Jésus dit à Marie Madeleine : Je monte vers mon Dieu!

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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Trinité
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Jésus dit à Marie Madeleine : Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par Trinité » ven. 27 mars 2020, 23:48

Dans Jean 20 , on peut lire:

Marie! Elle se retourna, et lui dit en hébreu: Rabbouni! c'est-à-dire, Maître! Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.

Les musulmans se basent (entre autres...), sur cette phrase que Jésus a adressée à Marie Madeleine à la sortie du tombeau pour prétexter que Jésus n'était pas Dieu, car il montait vers son Dieu!
Qu'en pensez-vous?

Trinité
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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par Trinité » sam. 28 mars 2020, 0:33

D'autre part, l'apôtre Paul précise :

Ephésiens 1 : Je ne cesse de rendre grâces pour vous, en faisant mention de vous dans mes prières ; Afin que le Dieu de notre Seigneur Jésus–Christ, le Père de gloire, vous donne un esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance.
Je ne comprends pas pourquoi l'apôtre Paul parle" du Dieu de notre Seigneur Jésus-Christ" comme si Jésus n'était pas Dieu"

cmoi
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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par cmoi » sam. 28 mars 2020, 6:48

Voilà un aperçu très juste de la parole de Dieu qui en effet interpelle car elle est vérité en toutes ses parties.
Personnellement je le comprends ainsi : il n'y a bien sûr qu'un seul Dieu mais chacun en a son image et se trace un chemin pour parvenir à Lui.
Pour parvenir à Lui qui est perfection et amour, bonheur, joie, sagesse et vérité (juste une esquisse de toutes ses qualités pour ne pas les oublier) extérieurement, mais aussi intérieurement (notamment par l'imitation).
Jésus n'a t-il pas dit aussi : "je suis le chemin".
Ici, il semble dire qu'il en est un, pour ceux qui le suivent, mais admettre qu'l y en a d'autres, pour ceux qui croient néanmoins en l'existence de Dieu, ne serait-ce QUE PAR UNE CONSCIENCE DROITE et la façon dont il l'évoque ne les juge ni ne les condamne.
Par cette façon de parler il dégage un courant d'affection vers nous et à partager entre nous, nous qui le suivons. Un courant de solidarité fraternelle qui exclut l'exclusion ou la haine envers ceux qui cheminent avec d'autres images de celui qu'il nomme comme son père et le nôtre, et c'est une invitation.
Il se met au même niveau que n'importe quel autre "gourou", accepte humblement ce statut, sans déblatérer sur cette comparaison ni "vendre" sa prééminence. Ce qui compte le plus, n'est-il pas d'être en chemin vers Dieu, n'est-ce pas déjà bien, ne faut-il pas pour cela s'entraider, avoir un code ou langage commun dont il nous rappelle le sien sans condamner les autres ?
Simplement qu'il nous en donne (pour l'avoir dit à d'autres moments) une image achevée, laquelle par conséquent ne saurait exclure ceux qui en donnent une image partielle, puisqu'en lui elle trouvera son achèvement.
En lui parce qu'il est aussi Dieu, mais nous demande-t-il de le croire pour que nous soyons sauvés ? Je le crois assez humble pour accepter que nous le mettions à l'épreuve, que nous ne nous en apercevions pas tout de suite, mais là il s'adresse à ceux qui ont dépassé ces stades, et pour qui par conséquent il importe peu qu'il soit Dieu puisqu'il veut avant tout être notre ami, être pour nous ce pour quoi il nous a créés et il lui importe peu que nous le sachions pourvu que nous partagions cette intimité qu'il voulut.
Le temps viendra de la reconnaissance, de la connaissance, dont le manque n'est que la conséquence du péché originel, et je parie qu'il félicitera ceux qui auront su ainsi l'étreindre et se reposer contre son coeur, sans chercher à comprendre et tout connaître, car ils seront allés à l'essentiel sans se plaindre (et que nous manquons de foi, et que nous ne sommes pas ceci ou ne faisons pas cela, et que...), sans chercher à être guéris non plus.
En la Trinité il y a communion, chacune de ses personnes est donc Dieu pour les autres, et cette affection dans la perfection de la beauté pressentie de l'autre et qui nous conduit à épandre notre nard, celui-là seul qui est le nôtre, voilà ce qui seul importe et suffit.
Marie avait la meilleure part, mais Marthe aurait bien pu la porter en elle aussi... Ce n'est pas l'agitation extérieure qui en soi l'empêche, mais celle qui est intérieure.
Il ne convient pas de s'alarmer de ces paroles que vous citez et qui sont pour l'extérieur... Où il nomme Dieu comme un appel à ce que ceux de l'extérieur et qui le reconnaissent, le reconnaissent aussi lui et de sorte à ce que ses propos les intéressent : parce qu'il n'y en a qu'un, et qu'au fond de chacun de nous se sait quand il en "manque un bout" et se guette tout ce qui peut le donner - évoquer son nom, c'est les attirer à Lui, provoquer un déclic, et ce serait maladroit de leur dire d'emblée qu'il est Dieu, il a toujours commencé par "provoquer le déclic"... Et il apprécie que nous l'aimions POUR CE QU IL EST et non parce que nous savons qu'il est Dieu.
Nul, pas même lui (quoique !), n'est responsable de ce qu'il EST. Ce qui compte c'est l'amour.

Trinité
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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par Trinité » sam. 28 mars 2020, 14:52

Hum!

Très belle explication mon cher cmoi!
Cependant, je pensais:
Pour arriver à une telle déduction, que je cautionne entièrement, il faut avoir une bonne dose de"Foi" :)
Le problème c'est qu'à la lecture littérale, votre raisonnement n'est pas évident!
Comment le faire partager à un Musulman, ou même un athée? Admettez que ce n'est pas évident!

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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par cmoi » sam. 28 mars 2020, 15:50

Vous avez raison, sans foi ce n'est pas "évident"...

Mais plutôt que de se lancer dans une logique à deux balles un peu provocatrice, du genre :
" Il n'y a qu'un seul Dieu, donc n'est-il pas Dieu pour lui-même aussi ?"
"Certains rois de France et pas seulement, parlent d'eux à la première personne du pluriel. Il s'agit à d'un procédé assez semblable pour affirmer une suprématie d'accès qui s'explique parce qu'il sait qu'il l'est et donc renvoie sur Dieu l'hommage qu'elle lui rend, pour qu'il n'y ait pas de confusion ni d'erreur dans son esprit à elle face à ses sentiments à elle". Il la "justifie" sans lui faire de reproche, mais en la confrontant à ce qu'elle pouvait maintenant se permettre de croire (n'était-il pas ressuscité?)
Vous pouvez aussi leur citer les passages où il affirme clairement être Dieu, comme : "avant qu'Abraham fut, je suis".
Ou faire référence à l'union hypostatique : c'était son humanité qui s'exprimait (ce qui suppose une petite explication théologique complémentaire)

Néanmoins je reste sur l'idée que , sans qu'elles s'excluent, et sans doute ne faut-il donner qu'une réponse, montrer ce qu'il en est vraiment pour nous du fait de notre foi peut provoquer un déclic, en tout cas montrer une sincérité touchante, avoir un charme ou une cohérence inconnue par quoi la grâce agira mieux que par une ou des boutades qui ne l'accompagneront que pour montrer l'absence en nous de vue étroite ou de "fanatisme".
Quoi de plus fort que de témoigner que pour nous sa Divinité relève de l'évidence...et n'empêche nullement un tel propos ?

Trinité
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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par Trinité » sam. 28 mars 2020, 21:48

D'ailleurs , de la même façon Jésus a dit sur la croix "Mon Dieu, mon Dieu , pourquoi m'as tu abandonné"!
J'en ai parlé sur un autre fil!
Cette phrase du Christ, sera toujours pour moi très énigmatique!

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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par Carolus » dim. 29 mars 2020, 4:02

Trinité a écrit :
ven. 27 mars 2020, 23:48
Trinité :
Dans Jean 20 , on peut lire:
Vous faites référence au verset 17 en particulier, cher Trinité. :)
Trinité a écrit :
ven. 27 mars 2020, 23:48
Trinité :

[Jn 20,] 17Jésus lui dit: Ne me touche pas; car je ne suis pas encore monté vers mon Père. Mais va trouver mes frères, et dis-leur je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.
Notons bien que notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ dit également : « je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu. »
Le Christ n'est pas le Fils de Dieu (Coran, IV, 71 ; IX, 30 ; XIX , 35).

Ali Merad, Le Christ selon le Coran, Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée Année 1968 5 pp. 79-94
D’après le Coran, Dieu n’est pas le père de Jésus.
Trinité a écrit :
ven. 27 mars 2020, 23:48
Trinité :

Les musulmans se basent (entre autres...), sur cette phrase que Jésus à adressé à Marie Madeleine à la sortie du tombeau pour prétexter que Jésus n'était pas Dieu, car il montait vers son Dieu!
Qu'en pensez-vous?
Évidemment, lorsqu’il dit « vers mon Dieu », les musulmans interprètent les mots de Jésus au pied de la lettre, n’est-ce pas ? :oui:

Mais pourquoi ne font-ils pas de même au sujet des mots « vers mon Père » :?:

cmoi
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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par cmoi » dim. 29 mars 2020, 5:32

Carolus a écrit :
dim. 29 mars 2020, 4:02

Mais pourquoi ne font-ils pas de même au sujet des mots « vers mon Père » :?:
Quelle magnifique chute à votre contribution cher Carolus, si lumineuse, éblouissante !

De telles évidences me font trouver vraiment difficile de naître musulman (quand j'essaie de m'identifier à un tel sort d'innocence), donc d'acquérir une foi qui m'oblige à être à ce point de mauvaise foi avec les affirmations d'un texte sacré.

Ici, ils le respectent, le prennent pour ce qu'il est. C'est leur interprétation qui laisse à désirer, qui les oblige à "jouer" entre le sens littéral et les autres, d'une façon qui à nos yeux laisse perplexe - ou franchement pas à désirer.
Il faut reconnaître toutefois que ce qui nous fait tenir Dieu pour père, cette notion là, nous vient de ce qu'il fut ainsi nommé par Jésus. Pourtant, le sens de cette paternité est bien plus général, moins "charnel", il touche à la création plus qu'à la procréation, même dans le cas de Jésus sauf que pour lui la première supplée à la seconde, comme pour Adam (d'où "le nouvel Adam" tandis que "la nouvelle Eve" prend un sens légèrement différent, réduit, plus strictement mystique et spirituel).
Pour un croyant, que la procréation ait pris le relais de la création ne devrait pas poser un problème à cette reconnaissance.
Donc si l'on peut comprendre avec bonhomie qu'ils refusent ce vocable à Dieu, du fait de ce qui nous a fait l'adopter, il n'en reste pas moins "possible" de l'adopter sans faire intervenir la situation particulière de Jésus.

Particularité qu'ils semblent respecter : en n'adoptant pas ce vocable pour notre situation à nous, ils lui conservent son sens étroit que Jésus partage avec Adam. D'où la pertinence de votre question.

Mais en bien d'autres endroits, alors que les originaux des évangiles existaient d'avant et qu'ils n'ont aucun original à produire pour défendre leurs dires, ils extrapolent et contredisent la véracité des faits et donc considèrent le texte pour nous sacré comme un faux !
Il serait bon de recenser toutes ces différences et qu'ils s'en expliquent autrement que par une tradition orale. Car comme pour un virus, il convient d'en connaître la séquence avant de pouvoir créer un vaccin...
J'étais parvenu à obtenir de certains de leur représentants une conversation franche et ouverte, pacifique, à ce sujet avec eux, ce qui n'est pas facile, mais je me suis désisté et j'ai pris peur car je ne connais pas assez ce sujet particulier (quels exemplaires, datés de quand, qui disent quoi ou omettent quoi, etc.).
Je le regrette depuis amèrement, car les occasions me semblent rares d'aborder ce sujet sans esprit de dispute... Il nous faut nous réfréner une envie pressante d'affirmer une supercherie, ce qui nous rend quelque peu cocasse ou irritant qu'ils s'en prennent à ce qu'ils désignent comme nos interprétations déviantes.
Dernière modification par cmoi le dim. 29 mars 2020, 5:50, modifié 2 fois.

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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par cmoi » dim. 29 mars 2020, 5:48

Trinité a écrit :
sam. 28 mars 2020, 21:48
D'ailleurs , de la même façon Jésus a dit sur la croix "Mon Dieu, mon Dieu , pourquoi m'as tu abandonné"!
J'en ai parlé sur un autre fil!
Cette phrase du Christ, sera toujours pour moi très énigmatique!
Je me souviens d'avoir effectivement lu cela de vous et de ne pas y avoir répondu.
Je l'avais pourtant déjà fait dans un de mes écrits encore privé, d'une façon certes succincte voire énigmatique, mais que je vous livre maintenant de façon "brute" : elle expose un contexte et soulève ou répond à une autre question, et cette circonstance ne me semble pas relever du simple amalgame, car il a "pris sur lui nos péchés", n'est-ce pas ?

"Lorsque le Christ cloué sur sa croix appela son père «pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font » (quand il lui demande pourquoi il en était abandonné, il ne l’appelle plus, mais il le quitte lui-même car il le sait…) il voulait parler des soldats romains bien sûr, de tous ceux qui se moquaient de lui et l’injuriaient sans doute, d’autres profitant du spectacle pour s’épancher en récriminations de toutes sortes et se venger de leur condition, mais peut-on dire des docteurs de la loi, de ceux qui l’avaient jugé pour blasphème, qu’ils étaient concernés ? Ne savaient-ils pas précisément ce qu’ils faisaient et ne se couvraient-ils pas d’un mensonge, par une interprétation littérale des faits et de leur fonction ? Le Christ n’avait-il pas cessé de vitupérer contre leur hypocrisie, du temps de sa prédication ?
Certes ils lui auront demandé de faire un miracle et de prouver sa Divinité, ils lui auront « donné sa chance », mais ne savaient-ils pas déjà tout ce qu’il avait déjà fait ?
Imaginez un peu ce qui se serait passé si le Christ en avait fait un et qu’ils avaient été obligés de croire en sa Divinité… Imaginez… Et vous comprendrez.
Peut-être pas, mais il n’y aura pas de second rattrapage ! Même pas pour les athées qui affirmeront qu’ils ne sont pas concernés par les religions et croiront tirer ainsi leur épingle du jeu…
Si le Christ avait voulu abolir l’enfer, il l’aurait fait ce miracle…
Sa justice a, ce jour-là, posé une limite définitive à sa miséricorde.
Et nous comprenons bien pourquoi, et qu’il ne s’agit pas d’un esprit de vengeance.
Le pire d’entre nous, sauf lâcheté, n’aurait-il pas fait pareil ?
Ils auraient mieux fait de le tenir pour fou, et de le laisser tranquille… En quoi cela les auraient-ils gênés ? Nous connaissons la réponse à cette question, autant qu’eux-mêmes et qui craignirent si peu d’offenser leur Dieu qu’ils auraient bien dû l’écouter. Du moins en laisser d’autres qu’eux le faire… Pour avoir eux un avant-goût de l’enfer !
L’image que chacun se fait de l’enfer et du paradis, trace la route à ce qu’il doit faire et changer dans sa vie… A ce qu’il dénonce, aussi."

Pour commenter ce qui vous intéresse, il se sent abandonné de Dieu car abandonné des hommes, à cause de leur péché. Il les réconcilie en se sacrifiant, en "disparaissant", si tant est que la mort seule puisse être ou "faire" cela.
Quand j'écrivais ici que "Nul, pas même lui (quoique !), n'est responsable de ce qu'il EST" j'avais eu envie d'ajouter que le suicide est une tentative désespérée d'y arriver qui échoue, et qu'il n'est pas possible d'imaginer Dieu se suicidant. Mais c'est bien en quelque sorte ce qu'il a fait... Et que lui seul pouvait faire comme un "acte de bien" (qui fit fantasmer un certain nombre d'autres suicidés, j'en suis convaincu, et c'est pourquoi l'Eglise a raison d'être devenue plus modérée aujourd'hui à l'égard de leur sépulture...

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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par Trinité » dim. 29 mars 2020, 14:31

Bonjour cmoi,
Sur votre raisonnement général, notamment les raisons qui me paraissent évidentes et relatives à sa mission de mourir pour le rachat de nos pêchés, il ne pouvait pas comme vous le dites à juste titre faire un miracle sur la croix!
En fait, le miracle se trouve là...se laisser mourir crucifié par Amour pour nous!
En ce qui me concerne, après réflexions...je pense que lorsqu'il dit "Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'as tu abandonné" il prend une dernière fois sa nature humaine, et pousse le cri que nous même poussons, lorsque nous pensons que tout s'écroule autour de nous et que Dieu n'est pas là!
Je ne pense qu'il fasse référence au psaume, évoqué par cette citation! Dans ces circonstances de souffrances horribles qu'il a dû endurer, il me parait impensable qu'il ait fait référence à un psaume...

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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par pierrot2 » dim. 29 mars 2020, 14:48

Bonjour Trinité,
Trinité a écrit :
dim. 29 mars 2020, 14:31
Sur votre raisonnement général, notamment les raisons qui me paraissent évidentes et relatives à sa mission de mourir pour le rachat de nos pêchés, il ne pouvait pas comme vous le dites à juste titre faire un miracle sur la croix!
Je dirais aussi qu'il n'était pas l'instigateur du spectacle, non enclin à se donner en spectacle, tout comme avec Hérode, auprès duquel il ne fit pas de miracle. Le miracle ne se réalise pas sous la menace, qui pourrait le comprendre? Il faudrait que Jésus soit tombé bien bas.. Christ n'est pas une bête de foire, même si ils étaient rares à comprendre cela pendant son chemin de croix.
cmoi a écrit :
dim. 29 mars 2020, 5:48
'il n'est pas possible d'imaginer Dieu se suicidant. Mais c'est bien en quelque sorte ce qu'il a fait...
Rebonjour cmoi, non, honnêtement, je ne pense pas qu'il s'agisse d'un suicide, ni de près, ni de loin. Judas, tout le contraire, qui allait à sa perdition..

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Re: Jésus dit à Marie Madeleine! Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par cmoi » dim. 29 mars 2020, 18:50

Je suis aussi d'accord avec vous Trinité, mais concernant l'usage d'un psaume, de la part d'une personne qui s'est "imprégnée" de la parole de Dieu tout au long de sa vie (qui plus est orientée sur lui et sa vie), et pour qui sa mission était religieuse, cela ne m'étonnerait pas qu'elle ait pu lui paraître avec ces mots être la plus appropriée à dire ce qu'il éprouvait alors,c 'était une façon de conserver et manifester sa lucidité et sa liberté, son contrôle, de "vaincre" le mal.

Pierrot2, je comprends que cela vous choque, mais par suicide j'entends une façon pour Dieu de regretter qu'il ait pu être et nous fournir l'occasion de nous voir pécher (car sans lui pour référence, le péché n'existerait pas) ce qui n'empêche pas qu'une autre partie de lui-même ne s'y impliquait pas. Mais celle qui s'y impliquait "tuait" ainsi le péché en Lui, là où seul il pouvait l'être, ce qui revient à dire qu'il le prit sur Lui.
Nous arrivons à un stade où les mots sont insuffisants pour dire les choses, alors ils sont impropres, mais je n'en ai pas d'autres...

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Re: Jésus dit à Marie Madeleine : Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par Invité » dim. 05 avr. 2020, 7:44

La question de Trinité est fort intéressante. Je pense que la réponse se trouve dans la Lettre de Saint-Paul aux Philippiens, versets 5 à 11 :

"Ayez en vous les dispositions qui sont dans le Christ Jésus : Le Christ Jésus, ayant la condition de Dieu, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu. Mais il s’est anéanti, prenant la condition de serviteur, devenant semblable aux hommes. Reconnu homme à son aspect, il s’est abaissé, devenant obéissant jusqu’à la mort, et la mort de la croix. C’est pourquoi Dieu l’a exalté : il l’a doté du Nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse au ciel, sur terre et aux enfers, et que toute langue proclame : « Jésus Christ est Seigneur » à la gloire de Dieu le Père."

C'est exactement l'attitude obéissante de Jésus envers son Père, vers qui il monte. Il faut bien souligner que ce n'est pas une soumission animée par le devoir de respect qui est dû à un père mais une obéissance d'amour, et pleine d'humilité.

Jésus le dit à de multiple reprises : il est venu pour accomplir la volonté de son père. Par son incarnation, il nous montre le chemin à suivre, et s'il n'en demeure pas moins pleinement Dieu, c'est bien l'homme qui s'est mis à notre "niveau" qui parle lorsqu'il déclare monter vers son Dieu ET notre Dieu.

Les sceptiques devraient se poser la question suivante : pourquoi Paul qui proclame ici haut et fort la pleine divinité du Christ, égal du Père, dans une autre lettre affirmerait-il le contraire? Cela n'aurait évidemment aucun sens. C'est bien le dépouillement par amour qui constitue la bonne réponse.

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Dubitatif
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Re: Jésus dit à Marie Madeleine : Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par Dubitatif » sam. 25 avr. 2020, 7:07

Une chose que je ne comprend pas pour laquelle je voudrais des éclaircissements svp.
Partant du principe que l'on croit en dieu et tout ce qui est venu avant l'arrivée de Jésus.
Avant, l'humanité était sous la loi de Dieu pendant des millénaires. Et à l'arrivée de Jésus tout a changé ! plus de péchés, plus de loi et non plus de jugement ? Comment se fait-il en partant du principe de Dieu est omniscient et qu'il ne peut changer d'avis du jour au lendemain en ayant marre de ses humains qui font trop de péchés et donc a décidé de faire descendre Jésus pour pardonner tous leurs péchés ?
Merci d'avance pour vos retours.

cmoi
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Re: Jésus dit à Marie Madeleine : Je monte vers mon Dieu!

Message non lu par cmoi » sam. 25 avr. 2020, 18:56

Je trouve que votre question mérite une réponse.
Celles que je pourrais y apporter étant insatisfaisantes à mes propres yeux (il était nécessaire que Dieu nous prépare à accueillir son mystère d'amour pour qu'il soit bien compris) je vais donc la "renforcer".

Un homme qui se conforme aujourd'hui au judaïsme parce qu'il ne croit pas que Jésus est le messie, ne sera-t-il pas sauvé ?
Par extension, un homme qui n'a pas été élevé dans une culture judéo-chrétienne et biblique, mais dans une culture bouddhiste ou taoïste ou confusianiste, ou etc. et qui se conforme aux préceptes de ce qu'il tient pour sacré, ne sera-t-il pas sauvé ?
Un homme qui a quitté le christianisme (ou une autre religion qui lui était native) parce qu'il ne lui semblait plus porter les valeurs qu'il promeut, mais moralement corrompu, et qui conforme sa vie à ces valeurs, ne sera-t-il pas sauvé ?
Un homme qui cherche à accomplir les préceptes de la meilleure loi possible, et pour s'y conformer, ne sera-t-il pas sauvé ?
Pour qui croit que Jésus-Christ est notre unique sauveur, et que cette foi lui épargnera le jugement, et qui en respecte les conditions posées par sa religion serait-elle hérétique ou schismatique, est-il possible qu'il ne soit sauvé qu'en raison de cette foi et qu'un autre ne le soit pas qu'en raison de ce que la sienne en diffère ?

En fait, par mes questions je réponds en partie à la vôtre, mais de façon incomplète, d'une façon qui tire une conclusion de votre constat mais n'y réponds pas, parce que je ne voudrais pas qu'une vraie réponse y fasse offense.
Le vrai message fondamental du Christ, celui à partir duquel pourrait être révisé quelque chose, n'est-il pas un message d'amour inconditionnel ?

Saint Paul a répondu à votre question, mais par des comparaisons qui faisaient référence à la loi et la religion juive uniquement, qu'il pratiquait avant.
Or il me semble que votre question, tout en s'inspirant de ce cadre, le dépasse. Elle pose en quelque sorte la question de l'enfer, "comment Dieu si bon peut permettre et vouloir qu'y soient souffrants pour l'éternité ses créatures", considération qui oblige à faire fi comme je l'ai fait de la religion d'appartenance pour y apporter une réponse satisfaisante - le contraire est rare, même chez les plus puristes des doctrinaux. Il y a donc des "trous à remplir" dans les doctrines.
L'amour inconditionnel peut être refusé. Et ce refus confirmé. Or Dieu s'adapte à chacun et se met en quatre pour essayer quand même de le sauver ; pour cela il a voulu que nous soyons libres et que nous exercions notre propre jugement, tout ce qu'il a fait au long de l'histoire de notre salut nous y invite et nous donne des moyens, certains officiels en quelque sorte, d'autres moins. Dieu nous donne un cadre, mais ensuite il s'adapte aux déformations que les circonstances lui font subir.
Comment? C'est ce que nous ignorons. Et lui seul peut voir et savoir ce qu'il y a au fond de notre conscience et dont dépendra notre salut.

Mais ceci mérite d'être complété, je n'ai fait qu'apporter la garniture...
Une autre question qui rejoint la vôtre : pourquoi y a--il et le catholicisme et l'orthodoxie. 2 religions si proches, jouissant toutes deux de la succession apostolique, et pourtant qui s'opposent depuis si longtemps d 'une façon qui semble irréductible et si opposée à l'enseignement du Christ qui demande de se réconcilier avec notre frère avant d'aller Lui offrir notre offrande.. Faut-il pour cela les renvoyer dos à dos et les quitter ? Face à cela, est-il possible de "se sauver tout seul" ?
Que veut-il par là nous dire et y est-il pour quelque chose ? Qu'en déduire pour nous qui devons en choisir une, de façon au moins implicite et avec les autres questions que cela soulève (rester fidèle à celle "apprise" ? Privilégier la vérité reconnue pour telle, ou quoi d'autre ? Se fier aux rencontres et aux circonstances ? S'en remettre à l'institution ou aux personnes ? S'en remettre à une pratique (laquelle? Celle qu'on préfère ou...?) et ne juger personne ? Etc.)
S'il n'y avait qu'une seule bonne réponse, ce serait si facile; or ce n'est pas le cas et nous le savons... !

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