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Re: L’adam créé mâle et femelle

Publié : mer. 12 mars 2014, 15:00
par Xavi
James a écrit :Ce dont on parle ici me semble relever d'une analyse assez hasardeuse...
Cela reviendrait à se demander si Dieu a créé en premier lieu un travelo androgyne bisexuel ET puisque tel serait le cas, cela viserait à essayer de faire admettre aux chrétiens que ce n'est pas un péché, qu'il faut l'accepter, et pourquoi pas l'être, etc...
On voit très bien comment se déroule tout l'argumentaire :/
Non, tout cela s'apparente plus à une propagande moderniste type gender et compagnie...

On pourrait se demander de quels organes sexuels votre adam mâle et femelle a été attribué? De toute évidence, pas ceux d'un homme normal. Or, il est dit en 2,21 et en 2,22 que Dieu prit à l'homme une côte pour former la femme : il n'est nullement question d'organes génitaux. D'ailleurs, pour être exact, pour passer d'un homme à une femme, vous vous doutez qu'il faudrait bien plus que cela : il faudrait revoir chaque cellule du corps de l'adam mâle et femelle pour qu'il ne soit plus que mâle uniquement ; retravailler les sécrétions hormonales ; reformer certains organes ; retravailler les schémas cognitifs cérébraux ; etc... Bref, tout un chantier! Ainsi donc, le texte n'aurait pas précisé avoir pris une côte et avoir refermé la plaie, il aurait dit "Dieu a remodelé le corps de l'homme".
Vous êtes très modéré en indiquant que cela vous semble relever d’une analyse assez hasardeuse…

Mais, personne ne défend dans ce sujet l’hypothèse d’un travelo androgyne bisexuel, ni ne présente un argumentaire dans ce sens.

Non, Dieu n’a pas créé un humain unisexe qu’il aurait divisé en deux.
James a écrit :Les versets suivants allant de 2,4 à 2,24 sont une digression…
Déjà parce qu'en 2,7, il est dit que Dieu forma l'adam à partir de la glaise/poussière du sol. Si ce n'était pas le cas, Dieu aurait créé 2 adams. Jamais il n'a été stipulé cela ailleurs dans le texte et aucun verset ne désigne la femme comme un de ces 2 hypothétiques adams...
De plus, juste avant, au verset 2,5, il est stipulé que sur terre, il n'y avait AUCUN arbuste ni aucune herbe à germer.
Comme le confirment nos connaissances scientifiques actuelles, nous savons que le corps humain provient, en effet, d’une longue histoire biologique qui « commence » déjà avant tout arbuste et toute herbe verte. La réalité sexuée dans le vivant apparaît il y a fort longtemps.

Ce qui est apparu beaucoup plus tard dans l’histoire, c’est ce que James décrit très bien ailleurs dans son message. Et c’est bien plus qu’une transformation de la nature matérielle.

L’histoire biologique de l’apparition des êtres sexués est d’une complexité d’où ont surgi d’innombrables créatures de sexe mâle ou femelle. Les deux sexes sont indissociables dans la formation de l’adam à partir de la glaise.

Comme James l’écrit très bien ailleurs dans son message, « "adam" en hébreu désigne "Homme" dans le sens d'espèce humaine ».
James a écrit :Si Dieu a créé l'adam mâle et femelle comme vous le dites dans un premier temps et qu'il est précisé en 1,31 que Dieu trouva très bon tout ce qu'il avait fait, ce n'est pas pour dire quelques versets plus loin en 2,18 qu'il n'est pas bon que l'adam soit seul... Cela reviendrait à dire que Dieu n'est pas en mesure de reconnaitre de prime abord ce qui est bon de ce qui ne l'est pas.
En effet. Voilà un point déterminant. Lorsque la distinction sexuelle est réalisée dans le vivant, l’humain n’est pas achevé. On est encore seulement à un niveau « animal », « terrestre ». Il n’y a pas encore une « femme », ni un « homme (masculin) ». Il y a un mâle et une femelle.
James a écrit :Regardons plutôt de plus près le texte dans sa construction.
"adam" en hébreu désigne "Homme" dans le sens d'espèce humaine.
"ich" correspond à "homme" dans le sens d'individu mâle.
"icha" correspond à "femme" dans le sens d'individu femelle.
"ève" en hébreu est très proche d'une racine qui signifie "vivre".

Ainsi donc, Lorsqu'au verset 1,27, il est dit que "Dieu créa l'adam à son image" et qu'il est précisé ensuite que "mâle et femelle il les créa", c'est bien pour stipuler que tous 2 sont des créatures de même nature et fruit de la puissance divine. J'y vois là d'avantage une affirmation de la dignité de la femme à une époque (celle de la Torah) où elle n'avait pas forcément beaucoup de valeur dans la société.
….
Et enfin, la femme apparait comme création de Dieu (après qu'il ait nommé tous les animaux) en réponse à son vide intérieur (son "vis-a-vis" ou encore une "aide qui lui serait assorti").
Tous ces éléments sont à rapporter avec le verset 2,2 où il est dit que Dieu se reposa le 7e jour parce que son œuvre était ACHEVÉE. La création étant donc terminée, on peut naturellement penser que la création de la femme a été faite le 6e jour, chose qui expliquerait parfaitement le verset 1,27 …

Quelle est la raison de cette digression?
- Dans un premier temps, il s'agit d'affirmer qu'un homme (mâle) a un besoin fondamental de la femme (femelle).
- De plus, cela enseigne à tous que les hommes et les femmes sont semblables d'égale substance et d'égale dignité, tous deux créatures de Dieu.
- Ainsi, si l'homme a un besoin fondamental de la femme et que la femme est de même nature que l'homme, la femme a un besoin fondamental de l'homme puisqu'elle n'a que lui comme vis-à-vis dans cette histoire : on retombe sur cette complémentarité homme/femme.
- Enfin, d'un point de vue imagé, le texte nous dit qu'en fait, l'adam recherche l'ève, c'est à dire en hébreux "l'humanité" recherche "la vie". C'est une explication non-seulement de l'instinct de survie de l'homme mais aussi et surtout celle de la recherche par l'homme du Salut ; Salut que Dieu seul peut combler car c'est Lui qui crée l'ève (la vie) pour la présenter à l'adam (humanité).
Tout cela me semble très juste. Et c’est bien une digression par rapport au chapitre premier de la Genèse. C’est bien un développement d’un point particulier de ce premier chapitre : celui d’une création de l’adam « à l’image de Dieu ».

Comme James l’observe bien, ce qui se passe dans le jardin planté dans l’Eden, la réalité spirituelle de Dieu, concerne des créatures « de même nature ». Ce qui est créé ici, ce n’est pas la glaise ou la poussière « de même nature » dont le corps humain provient après une longue histoire biologique, ni la différence sexuelle qui existe dans la nature déjà créée, c’est « l'ève (la vie) pour la présenter à l'adam (humanité) ».

A cet égard, le message de James me semble, dès lors, juste, sauf cependant lorsqu’il considère que les versets allant de 2,4 à 2,24 sont une digression, ce qui est exact, mais en ajoutant « et non une suite. »

Ici, il exprime une difficulté de beaucoup de personnes.

Cela touche la difficulté majeure de la théologie de la création. Une création, ce n’est pas une simple transformation d’une réalité qui existe déjà, comme la glaise transformée en corps humain, c’est une action qui fait advenir du radicalement neuf. Une réalité absente, un « néant », une réalité qui n’est pas, advient parmi ce qui est déjà. Au sens très exact du terme, une création fait « ex-ister » du néant.

Pourquoi une telle difficulté à inscrire la création la plus essentielle de l’humanité dans le temps de l’histoire concrète ?

Tout semble d’abord si simple.

Nous avons une âme immortelle et nous croyons en notre résurrection au delà de notre mort physique.

Nous savons que c’est une spécificité de l’humanité. Les plantes et les animaux ne ressuscitent pas. Leur existence n’est que temporaire dans l’ordre terrestre.

Nous savons qu’il n’y avait pas d’humains du temps des dinosaures et que la différentiation sexuelle dans la nature est bien antérieure à l’apparition des humains.

Alors, pourquoi sortir la survenance de l’humain à l’image de Dieu du temps de l’histoire concrète alors que cette survenance s’y est trouvée nécessairement ? Il a bien fallu nécessairement une survenance des premières âmes immortelles dans le temps de l’histoire concrète. Il n’y en avait pas. Il y a eu une création. Puis, il y en avait.

Sortir la digression du chapitre 2 de la Genèse du temps de l’histoire concrète mène à une impasse. La nature n’a pas pu produire une âme immortelle. Il y a nécessairement eu, dans le temps, dans la « suite » du temps, une création d’une réalité nouvelle par laquelle est advenu un être qui, comme nous, est bien matériel, corporel, concret, mais qui est aussi participant d’une réalité immortelle.

Re: L’adam créé mâle et femelle

Publié : ven. 14 mars 2014, 2:48
par Théo d'Or
Ce qui me fascine dans l'histoire, c'est que l'homme et la femme font... Un (quelque part). Est-ce qu'on pourrait imaginer que l'"individu" dans la résurrection (le paradis, pour parler simple) serait un couple? En sachant que la notion d'individu ne serait pas aussi étriqué qu'"ici-bas" (pour parler simple encore une fois)? Genre deux polarités parfaitement distinctes et totalement réunies en même temps (plus le lien qui les unit, comme dans la Trinité), pour avoir toujours la tension créatrice.

Théo d'Or

Re: L’adam créé mâle et femelle

Publié : ven. 14 mars 2014, 14:03
par Théo d'Or
Au fait, il n'existe pas une parole du genre "au commencement était la fin"? Ce qui pourrait suggérer qu'on ne serait pas plus androgyne à la "fin" qu'au "début"...

Théo d'Or

Re: L’adam créé mâle et femelle

Publié : ven. 14 mars 2014, 15:23
par James
Bonjour Théo d'Or,

Effectivement, homme et femme ont pour objectif de ne former plus qu'un, comme il est écrit :

- en Gn 2 :
24. C'est pourquoi l'homme quitte son père et sa mère et s'attache à sa femme, et ils deviennent une seule chair.
- en Mt 19 :
3. Des Pharisiens s'approchèrent de lui et lui dirent, pour le mettre à l'épreuve : « Est-il permis de répudier sa femme pour n'importe quel motif ? »
4. Il répondit : « N'avez-vous pas lu que le Créateur, dès l'origine, les fit homme et femme,
5. et qu'il a dit : Ainsi donc l'homme quittera son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et les deux ne feront qu'une seule chair ?
6. Ainsi ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Eh bien ! ce que Dieu a uni, l'homme ne doit point le séparer. » -
7. « Pourquoi donc, lui disent-ils, Moïse a-t-il prescrit de donner un acte de divorce quand on répudie ? » -
8. « C'est, leur dit-il, en raison de votre dureté de cœur que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; mais dès l'origine il n'en fut pas ainsi.
Ici bas, dans la chair, un couple ne forme donc plus qu'un, mais pas dans l'esprit!
Ici bas, dans l'esprit, l'homme et la femme sont nettement différenciés parce que destinés à ne former individuellement qu'un avec le Christ comme il est écrit en 1 Corinthiens 6 :
17. Celui qui s'unit au Seigneur, au contraire, n'est avec lui qu'un seul esprit.
Dans la résurrection, nous ne ressuscitons pas par couple mais Dieu nous donne un corps glorifié spirituel (donc en lien avec la réalité de l'esprit).
On peut penser que Dieu nous complète en ce sens qu'il nous débarrasse de nos attributs sexuels mais aussi de notre besoin mental d'altérité qui nous pousse à chercher un "vis-à-vis" comme le laissent penser les paroles de Jésus en Mt 22 :
23. Ce jour-là, des Sadducéens, gens qui disent qu'il n'y a pas de résurrection, s'approchèrent de lui et l'interrogèrent en disant :
24. « Maître, Moïse a dit : Si quelqu'un meurt sans avoir d'enfants, son frère épousera la femme, sa belle-sœur, et suscitera une postérité à son frère.
25. Or il y avait chez nous sept frères. Le premier se maria, puis mourut sans postérité, laissant sa femme à son frère.
26. Pareillement le deuxième, puis le troisième, jusqu'au septième.
27. Finalement, après eux tous, la femme mourut.
28. A la résurrection, duquel des sept sera-t-elle donc la femme ? Car tous l'auront eue. »
29. Jésus leur répondit : « Vous êtes dans l'erreur, en ne connaissant ni les Écritures ni la puissance de Dieu.
30. A la résurrection, en effet, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans le ciel.
Ce que nous serons est comparé aux anges, qui n'ont pas de sexe.
De plus, quelle serait l'utilité de conserver des attributs sexuels si nous ne pouvons plus prendre ni homme ni femme?
Enfin, il est dit que Dieu nous transformera et je pense que ce sera pour faire de nous des êtres individuels "parfaits" (au sens que nous serons débarrassés de tout manque) et pleinement tournés vers Dieu, comme le sont les anges. Je n'y vois pas là de fusion de personnalités d'un couple marié... Sinon quel serait le devenir de ceux qui sont restés célibataires? Notre réalité concrète ici bas est d'être soumis à nos besoins naturels vitaux, sexuels, mentaux et spirituels chacun à sa mesure, mais la réalité à venir en tant que ressuscité doit à mon sens gommer les 2 premiers de ces 4 besoins et une bonne partie du 3e...

Les questions qui peuvent venir après c'est :
- dans quelle mesure notre personnalité, qui fait de nous ce que nous sommes, sera modifiée?
- Pourrons-nous encore parler d' "ich" et d' "icha" à quelque niveau que ce soit après cela?

Le début (la Genèse) est clair en ce qui concerne la distinction sexuelle, comme je l'ai montré précédemment, mais la fin est plus qu'incertaine...

Re: L’adam créé mâle et femelle

Publié : sam. 15 mars 2014, 8:27
par Théo d'Or
James a écrit :
Les questions qui peuvent venir après c'est :
- dans quelle mesure notre personnalité, qui fait de nous ce que nous sommes, sera modifiée?
- Pourrons-nous encore parler d' "ich" et d' "icha" à quelque niveau que ce soit après cela?

Le début (la Genèse) est clair en ce qui concerne la distinction sexuelle, comme je l'ai montré précédemment, mais la fin est plus qu'incertaine...
Plusieurs questions se posent en réalité:

1) Dans la Genèse, il est question d'un paradis où Dieu semble avoir estimé bon que l'Adam mâle et femelle ne soit pas seul et donc, qu'il soit en quelque sorte polarisé pour conscientiser la nécessité de la complémentarité pour être (pro)(co)créateur. Ça se greffe sur une réalité biologique déjà existante: la sexuation. Il est dit que lorsqu'il furent chassés du paradis après la chute, ils se virent nus et ressentirent le besoin de se cacher, comme si la réalité biologique avait pris le pas sur la réalité spirituelle... Comme s'ils étaient en partie ravalés au rang de l'animal en somme.

2) En même temps, dans ce paradis de la Genèse, le fait est bien là: la polarisation "altérisante" et créatrice est bien greffée sur une réalité biologique, visiblement assez harmonieuse d'ailleurs puisqu'ils n'avaient même pas à craindre le lion, ayant reçu un "pouvoir" sur le reste de la création. Ils étaient donc sexués, mais c'est comme si la dimension polaire était primordiale sur la façon dont elle s'exprimait, c'est à dire inscrite dans la réalité biologique et sexuelle.

3) Du paradis perdu au paradis retrouvé, pourquoi les choses seraient-elles différentes que dans la Genèse? On sait juste une chose: dans le premier, le choix est proposé et dans le second, le choix est fait. Mais on sait que dans tous les cas, il n'est pas bon que l'Adam mâle et femelle (ou polarisé, pour penser de façon plus spirituelle) reste seul. De là, deux solutions spirituelles me paraissent possibles: soit on passe d'une polarisation homme-femme à l'image de Dieu à une polarisation humain-divin, soit on garde une polarisation humaine (éventuellement homme-femme donc) qui se couple à une polarisation humain-divin. Cette dernière correspond à la situation de choix qui était présente dans le paradis de la genèse et donc contient potentiellement les germes de la chute qui s'est opérée dans la Genèse. A la différence que les humains auront fait le choix de ne pas vouloir Le surpasser et accepté la part inconnaissable du Grand Autre (qui devient du coup partie intégrante de leur être, tout en en restant discriminé). C'est là que ça se complique: quand on ferme un choix, est-ce que cela veut dire que toutes les autres potentialités disparaissent? Un choix ne reste-t-il pas un choix à condition que les autres potentialités continuent d'exister? Est-ce que le choix peut être à la fois fait et rester ouvert de tout éternité, pour acter le choix, justement?

4) Une image de trinité en abîme peut être sympa, mais ce n'est là qu'une idée. Je m'explique: Dieu est UN en trois "personnes", ce qui fait penser au couple humain créé à son image, c'est à dire UN adam en trois instances: deux polarités différentes et ce qui les réunit en permettant de se compléter. La trinité en abîme, ce serait que le UN de Dieu soit le LIEN des deux polarités humaines... En allant encore un peu plus loin, ça pourrait entraîner une création permanente MAIS... Quelle type de création? De nouveaux venus qui devraient "à nouveau" faire le chemin du choix? Par ailleurs, il reste le "problème" des anges (puisqu'on est censés devenir comme tels)... On dit qu'ils n'ont pas de sexe... Mais sont-ils polarisés comme l'humain à l'image de Dieu? Ce n'est pas très clair, mais ce qu'on sait c'est qu'ils ont également eu le choix puisqu’il y a des anges déchus.

5) Il reste un dernier "problème" (les autres n'étant pas forcément résolus), déjà soulevé dans le passé avec l'histoire de la femme et ses sept maris successifs. Si l’Adam reste polarisé (voire sexué si la polarisation se manifeste ainsi), laquelle de ses épouses (ou même de ses non-épouses s'il a été célibataire) serait son complément dans le monde à venir? A moins qu'on puisse créer des trinités à l'infini, ce qui peut sembler devenir une "partouze" spirituelle (entre guillemets, puisqu'il est question avant tout de la polarisation et pas de sa manifestation, qui a pris une drôle d'allure après la Chute). Bref, avec de l'imagination, on peut aller loin et comme je ne m'y connais pas bien en matière d'anges...

6) Pour résumer, on pourrait poser une question simple: comment la conjugalité terrestre (ou plus largement la nature polaire de l’Adam mâle et femelle), qui semble une bénédiction divine par la nécessaire ouverture à l'Autre, pourrait-elle disparaître si elle sert de support depuis la création à l'ouverture au Grand Autre?

7) Il y a aussi un élément important: la notion d'espace-temps. L'évolution s'inscrit dans le temps et dans l'espace. Mais le Divin est hors de ces contraintes. L'insufflation divine humanisante semble également se situer hors de celles-ci. Il semble aussi que la donnée temps ne soit apparue véritablement comme contrainte qu'après la Chute (besoin de se couvrir, d'anticiper le moment qui va suivre), ce qui peut sembler paradoxal avec l'idée de l'évolution. En même temps, soyons fous, pourquoi ne pas imaginer, en l'absolu, une évolution sans la contrainte espace-temps, qui n'apparaitrait que lorsque l'être humain se sépare/ se décale de ce qui l'a vu devenir "être" par une obsession de maîtriser l'Autre/ce qui lui est extérieur et complémentaire. Hors du temps, tous les organismes conservent dans le présent chaque stade de l'évolution, comme s'ils pouvaient tous avoir lieu en même temps. De là, on peut envisager que le début et la fin sont mêlés de "tous temps" et que le récit de nos origines est aussi celui de notre finalité. C'est bien pour cela que je pose toutes les questions ci-dessus.

8) On sait aussi qu'il y a un mystère qu'on ne peut pénétrer qu'en lui conservant sa nature de mystère.

Bonne journée,

Théo d'Or

Re: L’adam créé mâle et femelle

Publié : dim. 16 mars 2014, 17:35
par Théo d'Or
Petite remarque en passant:

Quand je parle, je n'oublie jamais ceci:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Hermaphrodisme (voir hermaphrodisme vrai)

Et cela:

http://www.gentside.com/insolite/etats- ... 43682.html (deux personnes partageant un sexe)

Cordialement,

Théo d'Or

Re: L’adam créé mâle et femelle

Publié : mar. 01 avr. 2014, 18:39
par philippe1
Merci Xavi pour votre étude minutieuse sur ce fameux couple, j’ai recopié.
Vous avez raison de souligner les distinguos en premier à faire avec l’article hé qui précède ou non Adam.
Au 2 / 25 la création de l’humain est terminée l’homme et sa femme. HADM V ASTV.
Très important cet article ici et ce et (V) au centre qui comme un fléau de balance permet de comparer le gauche et le droit. En fait nous avons strictement ici une égalité 1 = 1

La côte d'Adam

Publié : mer. 09 mai 2018, 22:17
par Carolus
Fée Violine a écrit :
Cinci a écrit :
lun. 30 avr. 2018, 16:35
Essayons ...

* Il y a la fameuse "côte" d'Adam qui semble toujours représenter une difficulté pour le lecteur.
*La côte : là, plutôt qu'une erreur, c'est la difficulté de comprendre un récit symbolique.
Dans le catéchisme, la fameuse côte d'Adam ne pose aucun problème.
" L’un pour l’autre " – " une unité à deux "

CEC 371 Créés ensemble, l’homme et la femme sont voulus par Dieu l’un pour l’autre. La Parole de Dieu nous le fait entendre par divers traits du texte sacré. " Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Il faut que je lui fasse une aide qui lui soit assortie " (Gn 2, 18). Aucun des animaux ne peut être ce " vis-à-vis " de l’homme (Gn 2, 19-20). La femme que Dieu " façonne " de la côte tirée de l’homme et qu’il amène à l’homme, provoque de la part de l’homme un cri d’admiration, une exclamation d’amour et de communion : " C’est l’os de mes os et la chair de ma chair " (Gn 2, 23). L’homme découvre la femme comme un autre " moi ", de la même humanité.
Adam et Eve sont créés ensemble. Dieu " façonne " la femme d'une côte tirée de l’homme (Adam). La femme est l'os des os et la chair de la chair d'Adam.

Re: Petite liste d'erreurs courantes

Publié : jeu. 10 mai 2018, 10:49
par prisca
Bonjour


J'aimerais vous parler d'Adam.

La côte prélevée pour qu'apparaisse Eve c'est avant sa chute.

Donc en Eden Adam a une compagne et comme tout le monde sait que l'Eden c'est le "jardin du Paradis" nous sommes face à une situation qui nous troublerait presque parce que nous savons par la Bible qu'au Paradis nous serons comme des anges assésuxés donc et à fortiori sans compagne et sans compagnon de ce fait, ou alors ce n'est pas asséxués par dire "comme des anges" c'est être en individualité, c'est ne pas avoir de compagne et compagnon quant au sexe, point de sexe puisqu'il n'y a plus de procréation, sauf qu'il y aura "autre chose" surement parce que les Cantiques de Dieu proclame l'amour et s'il n'y a pas d'amour comment prendre ces versets qui le proclament.

Par conséquent de fil en aiguile, par déductions, on peut arriver à une conclusion qui nous arrangerait : comme les anges, mais la question est : comment sont les anges à part que l'on sait qu'ils n'ont ni femme ni mari ?

Bon revenons à Adam qui lui a une compagne, il n'est donc pas un ange.

Comme Adam entre dans un cycle reproductif la femme est issue de lui, lui qui est le tronc, l'organe reproducteur mâle, son bourgeon, lui est féminin et sa côte représente l'excroissance féminine qui donne naissance à sa pérénité de l'espèce "humaine".

Mais avant au Ciel puisque "dans le jardin du Paradis, soit l'Eden" il y a des gens qui sont en couple et qui ont des enfants ? Il faut le croire puisque la Bible le dit, et ces gens vivent avec aucun libre arbitre, ils sont donc moins bien lotis que sur terre où il y a le libre arbitre.

Par conséquent dans le classement nous avons

au plus bas : "le jardin d'Eden" puisque interdiction de toucher au Fruit de l'arbre de la Connaissance

au milieu : la terre où il n'est pas interdit de toucher à la Connaissance, mais je dirais à nos risques et péril, c'est le libre arbitre, la liberté donnant à l'individu un sentiment de complaisance, qu'en Eden il n'y en a pas, donc tout dépend comment vous voyez la liberté comme un bienfait je pense, quant à la privation de liberté "un enfer" ?

Oui "un enfer" pire que la terre, le Paradis est le Paradis mais l'Eden est l'Eden.

Re: La côte d'Adam

Publié : jeu. 10 mai 2018, 19:57
par Cinci
Carolus a écrit :
Dans le catéchisme, la fameuse côte d'Adam ne pose aucun problème.
Si vous le dites ...

Personnellement, je trouve le texte obscur. Je parle du texte de la Bible. Je soupçonne un problème de traduction ou une sorte de perte sur le plan symbolique, peut-être dû au fait que nous méconnaissons des aspects de la culture de celui qui a gravé le passage. Je sens une embrouille.

Re: La côte d'Adam

Publié : jeu. 10 mai 2018, 20:16
par gerardh
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Bonjour,

Il est à noter que la côte se situe dans la poitrine, symbole de la puissance ainsi que près du cœur symbole des affections et de l'amour.

En même temps nous avons là le mystère de l'Église, épouse d'un Christ entré dans le sommeil de la mort et qu'Il reçoit maintenant de la main de Dieu pour la nourrir et la chérir (Éph. 5:29…). «Ce mystère est grand» s’écrie l’apôtre : «nous sommes membres de son corps, de sa chair et de ses os». « Source : chaque jour les Ecritures, par Jean Koechlin)

___

Re: La côte d'Adam

Publié : jeu. 10 mai 2018, 20:23
par prisca
Cinci a écrit :
jeu. 10 mai 2018, 19:57
nous méconnaissons des aspects de la culture de celui qui a gravé le passage. Je sens une embrouille.
Je ne comprends pas, vous voulez dire que la Genèse un homme l'a écrite ?

Re: La côte d'Adam

Publié : jeu. 10 mai 2018, 21:36
par Carolus
Cinci a écrit :Cinci :

Personnellement, je trouve le texte obscur. Je parle du texte de la Bible. Je soupçonne un problème de traduction ou une sorte de perte sur le plan symbolique, peut-être dû au fait que nous méconnaissons des aspects de la culture de celui qui a gravé le passage. Je sens une embrouille.
Cher Cinci, vous trouvez le texte obscur. Vous parlez du texte de la Bible.
Gn 2, 21-23 Alors Yahweh Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit, et il prit une de ses côtes et referma la chair à sa place. De la côte qu'il avait prise de l'homme, Yahweh Dieu forma une femme, et il l'amena à l'homme. Et l'homme dit: " Celle-ci cette fois est os de mes os et chair de ma chair! Celle-ci sera appelée femme, parce qu'elle a été prise de l'homme. "
Selon le texte biblique, Dieu prit une côte d'Adam dont il forma une femme. Ce texte n'est pas obscur.
1 Co 11, 8 En effet, l'homme n'a pas été tiré de la femme, mais la femme de l'homme
Saint Paul comprend très bien que la femme est formée à partir d'une côte d'Adam et le catéchisme comprend ce passage de la même manière :
CEC 371 La femme que Dieu " façonne " de la côte tirée de l’homme et qu’il amène à l’homme, provoque de la part de l’homme un cri d’admiration, une exclamation d’amour et de communion : " C’est l’os de mes os et la chair de ma chair " (Gn 2, 23).
La femme a été tirée de l'homme.

Re: La côte d'Adam

Publié : jeu. 10 mai 2018, 23:21
par Cinci
Prisca a écrit :
Je ne comprends pas, vous voulez dire que la Genèse un homme l'a écrite ?
Bien sûr.

Re: La côte d'Adam

Publié : ven. 11 mai 2018, 17:54
par Carolus
Cinci a écrit :Cinci :
Je soupçonne un problème de traduction ou une sorte de perte sur le plan symbolique, peut-être dû au fait que nous méconnaissons des aspects de la culture de celui qui a gravé le passage. Je sens une embrouille.
Y a-t-il un problème de traduction, cher Cinci ?
Gn 2, 21-22 Alors Yahweh Dieu fit tomber un profond sommeil sur l'homme, qui s'endormit, et il prit une de ses côtes [צְלָעֹת = tsela] et referma la chair à sa place. De la côte [צְלָעֹת = tsela] qu'il avait prise de l'homme, Yahweh Dieu forma une femme, et il l'amena à l'homme.
Le mot hébreu "צְלָעֹת = tsela" a d'autres définitions.
Ex 25, 12 Tu fondras pour elle quatre anneaux d'or, que tu mettras à ses quatre pieds, deux anneaux d'un côté [צְלָעֹת = tsela] et deux anneaux de l'autre [côté].
Le mot hébreu "צְלָעֹת = tsela" peut signifier "côté."
1 R 6, 5 Il bâtit, contre la muraille de la maison, des étages autour des murs de la maison, autour du Lieu saint et du Lieu très saint, et il fit des chambres latérales [צְלָעֹת = tsela] tout autour.
Le mot hébreu "צְלָעֹת = tsela" peut signifier "chambre latérale."
1 R 6, 15 Il revêtit intérieurement les murs de la maison de planches [צְלָעֹת = tsela] de cèdre
Le mot hébreu "צְלָעֹת = tsela" peut aussi signifier "planche."

On peut donc choisir entre les définitions suivantes : côte, côté, chambre latérale et planche. Le contexte suggère que la définition "côte" est la bonne.

Le catéchisme (CEC 371) confirme que Dieu " façonne " la femme d'une côte tirée de l’homme (Adam).