Comment considérer la Génèse ?

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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Comment considérer la Génèse ?

Message non lupar Harfang » mer. 03 juin 2009, 1:33

Bonjour,

Comment considérer avec justesse le récit de la Génèse ? Depuis que je l'ai lue, je m'étais toujours représenter ces évènements comme ayant eu lieu à un moment ou à un autre (Le jardin d'Eden, Noé, Abraham...etc). Mais je souhaiterai l'avis de personnes mieux renseignées sur la question.

Doit-on considérer ce qui y est écrit comme s'étant vraiment dérouler ou est-ce simplement un récit métaphorique, ou même un peu des deux mais comment différencier l'un de l'autre ?

Plus simplement : Qu'est-ce que La Génèse ?


Cordialement,
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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar olive » mer. 03 juin 2009, 1:53

Bonjour,

La génèse est le récit du début de l'humanité . Selon la Bible l'Homme existe depuis 6000 ans ... Vous voyez on est loin du compte des diversent théories ! ( bien légitime quand on est athée !)

Le cathéchisme nous demande de considérer ces récits comme authentiques pour le sens littérale, mais nous apprend aussi a mesurer les diverses perspective de lecture ... qui sont toutes réunies dans la même Parole , sens littéral, sens spirituelle etc ...

C'est à dire que le seigneur à vraiment crée un couple originelle, parfait, qui dominait parfaitement la nature ; que la faute les a entrainé avec la cosmos dans dans le royaume de " leur Volonté " voué à la douleur et la mort .
Malgré un récit symbolique ( l'arbre, le fruit, le "jardin") il faut croire à l'autenticité des faits . (cathéchisme)
(Néanmoins, certains exegètes avancent que cela est un mythe... :( )

De la même manière Noé est un fait authentique, il y a bien eu un cathaclisme universelle . (Les scientifique et géologue font d'ailleurs des trouvailles qui vont dans ce sens .)
Là aussi certains "théologiens" disent que c'était un microclimat ... Bref .
ce n'est pas l'enseignement de l'Eglise .

Abraham est aussi authentique .
Là aussi, certains bibliste disent que c'est une légende ...

... J'espère que je ne vous choque pas, je dis simplement que parfois des hommes d'Eglise de notre temps se perdent dans un certain "rationalisme", ( qui n'a rien de scientifique), pour que vous ne soyez pas surpris des différentes thèses, et surtout .. pas trompé .

Je ne peux que vous conseiller d'aller directement à la source et de lire le cathéchisme de l'Eglise catholique qui sera le meilleur enseignement et fiable !
http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_INDEX.HTM

Votre petite soeur olive .
Dernière édition par olive le jeu. 04 juin 2009, 1:36, édité 4 fois.

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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar olive » mer. 03 juin 2009, 2:14

( un passage du cathéchisme )

II. Inspiration et vérité de la Sainte Écriture

105 Dieu est l’Auteur de l’Écriture Sainte." La vérité divinement révélée, que contiennent et présentent les livres de la Sainte Écriture, y a été consignée sous l’inspiration de l’Esprit Saint ".

" Notre Sainte Mère l’Église, de par sa foi apostolique, juge sacrés et canoniques tous les livres tant de l’Ancien que du Nouveau Testament, avec toutes leurs parties, puisque, rédigés sous l’inspiration de l’Esprit Saint ils ont Dieu pour auteur et qu’ils ont été transmis comme tels à l’Église elle-même " (DV 11).

106 Dieu a inspiré les auteurs humains des livres sacrés. " En vue de composer ces livres sacrés, Dieu a choisi des hommes auxquels il eut recours dans le plein usage de leurs facultés et de leurs moyens, pour que, lui-même agissant en eux et par eux, ils missent par écrit, en vrais auteurs, tout ce qui était conforme à son désir, et cela seulement " (DV 11).

107 Les livres inspirés enseignent la vérité. " Dès lors, puisque toutes les assertions des auteurs inspirés ou hagiographes doivent être tenues pour assertions de l’Esprit Saint, il faut déclarer que les livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée pour notre salut dans les Lettres sacrées " (DV 11).

108 Cependant, la foi chrétienne n’est pas une " religion du Livre ". Le christianisme est la religion de la " Parole " de Dieu, " non d’un verbe écrit et muet, mais du Verbe incarné et vivant " (S. Bernard, hom. miss. 4, 11 : Opera, ed. J. Leclercq-H. Rochais, v. 4 [Romae 1966] p. 57). Pour qu’elles ne restent pas lettre morte, il faut que le Christ, Parole éternelle du Dieu vivant, par l’Esprit Saint nous " ouvre l’esprit à l’intelligence des Écritures " (Lc 24, 45).


III. L’Esprit Saint, interprète de l’Écriture

109 Dans l’Écriture Sainte, Dieu parle à l’homme à la manière des hommes. Pour bien interpréter l’Écriture, il faut donc être attentif à ce que les auteurs humains ont vraiment voulu affirmer et à ce que Dieu a bien voulu nous manifester par leurs paroles (cf. DV 12, § 1).

110 Pour découvrir l’intention des auteurs sacrés, il faut tenir compte des conditions de leur temps et de leur culture, des " genres littéraires " en usage à cette époque, des manières de sentir, de parler et de raconter courantes en ce temps-là. " Car c’est de façon bien différente que la vérité se propose et s’exprime en des textes diversement historiques, en des textes, ou prophétiques, ou poétiques, ou même en d’autres genres d’expression " (DV 12, § 2).

111 Mais puisque l’Écriture Sainte est inspirée, il y a un autre principe de l’interprétation juste, non moins important que le précédent, et sans lequel l’Écriture demeurerait lettre morte : " La Sainte Écriture doit être lue et interprétée à la lumière du même Esprit qui la fit rédiger " (DV 12, § 3).

Le Concile Vatican II indique trois critères pour une interprétation de l’Écriture conforme à l’Esprit qui l’a inspirée (cf. DV 12, § 3) :

112 1. Porter une grande attention " au contenu et à l’unité de toute l’Écriture ". En effet, aussi différents que soient les livres qui la composent, l’Écriture est uneen raison de l’unité du dessein de Dieu, dont le Christ Jésus est le centre et le cœur, ouvert depuis sa Pâque (cf. Lc 24, 25-27. 44-46).

Le cœur (cf. Ps 22, 15) du Christ désigne la Sainte Écriture qui fait connaître le cœur du Christ. Ce cœur était fermé avant la passion car l’Écriture était obscure. Mais l’Écriture a été ouverte après la passion, car ceux qui désormais en ont l’intelligence considèrent et discernent de quelle manière les prophéties doivent être interprétées (cf. S. Thomas d’A., Psal. 21, 11).

113 2. Lire ensuite l’Écriture dans " la Tradition vivante de toute l’Église ". Selon un adage des Pères, la Sainte Écriture se lit bien plus dans le cœur de l’Église que dans les moyens matériels de son expression. En effet, l’Église porte dans sa Tradition la mémoire vivante de la Parole de Dieu, et c’est l’Esprit Saint qui lui donne l’interprétation spirituelle de l’Écriture (" ... selon le sens spirituel dont l’Esprit gratifie l’Église " : Origène, hom. in Lev. 5, 5).

114 3. Être attentif " à l’analogie de la foi " (cf. Rm 12, 6). Par " analogie de la foi " nous entendons la cohésion des vérités de la foi entre elles et dans le projet total de la Révélation.

Les sens de l’Écriture

115 Selon une ancienne tradition, on peut distinguer deux sens de l’Écriture : le sens littéral et le sens spirituel, ce dernier étant subdivisé en sens allégorique, moral et anagogique. La concordance profonde des quatre sens assure toute sa richesse à la lecture vivante de l’Écriture dans l’Église :

116 Le sens littéral. C’est le sens signifié par les paroles de l’Écriture et découvert par l’exégèse qui suit les règles de la juste interprétation " Tous les sens de la Sainte Ecriture trouvent leur appui dans le sens littéral " (S. Thomas d’A., s. th. 1, 1, 10, ad 1).

117 Le sens spirituel. Grâce à l’unité du dessein de Dieu, non seulement le texte de l’Écriture, mais aussi les réalités et les événements dont il parle peuvent être des signes.

1. Le sens allégorique. Nous pouvons acquérir une compréhension plus profonde des événements en reconnaissant leur signification dans le Christ ; ainsi, la traversée de la Mer Rouge est un signe de la victoire du Christ, et ainsi du Baptême (cf. 1 Co 10, 2).

2. Le sens moral. Les événements rapportés dans l’Écriture peuvent nous conduire à un agir juste. Elles ont été écrites " pour notre instruction " (1 Co 10, 11 ; cf. He 3 – 4, 11).

3. Le sens anagogique. Nous pouvons voir des réalités et des événements dans leur signification éternelle, nous conduisant (en grec : anagoge) vers notre Patrie. Ainsi, l’Église sur terre est signe de la Jérusalem céleste (cf. Ap 21, 1 – 22, 5).

118 Un distique médiéval résume la signification des quatre sens : Le sens littéral enseigne les événements, l’allégorie ce qu’il faut croire, le sens moral ce qu’il faut faire, l’anagogie vers quoi il faut tendre (Augustin de Dace, Rotulus pugillaris, I : ed. A. Walz, Angelicum 6 [1929] 256).

119 " Il appartient aux exégètes de s’efforcer, suivant ces règles, de pénétrer et d’exposer plus profondément le sens de la Sainte Écriture, afin que, par leurs études en quelque sorte préparatoires, mûrisse le jugement de l’Église. Car tout ce qui concerne la manière d’interpréter l’Écriture est finalement soumis au jugement de l’Église, qui exerce le ministère et le mandat divinement reçus de garder la parole de Dieu et de l’interpréter " (DV 12, 3) :

Je ne croirais pas à l’Evangile, si l’autorité de l’Eglise catholique ne m’y poussait (S. Augustin, fund. 5, 6 : PL 42, 176).

.......................................................................

Je vous conseil encore de lire le cathéchisme... Vous trouverez tout !

http://www.vatican.va/archive/FRA0013/_INDEX.HTM

Ps : :arrow: les 4 sens de lectures ne sont pas "séparables" . Un même texte contient ces 4 sens ;
c'est pourquoi, par exemple pour Adam et Eve le cathéchisme nous demande à la fois de croire au récit authentique et en même temps nous ouvre des perspectives de lecture plus spirituelles .

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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar Pneumatis » jeu. 04 juin 2009, 15:04

Bonjour Harfang,

Vous trouverez ici ma proposition de réponse anticipée sur votre question, dans un autre fil : http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 809#p81809

Dans cette réponse, vous trouverez d'ailleurs un lien vers un autre sujet où j'aborde spécifiquement la question de l'historique et du métahistorique.

Pour résumer, j'ai personnellement une grille de lecture anthropologique de la Genèse. Ma lecture part de la même problématique que celle de Jean-Paul II lorsqu'il introduit Fides et Ratio (Vous pouvez lire cette introduction ici : http://www.vatican.va/holy_father/john_ ... io_fr.html), à savoir que la question fondamentale et universelle de l'homme, avant même toute révélation, c'est de se connaitre lui-même. La Torah étant par essence un enseignement (c'est ce que veut dire le mot), il m'apparait inévitable qu'elle soit un enseignement sur l'Homme (et sur Dieu, les deux étant indissociable). Ceci nous est d'ailleurs confirmé avec la venue de Jésus, la nouvelle Torah, qui nous enseigne ce qu'est le Dieu vrai ET l'Homme vrai.

Le livre de la Genèse quant à lui, est celui du commencement, du principe (c'est ce que veut dire Bereshit, le nom du livre en hébreu et premier mot du livre - mot que vous trouvez ci-contre dans mon avatar). Il est donc, en tout état de cause un enseignement sur les origines de l'Homme, sur son principe.

Voilà donc pourquoi j'applique à la genèse une grille de lecture essentiellement anthropologique, me demandant à chaque verset, comme le suggère le bon Seb, mais un peu reformulé à ma sauce : qu'est-ce que l'Esprit Saint nous enseigne sur l'Homme ? Mais quand je parle d'anthropologie, c'est pourtant indissociable de la théologie selon moi, les deux révélations étant nettement inséparables : ce serait comme de couper Jésus en deux. Voilà.
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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar Libremax » jeu. 04 juin 2009, 15:37

Bonjour à tous,

à mon avis, cette question est à considérer avec la plus grande humilité.
La genèse pose aux hommes et aux femmes d'aujourd'hui le problème du rapport de la raison et de la foi. Or la raison exige l'humilité, parce qu'elle nous entraîne parfois à l'orgueil, parce qu'elle devient parfois une idole qu'on érige en maître absolu. La foi implique notre humilité. Dieu sait combien de fois l'Homme s'est comporté comme un tyran au seul nom de la foi!

On peut nettement s'apercevoir qu'à notre époque, les Ecritures sont vivement contestées par les scientifiques en général, et la Genèse en premier lieu. On peut même constater qu'elles ne sont pas remises en question pour leur seule plausibilité historique. Leur intention, leur sagesse, leur impact sur notre vie sont aussi rudement remises en question.
Ces remises en cause de toutes parts peuvent allumer en nous un signal d'alerte: le monde refuse les Ecritures. Il y a un tel mouvement global dressé contre elles qu'il convient de rester prudent. Il y a fort à parier que la seule raison et la seule science ne soient pas les seuls obstacles à la réception des Ecritures par le chrétien.

Cependant, il me semble que le chrétien, se sentant ainsi assiégé, ne doit pas se réfugier derrière la foi dans les Ecritures comme dans une citadelle. La raison est un don de Dieu. La recherche scientifique, dans tous les domaines, peut et doit être vue comme une découverte de l'oeuvre du Créateur. Celle-ci nous semble parfois être en désaccord avec l'Ecriture, et il est maintenant certain qu'au moins dans sa forme, les premiers chapitres de la Genèse ne restituent pas l'Histoire du cosmos et du vivant. La question, du coup, se pose pour la suite : qu'en est-il du Déluge, de la Tour de Babel, d'Abraham, des Patriarches?
Le Magistère, dans les textes qu'a cité Olive, émet un avis qui constitue un tournant déterminant dans la méditation des Ecritures dans l'Histoire de l'Eglise:
110 Pour découvrir l’intention des auteurs sacrés, il faut tenir compte des conditions de leur temps et de leur culture, des " genres littéraires " en usage à cette époque, des manières de sentir, de parler et de raconter courantes en ce temps-là. " Car c’est de façon bien différente que la vérité se propose et s’exprime en des textes diversement historiques, en des textes, ou prophétiques, ou poétiques, ou même en d’autres genres d’expression " (DV 12, § 2).
Ainsi, la Vérité, dans l'Ecriture, s'exprime selon des styles différents, mais aussi selon des genres différents. Et parmi les genres différents, il y a le prophétique, le poétique...et l'historique. L'Eglise laisse entendre que tous les textes n'ont pas le même caractère historique.

Pour autant, ils demeurent l'expression de la Vérité.
Les textes cités par Olive l'affirment avec conviction:
107 Les livres inspirés enseignent la vérité. " Dès lors, puisque toutes les assertions des auteurs inspirés ou hagiographes doivent être tenues pour assertions de l’Esprit Saint, il faut déclarer que les livres de l’Écriture enseignent fermement, fidèlement et sans erreur la vérité que Dieu a voulu voir consignée pour notre salut dans les Lettres sacrées " (DV 11).
Si cette vérité, à en lire les mêmes textes, peut ne pas être historique comme est historique un manuel d'Histoire, qu'est-ce que la Vérité?
C'est un vaste sujet. Mais ce qui se dégage assez nettement de tout ceci, c'est que la vérité dépasse le seul cadre historique, comme les sciences (qui sont, au sens humble du terme, elles aussi une recherche de la Vérité) ne recouvrent pas seulement le domaine historique. Mais pour rester dans le coeur du sujet, peut-être pourrions-nous rebondir sur une des phrases du texte cité par Olive:
Le sens littéral enseigne les événements, l’allégorie ce qu’il faut croire, le sens moral ce qu’il faut faire, l’anagogie vers quoi il faut tendre (Augustin de Dace, Rotulus pugillaris)
Ainsi, la Vérité des Ecritures concerne-t-elle sans aucun doute au moins autant les évènements eux-même, que ce qu'il faut croire, ce qu'il faut faire et ce vers quoi il faut tendre.


Il y a-t-il eu effectivement un déluge mondial dont a échappé la famille d'un juste choisi par Dieu?
Une civilisation originelle a-t-elle construit une tour pour atteindre le ciel et développé des langues diverses comme autant de malentendus?
Abraham est-il un personnage que l'on peut situer dans l'Histoire, ses faits et gestes ont-ils été conservés dans une chronique fidèle et fixée dès l'origine de son clan?
Dans tous les textes cités par Olive je n'ai pas vu de réponse clairement affirmative à ces questions. Nous n'avons pas à affirmer que ces faits se sontpassés pour la seule raison qu'ils sont aujourd'hui écrits. Ce n'est pas ce que l'Eglise nous demande.
Elle nous enseigne que ces textes sont la Vérité que Dieu voulait voir consignée, et qu'elle a été consignée à travers diverses données qui ne sont pas uniquement de l'ordre de l'Histoire.

Quoi qu'il en soit, il me semble que la Genèse n'est pas un texte historique, et ceci, qu'il relate des faits historiques ou non. La Genèse, c'est la Parole de Dieu. C'est à notre coeur qu'elle s'adresse, son lectorat, c'est notre âme, et pas notre science.

N'écouter que les scientifiques conduirait au même danger, à mon sens, que de tenir les Ecritures comme une donnée brute: celui de donner notre âme à la science.

Ne nous faut-il pas humblement sonder la réalité du monde avec nos moyens, et humblement recevoir l'Ecriture qui nous parle de Dieu?

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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar Pneumatis » jeu. 04 juin 2009, 17:50

A 2000% d'accord avec Libremax !!! :D C'est tellement bien dit !
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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar olive » ven. 05 juin 2009, 2:23

Bonjour,

Libremax nous dit :
"N'écouter que les scientifiques conduirait au même danger, à mon sens, que de tenir les Ecritures comme une donnée brute: celui de donner notre âme à la science."

Je voudrais simplement ajouter que pour les scientifiques la genèse de l'univers et de l'humanité reste un mystère, et que dans se sens, "écouter les scientifiques" ne signifie pas grand chose ...
Mais je comprends bien ce que vous dites, libremax, dans le sens ou parfois leurs hypothèses, et recherches s'orientent vers certaines pistes, aussi diverses soient-elles .

Votre petite soeur Olive .

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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar Harfang » mer. 10 juin 2009, 22:35

Merci tout d'abord de vos réponses.

Me voilà tout confus, la Genèse prend maintenant pour moi un aspect inextricable. Connait-on concrètement la Vérité que l'on doit relever de ce récit ?

J'avoue être un peu perdu. :(
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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar Pneumatis » mer. 10 juin 2009, 22:45

Si ça peut vous aider :

:arrow: Interprétation de la Bible dans l’Eglise, par la Commission Biblique Pontificale. Le document est un peu long, mais passionnant.

Pour répondre rapidement, l'Eglise n'enseigne évidemment pas que l'univers fut créé en 6 fois 24 heures, et elle n'enseigne pas plus que le monde a été créé il y a environ 6000 ans. Ca ce sont les lectures fondamentalistes que l'Eglise dénonce justement. La Genèse n'est pas un livre d'Histoire, c'est un enseignement sur... la genèse, le commencement, les origines, le début... bref, la question la plus profonde qui habite le coeur de l'homme. Pour la grille de lecture, le lien ci-dessus vous éclairera, j'en suis certain.
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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar Libremax » jeu. 11 juin 2009, 12:36

Connait-on concrètement la Vérité que l'on doit relever de ce récit ?
Cher Harfang,
tout dépend de ce que vous entendez par "Vérité".

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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar Emanuel » ven. 19 juin 2009, 17:57

Si la création est bonne expliquez-moi pourquoi Dieu a éradiqué la première humanité au moyen du déluge (et ne racontez pas que ce n'était qu'un événement local).

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Re: Comment considérer la Génèse ?

Message non lupar Zvjezdana62 » ven. 19 juin 2009, 20:21

Création était bonne au début mais après elle est devenue très mauvaise et vicieuse et ça allé de mauvais au pire. Après beaucoup de gens croient que le déluge était la conséquence de rapports entre des certains anges et des femmes humaines et la naissance des enfants hybrides appelés Nephilims.
"Invoque-moi, je te répondrai, je te révélerai de grandes choses, des choses inaccessibles que tu ne connais pas."

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Re: Comment considérer la Génèse.

Message non lupar Libremax » sam. 20 juin 2009, 13:47

Si la création est bonne expliquez-moi pourquoi Dieu a éradiqué la première humanité au moyen du déluge (et ne racontez pas que ce n'était qu'un événement local).
La genèse raconte que Dieu éradique l'Humanité.
Elle ne raconte pas qu'Il éradique la Création.

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Re: Comment considérer la Génèse ?

Message non lupar Diahloquèt » sam. 20 juin 2009, 17:10

pourquoi Dieu a éradiqué la première humanité
La genèse raconte que Dieu éradique l'Humanité.
... hum !?...

Il s'agit plutôt d'éradiquer "l'humanité pervertie",
d'éradiquer (= enlever jusqu'à la racine) le mal, la perversion, la méchanceté dans l'humanité,
d'éradiquer la part non-humaine qui choisit "de n'être que chair" (Genèse6.3) donc... bestiale !

et de préserver, de sauver en l'humanité ce dont Noah est la figure :
la "part juste" = non pervertie, véritablement humaine = Chair + Esprit
Elle ne raconte pas qu'Il éradique la Création.
Non, effectivement !
Parce que la Création est bonne, le projet de D'ieu est bon => en vue du bonheur !...
La finalité est de sauver pour la VIE ... !

... ... il est important de ne pas l'oublier !!...

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Re: Comment considérer la Génèse ?

Message non lupar Xavi » mar. 28 juil. 2009, 15:30

Pourquoi s’intéresser à la Genèse ?

A l’époque des connaissances modernes sans cesse plus grandes, de la science, de l’informatique, ce texte ne paraît qu’un mythe primaire provenant de personnes peu formées intellectuellement et très ignorantes par rapport à l’étendue de notre formation et de nos connaissances actuelles.

Les textes rassemblés dans le livre de la Genèse et d’autres textes ont été réunis et retenus comme base de la foi et des convictions essentielles dans un groupe d’humains, dans le peuple juif d’abord, puis, joints à des textes plus récents concernant Jésus de Nazareth, par l’église chrétienne.

Ils ont été reconnus comme parole de Dieu. Référence absolue. Valeur maximale.

Cette parole n’a cependant pas été donnée sans l’intermédiaire d’humains pour l’écrire, sous l’indication de l’intelligence, du cœur et des convictions de leurs auteurs humains.

La qualité du lecteur et sa compréhension sont aussi très relatives.

Elle est cependant dite de Dieu parce que les croyants qui l’ont reconnue comme telle admettent une présence autre dans leur réalité, qui agit dans la réalité qui est la nôtre et y inspire les humains.

Au delà des connaissances scientifiques ou matérielles, le croyant admet une connaissance du cœur qui peut dégager dans la confusion ou l’immensité apparente du réel, des traits essentiels, une compréhension adaptée du monde et de Dieu.

Et, pour cela, toute l’étendue de nos connaissances modernes ne nous rendent pas nécessairement supérieurs aux anciens, même si elles enrichissent notre réflexion et notre compréhension.

La Bible n’est pas un livre de réponses détaillées aux questions de plus en plus précises de la science moderne.

Elle transmet des traditions. Elle le fait avec toute l’attention que les écrits pouvaient avoir à l’époque. Avant la légèreté de nos textes informatiques qu peuvent être aisément modifiés et corrigés, avant l’imprimerie qui facilitait l’écriture, la lecture et la transmission.

A l’époque des textes bibliques, il n’y a pas d’ordinateurs, pas de livres imprimés. L’écriture et la lecture sont très limités et difficilement accessibles.

C’est un mode de conservation et de transmission des connaissances qui est d’un emploi difficile. Peu de personnes peuvent écrire. Peu de personnes peuvent lire. Les supports sont de qualité médiocre et la transmission aux générations suivantes dépend d’un difficile travail de copistes.

Il y a moins de risques de se perdre dans les détails.

Le texte se concentre sur ce que l’auteur croit important d’établir dans un écrit pour sa conservation et sa transmission. Au delà des humains, les croyants pensent que Dieu a conduit et protégé ce travail pour donner une base bonne à la foi, pour se révéler à travers ces textes, mais aussi pour y donner une parole vraie sur l’humain fait à son image.

A son image (Gn 1, 26) : c’est le cœur de toute la genèse de l’humain.

Dans toute la complexité des connaissances modernes, les textes bibliques donnent un accès à une pensée davantage concentrée sur l’essentiel de ce qui concerne l’humain et de ce qui concerne Dieu.

A notre époque, on fait facilement usage de mots pour en dissoudre la valeur : créationnisme, fondamentalisme, littéralisme, simplisme. Mythe ou livre de science. Le comment ou le pourquoi.

Mais, n’est-ce pas se retrancher de manière trop facile derrière une pensée caricaturale, manichéenne ?

Ce n’est pas parce que les auteurs bibliques s’expriment dans leur contexte, avec leurs expressions, et leurs objectifs, que leur parole aurait moins de valeur que la nôtre, moins de valeur historique, moins de valeur scientifique. Cette parole n’est pas moins vraie parce qu’elle doit être comprise correctement, comme toute parole scientifique ou historique actuelle, selon les particularités de son auteur et de son contexte.

Situer le sens des écrits bibliques selon leurs particularités ne dispensent pas d’essayer de comprendre ce qu’ils disent.

Nous aussi nous cherchons l’essentiel. Comme eux.

Il n’y a pas la Bible d’un côté et la science et l’histoire de l’autre. La Bible est un fait qui ne peut être ignoré ni de la science, ni de l’histoire. Mais, la Bible n’échappe ni à l’examen critique de la science, ni à l’analyse de la critique historique, ni à la vérité de l’éclairage qu’ils apportent.

Dire que la Bible n’a aucune valeur historique ou scientifique n’est pas davantage exact que son contraire qui prétendrait y voir une précision historique ou scientifique qui ne se trouve que dans l’interprétation qui en est parfois donnée et non dans la réalité de son texte.

La Bible doit être accueillie telle qu’elle est, selon le langage qu’elle utilise et le contexte dans lequel elle s’exprime, même si sa compréhension est sans cesse renouvelée à chaque époque et pour chaque lecteur dans sa vie et sa compréhension particulières.

Parole de Dieu, la Genèse a été écrite par des hébreux avec des traditions, des connaissances, des convictions, une intelligence des origines, inspirées dans un peuple attaché par un lien d’amour à un Dieu unique, une divinité non divisée en dieux concurrents, contrairement à d’autres.


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