Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

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Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar VexillumRegis » ven. 09 févr. 2007, 18:59

Extrait du Grand Catéchisme de Philarète Drozdov, métropolite de Moscou (mort en 1867).
Quelle part doivent prendre à la divine liturgie les simples assistants qui ne communient pas ?

Ils peuvent et doivent prendre part à la messe par la prière, par la foi, et surtout par le souvenir ininterrompu de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui a justement demandé de faire cela en mémoire de lui.

Quel souvenir convient-il d’évoquer au moment où a lieu la procession de l’Evangile (la petite entrée) ?

Le souvenir de Jésus-Christ paraissant pour prêcher l’Evangile. Aussi, pendant la lecture de l’Evangile, faut-il avoir l’attention et la piété que nous aurions si nous voyions et entendions Jésus-Christ lui-même.

A quoi faut-il penser quand a lieu la procession pour le transfert des dons à l’autel (la grande entrée) ?

Il faut penser à Jésus-Christ allant à son émouvante passion comme une victime à l’immolation, et se souvenir aussi que plus de douze légions d’anges sont là, prêtes à le garder comme un roi...

A quoi faut-il penser au moment même de l’accomplissement du mystère, et lorsque les ministres communient à l’autel ?

A la Cène mystique de Jésus-Christ lui-même avec les apôtres, à sa passion, à sa mort et à son ensevelissement.

Que représentent, après cela, l’écartement du voile du sanctuaire, l’ouverture des portes royales [de l’iconostase] et l’apparition des saintes espèces ?

L’apparition de Jésus-Christ lui-même, à la Résurrection.

Que représente la dernière ostension des saints dons au peuple, après laquelle ceux-ci sont cachés ?

L’ascension de Jésus-Christ au ciel.

________

In Christo Rege,

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Dernière édition par VexillumRegis le sam. 29 sept. 2007, 21:50, édité 3 fois.

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Boris
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Message non lupar Boris » sam. 10 févr. 2007, 10:38

Est-ce vraiment propre au rite Bizantin ?

N'est-ce pas au contraire des réalités communes à tous les rites ?
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steph
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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar steph » sam. 29 sept. 2007, 11:43

En effet, Boris!
C'est là que l'on voit la proche parenté de tous les rites. Il n'est en effet nullement difficile de voir que la Divine Liturgie et la Sainte Messe ont une structure semblable.
Mais chacune avec ses nuances.

Les deux évènements évoqués dans les 2 dernières questions sont absents, me semble-t-il, chez nous.
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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar Boris » sam. 29 sept. 2007, 15:12

Les deux évènements évoqués dans les 2 dernières questions sont absents, me semble-t-il, chez nous.
Venez à la messe chez nous avec la communauté St Martin en semaine, sur le maître autel, tous face à Dieu.


Car la notion de montrer les Saintes Espèces prend tout son sens dans les 3 élévations de la Messe.
Mais en réalité, la dernière élévation est bien plus vers Dieu que pour les fidèles. D'ailleurs, "ceux du fond" ne voient rien.

Regardons la structure de certaines vielles églises : il y a un jubé auquel pendaient des draps de la couleur liturgique du jour et qui cachaient donc le choeur. Prenez la cathédrale de Chartre ou de Paris : le choeur est caché de tout coté.
N'est-ce pas une forme semblable à l'Iconostase ?
Ajouter à cela la Messe Orientée (donc vers l'Est, sinon vers le maître autel et non vers l'assemblée).
On ne voit plus les Saintes Espèces.
C'est pour cela que les Franciscains ont commencé à pratiquer les élévations au moment de la consécration. Ce qui est comparable à ce qui se fait dans le rite Byzantin semble-t-il (je n'ai jamais participé à une messe selon l'ordo byzantin, avez-vous une bonne adresse catho à Paris ou R.P. ?).
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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar steph » sam. 29 sept. 2007, 22:08

La dernière élévation dont il est question est l'élévation après la communion :
Le diacre essuie soigneusement la patène au-dessus du calice avec l’éponge (ou le voile de communion) :

DIACRE : Lave, Seigneur, par ton Sang précieux et les prières de tes saints, les péchés de ceux dont il a été fait mémoire ici.

Le prêtre encense trois fois les saints Dons en disant à voix basse :

PRÊTRE : Sois exalté, ô Dieu, par dessus les cieux, et que ta gloire recouvre toute la terre.

Le prêtre donne la patène au diacre, prend le calice et dit à voix haute :

PRÊTRE : Béni soit notre Dieu...

Puis, se tournant vers le peuple, il élève le calice en disant :
PRÊTRE : ...en tout temps, maintenant et toujours et aux siècles des siècles.
Il n'y a pas de "Per Ipsum" ; la doxologie, sans élévation, est celle-ci:
Et il conclut l’anaphore à haute voix :

Et donne-nous de glorifier d’une seule bouche et d’un seul coeur ton Nom honorable et magnifique, Père, Fils et Saint Esprit, maintenant et toujours et aux siècles des siècles.

TOUS : Amen.
De plus, il ne me semble pas que l’on ait l’habitude de rapprocher du mystère de l’Ascension les 3 élévations de la Prière Eucharistique.

Quant à l’existence la clôture du chœur, il est vrai qu’elle est apparentable à une iconostase. Mais, je n’ai jamais participé ni vu, ni lu quoi que ce soit sur la communion des fidèles présents dans la nef lors d’une célébration « à chœur fermé ».
Cependant pour la Communion du clergé, chez les byzantins, on ferme entièrement le chœur (sauf pendant la semaine de Pâques) (alors que les portes royales étaient ouvertes pendant l’Anaphore) et tous ceux qui ne sont pas prêtre ou diacre sortent, l’acolythe met son cierge devant les portes saintes (fermées avec rideau tiré) (comme les Séraphims gardant le Jardin après l’exil de nos premiers parents).
Et par la Résurrection, par la Miséricorde de Dieu, le rideau est tiré, les portes ouvertes, l’acolythe reprend son cierge : le Paradis est rouvert, et le prêtre après avoir dit les prières de préparation à la communion des fidèles invite ceux qui s’y sont préparés à communier.

Chez nous, il me semble que cette privation du Règne de Dieu et la restauration dans son Amitié (« vous étiez même ses ennemis ») ne sont pas aussi fortement soulignés.
On ne ferme pas spécialement les portes du « Iube » parce que les ministres sacrés communient, d’ailleurs, les frères laïcs, les novices etc. ne sortent pas du chœur quand les Pères communient (enfin, je suppose, puisque n’ayant jamais vécu ce genre de situaton). On se contente(ait ?) de s’incliner (+/- profondément) à la communion du prêtre présidant.
Puis, faute de piété de ma part certainement, je n’ai jamais vu le prêtre se retourner pour administrer la Communion comme une « illustration » du mystère de la Résurrection.

Je sais qu'il y a des catholiques de rite byzantin à Paris, mais je ne sais plus trop où... Je suis donc désolé de ne pas pouvoir vous donner d'adresse sinon celles présentées par le site du diocèse de Paris: http://catholique-paris.cef.fr/diocese/ ... iental.php
Je pense que les Roumaine, Russe et Grecque-Melkite utilisent le "rite byzantin"(Liturgie de St Jean Chrysostome) les autres ont, je crois, leurs rites propres et différents...
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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar Popeye » dim. 30 sept. 2007, 11:25

Je sais qu'il y a des catholiques de rite byzantin à Paris, mais je ne sais plus trop où...
À S. Julien le pauvre.

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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar Boris » dim. 30 sept. 2007, 17:30

Je sais qu'il y a des catholiques de rite byzantin à Paris, mais je ne sais plus trop où...
À S. Julien le pauvre.
Chiche que l'on trouve une date pour y aller ?
Il nous faut aussi un "guide spirituel" pour nous aider à suivre.


A propos de la dernière élévation : Steph parle d'une élévation post-communion mais par contre dans le texte cité il est question de la fin de l'anaphore.
Mes faibles connaissances m'indiquent que l'anaphore est la prière Eucharistique (ou plutôt que la P.E. est une anaphore).
C'est 2 phrases semblent se contredire : est-ce que l'anaphore inclut la communion ?

Pour Iube :
Lorsque des stalles sont présentes, il y a tout de même un sanctuaire différent pour l'Autel et "les degrés" prennent tout leur sens. Je pense en particulier au chœur de l'abbaye à St Wandrille, dans notre église paroissiale St Sulpice à Nogent le Roi ou à la Cathédrale de Chartres.
En fait, il y a suffisamment de place dans le chœur pour mettre des bancs entre les stalles et avoir un espace entre les stalles et les degrés de l'Autel permettant de créer un chœur dans le chœur qui est pour moi (et ce que j'ai lu ici ou là) le sanctuaire, c'est-à-dire l'espace immédiatement proche de l'Autel.

Pour la communion, à Nogent le Roi, il y a un espace entre le Iube et les marches. J'imagine qu'il y a eu une Table de Communion (comme il y en a dans les chapelles rayonnantes du déambulatoire : marches+table de communion).
N'oublions pas que la forme normale et ordinaire de la communion du Rite Romain est à genou à la Table de Communion (la position debout est un indult).

Ainsi il ne me semble pas que la question de la communion soit un problème.
UdP,
Boris

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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar VexillumRegis » lun. 01 oct. 2007, 11:11

Si quelqu'un fréquente Saint Julien le Pauvre, peut-il prendre contact avec moi par MP ?

Merci d'avance.

Cordialement en Jésus +,

- VR -

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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar Popeye » lun. 01 oct. 2007, 11:44

À S. Julien le pauvre.
Chiche que l'on trouve une date pour y aller ?
Il nous faut aussi un "guide spirituel" pour nous aider à suivre.
Chiche. :)

Pour le guide, on peut passer à La Procure et y acheter sinon un Missel bilingue du rite grec-catholique, du moins de quoi suivre pieusement l'Office.

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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar VexillumRegis » lun. 01 oct. 2007, 11:56

Pour le guide, on peut passer à La Procure et y acheter sinon un Missel bilingue du rite grec-catholique, du moins de quoi suivre pieusement l'Office.
Où peut-on se procurer un tel Missel ?

- VR -

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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar Popeye » lun. 01 oct. 2007, 11:59

Je l'ignore.

FMD
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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar FMD » lun. 01 oct. 2007, 12:18

Bonjour à tous,

Il m'arrive d'aller à Saint-Julien-le-Pauvre et cela ne me pose aucun problème particulier de compréhension dans la mesure où un feuillet en français permet de suivre intégralement la Divine Liturgie.

En Christ,
Franck

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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar steph » mar. 02 oct. 2007, 17:06

Cher Boris, bonjour!
Je m'exprime très mal, pardonnez m'en.

Dans mon message précédent, j'évoquais la "dernière élévation" puis, je précisais que chez les byzantins, il n'y a pas de "Per Ipsum", et pas d'élévation, et que l'anaphore se conclu comme je l'ai indiqué (pages orthodoxes: il existe autant de traduction que de lieux où est célébrée la Liturgie) Cependant, l'Anaphore est conclue AVANT la Communion, comme cela va de soi!
Et la dernière élévation se fait après la Communion.
Ma réflexion et ma citation sur la clôture de l'anaphore sont juste là à titre indicatif... C'est vrai qu'elles trainent dans le texte...

Ensuite, pour l'iconostase, le fait qu'il n'y ait pas ce "mystère" autour de la Communion du clergé aux saints Mystères; que la pierre (rideau et portes) ne soit pas roulée, rend difficile, au premier abbord, la perception de la Résurrection évoquée dans le texte cité par VexilumRegis.
On peut évidemment argumenter pour dire que la clôture du choeur et l'iconostase sont la même réalité (et c'est vrai, d'une certaine manière, même si à ce que j'ai lu, l'histoire de l'une et de l'autre sont différente:
Au début: séparation du clergé et des fidèles.
Ensuite, -en Orient: on instale les icônes despotiques, puis on fo/erme un vrai "mur d'icônes"
-En Occident, les pélerins risquant de gêner par leur bruits et leurs va-et-vient on augmente l'ampleur de la séparation pour en faire la clôture du choeur.
Le but second est quelque peu différent mais en fait, on part d'une même but premier, oui.

Pour les livres liturgiques byzantins:
http://www.monasterechevetogne.com/cont ... hop&cat=13
Sinon, il y a la traduction des liturgies de St J. Chrysostome et de St Basile le Grand, faites par le monastère de Cantauque.

Si l'on veut un vrai "missel" (au sens catho du mot: avec Ordinaire et Propres du temps et des saints) byzantin, on prendra le Synecdimos, si c'est seulement pour la "Liturgie de la messe", la "divine Liturgie de St Jean Chrysostome" suffira, ou alors le "Hiératikon" (plus complet)
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Re: Le sens mystique de la Divine Liturgie du rite byzantin

Message non lupar Boris » mer. 03 oct. 2007, 7:07

Merci Steph pour ces explications.
UdP,
Boris


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