats auront présidé à un repositionnement d’une Église de France qui apparaît maintenant largement “décomplexée” (lire notre article du 7 février 2013).

Le tournant à cet égard aura été son implication dans le débat sur la loi de bioéthique, entre 2009 et 2011. La réaction ferme de l’Église face à des oeuvres d’art blasphématoires, en 2011, aura été une autre étape décisive de cette mue — même si elle aura pu apparaître sur ce sujet à la remorque de mouvements traditionalistes.

Ayant retenu la leçon pour le projet de loi sur le mariage gay, Mgr Vingt-Trois aura soin, en revanche, d’intervenir très en amont, demandant à tous les diocèses de France de faire lire une prière pour la famille, le 15 août 2012. Le nouveau statut de l’école catholique, qui donne plus de place aux évêques, s’inscrit aussi dans ce mouvement de réaffirmation de l’identité catholique.

Cette combativité nouvelle aura eu l’effet secondaire de considérablement réchauffer les relations entre Rome et une Église de France volontiers perçue comme frondeuse.
.........

Plus combative, plus sûre d’elle-même, l’Église de France que “lègue” Mgr Vingt-Trois à Mgr Pontier n’est évidemment pas sans faiblesses : outre la crise persistante des vocations, une situation financière critique, la difficile question de la réorganisation territoriale, une nouvelle évangélisation qui reste trop souvent un slogan et un conservatisme épiscopal qui peine à laisser toute sa place à la diversité des sensibilités pastorales ou liturgiques ; ou encore une certaine distance vis-à-vis des médias, qui empêche l’Église de France de mettre sur pied une politique de communication digne de ce nom.

La personnalité très différente de Mgr Pontier annonce-t-elle un virage à 180 degrés ?

.....................

Il y a fort à parier que le successeur de Mgr Vingt-Trois restera fidèle à sa conception minimaliste de la CEF, qu’il voyait, dit un bon connaisseur de l’Église, « moins comme le siège central d’une entreprise dont les diocèses seraient les humbles succursales, que comme une structure de coordination au service des diocèses ».

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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par AdoramusTe » jeu. 25 avr. 2013, 23:43

Plus combative, plus sûre d’elle-même, l’Église de France que “lègue” Mgr Vingt-Trois à Mgr Pontier n’est évidemment pas sans faiblesses
Quelque chose qui devrait faire bondir : Mgr Vingt-Trois ne lègue rien.
Il n'est pas le chef des catholiques de France en tant que président de la CEF : il ne représente pas les catholiques de France.

Il faut rappeler qu'il n'existe rien entre le Pape et les évêques qui sont en communion avec lui, aucune structure, aucun sous-chef.
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Re: Réunion de la CEF d'avril 2013

Message non lu par jean_droit » dim. 28 avr. 2013, 9:28

Sachons séparer la théorie de la réalité :

Bien sûr que le cardinal a marqué fortement la vie de l'Eglise de France durant ces dernières années. Il a entrainé derrière lui bien des évêques. Et auprès des catholiques il était presque "le chef" de l'Eglise de France.

Pour ma part j'espère que son successeur continuera dans cette voie et qu'il saura dynamiser le CEF.

Mais je suis un peu sceptique et la réflexion du site Riposte Catholique me semble pas des plus optimistes :
Selon certains, la personnalité effacée de Mgr Pontier (bon nombre de journalistes et même de catholiques ignoraient de quel diocèse il était issu lorsque son élection a été annoncée) a pesé dans le choix des évêques. Le cardinal André Vingt-Trois aurait ainsi préféré que lui succède un épiscope sans aura médiatique, afin de ne pas lui faire d’ombre. L’archevêque de Paris garde ainsi son rôle primordial au sein de l’Eglise de France, qu’il soit président de la CEF ou non
.

Alors même que nous sommes face à de graves défis qu'il nous faut affronter avec volonté et dynamisme :
Plus combative, plus sûre d’elle-même, l’Église de France que “lègue” Mgr Vingt-Trois à Mgr Pontier n’est évidemment pas sans faiblesses : outre la crise persistante des vocations, une situation financière critique, la difficile question de la réorganisation territoriale, une nouvelle évangélisation qui reste trop souvent un slogan et un conservatisme épiscopal qui peine à laisser toute sa place à la diversité des sensibilités pastorales ou liturgiques ; ou encore une certaine distance vis-à-vis des médias, qui empêche l’Église de France de mettre sur pied une politique de communication digne de ce nom. »
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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par archi » dim. 28 avr. 2013, 13:30

AdoramusTe a écrit :
Plus combative, plus sûre d’elle-même, l’Église de France que “lègue” Mgr Vingt-Trois à Mgr Pontier n’est évidemment pas sans faiblesses
Quelque chose qui devrait faire bondir : Mgr Vingt-Trois ne lègue rien.
Il n'est pas le chef des catholiques de France en tant que président de la CEF : il ne représente pas les catholiques de France.

Il faut rappeler qu'il n'existe rien entre le Pape et les évêques qui sont en communion avec lui, aucune structure, aucun sous-chef.
Pas vraiment d'accord: aussi loin qu'on remonte, on trouve dans l'Eglise non seulement des évêques placés sur des sièges épiscopaux, et un siège épiscopal principal qui, dans les anciens documents, est appelé "Siège Apostolique" (enfin, à partir de sa fondation par les SS. Pierre et Paul), mais divers degrés dans la hiérarchie juridictionnelle, qui s'est progressivement complexifiée au fur et à mesure de sa croissance: archevêque, métropolitain, primat, patriarche.

Cette hiérarchie existe toujours sur le papier dans l'Eglise latine... mais sans que le titre d'"archevêque" ou de "métropolitain" n'apporte grand-chose du point de vue des responsabilités. Et la pratique ancienne - enfin jusqu'à la Renaissance - était de tenir non seulement des conciles reconnus comme Oecuméniques (de temps en temps), mais surtout de nombreux conciles locaux.

Pourtant, au fur et à mesure, cette pratique s'est estompée, a fait place à une centralisation de plus en plus accrue de l'Eglise autour du siège de Rome, qui a donc dû se doter progressivement d'une administration, la Curie, et le Pape a dû déléguer une partie de son autorité à cette administration, et ce non seulement de façon juridique, mais encore plus pratique (le Pape signe ce qu'on lui propose, et n'a pas le temps de refaire tout le travail, c'est même pour cela qu'il délègue). On arrive donc à une situation où l'évêque finit par apparaître comme le gouverneur ou le préfet d'un diocèse, exécutant les consignes des congrégations curiales, et n'exerce plus son autorité propre de successeur des Apôtres.

Tout le débat autour de la collégialité porte à mon sens sur cette question: comment retrouver une pratique de l'autorité ecclésiale... plus conforme à l'autorité dont sont investis les évêques, par l'ordination?

Outre la question de savoir pourquoi on en est arrivé là (en commençant par l'atténuation des autorités intermédiaires à l'époque de l'Eglise carolingienne, sur laquelle on trouve à ma connaissance peu de choses mais qui semble bien avoir été une réalité, et ce avant même la réforme grégorienne et la mise en place de la Curie moderne), il y a la question des solutions.

Les conférences des évêques peuvent être considérées comme une tentative timide de mettre en place une telle solution. En même temps, comme d'une part on n'a pas voulu toucher à l'autorité centrale, d'autre part on a baigné depuis cette époque dans un climat où l'on préfère les grandes déclarations creuses à l'exercice effectif de l'autorité apostolique, le résultat est effectivement peu convaincant et laisse plutôt penser à un "machin", pour paraphraser le Général.

La réponse tiendrait peut-être plus à rappeler l'autorité personnelle de chaque évêque non seulement dans son diocèse, mais dans les diocèses qui l'entourent, notamment pour dénoncer les hérésies et les abus ecclésiaux. Evidemment, ça suppose aussi un soutien de la part de l'autorité romaine, qui devra donc arriver à réformer sa Curie devenue ingouvernable pour en faire ce qu'elle aurait dû rester, une dernière instance juridique, garante de l'unité ecclésiale et de la profession de foi catholique, et pas un organe étant censé tout gouverner dans l'Eglise (ce qu'elle n'arrive plus à faire depuis longtemps).

In Xto,
archi.
Nous qui dans ce mystère, représentons les chérubins,
Et chantons l'hymne trois fois sainte à la vivifiante Trinité.
Déposons maintenant tous les soucis de ce monde.

Pour recevoir le Roi de toutes choses, Invisiblement escorté des choeurs angéliques.
Alléluia, alléluia, alléluia.

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Re: Réunion de la CEF d'avril 2013

Message non lu par Laurent L. » dim. 28 avr. 2013, 16:07

Archi a écrit : Les conférences des évêques peuvent être considérées comme une tentative timide de mettre en place une telle solution. En même temps, comme d'une part on n'a pas voulu toucher à l'autorité centrale, d'autre part on a baigné depuis cette époque dans un climat où l'on préfère les grandes déclarations creuses à l'exercice effectif de l'autorité apostolique, le résultat est effectivement peu convaincant et laisse plutôt penser à un "machin", pour paraphraser le Général.
Une certaine pratique de la collégialité peut même miner l'autorité individuelle des évêques sur leur diocèse.
Le résultat est alors pire que ce qui existait auparavant !
Voyez l'exemple des lettres pastorales http://www.la-croix.com/Religion/Actual ... -05-561492.

In Christo,
Laurent.

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Re: Réunion du CEF d'avril 2013

Message non lu par AdoramusTe » lun. 29 avr. 2013, 21:18

archi a écrit : Pas vraiment d'accord: aussi loin qu'on remonte, on trouve dans l'Eglise non seulement des évêques placés sur des sièges épiscopaux, et un siège épiscopal principal qui, dans les anciens documents, est appelé "Siège Apostolique" (enfin, à partir de sa fondation par les SS. Pierre et Paul), mais divers degrés dans la hiérarchie juridictionnelle, qui s'est progressivement complexifiée au fur et à mesure de sa croissance: archevêque, métropolitain, primat, patriarche.

Cette hiérarchie existe toujours sur le papier dans l'Eglise latine... mais sans que le titre d'"archevêque" ou de "métropolitain" n'apporte grand-chose du point de vue des responsabilités. Et la pratique ancienne - enfin jusqu'à la Renaissance - était de tenir non seulement des conciles reconnus comme Oecuméniques (de temps en temps), mais surtout de nombreux conciles locaux.
Vous avez raison. Mais quel est le degré de cette juridiction ? N'est-elle pas simplement spirituelle ? En effet, un archevêque est toujours présent pour l'ordination épiscopale d'un évêque de sa juridiction.
Les conférences des évêques peuvent être considérées comme une tentative timide de mettre en place une telle solution. En même temps, comme d'une part on n'a pas voulu toucher à l'autorité centrale, d'autre part on a baigné depuis cette époque dans un climat où l'on préfère les grandes déclarations creuses à l'exercice effectif de l'autorité apostolique, le résultat est effectivement peu convaincant et laisse plutôt penser à un "machin", pour paraphraser le Général.
L'exemple français est plutôt un encouragement à l'organisation d'un néogallicanisme.
Mgr Fontlupt aurait-il pu être choisi pour l'épiscopat sans cette superstructure ?
La réponse tiendrait peut-être plus à rappeler l'autorité personnelle de chaque évêque non seulement dans son diocèse, mais dans les diocèses qui l'entourent, notamment pour dénoncer les hérésies et les abus ecclésiaux. Evidemment, ça suppose aussi un soutien de la part de l'autorité romaine, qui devra donc arriver à réformer sa Curie devenue ingouvernable pour en faire ce qu'elle aurait dû rester, une dernière instance juridique, garante de l'unité ecclésiale et de la profession de foi catholique, et pas un organe étant censé tout gouverner dans l'Eglise (ce qu'elle n'arrive plus à faire depuis longtemps).
A une époque, c'était les fidèles qui veillaient au grain ;)
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Re: Réunion de la CEF d'avril 2013

Message non lu par jean_droit » ven. 03 mai 2013, 9:42

Voici un article un peu déplaisant mais on ne peut ignorer les réalités.

Si toutes ces "relations" sont pour le bien de l'Eglise je m'en réjouis. Mais je doute.

J'ai une peur bleue que le nouveau président du CEF ne soit "transparent".

J'attends de lui, comme de tous les évêques, qu'il soit un homme de caractère, dynamique et tout tourné vers le renouveau de l'Eglise de France.

http://www.riposte-catholique.fr/ripost ... YNnmNtXs-U
Mgr Vingt-Trois a-t-il vraiment quitté la CEF ?

L’élection du « transparent » Mgr Pontier semble bien avoir pour conséquence de laisser toute latitude au cardinal Vingt-Trois. Selon le blogue, le Terrorisme pastoral :

« On a tendance à l’oublier, le président sortant est membre de droit du nouveau Conseil Permanent ; donc à côté des nouveaux élus, Mgr Vingt-Trois, est toujours présent. Si on regarde les nouveaux élus aux postes clés on s’aperçoit que l’archevêque a placé des hommes à lui.

Au Conseil Permanent on trouve Mgr Lalanne. Il a été porte parole de la CEF de 1999 à 2001, puis secrétaire général de 2001 à 2007 ; En 2008 il est élu au Comite études et projets. Il était aussi président du Comité d’Orientation de RCF.

Le nouveau président de la Commission doctrinale est Mgr de Moulins-Beaufort, auxiliaire de Paris.

Le nouveau président de la Commission financière et des affaires économiques, sociales et juridiques est Mgr Nahmias ancien auxiliaire de Paris sous Mgr Vingt-Trois.

Parmi les membres de la nouvelle commission Etudes et projets, on trouve Mgr Jérôme Beau, auxiliaire de Paris.

Le nouveau Secrétaire Général, Ribadeau-Dumas ordonné par Mgr Lustiger, passe de la fonction de secrétaire général adjoint à celle de Secrétaire Général, il est prêtre du diocèse de Paris.

Un des secrétaires généraux adjoint, Pierre Yves Pecqueux, n’est pas un inconnu. Il est depuis longtemps directeur des œuvres pontificales missionnaires. Ce titre a un côté rassurant. En fait il est le directeur de la « Lettre Pôle Amérique Latine ».

Il s’agit d’un brûlot de la théologie de la libération en France. L’évêque accompagnateur est Mgr Stenger évêque de Troyes. L’année dernière, pour les cinquante ans du CEFAL-Pôle Amérique Latine et son directeur général Luc Lalire, agréé par Mgr Vingt-Trois (il s’agit d’un service de la CEF) en 2011, avait comme invité d’honneur était Gustavo Gutierrez, père de la théologie de la libération ! [...]«

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