Essai de datation de la Genèse

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Xavi
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Re: De la Création

Message non lupar Xavi » ven. 06 juin 2014, 14:23

Je suis d'accord avec cette nuance historique, mais je ne vois pas non plus d'où vous sortez la preuve que le mythe sumérien soit postérieur au mythe biblique.
En, effet, il n'y a pas de preuve. Il faut seulement observer que l'influence est possible dans les deux sens au stade actuel de nos connaissances. Le récit des hébreux "a pu" influencer les sumériens, mais ce n'est en effet pas prouvé. L'inverse n'est pas davantage prouvé et ne peut davantage être exclu a priori.

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Zarus
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Re: De la Création

Message non lupar Zarus » ven. 06 juin 2014, 19:21

Je suis d'accord avec cette nuance historique, mais je ne vois pas non plus d'où vous sortez la preuve que le mythe sumérien soit postérieur au mythe biblique.
En, effet, il n'y a pas de preuve. Il faut seulement observer que l'influence est possible dans les deux sens au stade actuel de nos connaissances. Le récit des hébreux "a pu" influencer les sumériens, mais ce n'est en effet pas prouvé. L'inverse n'est pas davantage prouvé et ne peut davantage être exclu a priori.
L'ancienneté des Sumériens par rapport aux Hébreux ? la dominance des premiers sur les seconds ? (encore que vraiment différencier sumériens et sémites...l'Empire était bilingue et était "sémite" celui qui parlait le proto-sémite et sumérien celui qui parlait sumérien)
Il y à un certain parti pris à vouloir croire que les Hébreux auraient toujours été dans le droit chemin, que les similitudes ne marchent que dans un sens et que les autres peuples auraient altérer des mythes monothéistes à la base sans raisons. (ce qui n'est pas trés logique vu qu'ils généralement pas eu une position de dominances durant les périodes où les inspirations se seraient faites)
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Xavi
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Re: Essai de datation de la Genèse

Message non lupar Xavi » mer. 27 sept. 2017, 12:58

Epsilon écrit que « Bérose : prêtre babylonien de Bel ... composa en grec une histoire de Babylonie « Babylõniaká » au temps d’Antiochos I (280-262) vers 278.
Et c’est à partir de ce texte que Genèse « s’inspirera » notamment pour le Déluge … d’où en gros la date de 270 comme terminus a quo.
»

Il me semble que penser que la Genèse s’est inspirée d’un texte de Bérose est une hypothèse que rien ne démontre. Le contraire peut tout autant être envisagé. Il ne me semble, dès lors, pas justifié d’en déduire que la Genèse aurait été rédigée entre 270 et 278 ACN, et ne serait pas plus ancienne.

Ce qui peut seulement être constaté, c’est que rien ne prouve à quel moment le texte hébreu de la Genèse traduit dans la version grecque des Septante, vers 270 ACN, a été composé dans son état définitif qui nous est parvenu, sous réserve de modifications secondaires, lors des multiples copies et traductions qui ont pu et dû se succéder d’autant plus nombreuses que le texte serait ancien.

Faut-il considérer, pour autant, que l’essentiel du texte a été rédigé ou, du moins, composé, comme l'indique la Tradition, par Moïse lui-même plus de mille ans avant notre ère ou peut-on retenir une date postérieure, notamment lors de l’exil à Babylone entre 586 et 538 ACN ?

La rédaction de la Torah est attribuée à Moïse par la Tradition, y compris dans le Nouveau Testament et dans des paroles de Jésus lui-même, mais deux questions demeurent car la « Torah » c’est d’abord la loi et ce n’est que par extension que ce mot s’applique à l’ensemble de cinq livres qui forme le Pentateuque.

La Genèse, qui est un récit et non un texte légal, est-elle comprise dans « la loi » rédigée par Moïse et qui lui est attribuée, y compris par Jésus, ou n’est-elle qu’un texte rattaché, à une époque ignorée, dans ce qui constitue actuellement le Pentateuque ?

Il ne subsiste actuellement aucun manuscrit certain de la Genèse, antérieur à la traduction des Septante vers 270 ACN, qui nous permettrait de situer dans le temps le regroupement de la Genèse et des textes légaux rédigés par Moïse, dans l’ensemble intitulé Torah ou Pentateuque.

Et, quoi qu’il en soit, s’agissait-il d’une révélation nouvelle à Moïse, comme celle de l’Apocalypse de Saint Jean, ou d’une première élaboration écrite de traditions exclusivement orales, ou d’une composition de textes écrits antérieurs, ou d’un mélange de traditions orales et d’écrits réalisés par Moïse ou un auteur ultérieur ?

Plusieurs récits sumériens de la création et du déluge indiquent que de tels récits existaient déjà à l’époque d’Abraham sans que rien ne permette d’affirmer quelles ont été les influences réciproques de ces divers récits.

Ils ont pu se nourrir des mêmes réalités historiques avec diverses déformations légendaires.

Beaucoup de rapprochement ont été faits avec des mythes mésopotamiens sans qu’il puisse cependant en être tiré de conclusions en l’absence de datation suffisamment certaine car rien n’exclut que des faits évoqués dans la Genèse aient été développés de manière légendaire et aient eux-mêmes influencé certains mythes mésopotamiens.

Ce qui doit être constaté c’est le fait que la Genèse relate les origines de Jacob, le père d’Israël et qu’elle le présente comme un Sumérien, petit-fils d’Abram (devenu Abraham) né à Ur, en Chaldée, dans le pays de Sumer en Basse-Mésopotamie, à environ 240 kms au sud est de Babylone, vers 1900 ACN.

A cette époque, le peuple juif n’existe pas encore puisqu’il s’agit des descendants d’Abraham, Isaac et Jacob, et que ce peuple ne s’est constitué comme tel que durant l’exil postérieur en Egypte.

Abraham, « l’hébreu » (Gn 14,13), n’est en réalité qu’un Sumérien que rien ne distingue des autres Sumériens, sauf cette expression qui semble signifier « qui vient d’au-delà, de l'autre côté» et que le peuple juif en Egypte va reprendre pour sa propre identité, comme étant un peuple différent de celui des égyptiens, un peuple qui vient d’ailleurs.

Lorsque Abraham est qualifié de « hébreu », qui vient d’ailleurs, il est dans le pays de Canaan, loin de sa ville d’origine de Ur, et loin aussi de la ville de Charan où il s’était d’abord installé.

Ur, c’est une des plus importantes cités antiques de l’époque, située dans le sud est de la Mésopotamie (la Basse Mésopotamie) qui est le pays de Sumer où l’écriture est apparue vers 3300 ACN.

Les faits de l’histoire antérieure à Abraham, que nous relatent la Genèse, ont-ils fait l’objet d’écrits antérieurs à Abraham qui auraient pu être retrouvés lors de l’exil des Juifs à Babylone entre 586 et 538 ACN, voire emportés par Abraham puis par ses descendants exilés en Egypte jusqu’à parvenir à Moïse ?

Que sait-on de la pratique de l’écriture au temps d’Abraham ?

L’écriture des Sumériens se faisait sur des tablettes d’argile et cette pratique s’est rapidement étendue, comme le montre, notamment, l’extraordinaire découverte, en 1975, de plus de 14 000 tablettes et fragments de tablettes d’argile dans une salle d’archives de l’ancienne cité de Ebla (à environ 55 kms au sud ouest d’Alep en Syrie), datées d’environ 2400 à 2250 ACN, soit quatre siècles avant qu’Abraham ne vienne s’installer à Charan (Harran), à mille km au Nord Ouest de sa ville natale d’Ur dans le pays de Sumer, à environ 250 kms de Ebla.

Ce que révèlent ces archives, c’est que, plusieurs siècles avant Abraham, on écrivait déjà beaucoup et on conservait ces écrits.

Dans la salle d’archives précitée, il a pu être constaté que les tablettes étaient disposées par groupe de quinze sur trois rangées d'étagères de bois (80 cm de profondeur et 50 cm de hauteur environ) alignées le long des murs nord et est. Les plus grandes étant posées sur le sol. Elles étaient classées de façon thématique, et sont restées disposées ainsi malgré l’incendie qui a ravagé les lieux lors de sa destruction et la disparition des étagères. Sur le mur est se trouvaient les tablettes enregistrant les livraisons de tissus. Dans l'angle, les tablettes relatives à des livraisons de métaux précieux et de cuivre. Le long du mur nord, l'étagère supérieure portait les listes lexicales sumériennes et des textes de chancellerie (décrets royaux, donations, traités). Les autres étagères portaient des comptes rendus relatifs à l'agriculture et à l'élevage, ainsi que des listes bilingues en langue éblaïte et en langue sumérienne.

La plupart des tablettes sont rédigées en sumérien, qui était alors la langue la plus prestigieuse culturellement à l’époque, mais plusieurs tablettes sont rédigées dans une langue locale inconnue auparavant, qui a finalement été qualifiée d’« éblaïte ».

L’hébreu biblique ultérieur comme l’arabe paraissent provenir de cette langue.

Par exemple, il a été constaté, dans les tablettes d’Ebla, qu’en langue éblaïte, un humain se dit « adamu » ce qui montre l’ancienneté du terme de la Genèse.

Une de ces tablettes mentionne, exactement dans le même ordre, les cinq mêmes villes qui, selon la Genèse, auraient été impliquées dans une guerre du temps d’Abram : Sodome, Gomorrhe, Adma, Tseboïm et Tsoar (Gn 14, 2).

Plusieurs tablettes évoquent la création que l’une d’elles mentionne comme suit dans une prière où l’on retrouve des expressions proches de celles du début de la Genèse :
Seigneur du ciel et de la terre:
La terre n’était pas, vous l’avez créée,
La lumière du jour n’était pas, vous l’avez créée,
La lumière du matin vous n’aviez pas encore fait exister.


On est près de mille ans avant Moïse !

Il s’agit d’une preuve solide de l’existence de textes écrits de la création dès avant l’exil d’Abraham, bien avant la composition de la Genèse. L’usage d’écrits pour relater les faits importants, qu’ils soient administratifs, légaux, commerciaux, religieux ou familiaux, peut être considérée comme bien établie du temps d’Abraham.

Compte tenu des développements de l’écriture en Egypte, il est probable que des écrits ont aussi consigné, dans le peuple hébreu exilé en Egypte durant le deuxième millénaire avant notre ère, les faits dont ils voulaient garder mémoire et qui pouvaient consolider leur identité spécifique en terre étrangère.

Mais, Abraham, Isaac et Jacob ont-ils disposé d’écrits transportés lors de leur exil en Canaan puis en Egypte ?

En quittant Ur, sa patrie sumérienne, Abraham a-t-il emmené des tablettes relatant par écrit et en sumérien l’histoire de ses origines, soit une version ancienne (qui a pu être corrigée et modifiée par la suite, au fil des copies et des traductions) des onze premiers chapitres du livre actuel de la Genèse ?

Dans ce cas, il s’agirait de textes écrits en sumérien qui auraient été traduits ultérieurement en hébreu.

Une telle version ancienne a pu être retrouvée dans les archives de Babylone (au nord ouest de Ur) lors de l’exil des Juifs entre 586 et 538 ACN, ce qui a pu, le cas échéant, permettre aux scribes juifs de revoir et de recomposer les onze premiers chapitres de la Genèse.

Par rapport à l'hypothèse que Moïse se serait fondé sur des récits plus récents élaborés seulement en Egypte, un critère distinctif peut être considéré à cet égard, c’est le fait que les écrits sumériens étaient consignés dans des tablettes d’argile ne permettant que des textes relativement courts « d’une page » alors que les Egyptiens utilisaient, pour leurs écrits, des rouleaux de papyrus.

Le professeur Donald Wiseman (1918-2010), archéologue qui a enseigné l’assyriologie à l’université de Londres, a repris une hypothèse de son père Percy Wiseman qui suggère que de nombreux passages utilisés par Moïse ou d’autres auteurs pour composer le livre de la Genèse sont issus de récits et de généalogies enregistrées dans un script cunéiforme mésopotamien sur des tablettes d'argile cuite, transmises par Abraham.

Percy Wiseman a constaté que les tablettes narratives anciennes se terminaient habituellement par une note finale, des « colophons », qui, placée à la fin du texte sur une tablette, un rouleau ou un manuscrit, pouvait contenir une indication sur son auteur, sur le copiste ou sur sa date, et que ces colophons avaient souvent un format très spécifique composé de trois parties :
1) "ceci a été l'histoire / le livre / la généalogie / le compte-rendu / de ...",
2) le nom de la personne qui a écrit ou possédé la tablette, et
3) une date (par exemple "dans l'année du grand tremblement de terre" ou "la 3ème année du roi", etc.

Ces colophons permettaient aussi de relier des tablettes, dont le support limitait le contenu, à d’autres tablettes par une répétition du colophon d’une tablette au début de la tablette suivante.

Wiseman a découvert que des milliers de tablettes babyloniennes d'argile que l'on a découvertes finissaient, chacune, avec l'expression « tolédoth » ou « towledah » (un mot subsistant en hébreu) et un sceau de signature.

Or, dans la Genèse, Wiseman a observé que l’on peut retrouver de tels colophons présentant les caractéristiques des colophons des tablettes sumériennes.

Une composition du début de la Genèse par la réunion de textes qui ont le format et les caractéristiques de tablettes sumériennes et non de papyrus égyptiens peut fournir un indice sérieux d’une rédaction antérieure à l'exil en Egypte.

Sur la base de ses observations, Wiseman a envisagé l’hypothèse que le début du texte écrit de la Genèse a pu faire l’objet, avant l’exil en Egypte, d’un ensemble de tablettes sumériennes distinctes mais reliées entre elles par des colophons qui reprennent chacun le mot hébreu « towledah ».

Ce mot est souvent traduit en français par « postérité » et oriente le lecteur vers la généalogie descendante qui le suit, mais Wiseman a observé que le mot hébreu peut aussi indiquer les « origines », l’histoire passée, la généalogie ascendante.

C’est même le sens certain de son premier usage dans la Genèse lorsqu’il est relaté : « Telle fut l’histoire (« towledah ») du ciel et de la terre lorsqu’ils furent créés » (Gn 2, 4).

Le double sens du mot « towledah » permet ainsi de l'utiliser tant pour clôturer une histoire passée (les origines, ce qui précède) que pour ouvrir une histoire qui va suivre (la postérité, ce qui suit).

Lors de la réunion ultérieure de diverses tablettes en un seul livre, la répétition, devenue sans objet, des colophons a pu être effacée.

Selon l’hypothèse Wiseman, la Genèse pourrait être une réunion de plusieurs documents matériellement distincts, antérieurs à sa subdivision en chapitres et versets, avec d’abord, pour l’histoire antérieure à Abraham, des tablettes en argile d’origine sumérienne avec chacune un contenu limité aux capacités variables d’une tablette, puis, ensuite, pour les récits à partir d’Abraham, des papyrus, avec un contenu pouvant être plus long, qui ont pu être utilisés après le premier séjour d’Abraham en Egypte et a fortiori lorsque ses descendants y ont émigré.

Dans ces conditions, la Genèse a pu être composée par la réunion, par Moïse ou des rédacteurs postérieurs, de plusieurs documents plus anciens, de tailles variables, qui pourraient être :

Une première tablette en argile non attribuée, peut-être car il s’agit de l’oeuvre de Dieu lui-même (Gn 1,1 à Gn 2,4a), qui s’achève par le colophon : « Tel fut le « towledah » du ciel et de la terre, quand ils furent créés » (Gn 2, 4a), qui raconte l’œuvre accomplie de la création de Dieu soit, actuellement, 35 versets.

Une deuxième tablette en argile attribuée à Adam (Gn 2,4 à Gn 5,1a) qui commence par une répétition du colophon de la première tablette : « Tel fut le « towledah » du ciel et de la terre, quand ils furent créés » (Gn 2, 4a) pour présenter un autre récit de la création qui est tourné vers sa suite humaine (la postérité de la création), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » d’Adam » (Gn 5,1a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Adam (ou en son nom) de son histoire, soit, actuellement 73 versets.

Une troisième tablette en argile attribuée à Noé (Gn 5,1 à Gn 6,9a) qui commence par une répétition du colophon de la deuxième tablette : « Voici le « towledah » d’Adam » (Gn 5,1a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité d’Adam), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » de Noé » (Gn 6,9a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Noé (ou en son nom) de son histoire, soit, actuellement, 41 versets.

Une quatrième tablette en argile attribuée aux fils de Noé (Gn 6,9 à Gn 10,1) qui commence par une répétition du colophon de la troisième tablette : « Voici le « towledah » de Noé » (Gn 6,9a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité d’Adam), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet auxquels des fils naquirent après le déluge » (Gn 10,1), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par les fils de Noé (ou en leur nom) de leur histoire, soit, actuellement, 89 versets.

Une cinquième tablette en argile attribuée aux familles des fils de Noé (Gn 10,1 à Gn 10,32a) qui commence par une répétition du colophon de la quatrième tablette : « Voici le « towledah » des fils de Noé, Sem, Cham et Japhet auxquels des fils naquirent après le déluge » (Gn 10,1), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité des fils de Noé), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » des familles des fils de Noé, selon leurs nations » (Gn 10,32a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par la famille des fils de Noé de leur histoire, selon leurs nations, soit, actuellement, 32 versets.

Une sixième tablette en argile attribuée à Sem (Gn 10,32 à Gn 11,10a) qui commence par une répétition du colophon de la cinquième tablette : « Voici le « towledah » des familles des fils de Noé » (Gn 10,1), où le mot « towledah » est tourné vers l’explication de leur dispersion parmi les nations dans le futur (la postérité des fils de Noé), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » de Sem » (Gn 11,27a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Sem (ou en son nom) de son histoire, soit, actuellement, 12 versets.

Une septième tablette en argile attribuée à Terach, père d’Abraham (Gn 11,10 à Gn 11,27a) qui commence par une répétition du colophon de la quatrième tablette : « Voici le « towledah » de Sem » (Gn 11,10a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité de Sem), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » de Terach » (Gn 11,27a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Térach (ou en son nom) de son histoire, soit, actuellement, 18 versets.

Vient ensuite un premier document, beaucoup plus long que le contenu de l’unique page d’une tablette normale, qui a pu être rédigé sur papyrus, attribué à Isaac, fils d’Abraham (Gn 11,27 à Gn 25,19a) qui commence par une répétition du colophon de la sixième tablette : « Voici le « towledah » de Terach » (Gn 11,27a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité de Terach), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » d’Isaac, fils d’Abraham » (Gn 25,19a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Isaac (ou en son nom) de son histoire, soit, actuellement, 384 versets.

Puis, un deuxième papyrus attribué à Jacob (Gn 25,19 à Gn 37,2a) qui commence par le colophon du document précédent : « Voici le « towledah » d’Isaac, fils d’Abraham » (Gn 25,19a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité d’Isaac), et qui s’achève par le colophon : « Voici le « towledah » de Jacob » (Gn 37,2a), par lequel cette tablette est présentée comme le récit par Jacob de son histoire, soit, actuellement, 408 versets.

Et, enfin, un troisième papyrus non attribué (Gn 37,2 à Gn 50,26) qui commence par une répétition du colophon du document précédent : « Voici le « towledah » de Jacob » (Gn 37,2a), où le mot « towledah » est tourné vers le futur (la postérité de Jacob), mais qui ne contient pas de colophon final.

Cette hypothèse envisage ainsi que, compte tenu de l’écriture inventée à Sumer dès environ 3300 ACN et de son développement attesté par les découvertes archéologiques, Adam lui-même (ou quelqu’un en son nom) aurait laissé un témoignage de son histoire extraordinaire dans le jardin d’Eden qui aurait été rapidement reproduit dans un écrit.

Dès que les ancêtres d’Abraham se sont installés dans le pays de Sumer, après le déluge, d’autres tablettes ont pu recueillir l’histoire de ses ancêtres.

A réfléchir !

Ce qui paraît assez manifeste aujourd’hui, c’est que la version hébraïque traduite par les Septante vers 270 ACN est elle-même une traduction de versions écrites antérieures dont les plus anciennes ont probablement été rédigées en sumérien.

A cet égard, la datation de la Genèse ne peut se limiter à une recherche dans le style et les caractéristiques du texte hébreu des derniers siècles qui manifeste la date d’une traduction mais laisse inconnue la date de l’original antérieur, voire des originaux antérieurs. Qui sait si l’original n’a pas été successivement traduit du sumérien en éblaïte, puis de l’éblaïte en égyptien, puis de l’égyptien en hébreu, puis que sa traduction en hébreu a été revue au fil de l’évolution de cette langue, voire lors de la redécouverte de versions anciennes, notamment lors de l’exil à Babylone ?

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Re: Essai de datation de la Genèse

Message non lupar Xavi » jeu. 04 janv. 2018, 12:45

Zarus écrit :L'ancienneté des Sumériens par rapport aux Hébreux ? la dominance des premiers sur les seconds ? …
Il y à un certain parti pris à vouloir croire que les Hébreux auraient toujours été dans le droit chemin, que les similitudes ne marchent que dans un sens et que les autres peuples auraient altéré des mythes monothéistes à la base sans raisons…
Les sumériens sont évidemment plus anciens que les Hébreux qui ont formé un peuple issu d’Abraham, Isaac et Jacob bien après la disparition des sumériens située vers 2004 avant Jésus-Christ.

Cela ne signifie pas que le récit de la Genèse concernant la période avant Abraham, tel qu’il a été retenu par les Hébreux, soit postérieur aux textes sumériens.

Abraham, qui provient de la capitale du pays de Sumer (Ur, en Chaldée), était un Sumérien et, sauf à imaginer une pure invention ultérieure, il paraît raisonnable de considérer que, dans le milieu littéraire très développé du pays de Sumer à l’époque, Abraham a dû apprendre une histoire des débuts de l’humanité telle qu’elle lui a été relatée et que c’est ce récit qui été repris dans le texte hébreu ultérieur.

Rien ne permet de dater ce récit sumérien de l’époque d’Abraham par rapport aux autres récits qui pouvaient circuler à l’époque.

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La création dans la veillée pascale

Message non lupar Xavi » sam. 31 mars 2018, 13:35

Même si les textes les plus anciens dont nous disposons en hébreu et en grec sont relativement récents, datés de quelques siècles avant le Christ, ils ne sont évidemment pas sortis de rien ou d’une dictée du Ciel.

C’est une longue tradition orale et écrite qui a abouti aux textes que nous écoutons aujourd’hui.

Mais, dès les origines, après avoir rompu la communion avec leur créateur et avoir dû quitter le jardin fait pour eux dans l’Eden de Dieu, Adam et Eve ont transmis à leurs fils et filles l’extraordinaire récit de ce qu’ils ont vécu après que Dieu les ait créés par une action de l’Esprit Saint dans la nature, comme il l’a fait, plus tard, pour son propre Fils éternel par qui tout a été fait,.

Cette transmission ne fut pas exclusivement orale.

Durant le quatrième millénaire avant le Christ, le récit primitif a d’abord été écrit avec les premières écritures qui étaient principalement composées de dessins, d’images.

Tant le récit de la création que le récit du jardin d’Eden doivent être écoutés en nous rappelant qu’à cette époque, les communications se faisaient avec beaucoup de gestes et beaucoup moins de sons qu’aujourd’hui. Les premiers écrits n’étaient pas faits principalement de signes exprimant des sons du langage qui nommaient des choses ou des événements, mais étaient composés d’images (des idéogrammes ou des pictogrammes).

Dans les communications directes, lorsque les sons d’une même langue manquaient pour désigner des choses ou des évènements, ce sont des gestes qui tentaient de les désigner, un peu comme le langage des signes des sourds-muets.

Les premières écritures ont essayé de traduire ces gestes dans des images.

Peut-être retrouverons-nous un jour une tablette d’argile cuite qui nous donnera un texte primitif des récits de la création de la Genèse.

Ce n’est que durant le troisième millénaire avant le Christ que, progressivement, l’écriture est devenue davantage, puis uniquement, une retranscription des sons du langage qu’une communication par images.

Mais, en écoutant les récits des débuts du monde et de l’humanité, n’oublions pas que les premiers écrits étaient d’abord composés d’images des choses elles-mêmes ou de choses représentant symboliquement d'autres choses, des idées ou des événements plus difficiles à dessiner eux-mêmes.

Ces récits primitifs du quatrième millénaire ont dû ensuite, du fait de l’évolution de l’écriture et de la langue, être traduits dans une écriture qui, progressivement, a remplacé les idéogrammes (les images des idées) et les pictogrammes (les images des choses) des premiers textes (vraisemblablement sumériens puisqu’ils paraissent les inventeurs de l’écriture) par des signes représentant les sons du langage.

Faisons attention aujourd’hui de ne pas transformer notre compréhension de ces traductions antiques en oubliant la gestuelle et les images des récits antérieurs qu’ils ont traduits.

Ce serait aussi injustifié que si, aujourd’hui, on interprétait « matériellement » les signes du langage des sourds-muets.

Dans ce langage des signes, le mot humain (équivalent de l’adam de la Genèse) est représenté par une évocation de la parole : un mouvement de pincement de l’index et du pouce venant de la bouche. Mais, ce même geste qui définit l’humain (par son sens symbolique) peut aussi définir l’action de parler (par sa représentation matérielle).
Le mot argile est représenté par un pouce qui semble retirer de la matière. Ce même geste qui définit l’argile (par son sens symbolique) peut aussi définir l’action du potier (par sa représentation matérielle).
Le mot souffler est représenté par un mouvement de la main s’ouvrant en venant de la bouche. Ce même geste qui définit l’action de souffler (par sa représentation matérielle) peut aussi définir l’action de l’Esprit (par son sens symbolique).
Un geste sinueux peut être utilisé pour son sens symbolique de raisonnement tortueux et trompeur ou pour sa représentation matérielle d’un serpent.

Lorsque la représentation par images a été traduite, durant le troisième millénaire avant le Christ, dans une écriture sumérienne cunéiforme qui représentait des sons du langage, il a fallu respecter le récit original en conservant le symbolisme des images autant que possible, malgré le risque d’interprétations « littérales » erronées, mais les mots décrivant les images ont pu parfois être compris littéralement et matériellement au lieu d’être compris dans le sens symbolique des images primitives.

La Genèse nous révèle la réalité historique dans un langage ancien qui utilise des images. Ne l’oublions pas !

Le récit ne perd pas sa valeur historique du fait des images utilisées à son origine. Au contraire, ces images concordent avec la réalité historique de l’écriture, d’abord faite d’images à son origine, et constitue un indice de l’ancienneté possible des récits de la création.

Dans la Trinité éternelle de Dieu, en communion avec le Père et l’Esprit, le Fils, parole et lumière du Père, a créé toutes choses à partir du néant.

Il a créé la nature et, dans cette nature, il a créé des humains à son image par un souffle spirituel de l’Esprit Saint qui a fait advenir des êtres capables de partager éternellement la vie de Dieu, faits tellement parfaitement à Son image que Dieu a pu se créer pour lui-même une nature d’homme.

Il s’est fait homme pour nous révéler que nous sommes faits par Lui et pour vivre de sa vie.

Il a franchi la mort pour ouvrir à toute l’humanité un chemin de vie au-delà des réalités précaires de ce monde.


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