philippe1 a écrit:
Pour répondre à votre remarque sur la frilosité, je cherche pas de preuves, j’assume ma foi qui croit sans voir. Mais je veux bien qu’on me présente une preuve logique tenant compte de toutes les formes de connaissance et donc des avancées de la science et de la logique.
Je comprends votre position. Mais néanmoins, rappelons que l’Église enseigne que l’existence du Créateur peut être connue par la seule raison.
Le problème, c’est que nombre de nos contemporains ont l’esprit empoisonné d’une philosophie de l’absurde qui leur a fait perdre de vue le Créateur. Du coup, ils sont dans l’anesthésie spirituelle comme je l’appelle. Les choses de la foi leur glissent dessus comme l’eau sur les plumes d’un canard car la foi (je crois que le Créateur est le Dieu de la Révélation judéo-chrétienne) se construit sur le socle de la raison (l’Univers ne s’est pas auto-engendré, il existe bien un Créateur, Principe premier de toutes choses), et que ce socle leur fait justement défaut. Je schématise sans doute un peu trop, mais c’est ma perception globale des choses. La perte de sens religieux de nos contemporains, qui a laissé la voie libre au matérialisme hédoniste et consumériste, s’enracine selon moi dans cette relativisation de l’Absolu.
Or j’observe que la philosophie, justement, a de vraies réponses sur l’existence de l’Absolu, et qu’il a fallu attendre que des philosophes nient le pouvoir de la raison à dire quelque chose de l’Absolu pour que ces réponses soient invalidées
par principe, et non parce qu’il était démontré qu’elles étaient fausses.
philippe1 a écrit:
Notre logique de pensée est basée sur le principe du tiers exclus ou principe de non contradiction d’Aristote. C’est à dire que toute proposition ne peut pas être vrai en même temps que son contraire, c’est le tout ou rien. On ne peut pas dire par exemple Dieu existe et il n’existe pas. Ors si ce principe n’a jamais été contesté par la physique classique, il est totalement remis en question avec les logiques polyvalentes utilisées en physique quantique qui n’est pas une simplle construction de l’esprit mais ouvre sur des expérimentations et des prévisions, donc valides. Disons pour simplifier la logique de tous les jours est suffisante pour nous, elle devient insuffisante pour élargir le champ des connaissances.
Effectivement, je comprends mieux. Néanmoins, je mettrais un gros bémol sur le fait que la physique quantique autorise les contradictions. Il y a dans la physique quantique des
paradoxes, c’est certain mais à ma connaissance, pas de contradictions formelles. Car la contradiction, c’est l’absurde, c’est contraire à la démarche scientifique. En outre, il faut noter que les paradoxes de la physique quantique ne sont pas tant liés au réel qu’à nos théories et nos modèles pour dire ce réel. Voilà donc, selon moi, les limites de votre analogie.
Je maintiens qu’effectivement, ce principe du « tout ou rien » comme vous l’appelez est rationnel et conforme au réel. Cela ne veut pas dire qu’il faille raisonner en mode binaire – on voit bien, avec la doctrine trinitaire, combien le paradoxe peut exister (mais pas la contradiction, j’insiste !) – mais je crois qu’il y a certaines affirmations qui s’excluent mutuellement. Nier cela, c’est tout simplement nier ce que nous pouvons dire de la réalité observable. A ce jeu-là, je pense, c’est tomber dans l’inintelligible, c’est donc ne plus pouvoir rien dire du tout. Qu’en pensez-vous ?
Fraternellement,