Une journée au purgatoire

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » ven. 03 mars 2017, 1:20

Il n'empêche que ...

Le père Molinié disait que la vie mystique était la condition de vie normale des chrétiens en état de grâce. Être mystique représente l'état de bonne santé spirituelle. Il rajoutait aussi que cet état de bonne santé était rare. Sainte Thérèse d'Avila était en bonne santé spirituelle : les expériences mystiques n'étaient pas rares chez elle.

De mémoire, il disait encore mieux que ça. Il comparait la foi à un aliment solide comme le pain, mais la mystique à un aliment liquide comme le vin. Il disait que pour avoir la foi il fallait plus que la foi mais il fallait aussi l'ivresse provenant du vin, la folie.




Sans le vin l'on se ramasse avec un pain du genre maurrassien soit une foi très raisonnable, utile, calculée, culturelle, au service de l'ordre établi, la religion du prince ... le genre de foi chrétienne qui donne des boutons à koztoujours. Et moi je rajouterais bien que sans la mystique l'on se ramasse avec une sorte de foi protestante, la sécheresse d'une foi de juriste qui veut disputer sur les virgules du texte, sans jamais pouvoir accorder la moindre place (ecclésialement parlant) pour la profondeur des relations intimes avec Dieu et telle qu'on pourrait la voir chez les saints de l'Église catholique. En passant, c'est une des raisons pourquoi je suis catholique (vie intérieure, mystique, réalité de la sur-nature dans le culte divin, etc.)

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » ven. 03 mars 2017, 1:28

Axou,
actuellement, ce sont des Musulmans qui bénéficient de grâces mystiques sur leur chemin de conversion, des rêves de la Vierge Marie ou du Christ, un certain nombre de convertis au christianisme en témoignent, j'en ai rencontré quelques uns.
Parce que l'Esprit souffle où il veut.
:)

Il faut bien que certaines grâces particulières soient faites à des personnes éloignées de l'Église, athées ou non-baptisées, si Dieu veut le mener à la foi ou à l'Église.

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Trinité » ven. 03 mars 2017, 2:12

Il n'empêche que ...

Le père Molinié disait que la vie mystique était la condition de vie normale des chrétiens en état de grâce. Être mystique représente l'état de bonne santé spirituelle. Il rajoutait aussi que cet état de bonne santé était rare. Sainte Thérèse d'Avila était en bonne santé spirituelle : les expériences mystiques n'étaient pas rares chez elle.

De mémoire, il disait encore mieux que ça. Il comparait la foi à un aliment solide comme le pain, mais la mystique à un aliment liquide comme le vin. Il disait que pour avoir la foi il fallait plus que la foi mais il fallait aussi l'ivresse provenant du vin, la folie.




Sans le vin l'on se ramasse avec un pain du genre maurrassien soit une foi très raisonnable, utile, calculée, culturelle, au service de l'ordre établi, la religion du prince ... le genre de foi chrétienne qui donne des boutons à koztoujours. Et moi je rajouterais bien que sans la mystique l'on se ramasse avec une sorte de foi protestante, la sécheresse d'une foi de juriste qui veut disputer sur les virgules du texte, sans jamais pouvoir accorder la moindre place (ecclésialement parlant) pour la profondeur des relations intimes avec Dieu et telle qu'on pourrait la voir chez les saints de l'Église catholique. En passant, c'est une des raisons pourquoi je suis catholique (vie intérieure, mystique, réalité de la sur-nature dans le culte divin, etc.)
Je ne sais pas!

Dieu nous a mis sur cette terre pour assumer notre vie terrestre ,avec toutes les contraintes et... les dangers quelle comporte
N'y a t'il pas autant de gloire à lutter tous les jours face aux vicissitudes de la vie ,plutôt que de se retrancher derrière un mysticisme et un rapport égocentriste avec Dieu en faisant abstraction de tous les problèmes matérielles!
La question reste entière ? quelle est le plus valorisant : la lutte ou la béatitude?

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » ven. 03 mars 2017, 4:24

J'ai bien fait de poser la question vu que je m'aperçois à quel point le terme est connoté négativement chez toi, Trinité. Maintenant, je ne comprend pas ton dernier commentaire.
N'y a t'il pas autant de gloire à lutter tous les jours face aux vicissitudes de la vie ,plutôt que de se retrancher derrière un mysticisme et un rapport égocentriste avec Dieu en faisant abstraction de tous les problèmes matérielles!
Se retrancher? rapport égocentrique avec Dieu? faire abstraction des problèmes matérielles?

Je parlais de saints. Il est impossible d'être saint et nourrir des rapports égoïstes avec Dieu. Puis je parlais de Thérèse d'Avila. Elle n'était certainement pas soulagée mystérieusement ou magiquement des difficultés matérielles. Je ne comprend pas ton commentaire.

Je ne comprend pas parce que c,est comme si tu critiquais l'Évangile devant moi, disant qu'il y aurait pratiquement plus de gloire pour un aveugle à continuer d'être aveugle et à se débattre contre une certaine misère matérielle plutôt que d'avoir pu être l'objet d'une guérison miraculeuse par Jésus lui-même. Ce serait égoïste d'être miraculé quand d'autres ne le sont pas. "Je refuserais d'être bénéficiaire d'un miracle!" ; "Les miracles ce n'est pas fameux" ou "Voir Jésus ressuscité n'est qu'une fuite de la réalité"

Bernadette Soubirous n'a certainement pas "fuit la réalité" après ses expériences à Lourdes. Elle ne vivait pas sur un nuage. Les mystiques en général ont une vie pas mal plus éprouvante matériellement que bien des PDG de grandes compagnies et bien des politiciens. La vie de Marthe Robin ce n'était pas du bonbon.

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Trinité » ven. 03 mars 2017, 14:11

Cher Cinci!

Excuse moi,je vois que je t'ai choqué!
Je pense que mon expression égoïste était inapproprié !Je voulais simplement te faire comprendre que ,dans leur retranchement avec Dieu dans la prière (bien quelle soit efficace,certainement ...) les mystiques n'ont pas une action active ,concrète matérielle ,comme un" abbé Pierre".
En fait ! ils ne vivent le combat ,essentiellement que dans le cadre de leur fusion personnelle avec Dieu.
Pour être moins catégorique si tu veux dans mes propos et assez pragmatique ,il y a: les mystiques qui agissent pour le monde par la prière,et les hommes de terrain ,comme "l'abbé Pierre" qui agissent de façon concrète!
C'est pour cela que je disais:
Quel est le plus valorisant : la lutte ou la béatitude?
Je n'ai pas bien saisi ton allusion relative à l'aveugle . Dans mon esprit en tout cas ,ce n'aurait pas été égoïste d'être miraculé alors que d'autres ne le sont pas.
Il faut dire que j'ai encore du mal dans ma progression vers Dieu ,avec tout ce concept mystique! :)

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Voyageur » ven. 03 mars 2017, 15:41

Trinitié : N'y a t'il pas autant de gloire à lutter tous les jours face aux vicissitudes de la vie ,plutôt que de se retrancher derrière un mysticisme et un rapport égocentriste avec Dieu en faisant abstraction de tous les problèmes matérielles!
La question reste entière ? quelle est le plus valorisant : la lutte ou la béatitude?
Il me semble que l'union à DIEU doit inciter à l'action. Notre prière incessante n'est-elle pas que le Règne advienne ?

"Les visions mystiques sont-elles fiables ?" À cette question, je réponds qu'elles sont allégoriques et ne décrivent pas avec détails une réalité tangible et concrète. Mais, qu'elles proposent cependant une approche en Vérité de certains Mystères. Décrire une expérience spirituelle avec des mots passe par un traitement intellectuel déformant. Afin de réduire cette déperdition de sens, les mystiques utilisent souvent le langage symbolique. Ou alors est-ce la vision mystique elle-même qui se vit au travers de symboles compréhensibles ? Sans doute un peu des deux. Comme dans un rêve, où s'entremêlent signifiants et signifiés afin de leur faire recouvrir un sens nouveau.
Tu m'as montré les chemins de la vie,
Tu me rempliras de joie par ta présence.

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » ven. 03 mars 2017, 16:29

Bonjour Trinité,

Avec l'exemple de l'aveugle, je me référais au miraculeux de sa guérison. Je pensais à l'effraction du surnaturel dans la vie de l'aveugle. Les Évangiles sont comme une suite de miracles, comme tu le sais. Une accumulation de faits ressortant du surnaturel. Donc, pour moi la mystique et le surnaturel sont choses assez indissociables l'une de l'autre, et les deux sont indissociables de la vie chrétienne.

les mystiques n'ont pas une action active ,concrète matérielle ,comme un" abbé Pierre".
Opposerais-tu la vie contemplative (verticale) à un agir humain concret en lien avec l'entourage (horizontal)? Pourquoi les opposer? C'est l'Impression que j'ai par la façon dont tu en parle, par le choix des formules dépréciatives cf mysticisme comme fuite de la réalité, se retrancher, lien égocentrique, etc.

Pourtant?

Je ne penserais pas que l'abbé Pierre aurait jugé son travail plus important ou même plus efficace que celui de Thérèse d'Avila. Je ne crois pas que l'abbé Pierre ou même le bon père Guy Gilbert trouveraient leur mission plus importante ou plus efficace que celle d'une Thérèse de Lisieux qui ne faisaient "que" prier. Je penserais que chacun à sa mission. Et que l'abbé Pierre a aussi besoin de l'expérience des grands saints, de leurs expériences mystiques.

Quand je pense au mot "mystique", je pense d'abord à la vie chrétienne la plus ordinaire : la prière, les sacrements, l'adoration à l'église devant le Saint-Sacrement, la messe, etc. La présence réelle du Christ dans l'eucharistie est une affaire mystique à 100% et c'est du surnaturel offert en direct. Aller se confesser à un prêtre c'est encore du surnaturel et une expérience mystique. Dieu qui entend, qui s'intéresse, qui se penche, qui opère en réponse ... rien de naturel là-dedans.

C'est comme pour toutes les grâces reçues. Après, on dira que certains/certaines reçoivent des grâces particulières ou plus spectaculaires. On reste dans le domaine de la vie chrétienne, du surnaturel qu'implique forcément la réalité de ce qui est l'objet de la foi.

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Trinité » ven. 03 mars 2017, 20:32

Opposerais-tu la vie contemplative (verticale) à un agir humain concret en lien avec l'entourage (horizontal)? Pourquoi les opposer? C'est l'Impression que j'ai par la façon dont tu en parle, par le choix des formules dépréciatives cf mysticisme comme fuite de la réalité, se retrancher, lien égocentrique, etc.

Mon intention n'est pas de les opposer ,il est vrai que dans mes propos l'on peut trouver une connotation de valeur,c'est de l'ordre du ressenti uniquement!
Dieu nous a créé dans un monde ou il faut lutter par rapport aux forces du mal . J'ai un ressenti un peu de refuge des mystiques ,dans le cadre de leur relation intime avec Dieu ,même si cette relation est douloureuse pour eux sans doute, du fait de leur vie austère.
C'est une impression uniquement Cinci!


Pourtant?

Je ne penserais pas que l'abbé Pierre aurait jugé son travail plus important ou même plus efficace que celui de Thérèse d'Avila. Je ne crois pas que l'abbé Pierre ou même le bon père Guy Gilbert trouveraient leur mission plus importante ou plus efficace que celle d'une Thérèse de Lisieux qui ne faisaient "que" prier. Je penserais que chacun à sa mission. Et que l'abbé Pierre a aussi besoin de l'expérience des grands saints, de leurs expériences mystiques.

Sans doute ! De toute façon il n'y a aucune contradiction entre les deux aspects relationnels et une complémentarité!

Quand je pense au mot "mystique", je pense d'abord à la vie chrétienne la plus ordinaire : la prière, les sacrements, l'adoration à l'église devant le Saint-Sacrement, la messe, etc. La présence réelle du Christ dans l'eucharistie est une affaire mystique à 100% et c'est du surnaturel offert en direct. Aller se confesser à un prêtre c'est encore du surnaturel et une expérience mystique. Dieu qui entend, qui s'intéresse, qui se penche, qui opère en réponse ... rien de naturel là-dedans.

Bien entendu! les mystères sont nombreux et font partie de la base de l'enseignement de Jésus , mais ils n'empêchent pas de vivre une vie de charité vis à vis de son prochain dans une vie active,critère qui est aussi dans le cadre du message essentiel du Christ.
D'aucuns ont tendance souvent à faire l'apologie des mystiques au détriment du croyant 'lambda" qui se débat sur cette terre ,c'est ce côté là qui me dérange , ne te méprend pas , je suis admiratif devant ces grands saints.


Le début ne notre dialogue ,venait du faite que l'on avait tendance a prendre comme références les visions de l'enfer et du purgatoire qu'ils ont eu du fait de leur état et que leur témoignage était primordial!



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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » ven. 03 mars 2017, 23:37

Trinité,
D'aucuns ont tendance souvent à faire l'apologie des mystiques au détriment du croyant 'lambda" qui se débat sur cette terre ,c'est ce côté là qui me dérange , ne te méprend pas , je suis admiratif devant ces grands saints.
J'avoue qu'un souci de ce genre ne figure pas dans mon panorama mental, à savoir que la vie mystique de certains baptisés devrait représenter un danger pour le croyant lambda qui peine sur terre. Un danger de déconsidération pour les malheureux? pour les moins favorisés par la grâce?

En tant que catholique, il me semblerait juste normal de s'intéresser à la vie intérieure ou à la vie spirituelle de certains saints de l'Église. Que ce soit un saint, une sainte ou n'importe quel membre de l'Église ayant pu vivre quelques expériences plus ou moins mystiques avec le Christ, Marie, des anges ou autre.

Enfin

Je ne vois pas tellement en quoi une apologie des mystiques devrait résulter en un dommage pour le chrétien lambda. Et qu'est-ce qu'une apologie des mystiques au juste? L'Église catholique canonise des membres de l'Église. Est-ce qu'elle ferait tort aux paroissiens en agissant ainsi?

Je ne comprend pas l'idée d'associer le terme mystique avec celui de vision infernale dantesque ou vision effrayante du purgatoire. Il me semble que ce n'est pas tous les saints qui rapportent des visions effrayantes ou qui colporteraient des représentations d'un Dieu sévère. La palette des expériences mystiques est assez large. Personne n'est forcé de tout croire. C'est juste que les témoins crédibles d'expériences spirituelles hors du commun nous en apprennent au sujet de la proximité de Dieu avec nous. C'est autre chose que de simplement considérer un Jésus lointain via des scènes décrites dans un texte écrit il y a deux mille ans.


Si tu évoque le début de cette discussion, tu disais ceci :
Je pense que les mystiques du fait de leur état ,sont dans une relation exacerbée avec le divin!
Pour cette raison,j'ai du mal a leur porter crédit!
Alors il ne faudrait pas porter crédit au Nouveau Testament? Saint Paul était-il trop exacerbé avec le divin? Les Apôtres étaient tous exacerbés avec le divin lors de la Pentecôte?

Marthe Robin est considérée comme une grande mystique. Pourtant, tout ceux qui l'ont approché et qui ont échangé avec elle ont tous dit qu'elle s'exprimait simplement en parlant de choses bien ordinaires. Elle ne tenait pas un discours abracadabrant de gnostique.


[auto-correction - Je veux que Trinité soit plus à l'aise et n'aie pas le sentiment de trouver sa pensée trahie ]

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » dim. 05 mars 2017, 3:28

La machine à voyager dans le temps :

http://pere-molinie.com/index_fr.php?nid=94

Je suggère la partie 03 de "L'Église et la blessure de Dieu"
Pour une approche de la mystique.

Le père Molinié dit un mot en novembre 1974 au sujet de la fameuse opposition être actif versus
être contemplatif cf 5 première minutes au moins

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Trinité » dim. 05 mars 2017, 10:45

Trinité,
D'aucuns ont tendance souvent à faire l'apologie des mystiques au détriment du croyant 'lambda" qui se débat sur cette terre ,c'est ce côté là qui me dérange , ne te méprend pas , je suis admiratif devant ces grands saints.
J'avoue qu'un souci de ce genre ne figure pas dans mon panorama mental, à savoir que la vie mystique de certains baptisés devrait représenter un danger pour le croyant lambda qui peine sur terre. Un danger de déconsidération pour les malheureux? pour les moins favorisés par la grâce?

En tant que catholique, il me semblerait juste normal de s'intéresser à la vie intérieure ou à la vie spirituelle de certains saints de l'Église. Que ce soit un saint, une sainte ou n'importe quel membre de l'Église ayant pu vivre quelques expériences plus ou moins mystiques avec le Christ, Marie, des anges ou autre.

Enfin

Je ne vois pas tellement en quoi une apologie des mystiques devrait résulter en un dommage pour le chrétien lambda. Et qu'est-ce qu'une apologie des mystiques au juste? L'Église catholique canonise des membres de l'Église. Est-ce qu'elle ferait tort aux paroissiens en agissant ainsi?

Je ne comprend pas l'idée d'associer le terme mystique avec celui de vision infernale dantesque ou vision effrayante du purgatoire. Il me semble que ce n'est pas tous les saints qui rapportent des visions effrayantes ou qui colporteraient des représentations d'un Dieu sévère. La palette des expériences mystiques est assez large. Personne n'est forcé de tout croire. C'est juste que les témoins crédibles d'expériences spirituelles hors du commun nous en apprennent au sujet de la proximité de Dieu avec nous. C'est autre chose que de simplement considérer un Jésus lointain via des scènes décrites dans un texte écrit il y a deux mille ans.


Si tu évoque le début de cette discussion, tu disais ceci :
Je pense que les mystiques du fait de leur état ,sont dans une relation exacerbée avec le divin!
Pour cette raison,j'ai du mal a leur porter crédit!
Alors il ne faudrait pas porter crédit au Nouveau Testament? Saint Paul était-il trop exacerbé avec le divin? Les Apôtres étaient tous exacerbés avec le divin lors de la Pentecôte?

Marthe Robin est considérée comme une grande mystique. Pourtant, tout ceux qui l'ont approché et qui ont échangé avec elle ont tous dit qu'elle s'exprimait simplement en parlant de choses bien ordinaires. Elle ne tenait pas un discours abracadabrant de gnostique.


[auto-correction - Je veux que Trinité soit plus à l'aise et n'aie pas le sentiment de trouver sa pensée trahie ]
[/quote

Merci! :)

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Trinité » mar. 07 mars 2017, 19:39

Qu'avait fait cette pauvre âme ,qui se présentait vêtue de blanc un chapelet à la main ,pour ne pas aller au ciel directement?
Seul Dieu le sait!


60e Apparition

De célèbres docteurs de l’Église croient que certaines âmes du purgatoire n’ont d’autre châtiment que la privation de la vue de Dieu.

Sainte Brigitte dit, en effet, qu’il y a un purgatoire dans lequel languissent les âmes de ceux qui n’ont pas assez aimé Dieu. C’est certainement le pire. Là, elles se sentent invinciblement portées vers ce bien suprême ; mais elles demeurent enchaînées loin de lui. Plusieurs âmes ont fait connaître, dans des apparitions merveilleuses, combien ce supplice est terrible, bien plus terrible que celui du feu.

Voici l’un de ces prodiges, arrivé dans le duché de Luxembourg, examiné et déclaré authentique par le vicaire général de l’archevêque de Trêves. Le jour de la Toussaint, une fille pieuse vit tout à coup paraître devant elle l’âme d’une dame morte peu auparavant, qui lui déclara que son plus grand purgatoire était d’être privé de la vue de Dieu.

Elle était vêtue de blanc, le rosaire à la main, en signe de la grande dévotion qu’elle avait toujours eue envers la Reine du ciel. Elle se fit voir ainsi plusieurs autres fois, particulièrement dans l’église, où elle se mettait à genoux près de la jeune fille, priait avec elle, l’accompagnait à la sainte table.

Elle assistait à la messe et, au moment de l’élévation, son visage brillait tant, que cette fille n’avait jamais rien vu de si beau. Elle paraissait surtout à l’église parce que, ne pouvant voir Dieu face à face, là, au moins, elle pouvait contempler la divine Eucharistie, et, de plus, mieux solliciter* les prières de la jeune chrétienne.

Celle-ci, en effet, ne cessait de prier pour elle. Souvent, elle faisait, aussi pour elle, célébrer des messes, à l’autel de la très sainte Vierge. Un jour que cette fille était dans l’église de Notre-Dame, elle baisa les pieds de la statue, en faveur de l’âme qui lui apparaissait.



En se retournant, elle vit cette âme venir à elle, pour la remercier. Elle lui dit alors que, de son vivant, elle avait fait voeu de faire dire trois messes à l’autel de la Mère de Dieu, et qu’elle ne l’avait pas accompli. Elle la supplia de faire acquitter, en son nom, cette dette sacrée, qui ajoutait à ses tourments.

La jeune fille les fit célébrer sans retard. A la fin de la troisième messe, elle vit cette pauvre âme accourir à elle toute joyeuse, toute glorieuse, parce que son expiation venait d’être fort abrégée. A cette vue, la jeune fille se jeta à genoux, et, les bras en croix, se mit à réciter cinq Pater et Ave, en faveur de la défunte, qui lui soutenait les bras.





Cette âme témoignait sa reconnaissance à sa bienfaitrice, surtout en lui donnant de bons conseils. Elle lui recommanda d’accomplir fidèlement les voeux qu’elle pourrait faire, parce que Dieu exige l’accomplissement fidèle de toutes les promesses qui lui sont faites.

Elle lui dit de se bien garder de tout mensonge, si léger fût-il, parce que le Juge éternel ne le pouvait souffrir. Elle l’exhorta aussi â une grande dévotion envers la Mère de Dieu.



** Ayez soin, lui dit-elle, toutes les fois que vous voyez son image, de répéter ces trois invocations : Mère admirable, Consolatrice des affligés, Reine de tous les saints ! Plus vous aimerez et servirez cette auguste Mère, plus vous la trouverez dévouée au terrible jugement, qui fixe notre sort éternel.

” Elle lui conseillait encore d’employer toutes ses bonnes œuvres au soulagement des âmes du purgatoire, afin d’adoucir leurs terribles maux. Or, pendant qu’un matin, cette âme s’adressait ainsi à la jeune fille, on entendit sonner la clochette de l’élévation à un autel voisin ; aussitôt elle y accourut et s’agenouilla dans la plus fervente adoration.





Une véritable amitié s’était établie entre l’âme et la jeune fille, à la suite de ces apparitions si fréquentes. La jeune fille l’invita à venir avec elle, à la messe, le 3 décembre. L’âme n’y manqua pas, et elle se tint à ses côtés, surtout pour la communion, que son amie fit pour elle.

Après l’avoir remerciée, elle lui annonça que cinq jours après, en la fête de l’immaculée Conception, elle viendrait la voir, avant de monter au ciel. Ce jour-là, elle apparut si brillante que la jeune fille ne pouvait la regarder. Elle assista à la messe avec sa jeune amie, et lui recommanda encore une grande dévotion à la très sainte Vierge.

Enfin, le 10 décembre, elle vint encore à la messe, plus brillante que jamais, salua la jeune fille et fut emportée dans les airs, où un ange vint à sa rencontre, Cette histoire, aussi touchante qu’elle est véridique, justifie bien cette parole de S. Chrysostome :

“ Ne vivons donc pas sans amour pour Dieu, afin de n’être pas condamnés, après la mort, à être encore longtemps séparés de lui, comme il arriva à cette femme. ”

À Suivre….

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » mer. 08 mars 2017, 3:28

Pour l'élément de mystique ... la vie mystique de l'Église ... probablement lié aussi à cette histoire de purgatoire ... Marie qui a choisi la meilleure part, etc.


Transcription "maison" du père Molinié :

... Je vous voudrais faire avec vous, ce soir, un petit exercice que j'ai fait avec la Bible il y a quelques années, et où, là encore, les arbres nous cachent la forêt. Quand je voulais faire comprendre à tous les lecteurs de la Bible que c'est un livre très simple au fond, que j'ai mis des années à comprendre mais qui est très simple. Que l'on comprend bien une fois que - ça dit toujours pareille - ça dit quoi? - Eh bien, pour ça j'ai donc joué à un petit jeu... vous savez, celui qu'on joue avec des cartes de géographies ou sur des mappemondes. Chercher un mot caché sur la carte. J'ai joué en essayant de découvrir un mot au hasard. Et vous savez que les mots les plus difficiles à trouver sont les plus gros. C'est ceux qu'on voit le moins. On cherche d'abord les petits mots. Les mots massifs qui font le tour de la mappemonde : on ne voit pas. Océan artic, comme ça. Tous les mots qui font le tour de la carte. Eh bien, il y a quelque chose comme cela dans la Bible. C'est le mot "Veux-tu?" Ce n'est pas "il faut", "ceci est", ce n'est pas une sagesse de vérité. Simplement, c'est une interrogation : "Veux-tu?" Veux-tu?, Veux-tu? Donc, ça devient très simple une fois qu'on a compris que la Bible et l'Évangile en particulier c'est "Veux-tu?" Ce qui se passe dans l'Église depuis 2000 ans : c'est aussi bête mais aussi difficile à découvrir que "Veux-tu?" C'est massif une fois qu'on y a prit garde.

Et quelle est la grande activité de l'Église? La grande grande activité de l'Église? La constante activité de l'Église? Si je vous interrogeais, si je faisais un test en vous posant la question vous me diriez des tas de choses. Y en aurait -il un parmi vous qui tomberait sur ce que j'appelle la bonne réponse avec peut-être beaucoup de prétention? Mais une fois que je vous l'aurais donné, bien vous me diriez si c'est discutable.

Depuis que l'Église existe elle ne fait qu'une seule chose : elle regarde la Passion et la résurrection. C'est sa seule activité en fin de compte. Regarder le mystère pascal, le crucifié ressuscité. Qu'est-ce qu'on fait d'autre à la messe? On communie. Ce qui n'est qu'une consommation, un achèvement, un paroxysme de cette contemplation. Mais, ce qui est encore cette contemplation même, c'est le point suprême, le moment où après avoir regardé une photo qu'on aime on embrasse cette photo. C'est le moment où l'on s'approche, parce qu'on s'est laissé fasciné, possédé par cette contemplation. Et d'ailleurs le vendredi saint, l'adoration de la croix avant même la communion qu'autrefois les fidèles ne faisaient pas, d'ailleurs, on vient embrasser la croix. C'est net!

D'autres activités? Il n'y a pas à en chercher d'autres.

En particulier les activités caritatives qui impressionnent et qu'on oppose aux activités contemplatives. Ça prouve qu'on y comprend strictement rien. Les activités caritatives consistent à contempler la croix et à embrasser le crucifié dans la personne des membres souffrant du corps mystique tout simplement. Mais c'est toujours Jésus-Christ que l'Église contemple, aime, sert et embrasse ... en embrassant les membres souffrants du corps mystique, et en leur lavant les pieds, comme le Christ a lavé les pieds à ses apôtres.

Voyez comme ça devient simple une fois qu'on a vu ça. Et les contemplatifs d'une autre manière font exactement le même chose. Il n'y a aucune différence à faire dans l'Église entre les actifs et les contemplatifs.

[ ... et ensuite il y en a pour une trentaine de minutes]

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Trinité » mer. 08 mars 2017, 15:43

"Voyez comme ça devient simple une fois qu'on a vu ça. Et les contemplatifs d'une autre manière font exactement le même chose. Il n'y a aucune différence à faire dans l'Église entre les actifs et les contemplatifs."

O.K.

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » mer. 08 mars 2017, 18:30

Un exemple ici, par contre, de ce qu'il faudrait donner à des protestants évangéliques, pour être bien sûr de ne plus jamais les revoir à l'église.

:D

("au secours!")

C'est un petit texte trouvé dans un journal catholique et qui semble presque sortie des prédications de Tetzel au XVIe siècle, du temps que la basilique de Saint-Pierre de Rome était encore en chantier.
Comment pourrai-je faire le tableau déchirant des maux qu'endurent ces pauvres âmes, puisque les saints Pères nous disent que les maux qu'elles endurent dans ces lieux semblent égaler les souffrances que Jésus-Christ a endurée pendant sa douloureuse Passion? Le feu du purgatoire est le même que celui de l'enfer, la différence qu'il y a c'est qu'il n'est pas éternel. Ce feu est si violent qu'une heure semble à ceux qui l'endurent des milliers de siècles. Si l'on pouvait comprendre la grandeur de leurs supplices, nuit et jour nous crierions de miséricorde pour elles. Il faudrait que le bon Dieu, dans sa miséricorde, permit qu'une de celles qui brûlent dans les flammes parût ici à ma place, tout environnée des feux qui la dévorent et qu'elle vous fit elle-même le récit des maux qu'elle endure. Il faudrait qu'elle fît retentir cette église de ses cris et de ses sanglots. Peut-être enfin cela attendrirait-il vos coeurs!

"Oh! nous souffrons, crient-elles! Oh! nos frères, délivrez-nous de ces tourments : vous le pouvez! Brûler dans un feu allumé par la justice d'un Dieu! Souffrir des douleurs incompréhensibles! Elles dévore par le regret, sachant que nous pouvions si bien les éviter!"

[...]

Nous lisons dans l'histoire ecclésiastique qu'un saint resta six jours en purgatoire avant d'entrer dans le ciel. Il apparut ensuite à un de ses amis, en lui disant qu'il avait enduré des souffrances si grandes qu'elles surpassaient toutes celles qu'ont endurées et qu'endureront jusqu'à la fin des siècles tous les martyrs réunis ensemble! Oh! Mon Dieu que votre justice est redoutable pour le pécheur!

Au milieu des flammes qui les brûlent, elles voient les trônes de gloire qui leur sont préparés et qui les attendent. Une voix semble leur crier : "Ah! Que vous êtes privés de grands biens! Si vous aviez eu le bonheur de redoubler vos pénitences et vos larmes, vous seriez aujourd'hui assises sur ces beaux trônes tout rayonnants de gloire! Oh! Que vous avez été aveugles de retarder un tel bonheur par votre faute!"

"Ah mes amis nous crient ces âmes s'il vous reste encore quelques amitiés pour nous ayez pitié de nous Arrachez-nous de ces flammes : vous le pouvez! Beau ciel! Quand te verrons-nous? Oh si vous sentiez la douleur d'être séparés de Dieu. Cruelle séparation!"

Vu dans un numéro du journal Jésus Marie et notre temps.
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https://fr.wikipedia.org/wiki/Johann_Tetzel


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