Une journée au purgatoire

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Cinci
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Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » jeu. 19 janv. 2017, 0:09

Bonjour,

C'est tiré d'un article qui se trouve dans une revue que je ne connaissais pas Aimez-vous les uns les autres. Bon, je ne sais trop quoi en penser. Pour votre agrément, je vous partage ça.

C'est l'histoire du frère Daniel Natale qui a connu le Padre Pio et qui est mort en 1994. Quarante ans plus tôt il avait dû se faire opérer pour un problème de santé très sérieux. Il était resté plongé dans le coma au point même d'être déclaré mort à un moment donné. Revenu à lui "miraculeusement", il raconte ensuite ce qui lui serait arrivé. Le cas du frère Daniel ferait l'objet d'un procès de béatification depuis juillet 2012, à San Giovanni Rotondo.

Le Frère Daniel

Le frère Daniel Natale, un capucin (mort en 1994), fait partie de ceux qui ont connu le purgatoire. Michel (de son nom de baptême) naquit le 11 mars 1919, à San Giovanni Rotondo. Il était le quatrième de sept enfants. Il ne suivit que les trois premières classes de l'école primaire, avant d'aider ses parents aux travaux des champs. Le 4 juin 1933, le jour le Pentecôte, il se rendit au couvent pour participer à la messe, souhaiter bonne fête à son gardien et recevoir de lui une bénédiction, avant d'entrer au petit séminaire des frères capucins. Dans la sacristie, il rencontra le Padre Pio. Sa surprise et sa joie furent immenses car cela faisait deux ans que le père n'avait plus aucun contact avec les fidèles. Michel reçut de sa main une bénédiction spéciale en vue de son chemin monastique.

Il entra au noviciat en 1935 en prenant le nom de frère Daniel. Un an plus tard, il prononça ses voeux temporaires et en 1940, ses voeux définitifs. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il travailla à la Curie provinciale des Frères capucins à Foggia en tant que frère mendiant et cuisinier. En 1943, pendant les bombardements, il secourut les blessés, enterra les morts et sauva des objets de culte. Après la guerre, il apporta son aide aux soldats démobilisés. Puis, en 1952, à la Clinique Regina Elena, se produisit un événement extraordinaire qui eut une influence décisive sur sa vie.

A la clinique

Cela faisait un certain temps que le frère Daniel ressentait des douleurs à l'abdomen. Il consulta donc un médecin et subit des examens. Le diagnostic fut terrible : il avait un cancer de la rate. A l'époque, ce cancer ne laissait aucune chance de survie. Il partit annoncer cette triste nouvelle au Padre Pio, qui lui dit : "Accepte de te faire opérer". Il répondit : "Cela ne vaut pas la peine. Le médecin de me donne aucun espoir. Je sais que je vais mourir." Le Padre Pio reprit : "Qu'importe ce que dit le médecin." Puis il lui indiqua une clinique précise et un médecin précis en disant : "Ne t'inquiète pas, je serai toujours avec toi." Il dit cela avec une telle force et une telle conviction que le frère Daniel se dépêcha d'aller à Rome où il trouva ce fameux médecin, le professeur Riccardo Moretti. Celui-ci refusa dans un premier temps de l'opérer, car il était sûr que son patient ne survivrait pas à l'opération. Mais finalement, à la suite d'une motion intérieure, il décida d'essayer.

L'intervention eut lieu le lendemain matin. Le frère Daniel, malgré l'anesthésie générale, resta conscient. Il ressentait une vive douleur, mais il ne le montrait pas [...] En même temps, il avait le sentiment que la douleur qui se faisait de plus en plus forte purifiait son âme de ses péchés. A un moment, il sentit qu'il s'endormait. Les médecins, eux, constatèrent qu'après cette opération, le patient était tombé dans le coma. Il y resta trois jours. Et malheureusement, il ne se réveilla plus. L'acte de décès fut signé. Sa famille se rassembla autour de lui et pria le défunt. Mais quelques heures plus tard, à la stupéfaction de tous, le mort revint subitement à la vie.

Deux heures au purgatoire

Que s'était-t-il passé pendant ces quelques heures? Où l'âme du frère Daniel étaiit-elle allée? Voici le récit qu'en fit le frère Daniel lui-même :

Je me tenais devant le trône de Dieu. Je ne l'ai pas vu comme un juge sévère, mais comme un père miséricordieux et débordant d'amour. J'ai alors compris que le Seigneur avait pris soin de moi depuis le premier jour jusqu'au dernier instant de ma vie, m'aimant aussi fort que si j'étais la seule créature vivante sur terre. Je me suis également rendu compte que je n'avais pas répondu à cet immense amour divin ... J'ai été condamné à deux ou trois heures de purgatoire. Comment? me suis-je demandé. Seulement deux à trois heures? Et après je pourrai rester pour toujours auprès de Dieu, plongé dans son amour éternel? J'ai sauté de joie, j'avais l'impression d'être le plus heureux des hommes.

Soudain, j'ai ressenti une douleur intense et terrible, dont j'ignorais la provenance. Les sens par lesquels j'avais le plus souvent offensé Dieu en ce monde, mes yeux, ma langue, se mirent à me faire horriblement mal. C'était une incroyable souffrance, puisqu'au purgatoire, l'âme a les mêmes sensations que si elle avait un corps ... cette souffrance m'a accablé tout au long de cette expérience et chaque seconde qui passait me paraissait être une éternité.

Je me suis alors dit qu'il fallait que j'aille voir un frère de mon couvent, pour lui dire que j'étais au purgatoire et lui demander de prier pour moi. Ce frère fut stupéfait, car il entendait ma voix, mais ne me voyait pas. Il me demanda : Où es-tu? Pourquoi ne puis-je pas te voir? C'est alors que je me rendis compte que je n'avais pas de corps. Je me suis donc contenté de répéter et d'insister pour qu'Il prie pour moi, et je suis parti.

Comment est-ce possible? me dis-je. Soudain, la Vierge Marie m'apparut. Je me suis mis à la prier et à la supplier en disant : Oh, Très Sainte Vierge Marie, intercède auprès de Lui pour que je retourne sur la terre, pour que je puisse vivre et agir uniquement pour Lui. J'aperçus la présence de Padre Pio et je le suppliai aussi : Par les terribles souffrances de tes plaies bénies, Padre Pio, intercède pour moi auprès de Dieu, pour qu'Il me libère de ces flammes et qu'Il me donne la grâce de vivre le purgatoire sur terre. Puis je n'ai plus rien vu. Mais je savais que le père était en train de parler avec Marie. Quelques instants plus tard, la Vierge Marie m'apparut à nouveau, elle inclina la tête et me sourit. Et à cet instant précis, je revins dans mon corps. D'un mouvement brusque, j'ai rejeté le drap qui couvrait mon corps. Ceux qui me veillaient et priaient se jetèrent vers la porte, effrayés, et allèrent chercher les infirmières et les médecins. Quelques minutes plus tard, toute la clinique était au garde-à-vous. Tout le monde avait l'impression de voir un fantôme.

(à suivre)

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » jeu. 19 janv. 2017, 8:07

(suite)

Le lendemain matin, le frère Daniel se leva de son lit et s'assit sur un fauteuil. Il était sept heures du matin. Les médecins avaient l'habitude de venir vers neuf heures. Mais, ce jour-là, le docteur Riccardo Moretti, celui qui avait signé le certificat de décès de frère Daniel, se rendit plus tôt à l'hôpital. Il s'arrêta devant le frère Daniel et, les larmes eux yeux, dit : "Oui, je crois en Dieu, je crois en l'Église " ...Le docteur Moretti, la veille encore, ne croyait pas en Dieu. Personne ne sut ce qui s'était passé dans sa vie, cette nuit-là. On sait seulement qu'il n'avait pas dormi une seconde et que cette nuit, au cours de laquelle un changement radical s'était produit en lui, avait été un véritable cauchemar. Tout comme saint Thomas, d'incroyant, il était devenu croyant.

Le frère Daniel a effectivement vécu, jusqu'à la fin de sa vie, un purgatoire sur la terre. Il l'avait lui-même choisi. Il dit à sa soeur Felicia, vers la fin de sa vie : "Ma soeur, voici quarante ans déjà que j'ai oublié ce que c'est que de se sentir bien!"

Quel enseignement pouvons-nous tirer du récit du frère Daniel?

Il faut bien noter que le frère Daniel n'avait commis aucun péché grave, car ce sont ces péchés qui nous coupent de Dieu et ferment la voie au salut. Il faisait pénitence pour les péchés véniels, surtout pour les petits écarts qu'il faisait par rapport à son voeu de pauvreté. La première conclusion est évidente : les souffrances du purgatoire sont très dures et il faut faire réparation même pour les péchés véniels. Soit on en fait réparation sur terre, soit on en fait réparation après la mort, mais au prix de souffrances incomparables. Nous ne devons donc pas négliger les "petits" péchés. Souvent la pénitence symbolique donnée par le prêtre, lors de la confession, est plutôt un encouragement à faire pénitence de sa propre initiative.

Nous pouvons faire de nos difficultés de la vie quotidienne et de nos souffrances un vrai trésor, en les acceptant et en les offrant à Dieu pour nos péchés et ceux de nos prochains. Chaque souffrance offerte à Dieu, en réparation de nos offenses, allège le purgatoire, soit pour nous-même, soit pour quelqu'un qui vient de mourir, selon ce que nous demandons.

Le frère Daniel a constaté une chose importante : "Ce qui fait le plus souffrir au purgatoire, ce ne sont pas les flammes, bien qu'elles soient intenses, mais le sentiment d'éloignement de Dieu, et le fait que sur terre, nous avons eu les moyens d'éviter le purgatoire mais que nous ne les avons pas utilisés." L'âme s'éloigne un peu plus de Dieu chaque fois qu'elle commet un péché. Ce sentiment d'éloignement, alors que juste après la mort, nous voyons Sa bonté, Son amour et Sa tendresse, fait encore plus souffrir l'âme, qui se languit de l'amour de Dieu. Les péchés, ce n'est pas seulement le mal que nous avons commis, mais aussi le bien que nous avons omis de faire, surtout le bien concernant le salut de notre âme. Après notre mort, nous aurons aussi à rendre compte de toutes les fois où nous n'avons pas profité de l'aide que Dieu nous offrait.

Lorsqu'il était au purgatoire, le frère Daniel est allé chercher de l'aide auprès d'un de ses frères, vivant. Ce fait nous rappelle que les âmes du purgatoire comptent sur notre aide. L'enseignement de l'Église sur le sujet est le suivant : "Dès les premiers temps, l'Église a honoré la mémoire des défunts et offert des suffrages en leur faveur, en particulier le sacrifice eucharistique, afin que, purifiés, ils puissent parvenir à la vision béatifique de Dieu. L'Église recommande aussi les aumônes, les indulgences et les oeuvres de pénitence en faveur des défunts : Portons-leur secours, faisons-en commémoraison" (CEC 1032)

Tout ce qui concerne le frère Daniel est extrait du livre de Remigio Fiore : Fra Daniele Natale racconta ...

Source : Soeur Anna, Institut Religieux Féminin Apôtres de Jésus Crucifié, "Une journée au purgatoire" dans Aimez-vous les uns les autres, no 4, 2016, p. 49

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » jeu. 19 janv. 2017, 22:07

Quelle histoire!

Pour moi, il reste un petit jeu quand même. Il se peut que l'aventure du frère Daniel soit authentique. En même temps, il ne se trouvait peut-être pas réellement dans la même condition que ceux qui sont réellement défunts. Je ne sais pas. Était-ce une grâce lui permettant d'anticiper ce qui aurait pu être? Mystère.

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » jeu. 19 janv. 2017, 22:31

Je lisais ça aujourd'hui :

Le purgatoire est-il un mythe médiéval?

Le purgatoire a longtemps souffert d'une image négative mettant en cause l'Intégrité de l'Église dont il serait une invention. En fait la doctrine du Purgatoire s'appuie sur le Bible et sur saint Paul qui évoquent la prière pour les défunts et le feu purificateur, mystère du Salut inséparable de l'Amour.

"Comment est-il possible que l'on évoque encore ce sujet au XXIe siècle?", réagiront certains avec exaspération. "Enfin, on reparle de ce sujet abandonné!", diront d'autres avec soulagement. Quoi qu'il en soit, qu'elle agace ou qu'elle rassure, cette question se pose encore aujourd'hui. Il y a seulement cent ans, nos ancêtres priaient pour leurs défunts sans l'ombre d'une hésitation, dans l'idée d'aider leur passage du Purgatoire au Ciel. Aujourd'hui, on est parfois au mieux sceptique sur la question : "A quoi bon, puisque de toute façon, Dieu nous aime," Archaïque, le Purgatoire?

Les objections

Il n'existe sans doute pas une liste exhaustive du Purgatoire car nombreux sont ceux qui ont leur propre idée sur la question. Il semble qu'elles puissent néanmoins se retrouver dans deux domaines principaux.

1. Une suspicion envers l'autorité de l'Église. C'est l'argument historique. Il laisse entendre, pour dire les choses simplement, que c'est l'Église qui a inventé le Purgatoire au Moyen Age pour financer la construction de Saint-Pierre de Rome, ou pire encore, les dépenses scandaleuses des papes. Cela, à grand renfort de trafic d'indulgences monnayables pour s'éviter, par exemple, un pélerinage à Jérusalem. Bref, le Purgatoire sentirait la corruption. On sait comment ce sentiment fut à la source du schisme protestant avec Luther. D'autre part, le Purgatoire aurait eu l'avantage, selon certains, de permettre la mise en place d'un système très efficace de gouvernement par la peur. Ainsi, il devenait facile de menacer les récalcitrants, si ce n'est de l'enfer, du moins des jours de Purgatoire supplémentaires. Quand on sait comment était imaginé le Purgatoire à cette époque, avec force souffrances et supplices du feu, on comprend comment cela pouvait rendre l'obéissance plus volontaire ....

2. Une prétendue incompatibilité entre le Purgatoire et un Dieu d'amour. C'est l'argument spirituel. A partir du moment où le Purgatoire est exclusivement vu comme une punition, voire une vengeance de Dieu, cette notion devient effectivement incompatible avec un Dieu miséricordieux . "On ira tous au Paradis", disait la fameuse chanson. A défaut d'en être sûrs, nous pouvons au moins l'espérer, mais en ne négligeant surtout pas la question du "comment".

(à suivre)

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » jeu. 19 janv. 2017, 22:55

(suite)

3. La voie d'une réconciliation. On a donc souvent rejeté la notion du Purgatoire à cause de l'imaginaire qui lui est malheureusement trop bien attaché. Certes, de nombreux prédicateurs tout au long de l'histoire de l'Église ne sont pas pour rien dans la construction de cet imaginaire et du dégoût qu'il a fini par susciter, finissant par faire du Purgatoire le symbole de la souffrance.

Il fallait donc bien purifier tout cela et rendre effectivement ses droits à la miséricorde de Dieu; mais le risque était, en voulant trop bien faire, d'amoindrir le sens chrétien de l'amour de Dieu. En voulant défendre cet amour, on a souvent éliminé le Purgatoire. Et en éliminant un peu trop vite cette réalité de notre foi, c'est tout l'ensemble de la foi qui est blessé. En effet, en croyant remettre à l'honneur l'amour de Dieu, on l,a finalement réduit. Car le Purgatoire, puisqu'il existe, ne peut être qu'une expression de l'amour de Dieu!

Il faut affirmer plutôt que le Purgatoire témoigne éloquemment de la miséricorde de Dieu, puisqu'il dit tout à la fois l'Intention de Dieu de libérer et de guérir chacun et chacune de toutes les influences du mal, et par la même occasion la formidable dignité de l'homme appelé à être semblable à LUi et à le voir tel qu'Il est (1 Jn 3,2) Nier le Purgatoire, c'est opérer un formidable retour en arrière, oubliant jusqu'à la Genèse qui nous révèle que Dieu a voulu l'homme à son image. Notre créateur n'a pas revu à la baisse ses ambitions après le péché originel; au contraire, il a plutôt revu à la hausse les moyens pour que ce merveilleux dessein puisse se réaliser en multipliant les alliances avec nous jusqu'à envoyer son propre Fils pour qu'Il soit notre Sauveur.

Une foi constante

Il n'aura échappé à personne que le mot purgatoire n'apparaît nulle part dans la Bible. Un des premiers à utiliser le mot semble être saint Augustin (on est déjà au Ve siècle!) qui ne parle pas encore du "Purgatoire" comme d'une réalité définie mais qui évoque simplement des "peines purgatoires" après la mort. Ce n'est que très progressivement que cette notion de peines après la mort finit par être évoquée sous le substantif de "Purgatoire".

Si l'expression a donc évolué, comme on l'a vu, au fur et à mesure que l'Église a avancé dans la compréhension et la reformulation du donné de la Révélation, il n'en va pas de même du concept qui a toujours été admis. En fait, on a cru au Purgatoire bien avant de savoir le nommer. Car avant d'être envahi d'Images nauséabondes, le concept du Purgatoire est simple et tient à peu près en deux affirmations : qu'Il existe une rémission des péchés après la mort et que la prière de vivants pour les défunts est efficace. Avec cela, l'essentiel est dit.

(à suivre)

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » ven. 20 janv. 2017, 3:42

(suite et fin)

Prière et purification

Cela s'entend dès l'Ancien Testament, dans le récit (2 M 12, 39-45) qui raconte comment des soldats en état de péché d'idolâtrie ont été pris en charge par leurs camarades rescapés qui ont prié et offert un sacrifice pour que leur péché soit entièrement pardonné, dans l'espérance de la résurrection. Il était donc admis chez ces Juifs, environ deux cent ans avant Jésus-Christ, que la miséricorde de Dieu pour les pécheurs s'exerce au-delà de la mort et que les vivants peuvent intervenir en leur faveur.

Ce feu qui transforme en dépouillant fait l'objet d'un commentaire de la part de Benoit XVI dans son encyclique Spe Salvi (46-47).

"Certains théologiens récents sont de l'avis que le feu qui brûle et en même temps sauve est le Christ lui-même, le Juge et Sauveur. La rencontre avec Lui est l'acte décisif du Jugement. Devant son regard s'évanouit toute fausseté. C'est la rencontre avec Lui qui, en nous brûlant, nous transforme et nous libère pour nous faire devenir vraiment nous-mêmes. Les choses édifiées durant la vie peuvent alors se révéler paille sèche, vantardise vide et s'écrouler. Mais dans la souffrance de cette rencontre, où l'impur et le malsain de notre être nous apparaissent évidents, se trouve le salut. Le regard du Christ, le battement de son coeur nous guérissent grâce à une transformation assurément douloureuse, comme "par le feu". Cependant, c'est une heureuse souffrance, dans laquelle le saint pouvoir de son amour nous pénètre comme une flamme, nous permettant à la fin d'être totalement nous-mêmes et par là totalement de Dieu."

Loin d'appauvrir la foi ou d'enfermer le croyant dans un irréductible obscurantisme, une foi sereine dans cette notion délicate du Purgatoire devient au contraire une source d'émerveillement vis à vis du plan de Dieu pour offrir à chacun des moyens de salut supplémentaire. De même qu'Abraham, père des croyants, s'est mis en marche contre toute espérance, en raison de la promesse qui lui avait été faite par Dieu, nous avons besoin, nous aussi, de pouvoir regarder vers un horizon, vers une promesse de vie. La foi en ce que la théologie rassemble sous le terme d'eschatologie (ce qui concerne les fins dernières), est une dimension absolument indispensable qui équilibre, renforce et donne l'élan de notre vie chrétienne.

Don Martin Panhard, Fraternité Notre-Dame de Montligeon, Bulletin no 18, automne 2016

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Trinité » sam. 25 févr. 2017, 15:32

Voici un témoignage des saints sur les âmes du purgatoire !
Quel crédit peux t'on apporter à cela , Une condamnation pareille pour bavardage, paraît complètement disproportionnée!

34e Apparition

Césaire nous apprend, par un mémorable exemple, combien les conversations dans le lieu saint déplaisent à Dieu. Dans un monastère de Citeaux, appelé Saint Sauveur, deux jeunes filles allèrent se consacrer à Dieu. On les avait placées, au choeur, l’une à côté de l’autre. La première, Gertrude, quoique très pieuse, avait le défaut du bavardage, et rompait souvent le silence : ce qui lui attira un sévère châtiment après sa mort. Une maladie l’emporta à la fleur de l’âge. On l’avait enterrée au fond de l’église.

Or, un soir, que les religieuses étaient réunies dans cette église, la voilà qui apparaît devant l’autel, y fait la génuflexion accoutumée, et va s’asseoir à côté de Marguerite, sa compagne d’entrée en religion et de bavardage, sans être vue d’aucune autre religieuse.



Marguerite, à cette vue, est saisie de frayeur, devient pâle, tremblante, prête à défaillir. On s’empresse autour d’elle, on s’informe du mal qu’elle éprouve, on lui prodigue mille soins. Alors, elle commence à raconter ce qui lui est arrivé.

La défunte, ajoute-t-elle, aussitôt après l’office des vêpres, s’était levée, avait fait une grande inclination jusqu’à terre et avait disparu. La supérieure, craignant que tout cela ne fût que le jeu d’une imagination troublée ou quelque illusion du démon, lui dit : “ Si Gertrude vous apparaît encore, vous lui direz :





Benedicite, à quoi elle répondra sans doute, suivant notre usage, Dominus. Vous lui demanderez alors d’où elle vient et ce qu’elle veut.” Le jour suivant, à la même heure, nouvelle apparition. Marguerite la salue: “Benedicite\ — Dominus ! répond le fantôme. — Ma chère sœur Gertrude, poursuivit Marguerite, d’où venez-vous et que voulez-vous ? — Je viens, dit-elle, satisfaire à la Justice divine dans le même lieu où j’ai péché avec toi, lorsque j’ai tant de fois rompu le silence et te l’ai fait rompre, pour des choses inutiles, pendant les saintes cérémonies.

Le souverain Juge veut que je m’acquitte envers sa justice à l’endroit et dans les mêmes circonstances où je l’ai offensée. Oh ! Si tu savais combien je souffre ! Je suis tout environnée de flammes : ma langue surtout en est consumée, sans que je trouve le moindre soulagement. Profite de mon exemple : mets un frein à tes paroles ; oublie que je t’ai donné ce scandale et n’y entraîne personne, parce qu’un supplice pareil au mien te serait réservé.”

Elle disparut. Plusieurs fois encore, elle vint demander les prières des religieuses, jusqu’à ce que, délivrée par leurs suffrages, elle dit à son amie un tendre adieu et se dirigea vers le tombeau, où on l’avait ensevelie ; elle en souleva la pierre et s’y coucha pour toujours. Ces différentes émotions agirent si fortement sur Marguerite, qu’elle tomba dans une grande maladie et ne tarda pas à être à l’extrémité.

On la crut même morte. Mais ce n’était qu’une sorte d’extase, durant laquelle il lui fut révélé des choses admirables de l’autre vie. Elle les raconta à ses sœurs étonnées et les exhorta à marcher de plus en plus dans la voie courageuse de la mortification des sens.

De son côté, elle devint scrupuleusement fidèle à la règle du silence, ayant toujours présent à l’esprit le châtiment de sa soeur Gertrude. Veillons donc nous-mêmes sur notre langue, puisqu’elle peut être enflammée du feu de l’enfer. Celui qui ne pèche pas par sa langue est parfait, dit le Saint-Esprit. Ayons beaucoup de respect pour le lieu saint. N’y commettons jamais aucune dissipation, si nous ne voulons pas aller souffrir longtemps et cruellement en purgatoire.

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Mac » sam. 25 févr. 2017, 18:07

bonjour Trinité :)
Trinité a écrit :
sam. 25 févr. 2017, 15:32
Voici un témoignage des saints sur les âmes du purgatoire !
Quel crédit peux t'on apporter à cela , Une condamnation pareille pour bavardage, paraît complètement disproportionnée!
je pense qu'il s'agit de bavardage genre la médisance puisque le texte parle de scandale si j'ai bien compris. Cela n'est pas en contradiction me semble -til avec matthieu 5-20.

Après il ne faut pas prendre cet exemple pour vous si vous n'êtes pas médisant vous-même. :D

fraternellement. :coeur:

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Trinité » sam. 25 févr. 2017, 23:28

Mac a écrit :
sam. 25 févr. 2017, 18:07
bonjour Trinité :)
Trinité a écrit :
sam. 25 févr. 2017, 15:32
Voici un témoignage des saints sur les âmes du purgatoire !
Quel crédit peux t'on apporter à cela , Une condamnation pareille pour bavardage, paraît complètement disproportionnée!
je pense qu'il s'agit de bavardage genre la médisance puisque le texte parle de scandale si j'ai bien compris. Cela n'est pas en contradiction me semble -til avec matthieu 5-20.

Après il ne faut pas prendre cet exemple pour vous si vous n'êtes pas médisant vous-même. :D

fraternellement. :coeur:
Espérons qu'il s'agisse de "médisances" :) mais tous les phénomènes qui sont liés à cet évènement sont pour moi très ...étonnants...
Je ne porte pas tellement crédit à toutes ces révélations de mystiques qui ,du fait de leur état voient un tas de choses incroyables!

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » dim. 26 févr. 2017, 0:35

Trinité :
Quel crédit peux t'on apporter à cela , Une condamnation pareille pour bavardage, paraît complètement disproportionnée!
Je suis d'accord qu'avec cette pléthore de détails l'on croirait surtout à une pieuse historiette, bien faite pour stimuler le zèle de certains enfants de Marie.
:nonne:

Pouvoir questionner verbalement et normalement une personne défunte? une âme du purgatoire? comme si de rien n'était? Je douterais de la véracité de l'histoire.

o,k.

Par contre, j'ai connu un bonhomme qui est encore très impliqué dans le secteur de l'aide à l'Église un peu partout dans le monde, qui aura pu mettre sur pied une fondation pour soutenir des missionnaires, etc, qui s'occupe aussi de la Fraternité de Montligeon (oeuvre pour les âmes du purgatoire) et qui m'aura déjà raconté un peu son histoire, partageant un coin de table, entre la poire et fromage. Plus jeune, il ne s'occupait pas de religion, les trucs de la foi.

Il me contait comment un jour il aura fait un rêve étrange et dans lequel un de ses cousins lui était apparut pour lui demander à lui des prières. Il lui demandait son aide. Le genre de rêve qui semble plus vrai que la réalité. Or il se trouve que le cousin en question avait participé à la bataille d'Angleterre comme pilote. Il avait été porté disparut au-dessus de la Manche. L'anecdote onirique intervenait quelque chose comme vingt ans après la disparition du cousin. Le rêve l'avait ébranlé. Parce qu'il ne s'attendait absolument pas à ce qu'un truc pareil lui arrive. Il n'était pas bigot, ni fasciné d'avance par des histoires de ce genre. Il n'y pensait jamais, pas plus qu'à ce cousin éloigné qu'il avait à peine connu. Pour lui, ce fut quand même l'élément déclencheur qui l'aura mis en mouvement et amené à collecter des sous avec sa fondation, pour faire dire des messes pour les défunts. Pour lui c'était significatif. Il n'avait vraiment pas l'allure d'un fabulateur.

Je serais plus porté à croire en la réalité d'épisodes de ce genre : très bref, sobre, assez simple. L'essentiel quoi! Sans grande séquece de détails fouillés. Il ne se sera pas précipité pour me conter ça. C'est parce que moi je le cuisinais pour savoir quelle avait pu être la raison ou la source de son engagement dans la Fraternité, si une raison précise avait pu orienter son choix.

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Trinité » dim. 26 févr. 2017, 1:09

Je pense que cela me paraît plus réaliste également!
J'ai beaucoup d'anecdotes troublantes, de ce type!

Une histoire racontée par mon père dans la famille ,quand j'étais enfant m'avait troublé !

Nous habitions châteauroux ,bombardé en 1945 par les américains et passablement détruite!
Mon père connaissait un prêtre de la ville qui lui confia un jour les évènements suivants.
On sonna au presbytère un soir , le prêtre ouvre la porte et il voit dans la pénombre une femme qui lui demande d'aller à une adresse ,car une personne (d'un certain nom..) veut le voir.
Il s'habille et se rend à l'adresse indiquée ,il sonne et là ,un homme lui ouvre la porte et lui demande l'objet de sa visite. Le prêtre lui dit qu'une personne lui a demandé de passer le voir ,l'homme est fort étonné car il n'a jamais envoyé quelqu'un chercher ce prêtre!
Il lui dit :"puisque vous êtes la rentrer...il y a bien longtemps que je n'ai parlé à un ecclésiastique , ils restent discuter un bon moment et l'homme confie au prêtre ses problèmes et sa vie!
Ils se séparent et le prêtre va se coucher. Dans la nuit attaque aérienne ,en fin d'attaque le prêtre faisant parti des secouristes rejoint la zone de bombardements , cette zone se trouvait là ou quelques heures auparavant il s'était rendu et que la maison de la personne chez qui il était allé est détruite. Dans les décombres ils retrouvent le corps de l'homme qu'il avait vu auparavant et....une photo de la personne qui était venue sonner à sa porte.
Il se renseigne sur cette personne et on lui dit que c'était la femme de l'homme en question et quelle était décédé depuis plusieurs années déjà.
Cette histoire en tant qu'enfant m'avait fort impressionnée !

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » dim. 26 févr. 2017, 2:02

Pour être impressionnant c'est impressionnant. Pas de doute! C'est le genre de témoignages qui avaient été collectés au tournant du XXe siècle en Angleterre par une fameuse société de recherche psychique.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Society_f ... l_Research

J'aurai déjà lu il y a longtemps un ouvrage portant sur les études des fondateurs de cette société . Je me souviens d'avoir déjà lu des récits de témoins assez semblables à celui de ce prêtre de châteauroux.

La chose étrange dans votre cas de 1945 c'est que le prêtre ait pu entendre la sonnerie de la porte. Ça, pour une âme du purgatoire, ce serait tout une performance aussi. Ce serait déjà plus compréhensible si le prêtre avait pu croiser un ange devant sa porte. On dit que les anges peuvent exercer une certaine influence sur la matière. Alors un ange qui aurait pu prendre l'apparence de la femme de cet homme qu'Il fallait aider? Un saint ange faisant la commission de la femme disparut et avec la permission divine bien entendu?

:)

Des hypothèses ...

Mac
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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Mac » dim. 26 févr. 2017, 9:13

Bonjour :)
Trinité a écrit :
dim. 26 févr. 2017, 1:09
Je pense que cela me paraît plus réaliste également!
Parce que vous n'avez jamais suivi ces voies je pense, Trinité, n'étant sans doute pas appelé sur celles-ci. Et il est vrai que pour l'homme moderne celà semble être une romance. Mais lors de la transfiguration Jésus dialogue avec Saint Elie et saint Moise. ;)

Sur le fond l'histoire me semle plausible, car c'est scripturaire et mes révélations privées vont dans ce sens. Après vous avez raison l'Eglise n'oblige pas de croire à cela mais vous devez suivre les commandements de Jésus christ comme stipulé dans l'évangile.

Fraternellement :coeur:

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Cinci » dim. 26 févr. 2017, 14:09

Dans la Bible du chanoine Crampon :

Sur l'activité des anges du Seigneur

14 Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés comme serviteurs pour le
bien de ceux qui doivent recevoir l'héritage du salut?

-Épitre aux Hébreux 1,14


8 L'ange de Yahweh campe
autour de ceux qui le craignent, et il les sauve.
9 Goûtez et voyez combien Yahweh est bon !
Heureux l'homme qui met en lui son refuge !

- Psaume 34

En repensant à ce nouveau secret de famille, le récit paternel de Chateauroux :)

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Re: Une journée au purgatoire

Message non lupar Trinité » dim. 26 févr. 2017, 14:22

Trinité a écrit :
dim. 26 févr. 2017, 1:09
Je pense que cela me paraît plus réaliste également!
J'ai beaucoup d'anecdotes troublantes, de ce type!

Une histoire racontée par mon père dans la famille ,quand j'étais enfant m'avait troublé !

Nous habitions châteauroux ,bombardé en 1945 par les américains et passablement détruite!
Mon père connaissait un prêtre de la ville qui lui confia un jour les évènements suivants.
On sonna au presbytère un soir , le prêtre ouvre la porte et il voit dans la pénombre une femme qui lui demande d'aller à une adresse ,car une personne (d'un certain nom..) veut le voir.
Il s'habille et se rend à l'adresse indiquée ,il sonne et là ,un homme lui ouvre la porte et lui demande l'objet de sa visite. Le prêtre lui dit qu'une personne lui a demandé de passer le voir ,l'homme est fort étonné car il n'a jamais envoyé quelqu'un chercher ce prêtre!
Il lui dit :"puisque vous êtes la rentrer...il y a bien longtemps que je n'ai parlé à un ecclésiastique , ils restent discuter un bon moment et l'homme confie au prêtre ses problèmes et sa vie!
Ils se séparent et le prêtre va se coucher. Dans la nuit attaque aérienne ,en fin d'attaque le prêtre faisant parti des secouristes rejoint la zone de bombardements , cette zone se trouvait là ou quelques heures auparavant il s'était rendu et que la maison de la personne chez qui il était allé est détruite. Dans les décombres ils retrouvent le corps de l'homme qu'il avait vu auparavant et....une photo de la personne qui était venue sonner à sa porte.
Il se renseigne sur cette personne et on lui dit que c'était la femme de l'homme en question et quelle était décédé depuis plusieurs années déjà.
Cette histoire en tant qu'enfant m'avait fort impressionnée !
Cela me revient!
J'avais oublié dans mon récit :
Lorsqu'il a ouvert la porte et vu la femme qui lui a donné l'adresse,le prêtre lui a demandé de l'attendre et qu'il se préparait pour aller à l'endroit indiqué.
Evidemment à son retour elle n'était plus là !


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