Adam et Eve : une existence vraiment historique

« Alors il leur ouvrit l'esprit à l'intelligence des Écritures. » (Lc 24.45)
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Re: De l'historicité du récit de la chute (Gn 3, 1-24)

Message non lupar Invité » dim. 05 août 2018, 5:34

Astya (sam. 04 août 2018) :

[l’Adam Chromosomique et l’Eve mitochrondriale] ne sont pas un couple ancestral (ils ne se sont jamais rencontrés et ne vivent pas à la même époque)
Je ne comprends pas.
CEC 375 L’Église […] enseigne que nos premiers parents Adam et Eve ont été constitué dans un état " de sainteté et de justice originelle " (Cc. Trente : DS 1511).
Nos premiers parents s’appellent Adam et Ève.
CEC 376 L’harmonie intérieure de la personne humaine, l’harmonie entre l’homme et la femme (cf. Gn 2, 25), enfin l’harmonie entre le premier couple et toute la création constituait l’état appelé " justice originelle ".
CEC 376 fait référence à Gn 2, 25 : “ Ils étaient nus tous deux, l'homme et sa femme, sans en avoir honte. “ Puisqu’il s’agit du premier couple, on peut conclure qu’Adam et Ève “ étaient nus tous deux “.

Ils étaient nus tous deux contemporainement, je suppose. :)

Trinité
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Re: De l'historicité du récit de la chute (Gn 3, 1-24)

Message non lupar Trinité » dim. 05 août 2018, 18:23

Astya (sam. 04 août 2018) :

[l’Adam Chromosomique et l’Eve mitochrondriale] ne sont pas un couple ancestral (ils ne se sont jamais rencontrés et ne vivent pas à la même époque)
Je ne comprends pas.
CEC 375 L’Église […] enseigne que nos premiers parents Adam et Eve ont été constitué dans un état " de sainteté et de justice originelle " (Cc. Trente : DS 1511).
Nos premiers parents s’appellent Adam et Ève.
CEC 376 L’harmonie intérieure de la personne humaine, l’harmonie entre l’homme et la femme (cf. Gn 2, 25), enfin l’harmonie entre le premier couple et toute la création constituait l’état appelé " justice originelle ".
CEC 376 fait référence à Gn 2, 25 : “ Ils étaient nus tous deux, l'homme et sa femme, sans en avoir honte. “ Puisqu’il s’agit du premier couple, on peut conclure qu’Adam et Ève “ étaient nus tous deux “.

Ils étaient nus tous deux contemporainement, je suppose. :)
Parce que vous n'admettrez jamais qu'Adam et Eve, aient pu êtres créés en deux phases! ;)
Une phase dans le cadre de l'évolution biologique, puis à un moment donné dans deux hominidés, la création réelle d'Adam et Eve avec leur âme spirituelle! Et oui...!Nus...!

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Re: De l'historicité du récit de la chute (Gn 3, 1-24)

Message non lupar Carhaix » dim. 05 août 2018, 19:20

Mais que dire de leurs ancêtres hominidés ? Homo habilis, Homo erectus... ?

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Xavi
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Re: De l'historicité du récit de la chute (Gn 3, 1-24)

Message non lupar Xavi » dim. 05 août 2018, 19:47

Bonsoir à chacun.

Merci à chacun pour votre attention constructive à ce dialogue.

Invité rappelle quelques éléments essentiels de notre foi qu’il ne faut, en effet, par perdre de vue.

Adam et Eve ont-ils été créés « dans » un hominidé et sont-ils des hominidés « dotés » d’une âme spirituelle, comme le propose Trinité ?

Je n’aime pas ces formules que je préfère éviter car elles me paraissent incorrectes sur un point essentiel.

Les mots « dans » ou « dotés » me semblent, en effet, faire du corps un objet extérieur à la personne créée, lorsque Dieu a créé une âme.

Or, l’humain créé à l’image de Dieu est une âme créée par l’union d’un corps et d’un souffle spirituel.

Adam et Eve, comme chacun de leurs descendants, ont une double nature corporelle « et » spirituelle, qui me semble indissociablement liée dans leur création.

Nous ne sommes pas des personnes dans un corps. Mon corps, c’est moi. Mon esprit, c’est moi. Mon âme, c’est moi.

C’est important par rapport à l’incarnation du Christ, à l’Eucharistie (Jésus est Son Corps qu’il donne en partage), au mariage, à la résurrection de la chair, à la valeur du corps, à la valeur de la nature, …etc.

Nous ne sommes pas des esprits ou des êtres spirituels dans un corps, mais des êtres créés par et avec un corps et un esprit dont l’union fait advenir des humains à l’image de Dieu.

Donc, plutôt que de dire que nous sommes créés dans un corps d’hominidé, il me semble plus juste de dire que notre corps a été créé avec une semence d’hominidé, qu’il a son origine dans des processus évolutifs des hominidés préhistoriques parmi lesquels, comme le rappelle Carhaix, il y a les homo habilis et les homo erectus, entre autres.

Cela reste à réfléchir.

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Re: De l'historicité du récit de la chute (Gn 3, 1-24)

Message non lupar Trinité » lun. 06 août 2018, 0:08

Bonsoir Xavi,

Admettons!
Cela reste très flou!
Il y a pourtant eut un moment,ou l'association par Dieu d'une âme spirituelle, à un corps d'hominidés a abouti à la création d'Adam et Eve!
Les différentes souches d'hominidés existant depuis fort longtemps, comment voyez vous alors ce moment?

Carhaix
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Re: De l'historicité du récit de la chute (Gn 3, 1-24)

Message non lupar Carhaix » lun. 06 août 2018, 1:46

Bonsoir Xavi,

Admettons!
Cela reste très flou!
Il y a pourtant eut un moment,ou l'association par Dieu d'une âme spirituelle, à un corps d'hominidés a abouti à la création d'Adam et Eve!
Les différentes souches d'hominidés existant depuis fort longtemps, comment voyez vous alors ce moment?
Ne nous voilons pas la face. C'est problématique.

C'est pour cela que le point de vue de saint Augustin est intéressant, car il prévoit justement cette difficulté.

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Xavi
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Re: Adam et Eve : une existence vraiment historique

Message non lupar Xavi » lun. 06 août 2018, 11:12

Merci beaucoup à Trinité de montrer combien c'est, en effet, problématique et que ce qui peut paraître simple à l’un peut faire difficulté à d’autres.

Ce qui est clair c’est que « Les différentes souches d'hominidés existent depuis fort longtemps ». Ici, il n’y a aucun problème pour nous.

Vous me revenez, par contre, cher Trinité, avec l’affirmation que « Il y a pourtant eu un moment où l'association par Dieu d'une âme spirituelle, à un corps d'hominidés a abouti à la création d'Adam et Eve ! », ce qui redit, en d’autres mots, vos messages précédents dont je me suis distancié.

Je ne sais pas si je pourrai trouver d’autres mots plus clairs, mais j’essaie.

L’âme spirituelle humaine n’existe pas sans le corps (même si, une fois créée, elle peut subsister malgré la dégradation de son corps naturel). Dieu ne crée pas une âme pour ensuite l’associer à un corps, comme si elle avait une existence quelconque sans ce corps ou avant ce corps.

Mais, par contre, vous avez raison de considérer qu’avant la création de l’âme spirituelle, il y a bien un corps d’hominidés, une réalité corporelle à partir de laquelle ou de laquelle Dieu va créer l’humanité. Vous avez aussi raison de considérer que cela se produit à « un moment ».

Pour le reste, je ne pourrais guère que répéter mon message précédent.

Carhaix intervient pour nous parler de l’approche éclairante de Saint Augustin. Il serait utile qu’il précise car Saint Augustin, qui avait en effet une très grande lucidité sur les questions en cause malgré les connaissances scientifiques limitées de son époque, a beaucoup écrit à ce sujet, ce qui est détaillé plus haut dans ce fil de discussion où notre discussion vient d'être déplacée.

Il est utile de rappeler ici que St Augustin est lucide lorsqu’il réfléchit à la création de l’homme : « Il serait par trop naïf de s'imaginer que Dieu forma l'homme du limon de la terre en le pétrissant avec des doigts : l'Ecriture eût-elle employé cette expression, nous devrions croire que l'écrivain sacré s'est servi d'une métaphore » (de la Genèse, t. VI, 20).

Saint Augustin sait que « pour se former et se développer », « tous les arbres ou tous les animaux que nous voyons naître … eurent à traverser une période de temps plus ou moins longue, selon les convenances de l'espèce ». (id., 25).

« Celui qui est arrivé à l'existence apparaît avec les modifications qui composent la vie, et qui sont le développement effectif dans une substance réelle des causes secrètes, virtuellement contenues dans toute créature : telle fut l'herbe, après avoir poussé sur la terre, tel fut l'homme formé en être vivant, et, en un mot, les animaux ou les plantes que Dieu produit en vertu de son activité continue. Du reste, tout être contient en soi un autre lui-même, grâce à cette propriété de se reproduire qu'il tient des causes primordiales où il fut enveloppé, avant de naître sous les formes propres à son espèce, au moment où le monde fut créé avec le jour » (id., 17).

Selon Saint Augustin, « De quelque façon que Dieu l'ait formé, il l'a formé comme pouvait et devait le faire un être tout-puissant et sage. Il a en effet déterminé les lois selon lesquelles les êtres sortent de leurs germes et apparaissent avec toutes les propriétés de leur espèce, d'une manière si infaillible que sa volonté domine tout. Sa puissance a assigné aux créatures leurs limites, mais sans s'y renfermer elle-même » (id., 23) et « quand on dit qu'il fut créé, on entend que Dieu créa la cause dont il devait sortir au temps marqué » (id., 26).

Pour Saint Augustin, Adam et Eve ont réellement existé dans l’histoire réelle, mais il n’avait certes aucune idée des australopithèques, de l’homo habilis, de l’homo erectus ou de l’homo sapiens vivant il y a cent mille ans. Il n’avait aucune idée de l’ADN qui compose un être, ni de la chaîne chromosomique provenant d’un mélange des gênes parentaux.

Cependant, le sujet l’a profondément interpellé et il ne s’est exprimé qu’avec des réserves riches d’ouvertures vers une compréhension différente de celle qu’il pouvait avoir à son époque. Il nous y encourage lui-même : « A-t-on une opinion plus vraisemblable sur ces vérités? Loin de la combattre, j'y applaudirai » (de la Genèse, L. VII, 42).

Quelle lucidité et quelle concordance par rapport aux connaissances scientifiques actuelles !

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Re: Adam et Eve : une existence vraiment historique

Message non lupar Astya » lun. 20 août 2018, 18:24

Saint Augustin est un penseur de premier plan. Merci à Xavi pour ces belles citations.

Carhaix nous dit
Ne nous voilons pas la face. C'est problématique.
En effet !

Invité a dit :
CEC 375 L’Église […] enseigne que nos premiers parents Adam et Eve ont été constitué dans un état " de sainteté et de justice originelle " (Cc. Trente : DS 1511).
Il semble qu'en hébreu ancien le mot "adam" est synonyme du mot "homme". Et que le mot "Eve" est aussi considéré comme générique de "femme" ou "mère".

Ce qui rend le § suivant
CEC 376 L’harmonie intérieure de la personne humaine, l’harmonie entre l’homme et la femme (cf. Gn 2, 25), enfin l’harmonie entre le premier couple...
synonyme du premier : les deux § disent exactement la même chose : nos deux lointains parents sont femme et homme, chap 1 de la genèse.

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Re: Adam et Eve : une existence vraiment historique

Message non lupar Astya » lun. 20 août 2018, 23:05

De plus, pour essayer de clarifier du mieux possible et de trouver plutôt des points d'accord :

- monogénisme et polygénisme : Xavi a écrit :
Il me semble qu’il ne s’agit en rien de théories. Nous parlons ici de deux faits très précis et contraires : soit l’humanité créée à l’image de Dieu descend d’un seul couple (Adam et Eve) : c’est ce qu’on appelle monogénisme (mono = un seul), soit l’humanité créée à l’image de Dieu provient de plus qu’un seul couple : c’est ce qu’on appelle polygénisme (poly = plusieurs).

Un seul de ces faits contraires est exact et un seul est faux.
Il faut d'abord trouver un accord sur les mots mêmes que nous utilisons :
- le mot "faits" : vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il y a une seule réalité factuelle concernant nos ancêtres lointains.
- le mot "hypothèse" : vous serez peut être d'accord aussi pour dire que cette réalité est tellement lointaine que nous n'en avons pas la "connaissance" sûre et certaine, mais que les scientifiques procèdent par essai (hypothèse) et rectification (validation ou réfutation).
- le mot "théorie" : ou plutôt "théorie scientifique" : un système cohérent visant à faire avancer la connaissance, mais basé sur un certain nombre d'hypothèses restant à valider.

Dès lors, la théorie (scientifique pour les 17 et 18ème siècles) "polygéniste" ou "préadamique" est bien une théorie scientifique qui visait à contrecarrer la théorie (soutenu par des scientifiques et qui est également un dogme catholique) "monogéniste" ou "adamique".

Fin du 19ème, Darwin invalide la théorie polygéniste.
Les naturalistes, d'autre part, qui admettent le principe de l'évolution, et cela est maintenant admis par la majorité des hommes de progrès, n’hésiteront pas à considérer que toutes les races humaines sont les descendants d'un stock unique primitif
Ce faisant, il invalide également la théorie adamique du couple unique.

Aujourd'hui, début 21ème,
- la théorie de l'évolution est confirmée ;
- les études sur le "stock unique primitif" sont de plus en plus précises ; (cf cours du prof. JJ Hublin : pas si unique que ça, croisement multiples mais au final une unique espèce d'humain) ;
- en tant que théories scientifiques, monogénisme et polygénisme sont tous les deux dépassés ;
- en tant que principe moral, la croyance à l'unicité de la race humaine est une croyance (catholique) justifiée par la science qui reconnait la quasi certitude de l'évolution.

Xavi a écrit :
La foi de l’Eglise exprimée par le Magistère n’a jamais varié et n’a cessé de proclamer la seule vérité du monogénisme.
Je n'ai pas trouvé de référence explicite au monogénisme. Il me semble que l' Eglise en la personne des Papes récents admet la réalité de la théorie de l'évolution : de ce fait, en admettant cela, elle admet que le monogénisme ou l'adamisme sont infirmées, n'ont pas de réalité scientifique. Même si l'Eglise continue a utilisée les mots "parents" et "Adam et Eve" comme symboles de l'humanité primordiale et de la fraternité humaine.

Concernant l'âme spirituelle :

Comme c'est hors du champ de la science, on peut dire ce qu'on veut.
Du moment qu'on considère que l'intégralité de l'humanité (actuelle et passée) est égale sur ce plan, ça me va.
Le point d'émergence entre l'humanité et la proto humanité étant inconnu, mais il y a très longtemps.

Peut être que c'est là le point de mon désaccord avec Xavi :
on est d'accord sur :
- Dieu a crée la vie avec un potentiel évolutif physique ;
on n'est pas d'accord sur :
- opinion de Xavi et Trinité : Dieu a insufflé une âme spirituelle à un couple choisi par lui ;
- mon opinion : Dieu a crée la vie avec un potentiel évolutif physique et spirituel.

A mon opinion, je préfèrerais que l'Eglise soit moins antropocentriste, et reconnaisse au moins une sensibilité aux animaux.
En particulier je serais contente si l'Eglise disait clairement qu'il ne faut pas martyriser les chats noirs, ni les chouettes. Peut être qu'elle le dit déjà ?

Concernant l'historicité de la Bible :
- l'écriture de la Bible est un fait historique ;
- C'est un livre qui contient certains récits historiques ;
- c'est un livre religieux qui contient aussi des récits symboliques ;
- l'interprétation est compliquée mais nécessaire.

Concernant l'historicité des premiers chapitres de la genèse :
- elle scientifiquement impossible : la mémoire orale ne peut pas dépasser un certain nombre de générations, au de là desquelles il y a une dérive vers le mythe.
Donc les premiers chapitres doivent être considérés soit comme un mythe, soit comme un récit symbolique. Ou les deux ; mais pas un récit historique.

Concernant le serpent qui parle :
Xavi a écrit :
Un serpent ne parle pas, en effet. Mais, derrière ce terme, l’Eglise reconnaît Satan.
Un symbole qui cache un autre symbole ? Je n'ai pas lu l'intégralité de l'Ancien Testament (j'avoue !) mais dans ce que j'ai lu : l'histoire de Moïse, d'Abraham, de David : Satan est absent. Il n'est pas mentionné : il est juste fait mention du Dieu des Juifs et des dieux des autres : ceux là sont décrédibilisés mais pas assimilés à Satan.
Alors question : pourquoi dans ce chapitre là le serpent serait Satan qui n'est jamais mentionné après ? C'est juste une question : je me demande quand l'image de Satan a émergée dans la bible, donc je vais continuer la lecture ...
Bonne soirée à tous

Invité
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Re: Adam et Eve : une existence vraiment historique

Message non lupar Invité » mer. 22 août 2018, 17:41

Astya :

Invité a dit :
Invité :

CEC 375 L’Église […] enseigne que nos premiers parents Adam et Eve ont été constitué dans un état " de sainteté et de justice originelle " (Cc. Trente : DS 1511).
Il semble qu'en hébreu ancien le mot "adam" est synonyme du mot "homme". Et que le mot "Eve" est aussi considéré comme générique de "femme" ou "mère".

Ce qui rend le § suivant
Invité :

CEC 376 L’harmonie intérieure de la personne humaine, l’harmonie entre l’homme et la femme (cf. Gn 2, 25), enfin l’harmonie entre le premier couple...
synonyme du premier : les deux § disent exactement la même chose : nos deux lointains parents sont femme et homme, chap 1 de la genèse.
Oui, " les deux § disent exactement la même chose : nos deux lointains parents sont femme et homme, chap 1 de la genèse. "

Astya, notons bien que le " chap 1 de la genèse " parle de la création biologique de " nos deux lointains parents", c'est-à-dire d'Adam et Eve en particulier. En fait, CEC 376 fait référence au premier couple biologique de toute l'humanité.
Gn 1, 27 Et Dieu créa [heb. bara] l'homme à son image ; il le créa [heb. bara] à l'image de Dieu : il les créa [heb. bara] mâle et femelle.
Avant la création du premier couple, aucun homme et aucune femme n'existaient pas encore.
CEC 290 " Au commencement, Dieu créa [heb. bara] le ciel et la terre " (Gn 1, 1) : trois choses sont affirmées dans ces premières paroles de l’Écriture : le Dieu éternel a posé un commencement à tout ce qui existe en dehors de lui. Lui seul est créateur (le verbe " créer " – en hébreu bara – a toujours pour sujet Dieu). La totalité de ce qui existe (exprimé par la formule " le ciel et la terre ") dépend de Celui qui lui donne d’être.
En les créant " [heb. bara] mâle et femelle ", " le Dieu éternel a posé un commencement " au caractère physique permanent de l'individu humain, permettant de distinguer des individus mâles et des individus femelles.

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Re: Adam et Eve : une existence vraiment historique

Message non lupar Xavi » jeu. 23 août 2018, 13:01

Bonjour Astya,

Vous écrivez que « Concernant l'historicité de la Bible :
- l'écriture de la Bible est un fait historique ;
- C'est un livre qui contient certains récits historiques ;
- c'est un livre religieux qui contient aussi des récits symboliques ;
- l'interprétation est compliquée mais nécessaire.
»

Ici, nous sommes entièrement d’accord.

Lorsque vous écrivez ensuite que : « Concernant l'historicité des premiers chapitres de la genèse … la mémoire orale ne peut pas dépasser un certain nombre de générations, au delà desquelles il y a une dérive vers le mythe », je suis aussi d’accord.

Mais, lorsque vous en déduisez, sans autre explication, que le récit de la création serait, dès lors, « scientifiquement impossible » et que « Donc les premiers chapitres doivent être considérés soit comme un mythe, soit comme un récit symbolique. Ou les deux ; mais pas un récit historique » votre raisonnement n’est pas clair, ni convaincant.

D’abord, il n’y a pas de contradiction de principe entre, d’une part, le mythe ou le récit symbolique, et d’autre part, la réalité historique. Le mythe et les symboles sont un mode d’expression qui peuvent être utilisés pour nous décrire la réalité historique.

Dès lors que des réalités spirituelles sont en cause, il est même inévitable de ne pouvoir en parler que de manière imagée.

Mais, cela ne permet en rien d’en nier la réalité historique. Le symbolique n’exclut pas l’historique. C’est seulement un mode de langage.

Faudrait-il exclure l’historicité du seul fait que « la mémoire orale ne peut pas dépasser un certain nombre de générations » ? La science elle-même remonte des milliards d’années sans la mémoire orale. Par intuition et raisonnements, l’humain peut reconstruire de manière fiable des faits historiques du passé avec, certes, une imprécision proportionnelle à leur éloignement et aux informations disponibles.

Mais, je suppose que ce n’est pas cela que vous contestez mais la fiabilité historique des détails précis du texte écrit de la Genèse concernant Adam et Eve, le péché originel et leur descendance : Caïn et Abel, Seth, les patriarches, etc.

Sur ce point, votre réflexion en cause est pertinente.

Personnellement, ma réflexion a beaucoup évolué à cet égard au point d’être actuellement convaincu que Adam et Eve ont vécu historiquement durant le quatrième millénaire avant Jésus-Christ et dans le pays de Sumer. Je vous renvoie sur ce point au fil de discussion intitulé « Adam et Eve : où et quand » :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 91&t=26432

Comme c’est dans le pays de Sumer et durant ce même quatrième millénaire avant Jésus-Christ que l’écriture a été inventée et que des premiers textes religieux ont pu être écrits, je pense que la première mise par écrit du récit concernant Adam et Eve remonte à la même époque. La réflexion à ce sujet fait l’objet d’un fil de discussion intitulé « Essai de datation de la Genèse » :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... 91&t=14232

Le récit de la Genèse me semble d’ailleurs contenir en lui-même des indices qui confirment son écriture très ancienne, avant même l’émergence de l’écriture phonétique cunéiforme des Sumériens, mais ce serait trop long à développer ici et maintenant sans s'éloigner trop de la discussion en cours.

En ce qui concerne l'historicité du monogénisme, vous écrivez : « Il faut d'abord trouver un accord sur les mots mêmes que nous utilisons »

En effet. Lorsque nous parlons du monogénisme concernant Adam et Eve, nous ne parlons pas des origines de notre espèce naturelle, mais seulement de l’origine unique de toutes les personnes capables de partager éternellement la vie de Dieu.

Darwin, et la science en général, ne s’occupent que des réalités naturelles et ne donnent aucun avis, ni aucune théorie sur les âmes spirituelles et leur origine.

Darwin ou la science n’ont aucun avis sur un couple particulier ayant vécu à un moment lointain dans l’histoire. Ils étudient les espèces et, dans chaque espèce, il y a toujours de nombreux couples différents.

Donc, lorsque vous écrivez que Darwin « invalide également la théorie adamique du couple unique », cela ne concerne pas notre sujet car Darwin ne dit rien de ce qui nous occupe : les personnes capables de partager éternellement la vie de Dieu, des personnes qui sont corporelles et spirituelles. Darwin ne dit rien des réalités spirituelles.

A ce sujet vous écrivez que « Concernant l'âme spirituelle : Comme c'est hors du champ de la science, on peut dire ce qu'on veut. ».

Non, bien sûr. L’homme de science ne peut que constater qu’il ne peut rien dire des réalités spirituelles parce que c’est au-delà de l’objet observable de la science. Rien pouvoir dire, ce n’est pas « dire ce qu’on veut ».

L’Eglise ne conteste pas les processus évolutifs qui ont façonné le corps des êtres de notre espèce, mais affirme qu’il y a eu une création dans la nature (elle-même créée).

L’unicité de la race humaine n’a pas besoin de la foi de l’Eglise, ni du monogénisme, pour exister. La race humaine, c’est l’espèce humaine composée de tous les êtres naturels capables de se reproduire entre eux et, dans les périodes du passé éloignées de plus de 3.000 ans, nous avons tous les mêmes nombreux ancêtres biologiques. Par exemple, il est certain que tous les humains qui vivaient à l’époque de Moïse et qui ont des descendants actuellement sont tous nos ancêtres directs.

Le monogénisme dont nous parlons ici est celui des personnes créées à l’image de Dieu et non des homo sapiens ou des hominidés.

Vous écrivez, à propos de la foi de l’Eglise : « Je n'ai pas trouvé de référence explicite au monogénisme ». A cet égard, vous pouvez consulter toutes les références du fil de discussion ouvert à cet sujet, dans la section sciences et technos de ce forum, sous l’intitulé : « L’hypothèse du Monogénisme » :
http://www.cite-catholique.org/viewtopi ... =84&t=3619

Mais, on peut relever, par exemple, cet extrait de l’encyclique Humani generis du Pape Pie XII :
le magistère de l'Eglise n'interdit pas que la doctrine de l' " évolution ", dans la mesure où elle recherche l'origine du corps humain à partir d'une matière déjà existante et vivante - car la foi catholique nous ordonne de maintenir la création immédiate des âmes par Dieu - soit l'objet, dans l'état actuel des sciences et de la théologie d'enquêtes et de débats entre les savants de l'un et de l'autre partis… à cette condition que tous soient prêts à se soumettre au jugement de l'Eglise à qui le mandat a été confié par le Christ d'interpréter avec autorité les Saintes Ecritures et de protéger les dogmes de la foi…

Mais quand il s'agit d'une autre vue conjecturale qu'on appelle le polygénisme, les fils de l'Eglise ne jouissent plus du tout de la même liberté. Les fidèles en effet ne peuvent pas adopter une théorie dont les tenants affirment ou bien qu'après Adam il y a eu sur la terre de véritables hommes qui ne descendaient pas de lui comme du premier père commun par génération naturelle, ou bien qu'Adam désigne tout l'ensemble des innombrables premiers pères. En effet on ne voit absolument pas comment pareille affirmation peut s'accorder avec ce que les sources de la vérité révélée et les Actes du magistère de l'Eglise enseignent sur le péché originel, lequel procède d'un péché réellement commis par une seule personne Adam et, transmis à tous par génération, se trouve en chacun comme sien
.
Il n’est donc pas exact de déduire du fait que « l' Eglise en la personne des Papes récents admet la réalité de la théorie de l'évolution », que « de ce fait, en admettant cela, elle admet que le monogénisme ou l'adamisme sont infirmées, n'ont pas de réalité scientifique même si l'Eglise continue a utilisée les mots "parents" et "Adam et Eve" comme symboles de l'humanité primordiale et de la fraternité humaine ».

Cette double affirmation est clairement contraire à la réalité de l’enseignement de l’Eglise et donc à la foi catholique.

L’enseignement de l’Eglise, répété par la récente encyclique du Pape François, accepte que Dieu a créé la vie avec un potentiel évolutif physique, mais affirme que la réalité spirituelle de l'humanité ne vient pas d’une évolution mais directement de Dieu.

Je peux comprendre votre approche de principe lorsque vous écrivez : « Du moment qu'on considère que l'intégralité de l'humanité (actuelle et passée) est égale sur ce plan, ça me va.
Le point d'émergence entre l'humanité et la proto humanité étant inconnu, mais il y a très longtemps.
».

Mais, tout dépend ce que vous appelez « l’humanité ». Si votre critère est uniquement basé sur des critères observables scientifiquement, il n’y a aucun problème, ni risque de désaccord. Si vous pensez, par exemple, que l’apparition de l’homo sapiens, il y a environ 150.000 ans est « le point d’émergence entre l’humanité et la proto humanité », vous êtes dans une question et sur un critère uniquement scientifiques. L’Eglise n’affirme pas qu’Adam et Eve sont les parents biologiques de tous les homo sapiens. L’Eglise ne conteste pas l’origine polygénique des homo sapiens, ni des homo erectus, ni des australopithèques.

Si, par contre, avec l’Eglise, vous croyez que le critère distinctif (« entre humanité et proto humanité ») est celui de l'apparition historique d’une personne corporelle et spirituelle capable de partager éternellement la vie de Dieu, alors vous ne pouvez vous limiter aux critères observables scientifiquement. L’être humain créé à l’image de Dieu est un être corporel ET spirituel.

C’est uniquement de cet être là dont parle l’Eglise. Cet humain créé à l’image de Dieu n’est pas que spirituel. Il est aussi corporel et donc une réalité concrète de l’histoire. C’est uniquement cet humain là qui a pour origine, tant spirituelle que biologique, un premier couple : Adam et Eve.

Mais, sur ce point vous m’attribuez une opinion qui n’est pas la mienne lorsque vous écrivez « opinion de Xavi et Trinité : Dieu a insufflé une âme spirituelle à un couple choisi par lui ».

Vous ne trouverez nulle part une telle affirmation dans mes écrits, ni dans l’enseignement de l’Eglise, car elle nie la double réalité de l’humain créé à l’image de Dieu.

L’humain créé à l’image de Dieu n’est PAS une âme préexistante qui serait insufflée dans un corps, comme si l'âme préexistait au corps. Dieu n’a pas donné une âme à un corps et aucun corps n’a reçu une âme. Une telle vision dualiste nie la double nature de l’humain créé à l’image de Dieu. L'âme, la personne, est créée par un souffle spirituel dans un corps. Elle est le produit vivant d'un souffle spirituel et d'une réalité corporelle. Sans le corps, il n'y a pas d'âme. De même que sans l'esprit il n'y a pas d'âme.

Comment expliquer cela ? Prenons pour exemple une lettre : vous prenez une feuille et un stylo, vous apposez sur le papier des lettres et des signes alphabétiques avec l’encre de votre stylo, et le résultat c’est une lettre.

Dites-moi, à partir de quand la « lettre » existe-t-elle ? Existe-t-elle déjà lorsque vous n’avez encore que du papier et un stylo avec de l’encre ? Avez-vous transformé physiquement le papier et l’encre ? Pouvez-vous contester que la lettre vient physiquement du papier et de l’encre qui préexistaient ? Pourtant, avant d’être écrite, la lettre n’existe absolument pas dans la réalité physique observable et n’existe que dans la pensée de son futur auteur.

La lettre est une réalité nouvelle qui est le produit de l’union de la réalité immatérielle d’une pensée et d’une réalité matérielle faite de papier, d’encre et du corps de celui écrit.

L’humain créé à l’image de Dieu ressemble à un écrit, mais un écrit vivant.


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