Tradition et créativité du diaconat féminin

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François-Xavier
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Re: Tradition et créativité du diaconat féminin

Message non lu par François-Xavier » sam. 17 oct. 2020, 22:13

Bonsoir à tous. Pour les "ordres mineurs", ils ont été supprimés, et cela sans l'ombre d'un doute, par Ministeria Quaedam. L'appellation n'est donc plus conforme. Ils sont toujours reçus chez les tradis, mais ce sont en fait rien d'autre, au plan canonique, que les ministères institués tels que définis par Paul VI dans ce document.
Ils sont a nombre de 2 : le lectorat et l'acolytat. Il n'y a pas dans Ministeria quaedam d'allusion à l'exorcistat. Les seuls exorcistes en tant que tels sont envoyés en mission dans les diocèses par les ordinaires (évêques).
Ce sont deux ministères - j'insiste car c'est vraiment important - qui ont un caractère liturgique. Et donc, en cela, conséquemment, ils sont réservés aux hommes. Il n'y a pas de "lecteuse" instituée. Dans l'absolu, ce ministère - tout comme l'acolytat ne devrait pas être exercé - même de façon extraordinaire ou temporaire - par une femme. Il peut y avoir des exceptions, bien sûr comme toujours, mais ce n'est pas dans l'ordre des choses. Il faut le redire et le rappeler, n'en déplaise à la "Soupa Team".
Le sous-diaconat est une tradition ancrée de façon très forte dans toutes les traditions (comprendre "Eglises rituelles') liturgiques catholiques. Chez les orientaux, le sous-diaconat est très vivant. Ministeria Quaedam en parle et le valorise même en mentionnant qu'un acolyte / lecteur devrait pouvoir fonctionner comme sous-diacre ! Donc ne jetons pas le sous diacre avec l'eau du bain.
Il faut lire là dessus les responsables de l'instauratio liturgique d'après le Concile, c'est riche. Nous n'avons aucune raison de nous priver par principe de sous diacre. La première editio typica de la PGMR décrit son rôle dans la liturgie de la Messe. Même si ce n'est plus un ordre majeur, mais seulement un ministère institué, il a tout son sens dans la liturgie romaine.
Dans l'esprit de Ministeria Quaedam, à aucun moment le ministère institué est réservé aux futurs récipiendaires des ordres majeurs. C'est un ministère conçu pour des laïcs. On ne devrait pas en faire une sorte de machin confidentiel que reçoivent par hasard des futurs ordonnés sans qu'on puisse en donner une véritable signification liturgique pastorale, spirituelle. Le problème c'est que justement il y a un rapport blessé au clergé au moins dans nos communautés chrétiennes d'occident (le pape parle de cléricalisme). Rien n'empêche donc de conférer à des laïcs les ministères institués au contraire. Mais on ne veut surtout pas - et pas pour des raisons canoniques. On a peut de se retrouver avec de "super laïcs", en plus de ceux qu'on a déjà (les "diacres permanents") et qui sont la plupart du temps pénibles à gérer pour le reste du clergé. Au passage on peut même se poser des questions sur la validité des ordinations de ces derniers. Il serait probablement beaucoup plus intelligents justement, d'en faire des sous-diacres.
En tout cas, les ministère institués liturgiques sont réservés aux hommes car ils sont à caractère liturgique. On pourrait très bien imaginer des ministères institués a-liturgiques pour des femmes (catéchiste ?).
Enfin, les diaconesses anciennes ont survécu : leur ministère a même été très mis en valeur par Vatican II. Ça s'appelle les vierges consacrées. Au passage, les moniales reçoivent cette consécration depuis toujours. Il faut voir la beauté du rituel de consécration des vierges dans l'ordre de S. Benoît. Huysmans dans l'Oblat en fait une très belle description. Ce qui explique la légitimité et la très grande justesse des rites de bénédiction abbatiale pour les moniales qui rappelons portent les Pontificalia ! Bref le débat toujours récurrent sur l'ordination des diaconesses n'est rien d'autre qu'un marronnier ridicule qui est fortement poussé par des idéologues.
D'ailleurs le débat sur le diaconat permanent est né essentiellement du flou théologique sur cette vocation et notamment sur la nécessité pour eux de (ne pas) respecter la continence parfaite. Ce qui les fait percevoir en Occident comme des sous prêtres ou des super laïcs. Je dis en Occident car en Orient les questions se posent selon d'autres modalités car les Orientaux sont sortis de cette tradition millénaires de la continence sexuelle des clercs et qui est rappelons-le d'origine apostolique.

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