De la place de l'Ancienne Alliance

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Jakolomon
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De la place de l'Ancienne Alliance

Message non lupar Jakolomon » dim. 05 mars 2017, 14:05

Bonjour.
J'ai hésité à mettre ce topic dans "Ecriture Sainte", mais je pense qu'au delà de tout ça c'est surtout une question théologique que je vais poser; presque sur la nature du bien et du mal même.

Quelle est la place de l'Ancien Testament chez les chrétiens ?

J'entends souvent dire qu'il n'est plus applicable, mais je n'en vois pas les preuves, pourtant Jésus est venu pour accomplir ? Ça sonne difficilement comme "abolir".

Je sais qu'accomplir ici veut dire parfaire la loi, comme le talion qui est parfait dans la loi de l'amour qu'amène Jésus, mais c'est autre chose qui me dérange.

Nous savons que le Dieu de l'AT et du NT sont les mêmes.

A partir de là, comment expliquer les massacres que Dieu ordonne dans l'AT ?

On peut même parler de génocides. Hommes femmes enfants. C'est bizarre un Dieu qui génocide et bénit tout ça, puis vient et nous dit "celui qui prends l'épée périra par l'épée" non ?

Surtout que ça redéfinis totalement le bien et le mal. Si massacrer était bien à cet époque car dicté par Dieu, on ne peut plus du tout juger l'islam sans juger le Dieu du passé. Car quasiment tout ce qu'on reproche moralement à l'islam se trouve dans l'AT.

Par exemple:

Génocide d'Amalek:
"Ainsi parla l'Eternel des armées [...] Va maintenant frappe Amalek et dévouez par interdit tout ce qui lui appartient; et tu feras mourir hommes et femmes, enfants et nourissons, boeufs et brebis, chameaux et ânes " (1 Samuel 15)


Deutéronome 7, extermination des cananéens.

2 Samuel 12
29 David rassembla tout le peuple, et marcha sur Rabba; il l'attaqua, et s'en rendit maître. 30 Il enleva la couronne de dessus la tête de son roi : elle pesait un talent d'or et était garnie de pierres précieuses. On la mit sur la tête de David, qui emporta de la ville un très grand butin. 31 Il fit sortir les habitants, et il les plaça sous des scies, des herses de fer et des haches de fer, et les fit passer par des fours à briques; il traita de même toutes les villes des fils d'Ammon. David retourna à Jérusalem avec tout le peuple.

Sachant que David n'a jamais péché (gravement) selon l'Eternel: « Car David avait fait ce qui est droit aux yeux de l'Eternel, et il ne s'était détourné d'aucun de ses commandements pendant toute sa vie [...] » (1 Rois 15:5)

Etc...

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Libremax
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Re: De la place de l'Ancienne Alliance

Message non lupar Libremax » mer. 08 mars 2017, 13:43

Bonjour Jakolomon,

votre question n'est pas aisée à répondre, parce qu'elle pose celle de l'inspiration sacrée de l'ensemble des textes de la Bible. Et à ce sujet, les idées divergent beaucoup au sein de l'Eglise catholique.

Cela dit, c'est entre autres sur ce sujet que les pères du concile Vatican II ont réfléchi et finalement statué, à travers des documents dont d'autres membres de ce forum, plus érudits que moi, pourront donner la référence exacte.
La conclusion qu'ils ont donnée est qu'il y a dans l'Ancien Testament des éléments qui sont caducs, que le Christ a permis de dépasser, de hiérarchiser, et finalement, que l'Eglise a écartés.

Une grande idée de Vatican II est que l'Esprit Saint, à l'oeuvre dans la composition des textes de l'Ancien Testament, s'est livré Lui-même aux contingences humaines un peu de la même manière que le Verbe incarné a dû s'incarner dans la faiblesse de notre condition pour venir jusqu'à nous. Autrement dit : La formation de l'Ecriture s'est produite au sein d'une civilisation donnée qui a progressivement découvert Dieu. La Bible est le déploiement d'une longue pédagogie donnée à un peuple à une époque qui n'a rien à voir avec la nôtre.

Le christianisme a bouleversé les repères de justice et de morale de tout l'occident et au-delà. Aujourd'hui, nous jugeons l'époque des hébreux, et donc ce qu'ils ont écrit (car, même s'il est dit que l'Esprit Saint est finalement l'auteur de l'Ecriture, ce sont tout de même des personnes humaines qui l'ont écrite, dans leurs langues, avec leurs styles, leurs références culturelles, etc.) à travers un prisme de valeurs que la pédagogie divine n'avait pas fini d' "accomplir".


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