L'Assomption de la Vierge Marie

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Dodo87
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Question théologique sur la Sainte Vierge Marie

Message non lupar Dodo87 » jeu. 17 sept. 2015, 22:39

[...]

En ayant récité le chapelet ce dimanche et en arrivant au 4ème mystère glorieux: L'Assomption de Marie je médite sans le savoir en continuant à réciter les avé Maria et là je me pose quelques questions et pour cela j'aurais besoin que vous me donniez vos avis avec des sources à l'appui.

Je tiens à préciser que j'ai été baptisé adulte il y a de cela sept ans ayant eu une perte de foi ces dernières années.. Je recommence tout doucement à me remettre sur le chemin de Jésus. Du coup des questions me viennent et c'est pour cela que j'aurais besoin de vous.

Ma question est: Si la Sainte Vierge Marie est monté corps et âme au ciel comment est ce possible que son corps de "chair et de sang" puisse accéder au Ciel??
Certes, elle a été conçue sans péché donc ce qui voudrait dire qu'à sa naissance elle ne portait pas en elle le péché originel comme nous tous nous les êtres humains donc que dès sa naissance on pourrait dire qu'elle était déjà considérer comme une "divinité".A en croire les évangiles on ne dirait pas qu'elle était au courant de sa particularité et de ce qu'allait devenir sa vie en acceptant par un OUI la mission de Dieu pour l'humanité.Parle t-on dans l'ancien testatement de la venue d'une nouvelle "Ève" celle qui deviendra la mère du Messie?

Ensuite j'ai eu une reflexion sur La Sainte Vierge Marie si elle fut une créature de Dieu comme la notre et qu'elle est désormais corps et âme au Ciel mais également Reine du ciel au dessus même des anges de plus Mère de Jésus, de Dieu. Une modeste créature élevés a un rang aussi Majestueux qu'il soit je comprend encore mieux que "l'adversaire" ai une haine inimaginable envers nous. Nous simples humains fais de chair et de sang avec une connaissance limité je suis totalement en admiration envers notre Sainte Mère du Ciel Marie et je comprend davantage "l'arme"la plus puissante contre les forces du mal qui est celle du Rosaire. Jean Paul II adorait le réciter et en offrait à chaque fois qu'une personne lui rendait visite ;)
[Message fusionné. Consultez ce fil, Dodo, vous y trouverez des infos. La Modération]
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Aucun amoureux, même au comble de la passion, ne s'enflamme pour sa bien aimée avec la même ardeur que celle dont Dieu désire le salut de nos âmes. St Jean Chrysostome, surnommé le "docteur de l'eucharistie"

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L'Assomption de la Vierge Marie

Message non lupar Trinité » mar. 15 août 2017, 13:08

Questions:
1° - Sur quels textes évangéliques s'est basée l'Eglise pour affirmer ,en ce qui concerne l'Assomption de la Vierge Marie :
- A l'âge d'environ 70 ans,la très Sainte Vierge Marie s'éteignit dans la mort.
- Comme Jésus,elle fut mise dans un tombeau.
- Comme lui,elle n'en subit pas la corruption.
- A l'appel de Jésus,elle revint à la vie.
-Elle fut élevée au Ciel.

2° - Après l'Ascension ,quels furent les rapports entre les apôtres et la Vierge Marie ? On ne trouve pas grand chose dans les évangiles!

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Re: L'Assomption de la Vierge Marie

Message non lupar Foxy » mar. 15 août 2017, 14:13

Bonjour Trinité

Voici ce que j'ai trouvé sur le site de l'Eglise catholique de France, du Père Laurent de Villeroché, eudiste
Malgré la discrétion des Évangiles, les premiers chrétiens n’ont pas mis longtemps à réfléchir à la place de Marie dans leur foi. Ils ont rapidement voulu célébrer ses derniers moments, comme ils le faisaient pour honorer leurs saints. À cause du caractère unique de sa coopération, une croyance se répand : son « endormissement » – sa Dormition – consiste en réalité en son élévation, corps et âme, au ciel par Dieu.

La fête exprime cette croyance : chaque 15 août, les chrétiens célèbrent à la fois la mort, la résurrection, l’entrée au paradis et le couronnement de la Vierge Marie.

En 1950, le pape Pie XII estime utile de proposer une définition plus précise : « La Vierge immaculée, préservée par Dieu de toute atteinte de la faute originelle, ayant accompli le cours de sa vie terrestre, fut élevée corps et âme à la gloire du ciel, et exaltée par le Seigneur comme la Reine de l’univers, pour être ainsi plus entièrement conforme à son Fils, Seigneur des seigneurs, victorieux du péché et de la mort ». La définition fait partie des dogmes de l’Église.
 
L’Assomption de Marie dans le sillage de l’Ascension du Christ

On associe souvent l’Assomption de Marie avec l’Ascension du Christ ; de fait, les mots se ressemblent et il y a dans les deux cas une montée mystérieuse au ciel dans la gloire de Dieu.
Pourtant, « assomption » ne vient pas du verbe latin « ascendere » (monter, s’élever), qui a donné « Ascension », mais d’« assumere » (assumer, enlever). L’étymologie souligne l’initiative divine : Marie ne s’élève pas toute seule vers le ciel, c’est Dieu qui fait le choix de l’« assumer », corps et âme, en la réunissant à son Fils sans attendre la résurrection finale, tant elle a su s’unir, corps et âme, à Lui dès sa vie terrestre.

Dans le sillage de l’Ascension, Marie inaugure le destin ouvert aux hommes par la résurrection de son Fils et anticipe ce qui deviendra la condition des sauvés à la fin des temps.
 
La fête de l’Assomption entretient l’espérance

La liturgie de l’Assomption célèbre Marie comme la « transfigurée » : elle est auprès de Lui avec son corps glorieux et pas seulement avec son âme ; en elle, le Christ confirme sa propre victoire sur la mort.

Marie réalise ainsi le but pour lequel Dieu a créé et sauvé les hommes. En la fêtant, les croyants contemplent le gage de leur propre destin, s’ils font le choix de s’unir à leur tour au Christ.

Cette contemplation renforce enfin la confiance dans l’intercession de Marie : la voilà toute disponible pour « guider et soutenir l’espérance de ton peuple qui est encore en chemin » (préface). Ils aiment alors demander à Dieu : « Fais que, nous demeurions attentifs aux choses d’en-haut pour obtenir de partager sa gloire.
La foi que j’aime le mieux,dit Dieu,c’est l’Espérance.
Charles Péguy

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Re: L'Assomption de la Vierge Marie

Message non lupar Teano » mar. 15 août 2017, 16:35

Bonjour Trinité,

Vous avez ici, une explication très détaillée de l'Assomption de la Vierge Marie :

http://www.mariedenazareth.com/tout-sur ... n-paul-ii/

L'Assomption de la Vierge Marie fait partie de la foi chrétienne depuis les temps apostoliques eet celle-ci s'est approfondie en lien avec la Résurrection du Christ à laquelle elle est étroitement liée.

Dans la joie de Marie qui intercède pour nous,

Teano
"« Sous l’abri de ta miséricorde, nous nous réfugions, sainte Mère de Dieu. Ne repousse pas nos prières quand nous sommes dans l’épreuve, mais de tous les dangers, délivre-nous, Vierge glorieuse et bénie »"


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Re: L'Assomption de la Vierge Marie

Message non lupar Trinité » mar. 15 août 2017, 19:14

Bonjour Téano .
Merci pour votre lien qui appelle de ma part les réflexions suivantes :

De plus, la même tradition ecclésiale voit dans la maternité divine la raison fondamentale de l'Assomption.

Nous trouvons une trace intéressante de cette conviction dans un récit apocryphe du Vème siècle, attribué au pseudo-Méliton. L'auteur imagine que le Christ interroge Pierre et les Apôtres sur le sort que mérite Marie, et il reçoit d'eux cette réponse :

« Seigneur, tu as choisi ta servante afin qu'elle devienne pour toi une résidence immaculée... Il nous a donc semblé juste, à nous tes serviteurs, que, après avoir vaincu la mort, tu règnes dans la gloire, que tu ressuscites le corps de ta mère et que tu la conduises avec toi, remplie de joie au ciel »[2].

Je pense également que la maternité divine, donne la raison fondamentale de l'Assomption . En ce qui concerne la conviction engendrée par le récit apocryphe et le texte très cohérent qui suit , je trouve cela également très logique , mais ce ne sont que des convictions et non des faits!
A contrario ! Les témoignages relatifs à la résurrection du Christ ,sont nombreux et relatés par les évangiles!
Il n'existe rien de pareille pour la Vierge Marie .En fait! Tout se passe dans notre conviction de son Assomption!

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Re: L'Assomption de la Vierge Marie

Message non lupar Cinci » mer. 16 août 2017, 4:33

La maternité de Marie préfigure le paradis terrestre

Le rôle de Marie ne peut se comprendre en dehors de l'histoire du salut, ce qui ne fait pas d'elle une simple figurante dans le plan divin. En effet, Dieu a choisi de rendre son acte de rédemption inconcevable sans elle.

Marie fait partie de ce plan depuis le tout début. Elle a été choisie et annoncée dès l'instant de la création de l'homme et de la femme. En fait, les premiers chrétiens voyaient en Marie et en Jésus le recommencement de la création initiale. Saint Paul présente Adam comme la préfiguration de Jésus (Rm 5,14) et Jésus comme le nouvel Adam ou le "dernier" Adam (1 Co 15,21; 45-49).

Au commencement

Les premiers chrétiens considéraient le début de la Genèse - avec le récit de la création, de la chute et de la promesse de rédemption - comme étant à ce point christologique qu'ils l'ont intitulé Protoevangilium, soit le Premier Évangile. Et quoique ce thème ne soit explicite que dans les écrits de Paul et des Pères de l'Église, il est déjà implicitement évoqué dans tout le Nouveau Testament. Par exemple, tout comme Adam, Jésus a subi la tentation dans un jardin à Gethsémani (Mt 26, 36-46; Jn 18,1), Comme Adam, on le mena à un arbre où il fut entièrement mis à nu (Mt 27,31). Comme Adam, il sombra dans le profond sommeil de la mort, de sorte que de son flanc émergeait la nouvelle Ève (Jn 19,26-35; 1 Jn 5,6-8), l'Église, son épouse.

Le thème du nouvel Adam ne se déploie nulle part aussi habilement que dans l'Évangile de saint Jean. Dans son Évangile, Jean ne développe pas ses idées à la manière d'un commentateur. Il choisit plutôt de raconter l'histoire de Jésus-Christ. Et cette histoire, il l'amorce en faisant écho au plus primitif de tous les écrits : le récit de la création dans la Genèse.

La correspondance la plus évidente tient dans l'utilisation de l'expression au commencement. Les deux livres - la Genèse et l'Évangile de Jean - débutent en fait par ces mots. La Genèse les dispose dès l'entrée en matière : "Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre" (Gn 1,1), ce que Jean reproduit presque exactement en écrivant : "Au commencement était le Verbe et le Verbe était auprès de Dieu et le Verbe était Dieu" (Jn 1,1) Dans un cas comme dans l'autre, il nous est fait mention d'un début, d'une nouvelle création.

La seconde correspondance suit peu après. En Genèse 1,3-5, nous lisons que Dieu créa la lumière afin qu'elle brille dans les ténèbres. De même, en Jean 1,4-5, il est écrit que "la vie était la lumière des hommes" et que "la lumière brillait dans les ténèbres".

Enfin, la Genèse précise qu'au commencement l'Esprit de Dieu ... planait à la surface des eaux (Gn 1,2), Et Jean, à son tour, note que l'Esprit Saint flottait au-dessus des eaux lors du baptême de Jésus (Jn 1,32-33), Nous commençons ainsi à entrevoir la source de la nouvelle création, telle que Jean la rapporte. La matière fut crée lorsque Dieu souffla son Esprit sur les eaux. Le renouveau de la création, lui, ne surviendra qu'avec le don de la vie divine par les eaux du baptême.

Décompte des jours

Dans son introduction narrative, Jean continue d'émailler son texte d'allusions à la Genèse. Après la première scène, le récit se poursuit avec la rencontre Jésus et Jean le baptiste, qui survient le "lendemain" (1,29). Le "lendemain encore" (1,35) vient le récit de l'appel des premiers disciples. Puis, de nouveau, le "jour suivant" (1,43), Jésus appelle deux autres disciples. Donc, en partant de la première discussion de Jean au sujet du Messie, qui eut lieu le premier jour, nous en sommes maintenant rendus au quatrième jour.

Alors, Jean fait un choix étonnant, Il introduit l'épisode suivant, l'histoire des noces de Cana, par les mots "le troisième jour". Il ne peut s'agir ici du troisième jour à partit du début de son récit, puisqu'il a déjà dépassé ce point à ce stade-ci de sa narration. Il soit donc signifier le troisième jour après ce quatrième, ce qui nous amène au septième jour. Par la suite, Jean cesse de faire le décompte des jours.

Cela n'évoque-t-il pas quelque chose de familier? Le récit de la nouvelle création rédigé par Jean se réalise en sept jours, exactement comme la création en Genèse qui s'acheva le sixième jour, et qui fut sanctifiée - perfectionnée - le septième jour, lorsque Dieu se reposa de son labeur. Nous en tirons la conviction que ce qu'il advint au septième jour du récit de Jean aura une importance significative.

(à suivre)

Cinci
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Re: L'Assomption de la Vierge Marie

Message non lupar Cinci » mer. 16 août 2017, 6:16

(suite)

Jésus arrive au festin des noces avec sa mère et ses disciples. Dans la culture juive de l'époque, une célébration nuptial durait habituellement toute une semaine. Fait à noter : le vin manqua très tôt à ces noces, au point où la mère de Jésus s'en apercevant, fit remarquer : "Ils n'ont plus de vin" (Jn 2,3) Or, bien qu'il ne s'agisse que du simple énoncé d'un fait, Jésus semble répondre de manière disproportionnée à l'observation anodine de sa mère :"Que me veux-tu, femme? Mon heure n'est pas encore arrivée."

Pour comprendre la réaction apparemment exagérée de Jésus, nous devons auparavant saisir le sens de l'expression "Que me veux-tu, femme?" [...] nous devrions remarquer qu'à la fin du récit Jésus acquiesce à la demande implicitement formulée par l'observation de Marie. [...] "Que me veux-tu, femme?" (littéralement : "Quoi à moi et à toi?") était une expression assez courante à l'époque de Jésus, en hébreu comme en grec. On la trouve dans plusieurs autres passages de l'Ancien et du Nouveau Testament, comme dans d'autres sources que la Bible [...]

[...]

Ainsi, en Luc 8,28, la réplique est utilisée mot pour mot par un homme possédé du démon. C'est le démon qui met, dans la bouche du possédé, ces mots par lesquels il reconnaît l'autorité de Jésus sur l'homme et sur lui :"Je t'en prie, ne me tourmente pas", poursuit-il, concédant par ces mots qu'il devra exécuter tout ce que jésus commandera.

A Cana, Jésus s'incline devant sa mère, même si elle ne lui commande rien. Elle, en retour, dit simplement aux serviteurs "Faites tout ce qu'il vous dira" (Jn 2,5).

Jésus ne l'appelle pas "mère" ou même "Marie", mais femme [...] femme est le nom qu'Adam donne à Ève (Gn 2,23) Jésus s'adresse à Marie en tant qu'Ève du nouvel Adam - ce qui rehausse d'autant la signification de la fête nuptiale à laquelle ils participent.

Nous pouvons prévenir ici une objection : comment Marie peut-elle être son épouse, si elle est sa mère? Pour y répondre, nous devons nous reporter à la prophétie d'Isaïe sur le salut à venir d'Israël :"On ne te nommera plus "Délaissée" ... Mais on t'appellera "Mon plaisir est en elle" ... comme une jeune homme épouse une vierge, ton bâtisseur t'épousera. Et c'est la joie de l'époux au sujet de son épouse que ton Dieu éprouvera à ton sujet" (Isaïe 62,4-5) Ces deux courts versets offrent une riche concentration de sens : la maternité virginale de Marie, sa conception miraculeuse et son mariage mystique avec Dieu qui est à la fois son Père, son Époux et son Fils, y sont évoqués. La maternité divine est profondément mystérieuse, mais le mystère de la Trinité l'est encore davantage.

L'expression femme redéfinit la relation de Marie non seulement avec Jésus, mais aussi avec tous les croyants. Lorsque le Christ confia sa mère à son disciple bien-aimé, il la confia en fait à l'ensemble de ses disciples bien-aimés de toute époque. Comme Ève, que la Genèse appelle "mère de tous les vivants" (Gn 3,20), Marie est la mère de tous ceux qui ont reçu une vie nouvelle par le baptême.

A Cana, la nouvelle Ève renverse de manière radicale la funeste décision de la première Ève. C'est une femme qui entraîna le premier Adam à commettre le premier acte de désobéissance en Eden. C'est aussi une femme qui guida le nouvel Adam dans l'accomplissement de sa première oeuvre glorieuse.

La figure d'Ève réapparaîtra plus loin dans le Nouveau Testament, au livre de l'Apocalypse, lui aussi attribué à Jean l'évangéliste. Au chapitre 12, nous rencontrons en effet "une femme revêtue du soleil", qui affronte l'antique serpent, le Diable, comme on l'appelle. Cette scène nous renvoie à la Genèse, au moment où Ève, dans le jardin d'Eden, fait face au serpent démoniaque qui recevra la malédiction divine :"Je mettrai une inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance" (Gn 3,15) Les images de l'Apocalypse évoquent aussi une nouvelle Ève qui donne naissance à un fils qui devait "diriger toutes les nations" (12,5) . Cet enfant ne pouvant être que Jésus, la femme ne peut donc être que sa mère, Marie. Dans l'Apocalypse, l'antique serpent s'attaque à la nouvelle Ève parce que la prophétie de Genèse 3.15 est encore fraîche à la mémoire de l'évangéliste. Toutefois, la nouvelle Ève paraît dominer le démon, contrairement à celle qui la préfigurera dans le jardin d'Eden.


Saint Justin (circa 135 ap. J.C.) :

Par l'intercession de la Vierge, le Christ devint homme, de sorte que l'insoumission inspirée par le serpent soit annihilée de la même manière qu'elle avait pris naissance. Car Ève, étant vierge et sans tache, en recevant la parole du serpent, fit naître l'insoumission et la mort. En revanche, la Vierge Marie reçut dans la foi et la joie la bonne nouvelle de l'archange Gabriel qui lui annonça que l'Esprit du Seigneur viendrait sur elle, que la puissance du Très Haut la couvrirait de son ombre que celui qui allait naître d'elle serait le Fils de Dieu, ce à quoi elle répondit : Qu'il me soit fait selon ta parole (Luc 1,38) Et, grâce à elle, est né celui à qui se rapportent tant de passages des Écritures, et par qui Dieu détruit le serpent, ses anges et les hommes à sa ressemblance. (Justin, Dialogue)

Irénée de Lyon (circa 160 ap. J.C.) :

"Le noeud de la désobéissance d'Ève a été défait par l'obéissance de Marie. Le noeud que la vierge Ève avait noué par son manque de foi, la Vierge Marie l'a dénoué par son obéissance." (Irénée, Contre les hérésies, 3, 22) "Si l'ancienne Ève désobéit à Dieu, la nouvelle était résolue de lui obéir, et ainsi la Vierge Marie devint l'avocate de la vierge Ève. De telle sorte que, comme la race humaine devint esclave de la mort par la faute d'une vierge, elle fut aussi sauvée par une Vierge." (Contre les hérésies, 5,19)

Irénée étend le rôle maternel de Marie du Christ à tous les chrétiens, la présentant comme une figure de l'Église. Il décrit la naissance de Jésus comme la plus pure de toutes, "... ouvrant avec pureté le sein virginal qui régénère les hommes en Dieu) (Contre les hérésies, 4,33)

Card. John Henry Newman :

S'il y a un apôtre vers qui nos yeux devraient se tourner, qui est capable de nous faire connaître la Vierge Marie, c'est bien saint Jean, à qui elle avait été confiée par notre Seigneur sur la croix - et avec qui, selon la tradition, elle a vécue à Éphèse jusqu'à son assomption. Cette intuition est confirmée, car, comme je l'ai dit, un de nos plus anciens et sûrs informateurs à propos de la dignité de Marie, en sa qualité de seconde Ève, est Irénée, qui vint de l'Asie mineure jusqu'à Lyon et qui fut enseigné par les disciples immédiats de saint Jean. (John Henry Newman, Mystical Rose, p. 20)

Tiré de :

Scott Hahn, Marie, reine couronnée d'étoiles, p.52

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Re: L'Assomption de la Vierge Marie

Message non lupar Cinci » mer. 16 août 2017, 7:53

Quoi à moi et à toi?

Pour le sens de l'expression employée par Jésus à Cana :


Genèse 23, 15

Abraham se prosterna devant les gens du pays, et il parla ainsi à Éphrôn, de façon à être entendu des gens du pays :"Veuille seulement m'écouter. Je donne l'argent du champ, accepte-le de moi, que j'y ensevelisse mon mort." Éphrôn répondit à Abraham en lui disant :"Mon seigneur, écoute-moi. Une terre de quatre cent sicles d'argent, entre toi et moi, qu'est-ce que c'est? Ton mort, ensevelis-le."

[Éphrôn répond à Abraham Quoi à moi et à toi? Il veux dire qu'il accède à sa demande. ]

1 Rois 19,20

`Élisée, laissant ses boeufs, courut derrière Élie et dit :"Permets que j'embrasse mon père et ma mère, puis j'irai à ta suite." Élie lui dit : Va, retourne; car que t'ai-je fait?"

[Élie répond Quoi à moi et à toi? Élie le dit à Élisée pour signifier qu'il cède à sa demande ou qu'il ne met pas d'obstacle à sa volonté]

Matthieu 8,28

Et quand il fut arrivé à l'autre rive, au pays des Gadaréniens, vinrent au devant de lui deux démoniaques sortant des tombeaux. Ils étaient terribles au point que personne ne parvenait à passer par ce chemin. Et voici qu'ils se mirent à crier :"Que nous veux-tu, Fils de Dieu? Es-tu venu ici pour nous torturer avant le temps?" Il y avait, loin d'eux, un troupeau de nombreux cochons en train de paître. Les démons le priaient, en disant : "Si tu nous chasses, envoie-nous dans le troupeau de cochons." Et il leur dit : "Allez." Ceux-ci, étant sortis, s'en allèrent dans les cochons.

[les démons crient à Jésus Quoi à moi et à toi, Fils de Dieu? Ils indiquent par là qu'ils lui sont soumis. L'évangéliste nous signale que même les esprits impurs obéissent à Jésus]



Bref, Jésus ne s'objecte pas au désir de sa mère. Il veut accéder à sa demande. Le récit des noces de Cana met en scène Marie dans un rôle d'intercession auprès de Jésus et en faveur des invités de la noce. Il est impossible de ne pas faire de liens avec l'épisode de la Pentecôte et de ce fameux "vin doux" dont plusieurs suspectaient les disciples d'être emplis. La survenue de l'Esprit Saint dans la primitive Église réunie au cénacle et alors que Marie était présente comme celle pouvant intercéder en faveur de tous.

C'est la volonté de Dieu que Marie soit présente et associée à tous les événements importants de la rédemption : conception et naissance de Jésus, vie cachée de Jésus, la mort de son fils sur la croix, la Pentecôte ou la naissance de l'Église. Il est juste normal que Marie soit associée au règne de son fils "à la droite du Père tout-puissant".

La maternité spirituelle de Marie continue d'être effective via l'Église [femme, voici ton fils; Jean, voilà ta mère], aussi vrai que l'antique serpent peut encore poursuivre cette dernière de son inimitié.


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