L’Histoire Sainte d’Abraham à Salomon

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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Epsilon
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Re: Abraham et Moïse

Message non lupar Epsilon » ven. 09 juil. 2010, 22:12

Bonjour lmx

Concernant Finkelstein si vous voulez parler de son livre : « La Bible dévoilée » je suis globalement (il faudrait reprendre les grandes lignes ses arguments) d’accord avec lui.

Mais la phrase que vous lui attribuez « en gros » à savoir : « que tout ce qui est antérieur au 10è siècle dans la Bible n'est qu'une construction qui a servi à construire une nation. » … je dirais plutôt (et encore c’est une hypothèse haute car il faudrait s’entendre sur les mots que nous utilisons) : « Le consensus actuel (dont entre autres Finkelstein) est qu’une entité politique nommée Israël n’est pas antérieure à 1000 av JC ».

A partir du moment ou qcqchose n’est pas « historique » dans Genèse (voire dans la Bible dans son ensemble) il faut en chercher la « raison » … mais qcqsoit cette « raison » elle ne peut rendre ce récit « historique » pour autant.

Par exemple la Création de la Terre et du Cosmos en général, du moins pour autant que l’on en connaisse actuellement, n’a pas été faite dans les termes exacts (notamment la chronologie et la durée) décrits par la Bible … ce n’est donc pas un récit scientifique … il faut donc en rechercher un autre sens qui ne peut-être que purement théologique.

Donc (pour ce qui concerne la Création) je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites :
« ce qui est écrit dans la Bible conserve toujours une réalité "historique" , c'est à dire que quelque chose s'est véritablement produit qui a justifié la mise par écrit de l'évènement, le but étant ensuite pour le lecteur de se demander comment , de quelle manière cela s'est produit, pourquoi est-ce exprimé ainsi etc ... »

La finalité de ce récit n’est en aucun cas de rendre compte de ce qui s’est « produit » ils n’en savaient que dalle et même si c'est une « prophétie » elle serait archi-fausse d’une point de vue scientifique … la justification de l’écrit n’est donc pas dans la recherche de ce qui c’est réellement produit mais dans le sens théologique que ces auteurs veulent nous faire saisir à savoir (en gros) : que Dieu (en fait, dans un premier temps, leur dieu) est à la base de la Création de tt chose (qcq’en soit les modalités pratiques), que les luminaires (qui sont des dieux Mésopotamiens et Egyptiens), sont de faux dieux dans la mesure ou ils sont des créations de Dieu etc etc

Comme je l’ai signalé … le Livre de Genèse est relativement récent (globalement) entre le V-IV siècle av JC … c’est en ce sens que l’on peut dire (d’une façon générale de Genèse jusqu’à II Rois) que c’est une « reconstruction d’un passé » … et je dirais « reconstitution utopique/idéalisée ».

Avec Paul vous touchez à un argument « sensible » … si Paul (voire même Jésus) parle des Patriarches de l’AT c’est une preuve de leur existence ???

Ma réponse (il faut être cohérent avec soi-même !!!) est NON … ces personnages de l’AT agissent comme des « ombres » pour fixer un cadre référentiel voire une terminologie compréhensible au peuple Juif … mais le NT s’adressant aussi à des Juifs ne pouvait que parler le seul langage compréhensible … le NT pose/donne un visage humain à ces personnages en les sortant d’un cadre « politique » ... le « Royaume de Dieu » du NT transcende l’utopie visionnaire de l’Israël Biblique et son corollaire qui en est la Loi.

Ainsi pour ces « grandes figures » l'AT … l'essentiel de leur message (c-à-d un fois ce message dépouillé de propagandes nationalistes liées à l’Israël Biblique) est d'annoncer l'Incarnation … ces « ombres » du passé disparaissent une fois accomplit le meilleur de leur prédestination.


Cordialement, Epsilon

lmx
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Re: Abraham et Moïse

Message non lupar lmx » sam. 10 juil. 2010, 16:24

Je ne peut que rejeter tout ce que vous dites , la méthode Finkielstein et son baratin de sociologue on peut l'appliquer aussi au NT de sorte qu'il ne reste plus rien de la Bible, plus qu'une fable.
Choisir sa méthode c'est se placer nettement en dehors de la Tradition et du Magistère. C'est tout simplement neutraliser le texte qui est d'une extrême richesse si on le courage ou la folie de le prendre au sérieux.

enfin j'espère que vous vous rendrez compte où mène votre foi aveugle en la science et en l'archéologie , il y a quelques années encore on doutait simplement de l'existence de Jésus , de la ville de Nazareth et de bien d'autres choses concernant directement la foi.
Avec Paul vous touchez à un argument « sensible » … si Paul (voire même Jésus) parle des Patriarches de l’AT c’est une preuve de leur existence ???
Oui. Car je ne vois pas ce qui vous autorise à choisir entre ce qu'il y a d'inspiré et pas d'inspiré entre ce qui est d"allégorique et ce qui n'est pas allégorique. Aussi serait-il possible que Jésus et Paul aient été plus compétent au contact de réalités supérieurs , plus au fait de l'histoire d'Israël que nous et que tous ces archéologues dont le but est manifestement de détruire l'histoire biblique ? Qu'un athée refuse cela , je comprends mais qu'un croyant ne se pose pas cette question ??!!

Permettez moi de vous demandez sans rien préjugé si vous croyez que Jésus a été crucifié car aujourd'hui on nous qu'il n'y a pas de preuve de cela, sa supposée croix étant d'après certains un simple poteau, et s'il a ressuscité, ceci étant une fable pour la science ?

Il y a une horrible arrogance dans cette méthode exégétique et le drame de l'époque et qu'elle a finalement réussi à contaminer le catholicisme. Si les gens se tournent aujourd'hui vers d'autres religions qui tiennent jalousement à leur texte et qui ne tiennent pas ce qu'il doivent croire de la science, ce n'est peut-être pas pour rien , en tout cas ce que vous écrivez me fait mal au coeur. Entre Dieu qui nous dit "heureux ceux qui ont cru sans avoir vu" et le scientisme qui réduit l'être au connaitre il faut choisir, le défi de l'époque est là.

Le Critias de Platon comporte des descriptions très précises d'une civilisation disparu quelque 1000 ans avant la naissance du philosophe qui n'était pourtant pas inspiré, la civilisation Minoenne. Aujourd'hui nous savons cela, il y a 50-100 ans ces descriptions n'étaient qu'invention de philosophe. Vous devriez méditer là dessus.

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Re: Abraham et Moïse

Message non lupar Epsilon » sam. 10 juil. 2010, 18:01

Bonjour lmx

Je n’insisterais pas …

Oui bien sûr je crois que Jésus a été crucifié et je crois même à sa Résurrection … j’ai d’ailleurs fait un topo sur le sujet … si ça vous intéresse faite moi signe.


Cordialement, Epsilon

Bip1
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Re: Abraham et Moïse

Message non lupar Bip1 » dim. 08 août 2010, 11:23

Lorsque Jésus dit : " Vous n'aurez d'autre signe que celui de Jonas " , Il est permis de penser que c'est la preuve qu'un certain Jonas a passé plusieurs jours dans le ventre d'un poisson .
Il est aussi permis de penser que puisque Jésus s'adressait à des gens incrédules ( ou même athées ), réclamant des preuves et des signes , ses paroles sont universelles .
Dès lors Jonas n'a plus à être un personnage historique , mais une référence .
Donc , il est important de connaitre tous les personnages bibliques .
Il serait dommage que la parole de Jésus soit altérée par des pollutions dues aux discussions stériles .

Pati
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Re: Abraham et Moïse

Message non lupar Pati » lun. 25 oct. 2010, 1:20

il semblerait que vous mettiez en cause la véracité de l'ancien testament.. quelque chose m'échappe : si vous ne croyez pas en l'ancien testament, comment pouvez vous accepter le nouveau ??? je ne comprends pas.. cela étant dit sans vouloir vous vexer..
je vous donne ici une preuve de la varacité de l'ancien testament..
http://www.leava.fr/cours-torah-judaism ... utable.php

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Re: Abraham et Moïse

Message non lupar Bip1 » jeu. 04 nov. 2010, 19:44

Bonsoir à tous

J'ai regardé le site proposé par Pati . J'y ai vu un orateur très intéressant qui connaissait bien la Bible .
Je ne pense pas avoir perdu mon temps en écoutant ses trois conférences .
J'ai cru comprendre que cet homme faisait reposer sa foi sur des preuves et que tout croyant qui pouvait vivre sans preuves était naïf voire dangereux .
Je me suis senti visé car je fais partie de ceux qui croient " sans avoir vu " .
Un homme né par l'opération du Saint Esprit ...Quelle ânerie ! et pourtant , sans preuve , j'y crois .
Un homme qui marche sur l'eau ...C'est stupide ! et pourtant , sans preuve , j'y crois .
Un homme qui change de l'eau en vin ...Billevesées ...en vain , d'accord , mais en vin ...et pourtant , sans preuve , j'y crois .
Un homme qui nourrit une foule nombreuse avec trois fois rien , ce qui est peu! ... des bêtises ! Cela encore , je le crois .
Un homme qui ressuscite ... Alors là , il faut être fou pour croire un truc pareil ...Et pourtant , j'y crois .
Suis-je naïf ? Suis-je dangereux ?
Puisque Jésus ne nous demande pas de causer du tort à quiconque , c'est avec confiance que je suis son enseignement .
Pour autant , cela ne m'empêche pas de lire les textes avec un regard critique . d'interpréter les anomalies que je rencontre , de ne pas rester dans le droit fil du dogme ...Mais ce qui prime , c'est la confiance , n'en déplaise à l'orateur .

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Re: Les animaux ont-ils une âme ?

Message non lupar Epsilon » jeu. 02 déc. 2010, 21:49

Mon père spirituel, qui est un jeune prêtre diocésain, est proche du "créationnisme". Le St Père Benoît XVI serait proche d'un "semi-créationnisme".
Le pouvoir des mots et qu'on peut les utiliser pour dire n'importe quoi et son contraire ... aussi dans votre phrase c'est quoi être :

a) "créationnisme"

b) "proche du créationnisme"

c) "semi-créationnisme"

d) "proche d'un semi-créationnisme"


Merci, Epsilon

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Re: Les animaux ont-ils une âme ?

Message non lupar Olivier C » mar. 07 déc. 2010, 2:50

Je suis bien de votre avis. Ce sujet a dévié, d'autant que nos exégètes font des récits bibliques des récits mythologiques et par trop symboliques. Pourtant les Pères de l'Église et certains évêques du XIXe siècle, Mgr de Ségur et bien d'autres faisaient grand cas de la Genèse et des autres récits.
À vous lire je ne pense pas que vous ayez saisit l'importance de ces textes pour moi. En quoi le fait de dire qu'un livre bliblique ait emprunté des détails à des livres antérieurs le décrédibiliserait-il ? En quoi cela pose problème ?
Comment interpréter l’Écriture

Cependant, puisque Dieu, dans la Sainte Écriture, a parlé par des hommes à la manière des hommes, il faut que l’interprète de la Sainte Écriture, pour voir clairement ce que Dieu lui-même a voulu nous communiquer, cherche avec attention ce que les hagiographes ont vraiment voulu dire et ce qu’il a plu à Dieu de faire passer par leurs paroles. Pour découvrir l’intention des hagiographes, on doit, entre autres choses, considérer aussi les « genres littéraires ». Car c’est de façon bien différente que la vérité se propose et s’exprime en des textes diversement historiques, ou prophétiques, ou poétiques, ou même en d’autres genres d’expression. Il faut, en conséquence, que l’interprète cherche le sens que l’hagiographe, en des circonstances déterminées, dans les conditions de son temps et de sa culture, employant les genres littéraires alors en usage, entendait exprimer et a, de fait, exprimé. En effet, pour vraiment découvrir ce que l’auteur sacré a voulu affirmer par écrit, il faut faire minutieusement attention soit aux manières natives de sentir, de parler ou de raconter courantes au temps de l’hagiographe, soit à celles qu’on utilisait à cette époque dans les rapports humains. Cependant, puisque la Sainte Écriture doit être lue et interprétée à la lumière du même Esprit que celui qui la fit rédiger, il ne faut pas, pour découvrir exactement le sens des textes sacrés, porter une moindre attention au contenu et à l’unité de toute l’Écriture, eu égard à la Tradition vivante de toute l’Église et à l’analogie de la foi. Il appartient aux exégètes de s’efforcer, suivant ces règles, de pénétrer et d’exposer plus profondément le sens de la Sainte Écriture, afin que, par leurs études en quelque sorte préalables, mûrisse le jugement de l’Église. Car tout ce qui concerne la manière d’interpréter l’Écriture est finalement soumis au jugement de l’Église, qui exerce le ministère et le mandat divinement reçus de garder la Parole de Dieu et de l’interpréter.
Afin de répondre à cette accusation gratuite je vous avais préparé une réponse, mais finalement je vous inviterais plutôt à méditer sur ce document du concile Vatican II que je viens de citer, ce qui je l'espère devrait à l'avenir vous éviter d'avancer des opinions pour l'Église... qui ne sont pas les siennes. Le magistère a aussi édité il un document très développé sur la manière d'interpréter correctement l'Écriture :

Commission biblique pontificale, L’interprétation de la Bible dans l’Église, Le Cerf, 1994.

Bien à vous tout de même.

PS : et dire que sur d'autres forums je passe pour un créationniste !
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Xavi
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Le pape redit l’importance des bases historiques de la foi

Message non lupar Xavi » dim. 20 mars 2011, 11:36

Le message néotestamentaire n’est pas seulement une idée ; ce qui est arrivé dans l’histoire réelle du monde est justement déterminant pour lui : la foi biblique ne raconte pas des légendes comme symboles de vérités qui vont au delà de l’histoire, mais elle se fonde sur une histoire qui s’est déroulée sur le sol de cette terre…

…il faut dire que, si l’historicité des paroles et des évènements essentiels pouvait être démontrée comme impossible de façon vraiment scientifique, la foi aurait perdu son fondement… Il est donc important pour nous de vérifier si les convictions de fond de la foi sont historiquement possibles et crédibles, même confrontées au sérieux des connaissances exégétiques actuelles.
(Benoit XVI, Jésus de Nazareth, t. II, p. 127-129)

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Re: Abraham et Moïse

Message non lupar PriereUniverselle » sam. 22 oct. 2011, 14:48

En tout cas Epsilon aura eu un effet bénéfique qu'il ne soupçonnait pas ici ! Plus il essaye de démolir l'Ancien Testament, et plus il me donne des ailes à croire à la richesse que dévoile la Thora, réservée me semble-t-il à ceux qui ont les yeux pour voir !

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Xavi
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L’Histoire Sainte d’Abraham à Salomon

Message non lupar Xavi » jeu. 09 nov. 2017, 17:40

La Bible s’exprime dans un langage culturel spécifique avec beaucoup de symboles et de mystères dans les durées bibliques, mais cela n’empêche pas d’y observer une image de la réalité historique.

Les informations historiques et bibliques actuellement disponibles sur internet permettent à notre génération d’approfondir notre compréhension des récits bibliques dans l’histoire comme jamais auparavant.

En entrant dans la cohérence interne des durées bibliques, on peut, même si nous ne les comprenons pas, y trouver une surprenante exactitude par rapport à la période historique qui s’étend de la chute de la troisième dynastie de Ur, que les historiens situent en 2004 avant Jésus-Christ, à la construction du temple de Salomon, qu’ils situent vers 967 avant Jésus-Christ. Plus de mille ans d’histoire…

Certes, qui sait si ces dates des historiens ne seront pas demain revues par de nouvelles découvertes ? Chacun des détails peut être discuté et qui sait si d’autres n’auront pas des arguments exégétiques différents ? Mais, aujourd’hui, nous pouvons apercevoir et goûter un tableau poétique et symbolique de la réalité historique. Certains pourront penser que ce ne sont que coïncidences basées sur des interprétations particulières orientées. D’autres pourront peut-être partager la beauté d’une peinture qui nous dessine le réel de l’histoire.

Ce n’est ici qu’une méditation personnelle de l’Ecriture Sainte, une promenade dans une période de l’histoire biblique pour les amateurs.

Cette période commence dans le pays de Sumer où se trouvaient deux grandes villes : Ur, la capitale, et Babel, une ville voisine.

Abraham quitte Ur, en Chaldée, dans le pays de Sumer qui se situe actuellement en Irak, au sud est de Bagdad et qui était jadis la Basse Mésopotamie.

Selon les historiens, la chute de la troisième dynastie de Ur, en 2004 avant Jésus-Christ, a été suivie d’une disparition soudaine actuellement inexpliquée de la pratique de la langue sumérienne, qui était jusqu’à cette époque utilisée par toutes les nations environnantes du fait de l’extraordinaire invention de l’écriture cunéiforme par les Sumériens (Gn 11,1).

Seules des circonstances graves, telles une persécution ou une famine catastrophique, semblent pouvoir expliquer une disparition historique aussi soudaine du sumérien. C’est une explication possible permettant de comprendre et de dater le départ de Terach, Abraham et Sarah qui quittent Ur en Chaldée, dans le pays de Sumer (Gn 11,31). On peut donc essayer de suivre l’histoire biblique sur cette base car rien d’autre n’explique ce départ de la famille d’Abraham à un moment où elle n’avait pas encore reçu l’appel et la promesse qui l’enverront, plus tard, dans un nouveau pays.

Leur départ paraît signifier la fin des jours de Noé. En effet, selon le récit biblique, Abraham naît 292 ans après le déluge (Gn 11,10-26 : 2 + 35 + 30 + 34 + 30 + 32 + 30 + 29 + 70 = 292) et les jours de Noé cessent 350 ans après le déluge (Gn 9,28-29), soit lorsque Abraham est donc âgé de 58 ans (350 – 292). Les jours de Noé cessent lorsque sa descendance quitte Ur, le lieu où il a vécu.

Terach, âgé de 70 ans à la naissance d’Abraham (Gn 11,26) est alors âgé de 128 ans (70 + 58). Avec Abraham et Sarah, il part, en remontant la vallée de l’Euphrate, à mille kilomètres au nord ouest de Ur, où il s’établit à Charan (actuellement Haran, au sud-est de la Turquie, près d’Alep en Syrie). C’est là que Terach meurt à l’âge de 205 ans (Gn 11,32), exactement 77 ans plus tard (205 – 128), soit en 1927 avant Jésus-Christ (2004 – 77).

Lorsque Terach disparaît 77 ans après avoir quitté la terre de Noé, Abraham et Sarah paraissent replongés dans l’histoire d’Adam et Eve. En effet, comme Adam et Eve, Abraham et Sarah sont fils et fille d’un même père (Gn 20,12). Comme nos premier parents séparés de leur père, éloignés de l’Eden, et dans l’attente d’une descendance qui sauvera l’humanité (Gn 3,15), Abraham et Sara se retrouvent séparés de leur père et loin de leur pays d'origine, dans l’attente d’une descendance par laquelle l’humanité sera recréée. Abraham a 135 ans (58 + 77).

Une ère nouvelle commence.

Pour Abraham et Sarah, fils et fille d’un même père comme Adam et Eve, il y a 77 ans entre le départ de Ur, le pays du péché originel, et c’est le début d’une ère nouvelle en vue d’une descendance qui va recréer l’humanité (Ga 3,16), comme les 77 générations d’Adam à Jésus de Nazareth présentées par l’Evangile de St Luc (Lc 3,23-38).

Pour Abraham, l’attente avant de partir pour le pays de Canaan où naîtra cette descendance nouvelle, c’est 210 ans (58 + 77 + 75), trois durées d’une vie (Ps 90,10) comme en écho à la Trinité des trois personnes divines autant qu’à la durée de l’esclavage en Egypte.

La promesse d’une descendance et de la bénédiction de toutes les nations est adressée à Abraham après la mort de Terach (Gn 12,1-3). Selon les explications de Saint Paul dans l’épître aux Galates, cette promesse a été donnée 430 ans avant la loi sur la circoncision des païens (Ga 3,17), ce que la suite du récit (lire plus loin) permettra de situer 70 ans après la mort de Terach, soit en 1857 avant Jésus-Christ (1427 – 430).

Abraham a 75 ans depuis la mort de Terach lorsqu’il quitte Charan (Gn 12,4), soit en 1852 avant Jésus-Christ (1927 – 75), même s’il y a 210 ans (58 + 77 + 75) qu’il a été engendré par Terach.

Abraham engendre Isaac à 100 ans (Gn 21,5), dans l’ère nouvelle depuis la mort de Terach, soit en 1827 avant Jésus-Christ (1927 – 100).

Isaac engendre Jacob à l’âge de 60 ans (Gn 25,26), soit en 1767 avant Jésus-Christ (1827 – 60).

Jacob part en Egypte 17 ans avant sa mort à l’âge de 147 ans (Gn 47,28). Il a donc 130 ans à son arrivée en Egypte, soit en 1637 avant Jésus-Christ (1767 – 130).

Le séjour en Egypte s’achève 400 ans après le début de l’asservissement de la descendance promise à Abraham (Gn 15,13 et Ac 7,6), soit en 1427 avant Jésus-Christ (1827 – 400).

C’est, à ce moment, que Moïse donne une loi nouvelle qui impose la circoncision à tout étranger qui veut partager la Pâque (Ex 12,48), ce qui permet, selon l'épître aux Galates (Ga 3,17), de dater la promesse en 1857 avant Jésus-Christ (1427 – 430). Abraham a donc reçu la promesse d’une descendance (Gn 12,1-3) 30 ans avant la naissance d’Isaac en 1827. Ainsi, le séjour en Egypte qui s’achève 400 ans après la naissance d’Isaac (Gn 15,13 et Ac 7,6) s’achève aussi 430 ans après la promesse (Ex 12,40 et Ga 3,17).

A cet égard, si le livre de l’Exode, dans les traductions modernes, indique que « Le séjour des enfants d’Israël en Egypte fut de quatre cent trente ans » (Ex 12,40), il peut être observé qu'en réalité, le texte hébreu ne dit pas exactement que c’est le séjour en Egypte qui dura 430 ans mais seulement que ce séjour est dans une période de 430 ans (littéralement : « Et le « mowshab » des enfants d’Israël, pendant lequel ils « yashab » en Egypte, quatre cent trente ans »).

Le temple de Jérusalem est construit par Salomon 480 ans après la sortie d’Egypte (1 R 6,1), soit en 947 avant Jésus-Christ (1427 – 480).

La construction de ce temple a duré 20 ans (1 R 6,37-38, 1 R 7,1 et 1 R 9,10) et a donc commencé en 967 avant Jésus-Christ (947 + 20), la quatrième année du règne de Salomon (1 R 6,1) qui commence donc en 971 avant Jésus-Christ.

C’est bien à cette date que les historiens situent généralement le début de son règne.

Tout ce tableau montre que le mystère et les symboles de la révélation ne doivent pas faire oublier leur ancrage dans la réalité historique.

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Re: L’Histoire Sainte d’Abraham à Salomon

Message non lupar Xavi » mer. 20 déc. 2017, 18:22

Comment comprendre les âges des patriarches (les 205 ans de Terach, les 175 ans d’Abraham, …etc) dans la durée historique réelle entre 2004 (la chute de la troisième dynastie d’Ur) et 947 avant Jésus-Christ (l’achèvement de la construction du temple par le roi Salomon) ?

Comment les cent ans d’Abraham à la naissance d’Isaac, les 400 ans de servitude et les 480 ans séparant l’exode de la construction du temple, qui ne présentent que des nombres arrondis et symboliques, peuvent-ils se retrouver néanmoins dans la réalité historique ?

De nombreuses théories explicatives existent par rapport aux durées bibliques et celle que je retiens ici n’est pas plus certaine que les autres. Elle n’est qu’une occasion de réflexion et une contribution à la recherche commune de tous ceux qui aiment se plonger dans les détails des récits bibliques de la Parole de Dieu avec la conviction qu’Abraham, Moïse et Salomon ont réellement existé, même s’il n'en reste que quelques traces dans les seuls récits bibliques.

Comme le rappelle le catéchisme de l’Eglise, « Les patriarches et les prophètes et d’autres personnages de l’Ancien Testament ont été et seront toujours vénérés comme saints » (CEC n° 61). Ce ne sont pas des légendes.

Deux hypothèses sont proposées ici.

D’une part, les âges des descendants de Terach me semblent présentés de manière doublée jusqu’à la réalisation de la promesse faite à Abraham, de sorte qu’il faut les diviser par deux pour connaître les durées historiques réelles considérées approximativement par le récit biblique.

D’autre part, il me semble vraisemblable que, pour la période plus ancienne, les 950 ans de la vie de Noé et les 205 ans de la vie de Terach (qui engendre Abraham à 70 ans) ne représentent pas uniquement les âges de deux individus, mais concernent aussi leur descendance qui a prolongé leur nom pendant un temps.

Des années doubles pour un peuple nouveau sur une terre nouvelle ?

Dans une étude de 1999 intitulée « La chronologie biblique d’Adam à la mort de Moïse », le professeur Bernard Barc, spécialiste de l’herméneutique juive ancienne qui a enseigné dans les universités de Nancy II, Lyon et Laval et s’est intéressé à mettre en lumière les règles anciennes d'interprétation de la Bible, a observé que « des années doubles (existent) après le Déluge, comme si la sortie du Déluge avait pour conséquence la mise en place d'un double modèle du temps… ».

Le professeur Barr estime que « Le lien étroit de cette architecture numérique avec les événements de l'histoire me semble exclure l'hypothèse d'une chronologie plaquée a posteriori et de façon artificielle par un ultime rédacteur. Les nombres font corps avec le récit. Le sens symbolique ressort de la mise en correspondance des nombres et des faits rapportés, ce qui suggère une écriture du texte en fonction d'un projet chronologique global ».

A ma connaissance, il n’en a pas déduit une réflexion sur la durée de vie des patriarches après le déluge.

Mais, j’en retiens cependant l’hypothèse que les années des patriarches d’Abraham à Moïse ont pu être doublées. Cette hypothèse permet de se représenter ce qu’a pu être la réalité historique considérée par l’auteur des récits bibliques, même s’il ne disposait à cet égard que de renseignements relativement incertains ou imprécis qu’il a pu préférer exprimer dans une forme symbolique ou, du moins, arrondie.

L’auteur de la Genèse a préféré une peinture impressionniste qu’une peinture plus réaliste de la réalité historique, ce qui respecte mieux les limites de la vérité historique qu’il pouvait connaître. Il ne serait pas justifié d’en déduire que ce n’est pas une réalité historique mais seulement des légendes qu’il aurait voulu nous présenter. Au contraire, sa prudence est l’indice d’un auteur considérant l’histoire réelle de manière sérieuse et authentique, avec un souci d’objectivité et de vérité qui n’est pas moindre que celui de scientifiques, mais toujours de manière à parler à l’homme de ce qui lui est important pour sa vie en communion avec Dieu.

La base de l’hypothèse retenue ici, c’est qu’il y a un lien de continuité et de salut entre, d’une part, l’extermination par le déluge du peuple de Noé, fils de Lamech, qui occupait le pays de l’adamah, et, d’autre part, la promesse d’un nouveau peuple pour une nouvelle terre, faite à Abraham, fils de Terach, de sorte que, durant le temps de la restauration après le déluge jusqu’à l’entrée d’un nouveau peuple dans une terre nouvelle restaurant l’humanité et la terre détruites par le déluge, les années des patriarches de la descendance de Terach ont été comptées par moitié (comme pour indiquer une autre moitié, un autre peuple, une autre terre… ?).

Lamech, le père de Noé le juste (Gn 6,9), vit 777 ans (Gn 6,31). A la fin des jours de Noé en 2004 (cf. le message précédent), Terach, le père d’Abraham le juste (Rm 4,2-3), est âgé de 128 ans et il va encore vivre jusqu’à 205 ans (Gn 11,32), soit pendant 77 ans.
Terach prolonge et renouvelle ainsi, après le déluge, les 777 ans de la vie de Lamech en y ajoutant 77 ans après la mort de son fils Noé.
Plus tard, Saint Luc nous présentera la généalogie du Christ en 77 générations (Lc 3,23-38).

De même que Noé, le fils de Lamech, a été l’homme de Dieu pour sauver l’humanité et assurer sa descendance après le déluge, de même Abraham, le fils de Terach, va être l’homme de Dieu pour sauver l’humanité par une autre descendance.

Dans le texte de la Genèse, il peut être observé que jusqu’au déluge, la vie de chaque patriarche était décrite en deux parties (avant et après l’engendrement d’une descendance) réunies ensuite par un total d’années (Gn 5,3-31). Après le déluge, ces deux parties de la vie de chaque patriarche ne sont plus réunies en un total, mais forment seulement deux parties jointes (Gn 11,10-25).

Avant le déluge, Noé a été engendré par Lamech après 182 ans (Gn 5,28), soit la durée de la moitié d'une année solaire. Abraham et les patriarches qui font lui succéder vont doubler l’œuvre brisée par le déluge, jusqu’à l’installation d’un peuple nouveau sur une terre nouvelle qui remplaceront le peuple et la terre de l’adamah.

L’enfantement de Noé à la moitié d’une année solaire évoque une autre moitié, mais aussi une division en deux moitiés.

Désormais, des années divisées par moitié ont pu devenir signe de la naissance d’un nouveau peuple (le peuple hébreu issu d’Abraham, Isaac et Jacob) sur une nouvelle terre (Canaan), en remplacement du peuple issu d’Adam et de l’adamah, détruits par le déluge.

Mais, plus encore, ne faut-il pas penser que, pour les patriarches, ce temps n’a été compté par moitiés incomplètes que parce qu’il devait lui-même été doublé jusqu’à l’avènement d’un autre temple et d’un autre peuple destiné à une autre terre nouvelle ?

En effet, s’il y a 980 ans de la naissance d’Abraham à la réalisation du temple de Salomon en 947 avant Jésus-Christ, cette durée est doublée ensuite pour un autre temple que le Christ a promis de relever en trois jours (Jn 2,19) environ 33 ans après les 947 années avant Jésus-Christ qui ont suivi l’achèvement du temple de Salomon.

Dans ce contexte, comment ne pas retenir l’hypothèse qu’en ce qui concerne les âges des patriarches en cause, le récit a pu retenir des années doubles (lors desquelles chaque année réelle compte pour deux ans) qui font d’Abraham, Isaac, Jacob, et Moïse, des figures d’un nouveau peuple et d’une terre nouvelle, pour leur temps incomplet et en vue d'un temps futur qui l'achèvera ?

Dans ces conditions, jusqu’à l’installation parfaite du peuple issu de la descendance d’Abraham dans la terre nouvelle avec un temple achevé, les années des patriarches ne sont plus des temps complets mais des moitiés de 182 jours, de sorte que leurs années prises en compte par moitiés ont été doublées par rapport à la réalité historique dans laquelle deux années réduites de moitié ne correspondent qu’à une seule année du calendrier ordinaire.

Une durée collective de la vie des patriarches ?

En ce qui concerne l’âge de Terach, qui meurt à 205 ans, il peut être observé que, dans les généalogies bibliques, celui qui engendre n’est pas nécessairement le père biologique direct de celui qui est engendré. Il peut en être le grand-père, voire un ascendant plus éloigné. C’est ainsi, par exemple, que la Genèse rapporte, dans la généalogie d’Abraham, qu’Arphaxad, engendre Sala (Gn 11,12) alors que, selon l’évangile de Saint Luc, il y a une génération intercalée car Arphaxad engendre Kaïnam qui lui-même engendre Sala (Lc 3,36).

On peut penser que, lorsqu’elles s’étendent sur des centaines d’années, la vie et la mort d’un patriarche ne visent pas nécessairement un seul individu.

Ainsi, l’individu engendré par Lamech après 182 ans n’est pas nécessairement l’individu Noé qui a vécu le déluge 600 ans plus tard, mais peut être un aïeul dont Noé est issu après plusieurs générations. De même, la mort de Noé ne vise pas nécessairement la mort physique de l’individu Noé qui a vécu le déluge, mais peut être datée par le moment lors duquel sa maison, son lieu ou sa communauté de vie, sont délaissés par sa descendance.

Un nom peut être porté par des générations successives, ce qui encore le cas aujourd’hui.

Aussi, l’individu nommé Terach qui quitte Ur en 2004, pourrait être, en réalité, le fils ou le petit-fils du Terach engendré 128 ans plus tôt par Nachor (Gn 11,25).

A priori, c’est plutôt son fils Terach II, voire plus probablement (après 58 ans) son petit-fils Terach III qui quitte Ur avec toute sa famille. A Charan, c’est peut-être un Terach IV, voire un Terach V, qui prolongent le nom de Terach pendant 77 ans après le départ d’Ur jusqu’à la mort de « Terach » en 1927.

De même, l’individu nommé Abram qui naît lorsque Terach a 70 ans peut, en réalité, être un aïeul de l’Abraham de la promesse, et l’individu Abram, qui quitte Ur avec son père Terach, n’est pas nécessairement le même Abram qui recevra la promesse. Celui-ci pourrait être le fils, voire un petit-fils ou un descendant ultérieur prolongeant le nom du patriarche initial ayant quitté Ur.

Le fait que, dans la chronologie biblique, le patriarche Abraham reçoit la promesse et quitte Charan à l’âge de 75 ans, après la mort de Terach à l’âge de 205 ans, soit 135 ans après que Terach ait engendré Abraham, ne permet guère de considérer que le patriarche Abraham qui a reçu la promesse, sa femme Sarah et leur neveu Lot, soient eux-mêmes sortis de Ur avec Terach.

Lorsque Terach « prend » Abram, Lot et Saraï et « sort » avec eux de Ur, cela paraît plutôt symbolique. Lorsque Terach part, c’est en réalité son clan et il engage sa descendance. Abram, Saraï et Lot ne sont-ils pas dans le sein de leur aïeul lorsqu’il quitte Ur ?

Jésus lui-même s’exprima à la manière hébraïque qui permet de considérer qu’un fils prolonge et représente la vie de son père : « Celui qui m’a vu a vu le père… Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ?» (Jn, 14,9-10).

Dans les conditions qui précèdent, la cessation des jours de Terach après 205 ans ne correspond pas à la mort d’un individu mais plutôt à l’achèvement du cycle de Noé qui ouvre une ère nouvelle. Celle d’un autre juste (Abraham préfiguré par Noé), d’une autre descendance (Isaac préfiguré par les fils de Noé).

Comment peut-on, dès lors, dater l’histoire d’Abraham à Salomon dans la réalité historique ?

Sur la base des hypothèses proposées, les évènements bibliques en cause pourraient se dater comme suit dans le calendrier historique :

2132 ACN Engendrement de Terach, 128 ans avant la fin des jours de Noé (selon le décompte de Gn 9,28 et 11,10-24)
2062 ACN Engendrement d’Abram, lorsque Terach a 70 ans (Gn 11,26) (2132 – 2062 ACN)
2004 ACN Fin des jours de Noé (cf. ci-avant), chute de la troisième dynastie de Ur et Terach quitte Ur avec sa descendance
(Gn 11,31)
1927 ACN Fin des jours de Terach à 205 ans (2132 ACN – 205 ans) (Gn 11,32), soit 77 ans après la fin des jours de Noé
(2004 – 1927 ACN)
1877 ACN Naissance du patriarche Abraham, 50 ans (la moitié de cent années doubles) (Gn 21,5), avant la naissance
d’Isaac qui naît en 1827 (cf. ci-après) (1827 ACN – 50 ans)
1857 ACN Promesse faite à Abraham, 430 ans avant la loi sur la circoncision des païens donnée à la sortie d’Egypte en 1427
(cf. ci-après) (Ex 12,37-48 et Ga 3,17) (1427 ACN + 430 ans)
1840 ACN Abrahma quitte Charan à l’âge de 37 ans (la moitié de 75 années doubles) (Gn 12,4) (1877 ACN – 37 ans)
1827 ACN Naissance d’Isaac, 400 ans avant la sortie d’Egypte (cf. ci-après) (1427 ACN + 400 ans)
1797 ACN Naissance de Jacob lorsque Isaac a 30 ans (la moitié de 60 années doubles) (Gn 25,26) (1827 ACN – 30 ans)
1732 ACN Arrivée de Jacob en Egypte à 65 ans (la moitié de 130 années doubles), huit ans (la moitié de 17 années doubles)
avant sa mort (cf ci-après) (Gn 47,28) (1724 + 8 ans)
1724 ACN Mort de Jacob en Egypte, à l’âge de 73 ans (la moitié de 147 années doubles) (Gn 47,28) (1797 ACN – 73 ans)
1467 ACN Naissance de Moïse 40 ans (la moitié de 80 années doubles) avant la sortie d’Egypte (cf. ci-après)
1427 ACN Le séjour en Egypte s’achève 400 ans après le début de l’asservissement de la descendance d’Abraham (Gn
15,13 et Ac 7,6) (1827 ACN – 400 ans) et 430 ans après la promesse à Abraham (cf. ci-dessus) (1857 ACN - 430 ans)
971 ACN Date historique du début du règne de Salomon
967 ACN Début de la construction du temple, la quatrième année du règne de Salomon (1 R 6,1) (971 ACN – 4 ans)
947 ACN Achèvement du temple de Jérusalem après 20 ans (1 R 6,37-38, 1 R 7,1 et 1 R 9,10) (967 ACN – 20 ans)

L’arrivée de Jacob en Egypte en 1732 ACN concorde avec le fait que des historiens relèvent que c’est vers 1730 avant Jésus-Christ que de nombreuses populations venant de Palestine, de Syrie et de l’ouest de l’Asie arrivent en Egypte. Ces populations sont connues sous le nom d’Hyksos.
La famille de Jacob n’était pas la seule à fuir la famine. Provenant de Canaan et du pays du Sumer, elle fait partie de la masse des Hyksos.
Les Hyksos ont été si nombreux qu’ils sont devenus majoritaires en Egypte au point que plusieurs d’entre eux en ont été les pharaons. Ils ont ultérieurement fait l’objet d’importantes persécutions qui confirment celles que relate la Bible et qui ont abouti, notamment, à l’exode de 1427 ACN. Cet exode ne concernait pas que des Israélites. Au contraire, la Bible relate elle-même qu’une foule immense de gens de toute espèce accompagnait les tribus d’Israël. Ce ne sont pas les seuls descendants de Jacob qui formaient cette foule de 600.000 hommes indiquée par le récit biblique (Ex 12,37-38).

La réalité historique, vers 1427 ACN, d’un exode important d’un grand nombre de travailleurs au service de pharaon racontée par la Bible concorde avec une campagne militaire du pharaon Amenhotep II qui, en l’an 9 de son règne (qui commence à une date que les égyptologues situent entre 1454 et 1413 ACN), a ramené en Egypte 89.000 personnes de Palestine parce qu’il était en manque de main d’œuvre.

En 1467 ACN, la naissance de Moïse et son adoption comme prince royal peuvent s’expliquer par le fait qu’à cette époque, la fonction de pharaon était probablement (car il reste des discussions entre les égyptologues quant aux dates des règnes) exercée par une femme pharaon, Hatchepsout, veuve sans descendant mâle du précédent pharaon Thoutmosis II. Hatchepsout avait pris le pouvoir du fait du très jeune âge du seul héritier mâle Thoutmosis III, fils d’une autre femme de Thoutmosis II.

En l’absence de toute autre héritier mâle, pour assurer le trône, et, si possible dans sa propre branche familiale, Hatchepsout a pu trouver adéquat d’adopter un enfant mâle. Il est possible, dans ce contexte, que la maman de Moïse d’origine sumérienne, se souvenant peut-être de la légende de Sargon d’Akkad sauvé des eaux dans un panier, ait tenté avec succès de faire adopter l’enfant par la fille de Hatchepsout nommée Néfétouré en faisant dériver le bébé Moïse sur le fleuve où cette jeune fille se baignait (Ex 1,22 à 2,10).

Au décès de Hatchepsout, le jeune Moïse a perdu sa protection et a pu devenir un prince rival encombrant pour Amenhotep II (le fils unique du pharaon Thoutmosis III), de sorte qu’il a quitté la maison royale après un incident (Ex 2,11-21). Thoutmosis III a encore eu un règne de plus de trente ans après la mort d’Hatchepsout, ce qui correspond au fait que l’Exode indique qu’il est mort « longtemps après » (Ex 2,23). Selon les avis divergents des égyptologues, Thoutmosis III meurt à une date qui varie de 1452 à 1413 avant Jésus-Christ, mais la plupart des avis les plus récents la situent vers 1425.

Il est possible, dans ce contexte, que Moïse ait négocié le départ du peuple Hébreu avec le nouveau pharaon Amenhotep II et organisé l’exode vers 1427, même s’il subsiste une imprécision.

A cet égard, pour cette date de 1427, comme pour les autres dates proposées, il ne faut pas chercher une exactitude historique certaine dans l’hypothèse suggérée ici. Elles ne sont mentionnées que pour la clarté de la compréhension de la perspective historique du ou des auteur(s) des textes bibliques en cause qui est envisagée.

Au contraire, en mélangeant des années doubles et des années ordinaires, en y intégrant des durées arrondies (indiquant une approximation et une ignorance des durées précises réelles) ou des durées manifestement symboliques confirmant l’importance prépondérante du sens des évènements et leur réalité historique malgré l’absence de dates précisément connues avec certitude, les auteurs bibliques ont écrit avec autant de sagesse et de prudence que des historiens modernes, sans dépasser les limites de leurs connaissances concrètes.

Il n’y a pas eu de boulier compteur précis et fiable, mais la réalité historique générale est affirmée tant par la rigueur mathématique des durées présentées que par le respect des limites des faits connus.

Les dates proposées ici, sur la base d’hypothèses, doivent continuer à être confrontées aux progrès de la connaissance des faits historiques qui peut varier par rapport à celle des auteurs de la Bible sans affecter l’essentiel du caractère historique des faits en cause.

Il importe peu de connaître la date ou l’année précise de naissance ou de mort de tel ou tel individu. Ce qui compte, c’est une parole vraie sur sa présence et ses actions réelles dans l’histoire concrète.

Les égyptologues se disputent encore aujourd’hui sur les datations des règnes des divers pharaons d’Egypte. La date exacte de l’effondrement de la troisième dynastie de Ur, de la construction du temple de Salomon ou de la durée de vie de Moïse importe peu. Les historiens proposeront leurs appréciations.

Lorsqu’une concordance semble constatée entre des dates historiques et des indications bibliques, cela confirme le caractère concret historique des faits bibliques en cause, mais ceux-ci restent des témoignages très indirects qui ne relatent historiquement que les connaissances limitées des auteurs bibliques. Demain, des dates aussi précises que 2004, 1427 ou 947 avant notre ère seront peut-être davantage affinées ou rectifiées. Pour le récit biblique, cela ne change rien à l’essentiel que ce récit veut nous communiquer et qui résulte de manière suffisante des approximations possibles à l’époque où les textes bibliques ont été écrits.

Cela n’enlève rien à la valeur historique des récits que la Bible a pu raconter sur la base des connaissances de l’époque qui, à ce jour, concordent largement avec les opinions archéologiques et historiques majoritaires.


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