Préparons-nous à l'Immaculée Conception 8 décembre

« Assurément, il est grand le mystère de notre religion : c'est le Christ ! » (1Tm 3.16)
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Préparons-nous à l'Immaculée Conception 8 décembre

Message non lupar bajulans » mar. 06 déc. 2005, 8:50

Si je puis me permettre, pauvre pécheur, et sans mission particulière dans l'Eglise de faire part de mes réflexions sur l'Immaculée Conception que nous fêterons dans deux jours :
Encyclique "Octobri mense", 22 septembre 1891.
Marie médiatrice des grâces
3274
Lorsque le Fils éternel de Dieu voulut, pour le rachat et l'honneur de l'homme, prendre une nature humaine et pour cela réaliser comme une union mystique avec le genre humain tout entier, il ne l'a pas fait avant que la mère choisie n'ait donné son libre consentement ; elle agissait en quelque sorte en la personne du genre humain lui-même, selon l'opinion très célèbre et très vraie de 1'Aquinate : "A travers l'Annonciation était attendu le consentement de la Vierge au nom de toute la nature humaine."
C'est pourquoi il est permis d'affirmer avec non moins de vérité et de justesse, qu'absolument rien de cet immense trésor de toute grâce apporté par le Seigneur - puisque "la grâce et la vérité sont venues par Jésus Christ" Jn 1,17 rien ne nous est distribué, de par la volonté de Dieu, sinon par Marie, de sorte que de même que personne ne peut accéder au Père sinon par le Fils, de même pour ainsi dire personne ne peut parvenir au Christ sinon par la mère...
3275
Telle nous l'a donnée Dieu, comme celle à qui, en la choisissant comme la mère de son Fils, il a inspiré des sentiments vraiment maternels qui ne sont qu'amour et pardon ; telle nous l'a montrée Jésus Christ par son agir, en voulant librement être soumis à Marie et lui obéir comme un fils à sa mère ; telle il l'a proclamée sur la croix, en confiant tout le genre humain à sa sollicitude et à sa protection en la personne du disciple Jean Jn 19,26 s ; telle enfin elle s'est présentée elle-même, elle qui accepta de grand coeur l'héritage de l'immense labeur laissé par son Fils mourant, et qui se mit aussitôt à remplir son office maternel à l'égard de tous.
Tiré du site jesusmarie.com

La Vierge Mère a représenté toute l’humanité au moment de l’Annonciation. Elle est médiatrice de toute grâce, ce texte pour nous préparer à l’Immaculée Conception le 8 décembre. C’est ce texte que je présente à tous les amis pour méditer aujourd’hui en préparation à la fête.

A Lyon c’est devenu la fête de la lumière, ils ont paganisé une fête chrétienne. Bienheureuse Lyon, si pieuse, où la fête de l’Immaculée Conception était célébrée dans tous les foyers en allumant des lumières partout et je crois au bords des fenêtres. Aujourd'hui elle est un peu paganisée, mais raison de plus pour tenter de la rechristianiser et en (re)faisant une fête mariale.
Loué soit Jésus-Christ

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Bulle définissant l'Immaculée Conception

Message non lupar bajulans » mer. 07 déc. 2005, 19:53

Sur le site :

http://www.personame.com/bulletin/auteur19.html

Le texte intégral de la bulle de Pie IX Ineffabilis Deus sur l’Immaculée Conception.
Quelques citations, invocations, à la Ste Vierge, qualificatifs :
Lis parmi les épines ;
Terre entièrement intacte, virginale, sans tache, immaculée, toujours bénie et libre de toute contagion du péché, dont a été formé le nouvel Adam ;
Paradis tout brillant, tout agréable, tout parfait d'innocence, d'immortalité et de délices, établi par Dieu même et défendu contre toutes les embûches du serpent venimeux ;
Bois incorruptible que le ver du péché n'a jamais gâté ;
Fontaine toujours claire, scellée par la vertu de l'Esprit-Saint ;
Temple divin ;
Trésor d'immortalité ;
Seule fille non de la mort, mais de la vie ;
Rejeton de grâce et non de colère, qui, par une providence spéciale de Dieu, s'élevant verdoyante d'une racine infectée et corrompue, a toujours fleuri en dehors des lois établies et communes.
(…)
Immaculée et immaculée à tous égards,

Innocente et l'innocence même ;

Intègre et d'une intégrité parfaite ;

Sainte et exempte de toute souillure de péché, toute pure, toute chaste, le type même de la pureté et de l'innocence ;

Plus belle que la beauté, d'une grâce au-dessus de toute espèce de charmes ;

Plus sainte que la sainteté, la seule sainte ;

Très-pure d'âme et de corps, Vierge qui a surpassé toute chasteté et toute virginité ;

La seule qui ait été faite tout entière, le tabernacle de toutes les grâces du Saint-Esprit ;

Celle qui, au-dessous de Dieu seul, est au-dessus de toutes les créatures, qui par nature est plus belle, plus parfaite, plus sainte que les Chérubins et les Séraphins, que toute l'armée des Anges, et dont, ni sur la terre, ni dans le ciel, aucune langue ne peut dignement célébrer les louanges.


De Marie, jamais assez :
Il n'y a rien à craindre
Que tous Nos bien-aimés fils de l'Eglise catholique entendent nos paroles ; qu'ils persévèrent, et avec une ardeur encore plus vive de piété, de religion et d'amour, à honorer, invoquer et prier la bienheureuse Vierge Marie, Mère de Dieu, conçue sans tache originelle, et qu'ils aient recours avec une entière confiance à cette douce Mère de grâce et de miséricorde dans tous leurs dangers, leurs angoisses, leurs nécessités, leurs craintes et leurs frayeurs.
Il n'y a rien à craindre, il n'y a jamais lieu de désespérer, quand on marche sons la conduite, sous le patronage et sous la protection de Celle qui, ayant pour nous un cœur de mère, et se chargeant de l'affaire de notre salut, étend sa sollicitude dans tout le genre humain.
Etablie par le Seigneur Reine du ciel et de la terre, exaltée au-dessus de tous les choeurs des anges et de tous les ordres des Saints, assise à la droite de son fils unique Notre-Seigneur Jésus-Christ, ses prières maternelles ont une force très-puissante ; ce qu'elle veut elle l'obtient ; elle ne peut demander en vain.
Loué soit Jésus-Christ

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Message non lupar VexillumRegis » mer. 07 déc. 2005, 20:21

[align=justify]André de Crète : Toute l'humanité, dans toute la splendeur de sa noblesse immaculée, reçoit son ancienne beauté. La honte du péché avait obscurci la splendeur et le charme de la nature humaine. Mais, quand naît la Mère de Celui qui est la Beauté par excellence, cette nature récupère en sa personne ses anciens privilèges et est formée selon un modèle parfait et vraiment digne de Dieu... Aujourd'hui commence la réforme de notre nature et le monde vieilli, soumis à une transformation toute divine, reçoit les prémices de la seconde création. (Sermon I sur la Nativité de Marie)

André de Crète : Le corps de la Vierge est une terre que Dieu a travaillée, les prémices de la masse adamique divinisée par le Christ, l'image qui ressemble vraiment à la beauté primitive, l'argile pétri par les mains de l'Artiste divin. (Sermon I sur la Dormition de Marie)

André de Crète : Marie, la Mère de Dieu, refuge commun de tous les chrétiens fut la première à être libérée de la faute primitive de nos ancêtres. (Homilia in Nativitatem IV, PG 97,880 A)

Saint Anselme de Cantorbéry : Il convenait que cette Vierge à qui le Père se disposait à donner son Fils unique, ce Fils engendré de son cœur, égal à lui et qu'il aime comme lui-même, qu'il voulait lui donner de sorte qu'il fût naturellement un seul et même Fils, commun à Dieu et à la Vierge, il convenait que cette Vierge fût ornée de la plus haute sainteté qui se puisse concevoir après celle de Dieu. (De conceptu virginali et originali peccato)

Saint Jean Damascène : Marie était le ciel où devait se lever le soleil de justice, la terre qui devait porter l'épi de vie, la mer qui devait produire la perle d'un prix infini.

C'est une terre qui ne produira jamais l'épine du péché, qui produira, au contraire, un fruit de grâce. C'est une terre qui n'entendra jamais des paroles de malédiction, mais des paroles de bénédiction.

Ainsi, si les Anges, au témoignage de la Sainte Écriture, louaient Dieu en contemplant la création naissante, cette création qui n'était pas sans défauts, quelles louanges ils adressaient à Dieu en contemplant cette créature toute remplie de Dieu !
(Deuxième homélie sur la Nativité de la Vierge)

S. Ephrem : Ce n'était pas un homme qui se servait du secours de la femme pour obtenir la naissance d'un fils, c'était Dieu Lui-même, aussi Il a donné à la nature mortelle de Marie des dons qu'elle ne possédait pas, afin de montrer qu'Il ne venait pas pour corrompre la nature, mais pour la conserver pure et sans tache (Discours sur l’enfantement de la Vierge)

Saint Ambroise : Marie est un commencement des œuvres de Dieu: il n'est donc pas étonnant que le Dieu qui devait racheter le monde, ait commencé son œuvre par sa mère, afin que celle par qui le salut était préparé à tous, jouit la première du fruit du salut. (Commentaire sur l’Évangile selon saint Luc)

- VR -[/align]

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Message non lupar VexillumRegis » dim. 11 déc. 2005, 12:18

[align=center]- Homélie prononcée par le pape le 8 décembre 2005 en la fête de l'Immaculée Conception -

Texte intégral [/align]

ROME, Vendredi 9 décembre 2005 (ZENIT.org) – Nous publions ci-dessous le texte intégral de l'homélie que le pape Benoît XVI a prononcée lors de la célébration eucharistique qu'il a présidée dans la Basilique Saint-Pierre en la solennité de l'Immaculée Conception et à l'occasion des 40 ans du Concile Vatican II.


[align=center]* * *[/align]


[align=justify]Il y a quarante ans, le 8 décembre 1965, sur l’esplanade de la Basilique Saint-Pierre, le pape Paul VI conclut solennellement le Concile Vatican II. Il avait été inauguré, selon la volonté de Jean XXIII, le 11 octobre 1962, qui était alors la fête de la maternité de Marie, et il fut conclu le jour de l'Immaculée. Un cadre marial entoure le Concile. En réalité, il s'agit de beaucoup plus qu'un cadre: c'est une orientation de tout son chemin. Il nous renvoie, comme il renvoyait alors les Pères du Concile, à l'image de la Vierge à l'écoute, qui vit dans la Parole de Dieu, qui conserve dans son cœur les paroles qui viennent de Dieu et, les rassemblant comme dans une mosaïque, apprend à les comprendre (cf. Lc 2, 19.51); il nous renvoie à la grande Croyante qui, pleine de confiance, se remet entre les mains de Dieu, s'abandonnant à sa volonté; il nous renvoie à l'humble Mère qui, lorsque la mission de son Fils l'exige, s'efface et, dans le même temps, à la femme courageuse qui, alors que les disciples s'enfuient, reste au pied de la croix. Paul VI, dans son discours à l'occasion de la promulgation de la Constitution conciliaire sur l'Eglise, avait qualifié Marie de « tutrix huius Concilii », « protectrice de ce Concile » (cf. Oecumenicum Concilium Vaticanum II, Constitutiones Decreta Declarationes, Cité du Vatican 1966, p. 983) et, faisant une allusion au récit de la Pentecôte rapporté par Luc (Ac 1, 12-14), il avait dit que les Pères s'étaient réunis dans la salle du Concile « cum Maria, Matre Iesu » et que, également en son nom, ils en seraient à présent sortis (p. 985).

Dans ma mémoire reste gravé de manière indélébile le moment où, en entendant ses paroles: « Mariam Sanctissimama declaramus Matrem Ecclesiae », « nous déclarons la Très Sainte Vierge Marie Mère de l'Eglise », les Pères se levèrent spontanément de leurs chaises et applaudirent debout, rendant hommage à la Mère de Dieu, à notre Mère, à la Mère de l'Eglise. De fait, à travers ce titre le pape résumait la doctrine mariale du Concile et donnait la clef pour sa compréhension. Marie n'a pas seulement un rapport singulier avec le Christ, le Fils de Dieu qui, comme homme, a voulu devenir son fils. Etant totalement unie au Christ, elle nous appartient également totalement. Oui, nous pouvons dire que Marie est proche de nous comme aucun autre être humain, car le Christ est homme pour les hommes et tout son être est un « être là pour nous ». Le Christ, disent les Pères, en tant que Tête est inséparable de son Corps qui est l'Eglise, formant avec celle-ci, pour ainsi dire, un unique sujet vivant. La Mère du Chef est également la Mère de toute l'Eglise; elle est, pour ainsi dire, totalement expropriée d'elle-même; elle s'est entièrement donnée au Christ et, avec Lui, elle nous est donnée en don à nous tous. En effet, plus la personne humaine se donne, plus elle se trouve elle-même.

Le Concile entendait nous dire cela: Marie est tellement liée au grand mystère de l'Eglise qu'elle et l'Eglise sont inséparables, tout comme le Christ et elle, sont inséparables. Marie reflète l'Eglise, elle l'anticipe dans sa personne, et, dans toutes les tribulations qui frappent l'Eglise qui souffre et qui œuvre, elle reste toujours l'étoile du salut. C'est elle qui est son centre véritable en qui nous avons confiance, même si bien souvent ce qui est autour pèse sur notre âme. Le pape Paul VI, dans le contexte de la promulgation de la Constitution sur l'Eglise, a mis tout cela en lumière à travers un nouveau titre profondément enraciné dans la Tradition, précisément dans l'intention d'illuminer la structure intérieure de l'enseignement sur l'Eglise développé au cours du Concile. Le Concile Vatican II devait s'exprimer sur les composantes institutionnelles de l'Eglise: sur les évêques et sur le pontife, sur les prêtres, les laïcs et les religieux dans leur communion et dans leur relations; il devait décrire l'Eglise en chemin, « qui enferme des pécheurs dans son propre sein, et est donc à la fois sainte et appelée à se purifier...» (Lumen gentium, n. 8). Mais cet aspect « pétrinien » de l'Eglise est inclus dans l'aspect « marial ». En Marie, l'Immaculée, nous rencontrons l'essence de l'Eglise d'une manière qui n'est pas déformée. Nous devons apprendre d'elle à devenir nous-mêmes des « âmes ecclésiales », comme s'exprimaient les Pères, pour pouvoir nous aussi, selon la parole de saint Paul, nous présenter « immaculés » devant le Seigneur, tels qu'Il nous a voulus dès le commencement (Col 1, 321; Ep 1, 4).

Mais à présent nous devons nous demander: Que signifie « Marie l'Immaculée »? Ce titre a-t-il quelque chose à nous dire ? La liturgie d'aujourd'hui éclaire pour nous le contenu de cette parole à travers deux grandes images. Il y a tout d'abord le récit merveilleux de l'annonce à Marie, la Vierge de Nazareth, de la venue du Messie. Le salut de l'Ange est tissé de fils de l'Ancien Testament, en particulier du prophète Sophonie. Celui-ci fait voir que Marie, l'humble femme de province qui est issue d'une lignée sacerdotale et qui porte en elle le grand patrimoine sacerdotal d'Israël, est « le saint reste » d'Israël auquel les prophètes, au cours de toutes les périodes de douleurs et de ténèbres, ont fait référence. En elle est présente la véritable Sion, celle qui est pure, la demeure vivante de Dieu. En elle demeure le Seigneur, en elle il trouve le lieu de Son repos. Elle est la maison vivante de Dieu, qui n'habite pas dans des édifices de pierre, mais dans le cœur de l'homme vivant. Elle est le germe qui, dans la sombre nuit d'hiver de l'histoire, jaillit du tronc abattu de David. En elle s'accomplit la parole du Psaume: « La terre a donné son fruit » (67, 7). Elle est le surgeon, duquel dérive l'arbre de la rédemption et des rachetés. Dieu n'a pas essuyé un échec, comme il pouvait sembler au début de l'histoire avec Adam et Eve, ou bien au cours de l'exil à Babylone, et comme il semblait à nouveau à l'époque de Marie, quand Israël était devenu un peuple sans importance dans une région occupée, avec bien peu de signes reconnaissables de sa sainteté. Dieu n'a pas failli. Dans l'humilité de la maison de Nazareth vit l'Israël saint, le reste pur. Dieu a sauvé et sauve son peuple. Du tronc abattu ressurgit à nouveau son histoire, devenant une nouvelle force vive qui oriente et envahit le monde. Marie est l'Israël saint; elle dit « oui » au Seigneur, se met pleinement à sa disposition et devient ainsi le temple vivant de Dieu.

La deuxième image est beaucoup plus difficile et obscure. Cette métaphore, tirée du Livre de la Genèse, nous parle à partir d'une grande distance historique, et ne peut être éclaircie qu'avec beaucoup de peine; ce n'est qu'au cours de l'histoire qu'il a été possible de développer une compréhension plus profonde de ce qui y est référé. Il est prédit qu'au cours de toute l'histoire la lutte entre l'homme et le serpent se poursuivra, c'est-à-dire entre l'homme et les puissances du mal et de la mort. Cependant, il est également pré-annoncé que « la lignée » de la femme vaincra un jour et écrasera la tête du serpent, de la mort; il est pré-annoncé que la lignée de la femme – et en elle la femme et la mère elle-même – vaincra et qu'ainsi, à travers l'homme, Dieu vaincra. Si nous nous mettons à l'écoute de ce texte avec l'Eglise croyante et en prière, alors nous pouvons commencer à comprendre ce qu'est le péché originel, le péché héréditaire, et aussi ce que signifie être sauvegardé de ce péché héréditaire, ce qu'est la rédemption.

Quelle est la situation qui nous est présentée dans cette page ? L'homme n'a pas confiance en Dieu. Tenté par le serpent, il nourrit le soupçon que Dieu, en fin de compte, ôte quelque chose à sa vie, que Dieu est un concurrent qui limite notre liberté et que nous ne serons pleinement des êtres humains que lorsque nous l'aurons mis de côté; en somme, que ce n'est que de cette façon que nous pouvons réaliser en plénitude notre liberté. L'homme vit avec le soupçon que l'amour de Dieu crée une dépendance et qu'il lui est nécessaire de se débarrasser de cette dépendance pour être pleinement lui-même. L'homme ne veut pas recevoir son existence et la plénitude de sa vie de Dieu. Il veut puiser lui-même à l'arbre de la connaissance le pouvoir de façonner le monde, de se transformer en un dieu en s'élevant à Son niveau, et de vaincre avec ses propres forces la mort et les ténèbres. Il ne veut pas compter sur l'amour qui ne lui semble pas fiable; il compte uniquement sur la connaissance, dans la mesure où celle-ci confère le pouvoir. Plutôt que sur l'amour il mise sur le pouvoir, avec lequel il veut prendre en main de manière autonome sa propre vie. Et en agissant ainsi, il se fie au mensonge plutôt qu'à la vérité et cela fait sombrer sa vie dans le vide, dans la mort. L'amour n'est pas une dépendance, mais un don qui nous fait vivre. La liberté d'un être humain est la liberté d'un être limité et elle est donc elle-même limitée. Nous ne pouvons la posséder que comme liberté partagée, dans la communion des libertés: ce n'est que si nous vivons de manière juste, l'un avec l'autre et l'un pour l'autre, que la liberté peut se développer. Nous vivons de manière juste, si nous vivons selon la vérité de notre être, c'est-à-dire selon la volonté de Dieu. Car la volonté de Dieu ne constitue pas pour l'homme une loi imposée de l'extérieur qui le force, mais la mesure intrinsèque de sa nature, une mesure qui est inscrite en lui et le rend image de Dieu, et donc une créature libre. Si nous vivons contre l'amour et contre la vérité – contre Dieu – , alors nous nous détruisons réciproquement et nous détruisons le monde. Alors nous ne trouvons pas la vie, mais nous faisons le jeu de la mort. Tout cela est raconté à travers des images immortelles dans l'histoire de la chute originelle et de l'homme chassé du Paradis terrestre.

Chers frères et sœurs! Si nous réfléchissons sincèrement à nous-mêmes et à notre histoire, nous constatons qu'à travers ce récit est non seulement décrite l'historie du début, mais l'histoire de tous les temps, et que nous portons tous en nous une goutte du venin de cette façon de penser illustrée par les images du Livre de la Genèse. Cette goutte de venin, nous l'appelons péché originel. Précisément en la fête de l'Immaculée Conception apparaît en nous le soupçon qu'une personne qui ne pèche pas du tout est au fond ennuyeuse; que quelque chose manque à sa vie: la dimension dramatique du fait d'être autonome; qu'être véritablement un homme comprend la liberté de dire non, de descendre au fond des ténèbres du péché et de vouloir agir seul; que ce n'est qu'alors que l'on peut exploiter totalement toute l'ampleur et la profondeur du fait d'être des hommes, d'être véritablement nous-mêmes; que nous devons mettre cette liberté à l'épreuve, également contre Dieu, pour devenir en réalité pleinement nous-mêmes. En un mot, nous pensons au fond que le mal est bon, que nous avons au moins un peu besoin de celui-ci pour faire l'expérience de la plénitude de l'être. Nous pensons que Méphistophélès – le tentateur – a raison lorsqu'il dit être la force « qui veut toujours le mal et qui accomplit toujours le bien » (J.W. v. Goethe, Faust I, 3). Nous pensons que traiter un peu avec le mal, se réserver un peu de liberté contre Dieu est au fond un bien, et peut-être même absolument nécessaire.

Cependant, en regardant le monde autour de nous, nous constatons qu'il n'en est pas ainsi, c'est-à-dire que le mal empoisonne toujours, il n'élève pas l'homme, mais l'abaisse et l'humilie, il ne le rend pas plus grand, plus pur et plus riche, mais il lui cause du mal et le fait devenir plus petit. C'est plutôt cela que nous devons apprendre le jour de l'Immaculée: l'homme qui s'abandonne totalement entre les mains de Dieu ne devient pas une marionnette de Dieu, une personne consentante, ennuyeuse; il ne perd pas sa liberté. Seul l'homme qui se remet totalement à Dieu trouve la liberté véritable, l'ampleur vaste et créative de la liberté du bien. L'homme qui se tourne vers Dieu ne devient pas plus petit, mais plus grand, car grâce à Dieu et avec Lui il devient grand, il devient divin, il devient vraiment lui-même. L'homme qui se remet entre les mains de Dieu ne s'éloigne pas des autres en se retirant dans sa rédemption en privé; au contraire, ce n'est qu'alors que son cœur s'éveille vraiment et qu'il devient une personne sensible et donc bienveillante et ouverte.

Plus l'homme est proche de Dieu et plus il est proche des hommes. Nous le voyons en Marie. Le fait qu'elle soit totalement auprès de Dieu est la raison pour laquelle elle est également si proche de tous les hommes. C'est pourquoi elle peut être la Mère de toute consolation et de toute aide, une Mère à laquelle devant chaque nécessité quiconque peut oser s'adresser dans sa propre faiblesse et dans son propre péché, car elle comprend tout et elle est pour tous la force ouverte de la bonté créative. C'est en Elle que Dieu imprime son image, l'image de Celui qui suit la brebis égarée jusque dans les montagnes et parmi les épines et les ronces des péchés de ce monde, se laissant blesser par la couronne d'épine de ces péchés, pour prendre la brebis sur ses épaules et la ramener à la maison. En tant que Mère compatissante, Marie est la figure anticipée et le portrait permanent de son Fils. Nous voyons ainsi que même l'image de la Vierge des Douleurs, de la Mère qui partage la souffrance et l'amour, est une véritable image de l'Immaculée. Son cœur, grâce au fait d'être et de sentir avec Dieu, s'est agrandi. En Elle la bonté de Dieu s'est beaucoup approchée et s'approche de nous. Ainsi Marie se trouve devant nous comme signe de réconfort, d'encouragement, d'espérance. Elle s'adresse à nous en disant: «Aie le courage d'oser avec Dieu! Essaye! N'aie pas peur de Lui! Aie le courage de risquer avec la foi! Aie le courage de risquer avec la bonté! Aie le courage de risquer avec le cœur pur! Engage-toi avec Dieu, tu verras alors que c'est précisément grâce à cela que ta vie deviendra vaste et lumineuse, non pas ennuyeuse, mais pleine de surprises infinies, car la bonté infinie de Dieu ne se tarit jamais!»

En ce jour de fête, nous voulons rendre grâce au Seigneur pour le grand signe de sa bonté qu'il nous a donné en Marie, sa Mère et Mère de l'Eglise. Nous voulons le prier de placer Marie sur notre chemin comme une lumière qui nous aide à devenir nous aussi lumière et à porter cette lumière dans les nuits de l'histoire. Amen.[/align]


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