La côte d'Adam

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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Xavi
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L’homme masculin créé d’abord, et la femme ensuite ?

Message non lu par Xavi » sam. 25 août 2012, 14:31

Je souhaite ouvrir ici un sujet difficile qui demandera probablement plusieurs messages et devra s’élaborer en s’adaptant aux éventuelles réactions.

L’homme masculin créé d’abord, et la femme ensuite ?

St Paul s’exprime avec beaucoup de force : « Pendant l’instruction, la femme doit garder le silence, avec une entière soumission.
Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de faire la loi à l’homme. Qu’elle demeure dans le silence.
Car Adam en effet a été formé le premier, Eve ensuite.
Et ce n’est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression.
Elle sera néanmoins sauvée en devenant mère, à condition de persévérer avec modestie dans la foi, dans l’amour, et dans la sainteté. » (1 Tim, 2, 11-15).

Bigre… !

« Le chef de tout homme c’est le Christ, ; le chef de la femme, c’est l’homme…
Si donc une femme n’est pas voilée, qu’elle se coupe aussi les cheveux. Mais, si c’est une honte pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou d’être rasée, qu’elle mette un voile.
L’homme ne doit pas se couvrir la tête, parce qu’il est l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme.
En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l’homme, et ce n’est pas l’homme, bien sûr, qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme » (1 Cor. 11, 6-9).

Et s’y rattachent d’autres passages des écrits de St Paul prescrivant des comportements spécifiques pour les femmes :

« Femmes, que chacune soit soumise à son mari, comme au Seigneur, car le mari est le chef de sa femme comme le Christ est le chef de l’Eglise qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l’Eglise est soumise au Christ, les femmes aussi donc et de la même manière doivent se soumettre en tout à leurs maris » (Eph., 5, 22-24)

Mais, St Paul précise cependant une importante nuance qui doit être considérée pour comprendre correctement ses propos très choquants à notre époque :

« Toutefois, dans le Seigneur, la femme n’est point sans l’homme, ni l’homme sans la femme. Car, de même que la femme a été tirée de l’homme, de même l’homme existe par la femme, et tout vient de Dieu » (1 Cor, 11, 11-12).

Et il ajoute : « Si quelqu’un se plaît à contester, nous n’avons pas cette habitude, pas plus que les Eglises de Dieu » (1 Cor. 11, 16).

Dans ces conditions, l’Eglise situe les paroles de Saint Paul dans leur contexte culturel et pastoral.

Il ne faut pas confondre la réalité « dans le Seigneur » avec la réalité terrestre et culturelle à laquelle l’Eglise cherche à s’adapter en évitant de vaines contestations.

Ce qui compte, c’est de ne pas contester vainement, au détriment de l’annonce de l’Evangile, les pratiques en vigueur dans une société d’un intérêt secondaire.

Certains des arguments de St Paul le confirment lorsqu’ils présentent des évidences qui n’existent plus à notre époque.

Ainsi, lorsqu’il écrit que « si c’est une honte pour une femme d’avoir les cheveux coupés ou tondus, qu’elle mette un voile » (1 Co, 11, 6), il faut constater qu’une telle honte a disparu dans notre société et que la condition qu’il indique n’est donc plus remplie.

Ou encore : « Jugez-en par vous-mêmes. Est-il convenable que la femme prie Dieu la tête découverte ? » (1 Co 11, 13). Il faut bien constater que cela paraît tout-à-fait convenable à notre époque.

Ou encore : « La nature elle-même ne vous enseigne-t-elle pas que c’est une honte pour l’homme de porter les cheveux longs ? » (1 Co 11, 14). Qui prétend encore aujourd’hui trouver un tel enseignement dans la nature ? Vincent Lebbe, dont la photo me sert de profil, portait une longue tresse de cheveux pour se faire chinois parmi les chinois.

Aujourd’hui, l’Eglise ne confirme pas la place de chef qui était donnée à l’homme masculin. Le pape Jean-Paul II ne l’a pas confirmée dans son encyclique sur les femmes. Le catéchisme n’en dit rien.

Au contraire, l’égalité « parfaite » de l’homme et de la femme est fermement affirmée (CEC n° 369). « Créés ensemble, l’homme et la femme sont voulus par Dieu l’un pour l’autre » et l’affirmation est même répétée avec insistance « L’homme et la femme sont faits « l’un pour l’autre » » (n° 371-372).

La soumission de la femme ne fait pas partie de l’enseignement catholique actuel.

Dans l’encyclique De Mulieris sur les femmes (1988), le pape Jean-Paul II s’exprime sans ambiguïté : « tandis que dans la relation Christ-Eglise, la seule soumission est celle de l’Eglise, dans la relation mari-femme la « soumission » n’est pas unilatérale mais réciproque » (n° 24).

Y a-t-il contradiction ? Non !

L’Eglise conserve sans défaillance la parfaite égalité de l’homme et de la femme « dans le Seigneur » indiquée par St Paul lui-même, ce qui ne change pas, et constate que St Paul situe son enseignement différencié selon les sexes sur des bases culturelles par rapport à un contexte terrestre, ce qui change selon le temps et le lieu.

Pas plus que les apôtres ne se sont sentis liés par les commandements de l’Ancien Testament, l’Eglise ne se sent pas liée par des commandements du Nouveau Testament lorsque ceux-ci ont perdu leur actualité à cause du contexte dans lequel ils étaient ordonnés.

A cet égard, les textes de St Paul sur la condition de la femme deviennent surtout, à notre époque, des références adéquates pour mieux comprendre les règles d’interprétation de l’Ecriture, pour comprendre les limites du sens littéral des textes sacrés et la nécessité de les comprendre en Eglise.

Le récit de la création est invoqué par St Paul comme une image biblique pertinente dans un contexte culturel. Il n’est pas justifié d’en déduire nécessairement une théologie de la création, ni un sens littéral exclusif de toute autre compréhension.

St Paul a utilisé le récit de la Genèse, tel qu’il était compris par ses interlocuteurs, pour en déduire une image et un argument dans un but pastoral et dans un contexte qui n’est plus le nôtre, mais il serait erroné d’en déduire une interprétation théologique exclusive du récit de la Genèse lui-même.

Mais, les arguments bibliques subsistent : « Adam en effet a été formé le premier, Eve ensuite.
Et ce n’est pas Adam qui se laissa séduire, mais la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression » et «l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l’homme, et ce n’est pas l’homme, bien sûr, qui a été créé pour la femme, mais la femme pour l’homme ».

Adam a-t-il vraiment été formé le premier ? Eve seulement ensuite ?
Eve a-t-elle été créée pour Adam et pas l’inverse ?
Eve a-t-elle été tirée d’Adam et pas l’inverse ?
Adam ne s’est-il pas laissé séduire autant que Eve, a-t-il été moins coupable ?

La réponse peut être oui à toutes ces questions et St Paul a pu s’en inspirer.

Mais, car il y a un mais, la réalité est beaucoup plus riche que cette réponse sommaire et amène non seulement des nuances mais peut même aboutir à un renversement complet du raisonnement qui voudrait en déduire une supériorité de l’homme masculin.

Pour régler une question pratique dans la réalité superficielle de la société, St Paul s’est référé à la réalité superficielle du récit d’Adam et Eve. Il ne faut en déduire ni un enseignement fixant pour tous les temps et toutes les situations les comportements des humains selon leur sexe, ni l’existence d’une réalité plus profonde dans la réalité historique que nous relate la Genèse.

Le récit biblique d’Adam et Eve, c’est une explication imagée qui a été écrite après le péché originel et qui utilise la différence sexuée après la chute pour expliquer la création avant la chute et la chute elle-même.

Oui, il y a bien eu un premier couple humain, deux êtres de sexes différents que la Bible a nommé Adam et Eve.

Mais, attention : ce qui est attribué distinctement à Adam ou à Eve n’est pas nécessairement exclusif d’une réalité vécue tant par l’un que par l’autre. Si Adam fait ceci, cela ne signifie pas nécessairement que Eve ne le fait pas. Et inversement. Ils ont pu faire ou vivre ensemble ou réciproquement ce que le récit attribue à l’un d’eux.

C’est pourquoi le catéchisme peut affirmer fermement qu’ils ont été « voulus » et « faits » « l’un pour l’autre », « ensemble », dans une « parfaite égalité ».

Acceptons de ne pas lire la Genèse uniquement au premier degré lorsqu’elle nous parle d’Adam et Eve, les deux premiers humains dotés d’une âme immortelle.

Cette lecture n’exclut pas nécessairement un enseignement plus profond, ni le fait que, dans la réalité sexuée de l’humanité qui existait lors de l’élaboration de la Genèse, le premier homme et la première femme aient été pu être considérés comme des images pertinentes pour révéler une réalité historique plus profonde.

Dans la création de l’humanité racontée par le récit de la Genèse, Adam est formé le premier. C’est de lui que Eve est tirée. Oui, mais les deux perspectives sont différentes : Adam n’est considéré que dans sa réalité terrestre et seul. Son nom n’évoque que l’adamah (le sol). Par Eve, c’est la présence de l’autre, la communion à l’image de Dieu qui est introduite. Son nom évoque la vie.

Oui, la réalité terrestre est façonnée avant que des âmes immortelles à l’image de Dieu ne soient créées. Les plantes et les animaux sont-ils supérieurs aux humains parce qu’ils ont été créés en premier ? Non, bien sûr.

Un être tiré d’un autre qui fait surgir une communion d’amour, à l’image de la Trinité du Père, du Fils et de l’Esprit, est-il inférieur à un être seul et uniquement terrestre dont il est tiré ? Les plantes et les animaux sont-ils supérieurs aux humains parce que ceux-ci proviennent biologiquement d’êtres semblables à des végétaux puis à des animaux dans la longue lignée de milliards d’années qui a précédé l’apparition des humains sur la terre ?

Celui qui complète un être incomplet est-il inférieur à celui qu’il complète. Ce qui est ajouté n’est-il pas supérieur à ce qu’il complète ?

Et, même par rapport au récit du péché originel, celui qui a pris la responsabilité d’une action n’est-il pas plus important que celui qui n’a fait que suivre ? N’est-ce pas le supérieur qui décide et le subordonné qui suit ?

Oublions un instant le premier degré de compréhension pour considérer le début de la Genèse au delà de la différence des genres que nous connaissons aujourd’hui.

Gn 1, 27 : Dieu créa le terrien (l’adame) à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’être masculin et l’être féminin.

Gn 5, 2 : Il nomma « adam » (« terrien ») l’être masculin et l’être féminin lorsqu’ils furent créés.

Ne l’oublions pas : tant l’homme masculin que le femme sont nommés « adam » !

En les appelant « adam », uniquement par ce qui, dans leur être, vient du sol terrestre (l’adamah), Dieu atteste de leur liberté, de leur autonomie par rapport à lui. Ils sont essentiellement une créature distincte de Lui. La capacité de partager la vie de Dieu, la vie spirituelle dont les humains sont dotés et qui les relie à Dieu n’est pas considérée dans leur nom. Ils peuvent librement s’en détacher, ce qu’ils vont d’ailleurs faire.

Ils peuvent être seulement des adames, vivant seulement dans le terrestre mortel.

La participation à la vie de Dieu est un don, une grâce, pas une nécessité, ni une contrainte. Elle peut être refusée. Ils sont des adames, des terrestres. Ils ont une possibilité d’être plus. Ils sont capables de Dieu.

Gn 2, 8 : Dieu planta un jardin en eden et il y mit le terrien.

Le mot « eden » signifie base, socle, piédestal, force de soutien. Il provient du mot « adown » qui signifie seigneur, maître. Eden signifie aussi plaisir, délices, précieux, et vient du mot « adan » qui signifie « vivre dans l’abondance, faire ses délices de ».

L’Eden paraît ainsi comme la réalité ou le monde de Dieu, la réalité spirituelle de Dieu.

Dans ce monde spirituel qui est de toute éternité, Dieu plante un jardin. Le mot hébreu « gan », traduit par jardin, évoque un endroit clos, limité, restreint. Ce jardin ne remplit pas tout le spirituel. Son intégration est limitée. C’est comme un endroit clos, autonome, dans un endroit plus vaste.

Le mot « gan » vient du verbe « ganan » qui signifie protéger, garder, défendre, entourer, couvrir.

Le mot indique ainsi toute la fragilité de ce qui est planté et toute la protection divine.

La réalité spirituelle dans laquelle le terrien est mis ne l’étouffe pas, ne l’enferme pas. C’est délicieux, mais c’est restreint, cela n’envahit pas le terrien, ne le contraint pas. Il peut exister en dehors de ce jardin.

Le jardin ne se confond pas avec l’Eden. Il est planté dans l’Eden.

Il ressemble à une intersection de deux ensembles mathématiques, cette partie commune qui fait partie intégrante de deux ensembles distincts. Le jardin d’Eden est pleinement terrestre, mais aussi pleinement spirituel.

C’est dans ce jardin que le terrien est mis, dans la réalité spirituelle autant que dans la réalité terrestre.

Mais, le seul fait de placer un terrien dans la réalité spirituelle n’en fait pas encore nécessairement une âme immortelle capable de communion éternelle avec Dieu.

Il faut encore que cet être terrien devienne un être spirituel capable de partager la vie de Dieu et même de permettre à Dieu de partager et d’assumer l’être terrien, ce qui se réalisera plus tard lors de l’incarnation.

Rien de terrestre, pas même l’intelligence du terrien ne peut produire cette transformation ou y participer. Elle ne peut venir du terrien que par une action de Dieu.

Dieu va tirer de l’être terrien un être spirituel, sans participation de l’intelligence du terrien, mais dans un sommeil mystérieux.

Voilà le moment décisif de la création de l’humanité à l’image de Dieu.

L’être terrien va découvrir une communion avec un autre semblable à lui, s’exclamer, dans un éblouissement. L’être terrien (l’adame) découvre l’être spirituel (l’ishsha tiré de lui).

C’est l’homme et le femme. Soit. Mais, n’est-ce pas aussi la femme et l’homme ? N’est-ce pas aussi deux réalités de chaque être humain créé à l’image de Dieu qui est, en même temps, être terrien et être spirituel ?

L’adame qui s’exclame est, rappelons-nous, être masculin autant qu’être féminin (Gn 5, 2).

L’un n’est pas moins ébloui que l’autre. L’un ne parle pas moins que l’autre. L’un comme l’autre sont des êtres terriens qui découvrent l’être spirituel. L’un et l’autre quittent père et mère. L’un et l’autre s’attachent à l’autre pour être une seule chair.

L’être terrien qui découvre l’être spirituel, cela se passe aussi dans une même personne et réciproquement entre deux personnes. La chair est aussi une dans sa double réalité terrienne et spirituelle. Chacun est pour l’autre l’être spirituel autant que l’être terrien.

Tant l’être terrien que l’être spirituel sont sans vêtement protecteur, en harmonie entre eux, entre le terrestre et le spirituel. Ce n’est pas seulement Adam et Eve qui sont nus, c’est aussi, en chacun d’eux et en présence de l’autre, tant l’être terrien que l’être spirituel qui sont nus.

Et, au cœur du jardin d’Eden, est-ce seulement une femme qui s’empare du fruit de l’arbre de la connaissance ?

N’est-elle pas aussi, et même surtout, l’image de l’être spirituel qui s’empare du fruit pour le donner à l’être terrien ?

Le serpent, la plus intelligente des créatures, n’est-ce pas aussi, voire surtout, l’image de l’être cérébral, rationnel, qui existe au cœur de l’être, à la croisée de l’être terrien et de l’être spirituel en tout être humain ?

La connaissance par l’intelligence terrestre rencontre la connaissance par la communion spirituelle dans l’amour.

C’est une réalité pour tout être humain. C’était une réalité tant pour le premier être humain masculin que pour le premier être humain féminin.

L’esprit de l’humain, son être spirituel, va être corrompu par son choix de l’accès à la connaissance par son être rationnel. Et le fruit saisi va être donné à son être terrien et le corrompre à son tour.

Cela s’est passé en Adam. Cela s’est passé en Eve. Le péché originel est commis ensemble par le premier couple humain.

Et désormais, l’accès au jardin d’Eden n’est plus possible, car ce jardin n’est pas seulement dans la réalité matérielle, mais est aussi dans la réalité spirituelle de Dieu où rien ne peut être sans communion d’amour en Dieu.

Désormais, ce n’est plus l’être spirituel qui conduit l’être terrien et lui permet de gouverner toute la création, c’est l’être terrien qui domine l’être spirituel. « Ta convoitise te poussera vers ton « ish » et lui dominera sur toi » (Gn 3, 16).

La domination de la femme par l’homme masculin n’est-elle pas une image, tirée de la réalité concrète qui existait à l’époque des auteurs de la Genèse, pour exprimer la réalité des effets du péché originel, la domination du terrien sur le spirituel ?

Il y a bien eu un premier couple originel formé par un adame de sexe masculin et un adame de sexe féminin. C’est ensemble, l’un par l’autre, qu’ils ont été créés à l’image de Dieu, dans une communion d’amour. Ils sont devenus spirituels et immortels avec leurs corps matériels, dans une harmonie parfaite.

C’est encore et toujours ensemble, dans une mystérieux mélange de liberté et de communion avec Dieu, qu’ils ont choisi de suivre leur intelligence créée plutôt que leur communion avec Dieu.

C’est cela aussi que nous pouvons découvrir dans le récit de la création et du péché originel de la Genèse.

Cette lecture n’exclut pas les autres.

Elle peut même paraître orientée, rationnelle, mathématique. Froide comme la connaissance par l’être rationnel que le serpent représente. Une tentative de démonstration cérébrale qui peut être détruite par une autre et ne présente aucune garantie de vérité.

Une connaissance vaine. Pire, une reproduction du péché originel par une tentative de connaître le mystère de la création par la raison plutôt que par l’esprit.

Il n’y a pas d’autre connaissance véritable que celle qui est reçue en communion, par l’Esprit Saint.

Alors, la présente réflexion n’est-elle qu’un message justificateur, qui essaie de rattraper les écrits irritants de St Paul par de savants raisonnements plaqués comme de la pommade sur une plaie ?

Faut-il tout jeter à la poubelle ?

Non. La raison a certes ses limites. Mais, nous vivons sous l’effet du péché originel et c’est dans cette condition que Dieu vient nous sauver et qu’il nous faut vivre, réfléchir et nous convertir. La raison peut dégager des ouvertures dans la pensée et dans les cœurs. Mais, seul l’Esprit et la communion avec Dieu nous permettra un jour de connaître véritablement.

Darwin nous demande de revoir sérieusement les bases de notre foi. Si nous voulons annoncer de manière crédible une incarnation de Dieu dans un corps d’humain, nous devons pouvoir annoncer la création d’un homme dans l’histoire concrète du monde dans lequel les hominidés n’ont pas toujours existé.

Dans un monde où le féminisme paraît comme un iceberg qui exprime une profonde souffrance cachée de beaucoup de femmes, cette création doit pouvoir être racontée d’une manière attentive et respectueuse de tous les humains, sans dévaloriser les femmes.

Notre compréhension de la Genèse ne peut l’ignorer.

Cela stimule ma réflexion et mes messages sur la Genèse.

Epsilon
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Re: L’homme masculin créé d’abord, et la femme ensuite ?

Message non lu par Epsilon » dim. 26 août 2012, 13:39

Cher Xavi

Juste un mot … pour alimenter votre réflexion :cool:

Il y a une différence entre « adam/homme » de Gn (2,7) ou là nous retrouvons bien l’étymologie du mot … et Adam/Homme sans article de Gn (5,2) qui est ici un nom propre … donc ce que vous dites : « Gn 5, 2 : Il nomma « adam » (« terrien ») l’être masculin et l’être féminin lorsqu’ils furent créés » n’est pas juste … « terrien » (pour reprendre votre expréssion) n’a rien à voir ici … l’analogie serait plus à prendre par exemple : Eve étant la femme d’Adam se nomme Adam (née Eve).


Cordialement, Epsilon

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Xavi
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Re: L’homme masculin créé d’abord, et la femme ensuite ?

Message non lu par Xavi » dim. 26 août 2012, 19:25

Merci Epsilon pour votre réflexion. Dans notre société, la femme porte, en effet, souvent le nom propre de son mari.

Comment savoir s’il s’agit d’un nom propre ou d’un nom commun ? Souvent les significations se superposent et coexistent sans que rien ne permette d’écarter un sens ou d’imposer exclusivement une interprétation.

Mais, dans Gn 5, 2, les mots (adam, être masculin et être féminin) sont exactement les mêmes que dans Gn 1, 27 où il nous est dit que « l’adam » est créé être masculin et être féminin. Difficile d’y voir un nom propre puisqu’un article est utilisé.

Merci aussi à Antioche pour son message, même s’il ne s’agissait pas d’une réponse mais d’un sujet distinct qui a été fusionné ici.

Méditer la Genèse et particulièrement la création, ce n’est pas de l’archéologie théologique, mais une plongée dans l’actualité, et, notamment, dans les fondements du mariage tellement malmené à notre époque.

L’enseignement de l’Eglise qui n’impose pas une soumission unilatérale dans le couple humain nous renvoie surtout à la soumission importante qui subsiste entre le Christ et l’Eglise.

Dans la société de l’époque des apôtres, la soumission de la femme présentait une image de cette soumission de l’Eglise au Christ.

Mais, ce n’était qu’une image.

L’enseignement de l’Eglise nous invite, surtout en ce dimanche, à ne pas nous laisser troubler par les images, mais à aller plus en profondeur. C’est à l’Esprit Saint que chacun est invité à se soumettre.

Entre les personnes, la vérité, l’image de Dieu dans la création, ce n’est pas la soumission unilatérale de l’un ou de l’autre, c’est la soumission réciproque dans l’amour, la communion.

Retrouvons l’éblouissement de nos premiers parents lorsque « l’autre » est apparu et a suscité une communion d’amour qui a réalisé pleinement l’image de Dieu qui est une trinité d’amour de trois personnes qui ne font qu’un. Croyez-vous que la première femme est restée passive ou inerte dans ce moment incomparable ?

Retrouvons toute l’immense valeur incomparable du mariage qui peut réaliser cette image dans notre vie concrète.

Le mariage indissoluble de l’homme et de la femme est l’image de la communion indissoluble qui existe en Dieu d’abord, et aussi entre le Christ et l’Eglise. Ce n’est que de manière circonstancielle qu’une soumission unilatérale de la femme a aussi pu exprimer, dans certaines cultures, la soumission nécessaire de l’être matériel (le corps, l’Eglise, représenté par la femme) à l’être spirituel (l’esprit en communion avec Dieu, dans le Christ, le nouvel Adam, représenté par l’homme).

Dans la Genèse, c’est d’ailleurs le contraire : c’est la femme qui représente la vie spirituelle, qui est la « vivante » (Eve), la mère (ou la matrice) de tout vivant, et c’est l’homme masculin (l’adam nommé Adam) qui représente le terrestre. C’est l’homme qui se soumet à la femme qui décide de s’emparer du fruit défendu et ce n’est qu’à cause du péché que cette soumission s’inverse, mais, à l’origine, il n’en était pas ainsi.

Dans une culture matriarcale, St Paul aurait pu prêcher que l’homme devait être soumis à sa femme parce qu’à l’origine, la femme est la mère de toute vie. Parce que c’est par elle que l’amour est venu.

Mais, ce qui est essentiel n’est-ce pas que, dans chaque être humain créé, l’image de Dieu, c’est la soumission de l’être terrestre à l’être spirituel qui existe à l’origine, avant la chute. ? Cela vaut pour l’homme comme pour la femme.

Le Christ, vrai Dieu et vrai homme, sans péché, représente parfaitement l’être spirituel créé à l’origine et tous ses miracles ainsi que sa résurrection nous montrent que l’être matériel lui est soumis. Ce n’est pas à l’être rationnel ou cérébral qu’il nous renvoie pour avoir une vraie connaissance, mais à l’Esprit Saint.

L’Eglise qui est son corps (son être visible, matériel) est soumise au Christ (son être spirituel) par l’Esprit Saint (et non par un être cérébral ou rationnel). Mais, il n’y a pas ici des êtres distincts. L’Eglise est le corps du Christ, de manière indivisible, par l’Esprit Saint.

Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus nous dit « C’est l’esprit qui fait vivre ». C’est la première femme, qui a été appelée « Eve », la vivante, parce qu’elle est la mère de tout vivant.

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Re: L’homme masculin créé d’abord, et la femme ensuite ?

Message non lu par Xavi » jeu. 24 janv. 2013, 21:46

Dans le texte de la Genèse, ce n’est pas « Adam » qui donne des noms, mais « l’adame » (« l’humain »), un nom commun précédé d’un article (Gn 2,20). Et la Genèse précise à deux reprises que l’adame (l’humain) est mâle et femelle (Gn 1,27 et Gn 5,2). Tant le mâle que la femelle sont nommés « adam » (Gn 5,2).

Cela ne permet pas d’en déduire que l’homme était à l’origine asexué, « à la fois homme et femme », avant que la femme en soit tirée, ce qui n’est guère compatible avec la sexualité de la vie animale des corps humains.

Le récit de la femme façonnée avec une côte tirée du côté d’Adam ne peut pas être lu sans tenir compte du contexte que la Genèse indique elle-même.

L’événement se produit dans le jardin d’Eden, après que Dieu y ait mis l’humain (l’adame, mâle et femelle).

L’Eden, c’est la réalité de Dieu. Le créateur y a « planté » un jardin (Gn 2,8), un espace d’intégration limité, dans lequel il a mis « l’humain » (Gn 2,15) qui en sera chassé après la faute d’Adam et Eve.

Le jardin d’Eden, ce n’est pas un morceau du Paradis planté à un endroit sur la terre, mais, tout au contraire, une réalité terrestre « plantée » dans le Paradis. Le Paradis, la réalité « spirituelle » de Dieu est indivisible. Mais, Dieu a fait entrer dans son Eden une réalité créée par Lui. Il y a mis l’humain.

Il nous est impossible de nous représenter, avec notre cerveau et notre sensibilité terrestres, tout ce que peut être cette « réalité » de l’Eden. Même la Parole de Dieu ne peut nous en parler qu’avec des images, en utilisant des réalités terrestres que nous pouvons nous représenter.

Mais, le fleuve qui sort de l’Eden, les arbres tirés du sol terrestre, la rencontre d’Adam et Eve, le serpent qui tente, le fruit de la tentation, et les conversations avec Dieu, par lesquels le récit nous raconte l’essentiel de ce qu’a été l’extraordinaire présence de l’humain dans l’Eden de Dieu, ne peuvent être réduits à des réalités uniquement terrestres.

Ce qui était vécu se passait à la fois dans la réalité terrestre, là où vivaient Adam et Eve, et dans la réalité « spirituelle » de Dieu. Hélas, notre cerveau n’est pas capable de comprendre par ses seuls moyens limités la réalité spirituelle des évènements essentiels du jardin d’Eden. Il n’a accès qu’à une représentation imagée qui est la seule possible pour lui.

Il n’est pas convaincant, dans ce contexte, de lire le récit de la femme tirée d’une côte de manière matérielle et terrestre. Nous sommes dans le jardin d’Eden, dans la réalité spirituelle de Dieu L’humain y est mâle et femelle. La rencontre d’Adam et Eve va y être un éblouissement. C’est une femme, Eve (la vivante), la mère de tout vivant, qui va être tirée de l’humain.

L’événement est bien réel. Il s’est produit à un moment bien concret et précis du temps et de l’espace, mais il s’est produit non seulement dans la réalité matérielle que nous pouvons connaître, mais aussi, simultanément, dans la réalité spirituelle de Dieu.

Ce n’est qu’après ce moment, que le récit ne nous parle plus seulement de « l’humain », avec un article indiquant un nom commun indéterminé, mais de deux personnes précises : Adam et Eve, nos premiers ancêtres créés à l’image de Dieu.

Affirmer que la femme (l’être humain féminin) est une partie de l’homme (l’être humain masculin) est certes vrai en ce que chacun de nous provient d’un père masculin et d’une mère féminine. Nous sommes chacun tiré en partie d’une femme et en partie d’un homme.

Mais, considérer que seule la femme serait un produit « dérivé », au contraire de l’homme qui ne le serait pas ne me semble pas justifié, mais ne me semble basé que sur une lecture littérale incorrecte de la Genèse qui a pu faire souffrir injustement beaucoup de femmes.

L’homme masculin (pourtant nommé par une référence à la seule poussière du sol) me semble en avoir parfois tiré bien à tort une prétendue supériorité infondée par rapport à la femme (alors pourtant que la première d’entre elles a été nommée par une référence à la vie elle-même puisque « Eve » veut dire « vivante »).

Vous n’avez pas tort d’écrire que « quand un homme prend une épouse, et si elle est vraiment son épouse, une épouse donnée par Dieu, alors elle sera pour lui tout comme une partie de lui », mais il est tout aussi vrai que « quand une femme prend une époux, et si il est vraiment son époux, un époux donné par Dieu, alors il sera pour elle tout comme une partie d’elle ».

Sur le plan de la réalité terrestre, il est peut-être exact d’affirmer que « Ça faisait déjà des années, et des années, et des années, que Dieu avait arrêté de créer, quand Il a formé la femme à partir d'une côte prise de son côté ». Cela peut être correct en ce sens qu'ill n’y a pas eu création d’une nouvelle matière lors de la création de l’humanité tirée, matériellement, de la poussière préexistante du sol façonnée par une longue évolution.

Mais, le baptême des premiers humains à l’image de Dieu, dans l’Eden de Dieu, dans un « jardin » où la vie terrestre et la vie « spirituelle » de la réalité de Dieu se sont trouvés en harmonie, n’a-t-il pas créé du radicalement neuf ?

La femme qui y a été façonnée n’est-elle pas bien davantage que l’humain femelle qui pouvait provenir d’une création biologique antérieure ? N’a-t-elle pas fait surgir l’amour, la parole et la communion dans le cœur et la vie d’Adam ?

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mike.adoo
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Re: L’homme masculin créé d’abord, et la femme ensuite ?

Message non lu par mike.adoo » ven. 25 janv. 2013, 11:50

Bonjour à tous

@ Epsilon
Vous écrivez : Le mari, malgré les dires de St Paul (I Co 11,3), ne saurait être, de nos jours, le « représentant du Seigneur envers sa femme » … la femme chrétienne peut se trouver (le contraire serait étonnant dans la durée d’un mariage) dans des situations « d’obéir à Dieu et non à son mari » … elle ne doit pas « pécher » par une obéissance aveugle qui serait contraire à la Parole de Dieu.

Si je m'en réfère à la lettre aux Ephésiens citée par Antioche que je reprends ici : Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l’Eglise et s’est livré lui-même pour elle ; il a voulu ainsi la rendre sainte en la purifiant avec l’eau qui lave, et cela par la Parole ; il a voulu se la présenter à lui-même splendide, sans tache ni ride, ni aucun défaut ; il a voulu son Eglise sainte et irréprochable. C’est ainsi que le mari doit aimer sa femme, comme son propre corps. Celui qui aime sa femme, s’aime lui-même. Jamais personne n’a pris sa propre chair en aversion ; au contraire, on la nourrit, on l’entoure d’attention comme le Christ fait pour son Eglise ; ne sommes-nous pas les membres de son corps ? C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne seront qu’une seule chair. ce mystère est de grande portée ; je veux dire qu’il s’applique au Christ et à l’Église ...

Je ne vois pas comment un mari , tel qu'il est décrit , pourrait entraîner sa femme dans le péché . Il est clair que si le mari suit la volonté de Dieu ( c'est ce qui est demandé ) il ne peut logiquement pas pousser sa femme à la faute .

Epsilon
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Re: L’homme masculin créé d’abord, et la femme ensuite ?

Message non lu par Epsilon » ven. 25 janv. 2013, 12:12

mike.adoo a écrit :Il est clair que si le mari suit la volonté de Dieu ( c'est ce qui est demandé ) il ne peut logiquement pas pousser sa femme à la faute .
Tout est une question de "si" ... c'est pour cela, dans la phrase que vous soulignez, j'ai dit : "dans des situations" (ou certaines situations).


Cordialement, Epsilon

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mike.adoo
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Re: L’homme masculin créé d’abord, et la femme ensuite ?

Message non lu par mike.adoo » ven. 25 janv. 2013, 12:32

@ Xavi

Vous citez la lettre aux Ephésiens :« Femmes, que chacune soit soumise à son mari, comme au Seigneur, car le mari est le chef de sa femme comme le Christ est le chef de l’Eglise qui est son corps, et dont il est le Sauveur. Or, de même que l’Eglise est soumise au Christ, les femmes aussi donc et de la même manière doivent se soumettre en tout à leurs maris » (Eph., 5, 22-24)

Vous ajoutez que ces propos sont très choquants à notre époque .

Personnellement , bien que présent dans le 21 ème siècle , et comme je l'ai dit plus haut , la lettre aux Ephésiens ne me choque absolument pas . Ce qui me choque , en revanche , c'est notre conception dite " moderne " du couple dans laquelle ( la conception ) , l'éthique tant de l'homme que de la femme , est très élastique , quand elle ne fait pas carrément défaut .
Ainsi , l'homme " moderne " qui aspire à la liberté , se soumet à des addictions de toutes sortes . De plus , il a horreur de prendre ses responsabilités ; l'effort le rebute ; il ne supporte pas le verbe "assumer " ; il lui arrive même de battre sa femme et parfois de la tuer quand il ne quitte pas tout bonnement le navire .... Que vaut-il donc mieux changer , l'homme ou bien la Lettre ?

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L’adam créé mâle et femelle

Message non lu par Xavi » mer. 08 janv. 2014, 16:32

Nous connaissons tous ce couple nommé « Adam et Eve », mais avez-vous déjà observé que nulle part cette expression ne se retrouve comme telle dans la Genèse qui ne parle jamais d’un couple de deux personnes précises nommées ensemble « Adam et Eve » ?

Au sommet de la généalogie de l’humanité, le chapitre 5 de la Genèse nous présente seulement la descendance de « adam » (Gn 5,1), mais, dans le texte hébreu qui ne contient pas de majuscule, il précise immédiatement que Dieu a créé adam « mâle et femelle ». Et le texte ajoute encore que Dieu « les » nomme « adam » (Gn 5,2). Un seul et même nom désigne ainsi tant le père que la mère de toute l’humanité, tant l’homme masculin que la femme de adam.

Dans les six premiers chapitre de la Genèse qui relatent les débuts de l’humanité jusqu’à Noé, le mot « adam » n’est utilisé comme un nom (sans article) qu’à 13 reprises. Dans 23 citations de ces chapitres, le mot est précédé d’un article : c’est « le » adam (l’adam ou l’adame).

Au début du chapitre 5, le texte hébreu de la Genèse ne parle que de « adam » sans article. C’est « adam » (et non l’adam, l’homme ou l’humain comme on le trouve à tort dans trop de traductions) qui est mâle et femelle. C’est tant le mâle que la femelle qui sont nommés « adam ».

C’est conforme au début de la Genèse qui précise que, dès la création de l’humanité, Dieu crée « adam » (Gn 1,26) en ajoutant aussitôt que « l’adam » (avec un article) est créé mâle et femelle (Gn 1,27). La différence des sexes n’est faite qu’au niveau animal, avec les mots utilisés plus loin pour le mâle et la femelle de chaque couple des animaux qui monteront dans l’arche (Gn 6,19).

Il faut immédiatement préciser que rien ne permet de penser à une personne unique confondant les deux sexes, ce que contredisent tous les détails du récit de la Genèse qui mettent en présence plusieurs personnes tout en mentionnant adam ou l’adam au singulier. Pour un chrétien, cela évoque plutôt, dans le chef d’une création à l’image de Dieu, une référence à Dieu qui est unique en trois personnes, Père, Fils et Esprit Saint.

La créature humaine nouvelle qui est créée « à l’image et à la ressemblance de Dieu » est une comme Dieu est un et plurielle comme Dieu est une pluralité de personnes. L’égalité des personnes de « adam » est aussi parfaite que l’égalité des personnes de Dieu. La différence des personnes créées ne concerne ni leur nature, ni leur substance, mais seulement leur corps biologique mâle ou femelle qui établissent une singularité des personnes sans affecter leur égalité, leur unité et leur harmonie.

Après avoir dit que « adam » est mâle et femelle et que tous deux sont nommés « adam » (Gn 5,2), la généalogie du chapitre 5 de la Genèse nous indique immédiatement que « adam » engendre Seth avec des précisions d’âge et de durée jusqu’à la mort d’adam (Gn 5,3-5).

Aucune mention distincte de Eve.

Cependant, dans le chapitre 4, il y a un premier récit de la naissance de Seth et là, sa mère est nommée : c’est Eve.

Ici, c’est le père masculin qui n’est pas immédiatement nommé. Il nous est d’abord dit que « l’adam » (avec un article) connaît Eve (Gn 4,1) après qu’il ait été indiqué que c’est aussi « l’adam » qui a donné ce nom à la mère de Seth (Gn 3,20).

Mais, ensuite, il nous est précisé que « adam » (sans article) connaît « encore » sa femme qui donne alors naissance à Seth. C’est bien la même qui avait donné naissance à Caïn et Abel, celle qui a été nommée Eve par « l’adam ». Ainsi, Seth est bien le fils d’un homme masculin nommé « Adam » et de sa femme nommée « Eve ».

A priori, dès lors que le texte de la Genèse nous précise clairement à deux reprises que tant le mâle que la femelle de l’adam se nomment « adam » et que ce mot « adam » est le plus souvent utilisé avec un article (contrairement à ce qui est d’usage pour indiquer un individu précis déterminé par son nom propre), il faut être prudent avant d’appliquer spécialement et exclusivement le mot « adam » à un homme masculin distinct, père biologique de Seth.

La distinction de l’adam féminin n’apparaît, dans la Genèse, qu’après la création de l’adam mâle et femelle.

Dans les limites des connaissances scientifiques de son époque, Saint Augustin l’avait déjà bien observé, 1.400 ans avant Darwin.
Dans son livre de la Genèse, Saint Augustin a écrit :Le sixième jour en effet, Dieu, loin de créer l'homme, en laissant a la femme le temps nécessaire pour naître … créa l'homme et le créa mâle et femelle: et il les bénit (L. VII, 3)
l'Écriture énumère fort clairement les êtres créés le sixième jour, c'est-à-dire, les animaux selon leurs espèces, quadrupèdes, reptiles et bêtes, et l'homme créé mâle et femelle à l'image de Dieu (id., 6)
Qu'on ne dise pas que l'homme fut créé mâle le sixième jour, femelle les jours suivants (id., 8)
quand on dit qu'il fut créé, on entend que Dieu créa la cause dont il devait sortir au temps marqué (id., 26)
De quelque façon que Dieu l'ait formé, il l'a formé comme pouvait et devait le faire un être tout-puissant et sage. Il a en effet déterminé les lois selon lesquelles les êtres sortent de leurs germes et apparaissent avec toutes les propriétés de leur espèce (L. VII, 23)
Il serait par trop naïf de s'imaginer que Dieu forma l'homme du limon de la terre en le pétrissant avec des doigts : l'Ecriture eût-elle employé cette expression, nous devrions croire que l'écrivain sacré s'est servi d'une métaphore (L. VI, 20)
l'homme a été formé de la terre comme le reste des animaux (id., 22)
tous les arbres ou tous les animaux que nous voyons naître … eurent, pour se former et se développer, à traverser une période de temps plus ou moins longue, selon les convenances de l'espèce (id., 25)
son corps animal l'exposait à la mort (id., 36)
Adam eut un corps animal avant et pendant son séjour dans le Paradis. Il n'était spirituel qu'à l'intérieur, selon l'image de celui qui l’avait créé (id., 39)
Qu'on revienne alors à l'Ecriture : on y verra que le sixième jour l'homme fut créé à l'image de Dieu, et créé mâle et femelle. Qu'on poursuive et qu'on demande à quelle époque fût formée la femme; on trouvera qu'elle fut formée en dehors des six jours (id., 10)
l'expression suivant laquelle Dieu fit l'homme à son image ne peut s'appliquer qu'à l'âme; les termes de mâle et de femelle ont trait évidemment au corps (L. VII, 35)
Pour Saint Augustin, la création de l’homme « mâle et femelle » précède la formation de Eve dans le jardin d’Eden, ce qui peut ouvrir une compréhension distinguant clairement le développement des principes matériels de l’humanité, avec un développement progressif des hominidés préhumains pendant des milliards d’années, et la création nouvelle qui s’est produite dans l’Eden de Dieu.

Dans le texte hébreu, ce qui va être façonné dans l’Eden au cours d’un sommeil mystérieux de « l’adam », est nommé « ishsha » (Gn 2,22-25).

Attention de ne pas attribuer trop vite exclusivement à ce mot, qui apparaît dans le récit imagé des évènements qui se produisent dans l’Eden, la réalité spirituelle de Dieu, le sens qu’il va avoir ensuite dans la réalité terrestre pour désigner une femme.

En effet, lorsque Dieu façonne du neuf nommé « ishsha », le récit ne nous parle encore que de « l’adam » créé « mâle et femelle ».

C’est dans le couple humain, qui est encore « un » à l’image de son Créateur, que Dieu va tirer dans et de l’adam (mâle et femelle), ce qu’il va façonner en « ishsha » parce que tiré de « ish », mot qui sera ensuite souvent utilisé pour désigner l’homme masculin, mais qui a pu avoir aussi à l’origine, dans l’Eden, un sens moins précis tiré de sa racine primaire en hébreu qui indique quelqu’un de fragile, mortel.

Est-ce la femelle de l’adam qui est ainsi façonnée ?

Le texte de la Genèse va préciser plus loin ce qui est créé : c’est « la mère de tous les vivants » (Gn 3,20). Cette précision est interpellante du fait que tant les animaux que les humains sont qualifiés de vivants avec le même mot hébreu « chie » (Gn 1,24, Gn 1,28-29 et Gn 6,19). Cette mère créée dans l’Eden paraît ainsi non seulement mère reproductrice pour la transmission de l’humanité créée à l’image de Dieu à de nouveaux êtres, mais aussi mère protectrice de tous les vivants, de toute vie créée.

L’adam, mâle et femelle, est une création terrestre avec un esprit insufflé par Dieu (Gn 2,7). Il est ainsi rendu capable de partager la vie de Dieu. Il est mis dans l’Eden (Gn 2,15), la réalité spirituelle de Dieu. Il lui faut encore dominer le vivant et le multiplier par une descendance (Gn 1,28), il faut une mère de tous les vivants.

La vie à développer et à transmettre, ce n’est pas seulement une vie biologique précaire d’un hominidé ou d’un animal, mais une vie à l’image de Dieu de personnes immortelles capables de partager la vie de Dieu et de développer avec lui toute la création.

Et cette vie à l’image de Dieu n’est-elle pas, de toute éternité, amour et communion ?

Nous pouvons penser ici que c’est pour cela que Dieu transforme la femelle de l’adam en façonnant une « ishsha », mère de tous les vivants, capable de transmettre la vie nouvelle reçue et d’enfanter des êtres nouveaux par sa biologie féminine, capable de faire exister une communion spirituelle dans l’adam tant pour elle que pour son vis-à-vis, qui va les faire vivre et faire vivre tous les vivants par la vie de Dieu.

Mais, n’oublions pas que les faits de ce récit imagé se passent dans l’Eden spirituel où Dieu a placé l’adam, mâle et femelle, et que adam est et reste un comme son créateur.

Dans les cieux, il n’y a ni homme, ni femme. La différence sexuelle concerne le corps terrestre.

Dans l'Eden, le Créateur façonne un surplus de vie et d’être qui fait entrer l’adam dans une vie d’amour et de communion qui provoque son extase amoureuse (« chair de ma chair, os de mes os… » Gn 2, 23).

La femelle de l’adam est, par sa biologie, l’adam qui va pouvoir concevoir en elle des vies nouvelles, multipliées. C’est elle qui va enfanter. Elle va faire de sa maternité biologique terrestre une maternité spirituelle, une maternité d’âmes immortelles.

Parce que Dieu crée cette maternité nouvelle illimitée pour permettre à l’adam créé à l’image de Dieu de se multiplier par une descendance, toutes les femmes vont en hériter et vont être nommées par le nom « ishsha » donné à cette création nouvelle puisque, dans l’adam, c’est la personne féminine qui peut enfanter dans et par son corps.

Mais, là s’arrête la spécificité féminine, le don spécial fait à la femme du fait de son corps femelle. N’est-ce pas peut-être pour cela que la Genèse insiste pour nous parler d’adam « mâle et femelle » (ce qui est limité à la différence biologique) plutôt que « homme et femme » (ce qui distingue les personnes selon leur sexe sans restriction à la seule différence animale).

Il faut observer que la spécificité reproductrice d’un corps femelle de l’adam n’est pas la plus importante. En effet, non seulement l’adam masculin n’en dispose pas mais surtout Dieu lui-même en s’incarnant en adam masculin, dans le sein de la Sainte Vierge Marie, ne reprendra pas cette spécificité reproductrice biologique.

Dans l’adam, où il y a déjà une pluralité de personnes, mâle et femelle, comme en Dieu, il peut être observé que lorsque Dieu tire et façonne une « ishsha », Il crée surtout un vis-à-vis, une relation qui sort l’adam de sa solitude, l’ouvre à un autre, à un amour d’un autre, à une communion avec un autre.

C’est un surplus spirituel qui est créé et qui achève de faire de l’adam, mâle et femelle, une création d’une humanité, homme et femme, à l’image et à la ressemblance de Dieu qui est une trinité de personnes en communion d’amour, dont la vie éternelle est amour. Dans l’éternité de Dieu, le Fils est engendré du Père et l’Esprit procède du Père et du Fils. Dans l’Eden, l’ishsha est tirée de l’adam et une relation spirituelle d’amour s’établit.

Et là, le récit de la création de l’ishsha dans l’adam, qui est mâle et femelle, révèle une création nouvelle essentielle pour l’homme comme pour la femme de l’adam.

L’homme masculin n’est pas le seul à sortir de sa solitude, à découvrir un vis-à-vis, à vivre un immense élan d’amour, à quitter père et mère pour s’attacher à son conjoint (Gn 2,23-24).

La femme vit le même événement, de la même manière, dans la même mesure.

L’adam qui s’écrie et s’enthousiasme est et reste mâle et femelle, femelle autant que mâle, mâle autant que femelle. La création de l’ishsha, tirée de la « côte » de l’adam, n’a pas fait surgir entre eux une femelle supplémentaire, ni une personne supplémentaire. La transformation de l’adam femelle en source de vie, en mère de l’humanité, est une création tirée de l’adam, mâle et femelle, qui suscite une joie partagée.

Cette ishsha réjouit l’un et l’autre.

L’adam est un comme Dieu est un, dans une pluralité de personnes.

Ce qui est tiré est dans l’unité de l’être. De même que le Fils est engendré du Père de toute éternité par l’action de l’Esprit Saint qui lui-même procède du Père et du Fils, chaque individu de l’adam, tant l’homme que la femme, tant Adam masculin que Eve féminine, reçoit un vis-à-vis, perçoit l’autre d’une manière nouvelle comme vis-à-vis, est lié à l’autre par un lien d’amour.

L’ishsha façonnée, c’est bien davantage que l’adam féminin qui reçoit la capacité de multiplier la vie nouvelle créée à l’image de Dieu, au moyen de sa fécondité biologique, c’est un lien nouveau d’amour qui est créé entre nos premiers parents dans la vie même de Dieu.

Et cette entrée dans la vie de Dieu est essentielle car elle crée un lien vital entre l’homme et la femme, mais aussi entre l’adam, mâle et femelle, et toute la création terrestre. Elle donne à l’adam de pouvoir dominer toutes choses, y compris la mort physique. Par cette nouveauté, l’ishsha créée devient la mère de tous les vivants comme l’indique la Genèse.

A cet égard, l’essentiel n’est pas dans le genre sexuel de cette création à l’image de Dieu qui peut donner la vie. Dieu est père autant que mère de toute éternité (Mt 23,37 et Lc 13,34 : « Jérusalem … combien de fois ai-je voulu rassembler tes enfants comme une poule rassemble ses poussins sous ses ailes »). Il n’y a pas de distinction sexuelle en Dieu en tant qu’il engendre éternellement son Fils. La sexualité n’est qu’une caractéristique terrestre par laquelle une vie semblable peut être reproduite.

En façonnant l’ishsha, Dieu le Père donne à l'humanité le cœur de Lui-même, sa capacité d’engendrer un autre que soi. Il fait de l’ishsha sa semblable. Elle partage la nature créatrice de Dieu. Elle introduit aussi l’amour qui fait vivre Dieu lui-même et qui donne la vie de Dieu qui domine toutes choses. Dans l’amour de Dieu, l’adam peut dominer par son esprit uni à Dieu toute la création physique.

L'adam féminin qui peut transmettre la vie à de nouveaux êtres sera nommée Eve, la vivante, parce qu’elle est la mère de tous les vivants.

Dans la Genèse, l’adam masculin ne reçoit jamais de nom. Il devient « Adam » par défaut. Il n’a pas la capacité biologique d’enfanter un semblable en lui-même, dans sa chair.

Ce premier « Adam » masculin est cependant semblable au Fils éternel de Dieu. Il incarne la vie reçue qui ne se donne et ne se transmet que par l’Esprit Saint. Il va certes apporter une petite semence corporelle à sa femme pour lui permettre d’enfanter, mais la conception et l’enfantement se feront dans et par le corps de son épouse.

C’est par un souffle de l’Esprit Saint que le premier Adam a été créé dans la chair, avec un corps tiré de la poussière (Gn 2,7).

C’est par un autre souffle de l’Esprit Saint que le nouvel Adam a été créé dans la chair de Marie (Lc 1,35)

De même que c’est dans et par le corps de son épouse que le premier Adam a une descendance, c’est aussi dans et par le corps de son épouse, l’Eglise (Eph. 1,23), que le nouvel Adam a une descendance.

L’Esprit Saint est venu lui-même dans l’adam lors de la création de l’ishsha pour faire dans l’adam le lien qui existe de toute éternité en Dieu, pour susciter l’amour, pour insuffler la vie qui est en Dieu.

Ainsi, l’homme et la femme qui sont un en adam se sont trouvés par l’Esprit Saint comme en miroir du Dieu unique et pluriel.

Mais, créés libres comme Dieu, l’ishsha qui fait advenir pleinement la vie de Dieu fait aussi advenir la liberté de l’amour qui est en Dieu. A la pointe de l’ishsha, il y a le libre choix le plus décisif, et donc, hélas aussi, la possibilité d’un péché originel, d’une blessure mortelle de la vie donnée.

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Re: L’adam créé mâle et femelle

Message non lu par isabelle48 » mer. 08 janv. 2014, 19:25

"Dieu créa l'homme à son image (...) Mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et leur dit: "Soyez féconds et prolifiques" (Gen. 1,27)
C'est pourtant clair.
Croyez-vous que Dieu puisse s'adresser ainsi à une créature indéterminée et polymorphe?
Mais j'avoue que je n'ai peut-être pas suivi votre démonstration jusqu'au bout, d'autant que je n'ai pas bien compris où vous vouliez en venir (démonstration études genre? preuve de bisexualité de l'être humain?...? :s )

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Re: L’adam créé mâle et femelle

Message non lu par Xavi » jeu. 09 janv. 2014, 11:18

isabelle48 a écrit :Croyez-vous que Dieu puisse s'adresser ainsi à une créature indéterminée et polymorphe?
Bien sûr que non. C’est clairement dit dans le message initial.
isabelle48 a écrit :Mais j'avoue que je n'ai peut-être pas suivi votre démonstration jusqu'au bout
Il fallait seulement lire au moins les vingt premières lignes.
Xavi a écrit :Il faut immédiatement préciser que rien ne permet de penser à une personne unique confondant les deux sexes, ce que contredisent tous les détails du récit de la Genèse qui mettent en présence plusieurs personnes tout en mentionnant adam ou l’adam au singulier. Pour un chrétien, cela évoque plutôt, dans le chef d’une création à l’image de Dieu, une référence à Dieu qui est unique en trois personnes, Père, Fils et Esprit Saint.
isabelle48 a écrit :je n'ai pas bien compris où vous vouliez en venir (démonstration études genre? preuve de bisexualité de l'être humain?...? :s )
Où je veux en venir ? A contribuer avec tous les autres participants de ce forum à l’intelligence de la foi, à une meilleure compréhension de qui nous sommes, de notre vocation, des réalités diverses visibles et invisibles dans lesquelles nous vivons, de la réalité concrète du Christ vrai Dieu et vrai homme dans l’histoire, et, plus spécialement dans ce sujet, de l’immense valeur de l’union de l’homme et de la femme comme image de Dieu et des nuances très riches que contient la Genèse par rapport aux caricatures qui séparent parfois les personnes selon leur sexe.

Comment annoncer l’Evangile à nos contemporains sans réfléchir profondément aux questions concrètes en cause ?

Ici, il est exact que j’essaie d’approfondir la Genèse en tenant compte, notamment, des interpellations que les théories du genre font entendre actuellement.

Faut-il pour autant parler de bisexualité ? Ce mot est peu adéquat pour réfléchir à la question de la différence des sexes. Elle est parfois trop niée, mais elle est parfois aussi exagérée. Par rapport à ceux qui l’exagèrent, je trouve intéressant de relever que le récit de la Genèse insiste pour la situer à l’origine au seul niveau biologique aux débuts de l’humanité.

Il nous parle bien de l’adam, mâle et femelle (par préférence à l’expression homme et femme). L’adam n’est pas une personne unique bisexuelle. Il y a bien un homme et une femme, personnes distinctes, mais ils sont un et pluriels comme Dieu est un et trinité de personnes.

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Re: L’adam créé mâle et femelle

Message non lu par gerardh » jeu. 09 janv. 2014, 13:40

_________

Bonjour,

Je rappelle qu'Adam est un type de Christ, et qu'Eve est un type de l'Eglise, son épouse.



_________

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Re: L’adam créé mâle et femelle

Message non lu par Anaisunivers » jeu. 09 janv. 2014, 19:20

Bonsoir,

En effet, le Christ est le Nouvel Adam et Marie, sa Mère, la Nouvelle Eve.
Ils sont tout les deux sans péché originel !

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Re: L’adam créé mâle et femelle

Message non lu par gerardh » jeu. 09 janv. 2014, 21:48

__________

Anaisunivers à écrit :
En effet ...
Mais ce n'est pas ce que j'ai dit.


__________

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Re: L’adam créé mâle et femelle

Message non lu par Amour&Responsabilité » mar. 04 févr. 2014, 14:16

Dans ses catéchèses sur la théologie du corps (réunis dans un livre intitulé Homme et femme Il les créa), Jean-Paul II insiste sur la différence entre l'adam d'avant Ève, et l'Adam qui fait face à Ève.

Tout ce que Dieu offre et demande à l'adam d'avant la création de la femme, il l'offre et le demande à l'être humain qui contient à la fois l'homme et la femme. Par exemple, le fait de nommer tous les animaux est demandé à l'être humain avant qu'il soit séparé en homme et femme. C'est donc à la fois à l'homme et à la femme que Dieu donna cette mission de nommer la création.

Ensuite, il sépare l'adam en deux : Adam l'homme, et Ève la femme. D'ailleurs le mot sexe signifie étymologiquement "séparer".

Ce n'est pas une négation de l'altérité homme/femme que de reconnaître que Dieu a confié certaines choses à l'être humain homme et femme.
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Re: L’adam créé mâle et femelle

Message non lu par James » mar. 11 mars 2014, 16:47

Bonjour à tous!

Ce dont on parle ici me semble relever d'une analyse assez hasardeuse...
Cela reviendrait à se demander si Dieu a créé en premier lieu un travelo androgyne bisexuel ET puisque tel serait le cas, cela viserait à essayer de faire admettre aux chrétiens que ce n'est pas un péché, qu'il faut l'accepter, et pourquoi pas l'être, etc...
On voit très bien comment se déroule tout l'argumentaire :/
Non, tout cela s'apparente plus à une propagande moderniste type gender et compagnie...


Regardons plutôt de plus près le texte dans sa construction.
"adam" en hébreu désigne "Homme" dans le sens d'espèce humaine.
"ich" correspond à "homme" dans le sens d'individu mâle.
"icha" correspond à "femme" dans le sens d'individu femelle.
"ève" en hébreu est très proche d'une racine qui signifie "vivre".

Ainsi donc, Lorsqu'au verset 1,27, il est dit que "Dieu créa l'adam à son image" et qu'il est précisé ensuite que "mâle et femelle il les créa", c'est bien pour stipuler que tous 2 sont des créatures de même nature et fruit de la puissance divine. J'y vois là d'avantage une affirmation de la dignité de la femme à une époque (celle de la Torah) où elle n'avait pas forcément beaucoup de valeur dans la société.

Les versets suivants allant de 2,4 à 2,24 sont une digression et non une suite.
Déjà parce qu'en 2,7, il est dit que Dieu forma l'adam à partir de la glaise/poussière du sol. Si ce n'était pas le cas, Dieu aurait créé 2 adams. Jamais il n'a été stipulé cela ailleurs dans le texte et aucun verset ne désigne la femme comme un de ces 2 hypothétiques adams...
De plus, juste avant, au verset 2,5, il est stipulé que sur terre, il n'y avait AUCUN arbuste ni aucune herbe à germer.
Et enfin, la femme apparait comme création de Dieu (après qu'il ait nommé tous les animaux) en réponse à son vide intérieur (son "vis-a-vis" ou encore une "aide qui lui serait assorti").
Tous ces éléments sont à rapporter avec le verset 2,2 où il est dit que Dieu se reposa le 7e jour parce que son œuvre était ACHEVÉE. La création étant donc terminée, on peut naturellement penser que la création de la femme a été faite le 6e jour, chose qui expliquerait parfaitement le verset 1,27 sans avoir recours à un discours qui ne peut mener qu'au péché...

Cela peut même s'expliquer d'un point de vue logique.
Si Dieu a créé l'adam mâle et femelle comme vous le dites dans un premier temps et qu'il est précisé en 1,31 que Dieu trouva très bon tout ce qu'il avait fait, ce n'est pas pour dire quelques versets plus loin en 2,18 qu'il n'est pas bon que l'adam soit seul... Cela reviendrait à dire que Dieu n'est pas en mesure de reconnaitre de prime abord ce qui est bon de ce qui ne l'est pas.

On pourrait se demander de quels organes sexuels votre adam mâle et femelle a été attribué? De toute évidence, pas ceux d'un homme normal. Or, il est dit en 2,21 et en 2,22 que Dieu prit à l'homme une côte pour former la femme : il n'est nullement question d'organes génitaux. D'ailleurs, pour être exact, pour passer d'un homme à une femme, vous vous doutez qu'il faudrait bien plus que cela : il faudrait revoir chaque cellule du corps de l'adam mâle et femelle pour qu'il ne soit plus que mâle uniquement ; retravailler les sécrétions hormonales ; reformer certains organes ; retravailler les schémas cognitifs cérébraux ; etc... Bref, tout un chantier! Ainsi donc, le texte n'aurait pas précisé avoir pris une côte et avoir refermé la plaie, il aurait dit "Dieu a remodelé le corps de l'homme".

Quelle est la raison de cette digression?
- Dans un premier temps, il s'agit d'affirmer qu'un homme (mâle) a un besoin fondamental de la femme (femelle).
- De plus, cela enseigne à tous que les hommes et les femmes sont semblables d'égale substance et d'égale dignité, tous deux créatures de Dieu.
- Ainsi, si l'homme a un besoin fondamental de la femme et que la femme est de même nature que l'homme, la femme a un besoin fondamental de l'homme puisqu'elle n'a que lui comme vis-à-vis dans cette histoire : on retombe sur cette complémentarité homme/femme.
- Enfin, d'un point de vue imagé, le texte nous dit qu'en fait, l'adam recherche l'ève, c'est à dire en hébreux "l'humanité" recherche "la vie". C'est une explication non-seulement de l'instinct de survie de l'homme mais aussi et surtout celle de la recherche par l'homme du Salut ; Salut que Dieu seul peut combler car c'est Lui qui crée l'ève (la vie) pour la présenter à l'adam (humanité).

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