Que faut-il entendre par oecuménisme ?

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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VexillumRegis
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Quelques notes tirées d'un ouvrage d'histoire

Message non lupar VexillumRegis » sam. 09 oct. 2004, 11:42

Bonjour,

Je suis actuellement en train de lire un ouvrage dont je recommande vivement la lecture : L'Eglise au risque de l'histoire, de Jean Dumont, Editions de Paris, 2002. Je tâcherais de présenter cet ouvrage de manière plus approfondie dans une fiche de lecture.

Dans sa deuxième partie consacrée à la Reconquista et à l'Inquisition espagnole, Jean Dumont donne des exemples très intéressants des modalités de la coexistence entre Juifs, musulmans et chrétiens, coexistence qui déboucha longtemps sur une tolérance de fait ; on va voir qu'il est même parfois possible de parler d'une véritable tentative oecuménique dans l'Espagne médiévale.

Je cite en vrac, en citant les numéros des pages :

:arrow: p. 254 :
"(...) dans les années 1070, le pape Grégoire VII écrira au prince de Mauritanie Al-Nasir qu'il désire maintenir avec lui de cordiales relations. Car, précisera le Pontife : Nous croyons dans un même Dieu et le confessons, quoique de diverse manière"
:arrow: p. 265, note 1 :
"(...) Pour Alphonse le Sage, les musulmans croient en la virginité de Marie. Et les manuscrits d'époque affirment que certains Maures et Juifs disaient le Notre Père. Un évêque de Jaen prisonnier à Grenade, le traduisit du latin en castillan pour des Maures qui désiraient le dire"
:arrow: p. 265-66 :
"Lors des réjouissances publiques pour l'entrée à Tolède du roi de Castille, en 1139, les chrétiens admettent d'aller en procession, au devant du monarque, avec les musulmans et les Juifs, chacun louant et glorifiant Dieu en sa propre langue et selon sa propre foi. S'il s'agit de fêter l'entrée d'un évêque dans sa ville, par exemple à Palencia en 1486 encore, il est de même : Les Maures expriment leur joie par diverses danses et inventions et les Juifs vont en procession, chantant des choses de leur Loi"
:arrow: p. 269 :
A propos de saint François d'Assise : "Collectionnant les écrits païens avec la même sollicitude que les écrits chrétiens, il se justifie ainsi devant ceux qui s'en étonnent : Parce que chez eux je trouve les lettres dont se compose le nom de Dieu (...) Ce qu'il y a de bon dans ces écrits n'appartient pas au paganisme ni à l'humanité, mais seulement à Dieu qui est l'auteur de tout bien"
Voilà. Je pense que ces quelques éléments d'ordre historique sont susceptibles de nourrir une saine réflexion sur la question oecuménique.

Bien à vous,

- VR -
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Jean-Pierre DALIBOT
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Quelques considérations sur l'oecuménisme

Message non lupar Jean-Pierre DALIBOT » dim. 10 oct. 2004, 8:21

Une partie d'une réflexion d'un théologien bien connu : Jean Rigal - tirée de la revue JONAS N°32."Aucune confession chrétienne ne détient, à elle seule, toute la vérité, mais chacune y participe pour sa part, et en détient même parfois une parcelle qui lui est propre. Vatican II reconnaît le fait: parmi les élèments et les biens qui constituent l'Eglise, - plusieurs, et même beaucoup et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites visibles de l'Eglise catholiques" Unitatis redintegratio N° 3

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Re: Quelques considérations sur l'oecuménisme

Message non lupar VexillumRegis » dim. 10 oct. 2004, 11:47

Une partie d'une réflexion d'un théologien bien connu : Jean Rigal - tirée de la revue JONAS N°32."Aucune confession chrétienne ne détient, à elle seule, toute la vérité, mais chacune y participe pour sa part, et en détient même parfois une parcelle qui lui est propre. Vatican II reconnaît le fait: parmi les élèments et les biens qui constituent l'Eglise, - plusieurs, et même beaucoup et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites visibles de l'Eglise catholiques" Unitatis redintegratio N° 3
En conséquence, ces Eglises et Communautés séparées, bien que nous les croyions souffrir de déficiences, ne sont nullement dépourvues de signification et de valeur dans le mystère du salut. L'Esprit du Christ, en effet, ne refuse pas de se servir d'elles comme des moyens de salut, dont la force dérive de la plénitude de grâce et de vérité qui a été confiée à l'Eglise catholique
De ce passage l'on peut déduire :

1°- Que la plénitude de la vérité réside dans la seule Eglise catholique, et qu'il est donc erroné d'affirmer qu'aucune confession ne détient, à elle seule, toute la vérité.

2°- Que les éléments de vérité ou de salut qui se peuvent trouver dans les Communautés séparées ne leur viennent que de la seule Eglise catholique ; ils en dérivent.

Il est par ailleurs impossible de quantifier ces éléments de salut présents dans les Communautés séparées et donc de prétendre qu'on en trouve beaucoup et de grande valeur.

Bien à vous,

- VR -

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Message non lupar Amica » dim. 10 oct. 2004, 18:02

Bonsoir Christophe,
La Cité catholique n'a pas vocation à suppléer à la sainte Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Et, en toute franchise, il semble que nos compétences théologiques sont très largement insuffisantes pour que nos réflexions fassent autorité.
Je suis tout à fait consciente que notre discussion ne pourrait remplacer celle de théologiens. Cependant, il me semble que chaque homme a un certain devoir de chercher la Vérité et d’essayer de s’en rapprocher, même s’il ne fait pas partie de la Sainte Congrégation pour la doctrine de la Foi. C’est clair que cet organisme serait de loin plus compétent pour définir précisément l’orthodoxie de certains points, mais quand, en tant que catholique, je cherche à suivre l’enseignement du Christ à la lumière de la Révélation et me trouve en porte-à-faux avec les directions concernant des vérités importantes données par les évêques et même le pape parfois, je me sens un peu obligée de chercher, d’étudier et de prier, même en tant que simple fidèle, car c’est Dieu et son enseignement qui doivent être la base de la foi, une foi soutenue par l’Eglise et le reflet de sa doctrine dans la bouche de la hiérarchie, mais quand les reflets semblent venus d’un miroir déformant, tout catholique est en droit et je dirais même devrait se poser la question du que devons-nous croire, devons-nous adhérer à ces nouveaux principes. Il me semble que ça dépasse le cadre de la confiance qu’il faudrait pouvoir donner entièrement à la Sainte Congrégation pour la doctrine de la foi, qui devrait donner un éclairage aussi aux autres organisme comme celui pour l’œcuménisme ou l’Unité .
Il me semble de plus que sur le strict contenu des textes de Vatican 2 avec une interprétation à la lumière e la Révélation et dans un esprit catholique nous ne soyons pas très loin de l'accord en tout cas, je suis en accord avec quasiment toutes les propositions de Vexilum Regis. Le problème reste donc pour moi l'interprétation qu'on en fait actuellement qui est parfois possible en partant de phrases de Vatican 2, mais qui alors n'est plus en lien avec la Révélation.

1] Faut-il proclamer davantage les vérités communes que les dogmes qui posent problèmes?
Ce n'est pas une position théologique mais pastorale et n'est donc en rien contraire à la foi catholique.
Je suis d'accord s'il s'agit d'une façon d'approcher les non-catholiques en partant de ce qu'ils connaissent déjà ou qu'ils croient déjà d'une façon partielle. Mais il me semble que prfois la tendance est à un chacun chez soi et chacun se respecte. Le respect est essentiel mais doit aboutir par le souci pour le salut du prochain et un devoir de charité envers lui à essayer de le ramener au sein de l'Eglise. Il ne faut pas oubier que seule la religion catholique est divine par essence et qu'elle a vraiment les moyens de conduire à Dieu. pour en venir au fait, je pensais par exemple à Assisse où, tout en ne jugeant pas l'intention du pape, le rassemblement de toutes les religions sans hiérarchie a profondément troublé l'esprit des gens. Toutes ces religions n'étant vues que comme autant de moyens de parvenir à Dieu et présentées l'une après l'autre sur un pied d'égalité. Pourquoi se convertir si au fond nous prions comme tous les autres et pouvons autant nous sauver par notre religion? Cet acte officiel de l'Eglise n'a pas été sans conséquence à mon avis sur l'évangélisation et l'état d'indifférentisme de beaucoup actuellement.

Concernant la conversion de toutes les religions, je pensais à l'idée qui maintient que la religion catholique doit avancer vers un état plus parfait comme les autres religions qui ne sont peut-être pas aussi avancées que l'Eglise catholique, mais qui tendent vers le même but. Il y a souvent mélange entre la conversion nécessaire de chacun, le catholique en essayant d'être plus fidèle au Christ, le non-catholique en venant à la religion catholique qui lui donnera le salut dans l'Amour de Dieu, et le perfectionnement de la religion. Cela revient à un point déjà débattu. A mon avis la religion catholique est déjà divine et ne manque de rien en elle-même, elle est déjà aboutie en quelque sorte, même si les hommes ne la suivent souvent qu'imparfaitement. Il me semble donc incorrect de prétendre la nécessité d'un perfectionnement ou d'un évolution de la foi catholique dans son essence.

Pour l'oecuménisme humanitaire, je soutiens tout à fait votre position par rapport au combat pour la paix dans le monde et l'Eglise se doit d'être le témoin de la charité du Christ. Cependant, si c'est un but pastoral important, elle ne doit pas pour cela mettre à l'ombre la premières de ses fonctions qui est d'annoncer le Christ. Certes, il faut chercher une harmonie entre les civilisations et à restreindre leurs confrontations en faisant d'elles un trésor particulier à chaque peuple mais aussi enrichissant pour tous. Cependant, dans l'activité missionnaire, certains ont tendance actuellement à mélanger religion et civilisations. Le respect des civilisations étrangères ne devraient pas impliquer à mon avis l'intégration de coutumes religieuses addressés à d'autres divinités dans le culte catholique. Différence de culture et partage oui, mais cela me semble un peu différent du partage des religions, puisque Dieu entre en ligne de compte avec le culte qu'Il a demandé aux hommes de Lui adresser.

Quant à la participation active des catholiques à un culte d'une autre religion, je ne connais pas non plus le texte exact du droit canon. Il me semble pourtant que le premier commandement et l'exemple des premiers chrétiens est assez clair. C'est pour cela que je ne peux que regretter l'attitude du St Père dans certains de ses voyages pastoraux où en tant que catholique, je me sens émue par son zèle infatiguable, mais aussi peinée, douloureusement peinée par certains actes officiels et donc en vitrine pour une grande partie du monde et qui me semblent pas dans la ligne de la religion catholique et du respect à Dieu, l'unique Seigneur.



Bonsoir Vexilum Regis,

Il est vrai que les éléments historiques que vous avez cité semblent présenter des ressemblances de formulation avec les textes de Vatican 2.
Laissez-moi cependant douter, non pas de leur historicité mais de la similarité de la situation avec l'époque actuelle. De fait, je ne me sens pas du tout opposé à un oeucuménisme catholique. Tous les hommes étant crée par le même Créateur et destiné au bonheur du même Dieu, il est normal qu'il y ait des essais de rapprochements entre les hommes et tout spécialement depuis que, par la Révélation, ils ont reçu une Eglise qu'ils doivent faire connaître pour mener à l'Amour de Dieu, à celui du prochain et au bonheur éternel offert à chacun. Dieu, qui est inscrit tout au fond du coeur de chaque homme, est celui que chacun recherche, mais certaines religions ont déformés son visage et son enseignement et il n'y a pas égalité dans les différentes manières de le professer. Ayant connaissance d'autres textes du Grégoire VII, je sais que son enseignement était fort éloigné d'un relativisation des religions. Aujourd'hui, même si elle n'est pas écrite textuellement dans le texte de Vatican 2, je ne crois pas que l'on puisse affirmer que cette relativisation n'a pas lieu à travers les différentes orientations oeucuméniques où il s'agit plus de reconnaissance mutuelle que véritablement de vie en commun et de conversion. "Il vaut mieux un bon juif qu'un mauvais chrétien" a dit en substance certain évêque chargé de missions oeucuméniques, dans cette orientation-là, je ne puis accepter ce point de vue.
Je crois qu'il reste à voir dans quelle mesure la collaboration avec les autres religions est productive. A mon avis, elle l'est dans la reconnaissances des richesses culturelles, scientifiques..., je pourrais citer les chorals de Bach chez les protestants, St Thomas reconnaissant le génie d'Aristote et bien d'autres encore. Il est aussi bon de reconnaître la bonne volonté et la grandeur des actions des personnes d'une autre religion, sans, pour autant en faire découler les fruits de la religion suivie. Ces richesses et ces actes là sont toujours en quelque sorte inspirées de Dieu, car tout bien vient de Lui et les catholiques les reconnaissent. Mais il faut se garder d'en faire un amlagame avec les richesses religieuses dans le sens strict et non culturel. Il me semble aussi que cet amlagame-là a souvent lieu aujourd'hui où la participation à un culte non-catholique a tendance à se transformer en une sorte de démonstration de son ouverture ou d'élargissement de son horizon spirituel...
Je pense en effet qu'il est intéressant de se nourrir de l'histoire, non pour s'y accrocher mais pour tirer leçon des évènements et comprendre certaines réalités que nous avons oublié peut-être aujourd'hui. La religion catholique prêche la charité mais cela ne doit pas empiéter sur son devoir de dire la Vérité. Assise était-elle une manière efficace par rapport aux hommes et légitime par rapport à Dieu de répandre l'enseignement du Christ? En sortant du contexte strictement oeucuménique, faut-il baisser les bras par rapport à l'avortement ou à l'homosexualité par exemple et faire des concessions pour ne pas se sentir en opposition avec la société libérale où nous vivons? Je crois qu'il y a un certain devoir d'affirmation de la Vérité qui aujourd'hui est négligé par nombre de pasteurs. La Vérité est-elle un empêcheemnt à la Charité? Je ne crois pas et pourtant, avec un grand V, elle a tendance à devenir synonyme d'intolérance, même dans les milieux catholiques.

Une partie d'une réflexion d'un théologien bien connu : Jean Rigal - tirée de la revue JONAS N°32."Aucune confession chrétienne ne détient, à elle seule, toute la vérité, mais chacune y participe pour sa part, et en détient même parfois une parcelle qui lui est propre. Vatican II reconnaît le fait: parmi les élèments et les biens qui constituent l'Eglise, - plusieurs, et même beaucoup et de grande valeur, peuvent exister en dehors des limites visibles de l'Eglise catholiques" Unitatis redintegratio N° 3
Je ne reviens pas sur cette intervention, mon père, partageant tout à fait la réponse de Vexilum Regis.


Bonne soirée à tous

Cordialement

Amica
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Lettre du pape Grégoire VII au souverain Al Nacir

Message non lupar Christophe » dim. 10 oct. 2004, 20:55

Pièce à verser au dossier de l'histoire des relations interreligieuses : une correspondance du pape Grégoire VII au prince Hammadide Al-Nacir.
[align=justify]Grégoire, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu, A Anzir, roi de la Mauritanie, de la province sitifienne, en Afrique, salut et bénédiction apostolique.

« Votre Noblesse nous a écrit cette année pour nous prier de consacrer évêque, suivant les constitutions chrétiennes, le prêtre Servand, ce que nous nous sommes empressés de faire, parce que votre demande était juste. Vous nous avez en même temps envoyé des présents, vous avez par déférence pour le bien heureux Pierre, prince des apôtres, et par amour pour nous, rachetés les chrétiens qui étaient captifs chez vous et promis de racheter ceux que l’on trouverait encore. Dieu, le créateur de toutes choses, sans lequel nous ne pouvons absolument rien, vous a évidemment inspiré cette bonté et a disposé votre cœur à cet acte généreux. Le Dieu tout-puissant, qui veut que tous les hommes soient sauvés et qu’aucun ne périsse n’approuve en effet rien davantage chez nous que l’amour de nos semblables, après l’amour que nous lui devons, et que l’observation de ce précepte : Faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous fassent. Nous devons, plus particulièrement que les autres peuples, pratiquer cette vertu de la charité, vous et nous qui, sous des formes différentes adorons le même Dieu unique, et qui chaque jour louons et vénérons en lui le créateur des siècles et le maître du monde. Les nobles de la ville de Rome, ayant appris par nous l’acte que Dieu vous a inspiré, admirent l’élévation de votre cœur et publient vos louanges. Deux d’entre eux, nos commensaux les plus habituels, Albéric et Concius, élevés avec nous dès leur adolescence dans le palais de Rome, désireraient vivement pouvoir vous être agréables en ce pays. Ils vous envoient quelques-uns de leurs hommes, qui vous diront combien leurs maîtres ont de l’estime pour votre expérience et votre grandeur, et combien ils seront satisfaits de vous servir ici. Nous les recommandons à votre Magnificence, et nous vous demandons pour eux cet amour et ce dévouement que nous aurons toujours pour vous et pour tout ce qui vous concerne. Dieu sait que l’honneur du Dieu tout puissant inspire l’amitié que nous vous avons vouée et combien nous souhaitons votre salut et votre gloire dans cette vie et dans l’autre. Nous le prions du fond du cœur de vous recevoir, après une longue vie, dans le sein de la béatitude du très saint patriarche Abraham ».[/align]
« Tout ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous le faites. » (Matthieu 25, 40)

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Message non lupar Jean-Pierre DALIBOT » lun. 11 oct. 2004, 16:48

"LA VERITE: suivons ceux qui la cherchent, fuyons ceux qui l'ont trouvée".
Une des citations que l'on peut trouver sur mon site à la page méditation - VIE.
Dans le débat sur ce fil , je là médite actuellement.
http://www.jean-pierre-dalibot.net - page méditations

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Message non lupar VexillumRegis » lun. 11 oct. 2004, 19:10

"LA VERITE: suivons ceux qui la cherchent, fuyons ceux qui l'ont trouvée".
(...) Jésus répondit: "Tu le dis, je suis roi. Je suis né et je suis venu dans le monde pour rendre témoignage à la vérité : quiconque est de la vérité écoute ma voix". Pilate lui dit: "Qu'est-ce que la vérité?"
Et Jésus avait dit peu avant, durant la dernière cène:
Je suis le chemin, la vérité et la vie ; nul ne vient au Père que par moi
Ces passages sont bien connus, et je m'étonne fort d'avoir à les rappeler, en particulier à un prêtre.

Jésus est la Vérité, il nous le dit, et la Foi nous commande de le croire. Cette Vérité souveraine et unique dans sa plénitude, le Seigneur l'a confié en dépôt à son Eglise, avant de retourner à son Père. Quiconque est de la vérité suit donc le Christ et son Eglise ; et si vous voulez fuir ceux qui l'ont trouvé [la Vérité], il vous faut donc fuir l'Eglise catholique, ce qui est gênant pour un prêtre, il faut bien en convenir.

Qui est veritas ? Ce mot de Ponce Pilate résume parfaitement le sens de votre méditation, qui prône de manière à peine voilée le relativisme, qui est un fléau de la Foi. Vous êtes un vicaire du Christ, et vous prenez pourtant le parti de celui qui l'a condamné ; il y a, me semble-t-il, un problème quelque part. En toute honnêteté.

En dehors de cette mise au point, je rappelle qu'il est cependant très juste d'affirmer qu'il existe, en dehors de la Vérité qui est le Christ -mais dérivant directement d'elle-, dans des ordres différents, de multiples vérités ; il est évidemment légitime de s'appliquer à les chercher, puisqu'elles sont en quelque sorte les "reflets" de l'unique Vérité, Jésus-Christ, Notre Seigneur.

Bien à vous,

- VR -

[J'en profite pour remercier Christophe de nous avoir cité dans son intégralité la lettre de Grégoire VII ; c'est un document très intéressant.]

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Message non lupar Amica » mar. 12 oct. 2004, 21:18

Bonsoir mon père,
"LA VERITE: suivons ceux qui la cherchent, fuyons ceux qui l'ont trouvée".
Celui qui mérite en tout premier lieu, qu'on le suive, n'est-ce pas Celui qui est la Vérité et qui dans sa Bonté a donné un merveilleux moyen de la connaître et de l'approcher, son Eglise, l'Eglise catholique?
La Vérité ne peut être revendiquée comme un bien que nous aurions acquis par nous-même, que nous posséderions par notre seule et faible réflexion d'homme. Cependant, revendiquer la Vérité comme trésor reçu par le Christ et transmis par l'Eglise, cela, loin d'être une affirmation de sa propre supériorité d'homme ou le fait d'un esprit borné, cela est simplement reconnaître les bienfaits de Dieu et lui témoigner la reconnaissance qui Lui est due.

Bien à vous

Amica

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Message non lupar Christophe » mar. 12 oct. 2004, 22:53

Bonsoir Amica, Bonsoir à tous !
Le respect est essentiel mais doit aboutir par le souci pour le salut du prochain et un devoir de charité envers lui à essayer de le ramener au sein de l'Eglise.
[align=justify]Par la grâce de Dieu, le combat pour la paix et la mission d'Evangélisation de l'Eglise ne sont pas incompatibles !
Lorsque le Christ envoie ses disciples annoncer Sa Bonne Nouvelle à toutes les nations, Il ne les invite pas à faire preuve d'arrogance, mais à être "rusé comme le serpent et doux comme la colombe". Les chrétiens ont pour mission de diffuser l'Evangile, mais ils ont le devoir de le faire dans le respect des commandements de la Loi divine et notamment l'amour du prochain. Ce n'est qu'ainsi que l'Eglise pourra instaurer la Pax Catholica, la Civilisation de l'Amour, pleinement conforme à l'Esprit-Saint de Son divin fondateur. Et si pour cela il faut tendre la joue... A ceux dont l'esprit est obscurci par les fausses doctrines et qui sont hermétiques à la Parole, il faut témoigner du Christ par les oeuvres : "Que votre lumière brille ainsi devant les hommes, afin qu'ils voient vos oeuvres bonnes, et glorifient votre Père qui est dans les cieux." (Mt 5.16)
Car c'est aux fruits que l'on reconnait l'arbre, et quel fruit meilleur qu'une paix véritable pouvait-on espérer montrer aux incrédules pour les convertir ?

Je n'ai aucun doute sur la sincérité et la droiture de vos intentions mais - de même que vous doutez de l'efficacité du dialogue interreligieux - je doute personnellement de l'efficacité missionnaire d'une attitude toute faite d'arrogance, de mépris et de sollicitude. Pensez-vous que l'attitude type "fondamentaliste-évangéliste" qui inspire la "Croisade" (sic.) de G. W. Bush sert véritablement sa cause ?[/align]
Il ne faut pas oubier que seule la religion catholique est divine par essence et qu'elle a vraiment les moyens de conduire à Dieu. pour en venir au fait, je pensais par exemple à Assisse où, tout en ne jugeant pas l'intention du Pape, le rassemblement de toutes les religions sans hiérarchie a profondément troublé l'esprit des gens. Toutes ces religions n'étant vues que comme autant de moyens de parvenir à Dieu et présentées l'une après l'autre sur un pied d'égalité. Pourquoi se convertir si au fond nous prions comme tous les autres et pouvons autant nous sauver par notre religion? Cet acte officiel de l'Eglise n'a pas été sans conséquence à mon avis sur l'évangélisation et l'état d'indifférentisme de beaucoup actuellement.
[align=justify]Il est regrettable que beaucoup aient mal interprété la rencontre interreligieuse d'Assise, soit pour se réjouir soit pour fustiger un relativisme et/ou un syncrétisme qui n'existent que dans leurs fantasmes. Leur méprise ne fait pourtant pas de la rencontre d'Assise un sacrilège ! Et honni soit qui mal y pense !

La rencontre d'Assise doit être vu comme une volonté de donner un écho à la citation de Sa sainteté le Pape Grégoire VII : "Le Dieu tout-puissant, qui veut que tous les hommes soient sauvés et qu’aucun ne périsse n’approuve en effet rien davantage chez nous que l’amour de nos semblables, après l’amour que nous lui devons, et que l’observation de ce précepte : Faites aux autres ce que vous voudriez qu’ils vous fassent."

Assise était-elle une manière efficace de répandre l'enseignement du Christ ? Je ne sais pas. Peut-être que oui. Peut-être que non. Mais que celui - ou celle - qui n'a jamais failli lance la première pierre ! Mais ce n'est pas sur cette pierre-là que le Christ a bâtit Son Eglise...[/align]
Concernant la conversion de toutes les religions, je pensais à l'idée qui maintient que la religion catholique doit avancer vers un état plus parfait comme les autres religions qui ne sont peut-être pas aussi avancées que l'Eglise catholique, mais qui tendent vers le même but.
[align=justify]Peut-être y a-t-il confusion entre religion catholique et Eglise catholique, car ne connais personne qui défende une telle conception. L'Eglise - comme communauté humaine - doit poursuivre ses efforts de sanctification et de purification qui ne sont pas - et ne seront jamais - achevés.[/align]
Quant à la participation active des catholiques à un culte d'une autre religion, je ne connais pas non plus le texte exact du droit canon.
[align=justify]§ 1 Il n’est pas permis aux fidèles d’assister activement ou de prendre part, sous quelque forme que ce soit, aux rites sacrés non-catholiques.
§ 2 La présence passive ou simplement matérielle aux cérémonies d’un culte hétérodoxe peut être tolérée pour un motif d’honneur à rendre ou d’obligation de politesse. Ce motif doit être sérieux et, en cas de doute, soumis à l’appréciation de l’Ordinaire. Il est ainsi permis de prendre part aux funérailles et au mariage des non-catholiques, ainsi qu’aux solennités analogues, mais pourvu que tout danger de perversion et de scandale soit écarté.

(Code de Droit canonique, Can. 1258)

"La communicatio in sacris, si elle porte atteinte à l'unité de l'Église ou si elle implique une adhésion formelle à l'erreur ou un risque d'égarement dans la foi, de scandale ou d'indifférentisme, est interdite par la loi divine."
(Conc. œcum. Vat. II, Décret sur les Églises orientales catholiques Orientalium Ecclesiarum, n. 26.)[/align]
Aujourd'hui, même si elle n'est pas écrite textuellement dans le texte de Vatican 2, je ne crois pas que l'on puisse affirmer que cette relativisation n'a pas lieu à travers les différentes orientations oeucuméniques où il s'agit plus de reconnaissance mutuelle que véritablement de vie en commun et de conversion.
[align=justify]Je ne comprends pas le lien que vous établissez entre la reconnaissance mutuelle des communautés humaines et le relativisme (ou indifférentisme religieux)...[/align]
"Il vaut mieux un bon juif qu'un mauvais chrétien" a dit en substance certain évêque chargé de missions oeucuméniques, dans cette orientation-là, je ne puis accepter ce point de vue.
Je ne vois là qu'une formule synthétique qui rejoint, sur le fond, vos propos :
[align=justify]"A mon avis, la dignité humaine réside dans le fait que l'homme est capable de Dieu, capable de surpasser sa nature mortelle pour continuer à vivre après la mort dans la vie éternelle, dans le fait qu'il est capable de passer du naturel au surnaturel, de vivre d'esprit, de vivre d'amour, de vivre de Dieu. La dignité personnelle dépend, à mon sens, de la réponse que nous donnons à ce destin merveilleux qui est proposé à tous les hommes. Ainsi, en prenant un exemple extrême, je ne pourrais pas dire qu'un assassin est aussi digne de son humanité qu'un innocent. Je crois que la dignité s'accroit en fonction qu'on se rapproche de Dieu et qu'on répond à son appel et à sa volonté. [...]

Je pense effectivement qu’il faut distinguer dans l’Eglise catholique un corps, partie externe et une âme, partie interne. L’appartenance au corps de l’Eglise est marquée par une profession extérieure à la doctrine du Christ, une participation aux sacrements et l’obéissance aux pasteurs. L’appartenance à l’âme consiste dans la grâce sanctifiante accompagnée des dons du St Esprit et des vertus infuses. Le fidèle en état de grâce appartiendrait aux deux et c’est l’état à rechercher, en état de péché mortel, il n’appartient plus qu’au corps, tandis que les non catholiques de bonne volonté et de cœur pur appartiennent à l’âme sans appartenir au corps.
"[/align]
Il est aussi bon de reconnaître la bonne volonté et la grandeur des actions des personnes d'une autre religion, sans, pour autant en faire découler les fruits de la religion suivie. Ces richesses et ces actes là sont toujours en quelque sorte inspirées de Dieu, car tout bien vient de Lui et les catholiques les reconnaissent. Mais il faut se garder d'en faire un amlagame avec les richesses religieuses dans le sens strict et non culturel.
[align=justify]Oui. Cependant il faut remarquer que dans une optique catholique, les fausses religions sont de purs faits culturels...[/align]
Il me semble aussi que cet amlagame-là a souvent lieu aujourd'hui où la participation à un culte non-catholique a tendance à se transformer en une sorte de démonstration de son ouverture ou d'élargissement de son horizon spirituel...
Effectivement, le syncrétisme est le péril majeur de l'oecuménisme...


En union de prières.
Christophe
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Message non lupar Amica » jeu. 14 oct. 2004, 22:37

Bonsoir Christophe,

Je vous rejoins entièrement dans ce que vous avez dit par rapport à la paix, l'Eglise à travers le message du Christ doit faire son possible pour étendre la paix et l'harmonie. Je ne crois pas d'ailleurs que j'aie défendu à travers mes messages une Croisade du style Bush et loin de là. Je pense que la position de l'Eglise doit être un juste milieu: son premier but est d'être garante de la doctrine du Christ, d'enseigner la Vérité et de mener au salut. A ce premier but est directement rattachée un second qui en découle, celui-ci consiste à travailler sur un plan temporel à établir une civilisation garante des préceptes évangéliques. Pour moi, croisade à la Bush et dialogue interreligieux, dans le sens actuel, je précise, c'est-à-dire une mauvaise version de l'œcuménisme à mon avis sont deux tendances qui dévient un peu. La première oublie le commandement essentiel de la Charité, de même que l'humilité et la douceur. La deuxième pour trouver une harmonie entre tous, néglige la Vérité, non pas en la reniant, mais en la taisant et en cherchant un accord sur des points humains, humanitaires, ce qui évite c'est certains les divergences théologiques. Cependant il me semble que l'on ne doit pas oublier que cette paix imparfaite puisque temporelle que l'Eglise doit à la mesure de son possible essayer d'étendre sur cette terre, cette paix n'est que le reflet d'une autre paix, parfaite celle-là, celle à laquelle tous les hommes sont appelés et qui sera celle de l'autre monde. Il est donc à mon avis nécessaire à la fois de chercher à vivre en harmonie dans l'amour du prochain et en même temps de ne pas perdre de vue le but pour tous qui est la Vérité, d'où découlera la paix éternelle, la paix temporelle est à rechercher mais pas en but ultime.

Pour l'évènement d'Assise, je me permets de préciser que mon jugement ne concerne pas les personnes en question. Je laisse à Dieu le soin de juger dans sa miséricorde les actes de tel ou tel. Cependant, cet évènement dépasse la portée d'un acte personnel. C'est l'Eglise catholique qu'on a dit représenter dans cette réunion et en tant que membre de l'Eglise catholique, je ne peux que me sentir concernée, du moins dans une certaine mesure. Certes, je n'y suis pas allée, et si je l'aurais fait cela aurait été certainement sur la poussette à cette époque-là. Exprimer quelques réticences par rapport à ce que je considère pour le moment comme une déviance, n'implique pas de jeter la pierre, ce n'est pas un jugement ou une condamnation de personne, mais la reconnaissance de la cohérence ou de la non-cohérence d'un acte avec la doctrine chrétienne. On peut tout à fait, je pense, séparer les actes bons des actes mauvais sans que cela veuille dire jeter la pierre, ni que cela implique une prétention à être soi-même parfait. Je crois que cette phrase de l'Evangile ne peut pas être appliquée indifféremment à toutes les sauces ou alors il n'est plus possible de tenir des jugements de valeur.
Si j'apprécie beaucoup la douceur, la profondeur et l'équilibre du texte du Saint pape Grégoire VII, je ne vois pourtant pas le lien direct avec l'esprit d'Assise. En effet à Assise, il me semble que les personnes rassemblées l'étaient tout d'abord en tant que représentants d'autres religions. SI cela n'était pas l'intention des meneurs de ce projet, je crois qu'il faut tout de même reconnaître qu'il y a une ambiguïté par rapport au but, une ambiguïté qui très facilement a pu faire croire à un certain relativisme, non seulement dans les fantasmes, mais aussi dans les représentations et le déroulement de cette journée, où l'égalité était de mise sans hiérarchie, ni prépondérance dans la présentation des religions. L'harmonie avec le prochain et la charité dans la vie en commun sont assez différentes d'une réunion extraordinaire de cultes dont l'Eglise catholique connaît pertinemment la fausseté et le fait que pour tous les hommes engagés dans ces religions, il sera particulièrement difficile de trouver le chemin du salut, puisqu'ils ne possèdent pas les secours de la grâce diffusée à travers l'Eglise.
A ce propos, je ne peux pas corroborer vos paroles, lorsque vous affirmez que dans une optique catholique, les fausses religions sont de simples faits culturels. Certains éléments à l'intérieur de ces religions sont culturels, comme la musique, la peinture…etc. Mais les religion sont plus que des faits culturels, elles sont une erreur, qui même suivie bonne volonté est un obstacle sur la voie du salut et en elle-même une atteinte à l'honneur du Dieu unique. Si les fausses religions sont de simples faits culturels, je ne comprends plus l'attitude des premiers chrétiens préférant la mort au sacrifice des idoles. Si brûler quelques grains d'encens n'était que culturel, je ne comprends pas leur obstination. En fait, c'est que sous-jacent un simple geste, brûler des grains d'encens se trouve sous-entendu l'adoration d'un dieu qui prend la place de Dieu et ce geste-là, un chrétien ne peut l'accomplir, par respect pour sa foi.
Quand à affirmer ou pas la présence d'un sacrilège à Assise, de nouveau il n'est pas possible de juger les personnes et je ne le veux pas. Quant à certains actes en eux-mêmes, j'ai quelques doutes, en connaissant mon catéchisme, s'ils ne se trouvent pas parmi les péchés contre le premier commandement, dont la profanation d'un lieu sacré, une église par exemple, par un culte d'une fausse religion et Bouddha ne représente pas vraiment le Christ…

Je me suis sûrement pas exprimée ou mal fait comprendre, mais je ne crois pas avoir soutenu par mes propos l'expression: "un bon juif vaut mieux qu'un mauvais catholique" Vexilum Regis avait mieux que moi expliqué que le salut en dehors de l'Eglise catholique a lieu par le rattachement mystérieux à l'âme de l'Eglise, mais il avait aussi rappelé que cette voie est souvent exceptionnelle, dans les cas d'ignorance non fautive, et en tout cas plus difficile et moins sûre que l'Eglise catholique. Je le rejoins tout à fait sur ce point. Aussi pour un homme, même s'il suit avec bonne volonté une fausse religion, il vaut mieux qu'il retourne au berceau de l'Eglise catholique, où il pourra recevoir la grâce et le St Esprit dans la surabondance de ses dons à travers les sacrements. En relisant mon message précédent, je vois qu'il y a pu se glisser un certain malentendu, en tronquant la phrase citée: "Pourquoi convertir le juifs, un bon juif vaut mieux qu'un mauvais catholique" Cela remettait en question la nécessité de la conversion même pour les gens de bonne volonté et le fait qu'ils aient à apprendre, à s'intégrer dans une nouvelle religion, à changer certains de leurs points de repère n'est pas négatif à mon avis, mais au contraire nécessaire. Je pense que l'incompréhension vient de là et c'est avec cette affirmation de la non-nécessité de la conversion que je n'étais pas d'accord.

Je crois qu'il y a encore quelques points auxquels je n'ai pas répondus, n'ayant plus de temps ce soir, je me permets de laisser cela pour plus tard.

Bonne soirée à tous

Bien à vous
Amica

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Le Décalogue d'Assise pour la Paix

Message non lupar Christophe » jeu. 14 oct. 2004, 23:03

[align=center]Le Décalogue d'Assise pour la Paix[/align]

[align=justify]1. Nous nous engageons à proclamer notre ferme conviction que la violence et le terrorisme s'opposent au véritable esprit religieux et, en condamnant tout recours à la violence et à la guerre au nom de Dieu ou de la religion, nous nous engageons à faire tout ce qui est possible pour éradiquer les causes du terrorisme.

2. Nous nous engageons à éduquer les personnes au respect et à l'estime mutuels, afin que l'on puisse parvenir à une coexistence pacifique et solidaire entre les membres d'ethnies, de cultures et de religions différentes.

3. Nous nous engageons à promouvoir la culture du dialogue, afin que se développent la compréhension et la confiance réciproques entre les individus et entre les peuples, car telles sont les conditions d'une paix authentique.

4. Nous nous engageons à défendre le droit de toute personne humaine à mener une existence digne, conforme à son identité culturelle, et à fonder librement une famille qui lui soit propre.

5. Nous nous engageons à dialoguer avec sincérité et patience, ne considérant pas ce qui nous sépare comme un mur insurmontable, mais, au contraire, reconnaissant que la confrontation avec la diversité des autres peut devenir une occasion de plus grande compréhension réciproque.

6. Nous nous engageons à nous pardonner mutuellement les erreurs et les préjudices du passé et du présent, et à nous soutenir dans l'effort commun pour vaincre l'égoïsme et l'abus, la haine et la violence, et pour apprendre du passé que la paix sans la justice n'est pas une paix véritable.

7. Nous nous engageons à être du côté de ceux qui souffrent de la misère et de l'abandon, nous faisant la voix des sans-voix et oeuvrant concrètement pour surmonter de telles situations, convaincus que personne ne peut être heureux seul.

8. Nous nous engageons à faire nôtre le cri de ceux qui ne se résignent pas à la violence et au mal, et nous désirons contribuer de toutes nos forces à donner à l'humanité de notre temps une réelle espérance de justice et de paix.

9. Nous nous engageons à encourager toute initiative qui promeut l'amitié entre les peuples, convaincus que, s'il manque une entente solide entre les peuples, le progrès technologique expose le monde à des risques croissants de destruction et de mort.

10. Nous nous engageons à demander aux responsables des nations de faire tous les efforts possibles pour que, aux niveaux national et international, soit édifié et consolidé un monde de solidarité et de paix fondé sur la justice.[/align]

24 janvier 2002

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Lettre de Jean-Paul II aux Chefs d'État ou de Gouvernement

Message non lupar Christophe » jeu. 14 oct. 2004, 23:15

[align=center]Lettre de Jean-Paul II aux Chefs d'État ou de Gouvernement[/align]

À Leurs Excellences
les Chefs d'État ou de Gouvernement,


[align=justify]Il y a juste un mois se déroulait à Assise la Journée de prière pour la paix dans le monde. Aujourd'hui, ma pensée se tourne spontanément vers les responsables de la vie sociale et politique des pays qui y étaient représentés par les chefs religieux de nombreuses nations.

Les interventions inspirées de ces hommes et de ces femmes, représentants des diverses confessions religieuses, ainsi que leur désir sincère d'oeuvrer en faveur de la concorde, de la recherche commune du vrai progrès et de la paix au sein de la famille humaine tout entière, ont trouvé leur expression à la fois élevée et concrète dans un "décalogue" proclamé en conclusion de cette journée exceptionnelle.

J'ai l'honneur de remettre le texte de cet engagement commun à Votre Excellence, convaincu que ces dix propositions pourront inspirer l'action politique et sociale de son gouvernement.

J'ai pu constater que les participants à la rencontre d'Assise étaient plus que jamais animés d'une conviction commune : l'humanité doit choisir entre l'amour et la haine. Et tous, se sentant membres d'une même famille humaine, ont su traduire cette aspiration à travers ce décalogue, persuadés que si la haine détruit, l'amour au contraire construit.

Je souhaite que l'esprit et l'engagement d'Assise conduisent tous les hommes de bonne volonté à la recherche de la vérité, de la justice, de la liberté, de l'amour, afin que toute personne humaine puisse jouir de ses droits inaliénables, et chaque peuple, de la paix. Pour sa part, l'Église catholique, qui met sa confiance et son espérance dans "le Dieu de la charité et de la paix" (2 Corinthiens 13, 11), continuera à s'engager afin que le dialogue loyal, le pardon réciproque et la concorde mutuelle balisent la route des hommes en ce troisième millénaire.

Sachant gré à Votre Excellence de l'intérêt qu'Elle voudra bien prêter à mon message, je saisis l'occasion qui m'est ainsi offerte pour L'assurer de ma très haute considération.[/align]

Du Vatican, le 24 février 2002.
[align=center]IOANNES PAULUS II[/align]

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LA VERITE

Message non lupar Jean-Pierre DALIBOT » sam. 16 oct. 2004, 12:17

Tout simplement pour mettre au dossier:
" Il y a beaucoup de chemins vers Dieu. Le premier est le chemin de la Vérité. Tout homme porte en lui-même une passion pour la Vérité. Dieu étant la Vérité même, l'homme en cherchant le vrai est sur le chemin de Dieu. Il le trouvera au bout de cette recherche. Mais pour nos contemporains, ce chemin rencontre un obstacle: celui du scepticisme. "Qu'est-ce que la Vérité?"
Voilà une question qui est sur les lèvres et dans le coeur de chaque homme, fils de son temps. Les "Pilate" sont nombreux par les temps qui courent.
Le chemin de la Vérité reste praticable. Il n'est plus le chemin préféré de la plupart de nos compagnons de route
."

Godfried Cardinal, Danneels, Archevêque de Malines-Bruxelles
[align=right][/align]

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Message non lupar Christophe » dim. 17 oct. 2004, 19:40

Bonsoir Amica
Pour moi, croisade à la Bush et dialogue interreligieux, dans le sens actuel, je précise, c'est-à-dire une mauvaise version de l'œcuménisme à mon avis sont deux tendances qui dévient un peu.
[align=justify]Je suis content que nous soyons tombés d'accord sur les deux dimensions d'évangélisation et de pacification de la mission apostolique de l'Eglise.
Je pense donc que vous pouvez vous dispensez de spécifier "dans le sens actuel" lorsque vous vouler signifier "dans un sens subverti". L'Eglise "dans le monde de ce temps" est pleinement héritière de la Tradition, ne vous en déplaise.

Concernant Assise, je n'ai pas voulu nier le droit de porter un regard critique (droit que certains de vos correligionnaires de la FSPX nient allégrement).
J'ai évoqué l'épisode de la femme adultère car Jésus condamne clairement l'acte mais ne rejette ni ne condamne pour autant la pêcheresse. Au contraire, Il lui pardonne. Et ce pardon, Il serait prêt à lui offrir sept fois soixante-dix sept fois, si nécessaire. Les disciples de Mgr Lebfevre ne se contentent pas de condamner la rencontre d'Assise (en fondant cette critique sur des préjugés erronés de relativisme/syncrétisme/modernisme...) : ils condamnent l'Eglise et le Trône de Pierre. Ils ne sont pas prêts ni à s'expliquer honnêtement, ni à faire preuve de miséricorde. Ils rejettent l'Epouse du Christ comme les pharisiens rejettent les femmes impures.
Et bien ! Ils se sont séparés de la vigne et le sarment schismatique pourrira comme il a commencé à faire ![/align]
Si j'apprécie beaucoup la douceur, la profondeur et l'équilibre du texte du Saint Pape Grégoire VII, je ne vois pourtant pas le lien direct avec l'esprit d'Assise. En effet à Assise, il me semble que les personnes rassemblées l'étaient tout d'abord en tant que représentants d'autres religions.
[align=justify]Il me semble au contraire que la Lettre de Jean-Paul II aux Chefs d'État ou de Gouvernement exprime très clairement que les Chefs religieux présents représentaient avant tout les "responsables de la vie sociale et politique des pays" et des nations.

Assise est une rencontre pour la Paix, une rencontre politique dans le sens noble du terme, et les acteurs présents le sont comme acteurs politiques. Très loin d'une vision laïciste de la société, le gouvernement de l'Eglise catholique sait parfaitement la place prépondérante des institutions religieuses dans la définition des morales sociales. Les institutions religieuses sont même sans doute beaucoup plus légitimes, dans un certain nombre de pays, que la bande de despotes au pouvoir...
Lisez-donc les déclarations finales de ces rencontres interreligieuses : ce sont des déclarations purement politiques.[/align]
A ce propos, je ne peux pas corroborer vos paroles, lorsque vous affirmez que dans une optique catholique, les fausses religions sont de simples faits culturels. Certains éléments à l'intérieur de ces religions sont culturels, comme la musique, la peinture…etc. Mais les religion sont plus que des faits culturels, elles sont une erreur, qui même suivie bonne volonté est un obstacle sur la voie du salut et en elle-même une atteinte à l'honneur du Dieu unique. Si les fausses religions sont de simples faits culturels, je ne comprends plus l'attitude des premiers chrétiens préférant la mort au sacrifice des idoles. Si brûler quelques grains d'encens n'était que culturel, je ne comprends pas leur obstination.
[align=justify]Je pense qu'il y a un malentendu sur ce que nous mettons sous le vocable "culture"... Pour moi, la culture est la réponse apportée par une communauté humaine aux questions existentielles qui habitent le coeur de l'Homme. Les religions humaines sont des artifices qui tentent de répondre au besoin de trancendance de l'esprit humain. En cela, ils sont de purs faits culturels. Cette réponse apportée peut être plus ou moins conforme à la Vérité.

La Vraie Religion, a contrario, est révélée par Dieu à l'Humanité. En cela elle n'est pas culturelle : ce n'est pas une simple réponse fournie par les hommes, mais la Vérité de Dieu. Elle est elle-même transcendante, et seule à même de répondre exactement aux besoins authentiques de l'homme en matière de spirtitualité.

L'excision peut être coutumière et culturelle, cela ne la rends pas pour autant acceptable... L'homme a le droit de se tromper, mais celui qui connaît la Vérité a le devoir de s'y rallier. (Errare humanus est, sed perseverare diabolicus.) C'est pourquoi il est sacrilège pour un chrétien de rendre un culte aux idoles des païens.[/align]
Quant à certains actes en eux-mêmes, j'ai quelques doutes, en connaissant mon catéchisme, s'ils ne se trouvent pas parmi les péchés contre le premier commandement, dont la profanation d'un lieu sacré, une église par exemple, par un culte d'une fausse religion et Bouddha ne représente pas vraiment le Christ…
Pourriez-vous préciser l'évènement précis auquel vous faites allusion ? (Sources fiables et vérifiables.)
En relisant mon message précédent, je vois qu'il y a pu se glisser un certain malentendu, en tronquant la phrase citée: "Pourquoi convertir le juifs, un bon juif vaut mieux qu'un mauvais catholique"
[align=justify]Effectivement, cette troncature involontaire m'avait induit en erreur. ;-) Je vous rejoins sur le fait que cette nouvelle citation est contraire à l'Evangile.[/align]
Je crois qu'il y a encore quelques points auxquels je n'ai pas répondus, n'ayant plus de temps ce soir, je me permets de laisser cela pour plus tard.
J'espère ne pas vous avoir coupé dans votre élan ?


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Encyclique "Ut unum sint"

Message non lupar Christophe » sam. 23 oct. 2004, 13:07

Bonjour à tous !

Le 25 mai 1995, le Saint-Père Jean-Paul II publiait l'encyclique "Ut unum sint" (Sur l'engagement oecuménique).

Je vous transmet un lien qui pointe sur le site du Siège apostolique, vers la page où est reproduite dans son intégralité cette encyclique pontificale :
http://www.vatican.va/holy_father/john_ ... nt_fr.html


Bonne lecture ! ;-)
Christophe
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