Le cardinal Joseph Ratzinger a écrit : Il faut attirer l’attention tout d’abord sur une disparition quasi totale en théologie de la doctrine de la création.
De ce point de vue, il est symptomatique que dans deux sommes de théologie moderne, la doctrine de la création comme contenu de la foi ait été mise de côté et remplacée par de vagues considérations de philosophie existentielle…
Qu’aucune de ces solutions ne puisse être d’une grande aide, cela apparaît en vérité évident, et c’est ici que s’enracine le profond désespoir de l’humanité d’aujourd’hui…
La conscience silencieuse demeure néanmoins d’avoir besoin d’une alternative qui puisse mener hors des voies sans issue…
Peut-être y a-t-il aussi, plus que nous ne le pensons, l’espoir silencieux qu’un christianisme renouvelé pourrait être cette alternative. Mais elle ne peut être élaborée que si la doctrine de la création est à nouveau développée. Ceci devrait donc être considéré comme une tâches des plus urgentes de la théologie d’aujourd’hui. Nous devons à nouveau rendre visible ce que veut dire : le monde a été créé avec « sagesse », et l’acte créateur de Dieu est quelque chose de fondamentalement différent de la provocation d’une « explosion primordiale ».
Réfléchir à la création : une urgence du futur Benoît XVI
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Réfléchir à la création : une urgence du futur Benoît XVI
Extraits du rapport du cardinal Joseph Ratzinger à la rencontre de Laxenburg du 2 au 5 mai 1989 (Doc. Cath. 1989, p. 847) :
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jeanbaptiste
- Pater civitatis

- Messages : 3085
- Inscription : mer. 30 avr. 2008, 2:40
Re: Réfléchir à la création : une urgence du futur Benoît XVI
Oui, retrouver le sens du signe dont Thomas d'Auquin fut sans doute le dernier grand théologien. Briser les erreurs modernes sur l'être nées dans le nominalisme de Scott, qui ont philosophiquement aboutis au kantisme et forgé la société moderne etc.
Lire Lubac, lire Claudel, lire Chesterton ! Et se pencher sur ce qui est en train de se jouer au sein du mouvement théologique Radical Orthodoxy. Tout un programme !
Lire Lubac, lire Claudel, lire Chesterton ! Et se pencher sur ce qui est en train de se jouer au sein du mouvement théologique Radical Orthodoxy. Tout un programme !
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Invité
- Barbarus

Re: Réfléchir à la création : une urgence du futur Benoît XVI
Je crois que ce que Xavi veut mettre en évidence, c'est cette phrase :
...et que Xavi propose précisément cette "alternative" dans tous les sujets qu'il met en ligne ....La conscience silencieuse demeure néanmoins d’avoir besoin d’une alternative qui puisse mener hors des voies sans issue…
Re: Réfléchir à la création : une urgence du futur Benoît XVI
C’est bien sûr cette alternative que je recherche et que j’espère pouvoir approfondir avec d’autres en proposant divers sujets.
Le silence pesant de la théologie moderne sur l’apparition de l’homme sur terre me paraît en effet une vraie menace pour l’évangélisation et la foi, pour la crédibilité de l’annonce du Christ, vrai Dieu et vrai homme.
Nous terminons l’année Darwin avec une avalanche de discours tournant en dérision la foi en une action créatrice de Dieu dans le monde.
Mais comment annoncer avec force un message aussi déroutant, pour la science moderne, que celui d’une incarnation de Dieu dans une vierge, d’un Dieu fait homme, de miracles défiant l’entendement et de l’affirmation d’une résurrection corporelle, si nous ne sommes plus capables de défendre la création de l’homme dans le cours de l’histoire concrète ?
Je ne m’étais que peu intéressé à Adam et Eve avant cette année 2009. Un discours cohérent, tenant compte de nos connaissances modernes, me paraît aujourd’hui une grande priorité.
Les réflexions concrètes que j’ai présentées sur ce forum attendent de la contradiction, des nuances, des compléments, des rectifications, de l’ouverture dans l’immense richesse des interprétations et explications possibles, mais, hélas, à de rares exceptions, beaucoup se replient, avec une satisfaction suffisante, sur des discours qui présentent certes d’excellentes analyses mais qui renoncent définitivement à admettre une conviction de la foi sur l’apparition réelle de l’homme sur la terre.
La science nous est très précieuse, mais de là à lui abandonner la connaissance de tout ce qui concerne l’apparition concrète de l’homme sur la terre comme beaucoup s’y résignent, il y a un pas qui me semble de trop.
Le silence pesant de la théologie moderne sur l’apparition de l’homme sur terre me paraît en effet une vraie menace pour l’évangélisation et la foi, pour la crédibilité de l’annonce du Christ, vrai Dieu et vrai homme.
Nous terminons l’année Darwin avec une avalanche de discours tournant en dérision la foi en une action créatrice de Dieu dans le monde.
Mais comment annoncer avec force un message aussi déroutant, pour la science moderne, que celui d’une incarnation de Dieu dans une vierge, d’un Dieu fait homme, de miracles défiant l’entendement et de l’affirmation d’une résurrection corporelle, si nous ne sommes plus capables de défendre la création de l’homme dans le cours de l’histoire concrète ?
Je ne m’étais que peu intéressé à Adam et Eve avant cette année 2009. Un discours cohérent, tenant compte de nos connaissances modernes, me paraît aujourd’hui une grande priorité.
Les réflexions concrètes que j’ai présentées sur ce forum attendent de la contradiction, des nuances, des compléments, des rectifications, de l’ouverture dans l’immense richesse des interprétations et explications possibles, mais, hélas, à de rares exceptions, beaucoup se replient, avec une satisfaction suffisante, sur des discours qui présentent certes d’excellentes analyses mais qui renoncent définitivement à admettre une conviction de la foi sur l’apparition réelle de l’homme sur la terre.
La science nous est très précieuse, mais de là à lui abandonner la connaissance de tout ce qui concerne l’apparition concrète de l’homme sur la terre comme beaucoup s’y résignent, il y a un pas qui me semble de trop.
Re: Réfléchir à la création : une urgence du futur Benoît XV
Le pape Benoît XVI, dans Jésus de Nazareth, t. II, p. 221-222 a écrit :Nous pouvons dire également que rendre témoignage à la vérité signifie : en partant de Dieu, de la Raison créatrice, rendre la création déchiffrable et sa vérité accessible d’une manière telle qu’elle puisse constituer la mesure et le critère d’orientation dans le monde de l’homme…
Disons même tranquillement : la non rédemption du monde consiste, précisément, dans le fait que la création n’est pas déchiffrable, que la vérité n’est pas reconnaissable.
…
En hommes modernes, nous serions tentés à ce point de dire : « La création est devenue indéchiffrable pour nous, grâces aux sciences »… C’est vrai, nous percevons le langage de Dieu dans la grandiose mathématique de la création qu’il nous est possible aujourd’hui de lire dans le code génétique de l’homme. Mais malheureusement pas le langage tout entier. La vérité fonctionnelle sur l’homme est devenue visible. Mais la vérité sur lui-même – sur ce qu’il est, d’où il vient, pour quel but il existe, en quoi consiste le bien et le mal –, cette vérité-là, malheureusement, ne peut pas être lue de cette manière. Avec la connaissance croissante de la vérité fonctionnelle, semble plutôt aller de pair un aveuglement croissant pour la « vérité » elle-même – pour la question de savoir ce qu’est notre véritable identité et ce qu’est notre fin véritable
- breizhjoker
- Censor

- Messages : 62
- Inscription : dim. 28 juin 2009, 13:26
Re: Réfléchir à la création : une urgence du futur Benoît XV
Bonjour,
La création des êtres vivants dont l'homme est un sujet passionnant et c'est surtout un mystère.
L’évolutionnisme n'a jamais été démontré malgré les progrès de la science et particulièrement de la génétique.
par ailleurs la genèse, et particulièrement la partie concernant le déluge a des points communs très importants avec des "mythes" que l'on retrouve dans l'Amérique précolombienne, en Inde, en Australie, en Europe, en Asie etc
De plus en plus d'éléments font penser que le grand ménage (apocalypse) a déjà été effectué il y a plusieurs milliers d'années.
Des éléments matériels ont été trouvés qui corroborent cette idée mais les scientifiques les laissent de côté sciemment !
Les Hommes sont devenus tellement matérialistes qu'ils en sont aveugles et tourne en ridicule tout ce qu'ils ne peuvent pas expliquer, fuient toutes les manifestations surnaturelles et divines, jusqu'à l'Eglise qui semble prisonnière de ce mode de pensée contre lequel elle n'ose pas aller.
Des miracles n'ont ils pas été filmés et photographiés ? (je pense au miracle eucharistique de Lourdes)
Ainsi, pour revenir au sujet de la création, la naissance de la vie peut ne pas être due au hasard mais être le fruit d'une volonté !
La création des êtres vivants dont l'homme est un sujet passionnant et c'est surtout un mystère.
L’évolutionnisme n'a jamais été démontré malgré les progrès de la science et particulièrement de la génétique.
par ailleurs la genèse, et particulièrement la partie concernant le déluge a des points communs très importants avec des "mythes" que l'on retrouve dans l'Amérique précolombienne, en Inde, en Australie, en Europe, en Asie etc
De plus en plus d'éléments font penser que le grand ménage (apocalypse) a déjà été effectué il y a plusieurs milliers d'années.
Des éléments matériels ont été trouvés qui corroborent cette idée mais les scientifiques les laissent de côté sciemment !
Les Hommes sont devenus tellement matérialistes qu'ils en sont aveugles et tourne en ridicule tout ce qu'ils ne peuvent pas expliquer, fuient toutes les manifestations surnaturelles et divines, jusqu'à l'Eglise qui semble prisonnière de ce mode de pensée contre lequel elle n'ose pas aller.
Des miracles n'ont ils pas été filmés et photographiés ? (je pense au miracle eucharistique de Lourdes)
Ainsi, pour revenir au sujet de la création, la naissance de la vie peut ne pas être due au hasard mais être le fruit d'une volonté !
Memento finis
Re: Réfléchir à la création : une urgence du futur Benoît XV
L’évolution est bien démontrée : les choses changent, se transforment, se reproduisent avec des modifications qui se transmettent. La création n’est pas une réalité figée, mais une réalité en mouvement, qui vit. On peut discuter des détails, mais la Genèse elle-même, par la présentation d’un processus de création en six jours successifs, confirme l’évolution.
Il n’y a là aucune contradiction avec notre foi en l’action de Dieu. Nous ne sommes pas là par hasard, mais par sa volonté. Il a vraiment créé toutes choses et il continue à agir dans sa création selon les règles qu’il fixe lui-même, tout en respectant mystérieusement l’autonomie de sa création, la liberté des humains qu’il a créés avec la possibilité du mal.
Le fait que la Genèse ait expliqué l’essentiel de la création en utilisant les mythes, les symboles, les allégories, les images, et même les évènements de l’époque de sa rédaction ne supprime pas la vérité historique qu’elle nous révèle. La Genèse a puisé dans ce que les gens pouvaient comprendre pour expliquer l’essentiel de la création, utile à leur foi et à leur vie.
De nombreux détails des premiers chapitres de la Genèse se réfèrent à des évènements vécus lors de sa rédaction, un peu comme l’apocalypse se réfère à des évènements du premier siècle pour parler de la fin des temps.
Les auteurs de la Genèse ont trouvé, dans leurs connaissances concrètes religieuses, scientifiques et historiques, même très élémentaires ou naïves, des images ou des synthèses qu’ils ont trouvées adéquates et vraies pour représenter le passé de la création et de l’histoire. Par eux, Dieu a révélé sa présence et son action. Il n’a pas eu besoin d’attendre nos super-connaissances actuelles, immensément plus exactes sur le plan scientifique et historique, pour se révéler.
La Genèse ne vient pas concurrencer les connaissances modernes, elle vient seulement nous révéler l’essentiel de la réalité historique de la création d’une manière toujours actuelle.
Nous savons que la science n’a qu’une vue très partielle du réel, que son point de vue n’est pas exclusif, que des exceptions sont possibles dans toutes les généralités qu’elle indique. Bien sûr que la science laisse beaucoup de réalités dans l’ombre. Cela n’enlève rien au crédit qu’il faut accorder à ses découvertes et ses constatations.
L’Eglise n’est pas prisonnière du matérialisme qui nie l’action puissante de Dieu qui continue dans sa création.
Notre foi chrétienne, fondée sur une incarnation historique bien concrète de Dieu lui-même, a toujours eu les deux pieds bien sur terre, sans accepter que des théories ou des convictions religieuses soient contraires à la raison, même si la raison ne suffit pas et ne dit pas tout.
Les derniers travaux sur l’évolution de la Commission Pontificale des sciences montrent tout le sérieux que l’Eglise accorde aux découvertes de la science et même la compatibilité persistante de la Genèse avec ces découvertes :
http://www.vatican.va/roman_curia/ponti ... acta20.pdf
(en anglais)
Un extrait de l’introduction du Cardinal Schönborn :
En ce samedi saint, la question est plus précise encore.
Dans son inimaginable descente aux enfers, après avoir subi la mort physique, le Christ a refranchi la mort en sens inverse d’Adam et de tous ses descendants. Il a rejoint une réalité où subsistaient tous les humains créés immortels après la cessation de leur vie physique.
Dès la création d’Adam et Eve, tous les humains, créés à l’image de Dieu, ont eu en eux-mêmes une âme immortelle qui les a laissé subsister dans une réalité immortelle après leur mort physique à laquelle le péché originel les a soumis.
Cela ne concerne pas nos ancêtres biologiques qui nous ont précédé il y a des millions d’années, mais tous les humains, les capax Dei. Ils n’ont pas toujours existé. Ils ont été créés à un moment et à un endroit bien précis. Tous leurs descendants morts dans le péché ont été rejoints par le Christ descendu aux enfers.
Des milliards d’humains en attente dans une situation bloquée par le péché originel. Et voilà que surgit le Christ au delà du voile de la mort. Il amène la vie même de Dieu là où elle avait cessé d’être par la faute de l’homme. Il va faire plus encore : non seulement il vient dans la réalité des morts, mais il va ouvrir un chemin de retour à la vie par sa résurrection. Il va créer quelque chose de neuf, un chemin de retour du mort dans la vie. Une nouveauté inouïe !
[14 janvier 2012 : L’ensemble de mes messages de ce fil ont été revus et intégrés dans un ensemble de réflexions sur l’évolution, la création et l’incarnation intitulé « Adam et Eve : quelle réalité concrète ? » dont le document de travail actuel est disponible dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte :
viewtopic.php?f=91&t=20369]
Il n’y a là aucune contradiction avec notre foi en l’action de Dieu. Nous ne sommes pas là par hasard, mais par sa volonté. Il a vraiment créé toutes choses et il continue à agir dans sa création selon les règles qu’il fixe lui-même, tout en respectant mystérieusement l’autonomie de sa création, la liberté des humains qu’il a créés avec la possibilité du mal.
Le fait que la Genèse ait expliqué l’essentiel de la création en utilisant les mythes, les symboles, les allégories, les images, et même les évènements de l’époque de sa rédaction ne supprime pas la vérité historique qu’elle nous révèle. La Genèse a puisé dans ce que les gens pouvaient comprendre pour expliquer l’essentiel de la création, utile à leur foi et à leur vie.
De nombreux détails des premiers chapitres de la Genèse se réfèrent à des évènements vécus lors de sa rédaction, un peu comme l’apocalypse se réfère à des évènements du premier siècle pour parler de la fin des temps.
Les auteurs de la Genèse ont trouvé, dans leurs connaissances concrètes religieuses, scientifiques et historiques, même très élémentaires ou naïves, des images ou des synthèses qu’ils ont trouvées adéquates et vraies pour représenter le passé de la création et de l’histoire. Par eux, Dieu a révélé sa présence et son action. Il n’a pas eu besoin d’attendre nos super-connaissances actuelles, immensément plus exactes sur le plan scientifique et historique, pour se révéler.
La Genèse ne vient pas concurrencer les connaissances modernes, elle vient seulement nous révéler l’essentiel de la réalité historique de la création d’une manière toujours actuelle.
Nous savons que la science n’a qu’une vue très partielle du réel, que son point de vue n’est pas exclusif, que des exceptions sont possibles dans toutes les généralités qu’elle indique. Bien sûr que la science laisse beaucoup de réalités dans l’ombre. Cela n’enlève rien au crédit qu’il faut accorder à ses découvertes et ses constatations.
L’Eglise n’est pas prisonnière du matérialisme qui nie l’action puissante de Dieu qui continue dans sa création.
Notre foi chrétienne, fondée sur une incarnation historique bien concrète de Dieu lui-même, a toujours eu les deux pieds bien sur terre, sans accepter que des théories ou des convictions religieuses soient contraires à la raison, même si la raison ne suffit pas et ne dit pas tout.
Les derniers travaux sur l’évolution de la Commission Pontificale des sciences montrent tout le sérieux que l’Eglise accorde aux découvertes de la science et même la compatibilité persistante de la Genèse avec ces découvertes :
http://www.vatican.va/roman_curia/ponti ... acta20.pdf
(en anglais)
Un extrait de l’introduction du Cardinal Schönborn :
Le Pape lui-même a rappelé l’essentiel dans son discours d’ouverture :Le cardinal Schönborn a écrit : Dès 1985, le cardinal Ratzinger avait, à l'occasion du colloque romain sur «L'évolutionnisme et le christianisme» (Weinheim 1986), constaté que «l'évolution» a aujourd'hui été élevée au-dessus et au-delà de son contenu scientifique et a été transformée en un modèle intellectuel qui prétend expliquer l’ensemble de la réalité et donc est devenu une sorte de "philosophie première" » (cité en: Création et Evolution, p. 9). Tout, même les connaissances, l'éthique, la religion, doit être déduit de l'économie générale de l'évolution. Il soutient finalement que « toute réalité provient de la matière» (loc. cit., p. 10).
Dans le contexte de cette revendication totalitaire du modèle explicatif de «Évolution», «l'idée chrétienne de Dieu est nécessairement considérée comme non scientifique» (Adresse de la Sorbonne à: vérité et la tolérance, p. 178).
Lors du symposium de 1985, le cardinal Ratzinger a déclaré sans équivoque: «En aucun cas, l'apparition d'un nouveau différend entre les sciences naturelles et la foi ne peut être créé, parce qu'en fait, ce n'est pas du tout de cela qu’il s’agit dans ce dialogue » (cité dans: Création et évolution, p. 10). Il n’y pas de problème pour la foi de laisser « l'hypothèse scientifique de l'évolution se développer en paix, selon ses propres méthodes » (ibid.).
Ce n'est pas le travail scientifique exact sur la théorie de l'évolution qui est le problème, mais sa « transformation» en un modèle philosophique explicatif avec une revendication à la totalité.
Il a remis l’accent sur la question principale qui nous intéresse davantage que la science : quand, comment et pourquoi, à un moment, Dieu a créé une première âme immortelle, des humains à son image.S.S. Benoît XVI a écrit : Mes prédécesseurs le Pape Pie XII et le Pape Jean-Paul II ont noté qu'il n'y avait pas d'opposition entre la compréhension de la création par la foi et la preuve des sciences empiriques.
Constater l’existence d’un « homo erectus » ou d’un « homo sapiens » ne nous dit pas quand a existé le premier « homo capax Dei ».S.S. Benoît XVI a écrit : La distinction entre un simple être vivant et un être spirituel qui est capax Dei indique l'existence d'une âme intellective d'un sujet transcendant libre. En effet, le magistère de l'Eglise a constamment affirmé que "chaque âme spirituelle est immédiatement créée par Dieu - elle n'est pas "produite" par les parents - [et] qu'elle est immortelle" (Catéchisme de l'Eglise catholique, n. 366). Cela indique le caractère distinctif de l'anthropologie, et invite à l'exploration de celle-ci par la pensée moderne.
En ce samedi saint, la question est plus précise encore.
Dans son inimaginable descente aux enfers, après avoir subi la mort physique, le Christ a refranchi la mort en sens inverse d’Adam et de tous ses descendants. Il a rejoint une réalité où subsistaient tous les humains créés immortels après la cessation de leur vie physique.
Dès la création d’Adam et Eve, tous les humains, créés à l’image de Dieu, ont eu en eux-mêmes une âme immortelle qui les a laissé subsister dans une réalité immortelle après leur mort physique à laquelle le péché originel les a soumis.
Cela ne concerne pas nos ancêtres biologiques qui nous ont précédé il y a des millions d’années, mais tous les humains, les capax Dei. Ils n’ont pas toujours existé. Ils ont été créés à un moment et à un endroit bien précis. Tous leurs descendants morts dans le péché ont été rejoints par le Christ descendu aux enfers.
Des milliards d’humains en attente dans une situation bloquée par le péché originel. Et voilà que surgit le Christ au delà du voile de la mort. Il amène la vie même de Dieu là où elle avait cessé d’être par la faute de l’homme. Il va faire plus encore : non seulement il vient dans la réalité des morts, mais il va ouvrir un chemin de retour à la vie par sa résurrection. Il va créer quelque chose de neuf, un chemin de retour du mort dans la vie. Une nouveauté inouïe !
[14 janvier 2012 : L’ensemble de mes messages de ce fil ont été revus et intégrés dans un ensemble de réflexions sur l’évolution, la création et l’incarnation intitulé « Adam et Eve : quelle réalité concrète ? » dont le document de travail actuel est disponible dans le sous-forum de l’Ecriture Sainte :
viewtopic.php?f=91&t=20369]
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Gaudens
- Tribunus plebis

- Messages : 1914
- Inscription : mer. 25 avr. 2018, 19:50
- Conviction : chrétien catholique , perplexe lui aussi
Re: Evolution, création, incarnation : un livre à télécharger
Une pièce au dossier:
une déclaration de Benoit XVI lors de la session 2006 du Ratzingerschuelerkreis à Castelgandolfo, consacrée au thème "Création et évolution".
https://www.benoit-et-moi.fr/2020/2023/ ... evolution/
une déclaration de Benoit XVI lors de la session 2006 du Ratzingerschuelerkreis à Castelgandolfo, consacrée au thème "Création et évolution".
https://www.benoit-et-moi.fr/2020/2023/ ... evolution/
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Trinité
- Tribunus plebis

- Messages : 4596
- Inscription : lun. 02 févr. 2015, 22:50
- Conviction : catholique
Re: Réfléchir à la création : une urgence du futur Benoît XVI
Bonjour Gaudens,
Merci, très intéressant...
Je retiens spécialement ce passage interrogatif.
Naturellement, dans la nature il y a la rationalité, mais elle ne nous permet pas d’avoir une vision totale du plan de Dieu.
Donc dans la nature persistent le contingent et l’énigme de l’horrible, un peu comme le décrit Reinhold Schneider après une visite au Musée de sciences naturelles de Vienne (moi aussi, j’ai visité ce musée avec mon frère, et nous avons été effarés face à tant à de choses horribles dans la nature).
Malgré la rationalité, qui existe, nous pouvons constater une composante d’horreur, que l’on ne peut résoudre philosophiquement. Ici la philosophie réclame quelque chose d’autre et la foi nous montre le Logos, qui est la raison créatrice et qui de manière incroyable a pu se faire chair, mourir et ressusciter. De cette manière se révèle à nous un aspect du Logos entièrement différent de ce que nous pouvons pressentir et chercher à tâtons, en partant d’une reconstruction des fondements de la nature.
Les deux parties de l’âme grecque y font aussi allusion : d’une côté la grande philosophie et de l’autre la tragédie, ce qui en dernière analyse reste sans réponse.
Merci, très intéressant...
Je retiens spécialement ce passage interrogatif.
Naturellement, dans la nature il y a la rationalité, mais elle ne nous permet pas d’avoir une vision totale du plan de Dieu.
Donc dans la nature persistent le contingent et l’énigme de l’horrible, un peu comme le décrit Reinhold Schneider après une visite au Musée de sciences naturelles de Vienne (moi aussi, j’ai visité ce musée avec mon frère, et nous avons été effarés face à tant à de choses horribles dans la nature).
Malgré la rationalité, qui existe, nous pouvons constater une composante d’horreur, que l’on ne peut résoudre philosophiquement. Ici la philosophie réclame quelque chose d’autre et la foi nous montre le Logos, qui est la raison créatrice et qui de manière incroyable a pu se faire chair, mourir et ressusciter. De cette manière se révèle à nous un aspect du Logos entièrement différent de ce que nous pouvons pressentir et chercher à tâtons, en partant d’une reconstruction des fondements de la nature.
Les deux parties de l’âme grecque y font aussi allusion : d’une côté la grande philosophie et de l’autre la tragédie, ce qui en dernière analyse reste sans réponse.
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