Aimer son prochain comme soi-même

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
Règles du forum
Forum de discussions entre chrétiens sur les questions de théologie dogmatique
Cinci
Tribunus plebis
Tribunus plebis
Messages : 8002
Inscription : lun. 06 juil. 2009, 21:35

Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Cinci » mer. 22 nov. 2017, 15:16

Didyme a écrit :
Mais si on le prend comme l'idée de personne à part entière, on se retrouve face à une sorte d'approche manichéenne où le diable placerait dans le monde des êtres mauvais dés la base face à Dieu qui place des personnes bonnes dés la base [...]
Ce que Dieu crée ou sème est bon à la base. Les créatures sont toutes bonnes au départ. Le champ est bon, le grain est bon. Or le mal qui ne provient pas de Dieu ne peut que gâter en partie ce qui est crée ou semé. C'est une partie du champ qui peut se perdre, comme une fraction de la gerbe ou un certain nombre d'épis entiers. Il s'agit d'une potentialité, une possibilité. La parabole ne tranche pas quant à l'entendue possible des dommages. Il est juste dit qu'à la fin il y aura une récolte. Qu'il y aura un processus de tri, d'élimination du mauvais, de l'impropre.

Le mal a pour effet de dessécher, de raccornir, endurcir, paralyser, vicier, endommager irrémédiablement, transformer, dénaturer. Le mal ne crée rien mais peut vicier ce qui est bon au départ.

TREBLA
Barbarus
Barbarus

Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar TREBLA » mer. 22 nov. 2017, 18:33

Cher Didyme,

Merci de parler de manière transparente :
Didyme : mar. 21 nov. 2017

Je n'ignore pas l'explication donnée par Jésus.
Cela veut dire que vous savez que selon Jésus, l'ivraie, ce sont les fils du Malin. (Matthieu 13, 37)

Voici ce qui vous empêche d'accepter cette explication donnée par Jésus :
Mais si on le prend comme l'idée de personne à part entière, on se retrouve face à une sorte d'approche manichéenne où le diable placerait dans le monde des êtres mauvais dès la base ...
Vous avez l'impression qu'il sagit d' « une sorte d'approche manichéenne où le diable placerait dans le monde des êtres mauvais dès la base. »

Votre impression est-elle justifiée par la réalité botanique ? Voyons.

Le diable vint et sema de l'ivraie au milieu du froment par dessus, et il s'en alla. (Matthieu 13, 25)
Il faut faire attention au verbe. Le verbe utilisé n'est pas "planter" mais plutôt "semer".
Donc parlant de l'ivraie, il ne s'agit pas de la plante adulte mais plutôt de la graine non germée.

Si le sol n'accepte pas la graine non germée, elle ne produit pas de plante adulte.
Jésus nous explique ce principe : En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il demeure seul ... (Jean 12, 24).
Ce principe s'applique de la même manière pour l'ivraie : si la graine d'ivraie tombée en terre ne meurt pas (n'est pas acceptée par la terre), elle demeure seule.

Que le Seigneur vous bénisse.

Christophe B
Censor
Censor
Messages : 125
Inscription : sam. 03 oct. 2015, 17:24
Conviction : Catholique
Localisation : Ile de France

Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Christophe B » mer. 22 nov. 2017, 20:08

J’arrive comme un cheveux dans la soupe mais ...

Il faut aimer Dieu de tout son être, et l’aimer au dessus de soi même. C’est Dieu que l’on doit aimer en soi par ce qu’il est cause de tout bien, Dieu est tout en nous. Il est le bien que l’on fait à l’autre, il est le bien en l’autre.

Aimer son prochain comme soi même, c’est aimer Dieu en l’autre, comme en soi même.
Dernière édition par Christophe B le jeu. 23 nov. 2017, 22:33, édité 2 fois.

TREBLA
Barbarus
Barbarus

Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar TREBLA » jeu. 23 nov. 2017, 15:09

Cher Christophe B,

Merci d'ētre arrivé « comme un cheveu sur la soupe ».
Christophe B : mer. 22 nov. 2017

Aimer son prochain comme soi-même, c’est aimer Dieu ...
Vous avez raison. « Aimer son prochain », c'est la marque d'un vrai enfant de Dieu.

C'est à cela que l'on reconnait les enfants de Dieu et les enfants du diable. Quiconque ne pratique pas la justice n'est pas de Dieu, non plus que celui qui n'aime pas son frère. (1 Jean 3, 10)
Celui qui n'aime pas son frère est un enfant du diable.
Celui qui aime son frère est un enfant de Dieu.

Que le Seigneur vous bénisse.

Avatar de l’utilisateur
Didyme
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 439
Inscription : dim. 16 août 2009, 12:42

Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Didyme » jeu. 23 nov. 2017, 23:34

Cinci,

Oui je suis d’accord. Demeure ensuite l’éternelle question de savoir s’il peut ne rester aucune bonne semence dans le champ.

Selon ce que dit un maître Eckhart cité précédemment « Je l’ai dit bien des fois : il y a dans l’âme une puissance que n’atteint ni le temps ni la chair ; elle émane de l’esprit, reste dans l’esprit et est totalement spirituelle », « C’est une étincelle qui ne veut rien d’autre que Dieu », « C’est quelque chose qui est en tout temps attaché à Dieu et ne veut jamais le mal. Même dans l’enfer, elle est inclinée au bien ; elle s’oppose dans l’âme à tout ce qui n’est pas pur ni divin et invite constamment à ce festin. », qui n’est évidemment pas sans rappeler 1 Jean 3 ; 9 « Quiconque est né de Dieu ne commet pas le péché, parce que le germe divin demeure en lui, et il ne peut pas pécher, parce qu’il est né de Dieu. ». Germe divin nommé l’homme intérieur dans 1 Romains 7 ; 21-23 « Je trouve donc en moi cette loi : quand je veux faire le bien, le mal est attaché à moi. Car je prends plaisir à la loi de Dieu selon l’homme intérieur ; mais je vois dans mes membres une autre loi qui lutte contre la loi de mon entendement, et qui me rend captif de la loi du péché, qui est dans mes membres. ».
Il est difficile de penser qu’il puisse ne rester aucune bonne semence, étant donné qu’elle demeure, selon Maître Eckhart, même en enfer.

Difficile alors d’imaginer qu’il ne puisse rien rester de cet homme intérieur, homme intérieur qui prend plaisir à la loi de Dieu, et donc qui reçoit la bonne semence. On pourrait d’ailleurs dire que la bonne semence peut aussi bien s’entendre comme l’être, l’homme intérieur que comme la parole de Dieu car Paul dit que l’homme intérieur est esclave de la loi de Dieu donc ils font un d’une certaine façon. D’où certainement la raison pour laquelle dans Matthieu 13, tantôt il est parlait de la bonne semence comme de la parole (verset 23) et tantôt comme les fils du royaume (verset 38).

Je découvre d’ailleurs une drôle de similitude avec la remarque que je faisais plus tôt dans le fait que j’associais la semence de Dieu à la personne, l’être, et l’ivraie à quelque chose qui n’est pas la personne mais dans la personne. Or, Romains 7 fait la même chose en associant la semence de Dieu, le germe divin, l’homme intérieur à la volonté, et l’ivraie, le péché, le mal à quelque chose qui est en nous.
En fait, plus ça va et plus l’ensemble s’assemble (en tout cas à mes yeux).

Reste alors cette question de savoir si l’on peut affirmer qu’il peut ne rien rester de la bonne semence, de l’homme intérieur. Difficile d’imaginer étant donné que c’est ce qui de nous est lié à l’être, à Dieu. Comment pourrions-nous donc être et être nous sans cette part de nous ?
L'autre est un semblable.

Avatar de l’utilisateur
Didyme
Rector provinciæ
Rector provinciæ
Messages : 439
Inscription : dim. 16 août 2009, 12:42

Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Didyme » ven. 24 nov. 2017, 0:16

D'ailleurs, ça me fait penser à Adrienne Von Speyr lorsqu'elle dit que lorsqu'on péche, il y a une part de nous qui est perdue, corrompue par le péché et qui est placée en enfer. Il y a en enfer une effigie de nous, dit-elle, qui nous rappel que nous ne nous appartenons pas totalement, que nous avons été racheté. Et cette effigie comme pour nous rappeler l'humilité.

D'une, ça renvoie l'idée que l'on donne de notre être au péché, qui le fait exister mais aussi qui pourrait justifier que l'on qualifie le péché comme d'une personne, la part de nous qu'on lui donne.

Et d'autre part, ça renvoie aussi l'idée que plus on péche et moins il y a de nous, de bonne semence dans le champ, moins de blé et plus d'ivraie dans le feu, en enfer.
L'autre est un semblable.

Christophe B
Censor
Censor
Messages : 125
Inscription : sam. 03 oct. 2015, 17:24
Conviction : Catholique
Localisation : Ile de France

Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Christophe B » ven. 24 nov. 2017, 6:31

C'est la bonne et la mauvaise parole qui sont semées en nous. Laquelle écoutons nous le plus facilement, généralement celle qui conduit au péché, car c'est la plus attrayante.


Revenir vers « Théologie »



Qui est en ligne ?

Utilisateurs parcourant ce forum : Aucun utilisateur inscrit et 7 invités