La famille de Jésus à Nazareth

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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Sursum Corda
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Re: Famille de Jésus

Message non lupar Sursum Corda » ven. 15 févr. 2008, 20:31

3 Celui-là n'est-il pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de Joset, de Jude et de Simon? Et ses soeurs ne sont-elles pas ici chez nous?" (Marc (BJ) 6)

38 Et le voile du Sanctuaire se déchira en deux, du haut en bas. 39 Voyant qu'il avait ainsi expiré, le centurion, qui se tenait en face de lui, s'écria: "Vraiment cet homme était fils de Dieu!" 40 Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé, 41 qui le suivaient et le servaient lorsqu'il était en Galilée; beaucoup d'autres encore qui étaient montées avec lui à Jérusalem. (Marc (BJ) 15)

Serait-il envisageable que Marc parle de Marie mère de Jacques et de Joset (ou Joseph) au chapitre 15, au pied de la croix, sans parler de Jésus? Cela me parait fort peu vraisemblable.

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Boris
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Re: Famille de Jésus

Message non lupar Boris » ven. 15 févr. 2008, 22:54

L'explication est relativement simple : il s'agit de la conception orientale et africaine de la famille. Le terme "frère" ou "soeur" n'a pas le sens "légal" comme dans la pensée Latine.

L'esprit Latin aime la précision. Ce n'est pas le cas du reste du monde.
Un latin qui dit "frère" ou "soeur" parle forcément du lien du sang.

Dans la Bible, la notion de fratrie ne se limite à pas lien du sang : lorsqu'il est fait mention des frères et des soeurs de Jésus, il s'agit de sa famille globalement et de sa suite, ceux qui l'ont suivi depuis Nazareth ou ailleurs.
Peut-être y avait-il Elisabeth et Zacharie ?

Cette question se résout par l'étude des moeurs de l'époque et de l'usage du vocabulaire, et non par la génétique.
UdP,
Boris

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Bar_Jesus
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Les frères et soeurs de Jésus? Jacques le mineur? jumeau?

Message non lupar Bar_Jesus » mar. 04 août 2009, 20:59

Bonjour,


il est écrit dans le Nouveau Testament que 'les frères de Jésus ne croyaient pas en lui'.

Il y a d'autres passages aussi qui parlent des frères de Jésus, apparemment un des Jacques apôtre du Christ) serait le frère de Jésus.

De plus, j'ai même entendu dire que Jésus avait un frère jumeau (Thomas)? Je voulais savoir si c'était des faits ou des rumeurs?

merci

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Dúbida
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Re: Les frères et soeurs de Jésus? Jacques le mineur? jumeau?

Message non lupar Dúbida » mer. 05 août 2009, 0:39

Bonjour,
De plus, j'ai même entendu dire que Jésus avait un frère jumeau (Thomas)? Je voulais savoir si c'était des faits ou des rumeurs?
Non, Thomas n'était pas le frère jumeau de Jésus. Je pense que la confusion est due au fait que le prénom Thomas a pour origine un mot araméen ("toma" d'après plusieurs sites) signifiant jumeau.

Pour vos autres questions vous aurez des réponses (ou du moins des indications) ici.

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Re: Les frères et soeurs de Jésus? Jacques le mineur? jumeau

Message non lupar Raistlin » mer. 05 août 2009, 11:16

Bonjour,

Thomas est appelé dydime (ce qui signifie jumeau) mais rien ne dit qu'il était le frère de Jésus. D'ailleurs, il est plus raisonnable de penser que si ça avait été le cas, cela aurait été mentionné.

Par ailleurs, l'hébreu n'avait pas de mot pour cousin à cette époque. Ainsi, le mot "frère" était aussi bien utilisé pour désigner les frères au sens propre du terme que les autres membres d'une même famille. Nous en avons des exemples dans l'Ancien Testament.

En gros, si rien n'affirme expressément que Jésus était fils unique, rien n'affirme non plus le contraire. Que faire alors ? Si on est catholique, on s'en remet à la Tradition de l'Eglise (qui, depuis toujours, proclame le fait que Jésus ait été fils unique).

Cordialement,
« Dieu fournit le vent. A l'homme de hisser la voile. » (Saint Augustin)

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Re: Jésus descendant du roi David

Message non lupar mike.adoo » sam. 07 janv. 2012, 13:07

Bonjour à tous et à tous , bonne année

Dans les évangiles , Jésus ne parle pas de ses grands-parents et très peu de ses parents . D'ailleurs , il ne craint pas de dire à sa propre famille :

Comme Jésus parlait à la foule, sa mère et ses frères étaient là dehors et voulaient lui parler. Quelqu’un lui dit :

— “Ta mère et tes frères sont là dehors et ils voudraient te parler.”

Mais lui répond à celui qui est venu l’avertir :

— “Qui est ma mère et qui sont mes frères ?”

De la main il montre ses disciples et dit :

— “Voilà ma mère et mes frères ! Quiconque fait la volonté de mon Père des Cieux est pour moi un frère, une sœur ou une mère.”
( Mat 12,46 )

Les évangélistes ont concocté des généalogies avec , peut-être des documents , mais surtout pour nous montrer quelque chose .

Dans le livre des rois , on lit :

Le roi Salomon aima beaucoup de femmes étrangères : Il eut 700 femmes de rang princier et 300 concubines (en plus de la fille du Pharaon) : des Moabites, des Ammonites, des Édomites, des Sidoniennes, des Hittites (et ses femmes détournèrent son cœur). ( Rois 12,1 )

On pouvait donc , sans prendre trop de risques , affirmer qu'on descendait de David , via Salomon .

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MariaMagdala
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Les liens familiaux de Jesus

Message non lupar MariaMagdala » mer. 04 avr. 2012, 16:04

Bonjour à toutes et a tous.

En cette semaine Sainte, je me replonge au coeur du Nouveau testament.
J'aurai encore une autre question en ce qui concerne un passage des écritures mais je le posterais dans la partie Ecriture Sainte.

Voila donc une question que je me pose depuis un certain temps, de part mes visites dans des musées, des églises et par ma lecture de la Bible.

Jesus avait-il des frères et soeurs de sang? Enfin, plutôt des demi-frères et soeur....

J'ai pu voir des peintures le représentant avec d'autres enfants, j'ai vaguement entendu parlé d'un Jacques et il y a un passage dans un des évangiles ( je suis désolée de ne pas réussir a le retrouver ou un disciple du Seigneur lui dit que sa Mère et ses Frères viennent le chercher...

On ne retrouve pas beaucoup de chose sur Joseph et même Marie après l'enfance de Jesus, ce que je vous l'accorde n'est pas le but de la Bible... Mais j'ai pu noter qu'il confie le soin de sa mère a Jean pour après sa mort ou après la Resurection...

J'espère que le sujet n'a pas déjà été traité, j'ai un peu chercher sur google.... Mais c'est comme pour la santé et d'autres sujets, il y a a boire et a manger. Alors comme il y a des hommes d'Eglises et des personnes versées dans la Théologie ici, je me permets de vous solliciter.

Merci et Bonne Semaine Sainte à toutes et à tous!!!
" A celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera retiré" (Mc 4,25)
" A celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir " (Lc 8,18)
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Laurent L.
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Re: Les liens familiaux de Jesus

Message non lupar Laurent L. » mer. 04 avr. 2012, 23:03

Bonsoir Coralie !

Les "frères" de Jésus mentionnés dans la Bible sont ses cousins.

Cordialement,
Laurent.

Cinci
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Re: Les liens familiaux de Jesus

Message non lupar Cinci » jeu. 05 avr. 2012, 3:51

Bonjour,

Vous aviez ce fil où le sujet était abordé :

http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... er#p142198

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MariaMagdala
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Re: Les liens familiaux de Jesus

Message non lupar MariaMagdala » jeu. 05 avr. 2012, 10:33

Merci :ciao:
" A celui qui n'a pas, même ce qu'il a lui sera retiré" (Mc 4,25)
" A celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il croit avoir " (Lc 8,18)
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Re: Les liens familiaux de Jesus

Message non lupar Olivier C » ven. 06 avr. 2012, 7:30

Voila donc une question que je me pose depuis un certain temps, de part mes visites dans des musées, des églises et par ma lecture de la Bible.

Jesus avait-il des frères et soeurs de sang? Enfin, plutôt des demi-frères et soeur....
Bonjour. Étant donné que j'avais écris un article sur ce sujet spécialement à l'intention du web, je ne peux m'empêcher de répondre en laissant un lien. L'article est technique - il cherche à répondre aux objections protestantes - mais compréhensible si l'on s'accroche un peu :

Les « frères » de Jésus
Ἐμοὶ γὰρ τὸ ζῆν Χριστὸς καὶ τὸ ἀποθανεῖν κέρδος. < christus.fr >

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Xavi
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La famille de Jésus à Nazareth

Message non lupar Xavi » jeu. 05 juin 2014, 15:44

La famille de Jésus – Poésie

A Nazareth, Joseph, fils d’Héli, ne vivait pas loin de son vieux grand-père Jacob, le père de sa maman qui l’emmenait souvent lui rendre visite. Jacob, patriarche de la famille, était l’heureux père d’un fils unique, Joachim, frère de la maman de Joseph et de ses sœurs. Joachim, son seul héritier selon la loi, avait épousé Anne, une fille d’Aaron, un autre notable réputé de la région.

Les deux familles de Anne et Joachim étaient illustres.

Aaron, le père de Anne, était de la descendance lévitique du prêtre Aaron, le frère de Moïse.

Jacob, le père de Joachim, était de la descendance masculine du roi David. Il portait le nom du patriarche Jacob, père d’Israël, petit-fils d’Abraham, père de tous les croyants.

Dans les familles, on gardait soigneusement la mémoire des ancêtres successifs. Surtout pour un homme fils de David ! Quelle fierté !

Certes, après plus de vingt générations, la plupart des Israélites descendaient naturellement de David. Déjà que David a eu 19 enfants de plusieurs femmes. Que dire des innombrables enfants de son fils Salomon qui avait un très grand nombre d’épouses et de concubines. Alors vous imaginez, la multiplication de ses fils et filles dans les générations suivantes. Ils étaient des dizaines, voire des centaines de milliers de descendants directs après plus de vingt générations.

Mais, ce qui restait rare, ce sont les héritiers directs du roi David dans la seule lignée légale et royale, exclusivement masculine, conformément à la loi de Moïse.

Jacob en était un. Et il avait marié une de ses filles à un certain Héli, lui aussi héritier direct de David, ce qui avait donné à Jacob deux petit-fils issus de cette union : Joseph et Clopas.

Dans la famille d’Héli, la descendance légale était parfaitement connue. De génération en génération, on se transmettait la longue liste, renforçant chacun dans son souhait de prolonger la lignée, de sauvegarder la maison de ses pères.

Héli, né environ 900 ans après David, en était le descendant direct dans une lignée masculine de 40 générations successives dont il était très fier et dont les noms étaient soigneusement conservés. Un écart moyen d’environ 22 ans par génération en garantit le caractère très complet.

Hélas, tant l’illustre lignée sacerdotale de Aaron, le père de Anne, que l’illustre lignée royale de son époux Joachim, fils de Jacob, paraissaient en voie d’extinction.

Le vieil Aaron n’avait plus que des filles. Sa fille Anne avait certes épousé le fils de Jacob, Joachim, un gendre idéal de la lignée royale de David, mais il n’était pas de la lignée d’Aaron. Le fils unique d’Aaron était tragiquement mort jeune et sans descendance peu après. Conformément à la loi de Moïse, Elisabeth, la sœur de Anne, avait alors épousé Zacharie, un prêtre de leur parenté de la même lignée d’Aaron, de la branche d’Abias, dans l’espoir de susciter une descendance dans cette lignée sacerdotale, mais le couple était resté stérile et ils étaient devenus trop vieux pour enfanter. L’espoir du père de Anne et Elisabeth d’avoir une descendance dans sa lignée sacerdotale s’éteignait. D’un côté, Anne était entrée dans la maison de David par son mariage. De l’autre, pas d’enfant.

De son côté, Jacob, le père de Joachim, s’était certes réjoui à la naissance de son fils et croyait sa descendance assurée, mais hélas, le couple d’Anne et Joachim n’avait pas de fils. Et, selon la loi de Moïse, Joseph et Clopas, les petits fils que lui avaient donnés sa fille mariée à Héli, n’étaient pas héritiers de Jacob dont ils ne descendaient que par leur mère et non par une lignée masculine, comme la loi l’exigeait.

Anne et Joachim avaient cependant une fille pleine de grâces nommée Marie. Ils n’étaient pas stériles et l’espoir d’un héritier demeurait.

Après la naissance de Marie, Anne et Joachim espèrent de tout cœur donner un héritier mâle au vieux Jacob, mais, hélas, à la naissance de leur second enfant, c’est encore une petite-fille. Pour consoler le vieux Jacob, Anne et Joachim vont appeler leur seconde fille par le nom de son grand-père sous une forme féminisée : elle s’appellera Marie-Jacobé.

Les deux petites grandissaient et, hélas, plus les années passaient, plus il devenait manifeste qu’il n’y aurait pas d’autre enfant, pas de fils héritier.

Que faire désormais ? Comment tenir compte du désir de descendance du vieux Jacob ?

Les deux maisons, la maison sacerdotale du papa de Anne et la maison royale du papa de Joachim étaient confrontées à la même extinction. Les deux grands-pères de Marie étaient confrontés à la même souffrance, l’un dans la lignée sacerdotale et l’autre dans la lignée royale

Les familles étaient cependant religieuses, confiantes en Dieu et fidèles à la loi de Moïse. Non, la maison et l’héritage de Aaron ne pouvaient se dissoudre en dehors de sa famille. Non, la maison et l’héritage de la maison de Jacob ne pouvaient s’éteindre hors de sa parenté.

La réponse était dans la loi de Moïse.

Selon la loi de Moïse, toute fille héritière doit épouser quelqu’un de sa famille pour que la succession familiale soit juste.

Comme on l’avait fait vainement dans la famille de Anne, pour le vieil Aaron, en mariant sa sœur Elisabeth à Zacharie restés hélas stériles, il ne restait qu’à suivre la même loi de Moïse dans la famille de Joachim pour assurer une descendance à son vieux père Jacob.

Anne et Joachim ont deux filles : Marie et Marie-Jacobé.
La sœur de Joachim a épousé Héli, le fils de Matthas. Il est aussi d’une lignée royale de David et ils ont deux fils : Joseph et Clopas.

Les qualités de cœur de Joseph et de Marie concordaient si bien que l’affaire fut vite conclue lorsqu’il apparu évident que Anne et Joachim, avançant en âge, n’auraient pas de fils.

Un mariage de cousins germains, ce n’était pas trop bien vu. Certes, ce n’était pas interdit, mais c’était un peu limite. L’interdit de l’inceste interdisait les unions dans la proche parenté et jusqu’aux oncles et tantes.

Mais, c’était la loi : Mahla, Tirtsa, Hogla, Milka et Noa, les cinq filles seules héritières de Tseloféhad sont devenues les épouses des fils de leurs oncles, comme Yahvé l’avait ordonné. Joseph et Marie, petit fils et petite-fille de Jacob, ne peuvent se soustraire sans manquer à la loi, sans manquer à l’affection pour leur grand-père.

Marie fut fiancée à Joseph.

Jacob pouvait s’endormir en paix, sa maison et son héritage resteraient dans sa descendance. Joseph, son petit-fils, et Marie, sa petite-fille, seront ses héritiers puis leurs propres enfants ou, à défaut, les enfants du frère de Joseph. Si un homme meurt, s’il n’a pas de fils sa fille hérite, s’il n’a pas de fille, ses frères, s’il n’a pas de frère, les frères de son père…

Le mariage de Joseph et Marie a réglé la succession de Jacob. Elle restera dans la lignée royale de David.

Il reste à espérer un fils.

Mais Joseph et Marie élevés ensemble dans le même village, y vivaient quasi comme frère et sœur. Pour eux, la loi divine qui interdit l’inceste ne s’applique pas seulement à la lettre. Leur mariage est un saint devoir pour honorer leur grand-père, mais Joseph a un frère Clopas et Marie une sœur Marie-Jacobé. Rien n’impose à Joseph et Marie d’avoir une descendance dont leur proche parenté les détourne.

Marie sera l’épouse, mais elle restera toujours vierge.

C’est l’inattendu !

Marie et Joseph ont à cœur de demeurer dans la virginité consacrée !

Les familles ne sont pas sans ressources. Marie a une petite sœur. Joseph un petit frère. L’arrangement se dessine vite.

La petite sœur de Marie, Marie-Jacobé, est donnée en mariage à Clopas, le frère de Joseph. Ils ne savent encore rien de la venue de Jésus. Leurs familles seront proches et leurs enfants comme frères et sœurs. N’ont-ils pas tous les mêmes grands-parents ? Ne vivent-ils pas tous à Nazareth ?

Marie-Jacobé et Clopas auront quatre fils : Jacques, Joset, Simon et Jude. Mais, personne ne le sait encore. Ne feront-ils pas aussi le choix de la virginité ? Ne seront-ils pas stériles comme Elisabeth et Zacharie ?

Pour l’heure, dans la maison de Jacob, dans les familles de Anne et Joachim, c’était une lignée sacerdotale et une lignée royale qui s’éteignaient.

Qui donc aurait pu y voir un signe prophétique de la venue d’un nouveau prêtre, d’un nouveau roi ?

Pour l’heure, c’était plutôt un ciel sombre.

Et pourtant, voici qu’un jour, un homme frappe à la porte, étrange et mystérieux. D’où vient-il ? Qui est-il ?

Gabriel. Mon nom est Gabriel et Dieu m’envoie chez toi.

Et le message est inouï ! Tu deviendras enceinte et tu enfanteras un fils ! Il règnera sur la maison de Jacob.

Quoi ? Jacob ? Un héritier dans cette maison, dans un foyer consacré à la virginité et voué à la stérilité ?

Marie ne comprend pas et interroge l’envoyé de Dieu : comment est-ce possible ?

Certes, annoncer un futur fils à une jeune fille fiancée n’a rien d’extraordinaire. La plupart des jeunes fiancées auront un jour un fils. Mais, Marie est une vierge consacrée. Elle ne connaît pas d’homme. Par devoir et par amour pour leur grand-père, Joseph et Marie ont accepté une union, mais vierge.

L’ange insiste. C’est par toi que l’héritage va être assuré à jamais. C’est ton fils qui va reprendre le trône de David. Ce roi qui sera enfanté règnera à jamais sur la maison de Jacob.

Marie pense à sa famille, à ses deux grands-pères qu’elle aime autant l’un que l’autre. Pourquoi une consolation pour le papa de son papa et pas de consolation pour le papa de sa maman ? Qu’adviendra-t-il de la maison du vieux Jacob ? Qu’adviendra-t-il de la maison du vieil Aaron ?

Tout se trouble.

Pour te montrer la bénédiction d’aujourd’hui sur la maison de Jacob, je te montre que la bénédiction est déjà sur la maison d’Aaron. Ta parente, Elisabeth, celle qui était stérile et déjà trop âgée, est elle-même enceinte d’un fils, d’un héritier dans la maison d’Aaron, malgré sa vieillesse.

Elisabeth, sa tante, une fille d’Aaron, c’est la femme du vieux Zacharie, un sacrificateur du temple de la classe d’Abia. Pour Aaron, le vieux Zacharie avait été le dernier espoir d’un héritier dans sa descendance. Mais, maintenant, il était trop tard.

Deux héritiers ! Quelle bénédiction inouïe dans la maison de Jacob !

Tout-à-coup, Marie comprend. Elle comprend que la promesse est plus grande encore qu’une succession dans la maison de Jacob à laquelle elle appartient par son père. La lignée sacerdotale refleurit dans la famille de sa mère, la lignée royale refleurit dans la famille de son père.

Il règnera sur la maison de Jacob, dit l’ange.

Mais, ce n’est plus seulement dans la maison de ce bon-papa Jacob qui a engendré Joseph et Marie, mais c’est la figure du patriarche Jacob qui apparaît, c’est la maison d’Israël elle-même qui reçoit un nouveau Roi.

Pour Marie, tout est clair. L’enfant sera roi dans la descendance de son grand-père Jacob et l’enfant sera prêtre dans la descendance de son grand-père Aaron.

Cette arrivée divine d’un petit-fils Jésus fut une immense joie pour Jacob.

Peu après, ses deux autres petits-enfants, Clopas et Marie-Jacobé, également mariés pour assurer sa succession selon la loi de Moïse, ont, à leur tour donné naissance à quatre fils : Jacques, Joset, Simon et Jude, cousins de Jésus.

Les voilà élevés ensemble à Nazareth, comme des frères et sœurs, ayant les mêmes grands-parents. Anne et Joachim, d’un côté, Héli et son épouse, de l’autre.

Jacob a pu fermer les yeux dans la paix

A la mort de Jacob, son fils Joachim a recueilli la généalogie familiale que Jacob lui a transmise. Il n’en est pas peu fier.

Anne et Joachim n’ignorent rien du caractère extraordinaire de la conception de Jésus. Leur petite-fille Marie est exceptionnelle de sainteté et de pureté. Sa droiture et sa bonté crèvent l’écran. Ils connaissent sa virginité consacrée, la mystérieuse annonce d’un messager angélique.

Anne et Joachim savaient. Ils savaient que la généalogie légale de Jésus le mentionnait comme fils de Joseph, fils d’Héli. C’est bien ce que les gens croyaient. Ils savaient aussi qu’en réalité, Jésus ne provenait pas naturellement de Joseph mais seulement de Marie, leur fille.

La naissance du Messie bouleverse les pensées usuelles. Le nouveau roi ne vient pas par la lignée masculine qui transmet la dignité royale, mais par une femme sans l’action d’un homme.

Comment écrire la vraie généalogie de Jésus sans heurter ceux qui ne considèrent que la descendance masculine, selon la loi ?

Il lui faut éviter de mentionner que Joseph n’est pas un fils héritier de Jacob, mais le fils de sa fille. Il lui faut éviter de mentionner que Joseph n’est pas le père du fils de son épouse.

Joachim ouvre son cœur et relit autrement sa généalogie. Il sait que la généalogie humaine n’a d’intérêt que dans le plan de Dieu. Il sait que l’enfant vient de l’Esprit Saint et que, pour la maison de Jacob, la seule transmission royale s’est faite par une femme. Il sait que l’enfant vient sauver tous les pécheurs.

La généalogie n’est pas pour lui un sujet de vanité masculine. Sa petite-fille Marie est bénie entre toutes les femmes. Il n’y a pas que des hommes, il y a aussi des femmes. Nécessairement. Il n’y a pas que des purs, mais aussi de pauvres pécheurs.

Pour pouvoir établir une vraie généalogie de Jésus, tenant compte de sa conception virginale et de sa condition divine, Joachim choisit de dessiner une généalogie plus vraie, plus riche de sens, qu’une simple liste. Une généalogie montrant la mission divine de son divin petit-fils tout en respectant la vérité historique, sans heurter la sensibilité familiale de l’époque.

Pas une généalogie à lire, mais une généalogie à méditer.

Joachim va se faire discret et présenter Jésus dans une descendance exclusivement masculine, selon l’usage, mais en évoquant sa lignée généalogique sans exhaustivité. Non pas de père en fils, mais seulement par la mention d’un lien naturel de descendance.

Il va donner une généalogie exacte de Jésus, mais elle sera discrète. On croyait que Jésus était le fils de Joseph. Ils étaient rares ceux qui connaissaient la vérité.

Il indique dans sa généalogie que Joram engendre Ozias alors que, en réalité, Ozias est son arrière-arrière-petit-fils Il indique que Jéconias engendre Salathiel qui, en réalité, est son petit-fils. Il omet de dire que Joram est le père de Achazia, qui est le père de Joas, qui est lui-même le père d’Amatsia dont Ozias est le fils. Il omet de dire que Salathiel est le fils d’Assir, dont Jéconias est le père.

Ce caractère incomplet, qui ne mentionne qu’un lien de descendance, mais pas uniquement des liens directs de père en fils, permet de mentionner Joseph comme engendré par Jacob, son grand-père, sans révéler que Joseph est son petit-fils, sans mentionner que cette descendance s’est faite par sa mère et non par la lignée légale masculine.

Joachim évite ainsi de heurter de front ceux qui ne considèrent que la descendance légale masculine. Pour celui qui ignore la vérité, il pourra simplement constater la succession des noms masculins de Jacob, Joseph et Jésus. Certes, il observera une mise en avant accentuée de la maman de Jésus, mais de manière cachée par la mention de plusieurs autres femmes.

En reliant Jésus à Jacob, un ascendant commun à Joseph et à Marie, Joachim établit Jésus dans la famille de Joseph. Il se fait lui-même discret. Joachim s’efface pour ne pas faire de l’ombre à son beau-fils déjà tellement troublé par cette naissance divine si inimaginable.

Pour introduire Marie dans la généalogie de Jésus, malgré l’usage de ne considérer que la descendance par les hommes, Joachim va glisser dans sa généalogie, quelques femmes que lui révèlent les saintes écritures. Et il les mentionne soigneusement. C’est de Thamar que Juda engendre Pharès. C’est de Rahab, la prostituée, que Salmon engendre Booz. C’est par Ruth, l’étrangère, que ce même Booz engendre Jobed et c’est par la femme d’un autre qu’il a tué que David, adultère et meurtrier, engendre Salomon.

Toutes ces femmes introduisent Marie. Elles permettent de mentionner que Jésus est né de Marie et de ne mentionner la paternité légale de Joseph que sous la forme de l’époux de Marie, montrant ainsi, mais de manière discrète, la vérité de la généalogie de ce divin enfant.

Pour se libérer du carcan trop strict des règles généalogiques usuelles et ouvrir sa généalogie à la divinité de son petit-fils, il articule son origine en trois tableaux incomplets de 14 noms qui se succèdent. Il observe quatorze ancêtres successifs pour aller du chemin de la foi ouvert par Abraham, le père des croyants, à David, le roi bien aimé. Quatorze, c’est deux fois la perfection de sept, chiffre de Dieu.

Alors, Joachim dessine une suite de 2 x 2 x 7 générations parmi la généalogie de Jésus, pour montrer la chute d’Israël si fortement manifestée par l’exil à Babylone. Quatorze noms d’Abraham à David sur le chemin de la foi d’Abraham. Tout l’édifice de ces quatorze générations descendant de la foi d’Abraham se fracasse au moment du crime de David et ouvre un chemin inverse menant jusqu’au fond de Babylone en quatorze autres générations, avant de se relever à nouveau jusqu’au nouveau Roi par un même chemin de quatorze générations.

Le péché n’est jamais plus grand que la grâce et le pardon.

Quelques références
Mt 1, 1-17
Généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham.

Matthan engendra Jacob, Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie, de laquelle naquit Jésus que l’on appelle Christ.

Lc 3, 23-38
Jésus … était, à ce qu’on croyait, fils de Joseph, fils d’Héli, fils de Matthat

Lc 1, 5-7
un prêtre du nom de Zacharie, de la classe d’Abia, … avait pour femme une fille d’Aaron, dont le nom était Elisabeth…
Ils n’avaient pas d’enfant, parce que Elisabeth était stérile et que tous deux étaient avancés en âge.

Lc 1, 30-36
L'ange lui dit : … tu enfanteras un fils …Dieu lui donnera le trône de David, son père. Il règnera sur la maison de Jacob éternellement, et son règne n'aura point de fin.
Marie dit à l'ange : Comment cela se fera-t-il, puisque je ne connais point d'homme ?
L'ange lui répondit : … Voici, Elisabeth, ta parente, a conçu, elle aussi, un fils en sa vieillesse, et celle qui était appelée stérile est dans son sixième mois.

Jn 19, 25
Or, près de la croix de Jésus, se tenaient sa mère et la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala.

Mt 27, 56
Il y avait là de nombreuses femmes qui regardaient, celles-là même qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée et le servaient, Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques et Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

Mc 15, 40
Il y avait aussi des femmes qui regardaient à distance, entre autres Marie de Magdala, Marie, mère de Jacques le petit et de Joset, et Salomé.

Mt 13, 55
Celui-là n’est-il pas le fils du charpentier ? N’a-t-il pas pour mère, la nommée Marie, et pour frères Jacques, Joseph, Simon et Jude ?
Tous, d'une seule pensée, décidèrent que Siméon, fils de Clopas, qui est mentionné dans le livre de l'Évangile, était digne du siège de cette Église : il était, dit-on, cousin du Sauveur. Hégésippe raconte en effet que Clopas était le frère de Joseph (Hist. eccl. 3, 11)
Dans la tradition chrétienne Clopas, frère ou demi-frère de Joseph, épouse Marie Jacobé. Avec elle, il a deux fils: Jacques le Mineur et Joset. C'est Marie Jacobé qui est présente près de la croix de Jésus dans les évangiles attribués à Marc et à Matthieu. Dans l'évangile attribué à Jean, elle est appelée « Marie femme de Clopas » (Jn 19:25), il est précisé qu'elle est la sœur de la mère de Jésus, mais les noms de ses fils ne sont pas mentionnés. Clopas est aussi le père de Siméon de Clopas qui succède à Jacques le Juste après la destruction du Temple (70) à la tête de l'église de Jérusalem, « car il était cousin germain de Jésus ».
La proximité de ces prénoms avec trois des quatre frères de Jésus: « Jacques, Joseph (ou Joset), Jude (ou Judas) et Simon » a conduit saint Jérôme à proposer au IVe siècle de faire de Clopas et de sa femme les parents de Jacques, frère de Jésus selon les évangiles synoptiques ou Jacques « le frère du Seigneur » (cf. Paul de Tarse et Hégésippe) ou « Jacques le frère de Jésus que l'on appelle Christ » selon Flavius Josèphe.
Pièces jointes
La famille de Jésus Tableau.doc
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Mac
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Frères et soeurs de Jésus

Message non lupar Mac » sam. 09 mai 2015, 10:54

Bonjour Tian, :)
Prenez les "frères et sœurs de Jésus" maintes fois mentionnés dans les Evangiles. Ce sont des paroles très claires.
En fait c'est plus compliqué que cela. Saint Jérôme en fait la démontration que je trouve convaincante car l'évidence saute aux yeux à partir de là.
et les exégètes catholiques un peu sérieux reconnaissent qu'il s'agit bien là de "frères et sœurs" et non de "cousins" comme on nous le redit sans cesse. Les Evangiles ayant été écrits en grec il y a deux termes bien différents pour parler d'un frère et d'un cousin.
Ces deux termes bien différents étaient utilisés indifféremment dans certains passages de l'Ancien Testament.
Et bien non ! L'Eglise continue à maintenir son point de vue malgré l'évidence.
Il ne suffit pas de dire que c'est évident encore faut-il le démontrer. Or ce qui me semble clair c'est que la position de l'Eglise est fondée et explicable.
L'Eglise continue aussi à dire que la Vierge Marie avait pour projet de rester vierge toute son existence alors que là aussi des vierges consacrées cela n'existait pas en Israël à cette époque. Ca ne serait venu à l'esprit d'aucune jeune fille de ne pas se marier et de ne pas procréer et d'ailleurs la société de l'époque ne l'aurait pas accepté.
Quelles sont vos sources? Mes sources contredisent cette affirmation.
ATTENTION ! Je ne suis pas en train de dire que la Vierge Marie ne l'est pas restée car elle aurait eu d'autres enfants. Non :non: , selon moi ce sont les enfants d'un premier mariage de Joseph qui sont mentionnés comme "frères et sœurs" , ce sont donc des "demi-frères et sœurs".

Enfin ils apparaissent à trente ans ces demi-frères lors du début du ministère de Jésus. Plutôt bizzare déjà! Et au pied la croix il n'y a personne pas la moitié de la moitié d'un demi frère. :D

J'adhère sans problème à l'idée que ni Marie ni Joseph, après l'honneur qui leur avait été fait d'être les parents de Dieu, n'ont eu ni le goût ni l'envie d'avoir des relations intimes.

Je pense comme ça aussi.

Fraternellement. :coeur:

Tian
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Les frères et soeurs de Jésus

Message non lupar Tian » sam. 09 mai 2015, 14:54

Bonjour Mac,
Quelles sont vos sources? Mes sources contredisent cette affirmation.
Si vous avez un moment regardez cette émission de "la foi prise au mot" sur KTO où le prêtre et la bibliste débattent de ce sujet. C'est très intéressant. Ecouter à partir de la 17 : 00 et au moins jusqu'à 41:00

https://www.youtube.com/watch?v=4GROQuGqj9Y

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Enfin ils apparaissent à trente ans ces demi-frères lors du début du ministère de Jésus. Plutôt bizzare déjà! Et au pied la croix il n'y a personne pas la moitié de la moitié d'un demi frère. :D
Là malheureusement il n'aurait pas été le premier que les frères et sœurs ne suivent pas jusqu'au bout ...

:ciao:

Mac
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Re: L'Eglise peut-elle revenir sur un dogme ?

Message non lupar Mac » sam. 09 mai 2015, 15:19

Bonjour Tian, :)
Là malheureusement il n'aurait pas été le premier que les frères et sœurs ne suivent pas jusqu'au bout ... :ciao:
Sauf que Justement ils sont souvent en compagnie de la Très Sainte Vierge Marie. Et là dans le malheur pas la moitié d'un demi-frère au pied de la croix. Ils sont s'ils existent au minimum 4 ces demi-frères et soeurs et il n'y en a pas un pour rattraper l'autre puisque Jésus étonnamment confie Sa mère à Saint Jean. Chez des juifs pieux je ne pense pas que cela soit concevable.

Je regarde votre vidéo. Merci.

Fraternellement. :coeur:


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