Aimer son prochain comme soi-même

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Cinci
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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Cinci » mer. 21 juin 2017, 23:34

Nous pourrions compléter le fil avec les commentaires de Martin Luther King sur la question du prochain.

:)


Et qui est mon prochain?
Luc 10,29

Une question est posée à Jésus par un homme qui a été formé dans tous les détails de la loi judaïque : "Maître, que dois-je faire pour avoir en partage la vie éternelle? " La réponse est prompte : "Dans la Loi, qu'y a-t-il d'écrit? Qu'y lis-tu?" Après un moment, le légiste récite point par point : "Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, de tout ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces et de tout ton esprit; et ton prochain comme toi-même" Alors vient la parole décisive de Jésus : "Tu as répondu juste; fais cela et tu vivras." Le légiste restait préoccupé.

"Pourquoi, pourrait demander la foule, un homme expert dans la Loi pose-t-il une question qu'un novice même pourrait résoudre?"

Voulant se justifier et montrer que la réponse de Jésus était loin de suffire, il demanda : "Et qui est mon prochain?" Le légiste poussait ainsi le débat à un point qui pouvait faire tourner la conversation en une discussion théologique abstraite. Mais Jésus, décidé à ne point se laisser prendre dans la "paralysie de l'analyse", saisit la question au vol et la dépose dans un tournant dangereux entre Jérusalem et Jéricho.

Qui est mon prochain?

"Je ne sais pas son nom", répond en substance Jésus. C'est celui envers qui vous agissez en bon compagnon. C'est celui qui se trouve dans le besoin au bord de la route. Il n'est ni Juif ni Gentil; il n'est ni Russe ni Américain; il n'est ni Blanc ni Noir. C'est un homme - tout homme dans le besoin - sur l'une des nombreuses routes de Jéricho de la vie. Jésus définit donc le prochain non par une formule théologique, mais par une situation vitale.

En quoi conssisait la bonté du bon Samaritain? Le bon Samaritain était altruiste jusqu'au fond du coeur. Qu'est-ce que l'altruisme? Le dictionnaire le définit comme "le souci et le dévouement pour l'intérêt des autres." Le Samaritain était bon parce qu'il faisait de la préoccupation d'autrui la première loi de sa vie.

II

Le Samaritain était capable d'un altruisme dangereux. Il risqua sa vie pour sauver son frère.

Si nous nous demandons pourquoi le prêtre et le lévite ne se sont pas arrêtés pour aider le blessé, de nombreuses hypothèses nous viennent à l'esprit. Peut-être ne pouvaient-ils se mettre en retard, allant à une importante réunion ecclésiastique? Ou peut-être étaient-ils en route pour une assemblée de l'Association pour l'Amélioration de la Route de Jéricho? Dans ce cas, il s'agissait sans nul doute d'une nécessité réelle : il ne suffit pas, en effet, d'aider un individu blessé sur cette route; il est également important de changer les conditions qui rendent le brigandage possible.

La philanthropie est une bonne chose, mais elle ne doit pas conduire le philanthrope à négliger les circonstances d'injustice économique qui rendent la philanthropie nécessaire. Peut-être le prêtre et le lévite croyaient-ils qu'il vaut mieux guérir l'injustice à sa source plutôt que de se pencher sur un simple effet individuel!

Ce sont là des raisons probables de leur refus de s'arrêter; mais il y a encore une autre raison, souvent négligée ils ont eu peur. La route de Jéricho était une route dangereuse.

Lorsque j'ai visité la Terre sainte avec ma femme, nous avons loué une voiture et fait le trajet de Jérusalem à Jéricho. Tandis que nous roulions lentement sur cette route sinueuse et accidentée, je dis à ma femme : "Je comprend maintenant pourquoi Jésus a choisi cette route pour y situer sa parabole", Jérusalem est à environ deux mille pieds au-dessus du niveau de la mer et Jéricho à mille pieds au-dessous. La descente se fait en moins de trente kilomètres. De nombreux virages brusques se prêtent aux embuscades et exposent le voyageur à des attaques imprévisibles. Autrefois, la route s'appelait la Montée du Sang.

Il est donc possible que le prêtre et le lévite aient craint, s'ils s'arrêtaient, d'être attaqués eux aussi. Peut-être les brigands étaient-ils encore à proximité. Et le blessé ne pouvaient-ils pas être un faux blessé, cherchant à attirer les passants à sa portée afin de s'en rendre maître vite et sans peine? J'imagine que le prêtre et le lévite se posèrent d'abord cette question : "Que m'arrivera-t-il si je m'arrête pour aider cet homme?" En raison même de sa préoccupation, le bon Samaritain renversa la question : "Qu'arrivera-t-il à cet homme si je ne m'arrête pas pour l'aider?" Le bon Samaritain était engagé dans un altruisme dangereux.

Nous nous demandons si souvent :"Qu'arrivera-t-il à mon emploi, à mon prestige, à mon rang. si je prends position dans cette affaire? Ma maison sera-t-elle dynamitée? Ma vie sera-t-elle menacée? Irai-je en prison? L'homme bon retourne toujours la question. Albert Schweitzer n'a pas demandé : "Que deviendront mon prestige et ma sécurité de professeur d'université, que deviendra mon standing d'organiste spécialiste de Bach, si je travaille avec le peuple d'Afrique?" Il a demandé au contraire : "Qu'arrivera-t-il à ces millions de gens blessés par l'injustices, je ne vais pas vers eux?" Abraham Lincoln n'a pas demandé : "Que m'arrivera-t-il si je proclame l'émancipation et mets fin à l'esclavage? " mais il a demandé :" Qu'arrivera-t-il à l'Union et aux millions de Noirs si je ne le fais pas? "

Un homme ne se mesure pas, en définitive, à la place qu'il occupe aux moments de confort et de commodité, mais à celle qu'il occupe au temps de l'épreuve et de l'adversité. Le vrai prochain risquera sa situation, son prestige et même sa vie pour le bien-être des autres. Dans les vallées dangereuses et les sentiers hasardeux, il hissera son frère meurtri et brutalisé vers une vie plus haute et plus noble.

III

Enfin le Samaritain était doté d'un altruiste excessif. De ses propres mains, il pansa les blessures de l'homme et le chargea sur sa propre monture. Il eut été plus facile de payer une ambulance pour conduire l'infortuné à l'hôpital, au lieu de risquer de voir son élégant habit souillé de sang.

L'altruisme authentique est plus que l'aptitude à la pitié; c'est l'aptitude à sympathiser. La pitié peut n'être beaucoup plus que le souci impersonnel et vite prêt à envoyer un chèque, mais la vraie sympathie est le souci personnel qui réclame le don de soi. La pitié peut naître de l'intérêt pour une abstraction appelée humanité, mais la sympathie grandit à partir d'un souci pour un être humain particulier, qui gît dans le besoin sur un bas-côté de la vie. La sympathie est un sentiment fraternel pour la personne dans le besoin, pour sa peine, son angoisse, son fardeau.

Nos efforts missionnaires échouent lorsqu'ils se fondent sur la pitié au lieu de se fonder sur une vraie compassion.

[...]

Les dollars ont le pouvoir d'aider les enfants de Dieu blessés sur les routes de Jéricho de la vie, mais si ces dollars ne sont pas distribués par des mains compatissantes, ils n'enrichiront ni celui qui les donne ni celui qui les reçoit. Des millions de dollars missionnaires ont été envoyés en Afrique par des gens d'église qui souffriraient un million de morts avant de concéder à un seul Africain le privilège de s'associer au culte dans leur communauté. Des millions de dollars du Corps de la paix sont investis en Afrique grâce au vote de certains hommes qui luttent implacablement pour empêcher les ambassadeurs africains de devenir membres de leurs clubs diplomatiques ou d'établir leurs résidences dans leur propre voisinage.

Source : Martin Luther King, "Être un bon prochain" dans La force d'aimer, [...], 1963,

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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Didyme » dim. 25 juin 2017, 17:15

Il y a quelque chose qui me gêne en rapport au fait que nous sommes tous dans le « même bateau », tous liés d’une certaine façon les uns aux autres en cette vie. Chacun de nos actes ont des conséquences et sur nous et sur les autres, ce qui implique aussi nos fautes. Quand je fais du mal, quand je pèche, cela se propage dans la création, se propage à l’autre. L’autre peut très bien être affecté toute sa vie durant par une faute qu’il n’a pas commise, que nous avons commise. Nos fautes peuvent en engendrer d’autres chez l’autre. Il y a comme une solidarité, une relation à l’autre, en bien mais aussi en mal, qui est évidente en cette vie.
Ce qui me gêne c’est cette approche qui désolidarise dans la fin. Cette idée que parce qu’un tel s’est repenti alors il va de suite aller jouir d’un bonheur éternel alors que d’autres hommes peuvent continuer à souffrir de son péché, rester en état de damnation par suite de son péché, tout simplement par suite du péché de l’humanité auquel il participe également.

Alors certes, le « juste » s’est repenti mais il n’empêche que ses actes n’ont pas impactés que lui mais l’autre également et qu’il est lié d’une certaine façon à celui que son péché a atteint. Il y aurait comme une injustice dans cette désolidarité qui ferait que les « justes » pécheurs abandonneraient les êtres en perdition, comme si cette solidarité (pour le meilleur et pour le pire) dans la vie n’existait plus dans la mort ?!

Toute l’histoire humaine est liée d’une manière ou d’une autre. Nous sommes responsables de nous-mêmes mais nous sommes aussi (et on a trop tendance à l’oublier sur le sujet) responsables les uns des autres, les uns par rapport aux autres, de ce que nous sommes des êtres de relation.

Nous sommes un même corps, l’humanité. Certains sont peut-être défectueux, malades mais ils restent membres.
Nous ne sommes pas des membres, des organes isolés les uns des autres, strictement indépendants. Et pourtant, on admet aisément cette totale absence de lien, ces amputations, que l’humanité devienne un corps mutilé ou devrait-on même dire un cadavre démembré car c’est ce qu’il reste d’une telle humanité.
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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Didyme » dim. 25 juin 2017, 17:25

En rapport à cette gêne, j’ai envie de citer un extrait du livre « La mort et l’au-delà » de Benoit XVI lorsqu’il était encore cardinal.

D’une part, une question s’impose : un être humain peut-il être totalement parfait et achevé tant qu’il est source de souffrance, tant que la faute dont il est cause continue de couver sur terre et de faire souffrir des hommes ? L’hindouisme et le bouddhisme, dans leur doctrine du karman, ont systématisé à leur manière cette conception originelle qu’ils ont aussi dénaturée. Mais cette doctrine exprime pourtant par là un savoir originel que ne peut nier une anthropologie de la relation. La faute permanente est une part de moi-même, elle m’atteint en moi-même, elle est donc ainsi une part de ma constante soumission au temps dans lequel des hommes à cause de moi continuent de souffrir très réellement, et c’est par là qu’elle m’atteint. C’est à partir de là qu’il faudrait comprendre, soit dit en passant, le lien intrinsèque des dogmes de l’Immaculée Conception de Marie et de son assomption corporelle au ciel : elle est totalement chez elle, parce que nulle faute n’est venue d’elle qui fasse souffrir les hommes et continue d’agir dans la passion, qui est l’aiguillon de la mort dans le monde. Mais ce qu’Origène dit du Christ en attente nous oblige maintenant à inverser notre réflexion : La faute passée n’empêche pas seulement l’homme de s’asseoir définitivement au festin eschatologique, à la fête sans nuage, mais elle est aussi un obstacle à l’amour qui triomphe de la faute. Si la faute nous rive au temps, inversement la liberté de l’amour est ouverture pour le temps. La nature de l’amour est d’être « pour », et c’est justement pourquoi il ne peut se clore contre ou sans les autres, tant que restent réels le temps et la souffrance. Pour exprimer ces liens, nul n’a trouvé plus jolie formule que la petite Thérèse quand elle considère le ciel comme un débordement d’amour envers tous ; mais très humainement nous pouvons dire aussi : comment une mère pourrait-elle être heureuse, pleinement, sans réserve, tant que souffre l’un de ses enfants ? Nous pourrions de nouveau alléguer le bouddhisme, son idée du bodhisattva qui s’interdit d’entrer au nirvana tant qu’un seul être humain est en enfer. Par une telle attente, il dépeuple l’enfer, parce qu’il n’accepte le salut qui lui est dû que lorsque l’enfer est vide. Aux yeux des chrétiens transparaît, derrière cette idée impressionnante de la piété asiatique, la figure du vrai bodhisattva, le Christ, en qui s’est vérifié le rêve de l’Asie. Ce rêve s’accomplit dans le Dieu qui est allé du ciel en enfer, parce qu’un ciel sur une terre qui est un enfer ne serait pas un ciel. La christologie implique la relation réelle du monde de Dieu à l’histoire, d’une manière pour Dieu et d’une autre manière pour les hommes. Mais aussi longtemps que l’histoire se réalise effectivement, elle reste, même par-delà la mort, une réalité, et l’on ne peut pas dire qu’elle y est déjà absorbée dans un éternel dernier jour. Pour ces raisons, la tentative de Greshake est vouée à l’échec, qui prétend qu’une histoire sans fin est compatible avec l’espérance du retour du Christ : selon lui, il n’est pas nécessaire que la victoire du Christ soit un terme, elle pourrait se « réaliser dans une succession dynamique illimitée […]. Ainsi compromis, le cours de l’histoire, d’une part, est ouvert, son avenir n’est pas immobilisé, rien n’est décidé ; mais, pour Dieu, il est une unique marche triomphale ». Un tel triomphe de Dieu aurait en soi quelque chose de cruel et de méprisant pour l’homme. Le Dieu que nous reconnaissons à la croix du Christ est autre. Pour lui, l’histoire est à ce point réel qu’elle le conduit au schéol et que le ciel ne peut être vraisemblablement et définitivement ciel que s’il est bâti sur une terre nouvelle.
Les idées que nous venons d’exposer décident en principe des questions encore pendantes, c’est pourquoi il nous faut nous résumer maintenant. Tout ce qui a été dit montre bien quelle est la teneur véritable de la doctrine du purgatoire, comment s’éclaire aussi le sens de la distinction entre « ciel » et consommation définitive du monde, et donc la distinction entre jugement particulier et jugement général. Une faute qui n’est pas encore payée, la souffrance qu’elle cause et qui continue de couver, voilà ce qu’est le « purgatoire ». C’est donc souffrir profondément du poids de l’héritage terrestre, avec pourtant la certitude d’être admis définitivement, mais, dans le même temps, avec la peine infinie de la présence aimée qui se dérobe. Dans le temps où est ajourné le festin définitif et différé l’accomplissement final, le ciel c’est, d’un côté, être réellement ravi dans la plénitude infinie de la joie divine, qui, parce qu’on n’en peut perdre la pure profusion, constitue l’ultime accomplissement ; elle est donc aussi certitude que justice et amour finiront par se réaliser et que non seulement notre propre souffrance, mais aussi la sempiternelle souffrance terrestre avec toutes les interrogations qu’elle pose seront assumées et changées en cet amour contemplatif qui est la suprême puissance, et ne laissera donc subsister nulle injustice. Par anticipation, cet amour, ce Dieu qui a souffert, a déjà triomphé de tout. En ce sens, le « ciel » existe déjà vraiment. Mais, d‘un autre côté, l’amour comblé doit s’ouvrir à l’histoire réelle avec sa durée réelle, avec sa souffrance réelle ; même si, dans l’amour contemplé, la souffrance est déjà absorbée, même si une issue est assurée, même si tous les soucis y trouvent fin et les questions réponses, le salut n’est pourtant pas encore total, tant qu’il n’est qu’anticipé en Dieu et non encore réalité pour le dernier des hommes souffrants.
Par conséquent, étant donné l’interdépendance réelle de tous les hommes et de toute la création, la fin de l’histoire n’est, pour aucun homme, quelque chose de purement extérieur qui ne le concernerait plus vraiment. La doctrine du corps du Christ ne fait que formuler ici, avec toutes ses ultimes conséquences que rend possibles la christologie, ce qu’on peut attendre de l’anthropologie. Tout homme existe en soi et hors de soi, chacun existe en même temps dans les autres et ce qui advient à l’individu a des effets sur l’ensemble de l’humanité ; ce qui advient à l’humanité lui advient à lui aussi. Le « corps du Christ », cela signifie donc que tous les hommes constituent un organisme, et que, par suite, le destin du tout est vraiment le destin de chacun. Sans doute, ce qui décide de la vie de chacun, c’est la mort avec la fin de son activité terrestre ; dans cette mesure, il est déjà jugé et sa destinée est désormais accomplie. Pourtant, sa place définitive ne pourra être fixée que lorsque l’organisme sera tout à fait construit, quand toute l’histoire aura achevé son cours douloureux. Toutefois, le rassemblement de l’univers est aussi un acte en lui-même ; de cette manière seulement, il est le jugement général définitif qui insère l’individu dans l’ensemble et lui assigne sa juste place qu’il ne trouve que dans l’ensemble.
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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Didyme » sam. 18 nov. 2017, 22:56

Un petit complément à cette remarque

Je voulais revenir sur la parabole de l'ivraie :

« Le royaume des cieux est semblable à un homme qui a semé une bonne semence dans son champ. Mais, pendant que les gens dormaient, son ennemi vint, sema de l’ivraie parmi le blé, et s’en alla. Lorsque l’herbe eut poussé et donné du fruit, l’ivraie parut aussi. Les serviteurs du maître de la maison vinrent lui dire : Seigneur, n’as-tu pas semé une bonne semence dans ton champ ? D’où vient donc qu’il y ait de l’ivraie ? Il leur répondit : C’est un ennemi qui a fait cela. Et les serviteurs lui dirent : Veux-tu que nous allions l’arracher ? Non, dit-il, de peur qu’en arrachant l’ivraie, vous ne déraciniez en même temps le blé. Laissez croître ensemble l’un et l’autre jusqu’à la moisson, je dirai aux moissonneurs : Arrachez d’abord l’ivraie, et liez-la en gerbes pour la brûler, mais amassez le blé dans mon grenier. »

La parabole est ensuite expliquer plus loin.

La question que l’on peut se poser est : Le diable peut-il semer une personne entière ? Il semblerait plutôt qu’il sème en l’homme et ce qu’il sème c’est le vice, le péché.
Si donc l’on considère que le diable ne peut semer une personne entière, on peut alors penser que lorsqu’il est parlé plus loin de l’ivraie comme des fils du malin, il est parlé de fils comme de ce qu’engendre le malin, à savoir toutes sortes de péchés et non de personnes à part entière.
La fin de la parabole nous dirait donc ici qu’à la moisson, ce sont les péchés qui sont arrachés de la personne et brûlés tandis que la semence divine en l’homme est amassée aux cieux. Il est d’ailleurs intéressant de voir le terme utilisé, « arraché », pour le péché comme quelque chose qu’on extrait de l’homme sans toucher au fondement.

D’ailleurs, si ce qui est semé par le diable est une personne entière, on ne voit pas très bien le sens de la parabole puisque ce qui est de la création de Dieu, étant distinct, est au final non atteint par ce qui est du diable. Donc qu’il y ait une semence du diable ici ne change rien à la condition de la créature de Dieu et du coup, on ne voit plus trop bien ce que cela peut bien faire que le diable place des fils dans le monde. Car il n’est pas dit que le blé (la créature de Dieu) puisse devenir de l’ivraie (la créature du diable). Les deux sont distincts au début et à la fin
Par contre, si le diable sème dans la créature, cela prend du sens qu’à la fin, il faille extraire ce que le diable a semé de la création de Dieu.

Pourquoi alors laisser croître ensemble ? Ça me fait penser à un extrait du traité des principes d’Origène qui est très instructif de manière plus globale :
Mais puisque de tels récits (les explications qu’ils donnent auparavant quant au terme d’endurcissement du cœur de pharaon par Dieu) semblent difficilement croyables et paraissent forcés, voyons, à partir des paroles prophétiques, ce que disent ceux qui ont expérimenté la grande bonté de Dieu, ayant certes mené une bonne vie, mais ensuite ayant péché : Pourquoi nous as-tu égarés, Seigneur, loin de ta voie ? Pourquoi as-tu endurci notre cœur pour l’empêcher de craindre ton nom ? Tourne-toi (vers nous) à cause de tes serviteurs, à cause des tribus qui sont ton héritage, afin que nous héritions un peu de la montagne sainte. Et dans Jérémie : Tu m’as trompé, Seigneur, et j’ai été trompé ; tu as prévalu et tu l’as emporté. Mais ces paroles : Pourquoi as-tu endurci notre cœur pour l’empêcher de craindre ton nom, dites par ceux qui implorent la pitié, signifient, si on les comprend de la manière dont elles sont dites : Pourquoi nous as-tu tellement épargnés sans nous visiter pour nos péchés, mais en nous abandonnant jusqu’à ce que nos fautes se soient entassées ? Dieu laisse donc la plupart sans les châtier, afin que les mœurs de chacun soient examinées à partir de leur libre arbitre, que les meilleurs soient révélés à la suite des épreuves subies, que les autres qui ne sont pas cachés aux yeux de Dieu – car il sait tout avant que cela ne se produise -, mais à ceux des êtres raisonnables et à leurs propres yeux, trouveront plus tard la voie de la guérison, car ils n’auraient pas pris conscience du bienfait (divin) s’ils ne s’étaient pas condamnés eux-mêmes : (ce délai) est utile à chacun pour lui faire prendre conscience de ce qu’il est lui-même et de la grâce qui vient de Dieu. Celui qui n’a pas pris conscience de sa propre faiblesse et de la grâce divine, si on le secourt avant qu’il n’ait fait l’expérience de lui-même et qu’il ne se soit condamné lui-même, pensera que le secours qui lui vient de la grâce céleste est sa propre œuvre. Et ceci, engendrant la présomption et l’orgueil, sera la cause de sa chute ; […] Celui qui est délaissé l’est donc en vertu d’un jugement divin et ce n’est pas sans raison que Dieu patiente à l’égard de certains pécheurs, mais parce qu’il leur sera utile, étant donné l’immortalité de l’âme et l’éternité sans fin, de ne pas recevoir trop vite d’assistance en vue de leur salut, mais d’ être menés plus lentement après avoir éprouvé beaucoup de maux. Il arrive que des médecins, alors qu’ils pourraient guérir rapidement quelqu’un, soupçonnent que le venin subsiste secrètement dans le corps et s’arrangent pour ne pas le guérir : ils agissent ainsi parce qu’ils veulent le guérir plus sûrement et ils pensent qu’il vaut mieux maintenir plus longtemps leur patient dans les inflammations et les souffrances pour qu’il puisse récupérer la santé d’une manière plus solide, que de lui redonner trop rapidement des forces apparentes, l’exposant ainsi à des rechutes postérieures et à une amélioration trop hâtive qui serait passagère. Dieu agit de même, lui qui connaît les secrets des cœurs et qui prévoit le futur : il permet peut-être par sa patience et aussi par les événements extérieurs de faire sortir le mal caché pour purifier celui qui a en lui, à cause de sa négligence, les semences du péché ; en maintenant le pécheur plus longtemps dans ses maux, il fait venir ainsi ces semences à la surface, ce dernier les vomit et, avant été purifié de sa malice, il peut parvenir ensuite à la régénération. Car Dieu gouverne les âmes non seulement dans la perspective des cinquante ans, pour ainsi parler, de la vie d’ici-bas, mais dans celle de l’éternité sans fin, car il a rendu incorruptible la nature intelligente qui lui est apparentée et l’âme raisonnable n’est pas écartée de ses soins comme dans cette vie. 
A méditer également lorsque l’on est tenté de juger une personne enfoncée dans le péché ou de la considérer comme foncièrement mauvaise.
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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar TREBLA » sam. 18 nov. 2017, 23:57

Cher Didyme,

Merci pour votre commentaire intéressant :
Didyme :sam. 18 nov. 2017

La fin de la parabole nous dirait donc ici qu’à la moisson, ce sont les péchés qui sont arrachés de la personne et brûlés tandis que la semence divine en l’homme est amassée aux cieux. Il est d’ailleurs intéressant de voir le terme utilisé, « arraché », pour le péché comme quelque chose qu’on extrait de l’homme sans toucher au fondement.
Est-ce que c'est vraiment le sens de cette parabole ?

Notre Seigneur nous parle de quelqu'un qui peut jeter l'homme entier dans l'enfer : Je le dis à vous, mes amis: Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et qui après cela ne peuvent rien faire de plus.
Mais je vais vous apprendre qui vous devez craindre: craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne; oui, je vous le dis, craignez celui-là.
(Luc 12, 4-5)

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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Didyme » dim. 19 nov. 2017, 16:36


Est-ce que c'est vraiment le sens de cette parabole ?
Ça je ne sais pas, c'est juste une réflexion. :)

Ce que je sais, c'est que si l'ivraie est une personne à part entière, je ne vois pas le sens de la parabole, puisque le bon grain reste le bon grain du début à la fin, et donc le diable a semé ses "fils" en vain. De plus, ça renvoie l'idée qu'il y aurait des êtres mauvais dés la base et sans possibilité de rédemption, puisque ivraie du début à la fin.

Par contre, je sais qu'il est dit que tout homme est pécheur. Par conséquent, chaque homme est aussi bien bon grain (en tant que créature de Dieu) et ivraie (en tant que pécheur).

Et puis, ce que sème Dieu, c'est la vie. Ses fils sont les êtres, les personnes. Ce que sème le diable, c'est la non-vie, le mal, les péchés. Ce sont ses fils.
L'autre est un semblable.

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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar TREBLA » dim. 19 nov. 2017, 23:28

Cher Didyme,

Merci pour votre réponse.
Didyme : dim. 19 nov. 2017

Ce que je sais, c'est que si l'ivraie est une personne à part entière, je ne vois pas le sens de la parabole, puisque le bon grain reste le bon grain du début à la fin, et donc le diable a semé ses "fils" en vain. De plus, ça renvoie l'idée qu'il y aurait des êtres mauvais dés la base et sans possibilité de rédemption, puisque ivraie du début à la fin.
Le royaume des cieux est semblable à un homme qui avait semé de bonne semence dans son champ. (Matthieu 13, 24)

C'est quoi le champ ? Il répondit : le champ, c'est le monde. (Matthieu 13, 38)

C'est quoi le monde ? En effet, Dieu a tellement aimé le monde, qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point mais ait la vie éternelle. (Jean 3, 16)
Le monde, ce sont les hommes du monde.

Donc dans cette parabole le terme "champ" fait référence aux "êtres humains" du monde. Dans le monde, il y a les enfants de Dieu et les enfants du Malin.

Que le Seigneur vous bénisse.

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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Didyme » lun. 20 nov. 2017, 11:23

Merci pour cette précision.

Mais du coup, il y a bien la bonne semence et l'ivraie semé dans le champ donc en chaque être humain. L'ivraie n'est donc pas une personne à part entière.
Et donc on nous dit que l'ivraie (ce qu'a semé le diable, les péchés) sera brûlée mais le bon grain (ce qu'a semé Dieu, la vie) sera préservé.
L'autre est un semblable.

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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar TREBLA » lun. 20 nov. 2017, 19:37

[...]

Cher Didyme,

Merci pour votre réponse :
Didyme : lun. 20 nov. 2017

Mais du coup, il y a bien la bonne semence et l'ivraie semé dans le champ donc en chaque être humain. L'ivraie n'est donc pas une personne à part entière.
Et donc on nous dit que l'ivraie (ce qu'a semé le diable, les péchés) sera brûlée mais le bon grain (ce qu'a semé Dieu, la vie) sera préservé.
Vous avez raison. Du coup, « il y a bien la bonne semence et l'ivraie semé dans le champ ».
Mais est-ce que cela veut dire que l'on peut trouver la bonne semence et l'ivraie « en chaque être humain » ?
Est-ce que c'est le sens de cette parabole ?

Comme je viens de le préciser dans mon dernier message, concernant le champ, il ne s'agit pas d'un individu mais plutôt de l'ensemble de l'humanité. Donc le champ fait référence à une multitude d'individus.

Dans ce champ, il y a deux sortes de terre : la bonne terre et la mauvaise terre. La bonne terre, c'est le cœur de celui ou celle qui accepte le bon grain.
Celui qui a été semé dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et la comprend; il porte du fruit, et donne l'un cent, l'autre soixante, l'autre trente (pour un). (Matthieu 13, 23)

La mauvaise terre, c'est le cœur de celui ou celle qui n'accepte pas le bon grain. La mauvaise terre reçoit la mauvaise semence.

Il faut choisir d'être de la bonne terre.

Que le Seigneur vous bénisse.

gerardh
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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar gerardh » lun. 20 nov. 2017, 20:16

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Bonjour,

Le semeur sème la Parole dans le monde. Il en résulte un cercle qui est la chrétienté, dans lequel il y a du bon grain et de l'ivraie, ou plutôt de la plante issue du bon grain et de la plante issue de l'ivraie. Le bon grain ce sont les vrais chrétiens. L'ivraie se sont des personnes reliées à la chrétienté mais qui n'ont pas la vie divine en elles, et qui même pour certaines d'entre elles sont des ennemis : ce qu'on appelle chez nous des personnes simples professants.

Le tri entre le bon grain et l'ivraie n'est pas pour tout de suite si bien que les deux coexistent jusqu'au retour du Seigneur.

Alors comme doit réagir le chrétien devant cet état de fait ? Il peut apporter un témoignage, individuel et surtout collectif, à la vérité et se garder pur du mal. Cela est traité en 2 Timothée 2, 19 et versets suivants.


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Dernière édition par gerardh le lun. 20 nov. 2017, 23:22, édité 1 fois.

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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Didyme » lun. 20 nov. 2017, 20:31

Vous avez raison. Du coup, « il y a bien la bonne semence et l'ivraie semé dans le champ ».
Mais est-ce que cela veut dire que l'on peut trouver la bonne semence et l'ivraie « en chaque être humain » ?
Étant donné que chaque être humain est à la fois créature de Dieu et pécheur, je ne vois pas comment on ne pourrait pas.
Voir Romains 7 notamment.

Est-ce que c'est le sens de cette parabole ?
Même réponse que plus haut. :-D

Comme je viens de le préciser dans mon dernier message, concernant le champ, il ne s'agit pas d'un individu mais plutôt de l'ensemble de l'humanité. Donc le champ fait référence à une multitude d'individus.

Dans ce champ, il y a deux sortes de terre : la bonne terre et la mauvaise terre. La bonne terre, c'est le cœur de celui ou celle qui accepte le bon grain.
Celui qui a été semé dans la bonne terre, c'est celui qui entend la parole et la comprend; il porte du fruit, et donne l'un cent, l'autre soixante, l'autre trente (pour un). (Matthieu 13, 23)

La mauvaise terre, c'est le cœur de celui ou celle qui n'accepte pas le bon grain. La mauvaise terre reçoit la mauvaise semence.

Il faut choisir d'être de la bonne terre.

Que le Seigneur vous bénisse.
Quand bien même la mauvaise terre est un cœur endurci, il n'empêche que l'ivraie est semée par l'ennemi, l'ivraie n'est pas le champ, et que c'est l'ivraie dont il est dit qu'elle sera brûlée, pas le champ.
L'autre est un semblable.

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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar TREBLA » lun. 20 nov. 2017, 22:12

Cher Didyme,

Merci d'avoir répondu si vite.
Didyme : lun. 20 nov. 2017

Quand bien même la mauvaise terre est un cœur endurci, il n'empêche que l'ivraie est semée par l'ennemi, l'ivraie n'est pas le champ, et que c'est l'ivraie dont il est dit qu'elle sera brûlée, pas le champ.
Vous avez raison en disant « que c'est l'ivraie dont il est dit qu'elle sera brûlée, pas le champ ».

Comme geradh vient de nous le préciser, « il y a du bon grain et de l'ivraie, ou plutôt de la plante issue du bon grain et de la plante issue de l'ivraie ».

C'est exactement l'image présentée par notre Seigneur Jésus dans cette parabole.

Les disciples s'approchèrent de lui et dirent: " Expliquez-nous la parabole de l'ivraie du champ. " (Matthieu 13, 36)

Donc, selon notre Seigneur, c'est quoi la bonne semence ?
- Il répondit: " [...] la bonne semence, ce sont les fils du royaume [...]. " (Matthieu 13, 36-37)
Il ne s'agit pas d'une idée comme vous le comprenez : « ce qu'a semé Dieu, la vie ».
Selon Jésus, il s'agit plutôt des personnes entières. Il s'agit des fils du royaume.

Donc, selon notre Seigneur, c'est quoi l'ivraie ?
- Il répondit: " [...] l'ivraie, ce sont les fils du Malin [...]. " (Matthieu 13, 36-37)
Il ne s'agit pas d'une idée comme vous le comprenez : « ce qu'a semé le diable, les péchés ».
Selon Jésus, il s'agit plutôt des personnes entières. Il s'agit des fils du Malin.

Comme vous l'avez mentionné, « c'est l'ivraie dont il est dit qu'elle sera brûlée ».
Selon Jésus, l'ivraie, ce sont les fils du Malin.
Donc selon Jésus, ce sont les fils du Malin qui seront brûlés.

Que le Seigneur vous bénisse.

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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Didyme » mar. 21 nov. 2017, 14:52

Comme geradh vient de nous le préciser, « il y a du bon grain et de l'ivraie, ou plutôt de la plante issue du bon grain et de la plante issue de l'ivraie ».
Oui mais ça reste de l'ivraie à la base.

C'est exactement l'image présentée par notre Seigneur Jésus dans cette parabole.

Les disciples s'approchèrent de lui et dirent: " Expliquez-nous la parabole de l'ivraie du champ. " (Matthieu 13, 36)

Donc, selon notre Seigneur, c'est quoi la bonne semence ?
- Il répondit: " [...] la bonne semence, ce sont les fils du royaume [...]. " (Matthieu 13, 36-37)
Il ne s'agit pas d'une idée comme vous le comprenez : « ce qu'a semé Dieu, la vie ».
Selon Jésus, il s'agit plutôt des personnes entières. Il s'agit des fils du royaume.

Donc, selon notre Seigneur, c'est quoi l'ivraie ?
- Il répondit: " [...] l'ivraie, ce sont les fils du Malin [...]. " (Matthieu 13, 36-37)
Il ne s'agit pas d'une idée comme vous le comprenez : « ce qu'a semé le diable, les péchés ».
Selon Jésus, il s'agit plutôt des personnes entières. Il s'agit des fils du Malin.

Comme vous l'avez mentionné, « c'est l'ivraie dont il est dit qu'elle sera brûlée ».
Selon Jésus, l'ivraie, ce sont les fils du Malin.
Donc selon Jésus, ce sont les fils du Malin qui seront brûlés.

Que le Seigneur vous bénisse.
Je n'ignore pas l'explication donnée par Jésus.
Mais si on le prend comme l'idée de personne à part entière, on se retrouve face à une sorte d'approche manichéenne où le diable placerait dans le monde des êtres mauvais dés la base face à Dieu qui place des personnes bonnes dés la base, car le bon grain reste le bon grain du début à la fin, en produisant logiquement une bonne plante à la fin. Et inversement pour l'ivraie (alors inconvertissable). Il n'est pas dit ici que l'ivraie puisse contaminer le bon grain et transformer la semence de Dieu. Et quelle sens pourrait avoir une parabole où les deux restent distincts du début à la fin. On en revient au problème de base énoncé plus haut.
De plus, quelle responsabilité dans de telles conditions (des personnes à part entière) pour l'ivraie d'être de l'ivraie, c'est le diable qui l'a semé ainsi ?


Par contre, pour l'autre approche, elle n'est pas sans rappeler 1 Corinthiens 3:13-15 "car le jour la fera connaître, parce qu'elle se révèlera dans le feu, et le feu éprouvera ce qu'est l'œuvre de chacun. Si l'œuvre bâtie par quelqu'un sur le fondement résiste, il recevra une récompense. Si l'œuvre de quelqu'un est consommée, il perdra sa récompense ; pour lui, il sera sauvé, mais comme au travers du feu."

Il se pourrait que l'œuvre qui soit consumée soit ce qui n'est pas du bon fondement, la bonne semence mais l'ivraie.
L'autre est un semblable.

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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar gerardh » mar. 21 nov. 2017, 23:16

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Bonjour,

Une parabole, aussi bonne soit elle, ne peut pas contenir des leçons complètes ou universelles.

Concrètement il est bien évident que des personnes classées pour un temps dans le domaine de l'ivraie, peuvent ultérieurement se convertir et devenir du bon grain, au sens de la parabole.


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Re: Aimer son prochain comme soi-même

Message non lupar Cinci » mer. 22 nov. 2017, 14:38

Ce que je peux comprendre :

Dans la parabole du semeur, le bon grain c'est la Parole de Dieu, l'ivraie correspond à tout ce qui provient du mal (jalousie, envie, médisance, division, etc.) Il est évident que les oeuvres mauvaises ne trouvent pas leur origine en Dieu. Le jugement final ou le tri sert à éliminer tout ce qui est mauvais et qui pourrait se trouver mêler à la récolte. Il s'agit bien de faire disparaître le mal (calomnie, jalousie, colère, impiété, division, haine, mensonge, etc.) et aussi le sujet irrécupérable, tout individu s'étant fait suppôt du mal, tout personnage s'étant lui-même rendu mauvais, s'étant laissé pourrir et pervertir jusqu'au coeur.

C'est ce qui est gâté qui est expédié au feu. Une gerbe peut être gâtée en partie seulement, ce peut être le tiers qui est abîmé, la moitié ou la totalité.

Dans la parabole, il y a l'idée d'un Dieu qui n'est pas empressé de juger, parce qu'il veut sauver un maximum de tout ce qui pourrait être sauvable. Il y a l'idée de ne pas se fier aux apparences premières. Il s'agit de laisser mûrir le tout jusqu'à son plein développement afin d'être en mesure de bien voir ce qui est bon, ce qui est gâté et irrécupérable.


Le fils du royaume s'alimente avec le bon grain, reçoit et fait fructifier. Sa croissance est en vue du royaume, il se construit pour, édifier en vue de ...
Le fils de malin s'alimente avec l'ivraie, se laisse déformer et produit les oeuvres diaboliques en bout de course, s'enfonce dans la méchanceté. S'il n'y a pas retournement, le sujet ne fait que se gâter de plus en plus.


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