Créés à l’image de Dieu : une révélation en trois actes

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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Xavi
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Créés à l’image de Dieu : une révélation en trois actes

Message non lu par Xavi »

Dans le récit de la Genèse, nous voulons découvrir le mystère de la création de l’humain, mais c’est surtout Dieu qui se révèle à nous en même temps qu’il nous révèle qui nous sommes et quelle est notre vocation.

Il nous est dit que nous sommes créés à l’image de Dieu. Il ne s’agit pas d’abord de s’intéresser à l’image, mais de s’intéresser au modèle, de découvrir ce que l’image nous révèle de Celui dont elle est l’image.

L’image du Fils qui s’incarne dans le monde matériel et par qui tout a été fait, l’image du Père qui donne la vie en faisant entrer dans sa demeure spirituelle, l’image de l’Esprit Saint qui fait vivre dans l’amour les trois personnes semblables de la Trinité.

L’adame qui vient du sol (Gn 1, 26 à Gn 2,7), l’Eden qui vient du ciel (Gn 2, 8 à Gn 2, 20), l’amour qui vient de l’autre semblable (Gn 2, 21 à Gn 2, 25).

Le corps, la vie spirituelle, la communion. A l’image de la Trinité.

Créé à l’image de Dieu, le corps des premiers humains, ceux qui sont appelés Adam et Eve, a été façonné depuis la nuit des temps comme le sera le corps terrestre du Christ façonné dans le sein de Marie, et provenant, par elle, de ses propres parents antérieurs par générations successives depuis la nuit des temps. Faisons l’humain à notre image est une parole qui vient du fond des âges : une cellule s’est reproduite et le phénomène s’est reproduit tant et tant de fois avec des transformations, puis des groupes complexes de cellules se sont reproduits à leur tour, puis des êtres aquatiques, des êtres terrestres, des primates.

Dieu a d’abord créé l’adame, l’espèce adamique. Il l’a façonnée pendant des milliards d’années, améliorant sans cesse cette chair créée, lui façonnant un cerveau, une sensibilité, une intelligence. L’adame est créé mâle et femelle (Gn 1, 27). Tant le mâle que la femelle sont nommés adame (Gn 5, 2). L’adame est nommé ainsi uniquement par référence à l’adamah, le sol. Dieu a créé le corps. Un corps tellement parfaitement à l’image du Fils éternel de Dieu, de cette personne divine par qui toute créature a été faite, que la personne du Fils de Dieu va pouvoir s’incarner elle-même dans un tel corps, semblable à celui de tout autre humain.

D’abord, un corps. Image du Fils.

L’adame est d’abord façonné en « âme vivante », comme les animaux. Le texte hébreu de la Genèse utilise exactement les mêmes mots pour les définir (Gn 1, 24 ; Gn 2, 7 ; Gn 2, 19).

Comme les animaux, l’adame n’a, par sa seule nature terrestre, qu’une participation temporaire au vivant. Il est une âme vivante. La vie n’est pas encore dans son être lui-même, ce n’est pas encore une qualité ontologique permanente, ce n’est encore qu’un état temporaire, un mode d’existence.

Comme les autres créatures vivantes, il est conçu, se développe, se reproduit parfois, et meurt toujours. Ce n’est pas un mal physique. Cette mort fait partie de la dynamique du vivant créé, de son renouvellement, de son développement. Il n’y a ici ni vie, ni mort d’une personne. Ce qui vit, c’est l’ensemble du créé, ce qui meurt ce ne sont que des figures temporaires d’une dynamique qui continue à vivre et à se transformer.

A un moment, lorsque l’adame n’est encore qu’une espèce vivante sur la terre, Dieu va planter un jardin en Eden et va y mettre l’adame. Un jardin du paradis. Ce jardin d’Eden n’est pas abstrait. Il est clairement situé dans la réalité terrestre, mais il est cependant tout autre. C’est une toute autre réalité dont le texte de la Genèse ne peut nous parler que de manière imagée, avec des images de la réalité terrestre.

Cette réalité de l’Eden accueille l’adame dans une situation où Dieu lui parle, dans un monde où il peut partager la vie et l’amour de Dieu. Bref, dans la demeure de Dieu. Il a plongé l’adame dans la réalité spirituelle, dans les cieux, dans une réalité spirituelle unie à la création terrestre, présente dans la création terrestre. Les deux sont ensemble.

Seules les apparitions du Christ ressuscité, revenu à la vie dans un autre jardin, nous a donné quelques signes de ce qu’a pu être l’existence des premiers humains participant pleinement tant à la réalité terrestre de la création qu’à la réalité spirituelle du ciel. Avec un corps bien réel et une capacité de transcender ses limites matérielles d’une manière qui nous échappe encore.

De même que les lieux des apparitions du Christ ressuscité, le jardin d’Eden n’était pas purement spirituel ou extérieur au monde créé. Il était uni au sol. C’est du sol (Gn 2, 9) que Dieu a fait pousser des arbres dans le jardin d’Eden.

Dieu y place l’adame. Il ne s’agit pas d’un déplacement physique, mais d’une interpénétration de deux réalités qui sont présentes ensemble et entre lesquelles une interaction est présente.

Lorsqu’après sa création par un souffle divin qui l’a rendu vivant, l’être corporel autant que spirituel est placé dans le jardin d’Eden, il y reçoit en partage la vie même de Dieu. Dans ce jardin spirituel, le Père donne sa propre vie à l’humain dans la réalité terrestre. Cette vie devait lui permettre de gouverner et de développer le monde créé sans être soumis à la mort.

Le jardin d’Eden dans lequel il est mis, c’est une réunion du monde matériel et du monde spirituel dans lequel Dieu peut être rencontré, où sa vie peut être partagée, où un dialogue peut exister entre l’humain et son créateur.

L’adame, fait d’un corps façonné et vivant dans le monde matériel, y est mis, y est plongé. Pour le cultiver et pour le garder. Pour le développer et pour le conserver.

La présence de la réalité spirituelle de Dieu dans le monde matériel n’est pas imposée par Dieu. Elle est confiée à l’humain. Pour un développement, une maturation, un avenir encore à construire. Tout n’est pas fait. Une vraie tâche libre est confiée à l’humain.

Mais, cette présence spirituelle qui n’est pas imposée peut disparaître de l’existence de l’adame corporel. Il faut la garder, la conserver, la protéger contre la mort, contre cette limite qui caractérise la dynamique normale du vivant matériel dans lesquelles les formes se succèdent dans le temps mais ne subsistent pas personnellement.

Participant de la terre, par son corps, l’adame devient participant des cieux dans le jardin d’Eden.

La vie spirituelle est donnée à l’adame. Il peut vivre et donner la vie, à l’image du Père qui donne la vie.

Mais, dans le jardin d’Eden, l’adame est d’abord seul. Il ne peut encore que crier et non dialoguer. Il n’a pas de semblable, de vis-à-vis.

Certes, de nombreux autres adames mâles et femelles pouvaient exister dans la réalité terrestre autour de lui, mais, dans la réalité spirituelle du jardin d’Eden, il est d’abord seul même si, dans la réalité terrestre, il est entouré de toutes les autres créatures.

Il n’est pas bon que l’adame soit seul.

Pour achever l’humain à l’image de Dieu, il ne suffit pas de créer un corps, de créer un esprit qui lui donne accès à un univers spirituel. Il reste à l’achever à l’image de l’Esprit Saint qui est communion.

Il lui manque encore un don essentiel pour que la vie (la vraie, celle qui demeure à l’abri de la mort) ne soit pas qu’une possibilité mais une réalité en lui.

Il ne lui suffit pas d’avoir seulement une vie temporaire, une animation de la matière de son corps, y compris de sa sensibilité et de sa raison, durant le temps qui s’écoule de sa conception jusqu’à sa cessation dans le monde matériel, la mort physique. Il lui faut la vie. Celle qui demeure, celle qui transcende les limites du temps et de l’espace, qui est, de façon permanente, en Dieu. Celle qui ne dépend pas de la matière temporaire.

L’adame reçoit la vie qui vient du Père. Dans le jardin d’Eden, il est plongé dans une vie nouvelle. La vie éternelle de Dieu. A l’image du Fils unique au moment de l’incarnation, l’adame est conçu comme être matériel et spirituel, fait de poussière du sol et d’un souffle de vie divin (Gn 2, 7). En recevant le souffle de vie de Dieu, en étant placé dans le jardin d’Eden, il accède à la vie spirituelle.

Pour que l’adame soit créé à l’image de Dieu, il manque encore l’image de l’Esprit Saint, la communion de personnes sans laquelle une créature ne peut être à l’image de Dieu. Il n’y a pas de vie, de vie divine sans lien d’amour. Un lien qui est en Dieu de toute éternité.

Dieu lui-même n’est pas seul, il est Trinité. La révélation atteint ici son sommet principal.

Sans communion d’amour, il n’y a pas de vie. Ceux qui parlent uniquement de l’unicité de Jéhovah ou d’Allah n’aperçoivent pas cette réalité essentielle, qui est au cœur de l’Evangile, lorsqu’ils pensent, à tort, que Dieu « peut » vivre « seul ». De toute éternité, il est communion de personnes. La Trinité nous révèle qu’il n’y a pas de vie sans amour, sans communion de personnes. C’est d’abord vrai en Dieu, avant de l’être pour nous.

Car, en réalité, il n’y a pas de vie, de vraie vie qui ne meurt pas, sans communion de personnes. Dieu lui-même vit de toute éternité en communion d’amour de trois personnes dans laquelle l’Esprit Saint unit le Père et le Fils.

Sans une personne autre coopérante semblable à lui, en communion avec lui, l’adame n’est pas encore à l’image de Dieu qui est Trinité.

L’achèvement de l’adame à l’image de Dieu, la création spirituelle d’une âme immortelle dans un corps matériel se produit par une rencontre, une communion éblouissante. Celle du terrien placé dans le jardin spirituel d’Eden et de sa compagne.

Adam va accéder à la parole, à l’amour, à son identité humaine masculine (en hébreu : l’isch) en découvrant sa femme (en hébreu : l’ischa).

La création à l’image de Dieu ne s’achève que par une communion d’amour, une union conjugale qui signifie déjà l’union du Fils et de l’Eglise par l’Esprit Saint.

Créé par un souffle divin dans la réalité matérielle, l’humain est l’adame vivant, une personne avec une nature corporelle et spirituelle. Placé, avec son corps vivifié par un esprit, dans la réalité spirituelle, il est dans le jardin d’Eden. Mis en présence de l’autre, d’une autre, il découvre l’amour, la communion qui fait vivre. Il est créé homme et femme. À l’image de Dieu. À l’image de la Trinité divine de trois personnes en communion.

Quelque chose est tiré d’Adam et, par l’action créatrice de Dieu, ce qu’elle devient, une femme, est éblouissant, bouleversant, pour Adam. Des paroles d’amour explosent dans sa bouche : Os de mes os. Chair de ma chair. De quoi quitter père et mère, les êtres les plus aimés, s’attacher, faire une seule chair.

L’intensité de la rencontre, corporelle, affective, et spirituelle, transfigure et éblouit. La lumière qui en jaillit fait sortir l’adame de son sommeil mystérieux, elle ouvre la porte à l’amour et le vent qui souffle dans le cœur d’Adam et Eve fait jaillir un cri, semblable au cri de l’enfant qui naît. Adam et Eve naissent vraiment, accèdent à la vie qui est amour, communion et partage.

C’est à ce moment que la femme est créée. Adulte. Comme la foi de l’Eglise l’a toujours considéré, tant lorsque les connaissances scientifiques permettaient de penser à une création instantanée que depuis que la science nous a fait découvrir bien d’autres nuances de la richesse et de la durée des six jours de la création.

Le corps de la future Eve a été développé dans la réalité adamique, mais il n’y avait encore ni amour, ni communion avec celui qui va être nommé Adam, l’adame par excellence. La vie à l’image de Dieu n’était pas encore pleinement présente dans un humain avant cet instant de communion qui a fait passer Adam du sommeil à l’éblouissement.

La femme créée va recevoir le nom de « chue » (traduit en français par Eve), celle qui vit. Ce n’est plus un état ou une qualité temporaire, ni une action ou un mode d’existence de cette femme. Elle est vie. Elle est identifiée à la vie. La vie identifie son être même.

Adam est identifié au sol, l’adamah. Eve est identifiée à la vie. C’est par elle qu’est donnée la vie à l’image de Dieu, qui est Trinité en communion d’amour.

Eve est nommée ainsi, la vivante, non parce qu’elle a enfanté des enfants à Adam, mais avant même de devenir une mère biologique. En Gn 3, 20 : elle est déja la mère de tout « chi », de tout vivant véritable, alors qu’elle n’a pas encore enfanté biologiquement. Ce n’est qu’en Gn 4, 1, qu’elle devient la mère de Caïn.

Bien avant Eve, de nombreuses créatures animées se trouvaient déjà sur la terre.

Ce n’est pas de tous les vivants temporaires de la création, ni de leur existence biologique, qu’elle est la mère.

Un animal est conçu et est dans un état temporaire de vivant, capable d’agir en vivant, de participer au réel de manière vivante pendant un temps jusqu’à sa mort physique qui éteint cette participation. Son être ontologique, sa forme, ne se caractérise que par une vie temporaire. Son être n’est que dans sa réalité matérielle temporaire. Il ressent des sentiments et a une intelligence durant le temps où il est animé. La réalité est désormais nouvelle et tout autre : Eve est vie.

C’est par elle que la vie est donnée et pourra être transmise.

Elle est nommée Eve (la vivante) parce que elle est la mère de tous ceux qui sont vie en eux-mêmes, dont la vie fait partie de l’être même.

Eve est vraiment la « mère » de tous les êtres créés qui sont des vivants par nature, de tous les êtres créés qui ont une âme immortelle, les humains. Elle est la matrice à partir de laquelle la vie humaine, l’existence d’êtres ayant une âme humaine immortelle, l’existence de personnes, est entrée dans le monde et à été transmise.

Avant la création d’un humain à l’image de Dieu, durant le temps qui a précèdé la réalisation parfaite de cette image, aucune âme immortelle capable de participer à la vie divine n’existait encore. Il n’y a pas encore de personne humaine, il n’y avait encore que des adames pré-humains.

Lors de la création des premiers humains, ce n’est pas simplement une chair terrestre qui a reçu une vie éternelle comme un attribut supplémentaire venant du dehors d’elle-même, de Dieu. C’est bien davantage. Par l’action créatrice de Dieu, la vie elle-même a pris chair lors de la création de l’humanité. La vraie vie, celle qui est communion de personnes, celle qui demeure, celle qui est.

Cette incarnation a créé, à un moment précis de l’histoire et à un endroit précis sur la terre, un être nouveau, une personne nouvelle, une âme immortelle.

Le terrien est créé matériellement en premier et reçoit une existence vivante, mais la vie devient créature par Eve. La vie n’est pas encore incarnée lorsque des créatures deviennent capables de se mouvoir et d’agir de manière autonome. La vie, qui est une réalité de Dieu lui-même, va s’incarner, commencer à exister dans une réalité matérielle, corporelle, et spirituelle, par une rencontre, une communion.

Adam a reçu la vie dans son être même, à l’image de Dieu, par l’intermédiaire de Eve tirée de lui. Ils sont créés ensemble comme humains à l’image de Dieu. Leur âme immortelle est créée ensemble par l’action de Dieu. De même que la vie n’est en Dieu que dans la communion des trois personnes divines de la Trinité, la vie humaine n’a été créée à l’image de Dieu que dans la communion d’Adam et Eve entre eux et avec Dieu.

Le don de la communion fait exister Eve comme Adam comme personnes à l’image de Dieu. Sans ce don de la communion, une adame féminine comme un adame masculin ont pu exister dans la réalité matérielle. L’adame est créé mâle et femelle, mais il n’y a pas encore de dialogue, ni de vie partagée, ni de personne créée à l’image de Dieu avec une existence immortelle, une âme qui transcende les limites du temps et de l’espace.

Ce n’est que dans une union amoureuse avec Adam que Eve est façonnée, créée comme femme humaine, que son âme immortelle est créée par Dieu.

Dans l’amour, l’image de Dieu est achevée et des âmes immortelles sont créées. Celle d’Adam, celle d’Eve.

L’humain reçoit une vie immortelle, à l’image de la vie du Père, par un lien d’amour à l’image de l’Esprit Saint.

La création est achevée. A ce moment seulement, Dieu dit : c’est très bon.

Une âme immortelle est ainsi créée dans un corps qui, plus tard, sera ainsi capable d’être celui du Fils de Dieu lui-même.

L’adame devient Adam. Sa compagne devient Eve. C’est par elle et avec elle qu’ils commencent ensemble à exister comme êtres humains à l’image de Dieu, dont la réalité ontologique est vie et communion d’amour. Ce ne sont plus seulement des êtres qui vivent, ce sont des êtres faits à l’image de Dieu en ayant désormais la vie dans leur être même, dans leur réalité et leur identité ontologiques.

Je suis celui qui suis, dit Dieu dans le désert. L’humain fait à son image est, comme son créateur et indépendamment des contingences du temps et de l’espace, un être qui est. Il est. La vie n’est pas une action, une qualité, ou une caractéristique détachable. La vie est sienne. Même s’il a un commencement dans le temps comme créature, désormais, il est. Pour l’éternité.

Seul le péché va briser cette identité. Seule l’incarnation de Dieu lui-même va la rétablir.

A l’image de Dieu, l’humain achevé est une personne en communion de vie. Il est constitué de vie dans son être même. Ce n’est pas seulement un être qui vit, qui a pour action de vivre ou la qualité d’exister de manière vivante mais précaire, c’est un être qui est une vie individualisée, personnalisée.

Adam, le premier être vivant dans son être même à l’image de Dieu dont la vie est de toute éternité, existe pleinement par Eve, mère, matrice, origine créée de tous les humains à l’image de Dieu.

Eve est l’ancêtre biologique de tous les humains, mais elle coopère aussi à la création d’Adam comme personne à l’image de Dieu par un extraordinaire échange qui achève leur création.

Pas étonnant que le Christ lui-même va se faire humain par une femme pure de tout péché.

Eve n’est pas la mère biologique d’Adam, mais par sa présence, elle lui ouvre l’esprit et achève sa création comme humain à l’image de Dieu en même temps qu’elle est créée elle-même.

Il y a ici une parfaite interaction par laquelle Dieu donne la vie, la vraie, l’immortelle, à un couple de créatures.

C’est l’homme qui explose de joie à la découverte de sa femme. C’est lui qui sort de son sommeil mystérieux, qui accède à l’amour qui fait vivre. Mais, c’est la femme qui suscite ce jaillissement de vie par sa présence, sa compagnie, son être.

Le récit ne dit rien des paroles d’Eve, de son action au moment de l’éblouissement d’Adam.

Ce n’est ni sa parole, ni son action qui nous sont révélées. C’est elle. Façonnée par Dieu, elle est la vie. Elle donne la vie.

Adam parle. Eve est présente, vivante et vivifiante.

Elle n’est décrite que par sa provenance, que par le comment. Elle est faite par Dieu avec ce qui vient de son compagnon. Ce lien avec son compagnon est la seule source qui nous soit révélée.

Pourquoi s’étonner que la communion la plus intime entre deux êtres humains que constitue l’union conjugale, sexuelle, qui engage au maximum l’amour entre deux personnes dans toute leur réalité ait été, pour l’humanité, l’image de la Trinité, l’image du Christ et de l’Eglise, la réalité terrestre et spirituelle dans laquelle la création des humains à l’image de Dieu s’est réalisée ?

Dieu a créé l’adame. Il a planté le jardin d’Eden spirituel dans la réalité matérielle. Il a ensuite créé les premières personnes humaines avec une âme immortelle en les plongeant dans une communion de personnes qui a ouvert leur esprit et leur a donné la vie, celle qui demeure, qui ne meurt pas. C’est par une communion de personnes que la création a atteint l’objectif divin : faire l’humain à son image. C’est à ce moment, dont le mystère nous échappe, que Adam et Eve ont été créés comme personnes à l’image de Dieu. Avec un corps adamique façonné au fil des siècles, placé dans la réalité spirituelle du jardin d’Eden en même temps que dans le monde matériel, leur âme immortelle a été conçue et créée par une communion de personnes dans l’amour.

Le corps à l’image du Fils. La vie à l’image du Père. La communion à l’image de l’Esprit Saint. N’est-ce pas l’homme créé à l’image de Dieu que nous révèle le récit de la Genèse ?
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Xavi
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Re: Créés à l’image de Dieu : une révélation en trois actes

Message non lu par Xavi »

Ce dimanche de la sainte Trinité donne l’occasion de rappeler que Dieu qui est amour et communion nous a laissé la création de l’humain à son image et à sa ressemblance comme une lumière que Dieu lui-même nous envoie pour éclairer ce mystère.
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Christophe
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Re: Créés à l’image de Dieu : une révélation en trois actes

Message non lu par Christophe »

L'Homme, crée à l'image et à la ressemblance de Dieu : voilà effectivement un bel et profond mystère…
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Théo d'Or
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Re: Créés à l’image de Dieu : une révélation en trois actes

Message non lu par Théo d'Or »

Xavi a écrit : Sans communion d’amour, il n’y a pas de vie. Ceux qui parlent uniquement de l’unicité de Jéhovah ou d’Allah n’aperçoivent pas cette réalité essentielle, qui est au cœur de l’Evangile, lorsqu’ils pensent, à tort, que Dieu « peut » vivre « seul ». De toute éternité, il est communion de personnes. La Trinité nous révèle qu’il n’y a pas de vie sans amour, sans communion de personnes. C’est d’abord vrai en Dieu, avant de l’être pour nous.

Car, en réalité, il n’y a pas de vie, de vraie vie qui ne meurt pas, sans communion de personnes. Dieu lui-même vit de toute éternité en communion d’amour de trois personnes dans laquelle l’Esprit Saint unit le Père et le Fils.
Dieu ne peut donc pas exister sans être aimé. Et si ce n'est par nous, au moins par quelqu'un... qui nous représente néanmoins dans le troisième acte!!! Comme s'il y avait bien une nécessité d'être aimé par nous, mais de façon indirecte pour ôter toute possibilité de mercantilisme, ce qui ferait alors du "besoin" d'amour est une expression tronquée...
Xavi a écrit : La femme créée va recevoir le nom de « chue » (traduit en français par Eve), celle qui vit. Ce n’est plus un état ou une qualité temporaire, ni une action ou un mode d’existence de cette femme. Elle est vie. Elle est identifiée à la vie. La vie identifie son être même.

Adam est identifié au sol, l’adamah. Eve est identifiée à la vie. C’est par elle qu’est donnée la vie à l’image de Dieu, qui est Trinité en communion d’amour.
Xavi a écrit : (...) l’image du Christ et de l’Eglise (...)
Christ est bien ce que devient Jésus au moment du sacrifice, c'est ça?

Cordialement,

Théo d'Or
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Raistlin
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Re: Créés à l’image de Dieu : une révélation en trois actes

Message non lu par Raistlin »

Théo d'Or a écrit :Dieu ne peut donc pas exister sans être aimé.
Vous ne devriez pas vous mêler de théologie sans savoir ce que vous dites. Dieu n'a pas besoin de notre amour pour exister, ce serait une absurdité comme je vous l'ai déjà expliqué.

Alors oui, Dieu est Amour et la Trinité, c'est justement cela : une communion éternelle d'amour. Mais cela n'a en aucune manière les implications que vous sous-entendez.

Au demeurant, j'attire votre attention sur une vérité élémentaire : si Dieu avait besoin de notre "amour" pour exister, Il ne nous aimerait pas vraiment car ce ne serait que du calcul et de l'intérêt. Ce qui est grandiose dans l'amour véritable c'est que justement il est gratuit.

Fin de la parenthèse.
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)
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Re: Créés à l’image de Dieu : une révélation en trois actes

Message non lu par Théo d'Or »

Raistlin a écrit :
Théo d'Or a écrit :Dieu ne peut donc pas exister sans être aimé.
Vous ne devriez pas vous mêler de théologie sans savoir ce que vous dites. Dieu n'a pas besoin de notre amour pour exister, ce serait une absurdité comme je vous l'ai déjà expliqué.

Alors oui, Dieu est Amour et la Trinité, c'est justement cela : une communion éternelle d'amour. Mais cela n'a en aucune manière les implications que vous sous-entendez.

Au demeurant, j'attire votre attention sur une vérité élémentaire : si Dieu avait besoin de notre "amour" pour exister, Il ne nous aimerait pas vraiment car ce ne serait que du calcul et de l'intérêt. Ce qui est grandiose dans l'amour véritable c'est que justement il est gratuit.

Fin de la parenthèse.
Excusez-moi Raistlin, c'est plus une question qu'une affirmation! J'ai encore mal écrit, je le reconnais (je suis trop maladroite :oops: ). Pouvez-vous me considérer comme quelqu'un en recherche et non quelqu'un d'agressif? Et considérer mes dires avec tous les conditionnels et points d'interrogation nécessaires?

Quelqu'un peut-il confirmer ce que je dis ci-dessus au sujet du Christ?

Cordialement,

Théo d'Or
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Xavi
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Re: Créés à l’image de Dieu : une révélation en trois actes

Message non lu par Xavi »

Théo d'Or a écrit : [
Dieu ne peut donc pas exister sans être aimé. Et si ce n'est par nous, au moins par quelqu'un... qui nous représente néanmoins dans le troisième acte!!! Comme s'il y avait bien une nécessité d'être aimé par nous, mais de façon indirecte pour ôter toute possibilité de mercantilisme, ce qui ferait alors du "besoin" d'amour est une expression tronquée...
...
Christ est bien ce que devient Jésus au moment du sacrifice, c'est ça?
Certains ont essayé de trouver des distinctions en Jésus-Christ, mais aucune ne résiste à la nécessaire constatation que Dieu est une trinité de personnes en communion d’amour vivant dans et de cet amour de toute éternité, au delà de toutes les limites de temps ou d’espace que nous pouvons essayer de concevoir.

Jésus est le Christ. Il ne devient pas le Christ à un moment. Le Fils de Dieu vit de toute éternité avec son Père. Imaginer le contraire suggérerait, à tort, que le Père « pourrait » vivre seul, or la communion d’amour avec le Fils et l’Esprit est de toute éternité. La vie et l’amour ne sont pas séparables dans l’éternité de Dieu. Imaginer que la vie du Père pourrait être une réalité sans l’amour contredit de manière essentielle ce qu’est la vie, qui est Dieu : une communion éternelle d’amour qui nous révèle cette vérité essentielle : il n’y a pas de vie sans amour. Sans amour, il n’y a que de l’existence précaire, de la souffrance et de la mort.

Dieu n’a pas besoin d’être aimé par une créature pour exister. Il vit dans et de l’amour de toute éternité. C’est précisément cet amour sans limites qui Lui a permis de créer en toute liberté et en toute gratuité.

Le mot « exister » n’est d’ailleurs pas très approprié (littéralement : ex-ister signifie tirer son être d’une autre réalité). Dieu est. De toute éternité.

Nous avons été créés à l'image de ce qu'Il est.

[14 janvier 2012 : Mes messages de ce fil ont été revus et intégrés dans un ensemble de réflexions sur l’évolution, la création et l’incarnation intitulé « Adam et Eve : quelle réalité concrète ? » dont le document de travail actuel est disponible dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte :
viewtopic.php?f=91&t=20369]
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