Apocalypse : La femme et le dragon

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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gerardh
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Re: Ma vision de l'Apocalypse

Message non lupar gerardh » lun. 30 mars 2015, 8:39

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Salut Cinci,

Je veux dire que si l'on suit votre raisonnement, il n'y aurait pas pu non plus y avoir d'ère chrétienne.



__________

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blue eyes
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Re: Apocalypse : La femme et le dragon

Message non lupar blue eyes » mar. 28 mars 2017, 3:03

En spoiler, un extrait du livre, contre les hérésie v, par saint Irenée, un des père de l'église.

Lui aussi, tout commemoi, crois au millénaire à venir, millénaire qu'il associe ai règne glorieux du Christ.
Spoiler!
2. LA « RÉSURRECTION DES JUSTES »
Étapes progressives dans l'achem
inement des justes vers la vie
céleste
Mais certains, qui passent pour croire avec rectitude, négligen
t l'ordre suivant lequel devront progresser les
justes et méconnaissent le rythme selon lequel ils s'exerceront
à l'incorruptibilité. Ils ont ainsi en eux des
pensées hérétiques : car les héré
tiques, méprisant l'ouvrage mo
delé par Dieu et n'acceptant pas le salut de leur
chair, dédaignant aussi, par ailleurs, la promesse de Dieu et d
épassant complètement Dieu par leurs pensées,
assurent qu'aussitôt après leur mort ils monteront par-dessus les cieux et pardessus le Créateur lui-même,
pour aller vers la "Mère", ou vers le Père faussement imaginé p
ar eux. Ceux donc qui rejettent catégoriquement
la résurrection et, autant qu'il dépend d'eux, la suppriment, q
u'y a-t-il d'étonnant s'ils ignorent jusqu'à l'ordre
selon lequel aura lieu cette rés
urrection ? Ils ne veulent pas
comprendre que, si les choses étaient telles qu'ils le
prétendent, le Seigneur lui-même, en qui ils se targuent de cro
ire, n'aurait pas opéré sa résurrection après trois
jours, mais, après avoir expiré sur la croix, serait aussitôt r
emonté dans les hauteurs en abandonnant son corps
à la terre. En fait, trois jours durant, il a séjourné là où ét
aient les morts, selon ce que le prophète dit de lui : « Le
Seigneur s'est souvenu de ses saints morts qui dormaient dans la terre du tombeau, et il est descendu vers eux
pour les libérer, pour les sauver ». Le Seigneur lui-même dit de son côté : « De même que Jonas fut trois jours et
trois nuits dans le ventre du poisson, ainsi le Fils de l'homme sera dans le sein de la terre ». Son Apôtre dit
~ 37 ~
aussi : « Que signifie : "Il est monté", sinon qu'il était desc
endu dans les régions inférieures de la terre ? » David,
prophétisant de lui, avait dit de même : « Tu as délivré mon âm
e des profondeurs de l'enfer ». Et, après être
ressuscité le troisième jour, le Seigneur disait à Marie, qui é
tait la première à le voir et qui s'était jetée à ses
pieds : « Ne me touche pas, car je ne suis pas encore monté ver
s le Père ; mais va vers mes disciples et dis-leur :
Je monte vers mon Père et votre Père ».
Si donc le Seigneur lui-même a observé la loi des morts, pour d
evenir le Premier-né des morts, s'il a séjourné
trois jours dans les régions inférieures de la terre, s'il est
ensuite ressuscité dans sa chair, de façon à pouvoir
montrer à ses disciples jusqu'aux marques des clous, et si aprè
s tout cela seulement il est monté vers son Père,
comment ne rougissent-ils pas, ce
ux qui prétendent que les enfe
rs s'identifient avec notre monde et que leur
"homme intérieur", laissant ici-bas le corps, doit monter dans le lieu supracéleste ? Puisque le Seigneur « s'en
est allé au milieu de l'ombre de la mort », là où étaient les â
mes des morts, qu'il est ensuite ressuscité
corporellement et qu'après sa ré
surrection seulement il a été enlevé au ciel, il est clair qu'il en ira également de
même pour ses disciples, puisque
c'est pour eux que le Seigneur a fait tout cela : leurs âmes iront donc au lieu
invisible qui leur est assigné par Dieu et elles y séjourneront
jusqu'à la résurrection, attendant cette
résurrection ; puis elles recouv
reront leurs corps et ressuscit
eront intégralement, c'est-à-dire corporellement, à
la manière même dont le Seigneur est ressuscité, et elles viend
ront de la sorte en la présence de Dieu : « car il
n'y a pas de disciple qui soit au-dessus du Maître, mais tout d
isciple, une fois devenu parfait, sera comme son
Maître ». Notre Maître ne s'est pas aussitôt envolé, mais il a d'abord attendu le moment de sa résurrection,
qu'avait fixé son Père et qu'avait indiqué l'histoire de Jonas,
puis il est ressuscité après trois jours et, ensuite
seulement, a été enlevé au ciel : ainsi nous-mêmes, nous devons
d'abord attendre le moment de notre
résurrection arrêté par Dieu et annoncé par les prophètes, puis
, une fois ressuscites, nous serons enlevés au
ciel, tous ceux d'entre nous du
moins que le Seigneur en aura j
ugés dignes.
Le royaume des justes, accompliss
ement de la promesse faite par
Dieu aux pères
Ainsi donc, certains se laissent induire en erreur par les disc
ours hérétiques, au point de méconnaître les
"économies" de Dieu et le mystère de la résurrection des justes
et du royaume qui sera le prélude de
l'incorruptibilité, royaume par lequel ceux qui en auront été j
ugés dignes s'accoutumeront peu à peu à saisir
Dieu. Aussi est-il nécessaire de déclarer à ce sujet que les ju
stes doivent d'abord, dans ce monde rénové, après
être ressuscites à la suite de l'apparition du Seigneur, recevo
ir l'héritage promis par Dieu aux pères et y régner ;
ensuite seulement aura lieu le jugement de tous les hommes. Il
est juste, en effet, que, dans ce monde même où
ils ont peiné et où ils ont été éprouvés de toutes manières par
la patience, ils recueillent le fruit de cette
patience ; que, dans le monde où ils ont été mis à mort à cause
de leur amour pour Dieu, ils retrouvent la vie ;
que, dans le monde où ils ont enduré la servitude, ils règnent. Car Dieu est riche en tous biens, et tout lui
appartient. Il convient donc que l
e monde lui-même, restauré en
son état premier, soit, sans plus aucun
obstacle, au service des justes. C'est ce que l'Apôtre fait con
naître dans son épître aux Romains, lorsqu'il dit :
« La création attend avec un ardent désir la révélation des fil
s de Dieu : car elle a été assujettie à la vanité, non
de son gré, mais à cause de celui qui l'y a assujettie, avec l'
espérance qu'elle aussi serait un jour libérée de
l'esclavage de la corruption pour
avoir part à la liberté glorieuse des enfants de Dieu ».
De cette manière, également, la promesse faite jadis par Dieu à
Abraham demeure stable. Il lui avait dit, en
effet : « Lève les yeux et, du lieu où tu es, regarde vers le n
ord et vers le midi, vers l'orient et vers la mer : toute
la terre que tu vois, je la donnerai à toi et à ta postérité à
jamais ». Il lui avait dit encore : « Lève-toi, parcours la
terre dans sa longueur et dans sa largeur, car je te la donnera
i ». Pourtant Abraham ne reçut sur terre aucun
héritage, pas même un pouce de terrain, mais toujours il y fut
« un étranger et un hôte de passage ». Et lorsque
mourut Sara, sa femme, comme les Hétéens voulaient lui donner g
ratuitement un lieu pour l'ensevelir, il ne
voulut point l'accepter, mais il acheta un tombeau pour quatre
cents didrachmes d'argent
à Éphron, fils de Séor,
le Hétéen. Il attendait la prome
sse de Dieu et ne voulait point paraître recevoir des hommes ce que Dieu avait
promis de lui donner, en disant : « Je donnerai à ta postérité
cette terre, depuis le fleuve d'Égypte jusqu'au
~ 38 ~
grand fleuve, l'Euphrate » ; et il lui avait énuméré les dix na
tions qui habitaient toute cette contrée. Si donc Dieu
lui a promis l'héritage de la terre et s'il ne l'a pas reçu dur
ant tout son séjour ici-bas, il faut qu'il le reçoive avec
sa postérité, c'est-à-dire avec ceux qui craignent Dieu et croi
ent en lui, lors de la résurrection des justes. Or sa
postérité c'est l'Église, qui, p
ar le Seigneur, reçoit la filia
tion adoptive à l'égard d'Abraham, comme le dit Jean-
Baptiste : « Car Dieu peut, à partir des pierres, susciter des fils à Abraham ». L'Apôtre aussi dit dans son épître
aux Galates : « Pour vous, frère
s, vous êtes, à la manière d'Is
aac, les enfants de la promesse ». Il dit encore
clairement, dans la même épître,
que ceux qui ont cru au Christ
reçoivent, par le Christ, la promesse faite à
Abraham : « C'est à Abraham que
les promesses ont été faites et
à sa postérité. On ne dit pas : "et à ses
descendants", au pluriel, mais a
u singulier : "et à sa postérité", laquelle n'est autre que le Christ ». Et, pour
confirmer tout cela, il dit encore : « C'est ainsi qu'Abraham crut à Dieu et cela lui fut imputé à justice.
Reconnaissez-le donc : ceux qui sont de la foi, ce sont eux les fils d'Abraham. Or, prévoya
nt que Dieu justifierait
les gentils par la foi, l'Écritu
re annonça d'avance à Abraham c
ette bonne nouvelle : Toutes les nations seront
bénies en toi. Ceux qui sont de la foi sont donc bénis avec Abr
aham le croyant ». Ainsi donc, ceux qui sont de la
foi sont bénis avec Abraham le croyant, et ce sont eux les fils d'Abraham. Or Dieu a promis l'héritage de la terre
à Abraham et à sa postérité. Si donc ni Abraham ni sa postérité
, c'est-à-dire ceux qui sont justifiés par la foi, ne
reçoivent maintenant d'héritage sur terre, ils le recevront lor
s de la résurrection des justes, car Dieu est
véridique et stable en toutes choses. Et c'est pour ce motif qu
e le Seigneur disait : « Bienheureux les doux, parce
qu'ils posséderont la terre en héritage ».
L'héritage de la terre annoncé p
ar le Christ et prophétisé par la bénédiction de Jacob et par Isaïe
C'est pourquoi, lorsqu'il vint à sa Passion, pour annoncer à Ab
raham et à ceux qui étaient avec lui la bonne
nouvelle de l'ouverture de cet héritage, après avoir rendu grâc
es sur la coupe, en avoir bu et l'avoir donnée à
ses disciples, il leur dit : « Buvez-en tous, car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui va être
répandu pour un grand nombre en rémission des péchés. Je vous l
e dis, je ne boirai plus désormais du fruit de
cette vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père ». Sans aucun
doute, c'est dans l'héritage de la terre qu'il le boira, de cet
te terre que lui-même renouvellera et rétablira dans
son état premier pour le service
de la gloire des enfants de Di
eu, selon ce que dit David :
« Il renouvellera la face
de la terre ». En promettant d'y boire du fruit de la vigne ave
c ses disciples, il a fait connaître ces deux choses :
l'héritage de la terre, en leque
l sera bu le fruit nouveau de l
a vigne, et la résurrection co
rporelle de ses disciples.
Car la chair qui ressuscitera dans une condition nouvelle est aussi celle-là même qui aura part à la coupe
nouvelle. Ce n'est pas, en effet, alors qu'il serait dans un li
eu supérieur et supracéleste avec ses disciples, que le
Seigneur peut être conçu comme buvant du fruit de la vigne ; et
ce ne sont pas davantage des êtres dépourvus
de chair qui pourraient en boire, car la boisson tirée de la vi
gne a trait à la chair, non à l'esprit.
C'est pourquoi le Seigneur disait : « Lorsque tu donnes un dîne
r ou un souper, n'invite pas des riches, ni des
amis, des voisins et des parents, de peur qu'eux aussi ne t'inv
itent à leur tour et qu'ils ne te le rendent ; mais
invite des estropiés, des aveugles, des pauvres, et heureux ser
as-tu de ce qu'ils n'ont pas de quoi te rendre, car
cela te sera rendu lors de la ré
surrection des justes ». Il dit
encore : « Quiconque aura quitté champs, ou
maisons, ou parents, ou frères, ou enfants à cause de moi, rece
vra le centuple en ce siècle et héritera de la vie
éternelle dans le siècle à venir ». Quel est en effet le centup
le que l'on recevra en ce siècle, et quels sont les
dîners et les soupers qui auront été donnés aux pauvres et qui
seront rendus ? Ce sont ceux qui auront lieu au
temps du royaume, c'est-à-dire en ce septième jour qui a été sa
nctifié et en lequel Dieu s'est reposé de toutes
les œuvres qu'il avait faites : vrai sabbat des justes, en lequel ceux-ci, sans plus avoir à faire aucun travail
pénible, auront devant eux une ta
ble préparée par Dieu et regor
geant de tous les mets.
C'est le contenu même de cette bé
nédiction dont Isaac bénit Jac
ob, son fils cadet, en lui disant : « Voici que
l'odeur de mon fils est comme l'odeur d'un champ rempli de blé
qu'a béni le Seigneur ». Or le champ, c'est le
monde. Aussi Isaac ajouta-t-il : « Que Dieu te donne, de la ros
ée du ciel et de la graisse de la terre, abondance de
blé et de vin ! Que les nations te servent, et que les princes
se prosternent devant toi ! Sois le seigneur de ton
~ 39 ~
frère, et que les fils de ton père se prosternent devant toi !
Maudit soit qui te maudira, et béni soit qui te
bénira ! » Si l'on n'entend pas cela des temps du royaume dont
nous venons de parler, on tombera dans des
contradictions et des difficulté
s considérables, celles-là même
s où les Juifs tombent et se débattent. Car non
seulement, durant son séjour sur terre, Jacob ne vit pas les na
tions le servir, mais, à pe
ine reçue la bénédiction,
ce fut lui qui partit servir son oncle Laban le Syrien durant v
ingt ans. Et non seulement il ne devint pas le
seigneur de son frère, mais ce fut lui qui se prosterna devant
Esaï, quand il revint de Mésopotamie vers son
père, et qui lui offrit quantité de présents. Et l'abondance du
blé et du vin, comment
les reçut-il ici-bas en
héritage, lui qui, à la suite d'une famine survenue dans le pay
s qu'il habitait, émigra en Égypte, pour y devenir
sujet de Pharaon qui régnait alor
s en Égypte ? La bénédiction d
ont nous venons de parler se rapporte donc sans
conteste aux temps du royaume :
alors régneront les justes, apr
ès être ressuscites d'entre les morts et avoir été,
du fait de cette résurrection même, comblés d'honneur par Dieu
; alors aussi la création, libérée et renouvelée,
produira en abondance toute espèc
e de nourriture, grâce à la ro
sée du ciel et à la graisse de la terre.
C'est ce que les presbytres qui ont vu Jean, le disciple du Sei
gneur, se souviennent avoir entendu de
lui, lorsqu'il évoquait l'ensei
gnement du Seigneur relatif à c
es temps-là. Voici donc ces paroles du Seigneur : « Il
viendra des jours où des vignes croîtront, qui auront chacune d
ix mille ceps, et sur chaque cep dix mille
branches, et sur chaque branche dix mille bourgeons, et sur cha
que bourgeon dix mille g
rappes, et sur chaque
grappe dix mille grains, et chaque grain pressé donnera vingt-c
inq cuves de vin. Et lorsque l'un des saints
cueillera une grappe, une autre g
rappe lui criera : Je suis mei
lleure, cueille-moi et, par moi, bénis le Seigneur !
De même le grain de blé produira dix mille épis, chaque épi aur
a dix mille grains et chaque grain donnera cinq
tonnes de belle farine ; et il en sera de même, toute proportio
n gardée, pour les autres fruits, pour les semences
et pour l'herbe. Et tous les animaux, usant de cette nourriture
qu'ils recevront de la terre, vivront en paix et en
harmonie les uns avec les autres et seront pleinement soumis au
x hommes ». Voilà ce que Papias, auditeur de
Jean, familier de Polycarpe, hom
me vénérable, atteste par écrit
dans le quatrième de ses livres — car il existe
cinq livres composés par lui —. Il ajoute : « Tout cela est cro
yable pour ceux qui ont la foi. Car, poursuit-il,
comme Judas le traître demeurait incrédule et demandait : Comme
nt Dieu pourra-t-il créer de tels fruits ? — le
Seigneur lui répondit : Ceux-là le verront, qui vivront jusqu'a
lors ».
Tels sont donc les temps que prophétisait Isaïe, lorsqu'il disa
it : « Le loup paîtra avec l'agneau, le léopard
reposera avec le chevreau ; le veau, le taureau et le lion paîtront ensemble, et un petit enfant les conduira. Le
bœuf et l'ours paîtront ensemble, et leurs petits seront ensemble ; le lion comme le bœuf mangera de la paille.
L'enfant en bas âge mettra sa mai
n dans le trou de la vipère et
dans le gîte des petits de la vipère, et ils ne feront
pas de mal et ils ne pourront plus faire périr personne sur ma
montagne sainte ». Reprena
nt les mêmes traits, il
dit encore ailleurs : « Alors loups et agneaux paîtront ensembl
e ; le lion, comme le bœuf, mangera de la paille, et
le serpent mangera de la terre en guise de pain, et ils ne fero
nt ni mal ni dommage sur ma montagne sainte, dit
le Seigneur ». Certains, je ne l'ignore pas, tentent d'applique
r ces textes de façon métaphorique à ces hommes
sauvages qui, issus de diverses
nations et ayant eu toute espèce de comportements, ont embrassé la foi et,
depuis qu'ils ont cru, vivent en bonne entente avec les justes.
Mais, même si cela a lieu dès à présent pour des
hommes issus de toutes sortes de nations et venus à une même di
sposition de foi, cela n'en aura pas moins lieu
pour ces animaux lors de la résurrection des justes, ainsi que
nous l'avons dit ; car Dieu est riche en toutes
choses, et il faut que, lorsque le monde aura été rétabli dans
son état premier, toutes les bêtes sauvages
obéissent à l'homme et lui soient soumises et qu'elles revienne
nt à la première nourriture donnée par Dieu, à la
manière dont elles étaient soumises à Adam avant sa désobéissan
ce et dont elles mangeaient les fruits de la
terre. Ce n'est d'ailleurs pas le moment de prouver que le lion
se nourrira de paille ; mais
ce trait indique bien la
grandeur et l'opulence des fruits : car, si une bête telle que
le lion doit se nourrir de paille, quel ne sera pas le
blé dont
la simple paille su
ffira à nourrir des lions !
Israël rétabli dans sa terre, af
in d'y avoir part aux biens du
Seigneur
~ 40 ~
Isaïe lui-même annonce clairement qu'une joie de cette sorte au
ra lieu à la résurrection des justes, lorsqu'il dit :
« Les morts ressusciteront, ceux
qui sont dans les tombeaux se lèveront et ceux qui sont dans la terre
se réjouiront, car la rosée qui vient de toi est pour eux une
guérison ». Ézéchiel dit de même : « Voici que je vais
ouvrir vos tombeaux, et je vous
ferai sortir de
vos tombeaux, et je vous introduirai dans la terre d'Israël. Et vous
saurez que je suis le Seigneur, quand j’Ouvrirai vos tombeaux,
quand je ferai sortir des tombeaux mon peuple.
Je mettrai mon Esprit en vous, et vous vivrez, et je vous établirai sur votre terre, et vous saurez que je suis le
Seigneur ». Le même prophète dit encore : « Voici ce que dit le
Seigneur : Je rassemblerai Israël d'entre toutes
les nations parmi lesquelles ils ont été dispersés, et je me sa
nctifierai en eux aux yeux des peuples des nations,
et ils habiteront sur leur terre, que j'ai donnée à mon serviteur Jacob. Ils y habiteront en sécurité ; ils bâtiront
des maisons et planteront des vignes ; ils habiteront en sécuri
té, quand j'exercerai un jugement sur tous ceux
qui les auront méprisés, sur ceux de leurs alentours, et ils sa
uront que je suis le Seigneur, leur Dieu et le Dieu de
leurs pères ». Or nous avons montré un peu plus haut que c'est
l'Église qui est la postér
ité d'Abraham. Et c'est
pourquoi, afin que nous sachions que tout cela se réalisera dan
s la Nouvelle Alliance, qui, de toutes les nations,
rassemble ceux qui sont sauvés, suscitant ainsi à partir des pi
erres des fils à Abraham, Jérémie dit : « C'est
pourquoi voici que des jours viennent, dit le Seigneur, où l'on ne dira plus : "Le Seigneur est vivant, lui qui a
ramené les fils d'Israël de l'Égypte", mais : "Le Seigneur est
vivant, lui qui a ramené les fils d'Israël du pays du
septentrion et de toutes les contrées où ils avaient été chassé
s, et qui va les rétablir su
r leur terre, celle qu'il
avait donnée à leurs pères ».
Que toute créature doive, selon
la volonté de Dieu, croître et
parvenir à la plénitude de sa stature, pour
produire et faire mûrir de tels fruits, c'est ce que dit Isaïe
: « Sur toute haute montagne et sur toute colline
élevée il y aura des cours d'eau, en ce jour où beaucoup périront et où les tours tomberont. La lumière de la
lune sera comme la lumière du soleil, et la lumière du soleil s
era septuplée, le jour où le Seigneur portera
remède à la ruine de son peuple et guérira la douleur de ta pla
ie ». La "douleur de la plaie", c'est celle de cette
plaie dont fut frappé l'homme à l
'origine, lorsqu'il désobéit e
n Adam ; cette plaie, qui est la mort, Dieu la guérira
en nous ressuscitant d'entre les morts et en nous établissant d
ans l'héritage des pères, selon ce que contient la
bénédiction de Japhet : « Que Dieu donne de l'espace à Japhet, et qu'il habite dans les demeures de Sem ». Isaïe
dit encore : « Tu mettras ta confiance dans le Seigneur, et il
t'introduira dans les biens de la terre, et il te
nourrira de l'héritage de Jacob to
n père ». C'est ce que dit aussi le Seigneur : « Heureux ces serviteurs que le
maître, à son arrivée, trouvera
veillant ! En vé
rité, je vous le dis, il se ceindra, les fera mettre à table et, passant
devant eux, les servira. S'il a
rrive à la veille du soir et qu'
il les trouve ainsi, heureux sont-ils, car il les fera
mettre à table et les servira ; et si c'est à la deuxième ou à
la troisième veille qu'il arrive, heureux sont-ils ».
C'est cela même que Jean dit aussi dans l'Apocalypse : « Heureu
x et saint celui qui a part à la première
résurrection ! » Isaïe a également indiqué le moment où auront lieu ces événements : « Et je dis : Jusque à
quand, Seigneur ? Jusqu'à ce que les villes soient dépeuplées, faute d'habitants, ainsi que les maisons, faute
d'hommes, et que la terre soit laissée déserte. Après cela le S
eigneur éloignera les hommes, et ceux qui auront
été laissés se multiplieront sur la terre ». Daniel dit de même : « Le règne, la puissance et la grandeur des rois
qui sont sous le ciel ont été donnés aux saints du Très-Haut ;
son règne est un règne éternel, et tous les empires
le serviront et lui obéiront ». Et pour qu'on ne s'imagine pas
que cette promesse concerne l'époque présente, il
fut dit au prophète : « Pour toi, viens et tiens-toi dans ton h
éritage lors de la consommation des jours ».
Que ces promesses s'adressent non
seulement aux prophètes et aux pères, mais aux Églises rassemblées
d'entre les gentils — à ces Égli
ses auxquelles l'Esprit donne l
e nom d' "îles" parce qu'e
lles se trouvent placées
au milieu du tumulte, qu'elles su
bissent la tempête des blasphè
mes, qu'elles sont un port de salut pour ceux qui
sont en péril et un refuge pour
ceux qui aiment la vérité et s'
efforcent de fuir l'abîme de
l'erreur
—, c'est ce que
Jérémie dit en ces termes : « Nations, écoutez la parole du Sei
gneur et annoncez-la dans les îles lointaines ;
dites : "Celui qui a dispersé Israël le rassemblera et le garde
ra comme un berger son troupeau ; car le Seigneur a
racheté Jacob, il l'a délivré de
la main d'un plus fort que lui
". Ils viendront et se réjouiront sur la montagne de
Sion ; ils viendront vers les biens du Seigneur, vers une terre
de blé, de vin et de fruits, de bœufs et de brebis ;
leur âme sera comme un arbre fertile, et ils n'auront plus faim
désormais. Alors les jeunes filles se réjouiront
~ 41 ~
dans l'assemblée des jeunes gens,
et les vieillards se réjouiro
nt ; je changerai leur deuil en joie, je les réjouirai.
Je fortifierai et j'enivrerai l'âme des prêtres, fils de Lévi,
et mon peuple se rassasiera de mes biens ». Les lévites
et les prêtres, nous l'avons montré dans le livre précédent, ce
sont tous les disciples du Seigneur, qui, eux aussi,
« enfreignent le sabbat dans le Temple et ne sont pas coupables
». De telles promesses signifient donc, de toute
évidence, le festin que fournira cette création dans le royaume
des justes et que Dieu a promis d'y servir.
Jérusalem glorieusement rebâtie
Isaïe dit encore au sujet de Jérusalem et de Celui qui y régner
a : « Voici ce que dit le Seigneur : Heureux celui qui
a une postérité dans Sion et une parenté dans Jérusalem ! Voici
qu'un Roi juste régnera, et les princes
gouverneront avec droiture ». Et à propos des préparatifs de sa reconstruction il dit : « Voici que je te prépare
pour pierres de l'escarboucle et pour fondements du saphir ; je ferai tes créneaux de jaspe, tes portes de cristal
et ton enceinte de pierres précieuses ; tous tes fils seront en
seignés par le Seigneur, tes enfants seront dans une
grande paix, et tu seras édifiée dans la justice ». Le même pro
phète dit encore : « Voici que je crée Jérusalem
pour l'allégresse, et mon peuple pour la joie. Je serai dans l'
allégresse au sujet de Jérusalem, et dans la joie au
sujet de mon peuple. On n'y entendra plus désormais le bruit de
s lamentations ni le bruit des clameurs ; il n'y
aura plus là d'homme frappé d'une mort prématurée, ni de vieillard qui n'accomplisse pas son temps : car le
jeune homme aura cent ans, et le pécheur qui mourra aura cent a
ns et sera maudit. Ils bâtiront des maisons et
eux-mêmes les habiteront ; ils planteront des vignes et eux-mêm
es en mangeront les fruits. Ils ne bâtiront pas
pour que d'autres habitent ; ils ne planteront pas pour que d'autres mangent. Car les jours de mon peuple
seront comme les jours de l'arbr
e de vie : ils useront les ouvr
ages de leurs mains ».
Si certains essaient d'entendre de telles prophéties dans un se
ns allégorique, ils ne parviendront même pas à
tomber d'accord entre eux sur tous les points. D'ailleurs, ils
seront convaincus d'erreur par les textes eux-
mêmes, qui disent : « Lorsque le
s villes des nations seront dép
euplées, faute d'habitants, ainsi que les maisons,
faute d'hommes, et lorsque la terre sera laissée déserte... » «
Car voici, dit Isaïe, que le Jour du Seigneur vient,
porteur de mort, plein de fureur et de colère, pour réduire la terre en désert et en exterminer les pécheurs ». Il
dit encore : « Que l'impie soit enlevé, pour ne point voir la g
loire du Seigneur ! » « Et après » que « cela » aura eu
lieu, « Dieu, dit-il, éloignera les hommes, et ceux qui auront
été laissés se multiplieront sur la terre ». « Ils
bâtiront des maisons et eux-mêmes les habiteront ; ils plantero
nt des vignes et eux-mêmes en mangeront ».
Toutes les prophéties de ce genre se rapportent sans conteste à
la résurrection des justes, qui aura lieu après
l'avènement de l'Antéchrist et l'anéantissement des nations sou
mises à son autorité : alors les justes régneront
sur la terre, croissant à la suite de l'apparition du Seigneur
; ils s'accoutumeront, grâce à lui, à saisir la gloire du
Père et, dans ce royaume, ils accéderont au commerce des saints anges ainsi qu'à la communion et à l'union
avec les réalités spirituelles. Et tous ceux que le Seigneur tr
ouvera en leur chair, l'at
tendant des cieux après
avoir enduré la tribulation et avoir échappé aux mains de l'Imp
ie, ce sont ceux dont le prophète a dit : « Et ceux
qui auront été laissés se multiplieront sur la terre ». Ces der
niers sont aussi tous ceux d'entre les païens que
Dieu préparera d'avance pour que
, après avoir été laissés, ils
se multiplient sur la terre, soient gouvernés par
les saints et serv
ent à Jérusalem.
Plus clairement encore, au sujet de Jérusalem et du royaume qui
y sera établi, le prophète Jérémie a déclaré :
« Regarde vers l'Orient, ô Jérusalem, et vois la joie qui te vient de la part de Dieu. Voici qu'ils viennent, tes fils
que tu avais congédiés, ils viennent, rassemblés de l'Orient à
l'Occident par la parole du Saint, se réjouissant de
la gloire de Dieu. Quitte, Jérusa
lem, la robe de ton deuil et de ton affliction, et revêts pour toujours la parure de
la gloire venant de ton Dieu. Enveloppe-toi du manteau de la justice venant de Dieu ; mets sur ta tête le diadème
de la gloire éternelle. Car Dieu
montrera ta splendeur à toute la terre qui est sous le ciel. Car ton nom te sera
donné par Dieu pour jamais : "Paix de la justice" et "Gloire de
la piété". Lève-toi, Jérusalem, tiens-toi sur la
hauteur, et regarde vers l'Orien
t ; et vois tes fils rassemblés du couchant au levant par la parole du Saint, se
réjouissant de ce que Dieu s'est souvenu d'eux. Ils t'avaient q
uittée à pied, emmenés par les ennemis ; Dieu te
les ramène portés avec honneur, comme un trône royal. Car Dieu
a ordonné de s'abaisser à toute montagne
~ 42 ~
élevée et aux collines éternelles, et aux vallées de se combler
pour aplanir la terre, afin qu'Israël marche en
sécurité sous la gloire de Dieu. Les forêts et tous les arbres odoriférants ont prêté leur ombre à Israël par ordre
de Dieu. Car Dieu conduira Israël avec joie à la lumière de sa
gloire, avec la miséricorde et la justice qui
viennent de lui-même ». Ces événements ne sauraient se situer d
ans les lieux supracélestes — « car Dieu, vient
de dire le prophète, montrera ta splendeur à toute la terre qui est sous le ciel » —, mais ils se produiront aux
temps du royaume, lorsque la terre aura été renouvelée par le C
hrist et que Jérusalem aura été rebâtie sur le
modèle de la Jérusalem d'en haut.
Après le royaume des justes : la
Jérusalem d'en haut et le roya
ume du Père
C'est au sujet de celle-ci que le prophète Isaïe a dit : « Voic
i que sur mes mains j'ai peint tes murs, et tu es sans
cesse devant mes yeux ». L'Apôtre dit pareillement aux Galates
: « Mais la Jérusalem d'en haut est libre, et c'est
elle qui est notre Mère » : il ne dit pas cela de l'Enthymésis
d'un Éon égaré, ni d'une Puissance séparée du
Plérôme et dénommée Prounikos, mais de la Jérusalem peinte sur
les mains de Dieu.
C'est aussi cette dernière que, dans l'Apocalypse, Jean a vue d
escendre sur la terre nouvelle. Car, après les
temps du royaume, « je vis, dit-il, un grand trône blanc et Celui qui y était assis ; de devant sa face le ciel et la
terre s'enfuirent, et il ne se trouva plus de place pour eux ».
Il décrit alors en détail la résurrection et le
jugement universels : « Je vis, dit-il, les morts, les grands e
t les petits. Car la mort rendit les morts qui se
trouvaient en elle ; la mort et l'enfer rendirent ceux qui étai
ent en eux. Des livres furent ouverts. On ouvrit aussi
le livre de vie, et les morts furent jugés, d'après ce qui était écrit dans ces livres, selon leurs œuvres. Puis la
mort et l'enfer furent jetés dans l'étang de feu : cet étang de
feu, c'est la seconde mort ». C'est ce qu'on appelle la
Géhenne, dite aussi « feu éternel » par le Seigneur. « Et quico
nque, dit Jean, ne fut pas trouvé inscrit dans le livre
de vie fut jeté dans l'étang de feu ». Il dit ensuite : « Et je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle ; car le
premier ciel et la première terre s'en étaient allés, et la mer
n'était plus. Et je vis la cité sainte, la Jérusalem
nouvelle, descendre du ciel, d'auprès de Dieu, apprêtée comme u
ne fiancée parée pour son époux. Et j'entendis
une grande voix, sortant du trône, qui disait : "Voici le taber
nacle de Dieu avec les hommes : il habitera avec
eux, et ils seront ses peuples ; Dieu lui-même sera avec eux et sera leur Dieu. Et il essuiera toute larme de leurs
yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni
cri, ni douleur, car les premières choses s'en sont
allées" ». Isaïe l'avait déjà dit : « Ce sera le ciel nouveau et la terre nouvelle ; on ne se souviendra plus des
premières choses et elles ne rev
iendront plus à l'esprit ; mais on trouvera joie et allégresse dans cette terre
nouvelle ». C'est ce que dit l'Apôtre : « Car elle passe, la fi
gure de ce monde ». Et le Seigneur dit pareillement :
« Le ciel et la terre passeront ». Quand donc ces choses auront passé, nous dit Jean, le disciple du Seigneur, sur
la terre nouvelle descendra la Jé
rusalem d'en haut, telle une f
iancée parée pour son époux, et c'est elle qui sera
le tabernacle de Dieu, en lequel Dieu habitera avec les hommes.
C'est de cette Jérusalem-là que sera l'image la
Jérusalem de la première terre,
où les justes s'exerceront à l'
incorruptibilité et se prépareront au salut, comme
c'est aussi de ce tabernacle-là que Moïse a reçu le modèle sur la montagne.
Et rien de tout cela ne peut s'entendre allégoriquement, mais a
u contraire tout est ferme, vrai, possédant une
existence authentique, réalisé par Dieu pour la jouissance des
hommes justes. Car, de même qu'est réellement
Dieu Celui qui ressuscitera l'homme, c'est réellement aussi que
l'homme ressuscitera d'entre les morts, et non
allégoriquement, ainsi que nous l'avons abondamment montré. Et
de même qu'il ressusci
tera réellement, c'est
réellement aussi qu'il s'exercera
à l'incorruptibilité, qu'il c
roîtra et qu'il parviendra à
la plénitude de sa vigueur
aux temps du royaume, jusqu'à devenir capable de saisir la gloire du Père. Puis, quand toutes choses auront été
renouvelées, c'est réellement qu'
il habitera la cité de Dieu. C
ar, dit Jean, « Celui qui était assis sur le trône dit :
Voici que je fais toutes choses
nouvelles. Et il ajouta : Écris
, car ces paroles sont sûres e
t véridiques. Et il me dit :
C'est fait ! »
Rien de plus juste, car, puisque réels sont les hommes, réel doit être aussi le transfert qui les affectera, étant
toutefois admis qu'ils ne s'en iront pas au néant, mais progresseront au contraire dans l'être. Car ni la
substance ni la matière de la création ne seront anéanties — véridique et stable est Celui qui l'a établie —, mais
~ 43 ~
« la figure de ce monde passera », c'est-à-dire les choses en l
esquelles la transgression a eu lieu : car l'homme a
vieilli en elles. Voilà pourquo
i cette "figure" a été créée tem
porelle, Dieu sachant d'avance toutes choses, comme
nous l'avons montré dans le livre précédent, là où nous avons e
xpliqué dans la mesure du possible le pourquoi
de la création d'un monde temporel. Mais lorsque cette "figure" aura passé, que l'homme aura été renouvelé,
qu'il sera mûr pour l'incorruptib
ilité au point de ne plus pouv
oir vieillir, « ce sera alors le ciel nouveau et la
terre nouvelle », en lesquels l'homme nouveau demeurera, conversant avec Dieu d'une manière toujours
nouvelle. Que cela doive durer toujours et sans fin, Isaïe le dit en ces termes : « Comme le ciel nouveau et la
terre nouvelle que je vais créer subsisteront devant moi, dit l
e Seigneur, ainsi subsisteront votre postérité et
votre nom ».
Et, comme le disent les presbytres, c'est alors que ceux qui au
ront été jugés dignes du séjour du ciel y
pénétreront, tandis que d'autres jouiront des délices du paradi
s, et que d'autres encore posséderont la
splendeur de la cité ; mais partout Dieu sera vu, dans la mesur
e où ceux qui le verront en seront dignes. Telle
sera la différence d'habitation entre ceux qui auront produit c
ent pour un, soixante pour un, trente pour un : les
premiers seront enlevés aux cieux, les seconds séjourneront dan
s le paradis, les troisièmes habiteront la cité :
c'est la raison pour laquelle le Seigneur a dit qu'il y avait de nombreuses demeures chez son Père. Car tout
appartient à Dieu, qui procure à chacun l'habitation qui lui convient : comme le dit son Verbe, le Père partage à
tous selon que chacun en est ou en sera digne. C'est là la sall
e du festin en laquelle prendront place et se
régaleront les invités aux noces.
Tels sont, au dire des presbytres, disciples des apôtres, l'ord
re et le rythme que suivront ceux qui sont sauvés,
ainsi que les degrés par lesquels ils progresseront : par l'Esp
rit ils monteront au Fils, puis par le Fils ils
monteront au Père, lorsque le Fil
s cédera son œuvre au Père, se
lon ce qui a été dit par l'Apôtre : « Il faut qu'il
règne, jusqu'à ce que Dieu ait mis tous ses ennemis sous ses pieds : le dernier ennemi qui sera anéanti, c'est la
mort ». Aux temps du royaume, en effet, l'homme, vivant en just
e sur la terre, publie
ra de mourir. « Mais,
poursuit l'Apôtre, lorsque l'Écriture dit que tout lui a été so
umis, il est clair que c'est e
n exceptant Celui qui lui a
soumis toutes choses. Et quand toutes choses lui auront été sou
mises, alors le Fils lui-même sera soumis à Celui
qui lui aura soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en t
ous ».
Conclusion
Ainsi donc, de façon précise, Je
an a vu par avance la première
résurrection, qui est celle des justes, et l'héritage
de la terre qui doit se réaliser
dans le royaume ; de leur côté, en plein accord avec Jean, les prophètes avaient
déjà prophétisé sur cette résurre
ction. C'est exactement cela q
ue le Seigneur a enseigné lui aussi, quand il a
promis de boire le mélange nouveau de la coupe avec ses discipl
es dans le royaume, et encore lorsqu'il a dit :
« Des jours viennent où les mort
s qui sont dans les tombeaux en
tendront la voix du Fils de l'homme, et ils
ressusciteront, ceux qui auront fait le bien pour une résurrect
ion de vie, et ceux qui auront fait le mal pour une
résurrection de jugement » : il dit par là que ceux qui auront
fait le bien ressusciteront les premiers pour aller
vers le repos, et qu'ensuite ressusciteront ceux qui doivent êt
re jugés. C'est ce qu'on trouve déjà dans le livre de
la Genèse, d'après lequel la consommation de ce siècle aura lie
u le sixième jour, c'est-à-dire la six millième
année ; puis ce sera le septième jour, jour du repos, au sujet
duquel David dit : « C'est là mon repos, les justes y
entreront » : ce septième jour est le septième millénaire, celu
i du royaume des justes, dans lequel ils
s'exerceront à l'incorruptibilité, après qu'aura été renouvelée la création pour ceux qui auront été gardés dans
ce but. C'est ce que confesse l'a
pôtre Paul, lorsqu'il dit que
la création sera libérée de l'esclavage de la
corruption pour avoir part à la liberté glorieuse des enfants d
e Dieu.
Et en tout cela et à travers tout cela apparaît un seul et même Dieu Père : c'est lui qui a modelé l'homme et
promis aux pères l'héritage de la terre ; c'est lui qui le donn
era lors de la résurrection des justes et réalisera ses
promesses dans le royaume de son Fils ; c'est lui enfin qui acc
ordera, selon sa paternité, ces biens que l'œil n'a
pas vus, que l'oreille n'a pas entendus et qui ne sont pas mont
és au cœur de l'homme. Il n'y a en effet qu'un seul
Fils, qui a accompli la volonté du Père, et qu'un seul genre hu
main, en lequel s'accomp
lissent les mystères de
~ 44 ~
Dieu. Ces mystères, « les anges aspirent à les contempler », ma
is ils ne peuvent scruter la Sagesse de Dieu, par
l'action de laquelle l'ouvrage par lui modelé est rendu conform
e et concorporel au Fils : car Dieu a voulu que sa
Progéniture, le Verbe premier-né, descende vers la créature, c'est-à-dire vers l'ouvrage modelé, et soit saisie
par elle, et que la créature à son tour saisisse le Verbe et mo
nte vers lui, dépassant ainsi les anges et devenant à
l'image et à la resse
mblance de Dieu.
FIN
«La vérité vous rendra libre».

Pierre Carhaix
Barbarus
Barbarus

Re: Apocalypse : La femme et le dragon

Message non lupar Pierre Carhaix » mar. 28 mars 2017, 11:23

Cette vision était courante dans les deux premiers siècles : lettre de Barnabé, Justin, Papias, Irénée, Tertullien, Victorin. Seul Origène met en doute le millénarisme. Ensuite, aux IIIe et IVe s., l'Église débat de la question, au moment où justement commence le règne de l'Église. Saint Augustin, sur les pas de Tychonius, penche pour mille ans symboliques allant de l'Incarnation à la fin du monde, qui est aussi la vision de Saint Jérôme, puis Césaire d'Arles, lecture communément admise dans l'Église catholique depuis.

Chez saint Césaire d'Arles, c'est le temps de l'Église, depuis la venue du Christ, jusqu'à la venue de l'Antéchrist, et il donne une signification symbolique des mille ans, comme étant "la partie des mille ans du sixième jour" (renvoyant à la Genèse), la partie devant être prise pour le tout, procédé habituel dans les Saintes Écritures. Autant dire que ce n'est pas une durée chiffrable en années précises, puisque nul ne connaît le jour et l'heure.

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Re: Apocalypse : La femme et le dragon

Message non lupar blue eyes » mar. 28 mars 2017, 21:46

Cette vision était courante dans les deux premiers siècles : lettre de Barnabé, Justin, Papias, Irénée, Tertullien, Victorin. Seul Origène met en doute le millénarisme. Ensuite, aux IIIe et IVe s., l'Église débat de la question, au moment où justement commence le règne de l'Église. Saint Augustin, sur les pas de Tychonius, penche pour mille ans symboliques allant de l'Incarnation à la fin du monde, qui est aussi la vision de Saint Jérôme, puis Césaire d'Arles, lecture communément admise dans l'Église catholique depuis.

Chez saint Césaire d'Arles, c'est le temps de l'Église, depuis la venue du Christ, jusqu'à la venue de l'Antéchrist, et il donne une signification symbolique des mille ans, comme étant "la partie des mille ans du sixième jour" (renvoyant à la Genèse), la partie devant être prise pour le tout, procédé habituel dans les Saintes Écritures. Autant dire que ce n'est pas une durée chiffrable en années précises, puisque nul ne connaît le jour et l'heure.
Cette division, qui règne au sein même de l'église, ne m'étonne pas vraiment.
Il en sera de même tant et aussi longtemps que l'Esprit Saint ne nous auras pas conduit à la vérité toute entière, tel que promis dans Jean verset 16.

Amicalement,
Blue eyes
«La vérité vous rendra libre».

Pierre Carhaix
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Re: Apocalypse : La femme et le dragon

Message non lupar Pierre Carhaix » mer. 29 mars 2017, 17:59

Cette vision était courante dans les deux premiers siècles : lettre de Barnabé, Justin, Papias, Irénée, Tertullien, Victorin. Seul Origène met en doute le millénarisme. Ensuite, aux IIIe et IVe s., l'Église débat de la question, au moment où justement commence le règne de l'Église. Saint Augustin, sur les pas de Tychonius, penche pour mille ans symboliques allant de l'Incarnation à la fin du monde, qui est aussi la vision de Saint Jérôme, puis Césaire d'Arles, lecture communément admise dans l'Église catholique depuis.

Chez saint Césaire d'Arles, c'est le temps de l'Église, depuis la venue du Christ, jusqu'à la venue de l'Antéchrist, et il donne une signification symbolique des mille ans, comme étant "la partie des mille ans du sixième jour" (renvoyant à la Genèse), la partie devant être prise pour le tout, procédé habituel dans les Saintes Écritures. Autant dire que ce n'est pas une durée chiffrable en années précises, puisque nul ne connaît le jour et l'heure.
Cette division, qui règne au sein même de l'église, ne m'étonne pas vraiment.
Il en sera de même tant et aussi longtemps que l'Esprit Saint ne nous auras pas conduit à la vérité toute entière, tel que promis dans Jean verset 16.

Amicalement,
Blue eyes
Il n'y a pas du tout de division, mais évolution, rapide dès les premiers siècles, de la compréhension par l'Église de ce passage de l'apocalypse. Depuis le IVe s., sa position n'a pas changé.

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Re: Apocalypse : La femme et le dragon

Message non lupar blue eyes » mer. 29 mars 2017, 19:06



Cette division, qui règne au sein même de l'église, ne m'étonne pas vraiment.
Il en sera de même tant et aussi longtemps que l'Esprit Saint ne nous auras pas conduit à la vérité toute entière, tel que promis dans Jean verset 16.

Amicalement,
Blue eyes
Il n'y a pas du tout de division, mais évolution, rapide dès les premiers siècles, de la compréhension par l'Église de ce passage de l'apocalypse. Depuis le IVe s., sa position n'a pas changé.
Je respecte votre position. Pas besoin d'être d'accord sur tout.

Amicalement
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«La vérité vous rendra libre».


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