L'Église en Pologne

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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Cinci » mar. 11 oct. 2016, 19:14

Re-bonjour,
Héraclius n'est pas infaillible.
Suliko non plus ...
Sauf que l'avortement est puni d'une excommunication latae sententiae déjà dans le droit canon de 1917, à une époque où c'était un acte puni pénalement et bien mal considéré par la société. L'argument me marche donc pas!
On sait que l'Église aura toujours été contre l'avortement. On sait aussi que les systèmes de justice prévoyaient des peines pour les coupables. L'argument n'est pas que l'Église aurait insisté anciennement pour que les cours pénalisent les femmes coupables, mais bien qu'elle devait redoubler d'indication à l'effet que le geste serait terrible, criminel et tout. Or ce redoublement de la part de l'Église, la volonté de surligner au marqueur jaune-orange fluo, témoigne de ce que le bon peuple fait une différence entre une méthode pour interrompre une grossesse et celui de Mark Chapman qui abat John Lennon. La fille de ferme de l'an 1917 qui menace d'être celle qui prend une potion abortive n'est pas celle à qui l'idée viendrait d'assassiner son père ou sa mère.

L'avortement est un phénomène largement répandu en Occident de nos jours, non pas parce que tout le monde s'Imagine spontanément qu'il y aurait un crime plus grave, plutôt parce que la chose semble bien moins grave que même le crime du pochard tuant accidentellement un piéton avec sa voiture. Ce n'est pas pour rien si l'Église a tant de mal à faire passer son message.

Prétendre, comme vous avez voulu le faire, Suliko, que la mort provoquée d'un embryon humain serait fondamentalement une réalité plus grave que le meurtre d'un enfant de cinq ans, tiens!, c'est comme un propos qui n'a pas de sens.

Au mieux, vous auriez pu dire que la chose devrait revêtir une valeur égale dans le système de pensée qui est celui de l'Église catholique. Eh bien, admettons que c'est le cas. Il n'en restera pas moins que - au naturel (oubliez la théologie ici) - la multitude va penser que c'est bien le meurtre d'un enfant de cinq ans qui constitue un vrai crime méritant parfaitement d'être châtié.

Ce qui ne fonctionne pas très bien c'est le coup de la loi naturelle à l'égard des embryons.

Il n'y a qu'à se rappeler ce qu'était seulement la réalité du monde de l'enfance, il y a cent ans et plus. Le droit des enfants? zéro. Les enfants avaient plutôt traditionnellement le droit de se taire, de se prendre des coups de bâtons. Le droit de l'enfance ressemblait souvent à celui de Cossette dans le roman Les Misérables. Alors un embryon, hein? Il serait probablement plus juste de penser que le bon peuple habitant à Villeneuve-le-Roy en l'an 1302 devait se montrer plus tolérant pour Bobonne ayant consulté la femme-ressource de la région. Il serait plus naturel de figurer une situation d'ensemble où ce sont bien les élites de la société qui imposaient (aujourd'hui comme hier) un certain système de valeur, dont l'interdiction de l'avortement pour les femmes. Sans le clergé, une foi les hommes d'Église déboulonnés de leur lieu de pouvoir : c'est le naturel qui revient au galop.

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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Cgs » jeu. 13 oct. 2016, 14:34

Bonjour Axou,
Ce que j'entends par là : le foeutus n'est pas n'importe ou dans une boîte ! il est dans le ventre de sa mère. On ne peut parler du futur enfant comme s'il était indépendant, on ne peut zapper la mère comme si elle n'avait pas le droit au chapitre. Quand une femme prend la décision d'avorter, il s'agit de son corps ET de la vie qu'elle porte en elle. Les deux.
Je suis d'accord avec vous sur le fait que la grossesse concerne les deux personnes, la mère et l'enfant. Mais :
:arrow: toute enceinte qu'elle est, la vie que porte la femme ne lui appartient pas, elle n'a aucun droit dessus. Son état de grossesse ne l'autorise donc pas à avorter.
:arrow: la femme est normalement responsable de ses actes (sauf le cas de viol, cas particulier à traiter à part). Si elle ne veut pas d'enfant, elle n'a pas de relations sexuelles qui sont susceptibles de la rendre enceinte. Point. "Tomber" enceinte pour dire finalement qu'elle reprend la maîtrise de son corps, c'est nier sa responsabilité dans sa grossesse.
En cas de viol, la femme n'est pas forcément en état de porter et garder un enfant. Cela devrait leur être proposé cependant. L'entretien préalable était, à l'origine, destiné à dissuader la femme et lui proposer d'autres solutions.
Il faut considérer les femmes comme des adultes, les écouter et leur parler. En cas de grossesses non désirées, la pulsion de se "débarasser de l'enfant " est forte, que la loi l'autorise ou pas. Criminaliser les femmes qui passent à l'acte me paraît très peu efficace.
Lors de cet entretien, on devrait ouvrir les possibles, sortir les femmes de cet enfermement ou il n'y a qu'une seule voie possible.
Je n'ai jamais dit qu'il fallait revenir à la pratique de criminalisation des femmes qui avortent. On peut interdire l'avortement sans criminaliser la femme (qui, je le rappelle, est fragile pendant une grossesse, donc à protéger). Comme je l'ai déjà dit, une femme qui a un cadre correct pour accueillir son enfant le garde, du fait de son coeur de mère. La pulsion de rejet dont vous parlez est soit instillée par l'entourage, soit un aléa du moral de la femme enceinte qui ne fonde absolument pas l'acte d'avorter (depuis quand excuse-t-on un acte grave par la pulsion ?). L'entretien pré-avortement est à mon avis une vaste blague. Il n'est pas mené dans les faits pour dissuader la femme d'avorter, tout le système poussant les femmes à avorter. C'est au contraire un encouragement, sournois et lâche sur une personne déjà fragile, la femme enceinte dans un environnement non sécurisant.
Une question : l'Eglise autorise bien l'avortement si la grossesse met la vie de la mère en danger ?
Et en cas de viol, que dit le magistère ?
L'Eglise n'autorise l'avortement en aucun cas. Toutefois, lorsque les médecins sont confrontés à la douloureuse situation de devoir choisir entre la vie de la mère et la vie de l'enfant, l'Eglise pose un jugement de sagesse : il faut faire au mieux, à savoir sauver les deux vies si possible, sinon, avec l'accord de la mère et du père, sacrifier une vie pour sauver l'autre. Bref, tout dépend du cas et on ne peut pas donner de réponse générale.

Mais en aucun cas un tel cas particulier ne remet en cause le jugement de l'Eglise sur l'avortement.

Le viol n'autorise pas l'avortement selon la position de l'Eglise. Comme je l'ai expliqué, l'avortement ne résout rien par rapport à la situation du viol, il aggrave même la situation des deux victimes.
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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Cgs » jeu. 13 oct. 2016, 14:49

Je reprécise sur le point délicat de la mère en danger de mort pendant sa grossesse, pour montrer que les textes cités par Toto n'entrent pas en contradiction avec ce que j'ai dit ci-dessus.

Le débat a déjà eu lieu ici et il y a des éléments de réponse : http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?t=1099

On voit donc que c'est assez délicat et qu'il faut bien juger l'acte les éventuelles conséquences et la volonté qui y est associée.
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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Alizee » jeu. 13 oct. 2016, 15:15

La discussion de l'avortement dans le cadre d'une grossesse extra-utérine se heurte à une autre exigence, touchant au serment des médecins cette fois-ci. Ces derniers ont l'obligation de soigner si ces soins sont susceptibles de vous garder en vie et s'ils ne constituent pas un acharnement thérapeutique.
Autrement dit : on ne vous laisse pas le choix ! A moins de s'enfuir de l'hôpital à un moment où vous vous trouvez sans surveillance, je ne vois pas comment "échapper" aux soins.

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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Toto » jeu. 13 oct. 2016, 19:36

Je reprécise sur le point délicat de la mère en danger de mort pendant sa grossesse, pour montrer que les textes cités par Toto n'entrent pas en contradiction avec ce que j'ai dit ci-dessus.
Le débat a déjà eu lieu ici et il y a des éléments de réponse : http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?t=1099
J'ai pris la peine d'apporter des références claires émanant de deux papes, il serait bon que vous étayiez votre réponse. Dans le fil que vous citez, les seules références apportées ne vont pas dans votre sens.
Sur un sujet aussi grave, il me semble que se contenter de déclarations est totalement insuffisant.
Nous réclamons votre zèle contre les ennemis du célibat ecclésiastique, cette ligue impure, qui se grossit par des transfuges de l'ordre clérical. Jouets de passions séductrices, ils ont présenté des requêtes pour abolir ce point sacré… si honteuses tentatives… Défendre de toutes vos forces, d'après les règles des Canons, une loi de si haute importance, de la conserver dans toute son intégrité, de repousser les traits dirigés contre elle par des hommes que tourmentent les plus infâmes passions.

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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Relief » jeu. 13 oct. 2016, 20:34

Pologne : la campagne pro-avortement financée de l'étranger

Image

C'est l'analyse de Réinformation.tv :

"Pour les mouvements pro-vie en Pologne, c’est la menace des violences civiles qui aurait fait reculer la chambre basse du Parlement. Mercredi 5 octobre, la proposition de loi visant à interdire l’avortement a été rejetée par 352 députés contre 58 pour et 18 abstentions. La mesure était pourtant populaire, les sondages lui donnaient raison, mais le pays s’est vu traverser de manifestations brutales, pleines d’animosité et de haine, « Czarny Protest » (« Protestation noire »), qui les ont fait céder.

Si l’on raconte partout comment les femmes, les Polonaises , ont fait « plier » le gouvernement, l’affaire est plus complexe : la fronde aurait été orchestrée et financée de l’étranger – le nom de « Soros » revient encore et toujours…

« Les politiciens n’avaient pas le choix », selon Lech Kowalewski, à la tête de « Human Life International ». « Ils ont été mis au pied du mur, à cause de la montée de la violence qui s’est généralisée dans les rues, des deux côtés ». Pour un autre membre du mouvement, c’est clair : « Ce fut une campagne financée par des sources extérieures, en Pologne, pour saper la démocratie et la souveraineté polonaise ».

Dans le viseur : George Soros et d’autres, du même métal.

« L’agression fanatique et la haine que nous avons vu dans les manifestations ont été alimentées et provoquées par l’argent des gens comme George Soros », a déclaré Kowalewski. « Soros veut créer en Pologne un nouveau « Maïdan ukrainien » pour se débarrasser du gouvernement conservateur, sans laquelle il n’y aura pas de réformes positives. »

[...] La propagande se fait principalement à destination des jeunes, via les radios et autres médias susceptibles de les atteindre. Beaucoup de ces derniers ont, en effet, été rachetés par des étrangers, en particulier par le milliardaire mondialiste Georges Soros qui a investi dans le groupe médiatique polonais, « Agora », propriétaire, entre autres du journal « Gazeta Wyborcza » et de la station de radio « Tok FM », deux médias gaucho-libertaires très anti-PiS. [...]"

http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/web.html

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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Cgs » ven. 14 oct. 2016, 7:54

Je reprécise sur le point délicat de la mère en danger de mort pendant sa grossesse, pour montrer que les textes cités par Toto n'entrent pas en contradiction avec ce que j'ai dit ci-dessus.
Le débat a déjà eu lieu ici et il y a des éléments de réponse : http://www.cite-catholique.org/viewtopic.php?t=1099
J'ai pris la peine d'apporter des références claires émanant de deux papes, il serait bon que vous étayiez votre réponse. Dans le fil que vous citez, les seules références apportées ne vont pas dans votre sens.
Sur un sujet aussi grave, il me semble que se contenter de déclarations est totalement insuffisant.
Bonjour,

Relisez, dans le lien fourni, les interventions, en particulier celle de Sapin, étayée par des éléments de théologie morale. Il n'y a pas de contradiction entre les propos des papes que vous citez et les orientations pastorales sur le plan éthique qui sont données dans le lien que j'ai donné.

Y voir une contradiction, c'est s'accrocher à la règle, c'est jouer au pharisien au mépris de la charité.
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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Kerniou » ven. 14 oct. 2016, 18:36

De toute façon, en dernier lieu, c'est Dieu qui jugera et punira .
" Celui qui n'aime pas n'a pas connu Dieu , car Dieu est Amour " I Jean 4,7.

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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Suliko » ven. 14 oct. 2016, 19:13

Sur le sujet de la grossesse extra-utérine, voici une explication courte et simple tirée du Forum catholique :

Il faut qu'au moment de l'intervention il y ait hic et nunc une condition pathologique qui menace la vie de la mère et que l'opération vise directement d'enlever la pathologie (actuelle, pas future ou éventuelle) et non l'enfant. On permet l'excision de l'enfant, qui n'est qu'un résultat indirect de l'opération sur une trompe pathologique.

L'excision d'une trompe atteinte de pathologie et qui contient un fétus peut être un avortement indirect et non direct. Mais un simple avortement, où on n'extrait que l'enfant, est nécessairement un avortement direct et partant un meurtre.

Source:
http://archives.leforumcatholique.org/c ... num=470679
Et encore une explication ici:
http://archives.leforumcatholique.org/c ... num=199473
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Suliko » ven. 14 oct. 2016, 19:33

Suliko non plus ...
Sauf que Suliko ne donne pas son propre avis...
Prétendre, comme vous avez voulu le faire, Suliko, que la mort provoquée d'un embryon humain serait fondamentalement une réalité plus grave que le meurtre d'un enfant de cinq ans, tiens!, c'est comme un propos qui n'a pas de sens.
Cela n'a peut-être aucun sens pour vous, mais il se peut que vous vous trompiez lourdement. Vous semblez suggérer que sous prétexte que le fœtus avorté ne sera pleuré par personne, il ne s'agit en fait pas vraiment d'un meurtre. Vous liez le droit à la vie de l'être le plus innocent et sans défense qui soit aux émotions que ce meurtre provoque. Et comme l'avortement ne suscite pas une grande indignation, vous en déduisez que ce n'est pas si terriblement grave. C'est un raisonnement assez étrange, vous en conviendrez...
Il n'y a qu'à se rappeler ce qu'était seulement la réalité du monde de l'enfance, il y a cent ans et plus. Le droit des enfants? zéro. Les enfants avaient plutôt traditionnellement le droit de se taire, de se prendre des coups de bâtons.
Sauf que le meurtre d'enfants et l'avortement étaient clairement réprimés! Aujourd'hui, on ne bat peut-être plus les enfants, mais on ne donne pas aux fœtus le droit de vivre, qui est le droit le plus élémentaire, celui duquel découle tous les autres droits! Il n'y a pas de quoi se croire tellement supérieurs, tellement plus civilisés...
Alors un embryon, hein? Il serait probablement plus juste de penser que le bon peuple habitant à Villeneuve-le-Roy en l'an 1302 devait se montrer plus tolérant pour Bobonne ayant consulté la femme-ressource de la région.
Vous n'avez aucune preuve de ce que vous avancez. On ne peut pas se baser sur notre propre sensibilité pour en déduire ce que pensaient de l'avortement les chrétiens du Moyen Age. Ce qui est sûr, c'est que c'est considéré comme un meurtre par les Pères et tous les théologiens. Si les avortements avaient été si nombreux, il serait logique de penser que cet acte aurait fait l'objet de très nombreux sermons et que les clercs auraient pris maintes mesures pour réprimer ce péché, Il ne me semble pas que c'était le cas, ce qui tend à me faire penser que l'avortement était rare et surtout le fait de fille-mère ou d'adultères. Parce que sous l'Ancien Régime, ce qui angoissait les couples était plutôt la peur de ne pas avoir de descendance parvenant à l'âge adulte que d'avoir trop d'enfants...
Sans le clergé, une foi les hommes d'Église déboulonnés de leur lieu de pouvoir : c'est le naturel qui revient au galop.
Un naturel qui n'a rien à voir avec la Loi naturelle, mais tout à voir avec le péché originel...
L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait:"N'es-tu pas le Christ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi." Mais l'autre, le reprenant, déclara:"Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes; mais lui n'a rien fait de mal." Et il disait:"Jésus, souviens-toi de moi, lorsque tu viendras avec ton royaume." Et il lui dit:"En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis."

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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Toto » sam. 15 oct. 2016, 11:04

Bonjour,
Relisez, dans le lien fourni, les interventions, en particulier celle de Sapin, étayée par des éléments de théologie morale. Il n'y a pas de contradiction entre les propos des papes que vous citez et les orientations pastorales sur le plan éthique qui sont données dans le lien que j'ai donné.
Y voir une contradiction, c'est s'accrocher à la règle, c'est jouer au pharisien au mépris de la charité.
Trop facile de botter en touche comme cela.

Qu'écriviez-vous?
L'Eglise n'autorise l'avortement en aucun cas. Toutefois, lorsque les médecins sont confrontés à la douloureuse situation de devoir choisir entre la vie de la mère et la vie de l'enfant, l'Eglise pose un jugement de sagesse : il faut faire au mieux, à savoir sauver les deux vies si possible, sinon, avec l'accord de la mère et du père, sacrifier une vie pour sauver l'autre. Bref, tout dépend du cas et on ne peut pas donner de réponse générale.
Que dit Sapin, sans avancer aucun élément de justification ni aucune source?
Par contre, le principe de la cause à double effet peut légitimer certaines actions pour sauver la vie de la mère, mais dans des cas très précis. Dans cet exemple, et c’est le seul cas d’avortement autorisé par la théologie classique catholique : celui où une médication particulière ou une intervention chirurgicale (par exemple, l’ablation d’un cancer de l’utérus), directement destinée à sauver la vie de la mère, provoquerait indirectement la mort du fœtus. Ici, le salut de la mère ne serait pas obtenu par la mort de son enfant à naître; celle-ci ne serait qu’une conséquence inévitable d’une action qui de soi ne vise pas l’avortement.
Les différences de discours sautent aux yeux.

Alors que vous admettez, toujours sans aucune référence, qu'il est possible de sacrifier une vie pour sauver l'autre, sans plus de précisions, Sapin est déjà plus rigoureux dans son discours : il considère qu'il est possible d'effectuer une intervention chirurgicale destinée à sauver la vie de mère qui provoquerait indirectement la mort du foetus. Votre discours est beaucoup plus large que celui de Sapin. Il est donc totalement inutile de faire accroire que vous appuieriez sur cet autre fil alors que vous élargissez considérablement les choses possibles.

Pour ma part, je m'en réfère aux Papes, et leurs discours sont extrêmement clairs ; vous qualifiez de Pharisiens ceux qui voient une contradiction, je vous renvoie le compliment : inutile de faire le Jésuite pour avaliser ce qui est interdit.
Mais il faut encore, Vénérables Frères, mentionner un autre crime extrêmement grave par lequel il est attenté à la vie de l'enfant encore caché dans le sein de sa mère. Les uns veulent que ce soit là chose permise, et laissée au bon plaisir de la mère ou du père ; d'autres reconnaissent qu'elle est illicite, à moins de causes exceptionnellement graves auxquelles ils donnent le nom d'indication médicale [...] Quant à « l'indication médicale ou thérapeutique », pour employer leur langage, nous avons déjà dit, Vénérables Frères, combien. nous ressentons de pitié pour la mère que l'accomplissement du devoir naturel expose à de graves périls pour sa, santé, voire pour sa vie même : mais quelle cause pourrait jamais suffire à excuser en aucune façon le meurtre direct d'un innocent ? Car c'est de cela qu'il s'agit ici. Que la mort soit donnée à la mère, ou qu'elle soit donnée à l'enfant, on va contre le précepte de Dieu et contre la voix de la nature : « Tu ne tueras pas ! » (52) La vie de l'un et de l'autre est chose pareillement sacrée ; personne, pas même les pouvoirs publics, ne pourra jamais avoir le droit d'y attenter. [...] Pour protéger par conséquent et sauvegarder chacune des deux vies, celle de la mère et celle de l'enfant, les médecins probes et habiles font de louables efforts : par contre, ils se montreraient fort indignes de leur noble profession médicale, ceux qui, sous l'apparence de remèdes, ou poussés par une fausse compassion, se livreraient à des interventions meurtrières.
Nous réclamons votre zèle contre les ennemis du célibat ecclésiastique, cette ligue impure, qui se grossit par des transfuges de l'ordre clérical. Jouets de passions séductrices, ils ont présenté des requêtes pour abolir ce point sacré… si honteuses tentatives… Défendre de toutes vos forces, d'après les règles des Canons, une loi de si haute importance, de la conserver dans toute son intégrité, de repousser les traits dirigés contre elle par des hommes que tourmentent les plus infâmes passions.

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Re: Pologne : les mauvaises excuses de l'Eglise sur l'avortement

Message non lupar Cinci » dim. 16 oct. 2016, 16:53

Suliko,
Vous semblez suggérer que sous prétexte que le fœtus avorté ne sera pleuré par personne, il ne s'agit en fait pas vraiment d'un meurtre. Vous liez le droit à la vie de l'être le plus innocent et sans défense qui soit aux émotions que ce meurtre provoque. Et comme l'avortement ne suscite pas une grande indignation, vous en déduisez que ce n'est pas si terriblement grave. C'est un raisonnement assez étrange, vous en conviendrez...
Mon raisonnement s'appliquait tout simplement à l'une de vos affirmations.

Ainsi, l'élimination d'un embryon humain serait un événement plus grave - plus grave, c'est vous qui l'écriviez, Suliko, - que l'élimination d'un handicapé de quinze ans dans une chambre à gaz ou que l'assassinat du pape par un tireur commandité par les Loups gris.

Il serait "moins bon" de sauver la vie d'une mère que de sauver la vie d'un embryon. Parce qu'Il serait plus grave de perdre un embryon que de perdre la mère. Un raisonnement semblable ne se reflète pas dans la pensée populaire.

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Le Pape François encourage l'Eglise de Pologne

Message non lupar etienne lorant » ven. 15 sept. 2017, 16:44

Le pape a déclaré aux évêques polonais qu'il existe des institutions puissantes qui financent la diffusion de la théorie du genre dans les écoles

Le pape François a déclaré que ce qu'il appelle la théorie du genre - «que chacun peut choisir son propre sexe» - est «l'exact opposé» de la création de Dieu.

Lors d'une rencontre avec les évêques polonais lors de la Journée mondiale de la jeunesse, dont la transcription a été publiée par le Vatican, le Pape a déclaré qu'il y avait des institutions puissantes qui ont financé la propagation de la «théorie du genre» dans les écoles.

Le pape a également déclaré qu'il avait discuté du sujet avec le pape émérite Benoît XVI, qui a déclaré à son successeur: "Votre Sainteté, nous vivons une époque de péché contre Dieu le Créateur".

Le pape François a déclaré que ce péché bénéficiait souvent d'un soutien financier auprès de «pays très influents»: une forme de «colonisation idéologique», a déclaré le pape, ce qui est «terrible». (...)

Françis a déclaré aux évêques polonais: «Aujourd'hui, on enseigne cela aux enfants à l'école: que tous peuvent choisir leur propre sexe. Et pourquoi enseignent-ils cela? Parce que les livres proviennent de gens et d'institutions qui donnent de l'argent », a-t-il déclaré.

«Dieu a créé l'homme et la femme; Dieu a créé le monde tel qu'il est et nous faisons exactement le contraire. "

Le pape a fait le lien entre la théorie du genre et l'exploitation des êtres humains et du monde naturel. Il a suggéré que les deux provenaient d'un manque d'appréciation de la dignité conférée par Dieu à l'humanité. "C'est un problème mondial: l'exploitation de la création et l'exploitation des personnes. Nous vivons à un moment où l'humanité, en tant qu'image de Dieu, est anéantie ", a déclaré le Pape.

Il a déclaré que cette exploitation conduit aux guerres et à la pauvreté, et par voie de conséquence à la crise des réfugiés.

Dans son encyclique Laudato Si, le pape a également fait le lien entre l'exploitation économique et la «théorie du genre». Il a critiqué le désir de supprimer la différence sexuelle ", en disant:" penser que nous jouissons d'un pouvoir absolu sur notre corps conduit, souvent subtilement, à penser que nous jouissons d'un pouvoir absolu sur la création ".

Les commentaires du pape sur l'exploitation sont venus suite à une question de l'évêque auxiliaire Krzysztof Zadarko de Koszalin-Kolobrzeg, qui a demandé comment aider les nombreux migrants à venir en Europe et qui pointait «la crainte d'une éventuelle invasion ou agression qui paralyse la société».

Le pape Francis a déclaré que la réponse de chaque gouvernement devrait dépendre «de la situation propre à chaque pays et à chaque culture». Mais il a déclaré que tout le monde doit "avoir un cœur ouvert prêt à accueillir ... C'est sans condition!"

Lors de la Journée Mondiale de la Jeunesse, le pape a exhorté la Pologne à «accueillir les personnes qui fuient les guerres et la faim», des déclarations considérées comme un défi pour un pays où existe une forte opposition publique à la migration de masse.

Au cours de la réunion, le pape François a répondu aux questions de quatre évêques, la première de l'archevêque Marek Jedraszewski de Lodz qui a demandé au pape comment l'Église pouvait répondre à la «culture contemporaine athée-libérale».

François a mis en garde contre une «spiritualité subjective sans le Christ» et a déclaré que, pour amener le Christ aux gens, les évêques et les prêtres doivent être proches du peuple.

Il a donné l'exemple du pape saint Jean-Paul II, qui, en tant que prêtre en Pologne, voulait voyager avec les étudiants de l'université dont il avait la charge, les emmenant à la montagne et pratiquer le sport. Il voulait les écouter, il était avec les jeunes ", a déclaré François.


Du site du Catholic Herald
«Cela ne vaut pas seulement pour ceux qui croient au Christ mais bien pour les hommes de bonne volonté, dans le cœur desquels, invisiblement, agit la grâce. En effet, puisque le Christ est mort pour tous et que la vocation dernière de l’homme est réellement unique, à savoir divine, nous devons tenir que l’Esprit Saint offre à tous, d’une façon que Dieu connaît, la possibilité d’ëtre associés au mystère pascal ». ( Gaudium et Spes, le Concile Vatican II )


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